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 On another love, all my tears have been used up [Eliam]
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MessageSujet: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 18:29
[18 Octobre 2016] Le temps commençait à se rafraîchir plus que sérieusement, raison pour laquelle, malgré la soirée bien avancée, Will était encore installé à la table au rez-de-chaussé et qu'il se plongeait avec application sur tout un tas de papiers et de plans dispersés devant lui. Par maintes excuses, il avait retardé le moment de s'intéresser réellement aux travaux d'aménagement qu'on lui avait demandé pour faire profiter de l'eau chaude à tout Fort Hope. Mais maintenant que le jeune homme avait une sérieuse envie de prendre une douche brûlante avant d'aller au lit, sa motivation était revenue toute seule et l'aidait même à conserver la dose de concentration nécessaire à sa tâche. Il poussait même le zèle jusqu'à coucher sur le papier diverses solutions qu'il proposerait à Logan pour mener ce projet à bien. Il n'avait pas relevé le nez de ses notes depuis un long moment lorsque son stylo rendit l'âme, lui arrachant un grognement agacé au passage. Une pause forcée semblait vouloir s'imposer, mais Will n'avait aucune intention de se laisser faire. Il reposa néanmoins le stylo sur la table et s'étira quelques secondes avant de soulever tous les livres et toutes les feuilles dispersés devant lui dans l'espoir de trouver un remplaçant. Il était certain d'en avoir eu un autre un peu plus tôt dans la soirée, mais impossible de se souvenir de ce qu'il en avait fait. Son agacement se sentait dans le manque de soin qu'il mettait à ses recherches, tant et si bien qu'un léger vacarme finit par attirer son attention alors que plusieurs objets tombaient sur le sol à force d'acharnement.

Un juron traversa les lèvres du jeune homme tandis qu'il abandonnait sa quête pour contourner la table et aller ramasser ses bêtises, vite remplacé par un soupir quand ses yeux se posèrent sur le sac d'Elias complètement renversé au sol à cause de son emportement. Enfin, au moins, le soldat n'était pas là pour le voir, occupé à vaquer à ses propres occupations ayant certainement rapidement compris qu'il valait mieux ne pas se mettre sur le chemin de Will quand il travaillait. S'agenouillant sur le sol, ce dernier entreprit tout de même de réparer rapidement ses bêtises et ramassa le sac qu'il garda dans une main tandis que l'autre s'affairait à récupérer les objets échappés. Des photos, des rations oubliées, des munitions... Il y avait de tout dans les affaires du soldat, vraiment, dont certaines choses que Will ne comprenait même pas qu'il garde dans ce sac au lieu de les laisser à la maison comme l'aurait fait une personne normale. Même lui arrivait de mieux en mieux à se laisser traîner ici, ce qui aurait certainement du l'effrayer un peu, à vrai dire, mais il n'en eut jamais réellement l'occasion alors que ses doigts se refermaient sur les plaques militaires d'Elias. C'était la toute première fois de sa vie que Will posait les yeux dessus et, il n'aurait certainement pas du, mais sa curiosité maladive le poussa à s'arrêter quelques secondes pour détailler l'objet, le faisant tourner entre ses doigts jusqu'à voir les informations gravées dessus.

Ses sourcils se froncèrent à peine une seconde plus tard, tandis que sa main libre filait à sa gorge pour sortir celles qu'il portait autour du cou et comparer les deux. Les différences évidentes s'étalaient sous ses yeux, mais ce qui retenait son attention tenait en un point commun qui n'aurait pas du exister. Une série de chiffres, presque tous semblables à l'exception des derniers. Une série de chiffres qui n'aurait du avoir rien de commun. Parce qu'ils en avaient parlé, parce qu'Elias avait eu à sa disposition toutes les informations nécessaires et qu'il n'avait jamais parlé de ça. Jamais. Une chaleur désagréable commençait à gagner l'ingénieur, au même rythme que la colère brouillait ses pensées. Conservant les plaques du lieutenant, il se remit sur ses pieds brusquement. Celles d'Aiden pendaient toujours à son cou, bien visibles au-dessus de son pull, alors qu'il lançait d'une voix forte pour être sûr d'être entendu : « Elias ?! » Il eut à attendre quelques secondes qui lui semblèrent une éternité avant de voir le soldat apparaître dans la salle à manger. Lui offrant un regard noir, Will balança ses plaques sur la table, au milieu de son bazar.  « C'est quoi, ça ? » demanda-t-il, glacial. La situation aurait peut-être demandé quelques explications supplémentaires, mais il n'en était pas capable pour le moment.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 21:56
La journée n’avait pas été la plus reposante du monde et le fait de savoir Will en plein travail ne me permit pas vraiment de bouger comme j’aurais voulu. À raison, je ne voulais pas le déranger, pas plus que je ne voulais le ralentir. Alors je m’occupais comme je pouvais, profitant de ma solitude pour me reposer sans doute, effacer le fait de m’être levé tôt, bien trop tôt maintenant qu’il était là. Et puis, je finis par refaire le lit d’Azia, maintenant qu’elle avait une chambre, le chaos de la première fois pouvait-être évité, il suffisait juste que je lave et sèche les draps, ce qui était chose faite à présent. Je continuais à faire deux trois trucs sans vraiment d’importance quand Will m’appela. Un peu brusquement sans doute, mais il devait avoir besoin de quelque chose, ou je ne sais quoi. Descendant sans attendre, j’eus l’impression de ralentir ma course lorsque je le vis. Il venait de jeter mes plaques sur la table, celle d’Aiden pendait en dehors de son pull… Sa question aussi large pouvait-elle être suffit toutefois à trouver une réponse dans mon esprit. Il avait comprit ? Ou il refusait encore de le faire ? J’avoue que mon calme laissa place à quelque chose de moins sympa alors que différentes phrases se bousculait dans mon esprit, de la moins sympas revenant à le prendre pour un con à la plus appréciable. Mais quoi lui dire ? Il me suffisait de croiser son regard pour comprendre que quoi que je dirais, il trouverait à y redire. Ce qui aurait pu être compréhensible, sauf si il me connaissait… Mais j’avais un doute sur sa lucidité en cet instant. Clairement. « T’as comprit tous seul, du coup c’est quoi la vrai question ? », demandais-je sans doute plus agacé à l’idée qu’il puisse… En fait je voyais venir l’engueulade et ça me soulait d’avance, car j’avais pas à justifier le fait de le connaitre et encore moins celui d’avoir voulu protéger Will. Il portait ses plaques comme si sa vie en dépendait, je veux dire, j’avais rien contre ça, mais ça me donnait pas forcement envie de justifier tout alors que lui portait son ex autour du coup. J’étais pas jaloux, ce qu’il avait vécu justifié bien tout ça, mais merde, le premier truc qui lui venait en tête c’était quoi ? Que j’étais le coupable dans l’histoire ? Clairement ? Que j’étais fautif ?

« Pourquoi j’ai rien dit ? », car je n’avais pas mentit. Il n’avait jamais posé de question et de toute façon il était trop mal pour ça. Et ça m’énervait déjà car j’étais sur la défensive, j’étais déjà prêt à recevoir mes quatre vérités de toute évidence, prêt à l’entendre m’accuser de je ne savais quoi. Je sais qu’il était tendu, du moins il avait besoin d’être calme, seul pour bosser et j’avais rien dit. J’étais rentrée de ma journée en silence, j’avais prit une douche rapide pour par faire de bruit et j’avais cessé d’exister. Je pourrais pas faire plus ni mieux. Alors être victime d’un de ses mouvements d’humeur… J’étais pas certain de réagir comme un petit ami aurait du réagir, car je ne me jugeais pas en faute d’avoir voulu le protéger de lui-même, de son passé, de ce qui lui faisait mal. J’avais fait que le protéger.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 22:24
Ça devait être une mauvaise blague, Will ne voyait que cela pour justifier que, mis devant le fait accompli, Elias ne trouve rien d'autre à faire qu'attaquer en retour. Parce que c'était bien ce qu'il faisait, non ? Le ton de sa voix, son air presque exaspéré comme s'il n'y avait aucune raison pour Will de s'énerver. Il devait se foutre de lui, c'était la seule explication. Il n'essayait même pas de se défendre et ça, Will le comprenait encore moins. Ça l'échauffait encore plus, en tout cas. Et peut-être que sa colère n'était pas totalement justifiée, mais... En fait, si elle l'était totalement. Ça faisait combien de temps qu'ils avaient parlé d'Aiden, exactement ? Un mois ? Quelque chose comme ça, oui. Elias avait tenu les plaques dans ses mains, il avait eu tout le temps de les regarder, de s'assurer sans l'ombre d'un doute qu'il s'agissait bel et bien de la même personne. Et depuis tout ce temps, il n'avait pas trouvé une seule petite occasion pour annoncer à Will qu'il le connaissait ? Et cette fois encore, alors que visiblement, le jeune homme demandait des comptes, il prenait encore le parti de jouer les difficiles ? « T'es sérieux ? » Il espérait sincèrement entendre le soldat dire quoi que ce soit qui parviendrait à l'apaiser, mais il n'arrivait même pas à le laisser parler assez pour que ce soit possible.

« T'es sérieusement en train de jouer à ça maintenant ? »
Will trépignait sur place, son corps tout entier agité de tremblements et ses mâchoires crispées jusqu'à l'excès. « T'attends quoi, exactement, pour t'expliquer ? » Il méritait bien une explication, non ? Il méritait bien de savoir pourquoi l'homme supposé l'aimer trouvait normal de lui cacher des informations de ce genre sans en rougir un tout petit peu. On allait au-delà du simple hasard comme ça aurait pu être le cas avec Azia, là. Ce n'était pas juste un survivant qu'Elias aurait croisé un jour et oublié le lendemain, ils avaient visiblement travaillé ensemble, peut-être plusieurs mois, peut-être plusieurs années. Will devait bien avoir droit d'être mis au courant. « J'arrive pas à croire que tu te foutes de ma gueule comme ça depuis un putain de mois... » souffla-t-il en se détournant finalement, incapable d'affronter plus longtemps le regard d'Elias. Il manquait d'air, en fait, comme si les murs de la pièce s'étaient rapprochés l'air de rien. Cette maison devenue trop petite. Le monde entier devenu trop petit, en fait. Tellement petit que toutes les personnes ayant eu la moindre importance pour lui ces deux dernières années se connaissaient déjà et que personne ne trouve important de le lui signaler, comme s'il ne méritait pas de prendre conscience de l'ironie de l'existence. « T'avais l'intention de me cacher ça combien de temps encore ? » demanda-t-il, toujours aussi acerbe. Il n'arrivait toujours pas à réaliser vraiment, pas plus qu'il ne parvenait à organiser réellement les arguments qui justifiaient cette colère, mais il ne doutait pas une seule seconde d'être dans son droit.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 22:44
J’étais sérieux ? Oui pas qu’un peu en réalité. Je comprenais le choc, mais en sachant pourquoi, je ne voyais pas la raison de sa réaction. Je n’avais pas mentit, je l’avais protéger d’une réalité. Mais il ne le voyait pas comme ça. Je m’énervais, j’avais l’impression de recevoir une punition injustifié, et lui, il continuait à m’enfoncer. Je devais m’expliquer en plus ? Oui, c’était même évident, mais je devais plus expliquer mon choix que m’expliquer. C’était différent, pas aussi définitif. Fronçant les sourcils lorsqu’il fut question de se foutre de lui, je n’eus pas le temps de lui répondre qu’il se détournait déjà. Il fuyait ? C’était le plan ? Soupirant à sa dernière question, je rongeais le plus possible mon frein pour ne pas faire de connerie, pour ne pas en dire non plus. Omettre un détail, ce n’était pas lui mentir, qui plus est je ne cachais rien. Je le protégeais juste de lui-même, de son passé, de ce qui le plongeait dans la pire des torpeurs. « Jusqu’à ce que parler de lui ne soit plus aussi douloureux. », pour qu’il arrête de plonger lorsqu’il était question d’Aiden, de son ex. Alors oui, j’avais su dès que j’avais vu les plaques, dès que j’avais vu le nom, je reconnaissais les matricules de mes supérieurs, question de respect et s’était le même respect qui m’avait tenu au silence. « Je me voyais mal te dire que ton ex était mon supérieur, j’avais aucune envie de remuer une énième fois le couteau dans la plaie. », repris-je avec un peu plus de dureté dans la voix. Comme si la colère qu’il alimentait commençait lentement à bruler ma patience. Je n’étais pas en tort. Mais je n’avais pas à m’énerver, je n’avais pas à rentrer dans son jeu.

« Alors redescends un peu sur terre, je me suis pas foutu de ta gueule Will. », ordonnais-je à moitié en cherchant à capter son attention avec suffisamment de fermeté. Je ne voulais pas dire qu’il n’avait pas le droit d’être choqué, ni perdu, mais il n’avait pas à être agressif, ni à m’accuser de quoi que ce soit. « Ça s’appel préserver l’autre. Tu connais ? », je n’étais pas obliger de le brusquer comme ça, je n’étais pas obliger d’être comme ça, mais merde, j’avais rien fait de mal. Il était en morceau la dernière fois qu’il en a parlé, à quel moment j’aurais été humain de lui dire que ce mec je l’admirais à l’époque, que ce mec m’avait sauvé, avait sauvé ma carrière militaire. Comment j’étais censé lui dire que je comprenais qu’il puisse aimer un mec comme lui alors que je l’avais connu pendant presque dix ans ? Je devais lui dire comment ? Ok on allait mieux, on avançait, mais Will n’avait pas dépassé sa mort à lui, elle restait un poids et je n’avais en effet pas jugé bon de l’exposer. Alors je le voyais déjà venir j’étais qui pour juger ce qui était bon pour lui ou non ? Personne, si ce n’est son mec, celui qui se reconstruisait avec lui, celui qui croyait en lui, qui était patient, mais là merde, j’avais rien fait de mal, je ne méritais pas un procès.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 23:16
Et il allait réellement jouer cette carte-là ? Secouant la tête sans se retourner, Will refusait les arguments que lui lançaient le soldat. Peut-être que dans le monde enchanté d'Elias, où il tenait le rôle du héros martyr obligé de se sacrifier pour protéger tout le monde, ce genre d'argument avait un poids quelconque, mais dans la réalité ça n'était pas le cas. Le jeune homme serra finalement les poings, se retournant brusquement pour faire face au soldat, son propre argument tellement affreusement banal déjà aux lèvres sifflant dans l'air avec violence. « C'est pas à toi de décider si j'ai envie d'en parler ou non ! » Il ne s'agissait pas seulement de le préserver d'une quelconque douleur, là, ça allait bien au-delà dans l'esprit de Will et il se fichait d'être agressif ou blessant pour le coup. Il aurait peut-être du s'en soucier, mais c'était au-dessus de ses forces. « C'est pas à toi de prendre des décisions à propos de lui ! » Il ne comprenait même pas comment Elias parvenait à ne pas saisir ce concept. Et peut-être que le soldat avait raison, dans le fond, peut-être que Will n'était pas encore prêt à penser à Aiden avec le recul nécessaire, qu'il n'avait pas encore panser cette plaie correctement, mais... Elias n'était juste pas à sa place pour en décider. « J'en ai rien à faire qu'il ait été ton supérieur ou que tu veuilles me préserver avec tes principes à la con, t'as aucun droit de t'interposer quand il s'agit de lui. Je suis le seul ici à avoir le droit de décider quand en parler et quoi en dire. »

Est-ce qu'il fallait réellement souligner cette évidence ? Il existait pourtant une différence bien nette entre une relation professionnelle et une relation amoureuse. Une relation qu'Elias savait pertinemment être importante, marquante. Will n'aurait même pas du avoir à expliquer tout cela, ça aurait du être évident que quand il s'agissait de l'homme qu'il avait aimé, dont il avait partagé la vie, ses décisions auraient du primer sur celles des autres. De n'importe qui d'autre. Il n'imposait pas Aiden à leur vie, jamais. Il lui arrivait d'oublier de retirer ses plaques, de les mettre le matin par réflexe comme il l'avait fait chaque jour pendant un an, de penser à lui parfois, mais il n'en parlait pas, il ne laissait aucun fantôme s'installer confortablement entre Elias et lui. Un dernier regard assassin glissa sur le soldat avant que le jeune homme ne se détourne de nouveau, le dépassant simplement pour changer de pièce et aller se cacher à la cuisine. Il s'appuya contre l'évier, baissant le visage une seconde en fermant les yeux, pour inspirer profondément plusieurs fois. Il ne savait même pas ce qu'il attendait de plus désormais, il n'y aurait probablement rien qui puisse réellement effacer ce qu'Elias refusait de considérer comme un mensonge. Peut-être que ça n'en était pas un, peut-être que ses intentions étaient bonnes, il n'en restait pas moins qu'en ce moment, Will avait la désagréable impression qu'Elias lui avait volé quelque chose.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Mer 31 Jan - 23:40
Je l’attendais celui là, c’était pas à moi de décider, sans doute, mais j’avais fait un choix, celui de le préserver et j’allais pas revenir sur ça. De toute évidence, il n’était pas en état de décider ce qui était bon pour lui ou non, tout comme il n’avait pas tourné la page. Ce n’était en effet pas à moi de prendre des décisions à propos de lui, je n’avais aucun droit sur l’homme et je n’en aurais jamais, mais c’était à son sujet. La suite me fit serrer les poings, je savais qu’une partie de lui parlait sous l’impulsion, mais mes principes… Il me dépassa et je ne cherchais pas à le retenir, je le suivais juste du regard, il partait s’isolé dans la cuisine, laissant un vide désagréable me prendre. Je n’aimais pas la situation, j’étais incapable de décider, incapable de savoir comment limiter les dégâts. Finalement, j’avançais vers cette cuisine, m’arrêtant à la porte pour déclarer le plus calmement possible, « J’ai agis pour toi, pour nous, car oui, j’ai pensé et je pense encore que tout ce qui concerne Aiden est sensible, que tout ce qui peut te le rappeler sans que tu ne le décides t’es difficile et ça c’est pas décider pour toi. C’est savoir. C’est te connaitre. Tu crois que ça me fait quoi de te voir mettre ses plaques involontairement ? Que ça me fait quoi de croiser ton regard quand tu réalises que tu les as ? », mal, car j’étais incapable d’effacer ça, car il continuerait à souffrir pour lui et que la seule chose que je pouvais faire c’était de temporiser, de lui laisser la possibilité de se reprendre, d’être prêt. « Tu l’aimais, tu l’aimes encore et tu l’aimeras toujours, je le sais, je cherche pas à l’effacer, ni à prendre des décisions sur lui. J’essaie simplement de te préserver de ça. Je cherche pas à m’interposer. », car si c’était le cas, je n’aurais jamais supporté qu’il y ait autant de souvenir de lui. Je n’aurais pas accepté qu’il les porte. Alors oui, il était le seul à décider quand, mais j’estimais commencer à savoir quand il pouvait l’entendre, et ce n’était pas aujourd’hui.

« Du coup tu veux entendre quoi Will ? Qu’est-ce qui te ferait du bien ? Si de toute évidence mes principes sont trop stupide pour toi, tu veux que je te dise quoi ? Tu veux que je te mente ? Que je te berce dans une illusion plus simple à accepter, que je m’excuse en répétant que tu as toutes les raisons du monde de m’en vouloir car je suis terriblement cruel d’avoir prit cette décision pour toi. C’est ça que tu veux ? », j’avais commencé à m’énerver, tapant dans le mur sous la colère avant de reculer de quelques pas. « Je suis désolé, mais j’avais raison, t’es pas prêt à en apprendre plus sur lui. », reculant finalement jusqu’au salon, j’ai les bras qui tremble légèrement alors que je les passais sur mon visage. J’étais borné sans doute pas autant que lui, mais je pouvais pas, je ne pouvais pas le laisser croire que je m’interpose, ni que je n’ai pas fait ça pour lui en connaissance de cause. Will est fragile à ce sujet, j’en ai la preuve.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 0:21
Quelques secondes s'écoulèrent sans que Will ne fasse rien de plus que d'inspirer pour se calmer, retrouver le contrôle aussi bien de son cœur qui s'emballait et de son esprit qui partait en vrille. Quelques secondes absolument insuffisantes avant que la voix d'Elias dans son dos ne l'oblige à rouvrir les yeux brusquement et à relever la tête, alors qu'il se crispait de nouveau, mais qu'il fuyait encore le moindre affrontement visuel. Usant certainement de son droit de réponse, le soldat l'abreuva de paroles qui disposaient certainement de sens et de cohérence, mais qui parvenaient difficilement à atteindre la logique du jeune homme. À le blesser, par contre, il y parvenait sans aucune difficulté. Et peu à peu, Will commençait à se sentir mal. D'une manière différente. Sous la colère, sous ce sentiment étrange d'avoir été trahi, dépossédé, commençait à s'élever une culpabilité qu'il ne voulait pas ressentir. Ça n'aurait pas du être à lui de ressentir cela maintenant, il n'avait rien fait de mal, il réagissait seulement comme n'importe qui l'aurait fait à sa place. Non ? Elias lui avait pris quelque chose qui lui appartenait. Tout ce qui concernait Aiden, tout ce qui persistait de lui dans ce monde, que ce soit un objet ou un souvenir, ça lui revenait de droit.

Un bruit sourd dans son dos le fit sursauter et se redresser davantage, prêt à se retourner pour poser les yeux sur le soldat, mais ses excuses qui n'en étaient pas réellement le stoppèrent sur place. Il se contenta donc de passer une main sur son visage et de suivre avec attention les pas d'Elias s'éloigner dans son dos. Il laissa s'étirer quelques secondes de plus, dans ce silence glacial qui régnait, jusqu'à souffler plus fortement et se sentir un peu plus calme. Une tempête de sentiments contradictoires continuaient de souffler dans son crâne, mais il parvenait à la maîtriser un peu plus. Du moins le croyait-il. Ouvrant un placard devant lui, il s'empara d'un verre et vola encore quelques secondes pour boire de longues gorgées d'eau froide avant de retourner au salon. Son regard se posa brièvement sur Elias, la pointe de culpabilité déchirant de nouveau son cœur, mais au lieu d'aller vers lui, Will s'approcha plutôt de la table où traînaient encore toutes ses affaires pour ramasser les plaques du soldat qu'il garda dans son poing, serrant jusqu'à en avoir mal. Il resta planté là, refusant toujours obstinément de lever les yeux vers l'homme, mais son ton toujours trop froid s'était tout de même légèrement radouci lorsqu'il se décida à parler. « Je ne veux plus jamais que tu me caches quelque chose d'aussi important, même si tu cherches seulement à me protéger. » souffla-t-il. « Je suis assez grand pour décider tout seul ce que je suis capable de supporter ou non. » Peut-être bien que ça l'aurait blessé de savoir tout de suite, mais ils se seraient épargnés cette scène sans aucun doute. « Et quand je serais prêt à en parler, quand j'aurais décidé que je suis prêt, je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur Aiden. »

C'était la première fois, depuis plus d'un an, qu'il parvenait à prononcer son nom devant quelqu'un sans se cacher derrière des mensonges ou des manipulations. Ce qu'Elias lui avait dit dans la cuisine, cette certitude qu'il avait que Will ne parviendrait jamais à se défaire de ses sentiments pour le major avait fait son chemin dans le crâne du jeune homme et il n'aimait pas croire que ça puisse être vrai. Sans rien ajouter, sans lui offrir le moindre regard, Will s'activa tout de même, retirant les plaques du major, qu'il glissa dans la poche de son jeans, pour passer celles d'Elias autour de son cou. Il laissa passer encore quelques secondes et prit de nouveau la fuite, s'engouffrant dans les escaliers pour aller se cacher dans leur chambre.  

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 9:13
Il fallait vraiment que je me calme, que j’arrête de m’entêter. Restant silencieux, c’était à mon tours de fuir Will. Je ne voulais pas me faire plus agressif, plus violent que je ne l’avais déjà été dans mes mots. Je ne voulais pas le perdre lui car j’avais en effet prit une décision à sa place. J’étais sur d’avoir raison, d’avoir fait le bon choix, mais me faire aussi agressif que lui ne m’aiderait pas. Pourtant lorsque sa voix brisa le silence, je me retrouvais momentanément désarmé. Il ne voulait plus que je lui cache quelque chose d’aussi important, même si c’était pour le protéger. Et prendre le risque qu’il se blesse avec ses souvenirs ? J’aurais voulu pouvoir lui dire que non, pourtant j’en étais incapable. Parce que je supposais que c’était quelque chose d’obligatoire dans un couple. Le fait de pouvoir se dire les choses, le fait de devoir dire les choses. Mais regardons la vérité en face, il n’était pas prêt. Il était assez grand pour décider ce qu’il pouvait supporter ou non ? C’était pas une question de maturité, mais une question d’amour, de l’amour qu’il avait toujours pour lui. Et puis une décision, celle de parler d’Aiden quand il serait prêt… Je n’étais pas certain que ça arrive un jour. J’aurais peut-être du réagir plutôt, mais le fait qu’il fasse grincer les escaliers m’indiquaient que c’était trop tard. Alors quoi ? J’allais rester là ? Oui il était en colère, mais il était blessé, comme je pouvais l’être lorsqu’il était question de l’hôpital, ou bien même de mes parents. Mais c’était pas pareil. Je n’aimais aucun d’eux de cette façon. Et je n’étais pas brisé comme lui.

Je ne sais pas exactement combien de minutes il me fallut pour décider à monter, mais elles me semblèrent longues, interminable. Avançant donc vers la pièce, je m’étais arrêté devant la table, réalisant que les plaques n’étaient plus là. Regardant rapidement autour de moi, une solution s’imposa à moi. Il les avaient prise. Marchant vers l’escalier, je m’arrêtais sur la première marche, fixant les autres dans une incertitude qui me fit frissonner. Je ne pouvais rien faire, rien. Pourtant, je finis par monter, mais lorsque j’arrivais devant la porte, je fus à nouveau immobilisé. Juste capable de poser mon front sur ce dernier, juste capable de rester là, le temps qu’il faudrait pour que le courage me regagne. « Excuses-moi. », soufflais-je finalement à travers la porte, respectant la bulle dans laquelle il venait de se plonger. « Je ne te cacherais plus rien, que ce soit pour te protéger ou pour me protéger. », me protéger de ce genre de réalité si j’étais honnête. Ouais, c’était pour lui, car il n’était pas prêt, mais sans doute aussi car je n’étais pas prêt à assumer sa réaction face à ça. Soyons honnête, il ne l’oublierait jamais, je lui faisais penser à lui. « J’ai sans doute pas les bonnes réactions, sans doute pas les bons mots et sans doute pas le bon comportement, je le sais, mais ce que je veux, c’est que tu ne souffres plus, que la douleur qui te détruit ne soit plus qu’une vague impression désagréable. Ce que je veux c’est te protéger, et c’est pas la bonne méthode, j’ai comprit. Mais je veux juste te protéger, de tout ce qui pourrait t’atteindre, et je sais que t’es assez grand pour le faire, mais t’es ce que j’ai de plus important aujourd’hui et je suis complètement impuissant face à ça. ». Je m’étais calmé, enfin, mais je ne revenais pas sur l’idée que j’avais fait ça pour son bien. Simplement, je réalisais que je ne pouvais tout simplement par être honnête si je ne disais pas tout, si je n’étais pas franc. J’aurais du ouvrir la porte, mais je pense qu’elle m’aidait à ne pas voir la vérité en face. Elle m’aidait à garder mes distances.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 9:56
Dans un léger claquement, la porte se referma dans son dos, le laissant seul dans la chambre où il parvenait presque à respirer de nouveau. Il fit quelques pas jusqu'au lit, se laissant tomber de son côté pour ouvrir le tiroir de sa table de chevet, où il déposa les plaques d'Aiden sans réfléchir réellement à ce qu'il faisait. Il fallait seulement qu'elles cessent d'être avec lui sans arrêt et surtout maintenant. Sa colère s'était atténuée, mais elle ne disparaissait pas tout à fait, le sentiment étouffant qui pesait sur son cœur persistait, changeait, s'amplifiait. Quelques secondes supplémentaires, Will resta assis au bord du lit, le visage caché dans ses mains à essayer, tant bien que mal, de rassembler ses idées. C'était peut-être de ne pas savoir comment réparer tout cela qui l'ennuyait le plus. Il n'avait aucune idée pour arranger les choses, en tout cas et décida finalement de laisser seulement faire le temps. Se redressant légèrement, il retira finalement ses chaussures et s'allongea sur le lit, se repliant légèrement sur lui-même et gardant son regard fixé sur le parquet dans la chambre sans défaillir. Les pas dans l'escalier ne le firent pas plus bouger, au contraire certainement. Il ne voulait pas étirer davantage la dispute. Qu'Elias pense avoir pris la bonne décision ou non n'importait plus tellement. Will avait apporté ses conclusions et maintenant, il lui fallait seulement retrouver son calme. Il ne bougerait pas, même si le soldat venait le chercher.

Ce qui n'arriva pas, à vrai dire. La porte ne s'ouvrit jamais, seule la voix d'Elias de l'autre côté résonna après un moment. Des excuses, des mots ayant perdu en violence et en reproches. Will le laissa finir sans bouger, sans rien dire et il n'en fit pas plus lorsque le silence retomba, incertain de la réaction appropriée. Quelques secondes pesantes s'écoulèrent jusqu'à ce que le jeune homme ne se décide à se relever et qu'il aille ouvrir la porte, un peu brusquement, pour se planter face à Elias. La colère ne battait plus dans sa poitrine avec la même intensité, mais il lui en voulait toujours. De lui avoir caché ça, oui, mais aussi de croire que sa seule présence ne soit pas suffisante à apaiser cette douleur. C'était ridicule, blessant aussi. Énervant. « Ça m'atteint que tu préfères trahir ma confiance et mettre en péril notre relation plutôt que d'essayer seulement d'être présent quand ça ne va pas. » souffla-t-il à voix basse. Il savait qu'il se remettrait de cette histoire, de ce mensonge qui n'en était pas vraiment un, ça ne serait plus si grave une fois calmé. Mais entacher la confiance qu'il portait à Elias, ça c'était grave, les prémices d'un poison qui pourrait faire plus de mal si on le laissait s'installer. « Si on ne peut pas se faire confiance, si on ne peut pas se reposer l'un sur l'autre pour avancer et affronter les difficultés, alors on perdra tous les deux ce qui compte le plus dans nos vies actuellement. » Il était toujours amère, toujours énervé, mais le sang cessait peu à peu de bouillir dans ses veines et il se raccrochait à cette constatation pour se calmer. Un dernier regard transperça Elias avant que le jeune homme ne se détourne, laissant la porte grande ouverte, et ne retourne s'allonger.  

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 10:47
Rien, pas une réponse, juste le silence suivi mes mots. Je m’attendais à quoi ? Will était orgueilleux et j’avais préféré lui cacher quelque chose pour le protéger, quelque chose dont il aurait eu tout les droits, tout intérêt de le savoir. Alors, lorsque des pas se firent entendre, ma gorge se noua, bloquant complètement les mots qui auraient pu sortir de ma gorge quand il me fit face un peu brusquement. C’était le fait de trahir sa confiance et de mettre en péril notre relation au lieu d’essayer d’être présent qui n’allait pas. Mais quoi faire ? Quoi dire quand je le voyais sombrer tout seul ? M’approcher ? Sans doute, mais je ne me pensais pas capable d’effacer cette douleur la d’un simple contact. Je ne ferais que le faire revenir, rien de plus. La suite me fit baisser les yeux, simplement. Quoi dire ? Quoi répondre ? Je pensais bien faire et au final, j’avais voulu le protéger, mais là, je comprenais qu’il y avait bien plus de soucis avec la confiance que je venais de briser. Incapable de répondre, je le regardais s’éloigner, s’allonger sur le lit. Le suivant du regard, je me décidais à faire un pas, puis un autre jusqu’à m’asseoir dans le lit à mon tour. Le regardant, la gorge noué. J’avais merdé ? Maintenant qu’il semblait calmé, je comprenais le fond du problème. Je comprenais mieux sa colère. Je l’acceptais mieux. « Je voulais pas briser ta confiance Will, je voulais pas te trahir, je pensais pas le faire surtout. », j’avais merdé, je m’en rendais compte. Fixant le mur devant moi, je comprenais combien j’étais incapable de gérer ce qui me faisait écho, j’avais l’impression de marcher sur des charbons ardents et rien ne semblait vouloir m’aider. Sans doute aurais-je du m’écouter, mais là… J’avais tellement cru bien faire que j’étais tétanisé par la vérité. Je l’avais éloigné en cherchant à le protéger. « Désolé si j’ai l’air distant, je voulais pas que tu te sentes abandonné. », mais comment lui faire face ? Comment lui dire droit dans les yeux ce que je savais d’Aiden. Je respectais l’homme, je lui en étais reconnaissant, mais il avait tourné le dos à l’armée pour protéger des civils dès que cette merde était arrivé, et il avait laissé des mecs comme moi seul, sans repère réel. Je m’en étais sortie, mais à quel prix ?

« J’ai… », j’ai quoi ? J’ai aucun argument ? Car oui, le préserver d’Aiden m’avait semblé bien, que lui éviter de souffrir avait été une bonne solution mais qu’au final quoi ? J’avais fait pire. J’étais censé être là pour lui et de toute évidence je l’avais repoussé, je n’avais pas assumé ce côté. Je n’avais pas été à ma place, je n’avais rien fait pour lui. Au final, j’avais merdé. Je ne l’avais pas protéger d’Aiden, je lui avais donné une raison de douter de moi, de mon honnêteté, de mon dévouement. J’avais juste arrêté d’être à ma place de petit ami, j’avais dépassé une limite. J’avais merdé. Je le comprenais que trop tard et avoir joué au con en campant sur mes positions n’avait rien aidé. N’avait rien permit d’autre qu’empirer la situation. Que de lui donner une bonne raison de douter de moi. J’avais pas assuré, j’avais pas su rester à ma place et je m’étais aveuglé. Je pensais un peu trop tout maitriser, je pensais un peu trop à protéger les gens et aujourd’hui j’en payais le prix, j’avais ouvert une brèche.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 12:29
Peu à peu, cette situation devenait épuisante. Sans doute parce qu'il n'y avait rien de spécial à en dire. C'était étrange, en fait. La colère s'estompait suffisamment pour que Will constate qu'aucun mot, aucune promesse ne réglerait réellement les choses. Ou du moins ne parviendrait à l'apaiser miraculeusement et à effacer cette dispute pour retrouver la sérénité qui l'avait précédée. Il faudrait certainement juste attendre, laisser couler, tout simplement. Elias continuait d'essayer, pourtant. Il s'excusait encore, s'expliquait encore et Will ne retrouvait pas plus le courage d'affronter son image, restant obstinément à sa place à regarder dans le vide en se laissant imprégner des mots qui ne faisaient aucune différence si ce n'était amplifier graduellement la culpabilité. Il n'avait aucune envie qu'Elias se sente coupable, inutile, qu'il se sente en compétition avec un mort. Le choc l'avait fait réagir au quart de tour et sans doute injustement et tout se mélangeait. Mais il n'y avait rien eu d'insurmontable après tout, n'est-ce pas ? Ils n'allaient pas se déchirer sur une erreur passée, il fallait seulement passer au-dessus. « Laisse tomber, d'accord ? » lâcha-t-il finalement, regrettant presque aussitôt ses paroles. Ça ne sortait pas comme il l'aurait voulu et le silence qu'il laissa s'installer quelques secondes ensuite n'aidait sans doute pas à arranger les choses. Fermant les yeux brièvement, le jeune homme inspira profondément pour trouver le courage de désamorcer la bombe avant qu'elle n'explose. « Je ne me sens pas abandonné, la seule chose que je te reproche c'est de m'avoir caché une information importante, mais ça va passer, il n'y a rien de plus que tu puisses faire pour le moment. Si ce n'est comprendre que je n'ai pas besoin que tu me sauves de moi-même. »

Il se redressa finalement, appuyant son dos contre la tête de lit pour, enfin, oser poser le regard sur le soldat. Il n'y restait pas tellement, détournant les yeux trop vite, pour se forcer à les relever aussitôt. Mais au moins, il essayait, réellement. « J'avance, tu sais... » souffla-t-il en regardant ses doigts. « La page n'est pas encore totalement tournée, mais j'essaye d'aller de l'avant et ça fonctionne plutôt bien. Grâce à toi. Alors arrête d'essayer de me ménager et ne t'avise plus jamais de me laisser douter de toi. » De nouveau, ses yeux prirent la fuite et de nouveau, il se tordit les doigts un peu trop fort pour tenter de garder le cap. Il ne s'était rien passé d'insurmontable et il ne mentait même pas : il avançait réellement. Aiden restait un sujet sensible, certainement, mais probablement pas pour les raisons qu'Elias imaginait. Un pas après l'autre, chaque jour, Will parvenait à faire son deuil de cette relation autant que de l'homme qu'il avait perdu. Sans avoir besoin de se forcer. Il y aurait peut-être encore quelques déclencheurs, quelques craintes, quelques traumatismes qui perdureraient et reviendraient le frapper par surprise, mais ça n'était plus la même chose du tout. « Ça faisait longtemps que tu étais dans son régiment ? » osa-t-il demander, timidement, après quelques minutes supplémentaires pour se calmer. Il aurait peut-être mieux valu qu'il attende encore un peu pour se lancer sur le sujet, il ne savait pas trop, mais la curiosité se révélait finalement trop forte pour qu'il tente de la combattre plus longtemps.  

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 13:46
Pourquoi ca sonnait comme un abandon ? Je n’en avais aucune idée, mais c’était ce que je ressentais après l’avoir entendu. Il abandonnait le combat ? Pourquoi alors qu’il avait enfin toutes les cartes en mains ? J’arrivais pas à comprendre. Mais il ne se sentait pas abandonné, il me reprochait seulement d’avoir caché une information importante. Mais ça passerait et je n’ai au finale aucun moyen de faire passer les choses, si ce n’est accepter qu’il n’avait pas besoin que je le sauve de lui-même. Silencieux, toujours, je le sens bouger avant qu’il ne m’affirme avancer. Certes la page n’était pas complètement tournée, mais il essayait d’aller de l’avant et jusqu’à présent, il y arrivait, grâce à moi… Un frisson traversa ma colonne alors que mon regard retombait sur mes mains. Il avait beau me dire que je n’avais pas à le ménager, j’avais du mal à accepter. Seulement voilà, il avait raison. Et je comprenais ce qu’il voulait dire. J’allais devoir arrêter de croire que les gens ne pouvaient pas s’en sortir seul, arrêter de croire que les gens ne pouvaient pas s’en sortir. « D’accord. », soufflais-je simplement avant que le silence ne retombe. La respiration un peu plus calme, la boule s’effaçait lentement, du moins jusqu’à sa question. Me tendant bien plus fort que je ne l’aurais voulu, je me tournais enfin vers lui, le regardant avant de prendre conscience que je n’avais rien à dire. Il avait demandé, je devais répondre. Ne pas le ménager car ça ne l’aiderait pas. Ça ne le ferait pas avancer. Détournant les yeux sans pour autant cesser de lui faire face, je soufflais simplement, « Cinq ou six ans, j’avoue ne plus trop savoir avec tout ce qui c’est passé, mais il a prit le commandement quelques jours après mon arrivée au Moyen Orient. », et il avait été mon Major jusqu’à ce qu’on soit ramener, lui en premier. Il était resté quelques jours avec nous avant de déserter comme bien d’autre. Si je lui une avait voulu à l’époque, avec le recul, je ne pouvais que le remercier, il avait protéger Will.

« Mais il était lieutenant quand j’étais encore réserviste à San Francisco, je l’avais rencontré la-bas. », je ne savais pas si il voulait vraiment savoir ça, ni si j’avais le droit de le dire. Cela devait faire dix ans que j’avais rencontré l’homme, et ça me semblait être une éternité. Mais le temps passait vite et aujourd’hui, les rares souvenirs que j’avais de cette époque n’était que des brides, des sensations, mais rien de concret. Je ne pourrais même plus dire comment il était. Alors que je me rappelais de l’homme sur le front. Le regard toujours baissé sur le sol, je me pinçais les lèvres, réalisant peu-à-peu que j’avais passé bien plus de temps à côtoyer l’homme que Will. Que j’avais eu cette chance, cette opportunité et que Will n’en avait pas eu la chance. Certes la relation n’était pas la même et il n’y avait pas le même climat, mais j’avais partagé plus de repas avec lui que Will en toute une relation…

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 14:20
Six ou cinq ans. Ce verdict fit l'effet d'une douche froide à Will, qui baissa les yeux à son tour, inspirant doucement pour ne pas dire quoi que ce soit. C'était un peu une éternité, non ? Et pas le genre qui s'écoule sans qu'on y prenne garde, non, sur le front, dans les pires moments. Ça lui faisait un drôle d'effet d'entendre tout ça. Et comme si ce laps de temps n'était déjà pas assez long, Elias rajouta encore quelques années au compteur. On montait à combien, là ? Beaucoup plus que ce à quoi Will avait eu droit, en tout cas. C'était étrange et il ne savait pas trop comment le prendre, à vrai dire. Ni bien, ni mal, sans doute. Elias n'y était pour rien, après tout. Le silence commençait à devenir pesant et, à défaut de savoir comment réagir réellement, Will se mordit la lèvres avant d'oser souffler, tout bas : « Je vois. » Il n'y avait pas grand chose de plus à dire. Il n'avait pas le droit de reprocher cela à qui que ce soit et ça ne changeait rien, dans le fond. Ni à ce qu'il avait vécu avec Aiden, ni à ce qu'il vivait aujourd'hui. Peut-être que de l'apprendre plus tôt l'aurait seulement convaincu de prendre la fuite pour de vrai et il était finalement reconnaissant au hasard de ne pas s'être révélé avant.

« Tu le connaissais bien ? » demanda-t-il après un nouveau silence. Il n'était pas certain d'aimer entendre la réponse à cette question non plus, mais presque persuadé qu'Elias ne lui dirait pas la vérité de toute façon. Ça aurait été cruel de prétendre que oui, pas vrai ? Pour l'homme qui venait de passer un mois à lui cacher cette information pour ne pas le blesser, certainement. Et même si Will sentait déjà que ça lui ferait un autre choc de savoir, il prit les devants en assurant, précipitamment : « Tu peux me le dire, tout va bien. » Son ton un peu terne laissait entendre le contraire, mais il ne mentait pas. Ça allait. Pas parfaitement, il ne ressentait pas autant de détachement qu'il l'aurait voulu, mais ça allait. Rien d'insurmontable, rien qui ne puisse le replonger dans une douleur insoutenable. Il avançait doucement, mais il avançait quand même. Suffisamment pour oser un peu plus de curiosité en tout cas. « Comment il était ? » Une drôle de question pour quelqu'un ayant pourtant connu l'homme dont il était question plus intimement que n'importe lequel de ses soldats, mais au final ils n'avaient pas beaucoup parlé de son temps dans l'armée. Aiden avait avoué certaines choses, son détachement de plus en plus profond quant à son engagement, divers événements qui lui donnaient envie de se faire réformer sans jamais entrer dans les détails. Il avait avoué aussi sa désertion, reconnu ce que le gouvernement aurait jugé comme une trahison. Mais jamais plus, peu importe avec quelle application Will tentait de lui tirer les vers du nez.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 15:15
Ses questions me perturbaient, car j’étais pas certains que ce soit le moment, pas certains qu’il puisse assumer. Alors pourquoi il demandait ? Pourquoi se faire mal comme ça ? J’avais pas sur que tout allait bien, tout simplement car j’avais relevé les yeux sur du vide, sur une absence de regard. Il ne pouvait pas faire face. Pourtant, j’avais promit de ne rien lui cacher, alors sans doute que je devrais lui répondre. Remontant mes genoux contre moi, je les enserrais avant d’y poser ma tête, fixant le vide alors que ma réponse était pourtant évidente. J’aurais aimé lui apporter une réponse différente sans doute, mais ça ne serait que mentir, pour le préserver, et qu’il n’y avait plus rien à sauver dans le fond. « Oui et non… On était pas amis, je recevais ses ordres, je les exécutais. Quand les missions le permettaient on partager des repas, des matchs de foot entre deux raids, mais rien qu’il n’aurait pas fait avec d’autres unités. », je n’avais aucune relation particulière avec lui, et avec le recul c’était mieux ainsi. Et puis, simplement, il me demanda comment il était… Il devait le savoir mieux que tout le monde… Quoi que. Il avait connu que la version de l’armée, enfin de l’après. Il n’avait pas connu, mieux que quiconque, mais pas comme il aurait du. Levant les yeux vers lui, j’hésitais, longuement, à lui dire qui il était vraiment, à omettre certaines choses, pourtant, ça n’arrangerait rien. Soupirant alors, je baissais à nouveau les yeux sur matelas, me perdant dans des souvenirs emprunt de sang, de chaos et de mort. « Il était comme tous le monde au début, carriériste. Visant les plus haut grade, ne prêtant pas vraiment d’attention aux autres, juste à sa carrière. », comme bien d’autre avant lui, comme moi. Aiden n’avait jamais été parfait. Loin de là.

« Et puis après quelques mois sur le front, il a commencé à changer. Il a perdu une unité entière et je pense qu’il a jamais su se le pardonner. Il avait basé sa décision sur un pourcentage de réussite, pas sur le bénéfice. Il a commencé à être plus humain, plus prudent, sécurisant ses hommes, ses missions. Prenant aucun risque. ». J’en disais sans doute plus qu’il n’en voulait, plus que je n’aurais du, mais ce Aiden, il devait le connaitre. « Et puis un jour c’était plus le même, un gars de mon unité venait de devenir père, il était flippé, il voulait pas mourrir ici, il voulait voir son gosse grandir… On comprenait tous, mais Aiden semblait plus touché encore, ils sont parti tout les deux en raid et il y a eu un problème, une attaque rebelle dans une zone réputé déserte. Le gars était blessé, suffisamment pour être réformé et renvoyé aux usa. On a jamais retrouvé la balle, mais personne n’a posé de question. Le hasard faisait bien les choses… », légèrement tremblant, les souvenirs du front commencé à me secouer, mais c’était le genre de chose qu’il devait savoir pour comprendre qui était Aiden, comment il était. « Quand j’ai refusé de tirer sur un gosse, Aiden a fait partie du conseil disciplinaire, et avant que l’audience commence, il m’a demandé si j’avais quelqu’un à retrouver, si j’avais pas refusé de tirer par peur, par terreur même… Je pense que si j’avais dit que je ne pouvais plus continuer, il ne m’aurait pas défendu, il ne m’aurait pas éviter la sanction disciplinaire et il aurait fait en sorte que je sois viré de l’armée. J’en suis même sur. ».

Avec le recul, si je n’avais pas voulu me défendre, défendre le fait que les gens devaient se battre intelligemment, peut-être que je n’aurais pas tant de mort à porter. Ma gorge se nouait de plus en plus alors qu’on arrivait à la fin, « C’était un mec bien, un mec humain qui réfléchissait avant de tirer, mais… Je te mentirais en te disant que je le détestais pas. », il avait fait le bon choix, mais il avait abandonné son régiment, il avait laissé tout le monde déserter, laissant les plus courageux, les plus humains mourir. J’en avais beaucoup trop dit, même pour moi. J’avais raison de dire que je ne protéger pas uniquement Will, mais moi aussi. Aiden avait vrillé sur le front, comme beaucoup avant lui. Il avait réalisé des choses, il avait comprit, comme moi, que ce n’était pas un jeu. « Désolé, c’était pas ce que tu voulais entendre. », finis-je par déclarer, lachant mes genoux avant de me lever et de quitter la pièce. Je sais pas quel portrait je venais de dresser, je ne savais pas pourquoi j’avais dit que je le détestais… J’avais besoin de me ressaisir. Trouvant la salle de bain, je plongeais mes mains sous l’eau gelée pour me la passer sur le visage, pour calmer ce qui se passait. J’étais qui pour dire ça ?

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 16:54
Dès l'instant où leurs cœurs cessaient de battre, les morts avaient cette capacité improbable à se retrouver propulsé au sommet d'un piédestal dont il devenait vite difficile de les déloger. Aiden ne faisait pas exception à cette règle dans la vie de Will, il s'était mué rapidement en un archétype de soldat infaillible et dévoué, l'image même de la droiture et de la vertu. La manière dont Elias le décrivait actuellement, pourtant... ça ne sonnait pas faux aux oreilles de l'ingénieur, loin de là. Ils n'avaient pas parlé de toutes les histoires qu'il entendait en ce moment, mais ça collait pas mal à la version que Will avait connue du major, à quelques exceptions près. Ça lui faisait quand même mal à entendre, plus encore qu'Elias admette la haine qu'il éprouvait pour le défunt. Tout du long, cependant, le jeune homme resta silencieux et détaché, refusant de lever les yeux vers Elias, se laissant seulement porter par sa voix qui assénait des vérités désagréables malgré des efforts pour atténuer le mauvais. Inconsciemment, pour encaisser sans doute, l'ingénieur avait fini par laisser ses mains bouger toutes seules, s'écrasant les phalanges encore et encore pour retenir la douleur, la concentrer quelque part, un endroit tangible et cohérent. Et puis, la tirade d'Elias avait laissé toute la place aux sons d'os qui craquent et le soldat s'était échappé sans laisser le temps à Will de retrouver ses esprits. Quelques secondes, le jeune homme n'avait rien fait de plus qu'inspirer doucement en bougeant les doigts pour faire passer les légères douleurs qui commençaient à s'installer. Et puis, il avait fini par se lever à son tour et, d'un pas hésitant, par rejoindre le couloir à son tour, jusqu'à s'appuyer dans l'encadrement de la porte de la salle de bain où il posa le regard sur Elias en proie à des émotions tout aussi affreuses que les siennes.

C'était une situation compliquée, pour l'un comme pour l'autre certainement. Une situation qu'ils auraient peut-être pu s'éviter encore quelques temps sans ce malheureux accident de stylo. Mais ce qui marquait le plus l'esprit de Will à la fin, c'était la peur. La peur d'avoir blessé l'homme qui se tenait devant lui, de l'avoir perdu un peu aussi. Cette possibilité l'angoissait affreusement, jusqu'à lui arracher un soupir et permettre à sa voix, rauque et hésitante, de percer le silence trop lourd autour d'eux. « Tu te trompes. » souffla-t-il. « C'est compliqué de parler de lui, mais tu n'as pas d'excuses à me fournir, je sais qu'il n'était pas parfait, je sais qu'il était lâche et mort de trouille et sûrement un peu égoïste aussi. Et je sais aussi qu'il a déserté dès qu'il en a eu l'occasion. » Ça lui coûtait beaucoup de dire tout cela, mais il le savait, il l'avait appris d'Aiden en personne, qu'importe le mal qu'il se donnait depuis des mois pour prétendre que son défunt compagnon tenait plus de l'homme parfait que de l'homme tout court. « Je suis désolé, si tu te sens en concurrence avec lui auprès de moi. C'est facile de ne se souvenir que des bons côtés quand la personne n'est plus là pour vous rappeler les mauvais. Et... » Il comprenait mal la fuite d'Elias, mais il ne voyait pas d'autre explication à cette tension qui venait de naître. Sans doute que ses propres craintes lui faisaient manquer l'essentiel, toujours est-il qu'assez maladroitement, il ressentait le besoin d'éclaircir ce point-là. « C'est vrai qu'au début, je passais beaucoup de temps à vous comparer l'un à l'autre, mais uniquement parce que j'avais besoin qu'il te ressemble, pour justifier tout ce que je ressentais pour toi et qui me faisait peur. Mais je sais que vous êtes différents et ce n'est pas pour vos points communs que je suis avec toi aujourd'hui. » Toujours trop timidement, le jeune homme s'autorisa tout de même à faire un pas en avant, puis deux, réduisant doucement la distance sans s'approcher de trop. C'était compliqué de se situer entre ces deux eaux, mais qu'importe les difficultés, la douleur, il voulait Elias aujourd'hui, Elias était son avenir et pour cela, il faudrait bien se résoudre à laisser le passé à sa place.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 17:57
Ils fallait que je retrouve mon souffle, mon calme. Cracher sur le dos du soldat n’avait rien de plaisant, rien d’habituel et même si je le respectais énormément, il n’en restait pas moins que j’étais à cet instant, entrain de réaliser que je lui en voulais. Pas parce qu’il hantait Will, simplement car il… Et pourtant après plusieurs minutes face au lavabo, à contenir les tremblements venant peu-à-peu envahir mon corps, je l’entendis lui. Je me trompais ? En quoi ? C’était compliqué de parler de lui, il n’était pas parfait, il savait qu’il était lache, mort de peur, et sans doute égoïste, il savait aussi qu’il avait déserté dès qu’il en avait eu la possibilité. Aiden n’était pas mauvais, je suis pas certain que ce soit vraiment de la lâcheté, pas certain qu’il ai déjà eu ce genre de crainte. Mais il avait déserté, laissant ses hommes derrière lui. J’étais juste un lieutenant, je n’avais qu’une unité, je n’avais pas pu retenir les autres quand même leurs major partait. Il s’excusa si je me sentais en concurrence avec lui aux yeux de Will. J’allais répondre, mais la suite me coupa l’herbe sous le pied. Il nous comparait beaucoup au début, il avait besoin qu’Aiden me ressemble pour justifier tout ça. Car il avait peur. J’avais comprit il y a un moment qu’il y avait eu comparaison, à raison visiblement. Et je n’avais jamais rien dit car je connaissais ma valeur, toutefois, l’entendre dire que nous étions différent et que ce n’étais pas pour nos points communs qu’il était avec moi me soulagea plus que je ne l’aurais cru. Soupirant une dernière fois alors que je l’entendais avancer, je finis par me détacher de mon lavabo pour le fixer, un instant, une minute, sans doute plus en vérité. Mais suffisamment pour prendre connaissance de la gravité de tout ça. J’avais caché, j’avais révélé des choses, j’avais prit conscience d’un problème lui aussi. Me passant une dernière fois la main sur mon visage avant de souffler, « Je me suis jamais senti en concurrence avec lui Will. », car concurrence n’était pas le terme. Incapable de l’effacer de son coeur, de lui faire oublier la douleur, oui mais je n’avais jamais jugé être en compétition avec lui. Car il n’y avait pas le besoin sans doute. « Je le détestais pas pour ça… », pas pour Will.

C’était des conneries putain… M’avançant avec précaution, ma main se tendit pour s’accrocher à son t-shirt avant que je ne franchisse les derniers centimètre, avant que je ne sois assez proche pour laisser mon front se poser sur son épaule, je demandais rien de plus qu’une trêve, car c’était bien trop difficile de m’énerver à nouveau contre lui. Beaucoup trop difficile de lui en vouloir. Vouloir de quoi de toute façon ? Sa réaction était bien plus légitime que la mienne. « Je te promets de faire attention à moi. », soufflais-je dans un premier temps, la gorge toujours noué, la déclaration toujours impossible ne face. « Je te promets de ne jamais te mentir, de ne plus jamais rien te cacher. », continuais-je dans la même veine, une émotions que je cherchais à réfréner. « Je te promets de ne plus décider pour toi, de ne plus penser à ta place. », même si parfois, cela voudrait dire faire des efforts certains, couteux aussi pour moi. Mais je n’avais pas à être dans sa tête. « Je te promets d’être là, d’oser aller vers toi quand je le vois, et plus me cacher, plus avoir peur de pas réussir à être là pour toi. ». Je savais pas ce que je cherchais, si ce n’est son contact, si ce n’est le fait que je pouvais pas, je pouvais pas rester loin de lui sans avoir l’impression de faire une erreur. Je pouvais jouer aux cons autant de fois qu’il le voudrait, mais là… Je ne pouvais pas mener ce combat, pas contre lui. Pas comme ça. Pas parce que j’étais idiot, pas parce que j’avais peur des réalités.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 20:06
Un silence beaucoup trop long suivit les paroles de Will et souligné par le regard fixe d'Elias, ça devenait de plus en plus difficile à supporter, honnêtement. Le jeune homme sentait la nervosité grandir et sa patience déjà mise à rude épreuve menaçait de disparaître tout simplement. Il prenait sur lui de calmer le jeu, un peu d'aide n'aurait pas été de refus. Heureusement, avant que Will n'arrive réellement à bout de souffle, le soldat se décida enfin à parler, admettant qu'il n'en voulait pas à Aiden pour ça. Pourquoi, alors ? La réponse ne devait pas être si compliquée que ça à trouver, dans le fond, mais le jeune homme n'eut ni le temps de la poser, ni même d'y réfléchir tout seul qu'Elias s'approchait de lui, posant sa tête sur son épaule. Et qu'il se remettait à parler. À enchaîner des promesses qui, contre toute attente, parvenaient réellement à apaiser Will. Il attendit tout de même que la dernière soit formulée avant d'oser bouger, passant ses bras autour de la taille du soldat pour le serrer contre lui. « Merci. » souffla-t-il après quelques secondes à peine. Il ne croyait pas tellement à la viabilité de ces promesses, certaines lui semblaient totalement irréalisables, mais ça le calmait quand même, ça le rassurait quand même. Et pendant quelques minutes, il ne répondit rien, n'ajouta rien, laissant simplement le calme s'installer réellement, profitant de l'étreinte qui parvenait à le rassurer.

Jusqu'à ce que les rouages de son esprit ne se remettent en marche pour de bon. « Pourquoi tu le détestais, alors ? » demanda-t-il, plus tranquillement. Peut-être bien que ça n'avait plus aucune importance désormais, peut-être qu'il ne gagnerait rien à insister, mais il était comme ça. Il se connaissait assez pour savoir que la question finirait par le hanter s'il ne la posait pas et autant le faire quand le sujet était encore plus ou moins d'actualité, non ? Détester, c'était un mot fort, un mot presque violent. Et s'il ne reprochait pas à Elias de l'utiliser pour Aiden, pas vraiment, pas pour l'instant en tout cas, il n'en restait pas moins curieux de comprendre ce qui pouvait justifier qu'il ait sa place dans cette histoire. Quelque chose qui s'était passé au Moyen-Orient ? Un rapport avec ce conseil disciplinaire ? Il y avait tellement de possibilités et Will n'avait certainement pas été assez concentré sur leur conversation pour se permettre de l'analyser convenablement.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Jeu 1 Fév - 23:08
Le sentir presser son bras contre moi me rassura sans doute plus que son merci, car si les mots pouvaient être simulé, les gestes, concernant Will, il n’y avait que très peut de chance qu’il les simules. Alors j’acceptais, de me détendre, d’arrêter de penser un instant, jusqu’à ce qu’il ne brise à nouveau le silence dans une question qui me raidit presque aussitôt. Le lâchant et faisant un pas en arrière, je fronçais légèrement les sourcils pour savoir si il y avait une chance qu’il rigole. Mais non, Will ne rigolait jamais à ce sujet. Alors, après quelques pas en arrière, je finis par m’asseoir sur le rebord de la baignoire, posant mes mains sur les genoux le temps de trouver les mots. Finissant par relever les yeux vers lui, je repris d’une voix étonnamment contrôlé, malgré la tension latente. « Quand les grand dirigeant quitte le navire et que ta hiérarchie directe en fait de même, dans l’armée, c’est pas un signe de cohésion. », soufflais-je pour commencer. Il ne fallait tendre aucune joue pour se faire frapper dans l’armée, sinon, on ne vous loupez que rarement. Et là… On ne m’avait pas loupé. Un départ d’un colonel, ok, compréhensif, mais ton major… Comment tu voulais expliquer à tes gars que c’était pas la merde ? Que tout était sous contrôle, c’était impossible. Tu pouvais pas réussir à trouver l’argument, tu pouvais même pas en chercher, t’étais seul.

« Il a envoyé plusieurs unité sur des points stratégique de Détroit pour encadrer la population. Et du jour au lentement plus personne. Du jour au lendemain on t’apprend que ton Major vient de fuir. Tu pense que mes hommes on réagit comment ? », ils ont fait de même. « On s’est retrouvé en minorité pour un camps trop gros, sans ordre, sans directive. Il est pas responsable du massacre de l’Hôpital, j’étais le seul gradé responsable, mais il a initié une fuite, il a abandonné ses hommes en leur ayant donné des ordres. », déclarais-je sur le même ton, baissant finalement les yeux. « C’était le chaos, on voyait tout s’écroulait et on restait là a essayer de maintenir un ordre. On voyait qu’aucune réplique militaire ne fonctionnaient. On savait que Détroit allait être nettoyer au Napalm, et on devait juste isoler la population. Genre… J’étais pas prêt à ça et lui, il m’a dit de rester, avec mes hommes, alors qu’il s’avait très bien qu'il allait se casser, pour mener ça vie de son côté, nous on pouvait pas bouger, on a pas eut la moindre chance car on est resté sur place, pour tout les civils qui ne pouvait pas être déplacé. », une colère avait fini par naitre, alors que je soupirais pour résumé, « Je lui faisais confiance car il a sauvé ma carrière et il m’a trahi, il a trahi mes hommes, il a trahi son régiment. », et pour quelqu’un d’intègre comme moi, c’était impossible à accepter. Impossible à gérer. J’avais pas su, j’avais du avancer, rassurer tout le monde alors que clairement, il m’avait poignardé.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 0:18
La question du jeune homme engendra une fuite qu'il aurait certainement du voir venir et qui lui tira tout de même une pointe de déception. Il resta pourtant silencieux, laissant le temps au soldat de s'exprimer sur ce qu'il reprochait à Aiden et, lorsque le verdict tomba enfin... C'était toujours assez désagréable à entendre, à vrai dire, mais au milieu de tout cela, Will se sentait aussi un peu idiot. Il aurait pu deviner tout seul, sincèrement, ça n'était pas si étonnant que cela. Pour Elias qui était resté jusqu'à la fin, qui continuait encore aujourd'hui de faire son boulot sans rien demander en retour... Un déserteur, forcément, ça n'était pas quelque chose d'acceptable. Malheureusement, Will ne savait pas trop quoi répondre à cela. Ça n'était pas à lui d'expliquer la décision du major et encore moins à lui d'essayer de la justifier auprès d'Elias. Il se sentait assez mal à l'aise et, pour la première fois depuis longtemps, regrettait d'avoir posé une question dont il savait d'avance que la réponse serait trop complexe pour que l'ambiance soit au beau fixe. Dans un premier temps, il conserva donc le silence, passant une main sur son visage pour effacer vaguement la gêne qui s'y installait et il osa s'approcher du soldat, s'arrêtant à un ou deux pas à peine. « Après tout ce que tu as traversé en décidant de rester, il y a de quoi en vouloir aux déserteurs. » souffla-t-il, dans une assez piètre tentative de soutien. Il était sincère, pourtant, il comprenait réellement, même si ses mots lui donnaient l'impression de sonner creux.

Doucement, il prit la main du soldat dans la sienne, le tirant pour l'inciter à se relever, à lui faire face. Ils avaient bien assez pris la fuite l'un et l'autre pour ce soir, non ? Alors, dès qu'Elias fut debout devant lui, le jeune homme glissa sa main libre contre sa joue, l'obligeant à le regarder tandis qu'il se rapprochait un peu plus, se collant contre lui tout simplement. « Tu te souviens de la toute première question que je t'ai posé quand on s'est rencontrés ? » demanda-t-il, sans attendre de réelle réponse. Ses mots, ce jour-là, avaient été d'une violence incroyable et parfaitement injustes et il ne doutait pas tellement qu'Elias s'en souvienne. « Je méprisais à peu près toute personne porteuse d'uniforme à cette époque. » Un sourire timide étira ses lèvres à cette remarque. Mieux valait en rire, avec le recul. « Mais j'avais tort. Je déteste encore que tu sois un soldat, ne te méprends pas, tu peux me promettre autant que tu veux que tu feras attention à toi, je reste persuadé que c'est à cause de ça que je finirais par te perdre un jour. Mais c'est aussi pour ça que tu as gagné mon respect et peut-être mon admiration aussi. » Son sourire gagna en assurance et il lâcha finalement la main d'Elias pour attraper les plaques à son cou, les soulevant légèrement entre eux. « C'est pour ça aussi que j'aimerais que tu me permettes de les porter pour toi. Pas comme une relique, mais comme un signe ostentatoire de la fierté que je ressens à être à toi. » Il laissa passer une légère pause, trop courte pour permettre au soldat de répondre, juste assez pour relever les yeux vers lui et sourire de plus belle. « Enfin, à condition que tu ne répètes rien de tout ça à qui que ce soit, ma réputation d'homme détaché et au-dessus de tout risquerait d'en prendre un coup. »  

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 9:22
Je savais que j’étais légitime, mais il s’agissait d’un homme qu’il avait aimé, bien plus qu’une simple rencontre que l’on pourrait suffisamment apprécier dans un bar pour coucher avec. C’était un homme qu’il continuerait à porter dans son coeur et avec tout le respect que je lui devais par rapport à ce qu’il avait fait pour moi… Je n’avais pas pu lui pardonner cette décision. Laissant ses doigts emprisonner ma mains je me levais doucement à sa demande silencieuse, lui faisant face alors que je levais les yeux sur lui. Mon corps s’apaisait alors qu’il s’approchait davantage me demandant si je me souvenais de la première question qu’il avait posé quand on s’était rencontré. Oui, enfin je me rappelle qu’il n’avait pas été le plus avenant envers l’armée, après des mots en précision je ne pourrais pas les dire. Il reprit en disant qu’il méprisait à peu près tout ce qui porté un uniforme, ce qui sembla l’amuser au vu du sourire qu’il afficha. Il avait tort, et si il détestait que je sois encore un soldat, ça ne changeait rien au fait que j’avais gagné son respect et peut-être son admiration grâce à ça. Il avait raison sur un point, je ne pouvais pas promettre de faire attention à moi car dès qu’une simple arme serait braqué sur Will, je perdrais tout sens commun par exemple. Je prendrais des risques inutiles. Et puis il saisit les plaques autour de son cou, mes plaques d’ailleurs, fronçant légèrement les sourcils, je l’écoutais me demander si il pouvait les porter pour moi, pas pour un symbole, mais simplement par fierté, celle qu’il ressent d’être à moi. Souriant doucement, je sortais de la nuit qui avait ombragé mon esprit, d’autant plus lorsqu’il fut question de préserver sa réputation d’homme détaché. Posant enfin yeux sur lui, je glissais mes mains sur les siennes, répondant doucement, « Je pense que tu défends très bien ta réputation tous seul. Personne ne se doute que t’aies un coeur. », lâchant finalement ses mains, je le prenais dans mes bras pour reprendre tout simplement, « Fierté ou pas, t’appartiens à personne, portes les si tu en as envie, mais pas car t’es fier d’appartenir à une personne… », fermant un moment les yeux, ma respiration s’était faite enfin calme, la crise était passé, je ne l’avais pas perdu, je n’avais pas merdé, pas à ce point. Will m’était essentiel, je n’aurais pas pu me pardonner ça.

« Et je suis plus un soldat, je ne porte plus d’uniforme, si tu dois admirer quelque chose c’est pas ça, mais ça reviendrait à dire que tu admires quelqu’un qui se préoccupe des autres et qui leur est dévoué sans les aimer ni coucher avec… Tu penses pouvoir le faire ? », demandais-je en me détachant légèrement de lui pour le regarder en souriant doucement, glissant une main sur son visage avant de l’embrasser, avec ce sentiment étrange que chaque baiser serait unique, serait important. Et lorsque je lui rendis enfin son souffle, je nichais à nouveau mon visage dans cou, le prenant contre moi, le serrant contre moi pour m’assurer que rien de tout ça n’avait été inventé. Qu’il était et qu’il resterait la.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 10:58
Très discrètement, Will laissa un soupir passer entre ses lèvres, se retenant même de lever les yeux au ciel pour une fois. La situation parvenait à se résoudre presque toute seule et c'était une très bonne chose qu'il ne se sentait pas d'attaque à remettre en cause. Mais Elias... Il était toujours tellement... Pas romantique, pas expressif. Détail incroyablement frustrant qui tirait tout de même un sourire à l'ingénieur. Il avait envie de s'en plaindre pour la forme, mais clairement, Will avait un type d'homme et sur ce point au moins, Elias était en plein dans la description du poste. Il refusait d'accepter que Will puisse être à lui, puisse vouloir l'arborer fièrement et le faire savoir au monde entier, comme s'il y avait quelque chose d'affreux là-dedans et que ça n'était pas seulement une façon détournée pour le jeune homme d'exprimer dévotion et amour sans l'assumer pleinement. Et comme si ça n'était déjà pas suffisamment frustrant pour le jeune homme de constater cela, il fallait que monsieur en rajoute une couche en osant insinuer que, peut-être, Will pourrait ressentir cela pour quelqu'un qui soit purement et simplement altruiste sans avoir à se cacher derrière des sentiments ou un uniforme. Il cherchait les ennuis, là, non ? « Tu as raison, je vais peut-être éviter de trop m'en vanter... » souffla-t-il, prenant un air faussement pensif. « Quoi que... C'est exactement ce qu'il me faut, en fait. Que tout le monde pense que tu es le plus sensible de nous deux, ça ne fera que renforcer mon image. »

Il s'éloigna légèrement, juste assez pour attirer l'attention d'Elias qui se planquait dans son cou et lui adressa un sourire beaucoup moins doux, révélant sans mal qu'il avait une idée derrière la tête. Et il ne perdit pas beaucoup plus de temps pour la partager. « Sur une note beaucoup moins niaise... » souffla-t-il en laissant s'exprimer toute sa suffisance. « Je crois qu'on vient d'avoir notre toute première dispute. » Ou du moins une vraie dispute depuis qu'ils s'étaient officiellement enchaînés l'un à l'autre, bien qu'il soit certainement possible de faire encore plus convainquant que celle-là, qui s'était finalement réglée assez vite. Ce qui ne changeait franchement rien à ce que Will avait en tête. « Et d'après ce que j'ai observé dans les films... On est supposé régler ça pour de bon dans un lit. » Il ne laissa aucune chance à Elias de répondre, retrouvant rapidement ses lèvres tandis qu'il l'attrapait par les hanches et l'incitait à le suivre, lentement, hors de la salle de bain. La colère s'était totalement envolée, ce qui allait peut-être à l'encontre des scènes dont il faisait mention où elle servait généralement de moteur, mais plus qu'une réconciliation qui ne soit pas vraiment nécessaire, Will cherchait plutôt à s'apaiser. À chasser pour de bon toute retombée négative qui pourrait persister après cette conversation intense, à chasser les souvenirs douloureux ou non qui n'avaient pas leur place ici. Et quoi de mieux que d'éteindre son cerveau pour laisser le contrôle à son corps pour cela ?

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 11:32
Le plus sensible ? Je pense que le fait que je sois assez fermé dès que je sortais d’ici suffirait à ne faire aucune illusion à personne sur le sujet. Mais si ça pouvait le rassurer de croire que les autres me prendrait pour le plus sensible… Quoi que… c’était vrai, Will était romantique, c’était différent, sensible avec moi, mais dehors, pas vraiment. « Un bad boy qui allume des bougies pour chauffer son mec en rentrant du travail alors… », murmurais-je dans son cou avant d’il ne me force à m’éloigner, me regardant un peu plus sérieusement avant de reprendre, expliquant que sur une note beaucoup moins niaise, on venait d’avoir notre première dispute. Je ne sais pas si ça devait me rassurer ou non, mais oui, nous venions de traverser un premier conflit, qui s’était de toute évidence réglé seul quand on avait réalisé la porté de tout ça. J’avais ouvert la bouche pour dire quelque chose, mais sincèrement, après réflexion, je ne voyais pas quoi dire. Au contraire. Et de toute façon il reprit bien rapidement, expliquant que d’après les films, on était supposer régler ça au lit. Fronçant les sourcils, j’aurais bien été lui dire que c’était déjà réglé, mais il m’embrassait déjà, glissant ses mains sur mes hanches pour m’attirer à sa suite, nous faisant remonter rapidement le couloir sans que je n’oppose de résistance réel. Me limitant simplement à répondre à ses lèvres, à laisser mes doutes s’envoler en quelques secondes pour m’occuper uniquement de lui. Juste lui. Fuir ? Peut-être, sans doute, mais je n’avais pas envie de me retenir ni de le retenir. Nous arrêtant à quelques mètres de la chambre, je le repoussais contre un mur, glissant mes mains sur son torse pour saisir son haut, libérant ses lèvres juste le temps de lui ôter son vêtement que je laissais tomber par terre, je retrouvais sa bouche, le souffle court avant de m’abaisser juste assez pour saisir ses hanches et le porter. Si je n’étais pas aussi occupé à l’embrasser j’aurais pu relever le fait qu’il pesait déjà un peu plus lourd que la dernière fois, mais je n’étais pas certain d’être en état d’y penser, loin de là. Finissant par l’y décoller je reprenais la route jusqu’à la chambre, jusqu’au lit ou je l’allongeais gardant ses jambes contre moi, laissant bon bassin prisonnier de ses cuisses alors que mes mains les remontés sans cesse.

Sans doute aurais-je du me reprendre, éviter de me laisser porter, mais j’avais besoin de me déconnecter. J’avais besoin de garder des distances. De garder mes distances avec mon cerveau. La seul chose que je pouvais me permettre en cet instant, c’était bien de libérer ses lèvres pour ne pas suffoquer contre lui, mais c’était tout. Je ne pouvais pas faire plus. Je ne serais pas capable de faire plus. Glissant mes lèvres dans son cou, je l’embrassais, caressais le grain de sa peau, y dessinant des arabesque alors que mon corps réussissait de plus en plus à reprendre le dessus sur mon esprit, réussissant à le chasser loin, très loin. J’avais juste besoin d’être là, avec lui, contre lui, j’avais juste besoin de lui.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 17:01
Son regard vide se posa sur le plafond alors que son cœur battait encore à un rythme précipité qui rendait sa respiration bruyante et incohérente. Quelques secondes, le jeune homme resta sans bouger, jusqu'à ce qu'il retrouve assez de conscience pour permettre à ses yeux de se promener sur la pièce, sur les vêtements éparpillés sur le sol qui donnaient des allures de champ de bataille à l'ensemble, sur la fenêtre que la lune éclairait trop faiblement, sur Elias couché à côté de lui et dans un état semblable après l'intensité de leur échange. Il était suffisamment tard, ils devaient être suffisamment fatigués pour que dormir devienne une option envisageable et malgré tout, Will gardait les yeux ouverts. Si le calme l'avait finalement retrouvé, ça ne dura pas plus de quelques minutes en réalité. Et dès que son souffle fut redevenu régulier et le silence complet, des pensées qu'il aurait voulu chasser affluaient de nouveau. Son esprit prenait le temps d'assimiler toutes les informations emmagasinées au cours de cette soirée, sans doute. Dans un effort ridicule pour les repousser encore un moment, sa main glissa sur les draps jusqu'à s'accrocher à celle d'Elias, mais même ce contact ne venait pas réellement à bout de son esprit tourmenté et parvenait à peine à chasser les images qui se dessinaient dans son crâne. Il n'était plus en colère, aucune trace de rancœur ne persistait, simplement... ça restait un choc qui laissait un sentiment étrange derrière lui.

Rester en place ne l'aidant pas du tout à penser à autre chose, le jeune homme fut rapidement pris d'agitation et se retourna finalement, se penchant au-dessus du soldat pour l'embrasser doucement avant de sortir du lit. Il ramassa ses vêtements au sol, se rhabillant rapidement. « J'ai du travail à finir, je te rejoins plus tard. » expliqua-t-il très vaguement, deux secondes avant de quitter la pièce. Il retrouva le salon à une vitesse assez impressionnante, mais avant d'aller se poser sur sa chaise, termina de ramasser les affaires d'Elias qu'il avait laissées par terre tout à l'heure, pour finalement abandonner le sac sur le canapé pour s'éviter un nouvel accident. Il eut un peu de mal à se replonger dans ses travaux, les images qu'il tentait d'oublier continuant de s'imposer malgré lui. C'était la première fois depuis des semaines, depuis le soir de sa fuite en fait, qu'il repensait réellement à Aiden, à la nuit de sa mort. Il y avait de quoi, certainement, il n'avait pas réellement pensé au major depuis tout ce temps non plus, normal que les derniers souvenirs qu'il garde de lui veuillent s'imposer chaque fois qu'il osait en parler, non ? Ça n'en restait pas moins frustrant, angoissant et malgré ses efforts pour se concentrer réellement sur son travail, rien à faire. Tout cela continuait de l’obséder, littéralement et entre ses soupirs réguliers et son agitation à passer d'un plan à l'autre sans jamais se fixer sur rien, ça devait se voir à des kilomètres à la ronde.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 17:39
La gorge sèche, la respiration irrégulière, je cherchais à me reprendre après ce qui venait de se passer. Combien souvent avant ce soir, chaque échange physique se soldait par un épuisement certain, à la différence près que ce soir, je ne me sentais même plus capable de bouger. Je ne me mentais pas sur l’origine de tout ça, je ne me faisais pas d’illusion, mais la bulle semblait survivre, du moins jusqu’à ce que Will se mette à bouger dans tout les sens pour finir par m’embrasser et disparaitre pour continuer à travailler… Il était si dévoué ou ? J’avoue que je ne savais pas trop quoi répondre, mon cerveau se limitant à envoyer des images de plus en plus troublante à mon corps. Des frissons me traversant rapidement pour me faire m’asseoir. Ce n’était pas la première fois que je ressentais ça après avec couché avec Will, mais je pense que c’était la première fois que j’identifiais le problème, l’origine. Juste ce contact, la façon dont je l’avais amené dans le lit, le fait de sentir ses jambes, son corps sous le mien… Un nouveau frisson me prit. Me forçant à fermer les yeux pour accuser le coup. Je devais me reprendre, mais je n’étais pas certain que je veuille penser à quoi que ce soit. Alors, je finis par sortir du lit, repassant mon boxer et mon jeans avant de descendre dans l’idée de boire un verre d’eau et non de déranger Will. Pourtant, en passant devant la table, je le voyais bien agité. Trop agité. Finissant quand même ma route pour boire un verre, je finis par faire chauffer de l’eau et infuser un thé avant de ramener une tasse fumante à Will. Lui tendant doucement, je finis par justifier mon geste de façon un peu maladroite sans doute, « Ça sera moins fort qu’un café. », je ne pouvais pas l’aider, mais sans doute que je pouvais lui faire penser à autre chose, être là quand de toute évidence quelque chose clochait.

« Je sais que tu voulais bosser, mais je t’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre comment le rayonnement solaire peut devenir de l’énergie, enfin je me doute bien que d’un point de vu purement physique il y a un échange thermique, et que tout échange crée et consomme de l’énergie, mais, c’est moins évident que des éoliennes ou physiquement je vois le vent souffler. Du coup tu penses que t’aurais juste deux minutes pour m’expliquer, même si je doute que deux minutes suffises ? », je ne m’étais pas imposé, il avait la possibilité de me dire non d’ailleurs, il pouvait refuser, et j’irais me recoucher, mais j’avais l’impression que je devais faire quelque chose pour lui changer les idées, quoi que ce soit d’ailleurs, je devais le faire, essayer. Et je me disais qu’expliquer les bases serait sans doute assez difficile pour rendre les choses compréhensible, assez pour changer les idées, du moins je l’espérais. Je doutais bien que notre dispute devait faire échos, ou du moins certains sujet. Alors oui, je faisais comme Sheldon Cooper, j’amenais une boisson chaude et une discussion scientifique pour le morale. Bon Seldon aurait pas demandé ça, mais passons.

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MessageSujet: Re: On another love, all my tears have been used up [Eliam]   Ven 2 Fév - 19:09
Les pas d'Elias dans l'escalier poussèrent le jeune homme à se reprendre, légèrement du moins, peu désireux de laisser voir son trouble et de relancer un moment désagréable. Il se pencha donc de nouveau sur son bloc-notes, attrapant son stylo et se plongea sans trop d'attention sur la lecture d'une large carte de Détroit posée devant lui. Il n'avait cependant pas écrit un mot de plus sur sa feuille quand le soldat revint vers lui, le faisant sursauter légèrement alors qu'il lui offrait une tasse de thé. Ses sourcils se froncèrent quelque peu, mais il ne chercha pas plus loin et libéra un peu d'espace devant lui pour la tasse. « Merci. » souffla-t-il vaguement, en faisant mine de se ré-intéresser à son travail. Il ne finirait probablement pas ce soir, c'était une véritable perte de temps que de rester là à s'acharner. Il n'eut pourtant pas besoin de faire semblant plus de quelques secondes avant que le soldat ne l'oblige à relever les yeux en lui posant une question qui lui semblait assez... arbitraire ? Ça avait un rapport avec ce qu'il faisait, certes, mais l'intérêt soudain qu'Elias portait à ce sujet le laissait perplexe. « Bien sûr, ça n'a rien de très compliqué. » concéda-t-il tout de même. Il inspira légèrement et se redressa pour se concentrer un peu plus sérieusement.

« C'est de la physique basique, en fait. » lâcha-t-il, comme si c'était parfaitement évident. Il tira son bloc-notes pour le poser devant lui et fit glisser sa chaise en arrière pour libérer un peu d'espace. « Approche. » demanda-t-il en tendant une main vers le soldat pour l'inviter à le rejoindre. Il lui laissa quelques secondes pour s'installer avant de reprendre son stylo et de dessiner un rectangle au milieu d'une page blanche. « On utilise un atome qu'on appelle un semi-conducteur, qui réagit à la lumière du soleil, le silicium dans notre cas, parce que c'est le plus simple à trouver, on l'extrait du sable. Bref, quand le silicium est mis en contact avec le soleil, ses électrons s'agitent et passent d'un atome à l'autre. Ce qui ne sert absolument à rien tout seul, ça crée seulement le mouvement. Il faut ensuite créer un manque, une tension électrique en imposant un déséquilibre. Pour ça, on polarise les plaques de silicium en leur injectant d'autres composants. » Tout en parlant, il continuait de dessiner un schéma simplifié d'un panneau. « Ça fonctionne comme une pile, en gros. Donc, tu as une première couche de verre pour amplifier le rayonnement. Juste en dessous, ta charge négative composée de silicium dopé en phosphore, pour créer un surplus d'électrons. Généralement, on a ensuite une couche d'aluminium pour isoler. Et enfin ta charge positive, silicium et bore, pour le manque d’électron. Comme la nature est bien faite, les électrons tenteront de prendre la route la plus rapide, l'aluminium empêche donc les charges électriques de s'équilibrer naturellement. Tu branches des fils conducteurs sur tes deux pôles, ta batterie entre les deux et dès que la lumière du soleil frappe la couche supérieure, les électrons sont forcés de suivre le fil conducteur pour s'équilibrer, en passant par ta batterie. Du coup, ça n'a vraiment rien à voir avec la chaleur du soleil, c'est juste une question de rayonnement, c'est pour ça que ça fonctionne même dans le Michigan où les températures ne sont pas très élevées. » L'air de rien, Elias avait réussi à le calmer durablement en lui posant cette question, ce qu'il finirait certainement par regretter s'il ne trouvait pas un moyen de faire taire l'ingénieur lancé sur le sujet. Il pourrait réellement en parler pendant des heures, se contentant pour le moment d'effleurer le sujet. « Tout ça pour dire que ce que je vais utiliser pour l'eau chaude n'a absolument rien à voir, puisqu'on pourrait éventuellement se contenter de profiter de la chaleur du soleil, il existe des dispositifs parfaits pour ça, mais vu la région dans laquelle on se trouve, il faudra forcément penser à une solution de secours si on veut avoir l'eau chaude toute l'année, c'est pour ça que je me penche sur une amélioration de tout votre système électrique au passage. Des questions ? »

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