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 Run to you [Mr & Mrs Gerrish]

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MessageSujet: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Lun 26 Fév - 13:02
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]C'était une idée stupide. Complètement ridicule et absolument stupide. Et Anna aurait pu continuer comme ça pendant des heures, faire un étalage impressionnant de son vocabulaire en divaguant infiniment sur les qualificatifs et les superlatifs. Elle aurait pu, mais elle s'évita cette peine et se concentra plutôt sur ce qui se passait derrière la porte contre laquelle elle s'était collée. Le Desert Eagle que lui avait laissé Leroy se tendait près de son visage, ses doigts fermement accrochés contre la crosse, prête à tirer et elle tendait l'oreille en appuyant sa tête contre le battant de bois. Les grognements de l'autre côté résonnaient dans son crâne autant que les insultes qu'elle tournait à la fois contre elle-même et contre les créatures enfermées dans la cuisine. Au moins avait-elle réussi à toutes les attirer dans la même pièce. Malheureusement, leurs doigts commençaient déjà à frapper contre le bois et ils étaient plus nombreux qu'elle. Cinq, en fait. Comment cinq personnes pouvaient même avoir vécu ici ? Du temps où elle occupait cet appartement avec Arthur, ils trouvaient déjà le moyen de se sentir à l'étroit en étant seulement deux... Enfin, sans doute que de devoir se cacher pour échapper aux flammes du napalm et à la fin du monde aidait à remettre les choses en perspective. Et ça n'était pas tellement le problème pour le moment.

Anna regrettait tout de même d'avoir eu cette idée stupide. Tout ça à cause de cette femme. Juliet. Leur conversation avait été trop... ouverte. Confidence après confidence, la graine du doute avait poussé dans l'esprit d'Anna. Et après avoir perdu Leroy, après avoir perdu la dernière personne qui comptait encore un peu à ses yeux, se retrouver soudainement seule avec ses pensées toutes tournées vers le passé... Et pendant un court instant, elle avait eu envie de venir ici. Pourquoi ? Bonne question. Ils ne vivaient plus dans cet appartement depuis tellement longtemps qu'elle aurait du se douter que jamais Arthur ne reviendrait ici, si tant est qu'il soit encore en vie. Alors qu'est-ce qu'elle fichait là, hein ? Maintenant que cinq cadavres ambulants secouaient la porte dans son dos, elle se posait sincèrement la question.

Mais y répondre maintenant n'était définitivement pas possible. Seulement 5... Si elle s'y prenait bien, elle pouvait s'en sortir. Elle ouvrit le chargeur du pistolet pour vérifier le nombre de balles restant. Douze. Elle aurait même de quoi se louper un peu. Ça allait le faire, aller... Inspirant profondément, la jeune femme décolla son dos de la porte et referma ses doigts autour de la poignée, tendant le pistolet devant elle. Elle inspira de nouveau, cherchant un peu de courage avant d'ouvrir la porte, reculant brusquement en arrière pour éviter une main qui tenta immédiatement de l'attraper. Les coups de feu fusèrent rapidement. L'un après l'autre. Un, deux, trois, quatre. Elle n'avait abattu que deux cadavres. Son dos rencontra le mur du couloir, la faisant sursauter légèrement et même lâcher un juron, à voix haute cette fois. Pas le temps de s'en faire plus que ça. Ses mains tremblaient légèrement, mais elle ignora ce signe pour ouvrir le feu de nouveau. Un autre cadavre échoua au sol, la rotule éclatée, emportant ses deux autres amis dans sa chute. Elle allait s'en sortir. Même s'ils rampaient beaucoup trop près d'elle. La porte d'entrée s'ouvrit brusquement, déconcentrant la jeune femme un instant, juste assez long pour que l'un des cadavres encore en vie ne saisisse sa cheville. Putain.

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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Mar 3 Avr - 16:46
Yeux sur le plafond de sa chambre, Arthur se posait un milliard de questions sans avoir la possibilité d'y répondre. Il se demandait ce qu'aurait été son présent s'il avait prit des décisions différentes. Ce que serait le futur, quand le renouveau viendrait. Est-ce qu'il y aurait un renouveau, même ? Depuis son arrivée à Fort Hope, il se sentait en paix avec lui-même, mieux que lorsqu'il était chez les Gardiens. Il se sentait intégré, enfin sauvé, quelque part. Ce n'était pas toujours évident, à vrai dire. Il était encore timide et même si ça s'améliorait de jour en jour, il peinait encore à savoir comment s'y prendre. Aussi, il trimait comme il pouvait pour montrer qu'il voulait vraiment faire parti de la famille. Il croisait Alix et passait un peu de temps avec elle, il profitait de la vie avec Michael qui était quand même un coloc plutôt attentionné... Il tentait de bien s'entendre avec chaque coéquipier qu'il avait sur chacun de ses postes et ça allait. Malheureusement... Il avait prit tellement gout à la solitude du monde extérieur qu'il lui arrivait de partir seul, à l'aventure.

Et cette fois ne ferait pas exception. Quelque chose le taraudait et ne savait pas ce que c'était. Aussi, il prit la peine de se préparer pour une expédition. Enfin, c'était surtout pour réfléchir mais c'était le même prétexte, encore et toujours. Sur son vélo, le trentenaire prit la peine de s'en aller rapidement. Le vent jouait dans ses cheveux et caressait son visage. Bon sang, qu'il aimait cette sensation de pleine liberté. Sans mentir, il ne savait absolument pas où il allait, laissant à son cerveau le plaisir de se perdre dans une tonne de pensées virevoltantes pendant que son corps se mettait en mode automatique. Jusqu'à ce qu'il se réveille et se mette à ralentir pour finalement s'arrêter et poser un pied à terre en reconnaissant l'endroit où il se trouvait. Depuis longtemps déjà, il avait cessé de penser à ce lieu, depuis longtemps déjà il avait essayé de tout effacer. Les bonheurs comme les peines, les doutes, les rires et les larmes. Le rouquin sentit son cœur se serrer et sa gorge se nouer alors que sa mâchoire se serrait d'elle-même. L'espace d'un instant, l'homme sentit même sa main trembler et serra le poing pour se reprendre tout en cherchant à maîtriser sa respiration.

Arthur reconnaissait son quartier et surtout, plus bas, le bâtiment où il avait eu sa première vie, avec son premier amour. Le roux se pinça les lèvres en se demandant pourquoi il traînait par là. Depuis le temps qu'ils avaient quitté l'endroit, c'était stupide de revenir ici... Qu'est-ce qu'il espérait y trouver, au final ? Prudemment, l'européen s'avançait, se stoppait au pied de l'immeuble et s'apprêtait à partir, pour éviter la remontée de souvenir jusqu'à ce qu'un premier coup de feu résonne. Eh merde ! Instinctivement, il abandonna son vélo pour pénétrer le hall, se laissant guider par les détonations. Un instant, il se figea quand il comprit que ça venait de son ancien chez lui. Sérieux... Le Destin, t'aurais pas pu t'amuser autrement ? qu'il se disait en venant enfoncer son ancienne porte d'entrée, tout en dégainant son arme. D'un coup d'oeil, il vit les morts et tira même s'il savait parfaitement qu'il finirait ses dernières balles. Trois balles pour éclater un crâne et trouer un corps sans que ce soit utile. Merde ! L'écossais vint mettre un coup de pied dans un des cadavres pour le repousser sans se préoccuper de la femme à ses côtés qui ferait sans doute le nécessaire pour survivre.

A la fin de cette petite bataille, l'ancien guide posa la main sur la crosse de son arme, au cas où il aurait en face de lui une personne mal intentionnée. Et là, il se figea, une nouvelle fois. Ses lèvres s'entrouvrirent et ses yeux s'agrandirent en fixant la femme qui se tenait devant lui. "A... Anna... ?" qu'il tentait comme s'il venait de voir un fantôme. Arthur aurait voulu s'avancer, la serrer dans ses bras à cause du soulagement. Une personne de plus de son passée qui vivait, c'était une chance. Malheureusement, il ne parvenait pas à faire un seul mouvement. Sans doute qu'il avait l'air con mais là, on ne pouvait pas lui en vouloir de bug devant son ex femme....
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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Mer 11 Avr - 16:53
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Aussitôt qu’elle sentit les doigts se refermer sur sa cheville comme les serres d’un vautour, Anna détourna les yeux de la porte pour les poser sur le cadavre à ses pieds. L’intru devait être encore en vie pour avoir pu tourner la poignée, alors, dans l’immédiat, c’était un danger bien moins pressant. Elle releva son arme après avoir secoué la tête pour se concentrer et tira avant de réfléchir. D’autres coups de feu lui répondirent et le cadavre qui s’accrochait à sa cheville comme un boulet finit par perdre de ses forces, sa main tombant mollement sur le parquet. Pendant quelques secondes, ce fut un chaos complet de coups de feu, de grognements et de respirations saccadées. Jusqu’à que les cinq rôdeurs se retrouvent inanimés, morts pour de bon, morts jusqu’à la prochaine malédiction qui frapperait le monde et déciderait de réveiller encore les cadavres d’une façon ou d’une autre. Annalise priait pour ne plus être de ce monde si ce jour devait arriver.

Elle n’avait pas vraiment bougé au cours du petit affrontement, pourtant, elle se retrouva essoufflée lorsque le calme revint et se laissa retomber contre le mur pour qu’il supporte le poids de son corps à sa place. Le bras tenant le Desert Eagle retomba mollement contre sa hanche, sa main libre passant sur son visage jusque dans ses cheveux pour y essuyer les gouttes de sueur qui coulaient sur sa peau. Elle respirait fort et tâchait de calmer les battements affolés de son coeur. Elle y était même presque parvenue quand elle entendit son nom résonner dans le silence. Un frisson la traversa, remontant le long de sa colonne vertébrale et elle rouvrit les yeux immédiatement, réalisant seulement qu’elle les avait fermé en premier lieu.

Arthur. Quelques mètres à peine les séparaient l’un de l’autre. Un vertige gagna la jeune femme et elle s’appuya davantage contre le mur. Elle se sentait soudainement malade, nauséeuse. Mais il était là et il semblait… réel. En deux ans, jamais la jeune femme n’avait imaginé le revoir un jour. Pourtant, elle y avait pensé, plusieurs fois, ce matin-même. “Arthur ?” Sa voix n’était qu’un souffle, mais elle ressemblait plus à un hurlement aux oreilles de la jeune femme. Ils ne s’étaient pas vu depuis… Depuis le divorce ? Depuis des années, tellement d’années. “Qu’est-ce que…” Sa gorge s’était nouée à une vitesse impressionnante. Elle ne savait même pas quoi dire et sa tête tournait à une vitesse impressionnante, rendant les choses encore plus difficiles. “Qu’est-ce que tu fais là ?” Ils ne s’étaient pas croisés depuis si longtemps et aujourd’hui… Comme ça… ça semblait tellement aléatoire que c’en était effrayant. Presque inconsciemment, la jeune femme se redressa, se décollant enfin du mur, et osa faire quelques pas en avant pour s’approcher de son ex-mari. Elle laissa une distance respectable entre eux, comme si elle était soudainement incapable d’avancer davantage quand il ne resta plus que trois pas à franchir pour qu’elle soit assez proche pour le toucher. Ses yeux étaient écarquillés, son teint incroyablement pâle et son coeur battait à lui en faire mal. Et malgré tout cela, elle était complètement paralysée, comme morte à son tour et figé dans le marbre.

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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Mar 12 Juin - 20:55
L'univers se moquait du monde. C'était comme ça qu'il occupait son temps, c'était pas possible. Pas possible d'être si sadique. Quel était le pourcentage pour que ça arrive ? Annalise se trouvait devant lui. Sa voix avait tout de réel et son corps se rapprochant aussi. Arthur eut envie de reculer, comme s'il cherchait à fuir un mirage mais ses membres ne lui obéissaient plus, le laissant planter là, droit comme un i. Il fixait intensément son ex-femme, gorge nouée. Divers émotions passaient à travers son coeur, le retournant au passage. Surprise, nostalgie, tristesse, joie, excitation. Sur l'instant, tout le déstabilisait plus qu'il ne voulait bien se l'admettre. Quand la brune se stoppa enfin, le rouquin se remit à respirer, laissant ses poumons se remplir allègrement, autant que possible. Comment est-ce que ça pouvait être réel ? Eux, dans leur appartement. Là où il y avait un début, un changement et une fin. Et s'il rêvait ? L'homme resserra ses doigts autour de la crosse de son arme, serrant si fort que ses phalanges se mirent à blanchir. Non, il ne dormait... Lentement, il remit son flingue dans son holster en tremblant légèrement. Il était totalement perturbé et ce n'était pas à moitié. A son esprit revint les jeunes années qu'ils avaient partagés, la tendresse et tout l'amour qu'ils s'étaient offert. Il ne savait même plus combien de temps cela avait duré mais il gardait le seul souvenir de ces jours révolus. Son alliance qui se trouvait quelque part dans le fond de son sac. Un des rares symboles de sa vie passée, d'une vie avant Julian, une vie avant les morts-vivants.

Légèrement, Arthur s'humecta les lèvres et vint lentement porter un main à la joue de celle qui portait son nom. Qui, aux dernières nouvelles, le portait toujours. La pulpe de ses doigts s'écartèrent après avoir effleuré la joue de cette femme, comme si sa peau était brûlante. C'était elle. Elle avait changé mais restait identique aux souvenirs qu'il avait. Les yeux clairs de l'écossais vinrent la dévisager puis ce fut à son tour de s'approcher d'elle, étouffant les quelques centimètres qui les séparaient. Désormais ils étaient si proche que chacun pouvait sentir le souffle de l'autre. Le prêteur sur gage pouvait ramener à sa mémoire l'ancien parfum de son ex-compagne, il pouvait se souvenir des premières fois où ils s'étaient tenus face à face et qu'ils pouvaient s'embrasser pour se prouver les sentiments qu'ils avaient, pouvait se rappeler le meilleur qu'ils avaient pu s'apporter. "C'est bien toi..." laissait-il échapper avant de se pincer les lèvres, fronçant légèrement les sourcils à la recherche d'une quelconque réponse. Quel était le pourcentage de chance que ça arrive ? Tellement peu. Détroit était grand et même si aujourd'hui les vivants restaient rares... Là... C'était... Wow... "Je comprend pas..." poursuivait-il sans pouvoir s'en empêcher. Non, il ne comprenait pas que ce soit possible, ne comprenait pas comment se sortir de cette situation si particulière. Sur le coup, il souhaitait pouvoir remonter le temps et ne pas diriger ses pas vers ici car ce n'était pas que le bon qui revenait. Son palpitant se brisait en rependant à sa vie suite au divorce. C'était clair qu'il avait tenu a cette femme, tant et si bien qu'il avait cessé de vivre un moment.

A nouveau, son corps se mit à ignorer sa volonté. Il se retrouvait à enlacer Anna, presque à l'en étouffer tant il la tenait fermement contre sa poitrine, profond soupir de soulagement. "Putain..." Son menton se mit à trembler alors que la pression retombait et que les larmes montaient peu à peu à ses yeux. Mine de rien, Arthur devait avouer qu'il se sentait soulager de savoir qu'une de ses connaissances combattait encore la Faucheuse et qu'il n'avait pas à pleurer un départ. Quelque part, il ne pouvait douter du fait qu'elle s'en serait sortit. On parlait d'Anna, d'une femme forte, à fort caractère, qui avait toujours su surmonté un tas d'épreuves. De ce qu'il pouvait se remémorer, du moins. Ou peut-être qu'il se basait sur les fausses couches... Il ne savait plus. En tout cas, il se doutait qu'il n'y avait qu'elle pour survivre à la fin du monde. D'ailleurs, ce fait fit reculer le roux qui se mit à fixer la jeune femme. "Tu n'as rien ? Pas blessée ? Pas mordue ?" demandait-il en laissant transparaître son léger accent européen en cherchant le moindre signe de blessure sur ce corps couvert qu'il connaissait pourtant si bien.

Suite à l'inspection rapide, il s'écarta un instant pour voir les alentours par la fenêtre. Le grabuge qu'ils avaient fait en tirant devait probablement rameuter tous les mordeurs du coin aussi, il leur faudrait partir rapidement s'ils ne voulaient pas rester bloqués. Néanmoins, il se replanta devant la femme et se gratta légèrement la nuque en l'observant longuement. "Qu'est-ce que tu fais là ?" marmonnait-il en oubliant totalement qu'elle lui avait demandé en premier.
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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Mer 20 Juin - 12:07
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Un long moment, l’adrénaline permit à Annalise d’ignorer les suppliques de son corps à bout de force. Elle resta plantée là, interdite, à observer le visage amaigri de l’homme qu’elle avait un jour épousé puis laissé derrière elle. Il lui semblait presque irréel, comme le simple fruit de son imagination. Du moins jusqu’à ce qu’elle ne sente ses bras se refermer autour d’elle, lui arrachant un frisson glacial au passage. Elle cessa de respirer tout à coup et, avant de réaliser ce qu’elle faisait, elle enlaça Arthur à son tour. Il avait un peu changé, mais leurs corps pressés l’un contre l’autre lui donnait un sentiment de familiarité qu’elle croyait ne jamais retrouver. Elle serra de toutes ses forces, sans parvenir à réaliser vraiment qu’elle ne rêvait pas, que tout ceci était réel. Elle sentit les larmes couler sur ses joues, de loin, comme si ça n’était pas vraiment ses larmes, pas vraiment elle. Il s’éloigna finalement et la surprise laissa la place à l’inquiétude sur ses traits quand il lui demanda si elle n’avait rien. Un instant, Anna resta un peu perdue, mais elle se força à secouer la tête pour chasser ses pensées incohérentes et retrouver un peu pied avec la réalité. “Je n’ai rien.” souffla-t-elle faiblement. Ça n’était pas totalement vrai. On ne l’avait pas mordue, elle n’était pas blessée, mais elle se sentait faible et nauséeuse et tremblante. Elle mangeait peu, elle dormait peu, la vie à l’extérieur ne lui allait pas bien et ça se voyait, mais elle n’était pas assez concentrée sur son état, trop occupée à observer Arthur comme si elle ne l’avait jamais vu avant.

“Je…” Elle donnait encore l’air d’être un peu choquée et elle l’était. Tout ce temps qu’elle avait passé seule, persuadée que plus personne ne viendrait pour elle… “Je ne sais pas trop.” souffla-t-elle finalement, plus sincère qu’elle ne l’aurait voulu. Ses doigts se refermèrent sur le bras de l’homme et elle le regarda avec plus d’attention qu’elle ne l’avait jamais fait. Elle se souvenait encore de l’adolescent qu’il avait été, mais aussi de l’homme brisé qui lui avait tourné le dos sans qu’elle ne cherche à le retenir. De la joie et de la peine qu’ils avaient partagé. Les larmes continuaient de couler librement sur ses joues. Elle craquait. Après avoir erré seule pendant des semaines, après avoir cru que tous les gens qu’elle connaissait étaient morts et avoir dû tirer une balle dans le crâne de Leroy… Elle craquait enfin.

“Je pensais que t’étais mort.” souffla-t-elle sans parvenir à se retenir. Elle se fichait finalement de savoir pourquoi il était là, elle aurait peut-être dû lui demander encore, lui poser d’autres questions, mais elle n’y arrivait pas, pas plus qu’elle ne parvenait à réfléchir correctement. Elle avança de nouveau et passa ses bras autour de son cou, se serrant contre lui sans chercher plus loin. Elle ne savait pas si elle avait le droit de faire ça, mais ça lui était complètement égal en ce moment. Elle resta simplement là, à laisser couler les larmes qu’elle retenait depuis des semaines, des mois.


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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Sam 8 Sep - 0:33
Les courtes réponses de son ex femme faisaient comprendre a Arthur qu'elle était encore choquée. Normal après avoir manqué de se faire bouffer une jambe et avoir retrouvé une personne connue avant toute la merde du monde.

Le magnifique visage de la brune ruisselait de larmes, sa posture trahissait une faiblesse que l'homme n'avait jamais vraiment vu venant d'elle. Durant des années ils s'étaient côtoyés, aimés et oubliés. Pourtant, là, malgré l'absence, l'indifférence, les disputes, les blessures, il ne restait pas insensible a son appel de détresse. Elle le maintenait et le roux la serrait tout autant, refusant de la lâcher en captant parfaitement ce besoin d'être rassuré. Comme autrefois, il vint cacher le visage contre la chevelure de la belle, respirant lentement pour calmer les différents sentiments qui recommençaient a s'emparer de lui. L'empathie étant ce qui le prenait le plus aux tripes. Comment ne pas avoir le cœur brisé ? Ils avaient beau être divorcés depuis des lustres, Annalise restait son premier amour, celui qu'on ne pouvait oublier, celui qu'il avait épousé et a qui il avait juré que seule la mort les séparerait. Elle restait une partie de lui, même si ce n'était qu'une cicatrice de plus qu'il avait fallut panser. Peut-être qu'il l'aimait encore. A vrai dire, il en était sûr. Peut-être était-ce pour ça qu'il gardait encore et encore l'alliance qu'il avait porté si longtemps. Oui, il l'aimait bien que ce soit très largement différent du passé. Sans s'en rendre compte, Arty caressait longuement le dos féminin en attendant que les sanglots s'apaisent. "Je suis là, Anna, je suis là. " qu'il offrait a son ex pour la rassurer. Bien sûr qu'il était là et bien sûr, il ne l'a laisserait pas. l'Écossais était persuadé d'avoir perdu tout ce qui le reliait a l'époque où le monde ne ressemblait pas a un cimetière géant alors retrouver cette femme lui donnait une raison de s'accrocher dur comme fer a sa présence.

Délicatement, tandis qu'elle continuait de tremper son épaule, l'homme souleva la jeune femme pour l'emmener loin du massacre et des odeurs de leur salon. En fait, il décida d'entraîner la femme jusqu'à leur ancienne chambre. L'ancien appartement des Gerrish n'était pas grand et repasser dans le couloir qui séparait a peine le salon de la chambre lui fit tout drôle, le ramenant au premier jour de mariage. Il se souvint étrangement bien du rire de son épouse, de ses lèvres sur les siennes et des petites phrases amusées qu'ils s'échangeaient depuis déjà de longues heures. Le mariage avait été simple et resplendissant. L'arrivée dans leur palais de taille réduite était presque féerique puisqu'il s'agissait du premier jour d'une nouvelle vie. Et comme a cette époque, Arthur s'asseya sur le matelas et se contenta de serrée a nouveau Annalise contre lui durant de longues minutes, silencieusement. Toujours avec beaucoup de douceur, le prêteur vint s'allonger avec la femme contre son torse et la berça avec beaucoup d'attention. Il s'étonnait lui-même de la tendresse qu'il pouvait encore offrir alors qu'il s'était imaginé si longtemps qu'un monde aigre ne pouvait que détruire les bons sentiments. Et puis il y avait eu tellement de rancœur vis a vis d'elle, d'eux et de tout ce qu'ils avaient pu être l'un pour l'autre. Malgré tout, ils se trouvaient là, comme s'il s'agissait d'un nouveau souffle pour que l'un comme l'autre, parviennent a avancer en résistant aux épreuves de l'Univers.

Lentement, l'européen passa les doigts dans les cheveux sombres pour se perdre entre les mèches, ses lèvres effleurèrent le sommet du crâne de la femme et la voix étouffée de l'ancien guide de fit entendre dans un murmure. "Raconte moi."

Il ne voulait pas la forcer, ni la brusquer. Il désirait l'entendre. S'assurer qu'elle possédait encore l'envie d'avancer. S'assurer que le monde ne l'avait pas entièrement détruite et priver de ce qui la rendait si... Qui devait sans doute faire d'elle une survivante redoutait. Il avait besoin de s'assurer qu'elle ne serait pas un danger pour elle-même et se savait prêt a tout pour veiller sur elle. Dans son état, il se sentait obligé d'être celui qui aurait dû caractère et qui prendrait en main les choses le temps qu'elle redevienne la femme indépendante qu'il connaissait si bien. Cependant, avant qu'elle ne dise quoi que ce soit, l'homme approche la bouche de l'oreille de la demoiselle pour lui chuchoter un "Je suis soulagé que tu sois là..."
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MessageSujet: Re: Run to you [Mr & Mrs Gerrish]   Mer 12 Sep - 5:21
Sous le poids du choc et de trop longues semaines passées à combattre pour survivre un jour de plus, il devenait difficile pour Annalise de s’accrocher réellement au moment présent. Tout se dissipa peu à peu et ne resta bientôt plus qu’Arthur à qui elle s’accrochait de toutes ses forces, au point qu’elle constata tout juste que le sol ne se dérobait pas sous ses pieds parce qu’elle perdait complètement connaissance, mais parce que l’homme la soulevait pour l’emmener ailleurs. Elle ne chercha pas à lui échapper, ni à défaire son emprise, même lorsqu’ils se retrouvèrent assis au pied d’un lit qu’ils avaient autrefois partagés. Elle continua de laisser ses larmes couler librement un instant, profitant simplement de l’illusion d’être en sécurité et peut-être un peu dans un rêve qu’elle n’osait pourtant jamais faire pour expulser un peu de tout ce qu’elle retenait depuis si longtemps. Survivre seule dehors ne laissait pas beaucoup de temps ni d’occasion de ressentir réellement. Le moindre moment d’égarement représentait trop de risques et Anna n’avait jamais été faible de toute façon, jamais devant un public en tout cas.

Il fallut attendre encore un peu, qu’Arthur lui demande de lui raconter quelque chose pour qu’elle accepte de calmer ses larmes et, après d’autres mots plus étranges encore, de s’éloigner assez pour croiser son regard. Du revers de la main, elle essuya ses joues dans le but ridicule et vain de se redonner une contenance. Il était rare qu’elle laisse sa fierté de côté assez longtemps pour se montrer si vulnérable, Arthur lui-même ne devait pas l’avoir vu dans un état pareil depuis bien longtemps. Elle eut un peu plus de mal à ouvrir la bouche qu’à retrouver son calme. Elle voulait bien lui raconter, mais quoi ? “Je voulais partir vers le sud.” souffla-t-elle au bout d’un moment, décidant que quoique veuille entendre Arthur, ça n’avait aucune véritable importance. La seule chose qui comptait réellement, en ce moment en tout cas, alors qu’elle revoyait un visage connu pour la première fois depuis si longtemps, c’était que sa quête venait de prendre fin et qu’il ne lui restait plus rien maintenant que les mensonges dont elle abreuvait tout le monde - et elle la première - depuis des mois. “J’ai suivi le mouvement quand tout le monde s’est rué vers le Canada, mais j’ai fini par ne plus supporter de voir la neige alors je me suis dit que j’irais finir mes jours au bord d’une plage.” reprit-elle, sa voix encore rauque à cause des sanglots dont elle venait tout juste de se défaire. “Mais quand je suis arrivée à Détroit, je… J’ai espéré que, peut-être, mes parents seraient encore là. Ou Louise, ou… toi.” Elle avait retrouvé la maison de son enfance complètement vide et le cadavre de sa meilleure amie au milieu du loft qu’elle habitait à Détroit.

“Ils sont morts tous les trois.” infoma-t-elle avant qu’Arthur ne puisse poser la question. Autant s’épargner de passer trop de temps sur ces moments douloureux. “Je me suis retrouvée complètement seule et… J’en sais rien, j’avais envie d’être dans un endroit familier.” Et voilà comment elle s’était retrouvée ici aujourd’hui. Juste le besoin soudain de se raccrocher à quelque chose qu’elle connaissait, à une vie où, malgré tout, elle avait été heureuse. Elle n’avait pas été idiote au point de croire qu’elle y retrouverait son ex-mari et pourtant… Il était bel et bien là en ce moment et la jeune femme était partagée entre tellement de sentiments contradictoires à cette idée qu’elle n’aurait même pas su dire lequel l’emportait vraiment. Le soulagement, peut-être. Et la peur, aussi. Car son but était la Californie, n’est-ce pas ? Traîner ici plus que de raison depuis des mois, avec toujours une bonne excuse pour justifier qu’elle ne soit pas encore sur le départ… Elle attendait simplement de trouver une preuve qu’Arthur était mort lui aussi pour s’autoriser enfin à tourner la page pour de bon et tourner le dos à Détroit et à son passé. Impossible qu’elle y parvienne, maintenant. “Et toi ?” demanda-t-elle en s’extirpant difficilement de ses pensées. “Qu’est-ce que tu fais ici ? T’es seul ? Où est...” Elle ne termina pas cette question. Le fait qu’il n’y ait aucun petit garçon caché dans l’ombre de l’homme en ce moment-même suffisait pleinement à y répondre. Son coeur déjà bien amoché se brisa un peu plus à cette constatation.

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