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(Event #5) Run or Die

In Your Flesh :: The Surrounding Wasteland :: Les alentours

 Virée à Plymouth

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Jake JohnsonI walk a lonely road
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MessageSujet: Virée à Plymouth   Jeu 19 Avr - 7:46
Enfin seul ! Jake n'en pouvait plus de cette bande de pillard à la petite semaine. Certains d'entre eux étaient vivables mais pour les autres, il s'en fallait parfois de peu que Jake leur envoi un bon coup dans la mâchoire juste pour avoir le plaisir de la voir se décrocher. Mais s'il faisait ça, il se mettrait tout le groupe à dos et il ne pouvait pas se le permettre. Il refoulait donc souvent ses pulsions violentes, les déchargeant sur les premiers rodeurs croisés qui ne faisaient pas long feu. C'était pire lorsqu'ils tombaient sur des groupes vivants... Là, Jake était méconnaissable...

Ce jour là, ils avaient débarqué aux alentour de Détroit. Jake n'était pas très chaud à l'idée de se lancer dans l'exploration d'une grande ville mais, les petites villes alentour n'ayant plus grand chose à leur apporter, il fallait bien commencer à prendre des risques. Cela dit, avant d'entrer dans le cœur de la ville, ils avaient fait un halte à Plymouth. De là, ils avaient choisi une baraque pour le moins cossue et avaient formé deux groupes d'exploration, plus un groupe qui resterait sur place. Elie était restée sur place et Jake était parti tout seul, prétextant qu'il se débrouillait bien mieux quand on ne lui collait pas un minus dans les pattes. Le minus en question était un petit jeune à peine majeur qui avait déjà fait capoter une expédition et Jake n'était pas vraiment tenté de réitérer l'exploit.

Il était donc là, tout seul, à marcher au beau milieu d'une rue où un panel de maisons bourgeoises se succédaient, bordées d'arbres qui commençaient à reprendre leurs droits sur le lieux. Beaucoup des maisons qu'il appercevaient avaient leur porte d'entrée grande ouverte ou les vitres brisées, signe évident qu'elles avaient déjà été visitées. Ils perdraient leur temps à les fouiller, Jake continua donc plus avant son exploration à la recherche d'un quartier qui aurait été épargné. Il marchait depuis déjà une bonne heure, leur consigne étant d'économiser l'essence en ne prenant pas les voiture lorsqu'ils s'étaient établi quelque part. C'était plus long mais il fallait reconnaître qu'ils avaient pu aller plus loin de cette manière.
Lassé de marcher ainsi, Jake s'accorda une petite pause. Il tira de sa poche arrière le paquet de mentholées qu'il avait déniché lors d'une précédente exploration et qu'il s'était bien gardé de partager avec qui que ce soit. Non pas qu'il raffolle de leur goût mais, une clope c'était une clope.
Lentement, il tira sur la cigarette, nonchalamment adossé contre la portière d'une voiture qui gisait là. Se fiant uniquement à ses oreilles, il ferma les yeux quelques instants, savourant la quiétude exceptionnelle de ce moment. Les temps calmes étaient rares. Lorsqu'ils ne luttaient pas contre des morts ou des vivants, ils devaient s'imposer entre eux pour savoir qui aurait la meilleure part du butin. Les nuits étaient courtes et les journées beaucoup trop longues et épuisantes.

Finalement, une fois sa cigarette entièrement consumée, il la balança au sol et rangea son paquet avant de continuer à remonter la rue.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Jeu 19 Avr - 10:56
Pour la première fois depuis longtemps Malou avait quartier libre toute la journée. Aucun gladiateur à coacher ni de spectacle à superviser; Dean s'était absenté, Jésus vaquait à ses occupations, les esclaves trimaient et Adam était momentanément reparti à Fort Hope pour forger de nouvelles armes en l'ayant instamment priée d'aller fouiller à sa place dans l'école d'arts martiaux de Plymouth à la recherche de matériel abandonné fort utile pour la création de son arsenal.
Bavard et rêveur comme il l'était, il lui avait fait une liste de ses desiderata: étoiles ninja, sabres, chaînes, kama et autres sais, tanto, etc., avait usé de son air charmeur et avait tourné le dos sur un clin d'oeil taquin.
La jeune fille ne connaissait pas la majorité des noms cités mais avait la ferme intention de ramasser tout ce qu'elle trouverait si toutefois le lieu n'avait pas été pillé avant elle.

Comme tous les jours elle s'était levée tôt et s'était entraînée deux heures avant de manger et se préparer à sortir.
Il était 9h30 à sa montre quand elle attrapa son sac à dos pour se diriger vers le parking sécurisé.
La camionnette d'ambulance était là, propre et en parfait état de marche grâce à quelques esclaves qu'elle avait réquisitionné.
Elle sauta sur le siège conducteur et démarra en direction de l'ouest de Detroit.
Dehors il faisait froid mais relativement beau et le vent soufflait à peine ce qui était rare au mois de novembre dans cette région.

Arrivée sur place, elle se gara devant l'établissement situé au bord de Ann Arbor Trail et observa le coin.
L'endroit était paisible ce qui n'avait rien de surprenant puisque la majorité des survivants avaient quitté ce genre de ville limitrophe pour un ailleurs hypothétique.
De plus, le quartier plutôt résidentiel n'offrait aucun magasin digne de ce nom à visiter.
Hormis peut-être quelques zonards ou une paire de mangeurs d'hommes égarés, elle ne rencontrerait pas grand monde et conclut qu'elle serait plutôt tranquille. Elle attrapa ses affaires et sortit.
Un peu plus loin, un voiture abandonnée gisait sur la bas côté mais elle n'y fit pas attention surprise comme elle l'était de constater que la porte du bâtiment salement décati à cause de la dernière tempête n'était pas fracturée. L'armurier avait-il été informé d'un bon plan ?

Elle s'approcha de l'huisserie en verre tout en dégainant son casse-tête Iroquois agrémentée d'une pointe de métal, cogna dessus d'un coup sec et attendit.
Comme rien ne bougeait ni à l'extérieur ni à l'intérieur, elle prit son élan et cogna une seconde fois en un geste net précis.
La vitre tomba avec fracas.
Rapide comme l'éclair et silencieuse comme un chat, elle retourna se cacher derrière son véhicule et attendit tous les sens aux aguets.
A peine un souffle de vent répondit à ce bruit insolite dans la cité silencieuse.
Cela ne voulait pas dire que les rares immondices présentes n'avaient rien entendu, cela signifiait juste qu'ils devaient être loin, qu'elle aurait du temps devant elle et pénétra dans le préfabriqué.

L'inspection fut rapide et très décevante. L'ami avait omis un détail important: c'était une salle de taekwondo uniquement et chaque élève avait dû posséder son propre matériel et le remporter à chaque séance; a part quelques tatamis, les pièces étaient vides.
Frustrée, la jeune fille s'attarda dans les vestiaires mais hormis quelques canettes vides elle n'y trouva rien de plus.

Il était temps de sortir. Afin de ne pas être venue jusqu'ici pour rien, elle irait fouiller une paire de restaurants qu'elle avait repéré avant d'arriver là, à la recherche de grand couvercles de gamelles qui tiendraient lieu de bouclier.
Elle allait passer la porte quand elle aperçut de dos un type, affalé sur la portière de la voiture abandonné et qui semblait fumer une clope étant donné le filet de fumée qui s'échappait au niveau de sa bouche.
Vivement, elle se rabattit dans la bâtisse, se laissant un angle de vue.
Le gus n'avait apparemment rien remarqué puisqu'il jeta son mégot et s'apprêtait à poursuivre sa route quand elle vit un objet tomber de sa poche arrière.
Elle attendit quelques instants puis, quand l'homme eut tourné dans une rue elle se précipita pour découvrir un paquet de cigarettes au menthol.
Perplexe, elle ramassa et considéra la chose avec une moue de dédain se demandant avec qui elle pourrait troquer une telle infection alors qu'à l'arène ils avaient du tabac et décida d'aller rendre la faute de goût à son propriétaire.
Accélérant l'allure, elle arriva à hauteur du virage ou l'inconnu avait disparu.
Il était là et semblait chercher des yeux une maison à piller.
Elle repris sa marche totalement silencieuse comme Mani l'Indien le lui avait appris et ce fut presque derrière son dos qu'elle lança d'une voix froide:
hep ! T'as perdu quelque chose..., tout en présentant de la main gauche le paquet de cigarettes.

Si l'homme décidait de se retourner, il découvrirait une jeune fille, peut-être encore adolescente tant elle était petite et maigre.
Il constaterait que malgré son air chétif elle était propre, ce qui était assez rare et avait un corps qui semblait sec, nerveux, tout en muscle et certainement très souple.
Il serait sans doute surpris de voir qu'elle respirait la parfaite santé mais ce qui lui éclaterait à la figure ce serait moins l'air maussade et fermé de son visage que son regard froid, glacial même, acéré comme une pointe d'acier, sans aucun reflet d'une peur quelconque et qui se planterait dans le sien dès qu'il se tournerait, arme en main ou pas.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Jeu 19 Avr - 15:49
Dans son dos, la réplique de la gamine sonna pour lui comme un signal d'alerte. Jake se retourna en un quart de seconde, la main déjà posée sur son Mateba. Il ne lui faudrait qu'un quart de seconde de plus pour dégainer et moitié moins pour tirer. Pourtant, sa main resta posée sur le flingue sans pour autant le sortir de son étuit.
Il avait face à lui une jeune fille chétive qui ne semblait pas avoir plus de quinze ou seize ans, et encore. Dans sa petite main aux doigts fins, à l'instar du reste de son corps, elle lui tendait ce qu'il identifia comme son paquet de cigarette. Machinalement, il porta sa main qui n'était pas posée sur son révolver à sa poche qui était sensée contenir ledit paquet. Bien évidement, elle était vide.
La première pensée qui lui vint après cela fut de se demander comment cette mioche avait pu arriver derrière lui sans qu'il ne l'entende, sans qu'il ne ressente sa présence ou détecte quoi que ce soit. S'il y avait bien une chose qui avait le don de l’énerver, c'était de se sentir dépassé par les événements. Et cette gamine plus silencieuse qu'un vipère dans des hautes herbes, si elle n'avait pas l'air de représenter la moindre menace, ne devait pas être si inoffensive que ça.

Jake la toisa un moment sans faire mine de reprendre son paquet toujours tendu vers lui. Comme il l'avait pensé, si l'apparence de la fillette laissait croire à une véritable fragilité, son regard en revanche, annonçait directement la couleur. Elle était dangereuse et le fait qu'elle se présente de la sorte, apparemment désarmée, face à un inconnu bien plus imposant qu'elle, ne faisait qu'étayer cette idée. Il se surprit alors à sourire. D'une certaine manière, il avait l'impression de retrouver le regard qu'Elie pouvait parfois avoir. Elle n'avait ce regard là qu'en des situations de grande tension, un peu à la manière d'un caméléon revêtant ses couleurs les plus impressionnantes en vue d'un combat imminent.
Tout en gardant sa main droite posée sur son Mateba afin de faire comprendre à la gamine que la situation était loin d'être totalement amicale, il s'empara sans douceur du paquet de cigarette qu'elle lui tendait et le fourra dans sa poche avant cette fois-ci.
« Et on peut savoir à quoi tu penses en abordant comme ça un type qui marche seul au milieu de nul part ? Je pourrais très bien ne pas être si seul que ça. Tu ferais quoi alors ? »

Était-ce le fait que cette mioche lui rappelait vaguement Elie qu'il s'emporte ainsi à lui faire la morale ? Qu'en avait-il à faire après tout ? Instinctivement, il avait fait un rapide inventaire de ce qu'elle semblait avoir sur elle, réflexe de pillard pour savoir si la cible valait la peine qu'on dépense de l’énergie pour la tuer. De toute évidence, elle ne semblait rien posséder de précieux. Mais parfois un simple coup d’œil ne suffisait pas et on découvrait sur des cadavres qui ne payaient pas de mine de véritables trésors.
Était-il vraiment moral de tuer quelqu'un qui ne semblait pas lui vouloir le moindre mal et qui semblait presque sans défense ? Quelqu'un qui de toute évidence n'avait aucune mauvaise intention à son égard ? Certes non, cela ne l'était pas. Mais Jake ne s'était jamais arrêté à ce petit détail.
La seule chose qui retenait encore sa main, c'était ce regard plus coupant que l'acier le plus effilé qui le transperçait de toute part. S'il attaquait, la gamine pourrait très bien avoir du répondant. Elle en aurait, c'était certain. Jusqu'à quel point ? Impossible à dire et dans la mesure où il était seul et où elle avait déjà réussi à le surprendre, chose improbable, il ne préférait pas tenter le diable. Il était joueur, certes, mais pas idiot. On ne pariait pas sur un cheval boiteux, on attendait la prochaine course.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Mar 24 Avr - 16:46
Sa phrase à peine terminée l'inconnu avait fait un rapide volte face et avait porté la main sur son arme.
Sans le quitter du regard, elle avait deviné le geste caractéristique de ceux qui possédaient un revolver à la ceinture et avait jaugé mentalement ses chances et la rapidité qu'il lui faudrait pour éviter une balle puis pour dégainer son casse-tête avant de cogner efficacement.
Naturellement dans ce genre de cas, il y avait toujours une part de hasard un peu comme à la roulette Russe mais Malou était trop tête brûlée pour prendre ce genre de détail en considération. L'homme, certainement peu enclin à la prise de risque, attraperait l'arme et viserait la tête c'était évident et dans ce cas précis, elle aurait le temps de réaction nécessaire. Par contre, s'il visait le ventre les choses seraient beaucoup plus compliquées voire impossibles mais qui visait un abdomen quand il se sentait menacé ?

Tandis que le gus la toisait de pied en cape sans reprendre le paquet tendu, elle restait concentrée, tous les sens en éveil; au moindre geste suspect elle agirait en conséquence comme elle avait vu faire les gladiateurs, comme elle s'y était exercée elle-même seule ou avec un partenaire.
Quand il attrapa enfin son dû d'un geste sec, Malou savait déjà qu'il ne tirerait pas. Depuis le temps qu'elle zonait dans ce monde d'apocalypse elle avait eu maintes occasions d'étudier en détail les comportements humains et à moins d'avoir affaire à un fou imprévisible, ce qu'il n'avait pas l'air d'être, une trêve passagère s'annonçait sur une phrase moralisatrice.

Un an auparavant, la jeune fille serait sortie de ses gongs et aurait donné une réponse cinglante ou effrontée tant elle détestait les adultes mais cette époque était révolue; la crise d'adolescence était passée avec la mort de Nounours, avec sa deuxième tentative de suicide, avec le statut pompeux qu'elle possédait à présent. Il ne restait plus qu'une personne froide qui travaillait ferme à devenir une guerrière silencieuse et rusée.

Je sais que tu es seul.
Articula t-elle simplement sans même un frémissement tandis qu'elle le laissait la détailler.
De son sac à dos ne dépassait que le rouleau à pâtisserie dont elle ne servait plus depuis longtemps. Elle avait laissé le fouet dans sa suite, le casse-tête était rangé dans son slot, invisible sous le blouson noir trop long et le rasoir coupe choux était dans sa poche de jean. Malgré tout le regard inquisiteur la dérangeait.
Elle sentait sous les cils de cet homme baraqué qui n'avait pas l'air forcément agréable poindre une lueur lui indiquant qu'elle n'était pas en sécurité et elle savait que certains n'hésitaient pas à tuer pour une hypothétique boîte de conserve planquée dans une gibecière.

Si elle s'était écoutée, elle l'aurait laissé là et aurait rebrousser chemin pour rejoindre son véhicule mais pour cela il aurait fallu lui tourner le dos ce qui était hors de question.
A contre cœur, elle annonça en indiquant le bout de le rue:
je dois aller fouiller ce resto, je voudrai des grands couvercles pour l'arène; si tu cherchait à bouffer dans le coin on peut y aller ensemble sinon, baaah... Laissa t-elle traîner avant de conclure d'un ton rêche: chacun sa route, ok ?
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Mer 25 Avr - 16:27
Je sais que tu es seul...
Voilà bien une phrase anodine qui ne l'était pas tant que ça et qui en disait long. Si ç'avait été un mensonge, Jake en aurait hurlé de rire tant la fillette affichait un air sérieux. Seulement voilà, le problème était que cette phrase n'était en rien un mensonge. Entre la dilatation de ses pupilles et le ton de sa voix, jusqu'aux muscles de son visage, tout chez elle respirait la vérité.
Une question survint alors à l'esprit de Jake ; depuis combien de temps l'observait-elle ?
Pouvait-il vraiment prendre le risque de laisser un tel phénomène en vie ? D'un autre côté, s'il parvenait à se la rallier, elle pourrait être un atout considérable. Si elle était ainsi capable de se faufiler sans emmètre le moindre frémissement, ce n'étaient certainement pas les cadavres ambulants qui risquaient de la remarquer ! Une aubaine dans un pillage !

Finalement, ce fut la gamine qui brisa la glace qui était en train de se former, proposant simplement d'aller fouiller un restaurant non loin. Il y avait peu de chance pour qu'un restaurant n'ait pas été pillé alors que la plupart des maisons, elles l'avaient été, mais après tout, qui ne tentait rien n'avait rien. Cela dit, Jake n'était là qu'en éclaireur. Sa mission c'était de repérer les bâtiments qui pouvaient représenter un intérêt, de les marquer sur sa carte et, une fois son tour achevé, de revenir à leur QG improvisé afin de s'organiser.
D'un autre côté, le repérage devenait vite ennuyant. Une autre idée aussi germa doucement dans l'esprit de Jake. S'ils croisaient des rôdeurs, vivants ou morts, et que la fillette se retrouvait en danger, il arriverait peut-être à y trouver son compte. Et s'ils ne croisaient personne, alors il aurait au moins eu une petite distraction dans sa morne tâche.
Après quelques secondes, Jake répondit avec un hochement de tête.
« Ça me va. »
Puis, feignant d'être galant, il fit un large mouvement de son bras droit pour inviter la demoiselle à passer la première. Il n'était pas stupide au point de lui tourner le dos, surtout après tout ce qu'il avait pu déduire sur elle. Au pire, si elle-même ne le sentait pas, ce qui semblait être le cas, ils pourraient toujours marcher côte à côte.
Non sans s'être toisé du regard une dernière fois, ils durent rompre le contact pour se mettre en branle.
Ils marchèrent ainsi une bonne minute sans qu'aucun ne produise le moindre commentaire puis ce fut Jake qui rompit le silence. Plusieurs questions le taraudaient au sujet de la demoiselle, mais une en particulier avait retenu son attention.
« C'est quoi l'arène ? »
Telle qu'elle en avait parlé, cela semblait avoir une grande importance pour elle. Était-ce le nom que s'était donné un groupe de survivants ? Ou bien un lieu précis qu'elle avait investi. Ou même les deux à la fois. S'il y avait un autre groupe dans les parages, Jake devait le savoir. Son groupe de pillard à la petite semaine ne serait pas éternel et s'il avait une chance, même infime, de trouver d'autres survivants mieux organisés et prêts à les accueillir lui et sa fille, il ne cracherait pas dessus.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Dim 29 Avr - 17:20
L'homme avait accepté la proposition et Malou en avait été contrariée.
Sans trop savoir pourquoi quelque chose d'antipathique émanait de l'inconnu et elle aurait largement préféré que leur chemin se sépare d'autant qu'il devait savoir pertinemment qu'il ne trouverait rien à manger dans un restaurant mille fois pillé.
Que lui voulait-il ? et qu'est-ce qui lui avait pris de vouloir lui rendre son paquet de clopes ?!
D'un geste revêche qui ne changeait pas grand chose à son comportement initial, elle refusa la politesse qui lui semblait outrancière, lui lança un dernier coup d'oeil glacial et marcha à ses côté en gardant ses distances.

Un silence épais s'établit entre eux durant un moment qui sembla une éternité au point qu'elle aurait aimé croiser un mort vivant histoire de donner un peu de divertissement à cette rencontre qui s'annonçait mortellement ennuyeuse. Malheureusement rien ne se pointait à l'horizon certes assez restreint, du moins pour le moment.

Il ne restait plus qu'une centaine de mètres à parcourir avant le premier établissement quand l'inconnu lui demanda ce qu'était l'arène.
Surprise, elle tourna la tête vers lui un peu vivement. Comment pouvait-il ne pas connaître ce lieu gigantesque dans Detroit ?
Tu es nouveau ici ? Demanda t-elle incrédule.
Tandis qu'il répondait (ou pas) à l'interrogation, elle le dévisagea avec davantage de curiosité tandis qu'une foule de questions trottèrent dans sa tête en quelques secondes.
A quoi pourrait-il être bon s'il venait à l'arène ?
Sûrement pas esclave, il serait du genre à foutre le souk et puis il semblait intelligent, distingué, aguerri à pas mal de choses, cela aurait été du gâchis.
Malgré son air agressif, il avait du charisme. Pourrait-il être gladiateur puis champion ?
Non, elle ne le sentait pas non plus dans ce rôle, il n'avait rien d'un combattant de ce style; il avait plus de classe, quelque chose qu'elle n'arrivait pas à cerner, quelque chose qui ressemblait un peu à une soif de pouvoir ou au contraire à une habitude du pouvoir.
Pourtant elle ne le voyait pas sentinelle. C'était le nec plus ultra dans la hiérarchie de ce lieu mais il fallait rester homme de l'ombre, l'ombre vigilante de César.
Hors, celui qu'elle avait en face d'elle semblait être tout sauf humble et ne paraissait pas posséder la force tranquille de ceux qui assassinent en silence pour le respect de l'ordre.
Il ne restait plus qu'une chose et la jeune fille s'aperçut que cela lui collerait à la peau: tribun comme elle.
Il posséderait des esclaves, choisirait son champion qu'il élèverait à la gloire par la force du poignet ou par le biais de quelques tricheries. Il aurait une suite, serait salué, respecté et craint partout où il irait, aurait son mot à dire, serait mécène de ce qu'il voudrait histoire de se faire mousser, bref, en le regardant une deuxième fois, elle était sûr que ce rôle lui irait comme un gant mais avant elle le sonderait. Il était hors de question qu'elle amène un ver dans le fruit que César et Dean chérissaient.

L'arène se situe dans l'ancien complexe de patinage sur glace de Detroit; l'immense bâtiment ovale, tu l'as déjà vu ? C'est là.
La jeune fille était consciente de le laisser sur sa faim et de titiller sa curiosité par une si brève description qui ne répondait même pas vraiment à ce qu'il avait demandé mais elle ne se sentait pas en confiance, elle avait besoin de temps, il devait faire ses preuves. Elle ne l'emmènerait visiter l'arène et dévoilerait ses arcanes que s'il réussissait l'examen.

Ils étaient arrivés devant ce qui restait d'une porte vitrée. Ils n'avaient pas besoin de se pencher beaucoup pour s'apercevoir que tout avait été saccagé, qu'importe, elle entrerait tout de même; tout le monde n'était pas à la recherche de couvercles de gamelles.
Ça m'étonnerait qu'il y ait à manger là-dedans, si tu veux tu peux rester dehors j'en aurais pour quelques minutes, lança t-elle au quarantenaire.
Mais à peine eut-elle passé l'ouverture qu'un grognement se fit entendre. Elle eut juste le temps de dégainer son casse-tête Iroquois qu'un mangeur d'homme apparut, bras en avant.
L'arme qu'elle possédait était étrange et semblait venue d'un autre temps. Contondante, légèrement arquée elle se terminait par une boule munie d'un pic.
A la vitesse de l'éclair, elle brisa les bras l'un après l'autre, envoya un coup de pied maîtrisé au niveau du ventre ce qui fit chanceler l'immondice qui n'eut pas le temps de reprendre l'équilibre avant que la boule vienne fracasser le crâne.
D'un mouvement haineux elle propulsa la chose puante au sol, s'appliqua à lui casser les dents pour le plaisir, enfonça le pic dans la cervelle et l'essuya sur le haillon sanguinolent qui servait de vêtement à l'amas de chair putride étalé à ses pieds.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Mar 1 Mai - 6:30
La gamine sembla surprise de sa question. Était-ce donc quelque chose de si connu dans le coin ? L'arène... Cela sonnait bizarrement aux oreilles de Jake. Avec ce mot, c'étaient des images de gladiateurs et de Rome antique qui lui venaient à l'esprit. Autant dire que cela n'avait pas grand chose à voir avec leur situation actuelle. Sa seule préoccupation c'était de survivre jusqu'au jour suivant en faisant en sorte que sa fille survive également. Trouver de la nourriture, un abris pour la nuit des gens pour l'assister dans cette tâche et c'était tout. Il avait depuis longtemps renoncé à sa vie précédente. Une vie d’opulence et de luxe. Une vie facile...
Mais l'arène... Des gens avaient-ils réussi à se créer un lieu de vie sécurisé au point d'en arriver à organiser des jeux d'arène ? À moins que le nom ne soit trompeur et qu'il ne s'agisse pas de cela ?

Jake croisa le regard interloqué de la fille. Elle avait une lueur sauvage dans les yeux. Il fronça légèrement les sourcils avant de laisser planer un silence alors qu'elle semblait le dévisager. Finalement il rompit le contact visuel, préférant fixer l'horizon.
« Il semblerait bien... » déclara-t-il.
Elle lui annonça alors que l'arène prenait place dans un énorme complexe de patinage. Il ne voyait pas du tout où c'était. Il ne s'était jamais vraiment rendu à Détroit avant l'apocalypse.
Préférant garder le silence, Jake se plongea malgré lui dans ses pensées. La gamine ne lui avait pas fourni la moindre information utile concernant cette fichue arène. Il savait où elle se trouvait, du moins en théorie puisqu'il n'avait pas de carte de détroit sous la main, mais il ignorait toujours en quoi consistait cette arène.
Frustré mais ne désirant pas brusquer sa nouvelle ''amie'', il resta silencieux, ruminant sous ses sourcils froncés de noires pensées.

Finalement arrivé devant le bâtiment tant convoité, l'évidence leur sauta aux yeux. Il n'y aurait plus rien d'intéressant à récupérer là dedans. La gamine lui proposa alors de rester dehors. Pour manquer l'occasion de peut-être la voir se faire dévorer ? Et puis quoi encore ?
Cela dit, il n'eut pas le temps de répondre qu'un mordeur se manifestait déjà. Et le plus amusant c'était que l'intrépide adolescente était en première ligne. Un rictus amusé sur le coin des lèvres, Jake croisa les bras et observa la scène, suffisamment proche pour admirer le spectacle, et suffisamment loin pour avoir le temps de réagir si jamais la créature putride décidait de changer de proie.
La gamine sortit alors une arme que Jake n'avait eu l'occasion de voir que dans les films. Décidément, cette petite était pleine de surprise. Il se félicita de ne pas avoir essayé de l'attaquer car, à la vitesse où elle dégaina et à la façon dont elle mania l'objet, il était évident qu'il n'aurait pas remporté le combat aussi facilement. Il aurait peut-être réussi à la tuer mais à quel prix ?
La frêle jeune fille envoya son pieds dans le torse de l’immondice désormais dépourvu de bras. La violence de ce coup jurait parfaitement avec l’allure chétive de la gamine et le rictus de Jake disparut lentement alors que le crâne de la créature recevait l'arme exotique de plein fouet.
Ce qui se passa ensuite ravit Jake au plus au point. Laissant libre court à sa colère, la gamine n'était plus qu'une boule de rage se défoulant sur le corps sans vie. Cette petite avec de la hargne, c'était une évidence et, avoir une telle boule de nerf de son côté ne déplairait pas à Jake. Encore fallait-il qu'il soit certain de pouvoir lui accorder sa confiance.
Alors que l'autre finissait par se calmer, nettoyant son arme étrange, Jake se planta face à elle, l'applaudissant avec une lenteur théâtrale et un sourire au coin des lèvres.
« Si c'est ce genre de spectacle auquel vous vous adonnez dans votre arène, ça me tenterait bien de pouvoir y assister. » voire d'y participer, se garda-t-il de préciser.
« Si tu veux, je vais t'aider à trouver ce que tu es venue chercher ici. Et en contre partie, toi, tu pourras m'en dire un peu plus sur l'endroit d'où tu viens. »

Aussi silencieux qu'une ombre, un autre mordeur s'était approché d'eux. La légère pénombre du lieu l'avait parfaitement dissimulé et Jake dégaina son mateba aussitôt qu'il entraperçut le mouvement dans le dos de la jeune fille. De son point de vue, celle-ci devait certainement croire qu'il avait décidé de la mettre en jou. Il fit feu et la balle passa si près du crâne de la gamine qu'elle dû sentir son souffle chaud. Dans son dos, la créature s'effondra sans emmètre le moindre râle, transpercé en plein milieu du front. Pas peu fier de lui, Jake se félicita de ces nombreuses heures passées à s’entraîner avec sa fille. Si on lui avait dit, avant l'apocalypse, qu'il serait capable de mettre dans le mille avec une telle facilité, il aurait ri à gorge déployé.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Jeu 3 Mai - 17:35
Malou l'orgueilleuse était contente de son coup, l'homme n'avait pas bronché et ses sourcils s'étaient froncés avant qu'il n'avoue indirectement être nouveau dans cette ville. Elle le tenait comme un poisson ferré par la curiosité, il n'y avait plus qu'à attendre une éventuelle demande de précisions et tout dépendrait de comment il formulerait sa requête.
La jeune fille avait très rapidement pris l'habitude de régner sur plus forts qu'elle et malheur à qui aurait osé la contrarier dans ses ordres. Mal servie par la nature au niveau de la carrure, de sexe féminin dans un univers d'homme il avait bien fallu asseoir une autorité stricte et elle avait tendance à appliquer à l'extérieur ce qui valait pour l'arène.

Elle n'avait pas vu l'inconnu se caler pour assister au combat et fut surprise de l'entendre applaudir la mise à mort. Relevant la tête elle eut l'impression que le type était sincère et en tira une grande fierté; il savait à présent qu'elle n'avait pas survécu jusque là par l'opération du saint esprit et répondit comme pour expliquer la violence disproportionnée par rapport à sa taille:
je m'exerce tous les jours et j'ai la chance d'avoir eu trois maîtres depuis le début de cet enfer jusqu'à aujourd'hui.
Comme le gus semblait porter une oreille attentive à ses dires elle précisa:
les deux premiers étaient Mani l'Indien qui m'a appris la démarche de Sioux et le déplacement contre le vent puis Duncan qui m'a enseigné le combat de rue. Tous les deux étaient de Seattle où je suis née. Mon professeur actuel est Adam, forgeron et fabriquant d'armes, c'est lui qui m'a fait ce casse-tête.
Elle laissa un petit de silence et ajouta:
il est tout à fait possible d'être spectateur à l'arène, il faut juste payer sa place. Pour le reste...

La jeune fille s'apprêtait à réfléchir à la proposition du quarantenaire quand tout à coup il dégaina son arme et la mit en joug, le canon pointé au niveau de son front ou du moins lui semblait-il.
Effarée par un tel revirement de situation elle n'eut que le temps d'ouvrir des yeux grands comme des soucoupes avant que la balle fuse juste au-dessus de ses cheveux tandis qu'une légère odeur de cochon grillé caressait ses narines.
D'instinct elle lança:
t'es complètement cingl....Mais stoppa net sa phrase sur le bruit d'un corps qui s'affalait au sol derrière elle.
Se retournant rapidement elle vit un mort vivant le crâne transpercé. L'homme était un excellent tireur, c'était le moins qu'on puisse dire mais encore sous le choc elle n'apprécia pas vraiment la prouesse, ne songea pas un instant à le remercier de lui avoir sauvé la vie et susurra entre ses dents, le regard mauvais:
bravo ! Tu ne sais pas encore que quand on utilise une arme à feu le boucan attire des hordes complètes ?
Elle haussa les épaules d'un air méprisant et entra dans le restaurant en prenant soin d'observer la salle qui n'offrait plus grand chose à récupérer.
Ok pour le deal, lâcha t-elle tout en se dirigeant vers les cuisines.
Je cherche des grands couvercles de gamelles que le forgeron transformera en boucliers. Après je te raconterai pour l'arène.
Malheureusement, elle eut à peine le temps de commencer à fouiller qu'une série de gromellements se firent entendre.
Une horde d'environ cinq individus se dirigeaient droit vers le pas de porte.
Putain ! T'as pas autre chose qu'un flingue pour nous défendre ? J'ai pas envie de saluer tout le quartier ! En attendant va falloir assurer, à qui l'honneur ? Demanda t-elle en dégainant son arme.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Jeu 10 Mai - 16:47
La gamine semblait n'avoir apprécié qu'à moitié la performance de Jake. Il était vrai qu'il aurait tout aussi bien pu lui mettre une balle en pleine tête au lieu de la débarrasser du cadavre qui se serait jeté sur elle. Pourquoi ne pas simplement l'avoir laissée mourir ? Il était vrai que le spectacle aurait eu de quoi le satisfaire. Mais elle avait piqué sa curiosité et, jusqu'à ce que celle ci soit satisfaite, il escomptait bien qu'elle reste en vie.
Mais c'était pour une autre raison que sa frayeur du moment qu'elle lui en voulait. Le bruit les attirait comme des mouches, c'était un fait. Mais Jake aimait beaucoup se servir de son Mateba, même si pour cela il prenait parfois le risque d'en voir débouler en plus. Un monstre ou trois, quelle différence après tout ?
Se fendant d'un petit sourire narquois il répliqua :
« Eh bein alors ? C'est comme ça qu'on remercie son sauveur ? »
Il rengaina alors son précieux pistolet sans quitter son sourire satisfait.

Ils entrèrent alors dans le restaurant et la gamine lui expliqua ce dont elle avait besoin. Il était question de fabriquer des boucliers. L'arène pourtait donc son nom pour une bonne raison. Mais était-il question de combats dans une véritable arène ? Avait-ils vraiment reconstitué une zone de combat dans un complexe de patinage ? C'était une idée bien étrange et Jake se demandait qu'elle genre d'énergumène pouvait bien être à l'origine d'une telle chose.
Il n'eut pas le temps de poursuivre plus loin sa réflexion. Cinq cadavres ambulants se joignirent à eux. Et il y avait fort à parier qu'ils n'étaient pas là pour les aider à fouiller les lieux à la recherche de couvercles de poubelle.
La jeune fille, passablement iritée, semblait prête à en découdre. Jake fut tenté d'utiliser encore une fois son Mateba mais les balles étaient une denrée de plus en plus rare et il ne serait pas seul à se battre alors pourquoi en gaspiller ?
Sans répondre immédiatement à la question de sa nouvelle compagne d'infortune, Jake balaya l'endroit du regard à la recherche d'une arme quelconque et trouva rapidement son bonheur. Il avança sans aucune pression vers les trois monstruosités qui lui faisaient face, les deux autres étant un peu plus à la traîne.
Lorsqu'il fut à seulement deux mètres du plus proche, il se pencha et ramassa la bouteille vide brisée qu'il avait repérée juste avant. D'un mouvement habile, il se redressa et planta le morceau le plus aiguisé en plein dans l'orbite molle du cadavre qui s’effondra dans un râle pathétique, le tesson profondément enfoncé dans le crâne.
« Il te faut une invitation ? » demanda-t-il alors à la gamine toujours derrière lui.
Sans se retourner pour voir si elle se joignait à lui, et, désormais dépourvu de la moindre arme, il serra instinctivement son poing gauche et l'arma, prenant un léger recul. Lorsque le mort-vivant suivant fut dans la position adéquate, il fit pivoter son bassin pour donner une force supplémentaire à son coup de poing qu'il envoya valser si rapidement que seul l'horrible craquement de mâchoire prouva qu'il avait bien atteint sa cible. Celle-ci, sous la puissance du crochet de Jake, fut projetée sur le sol avec une violence qui l'empala sur le pied d'une des tables qui étaient renversée sur son flan. Le cadavre râlait et agitait toujours ses bras décharnés mais, ainsi prisonnier, il n'était plus une menace immédiate. Jake se concentra donc sur le suivant.
Les deux retardataires avaient rejoint leurs petits copains et semblaient n'avoir d'yeux que pour la gamine qui avait sortit son arme étrange. Tant mieux, ça lui laisserait tout le temps de se concentrer sur le cadavre qu'il avait en face de lui. Celui-ci était particulièrement répugnant. Aucun vêtement ne subsistait au dessus de sa ceinture qui maintenait encore un jeans en lambeaux et on pouvait apercevoir sa colonne vertébrale à travers sa cage thoracique presque entièrement à nue. Tout ce que ce cadavre là ingurgitait devait inexorablement finir par terre. Comment une telle aberration pouvait-elle encore se mouvoir ? Le monde était vraiment devenu fou. L'apocalypse. Etait-ce cela ? Une absence totale de rationalisme et un chaos omniprésent ?
Mais Jake s'en moquait bien. À présent qu'il était lancé dans le combat, rien d'autre ne comptait plus, que lui et son adversaire. Finalement, quel que soit l'état du monde, lorsqu'il se retrouvait dans cet état induit par l'adrénaline, son être conscient n'existait plus et seul son instinct guidait ses mouvements. Comment se placer, comment bouger... Comment armer son bras, à quel moment l'envoyer avec la puissance nécessaire... Se replacer, éviter les coups. À aucun moment il n'avait conscience de cela mais il analysait tout et réagissait en conséquence.
En moins de quelques secondes, son troisième cadavre fut au sol, le crâne ouvert par un coup de talon qui aurait aussi bien put éclater une pastèque.
Prêt de lui, le monstre empalé au pied de table essayait toujours de se dégager et Jake attrapa une chaise qu'il brisa sur le sol dans un fracas de tous les diables. Puis, armé de son pieu de fortune constitué du pied de la chaise, il s'approcha à pas lent de sa victime. Là, il s'accroupi et fixa un moment le monstre qui tendait vainement les bras vers ce merveilleux casse croûte qu'il aurait volontiers dévoré. Puis, un affreux rictus accroché aux lèvres, Jake positionna le pied de chaise sous le menton du cadavre qui lui agrippa alors le bras. Les doigts du monstre appuyaient sur son avant bras avec une force que même un homme vivant ne pouvait pas avoir mais Jake, l'adrénaline courant dans ses veine, ne sentait rien.
Lentement, il enfonça le pieux sous le menton du cadavre qui essayait à présent de perforer la chair de Jake avec ce qu'il lui restait d'ongles. Mais il n'en eut pas le temps que déjà le bois atteignait son système nerveux et les bras qui exerçaient auparavant une pression d'enfer sur le bras de Jake retombèrent le long des flans du monstre définitivement terrassé.

Jake se releva, la respiration à peine plus rapide qu'avant. Tuer des morts n'était pas aussi réjouissant que de s'acharner sur des vivants. Ils ne hurlaient pas de douleur et aucune peur n'animait jamais leur regard de toute façon éteins. C'était comme s’entraîner sur un sac de sable. Un sac de sable qui aurait eu la faculté de rendre les coups et de potentiellement être mortel.
Se retournant vers la gamine, Jake constata qu'elle n'avait pas le moins du monde eut besoin de son aide. Les gens incapables de s'en sortir tout seuls finiraient par très vite disparaître et ne resteraient plus que les vrais survivants. Ainsi la loi du plus fort avait-elle été rétablie.
Une légère lueur de sadisme persistant dans le regard, Jake demanda alors :
« Bon, on va les chercher tes couvercles ? »
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Mer 16 Mai - 17:08
Il n'avait émit aucun commentaire sur les propos désagréables, presque infantilisants de Malou concernant sa défense à l'arme à feu.
Très calme, il avait balayé la salle du regard, avait ramassé une bouteille de verre cassée, abandonnée au sol et avait crevé l'oeil du macchabée d'un geste net et sans bavure.
L'homme commençait à surprendre favorablement la jeune fille qui plutôt que foncer dans le tas elle aussi continuait d'analyser d'un œil professionnel ses capacités de combat.
Elle fut secouée de sa torpeur par une invitation courte et cynique à se joindre à lui pour se débarrasser des immondices et jaugea la situation d'un rapide coup d'oeil.
Deux morts vivants entouraient encore le quarantenaire et deux, en très mauvais état s'avançaient vers elle.
Elle décida de s'occuper au plus vite de ceux qui la concernaient directement afin de ne pas perdre une miette des éventuelles autres techniques de mises à mort que le type possédait.
Dégainant son arme insolite, elle eut tôt fait d'éliminer le duo ramolli jusqu'à l'os, se replia dans un coin pour admirer son acolyte à l'oeuvre et fut complètement sidérée par ce qu'elle vit.

L'homme n'était pas un bon combattant, il était brillant, hors norme, possédait une force herculéenne doublée d'une haine vissée au corps comme le diable en personne. Il était froid, calculateur dans ses mouvements et paradoxalement animé d'une frénésie, d'une forme de jouissance à martyriser gratuitement sans aucun état d'âme.
Tandis qu'il empalait le dernier mangeur d'homme Malou se promit de cesser de le sous estimer moins parce qu'elle pouvait craindre pour sa personne que parce qu'un sentiment d'admiration commençait à naître en elle. Ce type n'était pas un simple meurtrier, c'était un artiste de haute volée qui peaufinait, sculptait, ciselait avec passion les coups mortels.

Il s'était muni du pied d'une chaise préalablement fracassée au sol et allait en finir avec sa proie quand la main griffue de la puanteur se posa sur son bras.
D'instinct Malou s'approcha afin de prêter main forte mais ce fut peine perdue, il n'avait besoin de personne; tout chez lui semblait orchestré, jusqu'à la lenteur avec laquelle il enfonça le pieu sous le menton jusqu'aux tréfonds du crâne.
Quand il se retourna tranquillement vers elle comme qui aurait juste réalisé un petit dessin sur un coin de table elle émit un sifflement long entre ses dents pour montrer son enthousiasme.
Chapeau bas l'artiste !
Murmura t-elle en plantant son regard coupant comme une hache dans celui teinté de sadisme du partenaire.
Je m'appelle Malou, lança t-elle avant de se diriger vers les cuisines afin d'y trouver les fameux couvercles.

Pour avoir la paix, elle ferma la porte derrière eux tout en constatant que le lieu avait été tellement pillé et repillé qu'il ne restait pratiquement rien comme qui aurait décidé subitement de déménager. Plus aucun couvert, aucun ingrédient comestible, aucune casserole de taille normale et bien évidemment, aucun couteau mais à même le sol, renversée, cabossée, gisait une énorme gamelle avec son couvercle.
Rapidement, la jeune fille s'en empara, s'assit sur l'unique meuble professionnel recouvert d'un marbre qui restait et annonça d'une voix sérieuse:
je vais te parler de cette fameuse arène et si tu veux, je te la ferai visiter.
Commença alors une narration descriptive du lieu ainsi que ce qu'il était possible d'y faire selon les rôles.
Elle lui raconta les spectacles de gladiateurs contre les morts-vivants ou contre des survivants entre eux mis en scène par Dean Caulfield, ancienne star des écrans en personne, des vestales, des champions, du marquage au fer rouge, bref tout ce qu'il fallait savoir.
Pour appuyer ses dire elle souleva sa manche.
L'homme put d'abord découvrir un avant bras entièrement lacéré de cicatrices avant de constater qu'elle possédait l'aigle dessiné, incrusté dans sa chair au niveau de l'épaule, ne doutant certainement pas de la douleur occasionnée par un tel procédé.
Je suis le bras droit du directeur artistique, tribun et coach pour gladiateurs débutants ou récalcitrants, annonça t-elle avant d'ajouter en guise d'avertissement en le regardant droit dans les yeux:
autant dire que je suis intouchable et s'il devait m'arriver quoi que soit, la personne en faute serait immédiatement traquée, retrouvée, torturée et mise à mort. Là bas, ça ne rigole pas. Conclut-elle.

Elle mit le couvercle sous son bras et s'apprêtait à sortir quand elle donna une dernière information:
un tribun a presque tous les droits y compris celui d'être mécène; moi j'ai choisi de financer la taverne qui verra bientôt le jour mais j'aurais pu tout aussi bien aider pour l'ouverture d'un restaurant de luxe, d'une galerie d'art, d'une boutique de souvenirs ou d'un casino, peut importe, il reste encore tellement de choses à faire...
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Ven 18 Mai - 11:39
« Malou ? s'étonna Jake devant un prénom aussi singulier. Ça sort d'où ça comme prénom ? »
Mais c'était très certainement un pseudonyme, ou alors un diminutif.
« Moi c'est Jake. »
C'est sûr que c'était un peu plus classique, mais les pseudonymes ce n'était pas vraiment son truc.
Rapidement, ils se rendirent jusqu'à la cuisine où un simple coup d’œil leur suffit pour savoir qu'ils ne risquaient pas de trouver grand chose d’intéressant. Mais puisqu'ils étaient là, autant regarder d'un peu plus près quand même, juste au cas où.
Alors que Malou s'emparait d'un couvercle qui avait survécu aux pillages, Jake s'amusait à tripoter les boutons d'une gazinière depuis longtemps privée de gaz. Ce que ça pouvait lui manquer les bons plats sophistiqués qu'il avait l'habitude de manger avant. Il aurait été capable de tuer pour une assiette remplie de légumes mijotés accompagnés d'une belle tranche de bœuf. Du bœuf de kobé tant qu'à faire. Il y avait goûté une fois, rien qu'une, et la facture avait été salée, mais cela en avait valu la peine. C'était la viande la plus savoureuse qu'il avait jamais mangé.
Et aujourd'hui, les gens se trucidaient pour une boite de pâté pour chien. C'était à pleurer de rire.
Malou avait pris place en hauteur, ses fines jambes d'adolescente pendant dans le vide. Quel âge pouvait-elle bien avoir ? Jake aurait bien été en peine de le dire. Physiquement, il ne lui aurait pas donné beaucoup. Mais si elle avait par moment l’attitude d'une enfant pourrie gâtée, son regard trahissait une plus grande expérience de la vie post-apocalyptique.
Croisant les bras et plantant son regard dans celui de Malou, Jake s'adossa contre la gazinière hors d'usage.
« Je t'en pris, dis moi tout. »
Il l'écouta attentivement, sans jamais l'interrompre et sans jamais emmètre le moindre signe qui aurait pu trahir ses pensées.
L'idée qu'il s'était fait de l'arène était la bonne. Un lieu où l'on se battait pour se donner en spectacle et où seuls les plus méritants étaient respectés et acclamés. Les combats de boxe lui manquaient. Pas autant que les bons repas, certes, mais tout de même. La foule, l'acclamation, cette sensation de supériorité qui le submergeait lorsqu'il dominait son adversaire sous l'excitation parfois morbide d'une foule en délire. Il était vrai qu'il avait souvent besoin de se battre, que ce soit contre des morts-vivants ou contre des vivants tout court. Mais ce n'était pas pareil. Là, il luttait pour rester en vie et pour sauver sa fille. Ce qui lui manquait, c'était le combat juste pour la violence. Un combat pour se déchaîner, pour laisser libre court à son sadisme et à sa soif d'adrénaline.
Le seul véritable bémol dans cette histoire, c'était cette affaire de marquage au fer rouge. Il n'était pas une vache que l'on marque pour en définir l'origine.
En voyant le bras couvert de cicatrices de la gamine, il su qu'il avait eu raison à son sujet. Elle en avait bien plus vu que bien des adultes dans ce monde cruel et elle avait réussi à s'y faire une place en haut de l'échelle. Malgré tout, il n'avait pas sourcillé, laissant Malou poursuivre ses explications.
Ce n'était même pas une place en haut de l’échelle qu'elle s'était faite, c'était une place au panthéon. Comment une demi portion comme elle avait-elle bien pu en arriver là, Jake était bien curieux de le savoir.
Une fois ses explications terminées, elle descendit de son perchoir et fit mine de sortir de la pièce. Jake n'avait pas bougé, songeur, la suivant néanmoins du regard. Un tel endroit représenterait de nombreux avantages. Mais une chose était certaine, une fois entrée, il serait compliqué d'en sortir. Et si Jake s’apercevait trop tard que l'endroit n'était qu'un traquenard de plus, il s'en voudrait d'avoir mêlé sa fille à ça. En même temps, leur quotidien dans le groupe de pillard n'était pas des plus sereins non plus. Il y avait tant de choses qui pouvaient mal tourner. Ce n'était qu'une question de temps.
Près de la porte, Malou ajouta alors un petit commentaire. Jake, qui n'avait pas émit le moindre commentaire, prit enfin la parole.
« J'ai une fille. »
Il laissa planer un léger silence avant de poursuivre.
« Qu'est-ce qui me garanti qu'elle pourra être en sécurité si je me joints à toi ? Ce n'est pas une guerrière. Et il est hors de question qu'elle soit marquée comme un morceau de jambon. »
L'idée de pouvoir ouvrir un nouveau casino était plus qu'alléchante, presque autant que de pouvoir se battre impunément devant un public enragé. Il était même prêt à fermer les yeux sur cette histoire de marque au fer rouge. Mais encore une fois, sa fille était sa préoccupation principale.
À présent c'était à Jake de s'expliquer.
« J'étais un homme d'affaire avant que tout ça ne parte en couille. Associés, belles voitures, belles filles et repas copieux... Si j'avais su, j'aurais investit dans un bunker hautement sécurisé, ajouta-t-il la mine sombre et un rictus aux lèvres. Enfin bref. Tout ce qui compte pour moi aujourd'hui, c'est la sécurité de ma fille. Le reste n'a pas la moindre importance. Bien sûr, si je peux en profiter pour me faire plaisir en m'adonnant à un peu de... sport, alors pourquoi pas. »
Était-ce raisonnable ? Se joindre à elle, rejoindre cette arène. Et si elle le menait en bateau ? Si tout ce qu'elle lui avait raconté n'était que pure affabulation pour l'attirer dans un traquenard ? Non, elle semblait sincère. Jake était un pro au poker et cette fille ne bluffait pas ou alors c'était une sacrée menteuse.
« Finalement, je n'aurai que deux questions à te poser. La première, ma fille serait-elle forcée de porter cette marque (il désigna l'emplacement où se trouvait la marque de Malou) et la deuxième, que faut-il faire pour commencer tout en haut ? »
Jake était un requin, il se voyait mal débuter une carrière de pauvre gladiateur et espérer par la suite gravir les échelons. Il était né en haut de l’échelle et il comptait bien y rester, apocalypse ou pas.
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MessageSujet: Re: Virée à Plymouth   Hier à 17:57
L'homme avait été étonné qu'elle se nomme Malou et avait demandé l'origine d'un tel sobriquet.
Mon vrai prénom c'est Malorie mais je le déteste... Avait-elle répondu un peu déstabilisée par sa réaction qui semblait sincère.
Mais tu as un peu raison, Malou ça fait gamine comme surnom, il serait peut-être temps que j'utilise celui que mes parents ont choisi; j'y songerai...
Puis il s'était présenté.
Jakes, ok. Avait-elle simplement lancé avant de ramasser le couvercle miraculeusement épargné.

Quand elle avait parlé de l'arène, il avait semblé extrêmement attentif à chaque détail ce qui avait incité la jeune fille à partir fièrement dans de grandes descriptions et même à soulever sa manche au risque qu'il réagisse aux longues cicatrices qui zébraient son avant-bras.
Mais il n'avait pas bronché et Malou avait hautement apprécié cette discrétion digne des grands hommes.
Le commun des mortels aurait ouvert de grands yeux horrifiés face à de telles blessures et n'aurait pas manqué de poser des questions; lui était resté coi et silencieux, c'était un nouveau point en sa faveur; elle était à deux doigts d'imaginer qu'ils finiraient peut-être par s'entendre sur certaines choses.

Quand elle eut fini ses explications, elle leva son regard vers lui mais ne put lire aucune réaction dans le sien.
N'était-il pas convaincu ? Soit.
Après tout ce lieu avec ses règles étranges et pas toujours bien définies dans le sens où les puissants n'hésitaient pas à tricher ne pouvait pas convenir à tout le monde.
Tranquillement elle avait ramassé le couvercle qu'elle avait posé sur le marbre et était descendue du meuble bas dans le but de sortir visiter un second établissement, avait posé la main sur la poignée de la porte tout en lui dévoilant les systèmes de mécénat quand Jake lança tout à coup un information qui la surprit au plus haut point.
Lentement elle se retourna vers lui, les yeux agrandis par l'étonnement et le regarda quelques instants sans répondre.
Elle ne s'était pas imaginée un instant qu'un type comme lui pouvait avoir un enfant et encore moins qu'il puisse être capable de le protéger. Cet homme était décidément bien étrange.
Elle s'appétait à répondre à son inquiétude concernant la sécurité et le marquage quand il enchaîna sur sa position sociale d'avant l'apocalypse.

A son tour Malou l'écouta attentivement sans lui couper la parole. Beaucoup de choses s'éclairaient dans sa tête avec cette révélation; elle comprenait mieux à présent ce qu'elle n'avait pas su cerner chez lui quelques minutes plus tôt. L'homme avait été riche, il avait tout pour lui, la vie lui souriait et il avait tout perdu. Il avait eu l'habitude de commander et se faire obéir au doigts et à l'oeil, il avait dû bénéficier de passe-droits, était respecté voire admiré et voilà qu'aujourd'hui il se retrouvait au même stade que tous les autres survivants, à devoir se battre pour une boîte de haricots, se planquer n'importe où sans confort et à grelotter l'hiver sans pouvoir se laver tous les jours.
Cet enfer n'était déjà pas facile à vivre quand on venait comme elle d'une banlieue pauvre mais pour lui, ce devait être carrément abominable !
L'arène était fait pour lui. Il retrouverait dans ce lieu un ersatz de sa vie d'avant, le pouvoir et la sensation de supériorité qui en découlait; il pourrait se refaire sa place au soleil s'il était malin et de cela elle ne doutait pas un instant.

Elle omit sciemment de l'informer que quelque part dans Detroit existait un bunker. Des gens avaient construit ce genre de truc par crainte d'une guerre atomique puis avaient fuit pour elle ne saurait jamais quelle raison l'apocalypse. Il y avait même de l'électricité mais elle sentait que cette vie souterraine spartiate ne conviendrait pas à un type comme lui sur le long terme et puis, il aurait fallu qu'elle en parle à John puisqu'ils l'avaient découvert ensemble.
Un peu de sport ? Demanda t-elle enfin quand il eut terminé, tu voudrais être gladiateur alors ?

Jake répondit par deux interrogations dont les réponses semblaient cruciales. Elle se hâta de le rassurer sur le premier point:
à moins que tu ne décides d'être esclave, ce qui m'étonnerai, plus tu seras haut placé et plus ta fille sera protégée. De plus, les enfants de champions, de tribuns ou de sentinelles ne sont pas tenus d'être marqués.
Elle laissa un temps et ajouta: par contre toi, tu n'auras pas le choix, quelle que soit ta position.
Pour ce qui concernait le haut de l'échelle, la jeune fille se gratta la tête avant de poursuivre hésitante:
le haut de l'échelle c'est les sentinelles mais pour ce poste il faut savoir rester dans l'ombre car ce sont les gardiens de César, le grand créateur et directeur de ce lieu. Ils ont tout pouvoir mais on ne les voit jamais, leur mot d'ordre est la discrétion, je ne sais pas si cela te conviendrait.
Après tu as les tribuns. Ils ont tout pouvoir également sauf face à une sentinelle.
Je te l'ai déjà dit, un tribun peut posséder un champion et des esclaves. Il est logé dans une suite avec baignoire, eau chaude et repas « premium », bref, un luxe que tu ne trouveras pas ailleurs.

Pour être tribun, il faut que quelqu'un de haut placé t'introduise; cela peut être moi. Ensuite, il suffit de s'arranger avec Dean le directeur artistique qui pourra te recevoir puis avec César qui te déclarera officiellement.

Elle laissa le quarentenaire encaisser ces précision et dit:
le mieux serait qu'on aille visiter ce lieu, tu t'en feras une bien meilleur idée qu'avec des discours.
Si tu es dispo on peut y aller maintenant, j'irai chercher d'autres couvercles pour le forgeron plus tard.

Une fois sa phrase terminée elle tint à ajouter:
je n'ai aucune obligation en temps que tribun à aller chercher quoi que ce soit pour l'arène mais le forgeron est mon ami alors de temps en temps je sors pour lui procurer du matériel, cela me change les idées.
Alors, on y va ou non? Conclut-elle en ouvrant la porte.
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