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 To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny

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MessageSujet: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Jeu 26 Avr - 11:52
Sourcils froncés, je regarde les planches de métal étalées devant moi, la mine sceptique. C’est ce qu’on a ramené de notre virée avec Drew et autant dire que j’aurais aimé que la chasse soit un peu plus fructueuse. M’enfin, je vais pas trop m’en plaindre, ça devrait suffire pour réussir à finir de réparer l’éolienne. Pour qu’on ait vraiment de l’électricité sans que ça fasse tellement de bruit que ça ferait venir tous les rôdeurs qui trainent à Détroit. C’est pour ça que j’étais contre le générateur mais, forcément, il a fallu proposer une autre solution.

J’ai mis quelques jours, mais, à force de fouiner, j’ai trouvé ce que je voulais. Restait plus qu’à la retaper pour qu’elle fonctionne et les autres ont docilement écouté mes directives, un peu perplexes de voir que j’avais vraiment l’air de savoir ce que je faisais. Sauf Drew, forcément, il est au courant. Mais ils ont pas moufté ni posé de question, ce qui est bien. Et du coup, je fignole, même si je sais pas trop comment faire mon truc. Je me mets à tracer des traits au crayon, à découper avec la paire de ciseaux à métaux que j’ai déniché, essayant de me concentrer suffisamment pour éviter les drames. Pas que j’ai pas envie de me couper la main mais un peu quand même. Ou même un doigt, ce serait pas terrible. Et, comme à chaque fois que je suis plongé dans un truc comme ça, je fais plus du tout attention à ce qui se passe autour de moi. Je sais pas combien de temps j’y passe, si c’est cinq minutes ou deux heures, probablement plus même, quand je vois que le jour commence à décliner doucement mais surement. Du coup, me reste plus beaucoup de temps.

Je me rends même pas compte qu’elle est là en fait. Et surtout, depuis combien de temps. Je sais juste qu’à un moment, je lève les yeux vers la porte et je sursaute comme un idiot en la voyant. Avant de lui sourire tout aussi stupidement, comme à chaque fois que je la vois. Je vous jure, j’essaie hein, de garder un semblant de neutralité quand je tombe sur elle, histoire de faire un peu genre. Mais j’y arrive pas. Je suis heureux de la voir, de savoir que, de temps en temps, je peux la prendre dans mes bras et l’embrasser. C’est pas grand-chose, j’en suis bien conscient et je suis même pas sûr qu’elle apprécie vraiment en fait. Mais j’essaie de pas trop écouter cette petite voix sinon ça va pas le faire du tout. Parce que sinon, je vais me dire que c’était une mauvaise idée et qu’elle veut pas vraiment de moi, quoi qu’elle ait pu dire.

Alors, du coup, au lieu de trop réfléchir, je me contente de souffler, d’un ton joyeux. « Hey ! T’as trouvé ma planque on dirait. » Et je regarde autour de moi, avec un sourire amusé. Je sais pas pourquoi j’ai choisi cette petite salle de classe. Enfin si, j’ai une petite idée. Elle est recouverte par ces grosses dalles en mousse de toutes les couleurs et y a plein de dessins de touts petits sur les murs. Ça me fait penser à Kenny en fait, avec du rouge, du bleu, du rose dans tous les sens. Et j’aime bien être là. Y a des livres pour enfants aussi, qui étaient étalés par terre dans tous les sens mais que j’ai rangés, pour avoir l’impression que les gens sont pas partis d’ici en mode panique. Je finis par souffler, sans même y réfléchir. « C’est marrant, quand je suis là, j’ai parfois l’impression que la fin du monde est jamais arrivée. Que ces gosses vont débarquer ici sans prévenir. Et puis après, je me rends compte que je suis en train de retaper du vieux matos pour éviter qu’on crève de froid ou de faim ou de je sais pas quoi. C’est… bizarre. » Je me relève, les gros ciseaux toujours dans une main avant de me rapprocher d’elle, d’effleurer sa joue et de l’embrasser doucement à la commissure des lèvres. « Ca va toi ? » Et, encore et toujours, mon cœur a un raté alors que je la regarde dans les yeux et que je lui souris un peu plus timidement cette fois. Déjà deux mois, c'est fou comme ça passe.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Sam 28 Avr - 10:11
Je pourrais dire que je sais pas trop ce que je fais là, ni pourquoi je suis venue. Mais faut être un peu honnête, au moins avec moi-même. Il est là, alors forcément que c’est par là que j’ai envie de traîner… Par contre, je serais incapable de dire depuis combien de temps je l’observe en silence, appuyée contre le chambranle de la porte, alors qu’il est occupé à découper son truc. C’était amusant de le voir devenir hyper technique et hyper sérieux, en parlant de l’éolienne. Les autres l’ont regardé un peu en mode éberlué, c’était d’autant plus drôle. Parce qu’il passe bien pour le crétin de service. Bon, ça reste un simplet je reviens pas dessus, mais en vrai, il est loin d’être con, même si je suis toujours la première à le chambrer, avant comme maintenant. Moi, j’avais toujours aimé le voir bricoler sur sa moto, c’était pas pour rien, il avait la même tête que là en face de moi. La gueule du mec qui sait ce qu’il fait et qui aime ça surtout… Et quand il fait cette tête, quand il est concentré, qu’il oublie un peu ce qui l’entoure, bah il est plutôt mignon… okay d’accord, il est carrément sexy. Mais je lui dirais pas.

J’ai essayé de pas tourner en rond et de m’occuper avant de venir ici. Mais ils sont tous partis à droite à gauche, même Peter est parti se plonger dans un des bouquins qu’il a trouvé dans un coin, et du coup, je me suis retrouvée comme une conne toute seule dans ce qu’on a plus ou moins transformé en salon. Et dessiner sans modèle, au bout d’un moment, ça me gave. Enfin non, mais je me retrouve à faire des modèles de tatouages, sans pouvoir tatouer…
Bref, tout ça pour dire que comme j’ai pas le droit de m’aventurer seule dehors, parce que c’est dangereuuux toute seule, et qu’il fait encore trop froid pour s’occuper du jardin (et de toute manière, je demanderai aux mecs de retourner la terre faut pas pousser), j’étais un peu désœuvrée. Et j’avais possiblement envie de le voir.

Je sais qu’il fait des efforts, surtout face aux autres, même si en vrai, il en fait déjà moins qu’il y a quelques semaines, sans même s’en rendre compte je suis sûre. C’est pas pour rien qu’Axel a essayé de me coincer, j’espère juste qu’elle va pas se retrouver seule avec lui avant un moment, sinon c’est grillé d’avance… Parce qu’il sourit comme un benêt en me voyant. Et le pire, c’est que ça me fait un bien fou de le voir sourire comme ça, juste pour moi, juste parce que je suis là. Je retiens un soupir en me demandant, pour la cinquième fois de la journée, quand est-ce qu’il en aura marre de tout ça. Quand est-ce qu’il sera lassé des bisous sages et des câlins tout aussi gentils. Quand est-ce qu’il ne supportera plus de me sentir me tendre quand il pose une main sur moi, ou de ne pas pouvoir m’embrasser devant les autres, ou de ne pas avoir plus tout simplement. Il a pas l’air d’en avoir marre je sais bien, il a même l’air content, heureux, mais je me dis qu’en fait, il va juste pas savoir comment se sortir de là, de peur de me blesser ou une connerie du genre.
Pourtant, ça se passe bien. Je veux dire… je pensais pas me sentir aussi bien avec lui, aussi rapidement, même si tout est loin d’être réglé. Évidemment je me braque toujours, me figeant malgré moi aux pires moments. Évidemment, je suis toujours en colère contre lui, je lui en veux encore, même si c’est idiot, même si ça fait un mélange vachement bizarre avec le reste, même si… même si c’est plus du tout pareil. Et je suis satisfaite de ce qu’on a, contrairement à lui. Je veux dire, on a quand même fait quelques câlins, de sages câlins comme dit, ça m’a pourtant pas empêché de le sentir aimer beaucoup ça… Alors que pour changer, il ne s’est pas plaint et a continué de me laisser gérer à mon rythme.

Et à dire vrai… Je sais pas comment je ferais si on devait arrêter. Je suis pas sûre de vraiment y arriver. C’est con hein, après aussi peu de temps, c’est ridicule même quand on compare aux années précédentes et aux difficultés qu’il y a encore entre nous. Mais on a beaucoup parlé, vraiment, de tout et de rien, comme si ces années n’avaient pas eu lieu et que ça avait continué comme quand on était gosses… Et c’est vraiment trop cool. Sauf qu’on a pas abordé les sujets difficiles, ceux qui fâchent, ni de son côté, ni du mien.

Et toutes ces pensées, ces idées à la con, me tournent sans en tête. Et ça m’effraie et me fait paniquer. Et puis… et puis, il lève la tête et me voit, et son sourire balaie tout. Alors forcément, je lui souris en retour, hochant la tête.

« J’ai suivi les miettes de pain, je suis douée en détective… C’est joli comme planque »

J’ai un sourire en coin, regardant autour de lui, dans cette pièce presque trop colorée pour être réelle. Comme il dit, comme si rien de tout ça n’était arrivé. Et je grimace quand il parle des gamins, avant de regarder de nouveau ce qu’il trafique, et de le suivre des yeux quand il se relève et se dirige vers moi. J’essaie d’ignorer le tambourinement de mon cœur, et le battement loupé de ce dernier quand il m’embrasse. Un gentil baiser aux coins des lèvres pourtant. C’était pas sur la joue, je devrais m’estimer heureuse non ? Je sais, je n’ai aucune cohérence, je me plains qu’il ne fasse pas plus tout en me figeant les rares fois où il tente… Mais un baiser ? J’ai même pas eu de vrai baiser encore. Peut-être qu’il veut pas en fait, peut-être qu’il regrette déjà.
Malgré tout... ce sourire-là… ce sourire plus doux, je l’aime encore plus que les autres. Parce qu’il n’y a vraiment qu’à moi qu’il sourit comme ça. Sans doute pour ça que ma main passe derrière son cou et que je me hisse pour l’embrasser dans le cou, juste sous l’oreille au coin de la mâchoire. J’aime bien l’embrasser là, c’est presque toujours tout doux et il sent bon. Et ça le fait souvent frissonner oui.

« Ça va… » Je me recule un peu et inspire lentement. « Et toi ?… Je voulais pas te déranger, j’ai essayé de rester là-bas, mais… je m’ennuyais et j’avais envie de… enfin t’étais là… Mais je suis restée sage t’as vu ? » Je désigne les ciseaux. « Tu fais quoi avec ça ? C’est pour l’éolienne encore ? »

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Mar 1 Mai - 22:35
J’aurais jamais pensé que ce serait comme ça. Aussi simple et aussi complexe. Aussi évident et aussi difficile. A chaque fois que je suis avec elle, ça fait un peu comme des montagnes russes. J’ai envie de lui parler de tout, mais j’ai peur d’aborder les sujets qui fassent. J’ai envie de… bon j’ai envie d’elle tout court, mais je flippe tellement dès qu’elle se crispe que j’ai jamais osé l’embrasser pour de bon, c’est dire. Et le pire ? C’est que j’adore ça. Parce que ça me fait oublier le merdier qu’est devenu notre monde, que j’ai l’impression d’être heureux pour la première fois depuis des siècles, juste parce que ces sourires-là, comme celui qu’elle a là, tout de suite, ils sont rien que pour moi. J’ai un bref haussement d’épaules à ses paroles, la fixant un instant sans rien dire avant de souffler, amusé. « J’espère que tu les as pas ramassées, sinon je retrouverais jamais le chemin de nos appartements de luxe. Et ouais, c’est sympa comme coin, j’aime beaucoup. »

Je sais pas pourquoi je parle des gamins, ça plombe un peu l’ambiance non ? Enfin, avec elle, je sors un peu tout ce qui me passe par la tête, ça aide pas.  Je me contente d’un baiser tout sage, même si c’est carrément pas assez et que, l’espace d’un instant, je dois utiliser le peu de neurones que j’ai encore pour éviter de penser à sa langue. Cette foutue langue que j’ai vue un nombre de fois incalculables et que… bref, j’ai dit que je voulais éviter hein. Je me retiens de déglutir comme un crétin et je lui souris. Un vrai sourire. Pour elle. Et quand elle m’embrasse dans le cou, ça rate pas, j’ai un frisson qui me parcourt l’échine alors que mon sourire se fait un peu plus penaud. Ouais, aucune retenue, je sais, ça craint. Je grimace quand elle recule. « Ouais ? T’es sure ? Et moi ? Evidemment que ça va, pourquoi ça irait pas ? J’ai de quoi faire joujou pendant des semaines, j’ai ma copine qui vient me voir juste pour le plaisir… tout roule. » Ma copine. Ouais, ça fait bizarre, j’en ai conscience au moment où je le dis à haute voix. J’espère qu’elle va pas trop faire gaffe quand même.

Je reste un instant indécis sans trop savoir quoi faire, alors qu’elle reprend la parole. « Tu me déranges pas. Ca me fait même du bien d’arrêter. De toute façon, il va bientôt faire trop sombre pour continuer. Et je m’en voudrais de rater l’histoire du jour de Drew. Ils sont tous partis ? » J’ai un sourire au reste de ses propos avant de remarquer que j’ai encore les ciseaux en main. Que je pose, sagement. « Ouais j’ai décidé de la découper en morceaux parce qu’elle me prend beaucoup trop la tête. Tu veux en robe en métal ? » Et, sans réfléchir, faut dire que je suis toujours un peu con, quoi qu’on en dise, je me rapproche d’elle, passant une main autour de sa taille. Je me contente de l’effleurer du bout des doigts, attendant son assentiment pour poser vraiment ma main. Ou l’enlever si elle se crispe donc. Et je continue, gardant un ton aussi naturel que possible, alors que je lui fais face, à quelques centimètres d’elle à peine. « T’es restée sage donc. Les autres se sont tirés ? Et tu serais allée faire quoi toute seule ? Te jeter dans un lac pour pas rater ta coloration ? Jouer à la marelle ? Tagger des murs ? » Et mon autre main se tend vers sa joue que j’effleure doucement, incapable de détacher mon regard d’elle. Je suis trop con, elle va prendre peur et reculer, je le sais pourtant. Mais je suis infoutu de faire autre chose là, de suite. J’aurais dû garder les ciseaux, ça m’aurait évité de faire cette connerie tiens.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Dim 13 Mai - 20:18
Je devrais lui demander. A quel point ça l’emmerde. A quel point c’est bizarre. Parce que j’ai aucun point de comparaison moi, pour tout ça. Je sais absolument pas faire, ni comment me comporter, ni ce qu’il faudrait dire ou faire justement. A quel point c’est ridicule de dire qu’on a jamais eu de copain à 21 ans ? Oui, bon, je compte pas les deux dernières années, mais quand même… Et lui, il a beau dire, même si ça a jamais duré, il en a eu des copines non ?... enfin, non, peut-être pas justement à l’écouter. J’en sais rien. Comme dit, on est vraiment pas doués tous les deux, alors le résultat ne peut être que pourri non ? Non, si je commence comme ça, j’ai pas fini et je vais me démoraliser toute seule. Surtout que ça se passe bien jusque là. Pas idéalement, pas parfaitement, mais ça nous ressemble. Je sais, je raconte n’importe quoi. Pourtant, ça me convient parfaitement et je me sens vraiment bien avec lui. Malgré tout ça donc.

« Oups… Je te ferais un jeu de pistes va. Avec des énigmes et tout… Et sinon les autres monteront une expédition pour te retrouver. »

J’esquisse un sourire en regardant autour de nous, avant de le perdre tout aussi rapidement. C’est difficile de se dire que cet endroit a été rempli de vie et de mômes, ça fait un peu mal aussi de s’en rappeler mine de rien. C’est plus facile d’oublier tout ce qu’on a perdu, tout ce qui a disparu. Pourtant, ces sombres pensées ne durent pas longtemps, disparaissant comme le reste quand il m‘embrasse. Et son sourire me réchauffe un peu plus. Suffisamment même pour que je l’embrasse à mon tour, sagement, dans le cou. Et mon propre sourire s’agrandit malgré moi en le sentant frissonner, même si je cligne des yeux en l’entendant.

« Ta copine… » Mon sourire se fane un peu, avant de revenir plus timidement. « C’est con, mais tu l’avais jamais dit et… C’est cool. » Je crois. Ça veut dire qu’il est à moi ?... et que je suis à lui, ouais, bon on va se focaliser sur le reste…   « T’as de la chance en tout cas, moi je tourne un peu en rond... Quand il fera beau, je m’occuperais avec le jardin, mais là… »

Non, je vais pas proposer de l’aider, je vais pas faire la nana reloue, présente H24. Et puis, j’y connais rien en plus. Déjà que de venir l’embêter maintenant me plait pas des masses. S’il s’est mis autant à l’écart, c’est pas pour rien, non ? Je hoche la tête.

« Va pas t’abimer les yeux, ce serait con… Et oui, ils sont tous en vadrouille je crois. Je surveillais le fort, mais bon, tout est fermé, et on est pas loin… On a encore un peu de temps avant l’histoire, c’est pas l’heure. Faudrait lui trouver d’autres bouquins d’ailleurs, sinon il va finir par attaquer les Tchoupi… » Je le regarde poser les ciseaux et souris un peu plus. « Et tant pis si on meurt tous de froid une année de plus ?... Je suis pas sûre que ça m’aille, en plus, je foutrais du sang partout, ce serait un peu dégueu. »

Je déglutis et me passe la langue sur les lèvres quand il passe sa main autour de moi, tout en essayant de pas me figer. Parce qu’il attend et surveille ma réaction, pas la peine d’être devin pour le voir. Je me suis pas crispée,  bon point pour moi, et je me suis presque pas figée… Ma main attrape la sienne et la pose sur ma taille, alors que je relève un peu les yeux vers lui avec un semblant de sourire. Voilà. Au moins, ça aura le mérite d’être clair non ? J’hésite un instant, sans trop savoir quoi faire de mes propres mains, et j’inspire profondément, laissant la première sur son avant-bras et posant l’autre sur son torse. Enfin, plus ou moins, je le touche pas vraiment, et je le regarde plus vraiment non plus. Je souris pourtant quand il reprend la parole.

« Je suis restée sage pendant que tu travaillais idiot. » Je le regarde et secoue la tête. « J’ai dit que je faisais plus d’escapades toute seule. Enfin, presque plus. Et surtout, plus de coloration toute seule, j’ai retenu la leçon… Mais tagger les murs, c’est une super idée, on devrait… »

Et paf. Raté. Je me fige alors que sa main effleure ma joue. Ce n’est qu’un frôlement. Et surtout, c’est Luke. Je le dévisage, sans parvenir à détacher mon regard, idiote que je suis. C’est même pas que j’ai peur ou quoi, c’est juste que j’ai pas l’habitude. Comme dit, je sais pas faire ça moi, cette douceur et cette tendresse, je sais pas quoi en faire non plus. Je devrais peut-être lui dire d’ailleurs, avant qu’il ne s’échappe de nouveau. Et peut-être pour de bon cette fois-ci.

« Je veux pas que tu arrêtes. Ça. Tes caresses. Ta douceur. Mais… j’aime bien. Plus que bien. Même si j’en ai pas l’air. Je sais pas gérer, c’est tout. J’ai jamais eu et… Faut juste que j’apprenne à faire avec… à faire pareil. Laisse-moi le temps. Si tu t’en vas, si t’évites à chaque fois, je pourrais pas et…» Je soupire, la mâchoire contractée, et je me hisse sur la pointe des pieds pour plaquer mes lèvres sur les siennes. Je l’embrasse doucement, timidement, avant de revenir à ma place initiale, les sourcils toujours un peu froncés. « Enfin, si t’en as pas envie, c’est pas pareil, je comprendrais. Je suis hyper reloue et… Bref. Je me disais qu’on pourrait peut-être… faire un truc tous les deux. Se balader ou écouter de la musique ou faire le tour de l’école pour… Enfin je… je sais pas. »

Je triture son pull sans trop m’en rendre compte, même si j’ai les yeux rivés sur mes mains et non plus sur lui. Super. Je suis trop douée, ça se confirme.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Mar 15 Mai - 11:16
Donc, au final, à quel point ça se fait pas d’être heureux quand je suis avec elle ? Je veux dire, c’est un peu la fin du monde, on sait même pas si demain on sera toujours en vie mais, quand je suis avec elle, j’arrive à oublier toute cette merde l’espace d’un instant. Et ça fait un bien fou en fait, quand bien même notre relation est super bizarre, quand bien même je suis à la fois saoulé de devoir nous cacher et ravi d’avoir un truc à protéger. J’essaie d’oublier cette petite voix qui me souffle parfois qu’on aurait pu être heureux tous les deux bien avant ou que, pire encore, c’est trop tard et qu’elle finira par m’envoyer bouler. Pour apprécier ces moments qu’on passe tous les deux. Ça marche presque bien.

Et j’arrive même à rire à sa répartie, même si je la fixe, vaguement sceptique. « Des énigmes ? Sérieusement ? Tu veux que je me perde pour de bon ? Et les autres se rendront compte de ma disparition au bout d’une semaine. J’aurais eu le temps de manger mes mains entre deux. » Tu parles, on est déjà tous en flippe quand l’un de nous manque à l’appel plus de deux heures. Sauf pour Sid’ mais… c’est différent. Et puis, elle sourit encore, alors ce genre de pensée s’échappe pour laisser place à cette impression que, pour une fois, on est tous les deux à notre place. C’est peut-être pour ça que je lâche qu’elle est ma copine sans le vouloir vraiment. On va pas se mentir, quand je vois son sourire se faner, j’ai le cœur qui se serrer. Et merde, je suis allé trop loin ? C’est ça ?

Je peux pas m’empêcher de soupirer de soulagement au reste de ses propos. « … cool. C’est cool. Okay. Je… cool. » J’ai une grimace devant mon manque flagrant de répartie avant de hausser les épaules. « Ouais je peux comprendre. Rappelle-toi avant que je trouve cette occupation, j’avais rien à faire, c’était horrible. Surtout pour vous. En attendant, tu peux me filer un coup de main si t’as pas peur que je te coupe un bras. » Et mon sourire revient alors que j’ai un bref regard autour de moi. « J’aimerais autant ouais. Donc tous en vadrouille hein… je me demande ce qu’ils vont rapporter. Sinon, Tchoupi c’est bien, j’aurais l’impression d’être intelligent comme ça. Et s’il mime doudou, on va se marrer. » Je fixe les ciseaux, la mine sceptique avant de reprendre, comme si de rien était. « Oh, j’ai un super plan. On se planquera dans un duvet une place tous les deux et on laissera les autres mourir de froid. Pas mal non ? Et pour la robe de métal, je comptais quand même la polir un peu pour pas te vider de ton sang voyons, je suis pas un monstre. »

Tout en parlant, j’essaie de la jouer cool et de me comporter… bah comme un petit copain ? Dur hein, je sais. Pour elle comme pour moi en vérité. Mais je veux pas trop la brusquer non plus, quand bien même j’ai des pensées de moins en moins sages la concernant. J’inspire quand elle pose ma main sur sa taille et je lui souris doucement, la suivant des yeux un instant quand elle se rapproche de moi au final, qu’elle me touche. Un peu. C’est pas non plus la folie hein, on va pas se mentir. Mais c’est déjà un gros pas en avant. Alors du coup, je continue, d’un ton léger, comme si on était pas mal à l’aise tous les deux. Surtout elle au final. « Oh, j’avais pas compris. Je dois donc te remercier de ne pas m’avoir distrait pendant que je découpais des morceaux de tôle c’est ça ? » J’ai un clin d’œil et je souffle, à mi-voix. « Merci donc. » Avant de secouer la tête. « J’aurais pas dû dire ça hein… tu vas nous refaire tous les murs c’est ça ? Et de quelle coul… » J’arrête brusquement de parler quand elle se fige, laisse retomber ma main en baissant les yeux.

Et merde, pourquoi j’ai fait ça moi ? Le pire, c’est ce petit moment de silence en fait. Je sais pas si j’ai envie qu’il dure ou qu’elle reprenne la parole. Parce que, si ça se trouve, elle va me dire stop pour de bon cette fois. Et j’ai pas envie. Ça me fait tellement flipper que je sens mes mâchoires se contracter en attendant qu’elle se décide. Sauf que je m’attendais pas vraiment à ça. Je relève la tête, sourcils froncés avant de soupirer de soulagement. Et j’ai pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle m’embrasse d’elle-même sur la bouche. Le truc assez rare pour être signalé quand même. Du coup, je peux pas m’empêcher de souffler, avec un rire. « … et merde Kenny. Je flippe à mort à chaque fois que je te touche parce que j’ai peur que tu m’envoies chier pour de bon, que tu me dises que t’en as pas envie, que… t’aimes pas ça. Et en fait si ? C’est bien ce que t’es en train de me dire ? Je… j’ose pas… alors que j’en crève d’envie. » J’inspire longuement, laissant filer un silence au reste de ses propos. « … t’es pas reloue. C’est… je sais que c’est compliqué pour toi. Mais si tu me dis qu’il te faut juste du temps, que je dois essayer quand même c’est… pas pareil. Si t’en as envie je vais… arrêter de m’en aller donc. Et tenter ma chance du coup. C’est bien ce que tu veux ? »

J’attrape son menton pour le relever et qu’elle me regarde, guettant sa réaction. Avant de souffler, d’une voix à peine plus haute qu’un murmure. « J’aimerais bien qu’on fasse un truc tous les deux ouais. Ce serait sympa. Mais… y a un truc que je meurs d’envie de faire depuis des mois… Je…» Et ma main glisse sur sa nuque alors que je l’embrasse. Pour de vrai cette fois. Enfin… pas comme les petits bisous qu’on a pu échanger, même s’ils étaient tout aussi vrais hein. Sauf que cette fois, je réfléchis pas trop et ma langue franchit ses lèvres entrouvertes alors que je la rapproche un peu plus de moi, avec hésitation. Bon, à quel moment elle va me repousser là ? Je me rends pas compte.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Mer 23 Mai - 22:18
Je le dévisage, un sourire aux lèvres, me demandant si j’ai le droit. Droit de profiter de lui comme ça, de son rire, de ce mélange de sentiments et de trucs confus et compliqués que je ressens quand il est là. Avec ce qu’il se passe autour, ce que j’ai pu faire et tout le reste. Je suis pas censée pouvoir être heureuse hein ? Et oui, dans les trucs confus, il reste cette colère et cette rancœur que je ressens, contre lui, contre moi, et dont je n’arrive pas vraiment à me débarrasser. Et pourtant…

« Oh, je ferais des choses faciles pour que ton petit cerveau trouve la réponse va, ce serait dommage de te perdre alors que tu nous construis une éolienne. »

Je lui fais un clin d’œil avant de secouer la tête. Comme s’ils allaient attendre plus de quelques heures, même pour lui. Ils sont peut-être hyper relous pour les filles, mais c’est pas vraiment mieux quand ce sont les mecs qui sont pas là. Et puis, on sait bien que ce sont des bêtises, il plaisanterait pas comme ça sinon. Et j’aurais pas cette hésitation en l’entendant, pour un simple mot. Mais, c’est cool pourtant, non ? Mon premier p’tit copain. Malgré tout ce qui s’est passé, ça me paraît tellement normal que ce soit Luke. Comme si… Hum. Bref. Je grimace un sourire en l’entendant, avant de le fixer.

« T’étais insupportable, pire qu’un gosse. Moi, je suis moins chiante… Mais t’es sûr que… Non, laisse tomber, je trouverais à m’occuper, je vais pas t’emmerder alors que tu t’amuses, si on peut dire. » Je secoue la tête, un léger sourire toujours aux lèvres. « Je suis pas sûre qu’ils trouvent grand-chose, mais sait-on jamais… On aura peut-être autre chose que des haricots ou des petits pois en conserves. Et j’avoue que le voir mimer Doudou peut valoir le détour. Ce serait presque à tenter du coup. » Je plisse les yeux. « Ce serait pas très gentil. On perdrait notre conteur dans l’histoire en plus… et les autres donc, ce serait horrible. Et tu es trop attentionné ! Si tu la polis, ça change tout, ce sera hyper confortable et seyant donc. »

Je sais à quel point il fait des efforts, enfin, je crois. Il faut bien que j’en fasse aussi non ? Et c’est même pas vraiment des efforts, c’est juste arrêter de m’imaginer le pire et de faire des associations à la con, sauf que pour ça, il faut que j’arrive à convaincre mon peu de neurones encore en état que ça n’a rien à voir avec le reste. C’est Luke. Et que les images qui me viennent, ces flashs qui me serrent le cœur et me rendent malade encore maintenant, ce n’est pas lui. Et ça le sera jamais. Il n’y a qu’à voir son sourire, juste parce que j’ai posé sa main sur ma hanche. Alors forcément, je lui souris en retour.

« Oui, un merci serait le bienvenu ! »

Je hoche la tête quand il le fait, avant de plisser le nez en souriant un peu. Avoue que ce serait une bonne idée de repeindre et de mettre de la couleur ! Et puis, ça m’occuperait. Sauf que bon, il faut pas déconner. Une main, ça va, deux, je bloque. Je m’épate moi-même de mon peu de cohérence et de mes réactions totalement idiotes et improbables. Bon, pas tant improbables, mais voilà. Et à peine sa main descend-elle que je m’en veux, sans parler qu’il n’ose même plus me regarder. Fait chier. Idiote.
Alors, encore une fois, ou pour la première fois, j’essaie de lui expliquer. Sauf que quand c’est pas vraiment clair pour toi, ça peut pas l’être pour les autres. Mais si je le fais pas, il va faire marche arrière. Il va partir. Il va en avoir marre. Et je pourrais pas. Donc je tente tant bien que mal de mettre des mots sur ce que je ressens, sur ce que je veux, sur ce que j’aimerais. Sans être sûre que ça marche. Mais il a l’air de comprendre, un peu. Et comme on dit, un geste vaut mieux que des mots. Et même si on dit pas ça, c’est pas grave, ça marche quand même. Je me fige un peu quand il rit, mes sourcils se fronçant, avant de soupirer de soulagement à mon tour. Il se moque pas. Okay.
J’écarquille les yeux en l’entendant. Faut pas trop m’en demander hein, déjà que je pige pas ce que je veux moi, alors me demander de le comprendre lui, ce serait trop. Du coup là… il en a envie ? Il a vraiment peur que je l’envoie chier pour de bon ? C’est pour ça qu’il est si hésitant et qu’il fait rien ? Je sais, une fois dit, ça semble logique. Je sais, j’ai dit qu’il faisait des efforts, sauf que… ouais, non, j’avais pas fait le lien. Et même là, j’ai un peu de mal à comprendre. Je hoche lentement la tête, des larmes me montant aux yeux sans que je pige trop pourquoi. Il va plus s’en aller.

« Oui. Du temps. Si c’est pas trop dur pour toi et j’ai envie d’essayer, j’ai envie de… plus, je crois. C’est pas que j’aime pas, c’est… c’est compliqué oui, mais… avec toi. Tu… toi, c’est pas pareil. Je sais pas combien de temps ça peut prendre, je sais pas si… J’aimerais bien que tu tentes et que t’arrêtes de t’en aller oui. Même si je sais que c’est pas évident pour toi. »

J’inspire, me figeant de nouveau malgré moi quand il me saisit le menton, mais je ne bouge pas pour autant. Je fronce de nouveau une seconde les sourcils, avant que mon cœur ne s’arrête. Si, je te jure. Je ferme les yeux alors que ses lèvres touchent les miennes et mes mains vont s’accrocher à son pull. Et mon cœur reprend sa course, trop rapidement, beaucoup trop rapidement. Non, ce n’est pas mon premier vrai baiser. Mais… si, c’est mon premier vrai baiser. Que je lui rends avec maladresse, ma langue cherchant la sienne avec hésitation. Peu importe ce qu’on a pu me dire, c’est Luke, pas eux, ça change tout. Le reste s’efface et je me tends vers lui et cette tendresse qu’il m’offre, mes mains allant effleurer les courbes de sa mâchoire.
Ça se peut de mourir d’une crise cardiaque à 21 ans à cause d’un baiser ou pas?

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Ven 25 Mai - 11:20
Je la trouve tellement jolie. Je veux dire, je sais bien qu’elle est pas parfaite, qu’on a tous un peu morflé avec la fin du monde, mais quand je la regarde, je me sens le mec le plus chanceux du monde. Mon cœur fait boum à chaque fois qu’elle me sourit, à chaque moment qu’on passe tous les deux. Et je pensais pas que ça pourrait arriver un jour. Encore moins avec tout ce qui nous est tombé sur la gueule, encore moins avec elle. Parce que je m’en sentais pas le droit en vrai. Sauf que visiblement, je peux. Et que ça a l’air de la rendre heureuse. Ou, en tout cas, ça a pas l’air de la rendre malheureuse. C’est déjà bien non ? Même si je sais que c’est loin d’être parfait et qu’il y a toujours un tas de non-dits entre nous. Mais on évolue, à notre rythme. Je crois.

Je peux quand même pas m’empêcher de rire à sa répartie, le regard pétillant, avant de lever un index vers elle. « Je fabrique pas, je répare. De A à Z, ça risquerait de me prendre à peu près un milliard d’années et quatre jours. Du coup, c’est mieux d’avoir une base. Et trop aimable de penser à mon petit cerveau, je saurais m’en rappeler. » Je lui rends son clin d’œil, essayant de ne pas trop sourire comme un idiot comme à chaque fois qu’on est tous les deux. Et elle prend pas mal le fait que je parle d’elle comme ma copine. C’est… cool. Vraiment. J’arque quand même un sourcil au reste de ses propos avant de grimacer. « Ouais bon… okay. Difficile d’être plus chiant que moi, mais c’est pas ma faute ! J’ai même un certificat médical attestant de mon hyperactivité chronique. Donc faut avoir pitié de moi et me soigner… un truc du genre. Et si je propose, c’est que tu peux vraiment m’aider sans m’emmerder accessoirement. » J’ai un soupir quand elle parle de bouffe, avant de sourire. « Je commence à plus supporter les petits pois. Un truc de dingues. Comme si le monde entier avait décidé de piquer TOUTES les boites de conserve sauf celles-là. C’est moche. Et donc, on ramène un bouquin de Tchoupi ce soir ? »

Et on continue de raconter des conneries. C’est tellement naturel avec elle de discuter de tout et de rien, que j’en oublie parfois qu’il y a des trucs qui la bloquent. Alors, forcément, quand j’ai ma deuxième main qui fait la connerie d’aller se poser sur elle, y a tout qui revient direct. Et j’avoue que, même si je m’y attendais, y a une part de moi que ça blesse profondément. Parce que même avec moi, ça change rien en fait. Sauf que je pensais le contraire. Du coup, je me sens un peu con, on va pas se mentir. Sauf que ce qu’elle dit change un peu tout. Elle a vraiment l’air de vouloir de moi en fait. Et forcément, j’ai les nerfs qui lâchent un peu, du coup je sais pas si je suis super clair. Enfin, remarquez, ce serait pas pire que d’habitude quoi. Je déglutis en la voyant les larmes, aux yeux, brusquement désemparé. « Non, pleure pas… steuplé. Je… je partirais pas. Et je sais que c’est compliqué mais je m’en fous… enfin, que ça prenne une semaine ou six mois, c’est pas grave. Tant qu’on est tous les deux. Et que… je peux essayer. J’ai juste peur que ça te plaise pas, que ça te crispe encore plus et que tu finisses par me dire stop pour de bon… je te jure Kenny, ça me fait flipper à mort. Je veux pas te perdre. »

Du coup, tant qu’à faire et à parler d’essayer… je tente un truc. J’avoue, je suis persuadé qu’elle va se figer, me repousser, me frapper ou je sais pas quoi. Mais non. Pas du tout même. Et quand je sens qu’elle me rend mon baiser, j’arrive pas à me contrôler autant que je le voudrais alors que mon bras enlace vraiment sa taille pour la ramener contre moi, que mon autre main glisse sur sa nuque pour se perdre dans ses cheveux. Pendant qu’on continue de s’embrasser. Je me fais moins hésitant, moins timide et la seule chose qui me fait arrêter en vrai c’est que… je réagis un peu trop. Je suis peut-être même un peu trop content de la façon dont ça se passe et vu que je l’ai ramenée contre moi elle doit s’en rendre compte. Du coup, je souffle, piquant du nez et à peu près autant gêné que si un des frangins m’avait surpris à poil en train de faire des trucs pas catholiques. « …. Merde. Pardon. Je… ça fait tellement longtemps que j’avais envie de t’embrasser comme ça… de te toucher comme ça que… bref… désolé. Je veux pas que ça te bloque ou quoi hein. » C’est possible d’être à la fois aussi bien et aussi mal à l’aise ? Je me rends pas compte. Le pire ? C’est que j’arrive pas à la relâcher. Donc, si elle s’en était pas rendue compte, autant dire que là, c’est mort. Chuis pas sortable sérieux.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Mar 29 Mai - 22:16
Je le fixe et mes sourcils se lèvent un peu alors que j’esquisse de nouveau un sourire. Et j’ai même pas à me forcer. Non pas que je me force d’habitude, mais… si peut-être un peu, parfois, avec les autres parfois, pour les booster et les faire sourire à leur tour, pour essayer de mettre un peu de gaieté et de vie avant qu’on ne devienne des pantins ou uniquement des survivalistes. Un truc du genre. Mais avec lui, j’ai juste l’impression de revenir 10 ans en arrière, quand on plaisantait sur tout et n’importe quoi, et que surtout, tous les deux, on parlait de tout et n’importe quoi. Même si j’étais une gamine idiote. Ce que je ne suis plus. Enfin, plus trop. Et qu’il me voit plus comme ça surtout, parce que là, quand il me regarde, j’ai juste l’impression de… d’être unique. Importante. Et ça me réchauffe le cœur bien plus que je n’aurais pu l’imaginer.

« C’est mieux, mais n’empêche que tu sais faire. Et je suis sûre que ça te prendrait pas siiii longtemps… » Ou sans doute que si en vrai, mais on a la base comme il dit, donc tout va bien. Presque trop bien à dire vrai, mais pour le coup, je vais pas m’en plaindre. Je tique même pas, ou pas trop, sur le terme, même si ça me donne l’impression de rendre les trucs plus… réels, plus sérieux. Je sais pas si c’est bien ou pas. Mais quelle importance ? Ce n’est qu’un mot non ? Je le fixe, carrément sceptique, et je secoue la tête. « Avoir pitié ? Je crois pas non. C’est toi qui devrait avoir pitié de nous et nous remercier pour notre infinie patience. Un truc du genre… » Je fais la moue et acquiesce lentement. « Si je peux aider pour de vrai, sans t’emmerder, alors ce sera avec plaisir. Et j’essayerais de pas me faire couper le bras donc. » Je souris à mon tour. « La dernière fois on a eu des haricots verts et t’as râlé parce que ça cale moins. Donc te plains pas, que ce soit petits pois, salsifis ou maïs, c’est de la bouffe, c’est tout ce qui compte. Et oui… J’ai vu Tchoupi à la mer, Tchoupi fait du poney, mais je vote pour le Tchoupi est amoureux. Je lui donnerais en désignant Axel de la tête, ça se passera bien. »

Enfin, c’est plutôt lui qui lui donnera, histoire qu’elle sache pas qu’il a vendu la mèche, tout ça, mais de les troller un peu. Non, c’est pas hyper sympa, mais ce serait rigolo. Ou pas ouais. Mais ça reste amusant de l’envisager et d’en discuter avec lui, comme de parler du reste, de trucs sans queue ni tête, et sans aucun rapport. Sauf que, encore une fois, je gâche un peu tout. Parce qu’il se comporte normalement l’espace d’une seconde, oubliant qu’il a à faire à moi et mes stupides limites et phobies. Et je vois bien que ça le bloque à son tour et qu’il est déçu. Il fait des efforts, il est plus que super patient avec moi, alors que de mon côté, j’ai l’impression de stagner et de lui donner des raisons supplémentaires pour arrêter les frais maintenant.  Sauf que je veux pas. Et il a l’air de comprendre ce que j’ai moi-même du mal à piger. Et je sais pas trop si c’est le fait d’essayer de lui faire comprendre, de comprendre de mon côté que j’aimerais vraiment que ça marche, ou encore le fait qu’il se montre, encore une fois, super compréhensif, voire soulagé, mais je me retrouve à avoir les larmes aux yeux. Paie ta crédibilité et ta dureté. Heureusement que personne d’autre ne me voit, je perdrais mon image de chieuse irascible de l’année à la seconde.
Je secoue la tête en esquissant un sourire, avant de le dévisager, les yeux de nouveau un peu trop grands.

« A ce point ? Pourquoi tu me perdrais ? » Je souffle un rire à mon tour, plus nerveux qu’autre chose. « Je comprends toujours pas comment tu peux t’en foutre et être aussi gentil et patient, mais… on essaie. D’accord ? Et si vraiment, ça va pas, je te le dirais, je vais pas dire stop comme ça pour de bon, je suis pas aussi conne… Tu crois que si ?… Et si toi t’en as marre, tu me le diras okay ?
Et non, je vais pas pleurer, jsuis pas une gonzesse moi.  »


Je lui tire la langue, chassant les dernières larmes qui auraient pu menacer de couler, avant de… devinez quoi ? Ouais, de me figer. Genre un peu. Sauf que ça dure pas pour le coup et que je lui rends même son baiser. Et pas pour lui faire plaisir ou quoi, mais parce que j’en ai envie, pour de vrai. Même si je me sens idiote et maladroite, ça a pas l’air de le gêner étant donné qu’il me rapproche de lui, ses mains se faisant un peu plus possessives. Mes propres mains finissent par agripper son pull alors que je suis tendue vers lui, continuant de profiter de ce baiser. Je cligne des yeux quand il arrête, sans savoir comment réagir. Je crois que je suis toute rouge, je sais que mon cœur bat la chamade et que c’était… vachement agréable. Et là paf. J’inspire profondément alors qu’il pique du nez, avant de déglutir en détournant les yeux. C’est pas grave. C’est Luke. Oui, voilà, en le répétant, ça ira mieux, t’as pas à flipper ou à réagir n’importe comment. Tout va bien, c’est Luke. « Tu me touches presque pas pourtant. » Une réaction terre à terre, c’est pas mal. Mais il me relâche pas. Je peux pas m’éloigner, il le prendrait mal hein ? Mais mon cœur ne se calme pas, alors je finis par le faire. Juste un peu, pas entièrement. Je pose ma tête contre son épaule et soupire doucement. « Pardon. » Je relève le visage vers lui, une de mes mains allant frôler sa joue, puis ses lèvres, les effleurant à peine. « Ca va. Et je… » J’inspire de nouveau, avant de reculer un peu, sans enlever mes mains de ses épaules. Je hausse les miennes, avec une moue de gamine boudeuse contente pas contente. « J’aime bien ça…  » Plus que bien même à en croire mon cœur. Je pose mes lèvres contre les siennes, sagement, juste quelques secondes. Et mes mains tremblantes montent le long de son cou alors que je vais à mon tour chercher sa langue. Sans me plaquer contre lui. Faut pas trop m’en demander.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Sam 2 Juin - 16:07
Et voilà, quand je le disais que ça faisait boum à chaque fois qu’elle me sourit. Ca rate jamais. Autant dire que je me sens particulièrement niais mais tant qu’elle se foute pas de moi, c’est que ça va non ? Et puis, on passe de sacrés bons moments. J’avoue que j’aimerais bien faire plus, imaginer comment on pourrait être tous les deux dans quelques mois ou quelques années, mais c’est pas vraiment possible. Alors, profiter du moment présent, me dire qu’elle est celle qui compte le plus, c’est déjà bien. On prendra les choses comme elles viennent. Et puis, je suis pas sûr qu’elle prendrait très bien le fait que je pense à ce genre de trucs. En fait, quand j’y pense, je suis pas sûr que j’ai envie de me pencher sur la question. Parce que j’ai jamais été du genre à penser à l’avenir quand tout allait bien alors ce serait complètement idiot de s’y mettre maintenant.

Je secoue la tête pour chasser cette pensée avant d’esquisser un sourire au reste de ses propos. « Ouais, mais c’est jamais la même de passer de la théorie à la pratique. Mais je suis content, ça avance plutôt bien. Et je tenterais le coup, pour qu’on en ait une de secours. J’aurais moins la pression si je me foire comme ça. Mais va falloir trouver plein de matos, ça va prendre du temps. »  Au reste de ses propos, je lui jette un regard avant de secouer la tête. « Ah non hein, c’est moi l’handicapé, donc ne retourne pas la situation. Et pour ce qui est de votre infinie patience, laisse-moi rire... » Je laisse filer un silence avant de me faire un brin plus sérieux. « Si je pensais pas que tu pouvais aider, j’aurais pas proposé. Mais y a des trucs simples que tu peux faire, qui me feraient gagner du temps et qui peuvent vraiment être utiles. Donc c’est cool. J’ai pas demandé avant vu que tout le monde me regarde avec des yeux ronds quand je commence à parler de l’éolienne. » Et, quand on parle de bouffe, je laisse filer un grognement faussement agacé. « Ca cale moins. Mais j’ai le droit de trouver ça dégueu non ? Ou tu va me priver de dessert ? Si c’est ça, je te file ma part de barres de céréales moisies avec plaisir. En tout cas, je valide le Tchoupi est amoureux… et la blague qui va avec. Tu sais si elle a… tenté un truc ? » Je lui ai pas encore dit notre espèce de défi, pari ou je sais pas quoi. Pas dit qu’elle apprécie. Mais bon elle sait qu’Axel craque pour Drew, c’est déjà pas mal. Ou pas, d’accord.

Bon, j’oublie un peu le reste quand on s’embrasse. Et elle bloque, parce que… je sais pas pourquoi en vrai. Parce qu’elle aime pas ça ? Parce que ça va trop vite ? Je vous jure, j’essaie de faire doucement, de pas la brusquer ni rien. Mais je reste un mec et j’ai … ouais j’ai envie de ma copine. Copine qui n’est pas du tout branché sexe donc. En temps normal, j’aurais lâché l’affaire mais c’est Kenny. La seule qui ait jamais compté. Et je me rends compte à mesure que le temps passe. Alors j’essaie de faire avec. Même si, dans des moments comme celui-là, c’est difficile. Encore plus quand je la vois les larmes aux yeux. Mais elle a l’air de se calmer. Je crois. « Pourquoi ? Parce que t’as pas envie de tout ça, que t’as pas envie de moi, que… tu vois ? » Je fronce les sourcils, un peu paumé et j’ajoute, à mi-voix. « Parce que t’es la seule qui compte. Et je suis bien avec toi. »

Je tousse un rire quand elle dit qu’elle est pas une gonzesse. Avant de faire la connerie de lui rouler une pelle. Si elle se fige au début, on dirait qu’elle a l’air d’apprécier. Je crois. Sauf que moi, j’apprécie un peu trop. Et je peux pas vraiment lui cacher. Je me sens tellement gêné que je me demande si ça se fait de se tirer en courant. Je déglutis à sa réponse avant de murmurer, toujours aussi mal à l’aise. « Ouais mais je te touchais pas du tout avant. Et c’est… excitant. Donc. Désolé. » Elle finit par s’éloigner un peu et je fronce les sourcils, essayant de pas montrer que ça me plait pas. J’inspire longuement avant de suivre ses doigts, cillant à ses propos. « T’aimes bien ? Vraiment ? Et t’es sure que... » J’ai pas le temps d’ajouter quoi que ce soit qu’elle m’embrasse de nouveau. Si c’est comme d’habitude au début, mignon et tout, je me tends quand je sens sa langue chercher la mienne. Si elle se colle pas à moi, moi je peux pas m’empêcher de la ramener vers moi avec un frisson, ma main glissant dans ses cheveux alors que je lui rends son baiser. Je me rends compte que je suis sur le point de glisser ma main sous son t-shirt et je la relâche à ce moment-là en soufflant un « pardon… j’aurais pas dû… tu… va me falloir deux minutes là. » Et je me recule d’un pas, essayant de reprendre un semblant de contenance. Ce qui, vu ma tête et la façon dont je la regarde est franchement pas crédible.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Ven 8 Juin - 21:48
Le cœur qui bat un peu vite, c’est sans doute normal, quand on est en couple, avec quelqu’un qui nous plaît et qu’on apprécie, pas vrai ? Vous savez, les papillons dans le ventre et cette sensation idiote que tout est à sa place et que tout ira bien. Bon, tout ça, avant qu’il ne se conduise comme un con il y a 5 ans, je le ressentais déjà quand il était là… Mais on va pas lui dire. Ni que je le ressentais à l’époque, ni que je le ressens maintenant. Parce qu’il s’en voudrait peut-être, parce qu’il me trouverait idiote sans doute, parce que j’ai déjà du mal à l’accepter moi à l’instant T…
Pourtant, je souris, je lui souris et oublie un peu le monde qui nous entoure.

« On trouvera le matos t’en fais pas, mais… une éolienne de secours ? C’est grand pour être un truc que tu ranges en cas que… Ou tu parles du moteur juste ? Enfin, on a la place de toute façon. » Et le temps donc pour tester et retenter le cas échéant. Je hoche la tête. « Ah si, on a été super patient, même moi, j’ai été super patiente, on t’a même refilé des trucs pour t’occuper. Et je te laisse le rôle de l’handicapé. » J’ai un petit sourire. «Des trucs simples et utiles, c’est dans mes cordes. J’aimerais bien même, ça me changera un peu… Et… Je t’ai pas regardé comme ça moi. Je sais que t’es loin d’être bête hein… »  Non, c’est pas si important qu’il s’en rende compte, mais… un peu. J’en sais rien. Mon sourire s’agrandit un peu en l’entendant râler pour la forme. « Elles sont pas moisies, juste un peu… desséchées et… oui, bon… Et non, je mange assez, merci. »  Ou pas, mais c’est pas la question. Je secoue la tête et hausse une épaule. « J’en sais rien. Elle a dit qu’elle tenterait ? Je lui en ai pas vraiment parlé, sinon elle aurait su que tu me l’avais dit, et elle aurait demandé pourquoi et comment et… j’ai préféré évité. Mais on fera ça donc, ça fera peut-être avancer le truc pour eux… » Enfin, si Drew en a envie… Ce que je ne parierais pas, mais en même temps, vu le peu de copines qu’il a eu lui, de plans cul pour reprendre la définition de… mon petit copain, je sais pas trop comment ça va se passer… Tu me diras, si on se réfère à moi… Ouais, non, je suis définitivement pas un bon exemple.

Pour preuve, j’arrive à me mettre des limites toute seule comme une grande. Je sais très bien pourquoi, mais ça ne change rien. Ça devrait être différent pourtant, c’est Luke. Enfin, c’est différent, même s’il s’en rend pas compte, mais c’est bien parce que c’est lui que j’arrive à lui parler autant, à lui expliquer autant… et à l’embrasser de moi-même tout court d’ailleurs, même si c’est encore rare. Et y a qu’avec lui que je me sois jamais senti aussi bien, avec qui j’ai jamais eu besoin de faire semblant, avec qui je… Je le fixe, toujours avec la tête d’un hibou surpris par les phares d’une voiture, et je fronce les sourcils. Avant de ciller un peu, mon cœur tambourinant de plus belle. Oui, il a déjà dit que les autres avaient pas comptées. Mais c’est pas pareil. Je secoue doucement la tête, reprenant sur le même ton que lui de peur de briser de nouveau quelque chose.

«La première fois que j’ai trouvé un garçon mignon et que j’ai eu envie de l’embrasser, j’avais 11 ans. Et c’était déjà toi. Ça a pas changé… Alors non, je suis pas à l’aise avec tout ça. J’ai pas… j’ai pas eu de vraiment bonnes expériences, ce serait même plutôt le contraire, et j’avoue que ça me manque pas et que ça me fait même plutôt peur, mais ça tu le sais déjà, mais ça n’a rien à voir avec toi, au contraire, avec toi, je… tu me plais, je veux dire, je… je suis bien aussi avec toi… Et je… parce que tu… tu comptes aussi. Et je… j’ai envie de toi, sauf que… sauf que j’y arrive pas. Je suis désolée. Je fais ce que je peux. »  

Je crois que  j’ai un peu accéléré le débit, et que je suis passée par tous les tons et toutes les têtes possibles, du doute à l’inquiétude, en passant par la peur, le fronçage de sourcils, et l’exaspération… Super. Et je me sens pas mieux donc. Enfin si, j’en sais rien, c’est beaucoup trop compliqué. Mais s’il rit, c’est que ça va, pas vrai ? Surtout qu’il m’embrasse et que ça se passe moins mal que ce que j’aurais pensé… Évidemment que je suis gênée, presque autant que lui en fait je crois. Mais je pars pas en courant, c’est déjà ça. « On va dire que c’est parce que ça fait deux ans que t’as pas touché de filles… » Je devrais être contente ou pas qu’il me trouve excitante ? Parce que j’arrive pas à l’être, pas vraiment. Si je pars pas en courant, je m’éloigne quand même, comme si ça allait m’aider à faire le point ou à relativiser ou je sais pas quelle connerie. Mais pourtant, comme je lui dis, oui, j’aime bien. Beaucoup plus que je l’aurais pensé. J’ai les mains qui tremblent, le cœur qui semble vouloir s’échapper et des papillons dans le ventre, ça veut bien dire que j’aime non ? Et je me dis que je fais de la merde quand même, à dire un truc, à réagir d’une façon et à faire l’inverse après… Un gémissement de surprise m’échappe quand il me ramène contre lui, alors que mes mains montent automatiquement se mêler à ses cheveux.

Avant qu’il ne me relâche de nouveau un peu plus brusquement. Je déglutis et le dévisage. Okay. J’attrape sa main et l’emmène dans un coin de la pièce, là où il n’a pas encore tout recouvert de métal et autres trucs coupant, et je l’entraîne à terre avec moi. Je le fixe, me forçant à respirer lentement. Ça va aller. « J’en ai envie d’accord, donc aucune protestation. Et j’attends rien, je veux rien, et je sais que ce sera pas… long. »  Et sans lui laisser le temps de m’interroger ou quoi, je l’embrasse de nouveau, en le repoussant pour qu’il s’allonge. Luke, c’est Luke, juste pour lui, juste parce que c’est lui. Et ma main descend pour défaire les boutons de son jean et se faufiler en dessous. Ça va aller. Évidemment.

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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Lun 11 Juin - 16:14
Je sais pas si elle se rend compte à quel point elle est importante pour moi, à quel point j’ai l’impression que le monde pourrai s’écrouler quand on est tous les deux, je suis même pas sûr que je m’en rendrais compte. Je veux pas dire que les autres sont pas importants, au contraire même, ils sont tout ce qui nous reste. Sauf qu’elle… avec elle c’est différent. Elle me redonne le sentiment d’être en vie. D’être à ma place. Je sais que je l’ai blessée, je sais qu’il y a encore beaucoup de choses qui clochent mais j’ai envie d’arranger les choses, d’être là, de veiller sur elle. Et ça me file le tournis de penser à tout ça en vrai. Alors, je me contente de lui rendre son sourire avant de hocher la tête. « Ouais juste le moteur pour commencer. Et je me suis dit que ça pourrait peut-être intéresser d’autres groupes, qu’on pourrait le troquer contre des trucs qu’on saurait pas faire nous. » J’ai un rire quand elle continue avant de lever les yeux au ciel. « On dirait un sale gosse qui sait pas se tenir… je suis profondément vexé, je tiens à le dire. Et va pour le rôle de l’handicapé. Comme ça, si je foire, j’ai une excuse toute trouvée. » Mais non, je me mets pas du tout la pression, quelle idée. « Mais ouais y a des trucs qui pourraient me faire gagner du temps et tout. Donc ça m’arrange. Je t’embauche. Par contre, je te préviens, je paie une misère. » J’élude sur le fait que je sois loin d’être bête avant de hocher la tête. « T’es sûre que t’en veux pas ? C’est plein de … euh… calories ? Mouais, je suis même pas sûr en fait… Et… » Je me gratte la tête avec une grimace. « Elle m’a dit que oui. Plus ou moins. Disons qu’elle m’a demandé pourquoi je tentais rien avec toi et je l’ai renvoyé dans son camp en demandant pourquoi elle faisait pas pareil. »

J’espère qu’elle va pas me froncer les sourcils quand même, j’ai le droit de dire ça non ? Enfin, effectivement, on pourrait tenter d’aider. « Tu crois qu’elle lui plait ? » Difficile à dire avec lui, il garde tellement de choses enfouies que ça fait presque flipper à la longue. Bon, j’avoue que Drew et Axel passent un peu à la trappe quand on commence à s’embrasser. Ce qui est un bon point j’imagine. Même si ça me perturbe. Parce que je sens qu’elle est pas bien. Probablement parce que j’en fais trop, ou qu’elle a pas envie. Peut-être qu’elle se force pour me faire plaisir. Autant dire que ça, plus le temps passe, moins j’arrive à l’occulter. Sauf que cette fois, ça a l’air différent. Enfin, elle finit par se crisper hein, on va pas se leurrer, mais elle a l’air… d’apprécier. A défaut de vraiment aimer. Alors forcément, je suis paumé et pas qu’un peu. Je me demande si ça se voit autant qu’elle et, quand elle reprend la parole, j’ai l’impression que mon cœur s’est carrément arrêté. « … j’suis là moi. Pour que t’aies des bonnes expériences. Que ce soit un baiser, une balade, une soirée passée à écouter de la musique. » Et je déglutis avant de souffler, un peu incrédule. « … t’as vraiment envie ? Au-delà de la peur et tout ? Y a… je veux dire… y a genre une micro-possibilité qu’un jour on… enfin… tu vois ? Et c’est pas grave hein, si c’est non. C’est juste que… je pensais pas. Que tu pouvais avoir envie. »

Au final, ça aide pas à ce que je garde mon sang-froid. Entre ça et la façon dont on s’embrasse, forcément, j’ai du mal à me la jouer cool. Pourtant, je souffle, avec un froncement de sourcils. « Tu me trouves mignon depuis que t’as 11 ans alors ? Cool. » Bon, par contre, je sais plus où me mettre vu qu’il y en a qui se manifeste au pire moment. Je peux quand même pas m’empêcher de souffler, en secouant la tête. « C’est pas la première fois que je passe deux ans sans toucher une fille. Je me suis quand même jamais retrouvé dans un état pareil aussi… rapidement. » Et voilà qu’elle m’embrasse elle. Dire que ça me fait de l’effet est un doux euphémisme et je dois la repousser pour me calmer un peu. Avant de faire une connerie, de la bloquer, de lui faire peur, j’en sais foutrement rien. Et j’essaie de pas penser au gémissement qu’elle vient de lâcher, de pas imaginer des trucs.

Sauf que là, je pige pas quand elle me prend la main et qu’elle m’entraine dans un coin. Je fronce les sourcils alors qu’elle me fixe et je m’assois sagement par terre, passablement perplexe. « Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je… » J’écarquille les yeux quand elle m’embrasse et me pousse par terre, la ramenant contre moi par réflexe plus qu’autre chose. Et là, c’est le drame un peu.


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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Mer 13 Juin - 21:36
Juste lui et moi. Je pensais pas que ça pouvait être aussi bien, aussi… doux. Alors qu’on ne fait que raconter des conneries, rien d’autre. C’est fou quand même non ? Mais c’est génial oui.

« Faire du troc ? Ouais, on pourrait, c’est une bonne idée. Mais… ça nous mettrait pas un peu en danger ? Enfin toi en particulier si… Faudra faire gaffe à qui on en parle et… Mais oui, c’est une idée super cool si on peut avoir des trucs qu’il nous manque. » Genre, je suis prudente et réfléchie, la bonne blague. Je lui souris pourtant de nouveau en hochant la tête. « Exactement ! Le modèle type du sale gosse !… Et on s’en fout si tu foires, au moins, t’essaies. » Et j’acquiesce et grimace à ses propos suivants. « Genre des barres dégueux et des bisous ? Je préfère les seconds... » Je plisse un peu les yeux. « Je suis pas sûre non plus, et si c’est le cas, t’en as autant besoin que moi si ce n’est plus… ou on les refile au gamin. » Au moins, il pourra pas dire non. Et de nouveau, je le fixe un instant, sans rien dire de suite ce coup-ci. « Plus ou moins ? Tu lui as reparlé de ça ? Mais non, que je sache, rien n’a bougé... » Et je fronce un peu les sourcils alors que je réfléchis. « J’en sais trop rien. Axel est canon, je vois pas pourquoi elle lui plairait pas, mais… il a jamais trop eu de copines, ou c’est peut-être parce que j’étais là justement, il voulait pas… j’en sais rien du coup, de son genre de nanas… Je pourrais lui demander ! Ce sera pas la première fois que je lui pose des questions hyper indiscrètes…»

Enfin qui tombent comme un cheveu sur la soupe si quand même, parce qu’en général, y avait toujours un contexte… Quoique je pourrais faire ma malheureuse un peu perdue… Bref. c’est pas le plus important, pas dans l’immédiat, pas alors qu’on s’embrasse, pas alors que je suis perdue pour de vrai en fait. J’ai l’impression que plus ça va, moins je pige, moins j’y arrive. Pourtant je sais que c’est pas vrai, je sais que ça se passe plutôt bien au vu des circonstances et de notre passif. Mais je sais pas, j’ai toujours du mal à saisir et à me rendre compte, à accepter tout ça… tout ce qu’il m’offre. Comme là. Je le dévisage et un sourire apparaît sur mon visage. Il est tellement adorable.

« Oui, t’es là. Tu penses que ça finira par effacer le reste ? Ce qu’il s’est passé ? Des souvenirs avec toi, ce serait… vraiment chouette. » Mon sourire vacille un peu à cette pensée. J’ouvre la bouche, avant de la refermer. Je fronce un peu les sourcils. « Pas grave ? Tu… Tout ça… Tu l’acceptes alors que t’étais persuadé qu’il y aurait jamais rien de plus ? Pour de vrai ? Enfin, je sais que c’est un peu ce que j’ai dit, mais… Oui., il y a une possibilité que… Je sais pas quand ! Je suis même pas sûre que… Mais… je t’ai dit, avec toi, c’est différent et je me sens bien et j’ai jamais eu, alors… l’envie n’a rien à voir avec… j’allais dire l’envie, mais du coup, c’est n’importe quoi. C’est difficile à expliquer. »

Comment je pourrais lui expliquer, même à lui, surtout à lui ? Comment je pourrais avouer tout ça… Comment il pourrait comprendre que malgré tout ça, oui, il me plaît, plus qu’un peu, et qu’il m’arrive d’avoir envie de plus ? Comme là, avec le cœur qui tambourine si fort et les idées en vrac. Et je souffle un léger rire en secouant la tête. Il écoute rien en fait. Je l’ai déjà dit non ? Qu’il me plaisait déjà il y a 10 ans. Idiot. Et idiote donc. Je grimace un peu. « C’est pas pareil. Et va pas me faire croire que ça avait pas été rapide non plus et… Bref, j’ai pas envie de savoir ça. » Carrément pas même. D’autant que je sais déjà bien assez de trucs sur lui et ses innombrables conquêtes, et que c’est pas du tout le moment d’y penser. Surtout que je l’embrasse à mon tour, ce qui est compliqué pour moi, et pour lui visiblement du coup, vu qu’il finit par me repousser.
Mais cette fois-ci, je veux pas. Enfin, je veux dire, je lui ai dit qu’il fallait essayer, qu’il fallait tenter et avancer. Alors si je fais rien de mon côté, si je fais pas d’efforts… et puis… J’ai envie. De lui faire plaisir, de lui donner un peu. Je peux bien faire ça non ? Pour lui. Parce que jamais j’aurais cru pouvoir me sentir aussi bien avec quelqu’un, jamais j’aurais pensé avoir le droit à autant de douceur, de patience, de tendresse. Parce qu’avec lui…


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MessageSujet: Re: To be a rainbow in someone's cloud... | Kenny   Lun 18 Juin - 12:17
C’est cool de pouvoir lui parler de ce que j’ai en tête. Genre sur les éoliennes. Surtout qu’elle a pas l’air de trouver ça totalement débile donc je me dis que ça pourrait être une idée intéressante. Enfin, déjà, je dois m’occuper de finir la nôtre pour qu’on en profite un peu. « Disons qu’il faudra trouver comment faire ouais. Mais si ça peut nous apporter des trucs cools, ça mérite réflexion non ? L’argent a plus la moindre valeur, faut bien trouver autre chose qu’on sait faire et les autres non. Je me disais qu’on pourrait aussi trouver des plantes et faire des médocs maison. » J’ai un large sourire au reste de ses propos avant de la fixer un instant, faussement pensif. « Va pour les bisous donc. » Je me retiens tout juste de lui demander son tarif, songeant que ce serait probablement le truc le plus maladroit du monde ou pas loin avant de me faire songeur. « Les refiler à Peter serait une bonne idée ouais. Il arrêterait d’être transparent même si tu vaux pas beaucoup mieux toi non plus. » Je pose mon index sur son nez un instant avant de reprendre avec un sourire. « La grosse est peut-être canon mais elle ne m’a jamais attiré. Donc la question peut se poser ouais. Mais tu peux toujours lui demander, même si elle va finir par nous massacrer à force. »

Bon j’avoue qu’Axel ou Drew passent totalement à la trappe alors qu’on s’embrasse. Même si ça se passe pas exactement comme je voudrais. J’essaie pourtant de lui expliquer ce que je pense, ce que je veux et j’ai l’impression qu’elle percute. A ses paroles, j’ai une grimace et je secoue la tête. « Non. Ce que t’as vécu ça… enfin ça s’effacera jamais. Quoi qu’on fasse. Mais je me dis qu’on peut arriver à te remplir suffisamment la tête de trucs cools pour que t’aies pas à y penser et que ces trucs-là soient enfouis sous le reste. » Et j’inspire longuement à ses questions avant de reprendre, d’un ton plus assuré que je le suis en vérité. « Pas grave non. Je préfère t’avoir un petit peu toi que beaucoup de… pas toi ? Si un jour tu changes d’avis, je serais super content, je dis pas. Si je peux… enfin si tu peux être bien avec moi, si je peux arriver à te donner envie de plus, ce serait vraiment cool. Mais sinon tant pis, on fera avec ce qu’on a. Et si t’arrives à expliquer, ça me permettrait de comprendre un peu mieux non ? » Je sais, elle a pas l’air d’avoir spécialement envie mais on sait jamais.

Et le fait qu’elle m’embrasse me fait perdre un peu les pédales. J’essaie de me reprendre mais elle se rend bien compte de l’effet qu’elle a sur moi. Et, à ses propos, j’ai un sourire presque amusé. « Non, c’est pas pareil. C’était pas toi. » J’effleure sa joue avant de me retrouver comme un idiot par terre, sur un des matelas qu’on a installé là. Je mets du temps à piger ce qu’elle veut et j’avoue que je dois la regarder un peu comme un poisson mort.


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