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 The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]

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MessageSujet: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Jeu 26 Avr - 12:28
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [15 Janvier 2017] Il souriait, de ce petit sourire qu’il avait uniquement quand il croyait que Will ne pouvait pas le voir. Fin, discret, mais bien réel et porteur de cette douceur, de cet amour qui avait le pouvoir étrange de faire se contracter le ventre de l’ingénieur. Les longs doigts de Will se soulevèrent pour approcher de son visage. Il voulait toucher ce sourire, le caresser du bout des doigts et le sentir. Mais il n’y arrivait pas. Ses doigts ne rencontraient que le vide et le sourire d’Elias s’estompa tout à coup, pour se transformer en une grimace inquiète, presque colérique. “Rentre à la maison.” souffla-t-il, désespéré. “Will, s’il te plaît, rentre.” Il aurait bien voulu. Il aurait vraiment donné n’importe quoi pour rentrer à la maison. Les yeux du jeune homme brillèrent davantage alors qu’ils s’emplissaient de larmes et qu’Elias disparaissait, son image devenant de moins en moins consistante jusqu’à n’être plus du tout là. “Elias…” Sa voix n’était qu’un murmure, brisée, essoufflée. Former des mots devenait de plus en plus compliqué. Ses doigts retombèrent dans le vide, frappant douloureusement une surface froide et dure et ce qu’il avait pris pour le matelas confortable de leur lit se transforma brusquement en un sol de pierre glacé qui ranima la douleur dans ses os. Un gémissement piteux s’échappa d’entre ses lèvres alors qu’il rouvrait les yeux, pour ne rencontrer que le vide, le noir profond qui occupait tout l’espace. Pas un son, pas une odeur, rien, même pas la silhouette inconsistante d’un objet ne parvenait à percer le trou noir dans lequel il se trouvait. Il aurait voulu hurler, mais le son de sa propre voix lui échappait. Il aurait voulu bouger, mais des vertiges le prenait chaque fois qu’il essayait de faire le moindre geste.

Depuis combien de temps était-il ici ? Impossible à dire. Le temps, comme le reste du monde, avait disparu dans le néant. Il ne savait même pas qui le retenait, pourquoi ou comment. Il se souvenait juste de ce qui s’était passé avant. De ce désir idiot qu’il avait eu de rentrer chez lui. Pas à Fort Hope, non, chez lui réellement, dans son loft idéalement installé au dernier étage d’un grand building aux abords de la Detroit River. Il ne savait plus pourquoi. Ça ne lui manquait pas, pas vraiment, mais il voulait quelque chose resté là-bas. Il se souvenait de la douleur à l’arrière de son crâne et du bruit sourd de son corps chutant sur le tapis poussiéreux dans son salon. Il se souvenait de la voix, mécanique et lointaine à cause du talkie, d’Elias. De ses derniers mots alors qu’il s’endormait dans leur lit. “Je t’aime aussi.” Il s’en souvenait et il s’y raccrochait comme si de savoir cela, de savoir qu’Elias l’aimait, pourrait le sauver d’une façon ou d’une autre. Mais plus le temps, incertain et irréel, passait et moins Will parvenait à conserver ce souvenir en parfait état. Il avait déjà un mal fou à accorder les images dans un ordre cohérent. Il se souvenait qu’il avait quitté Fort Hope pour rejoindre Azia et qu’elle était endormie dans la pièce d’à côté quand il avait entendu Elias lui dire qu’il l’aimait pour la dernière fois. Mais ça ne fonctionnait pas avec le reste. Avec Aiden qui lui disait ensuite de courir, vite, loin, sans regarder en arrière. Avec Azia allongée sur le sol dans une marre de sang et avec le bruit du tonnerre secouant violemment les murs alors qu’Elias lui arrachait son t-shirt et l’embrassait avec urgence. Rien de tout cela n’avait de sens.

***

[20 Janvier 2017] Will frissonna violemment. Il faisait froid, tellement froid. Pourtant, il portait encore un t-shirt fin et sale. Quelqu’un attrapa son bras, des doigts forts et brusques entourant son biceps pour attirer son attention. “Ecoute-moi ! Ecoute-moi, Will !” Il tourna la tête vers la voix étrangement familière et distante à la fois, et son cœur manqua un battement alors que ses yeux rencontraient d’autres iris d’un bleu glacé qui lui donna le tournis. “Tout va bien se passer, je te le promets. Je veux que tu cours, je veux que tu cours le plus vite possible et que tu te tires d’ici, tu m’entends ?” Il hocha la tête pour dire que oui, il l’entendait. Sa bouche était trop sèche pour qu’il puisse prononcer un mot. “Cours et ne te retourne pas. Je serais juste derrière toi.” Une boule s’était formée dans sa gorge, l’empêchant de dire quoi que ce soit, l’empêchant même de respirer. Alors, une fois de plus, il hocha simplement la tête bien qu’il ne bougeât pas d’un millimètre. Les yeux posés sur lui se firent plus durs, le bleu plus sombre. “Will…” Il parlait à voix basse, depuis le début, mais ce détail ne frappa Will que maintenant. Il parlait à voix basse comme s'il avait peur qu'on puisse l'entendre et il y avait cette urgence dans son ton, cette crainte désespérée. “Tout ira bien, fais-moi confiance et fais ce que je te dis.” Un nouveau hochement de tête. Son souffle lui échappa davantage alors que tout s’assombrissait encore. Mais le néant n’était pas de retour, non, ça n’était que des ombres qui s’abattaient sur lui alors que le militaire s’approchait, serrait son bras plus fort et que leurs visages se rencontraient. Le goût du sang dans sa bouche tira une violente nausée à l’ingénieur, mais il ne s’éloigna pas. Il y avait autre chose derrière, une saveur familière qu’il appréciait, qui le rassurait et à laquelle il s’accrocha de toutes ses forces. Et puis, quelque chose de salé et chaud. Ses mains s’agrippèrent au visage pressé contre lui, son souffle n’était plus qu’un souvenir se perdant dans celui de l’homme. “Vas-y, maintenant. Je te suis.” Et cette fois, il courut. Il courut vraiment, jusqu’à ce que ses jambes lui fassent mal, jusqu’à ce que ce que la brûlure dans sa cage thoracique ne devienne insupportable, jusqu’à ce que le paysage autour de lui ne devienne flou et qu’une chaleur liquide n’enflamme ses joues. Alors, Will s’arrêta de courir et il se retourna, quand bien même on lui avait dit de ne pas le faire. Les coups de feu résonnaient dans son crâne comme des feux d’artifice tirés directement dans son corps. La silhouette d’Aiden resta debout, à plusieurs mètres de là, encore quelques secondes avant qu’il ne soit violemment projeté en arrière et qu’il ne s’effondre au sol, son uniforme couvert de grosses tâches sombres. La boule dans la gorge de Will était encore lourde et pesante, ses poumons ne parvenaient toujours pas à s’emplir d’air et malgré tout, il hurla. Il hurla de toutes ses forces, comme il ne l’avait jamais fait de sa vie, en voyant le corps sans vie de son amant. Aiden était mort, il pouvait voir son cadavre et pourtant, le Major était juste là, derrière son épaule et sa voix, un simple murmure glacial, s’élevait au-dessus de ses cris. “Je t’avais dit de courir, je t’avais dit de ne pas t’arrêter.” Il se moquait, il le disputait. Il était méchant, hargneux et violent. “Regarde ce que tu as fait. Si tu m’avais écouté, on en serait pas là.” Alors, il regarda. Il se força à abandonner le cadavre du militaire pour regarder. Le paysage de campagne de plus en plus flou au travers de ses larmes se métamorphosa sous ses yeux, jusqu’à devenir cette petite pièce sombre dans laquelle on l’avait enfermé. Et de nouveau, il eut froid, mais il savait pourquoi maintenant : il était couché à même le sol, tombé de son lit à un moment ou à un autre. Il leva les mains pour essuyer les larmes sur ses joues, ses poignets mordus une fois de plus par les liens qui le retenaient et il se redressa pour s’asseoir au bord du lit.

Il eut tout juste le temps d’effacer les larmes et de retrouver son souffle que déjà, il entendit les pas devenus familiers dans le couloir derrière la porte désespérément close de sa cellule. Les battements de son cœur repartirent de plus belle. Un, deux. Trois. C’était la troisième fois qu’il les entendait. La troisième fois que l’homme entrait dans cette pièce pour le voir. Il avait compté. Il ne savait pas combien de temps s’était écoulé, combien de jours, de semaines peut-être, mais il avait compté chaque petite visite de l’homme. Stupidement, inutilement, Will se pressa contre le mur derrière lui au moment où la clé tournait bruyamment dans la serrure, se recroquevillant sur lui-même comme si cela aurait pu suffire à le cacher aux yeux de son tortionnaire. Il n’en était rien. Sa voix immonde et moqueuse, presque comme celle d’Aiden, résonna dès qu’il eut mis un pied dans la pièce et que son regard se fut posé sur la silhouette pathétique de l’ingénieur. Brusquement, Will fut arraché à sa cachette et traîné jusqu’à la chaise dans l’autre coin, ses liens accrochés fermement pour l’empêcher de fuir. Il n’essayait même plus de toute façon. À quoi bon ? L’homme continuait de lui parler, mais il ne l’entendait pas tellement. Ce qu’il avait à dire ne l’intéressait pas plus, à vrai dire et puis, de toute façon, sa voix était largement couverte pas celle, plus perfide, d’Aiden. Aiden. Il était encore là, à se tenir debout derrière l’autre, son sourire narquois aux lèvres. Il regardait l’homme frapper et blesser son ancien partenaire et il y prenait plaisir de toute évidence. Parfois, les gémissements et les cris de Will parvenaient à couvrir leurs voix à tous les deux. Parfois seulement. Ses yeux avaient beau s’emplir de larmes à nouveau, la silhouette d’Aiden restait nette et sa voix résonnait dans tout le corps du jeune homme. “Et où est-ce qu’il est, ton gentil petit soldat, hm ? Qu’est-ce qu’il attend, pour venir te sortir de là ?” Le rire qui suivit le poussa à se débattre et il n’en récolta qu’un coup de plus qui le sonna quelques secondes. “Moi, je serais venu te sauver, tu sais ?” Pourquoi est-ce qu’il parlait tout le temps ? Pourquoi il ne pouvait pas juste rester mort… “Je suis mort pour toi, tu te souviens ? Et lui, qu’est-ce qu’il fait pour toi, hein ? Ton grand amour, tu parles.”

De nouveau, Will sentit le goût ferreux du sang dans sa bouche alors qu’il se mordait les joues et la langue pour retenir ses gémissements et sa colère. Pour retenir, surtout, les suppliques qui se pressaient contre ses lèvres. Il ne voulait pas lâcher quoi que ce soit à ce type qui prenait un malin plaisir à le faire souffrir. Il ne laisserait pas tomber, il ne se rendrait pas. Jamais. Peut-être bien qu’Aiden avait raison, peut-être bien qu’Elias ne viendrait jamais le sortir de là, mais ça n’était pas grave. Il ne baisserait pas les bras pour autant. Et puis, plus il résistait, plus l’autre y allait fort, plongeant peu à peu le jeune homme dans une semi-conscience qui avait au moins le mérite d’une chose : faire disparaître les hallucinations. Elles avaient commencé quand le jeune homme était encore enfermé dans le néant. Les rares fois où il parvenait à voir quelque chose, c’était cela : des images créées par son esprit pour le torturer ou l’aider à tenir le coup. Il avait d’abord cru à des rêves, mais Aiden restait même quand il était éveillé, même quand il se pinçait le bras jusqu’au sang pour s’assurer qu’il était bel et bien éveillé. Et il avait vite arrêté d’être un soutien pour Will, se transformant peu à peu en une torture de plus, un tortionnaire de plus. Mais au moins, quand l’autre le frappait trop fort, Aiden le laissait en paix. La chaise bascula sur le côté, le visage de Will frappant le sol froid dans un bruit sourd, lui arrachant un hurlement de plus. Il ferma les yeux et resta sans bouger, alors que les pas de l’homme s’éloignaient, remplacés par d’autres, plus légers, presque plus enjoués. Son cœur se mit à battre plus fort, s’écrasant contre ses côtes jusqu’à lui faire mal. Elle arrivait.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Jeu 26 Avr - 12:49
Je ne leurs avais rien demandé et pourtant, mes deux magnifiques hommes de mains, ces chiens que j'avais dressé pour qu'il ne réponde qu'à mes ordres et uniquement mes ordres, m'avaient ramené un jeune premier au regard détendu, délicat. Un adonis des temps ancien encore assoupis, en prise avec les mélodies de Morphée. Il était beau, méritant un avenir bien meilleur à celui que le monde lui avait promit. Qu'avait-il fait pour mériter pareille châtiment mes amours ? Aucun. Caressant doucement ses joues rougies par le froid, je le gardais contre moi, je le berçais, avec autant d'amour que sa mère aurait du lui porter. Nul n'était fait pour souffrir et cette créature allait renaître aujourd'hui. Elle traverserait l'enfer, les pieds nus de son être agonisant sur des charbon ardant avant que la délivrant ne l’accueil, pansant ses blessures, offrant amour et reconnaissance. Il serait bientôt libéré des ses souffrances. Je l'avais gardé contre moi, réchauffant son corps asséché par une faim passé entre mes bras, l'observant, lui chuchotant qu'il n'aurait plus rien à craindre. Je n'avais pas encore pu les sauver elles et pourtant, j'arriver à prendre de jeune âmes errante sous mes ailes. Dieu me remercierait bien assez vite, il me rendrait mes filles, m'offrant la joie de les serrer à nouveau dans mes bras.

Et puis ils l'avaient conduit dans les plus profond ténèbres, le laissant ainsi, penser et repenser au monde qu'il avait connu en y étant privé. Nul souffrance ne pouvait pourfendre la coque métallique de cette prison, personne ne pourrait faire naître l'illusion d'un avenir différent dans son cœur. L'homme qu'il avait été serait fissuré, fêlé, pour son bien, car seul un incendie peu faire renaître une forêt, seul la démolition peut permettre une reconstruction durable. Qui qu'il soit avant, il n'avait qu'à l'oublier pour s'offrir à un nouveau monde, à mon nouveau monde. Je n'avais guère passé mon temps à ses côtés, d'autres créatures dans le besoin réclamant mon attention. Nous n'étions guère nombreux, mais suffisamment pour engager un nouveau monde. Un battement d'aile de papillon pouvait provoquer la destruction d'un pays, le simple espoir d'une renaissance pourrait en sauver des milliers. Seuls ceux en ayant le cœur pouvaient vivre, survivre. Les autres, ils seraient purifier par le feu comme le monde avait purifié les villes. Je les sauverais. Il n'en ferait aucun doute. Il avait besoin de moi, et je les protégerais comme vous mes chéries. Briser ceux s'y opposant ne me faisant aucun mal. Il fallait de la violence et de la souffrance pour en protéger l'avenir. Je n'avais aucune peine à y penser, à le faire. Seule le résultat compté.

Et voilà à présent dix jours qu'il était arrivé ici, trois que la lumière avaient pu à nouveau mordre sa peau. Il avait basculé seul, mais son cœur n'était guère le mieux. Habillait d'une longue robe blanche taché par les horreurs de ce monde, je couvrais mes épaules d'un long châle noir, comme ses cheveux. Un panier en osier à la mains, je m'avançais vers lui, figé contre le sol après un coup de trop. Posant mon panier non loin de lui, j'avançais vers son visage un linge humide, « Chuuuuut... N'aies pas peur, je ne te ferais jamais aucun mal. », murmurais-je alors que je le redressais, son visage encore imprégné par la violence. Il était dommage d’abîmé pareille visage, mais l'esthétique n'était rien de plus qu'une donnée donc je n'avais que faire. J'allais le protéger. Un cri, un hurlement m'arracha brusquement le cœur, tournant la tête vers ma droite, je croyais voir mon ainée percer l'obscurité, alors que ma main se posait sur la chaire meurtri de l'homme. « Je vais te sauver... Je vais de sauver... », soufflais-je en reportant mon attention sur lui, comme pour le voir devenir un peu plus cette créature que j'avais aimé, et qui avait disparu dans le flot de ces horreurs. Troublé, perdu, je posais mes mains sur ses poignets meurtri, relevant les yeux sur lui « Je n'ai pas les clés mon ange... », je ne pouvais le sauver tant qu'il ne serait pas à moi. Étouffant un tremblement, je me pinçais les lèvres en regardant combien il était faible. Il fallait le pousser un peu plus loin encore pour en faire mon ombre, j'en étais sur. Mais son esprit sacrifié déjà tout sens commun pour se protéger, pour trouver un sens. As-tu seulement déjà souffert physiquement mon jeune éphèbe ? J'en doutais.
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Jeu 26 Avr - 13:13
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Ignorant la douleur que cela provoquait, Will se tendit immédiatement en voyant approcher la femme. Il ne savait pas qui elle était, ni pourquoi elle était là, mais chaque fois que les coups prennaient fin, elle entrait dans la pièce et il était trop affaibli pour la confronter. Cette fois encore, il n’y arrivait pas. Des frissons d’horreur, de douleur et de peur le traversaient tout entier quand ses mains se posèrent sur lui, secouant ses muscles imperceptiblement. Elle était douce, pourtant. Sa voix autant que ses gestes. De ses yeux baignés de larmes, Will suivit assidûment chaque mouvement, un gémissement lui échappant alors que l’eau glacée touchait sa peau. Il essaya de se débattre encore, retenu par les liens qui l’enchainaient à sa chaise et provoquaient de nouvelles vagues de douleur chaque fois que les cercles de fer mordaient ses poignets abîmés. Vaguement, comme une chanson qu’on connait par coeur depuis toujours et qui passe sur une radio usée par le temps dans le fond d’un bar déserté, il entendait sa voix et parvenait même à donner un certain sens à ses mots, mais il ne les entendait pas vraiment, ne les comprenait pas vraiment. Ils n’étaient rien de plus qu’un murmure affaibli et confortable s’élevant difficilement au-dessus du brouillard dans son crâne. Il ferma les yeux un instant. Il fallait qu’il se concentre, qu’il parvienne à réfléchir correctement. Les images, les pensées, se bousculaient les unes après les autres dans sa tête. Il s’accrocha à l’une d’elles en particulier, si pâle qu’elle en devenait presque transparente. Mais suffisante pour réchauffer légèrement le bout de ses doigts, comme si le sang circulait de nouveau dans ses veines, lentement, difficilement. Il rouvrit les yeux brusquement dès qu’il eut réussi à s’envelopper complètement dans cette image. Ça n’était pas un souvenir, tout juste un fantasme, un rêve fané qui ne se réaliserait sûrement jamais. Son regard désespéré encore humide se posa sur la femme, mais il était si vitreux qu’on devinait sans mal que Will ne la voyait pas vraiment. “S…” Sa gorge nouée par les sanglots et la rage contenue refusait de laisser se former les mots comme il le désirait. Mais il refusait de se laisser faire, d’abandonner. Alors, il essaya encore. Et encore et encore, jusqu’à ce que ses balbutiements ne deviennent des mots et ses gémissements une phrase complète. “S’il vous plaît... il faut... que je rentre à la maison.”

Il se demanda un instant si cette femme aussi n’était que le fruit de son imagination. Avec sa robe blanche et ses gestes emplis de tendresse, elle lui donnait presque l’impression d’être un ange. Mais il n’avait jamais été croyant, alors pourquoi son esprit aurait voulu lui offrir le réconfort de Dieu maintenant ? Elle voulait se comporter comme une mère, mais malgré ses cheveux bruns et ses gestes doux, elle ne ressemblait en rien à celle de Will. Ou du moins, il ne croyait pas qu’elle lui ressemble, mais peut-être que si. Comment aurait-il pu savoir ? Il s’en souvenait à peine. “Je vous en prie…” Il la suppliait et cette pensée suffisait à faire monter la bile jusqu’à ses lèvres, la saveur acide du dégoût lui arrachant une nouvelle grimace. Il remua de nouveau, comme un ver s’agitant sur le sol pour ramper dans la terre, mais lui ne parvenait pas à s’enfoncer plus profondément dans l’obscurité. “Il faut que je rentre… Aidez-moi.” Il hésita un instant à en dire plus. À lui parler d’Elias qui devait être mort d’inquiétude et probablement complètement dévasté et à la promesse qu’il lui avait faite d’être toujours là pour lui, de ne jamais disparaître. Peut-être qu’elle comprendrait, après tout. Elle lui donnait l’impression d’être le genre de personne qui comprendrait et qui compatirait à sa douleur, qui voudrait essayer d’y remédier. “Elias…” De nouveau sa gorge lui coupait la parole et un nouveau gémissement lui échappa. Il tira plus fort sur ses poignets, ayant déjà oublié qu’il ne pourrait jamais les libérer, dans l’espoir de porter une main à sa gorge. Mais ça ne servait à rien. Et alors, seulement, il réalisa ce qu’il manquait. En plus de l’air dans ses poumons et de tout le reste. Le poids léger mais familier et la fraîcheur de l’acier contre sa poitrine. Il n’avait pas remarqué avant. Il ne se souvenait plus depuis combien de temps il était là et encore moins depuis combien de temps la chaîne ne pendait plus à son cou. La chaleur se fit plus forte, se dispersant finalement de ses doigts jusque dans sa poitrine. C’était douloureux, plus que les stigmates des coups qu’on venait de lui porter. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce que c’était. La colère.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Jeu 3 Mai - 13:18
Comme d’autre avant lui, il demandait à rentrer chez lui sans avoir encore conscience de la vérité. Je ne pouvais pas lui en vouloir, cette pauvre âme ne savait pas encore combien le monde serait meilleurs une fois les marches du paradis franchis. Sa maison celle qu’il pensait vouloir rejoindre était mauvaise pour lui, et jamais il n’aurait trouvé la paix là-bas. Me suppliant à nouveau, il se débattait, jusqu’à appeler quelqu’un. Un ami ? Un amant ? Qui que ce soit, il ne lui serait d’aucune utilité ici. Il ne pourrait rien faire avec cette vile créature qui l’avait manifestement abandonné, pour son bien. Essorant à nouveau le linge que j’avais dans les mains pour le soigner, je posais une main sur sa joue, lui intimant de se calmer, de ne pas plus se faire mal. Il aurait bien le temps d’y arriver en compagnie de mes hommes de main, il était inutile de se faire plus mal ici. Il n’y gagnerait rien, rien de conséquent. Rien d’utile. « Chut… Du calme… », murmurais-je alors que je glissais mes doigts avec douceur sur sa joue, cherchant à effacer ce qu’il pouvait y avoir, ce qui pouvait abimer son visage d’ange. « Je t’aide déjà mon ange… », soufflais-je quand j’étais sure d’avoir son attention. Il vivait dans un monde tellement corrompu qu’il ne pouvait pas s’imaginer la réalité dehors. Hier encore, nous avions manqué de sauver une nouvelle âme, mais l’homme s’était défendu avec force et malgré nos recherches, il n’avait pas été trouvé. Juste le reste de son groupe avait appelé son nom et celui d’un autre. Tiens, d’ailleurs, ne s’appelait-il pas Elias justement ? L’ironie aurait pu être belle si l’être le plus cher à son coeur aurait été ici. Quoi que l’espoir de se faire sauver par ce monde à la dérive aurait pu le briser lui aussi.

Abandonnant son visage pour ses bras, j’effaçais avec douceur le sang s’y trouvant, espérant le rendre plus présentable, moins sali par ses blessures. Ils n’y allaient pas de main morte, j’étais forcée de le reconnaitre, mais c’était pour son bien. Une fois que son esprit aurait cédé, une fois que la carapace de ce monde finirait par se fendre, je pourrais l’aider, et pour cela, il fallait marcher sur des charbons ardent. Il fallait accepter de tomber pour renaitre. « As-tu faim ? Ou soif ? », lui redonner de l’espoir non, mais des forces oui, je n’étais pas son ennemie, loin de là et si il semblait épuisé, je pouvais lui donner de quoi ce battre, ou accepter la situation. Plus il résisterait, plus il resterait ici, il s’en rendrait vite compte, je ne me faisais aucune illusion la dessus, mais tant que je n’étais pas certaine de sa fidélité, je ne pourrais rien faire pour lui et inlassablement, il vivrait l’enfer. C’était un choix qu’il devait faire, une compréhension à saisir. Je le protégerais quoi qu’il arriver, je ferais tout pour lui, pour l’aider, mais il fallait qu’il en prenne conscience. Je n’avais pas envie de le brusquer, pas plus que je n’avais envie de le perdre. Il avait échoué ici sans que je ne le choisisse, mais son âme plus que n’importe laquelle avait le droit d’être sauvé. D’être guidé vers le bonheur, vers un monde meilleur, doux. Un monde pouvant le protéger de lui-même, et de ce que son passé avait encré dans son esprit comme une réalité.
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Lun 7 Mai - 21:15
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] D’un geste presque inconscient, Will secoua la tête dans l’espoir de repousser la main qui venait de se poser sur sa joue. Ce contact, aussi doux soit-il, le dégoûtait profondément. Et la voix berçante qui venait avec les gestes d’autant plus. Chaque caresse lui donnait des frissons, mais ils n’étaient en rien semblables à ceux dont il se souvenait encore vaguement qu’il assimilait au plaisir. De tout son coeur, il voulait échapper à cette femme. Il cessa pourtant de se débattre après quelques secondes, trop épuisé pour continuer à s’agiter ainsi. Et ce fut dépité et suppliant qu’il accepta de relever les yeux vers elle. Comment pouvait-il prétendre l’aider ? Son regard désespéré brûla rapidement de haine lorsqu’elle lui demanda s’il avait faim ou soif. Il aurait probablement dû manger et boire, il aurait dû laisser tomber et accepter de se reposer comme le suppliait chaque cellule de son corps. Mais il s’y refusait. “Je veux rentrer chez moi.” souffla-t-il, sa piètre tentative de se montrer acide gâchée par la fatigue et la douleur. “Et récupérer mes plaques.” Il n’arrivait clairement pas à se montrer aussi menaçant qu’il l’aurait voulu, mais il refusait de se laisser faire. D’abandonner.

D’un geste brusque, il se déplaça sur le côté, refusant de reposer plus longtemps contre le corps de cette femme. Sa tête frappa contre le sol de pierre, l’étourdissant un instant et lui arrachant un gémissement de douleur au passage. Ça lui était complètement égal. Il préférait avoir mal que de la laisser le toucher, que de la laisser croire qu’elle gagnait. Il fut forcé de rester un moment sans rien dire, sans bouger, le temps de retenir ses nausées et de retrouver un peu de son calme. La douleur dans son crâne le réveillait doucement. Il ne savait pas par quel miracle il trouvait encore assez de force pour tenir le coup, mais il y arrivait. Et sa voix ne tremblait que légèrement lorsqu’il parvint à reprendre la parole. “Vous allez le regretter…” La colère résonnait plus que la menace dans son ton, mais c’était déjà un début. Une amélioration certaine qui lui permit de se raccrocher un peu plus à l’espoir qu’il pourrait s’en sortir. “Vous ne savez pas à qui vous vous en prenez…” reprit-il en s’agitant encore pour s’éloigner davantage. “Vous allez le payer cher si vous ne me laissez pas partir maintenant…” Parler était encore laborieux, mais ça n’avait pas d’importance. Sa mâchoire était serrée, son regard rempli d’assurance. Il croyait chaque mot qui lui échappait. Ce ne serait peut-être pas avant des jours, des semaines, mais Elias finirait par le retrouver. Et ce jour-là…

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Lun 14 Mai - 11:32
Il voulait rentrer chez lui et récupérer ses plaques. Quel homme avait besoin de ça ? De souvenir visiblement douloureux ? Lui de toute évidence et son ton aurait pu me pousser hors de mes limites si il n’était pas si épuisé. Il se débattit, une nouvelle fois, finissant par rencontrer violemment le sol d’une façon que je devinais douloureuse. Lutter ne l’aiderait pas, au contraire, il ne ferait que s’affaiblir un peu plus, que se rendre plus fragile. Alors je ne fis rien, me contentant de le regarder lutter, revenir à lui. Il avait prit un sérieux coup sur la tête, et il ne pouvait blâmer que lui. Il prit le temps qu’il lui fallait pour revenir à lui et une fois que ce fut chose faite, il attaqua à nouveau. J’allais le regretter ? Je ne savais pas à qui je m’en prenais et j’allais le payer cher si je refusais de le laisser partir maintenant ? Nous y voilà donc, après l’espoir, la colère. Il ne gagnerait rien à me parler ainsi, vraiment rien. Il le savait sans doute, mais personne me résistait, personne. Non pas car j’avais la meilleure technique, mais simplement car j’étais là pour l’aider, aussi difficile cela puisse-être pour lui. Il avait besoin de moi, si je le laissais partir il mourrait, tout simplement. Après, je pouvais comprendre encore une fois qu’une vie bercé d’illusion lui fasse croire qu’avant été mieux. Mais dans un monde à la dérive, c’était rarement le cas. Vraiment rarement le cas.

Claquant des doigts, je vis un de mes hommes rentrer pour remettre sur ses pieds la chaise qu’il venait de faire tomber. Il allait frapper, mais je l’en dissuadais, le laissant repartir d’ou il venait alors que mon regard retombé sur l’homme. « Je pense que tu ne réalises pas que je suis ta seule alliée ici… », commençais-je à dire en reportant mon attention sur la porte derrière moi, « D’autre ne seront pas patient. ». Me redressant alors, je dégageais la poussière de ma robe alors que j’entendais au loin les rires de mes filles. Ce n’était pas le moment, vraiment pas mes chéries, il fallait se reposer… « Je suis là pour t’aider quoi que tu en penses, exiger ne te fera pas gagner de point. », il serait le banc d’essaie d’Ezra, plus je le voyais, plus je me disais que la fragilité de l’homme pourrait l’atteindre pour de vrai. Il me voyait sans doute de la mauvaise façon et je doutais qu’il en soit de même avec son futur frère. Il serait sauver. Qu’il le veuille ou non il serait sauver et bientôt il gagnerait une vie que peu pourrait avoir ici. « Laisses moi voir ta tête, à tomber comme ça tu vas finir par te faire réellement mal. », et une commotions cérébrale n’était en aucun cas quelque chose de soignable dans notre monde. Je ne laissais pas mourir mes trouvailles, surtout quand elles étaient aussi magnifique que lui. Il méritait une réelle renaissance, avec moi, avec mes filles, avec ceux qui verront leurs avenirs en moi.
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Lun 21 Mai - 20:00
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Pour toute réponse, Will n’eut droit qu’à un claquement de doigts. La surprise ne le frappa qu’un instant, avant que la porte ne s’ouvre de nouveau et qu’il voit une nouvelle paire de pieds sous ses yeux. Le temps de quelques secondes et la chaise était de nouveau sur ses quatre pieds et Will pouvait voir le reste de la pièce au travers de ses yeux embués de larmes. Des vertiges le gardèrent silencieux un instant, malheureusement trop long pour empêcher la femme de reprendre la parole. Elle répétait vouloir l’aider, mais il ne comprenait toujours pas. Quel genre d’aide pouvait-elle lui apporter si elle l’obligeait à rester ici ? Peut-être n’avait-elle réellement pas le pouvoir de le sortir d’ici. Mais très sincèrement, Will n’en avait rien à faire. Il n’avait même pas les idées suffisamment claires pour réaliser qu’elle n’avait eu qu’à claquer des doigts pour qu’on vienne obéir au moindre de ses désirs. Il n’était concentré que sur son envie de partir et surtout d’être loin d’elle. “Je ne veux pas gagner de points.” lança-t-il entre ses dents serrées. Et quand bien même il savait que c’était une idée épouvantable, il secoua encore la tête pour échapper aux doigts qu’elle tendait vers lui dans l’espoir d’observer sa tête et la jolie blessure qui devait s’être ajoutée au nombre déjà impressionnant dont il souffrait. “Ni de votre aide.” Il ferma quand même les yeux pour ne pas voir la pièce tourner autour de lui. Le noir profond caché derrière ses paupières lui donna le tournis quand même.

Il resta comme ça encore un moment, la mâchoire crispée et les poings serrés, jusqu’à ce qu’il arrive à ouvrir les yeux sans que ça ne soit trop douloureux. C’était presque désespérant de voir de nouveau cet endroit. “Vous vous êtes trompée de personne.” essaya-t-il encore. Peut-être était-ce lui qui faisait erreur, peut-être que personne ne viendrait jamais pour lui, mais il n’avait rien d’autre à quoi se raccrocher pour tenir encore le coup. Alors qu’importe, il continuait d’y croire. “Quand il me trouvera, quand il verra ce que vous m’avez fait…” Un rire lui échappa sans qu’il n’arrive à le contrôler. Il n’aurait même pas pu jurer qu’il disait vrai, mais il imaginait sans mal tout ce qu’il aurait été prêt à faire si quelqu’un avait traité Elias comme on le traitait maintenant. Et il ne voyait pas comment cette rage pourrait ne pas couler dans les veines du soldat aussi. “Vous regretterez très cher de vous en être pris à moi.” Et même s’il faisait erreur, quelle importance ? Du moment qu’il arrivait à convaincre cette femme de son assurance, de la violence de ce qui l’attendait, il lui restait une chance. “Votre seule chance de vous en sortir, c’est de me laisser sortir d’ici.” Il s’arrêta de parler un instant pour inspirer profondément, ses paupières se fermant de nouveau alors que l’air brûlait ses poumons et lui vrillait le crâne comme jamais. “Qu’est-ce que vous voulez ?” demanda-t-il avec quelques difficultés. “Il doit bien y avoir quelque chose que je peux faire pour vous convaincre de m’écouter. N’importe quoi. Je connais beaucoup de gens, je suis ingénieur… Je peux vous aider si vous m’aidez aussi.” Pour la première fois depuis qu’elle était entrée, Will accepta de lever les yeux vers la femme et de la regarder pour de vrai. Brièvement, il entendit la voix d’Aiden dans son crâne, si lointaine qu’elle sonnait plus comme un écho qu’autre chose. Quelques mots désagréables au sujet des différentes étapes du deuil, du fait qu’il en soit aux négociations. Et après ça venait l’acceptation. Mais le Major se trompait. Jamais Will n’accepterait de lâcher prise. Jamais.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Jeu 31 Mai - 15:40
Il ne voulait ni de mon aide, ni gagner des points, que voulait-il ? J’avais baissé sa main quand il s’était débattu pour que je ne le touche pas, je l’avais regardé sagement  jusqu’à ce qu’il ne semble trouver le courage de m’affronter. Je m’étais trompé de personne, quand le fameux il me trouvera, quand il verra ce qui avait pu lui arriver, je le regretterais. Sauf que personne ne viendrait, personne ne saurait s’opposer à moi. Quand au reste… Mon sourire ne disparu pas alors qu’il commença à négocier. Il était ingénieur, il connaissait du monde, il pouvait m’aider. Avais-je besoin d’aide ? Avais-je besoin d’une solution ? Non, j’allais parfaitement bien et me présenter sa situation comme d’une arme, c’était définitivement une preuve qu’il méritait d’être sauvé, d’être tiré loin de cette tourmente, loin de ce cercle vicieux qui pouvait le briser à tout moment. Le monde n’était pas fait de situation et de relation, il devait-être fait d’union, de partage. Il n’y avait rien qu’il ne pourrait m’offrir, j’avais mes filles, mes enfants, je n’avais pas besoin de plus pour vivre heureuse. Nous avions de quoi nous nourrir et dormir. Nous n’avions pas besoin d’un ingénieur qui n’aurait rien à nous apporter ? De l’électricité ? Nous n’en avions guère besoin de ça, la nuit appelé le sommeil, pas la lumière. Soupirant doucement, je m’étais de nouveau assise, il négociait son avenir, bientôt il ne pourrait qu’accepter. Je n’avais qu’à le guider.

« Un métier n’est plus réellement utile dans ce monde… », pas plus que les connaissances… « L’on t’aurais sauvé bien avant que tu n’es besoin de négocier si quelqu’un dans ce monde s’intéressait à toi. Mais aujourd’hui, les connaissances ne sont que temporaire et pour eux tu ne dois plus être d’un nom dans une liste… », la liste des personnes qu’ils ne reverraient plus. « Qui est celui que tu attends avec autant d’espoir ? », un amant ? Un mari ? Un ami ? Un frère ? Qui qu’il soit, il ne viendrait pas, car venir signifié mourir et renaitre pour la communauté, rien de plus. Il devait le comprendre. « L’apocalypse nous a tous frappé, laisse moi t’offrir un monde ou tes souvenirs ne sont plus, ou l’on n’attend pas que tu sois toujours et éternellement le même homme. », un ingénieur visiblement arrogant. Finalement, Ezra c’est le parfait choix pour lui. La fragilité de mon fils briserait ses remparts. La fragilité de l’homme le ferait tomber sans nul doute. Il ne pouvait pas repousser éternellement l’inévitable, et il le savait. « Je t’aide déjà. », et il ouvrirait bientôt les yeux sur ce fait. Il réaliserait bientôt cela.    
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Lun 4 Juin - 11:15
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Ce fut sans surprise que la femme refusa encore une fois de répondre à ses menaces et ses tentatives de négociation. Will ne savait plus comment se sortir de cette situation infâme. Une chaleur désagréable lui vrilla même le corps alors qu’elle faisait remarquer que si quelqu’un tenait réellement à lui, on l’aurait déjà sauvé depuis longtemps. Il sentit la douleur de ces quelques mots résonner dans ses os et dans ses muscles, jusque dans son coeur. Mais elle faisait erreur. Elle ne connaissait pas Elias comme lui le connaissait. Ils s’étaient fait une promesse, celle de ne jamais abandonner l’autre. Même s’il traversait quelques doutes, tout comme Will ces derniers jours, Elias savait qu’il l’attendait quelque part et il retournerait chaque pierre de chaque bâtiment de la ville pour le retrouver. Il fallait que Will continue d’y croire. Il le fallait absolument. Il secoua la tête violemment pour qu’elle comprenne bien qu’il ne croyait pas à ses mots, qu’elle sache qu’elle ne pourrait jamais lui faire changer d’avis. Elle n’en avait probablement rien à faire, mais lui en avait besoin. “Il viendra.” cracha-t-il entre ses dents serrées. “Vous ne le connaissez pas, mais moi si.” Peu à peu, il commençait à se demander s’il essayait de la convaincre elle ou lui. La réponse à cette question n’aurait probablement rien de très agréable, aussi préféra-t-il ne pas trop se la poser.

Un rire moqueur résonna dans son crâne et Will ferma les yeux, serrant les paupières de toutes ses forces. Malheureusement, ça n’était pas suffisant pour le protéger d’Aiden. L’homme se dessina derrière ses paupières closes, si précisément que Will croyait pouvoir le toucher. “Tu crois vraiment à ces conneries ?” demanda-t-il. Il se cachait une pointe d’incrédulité dans son ton qui fit mal à Will. Il hocha la tête doucement. Il y croyait, il devait y croire. “Il n’est pas comme toi.” souffla-t-il à voix haute, sans se soucier du fait que la femme pouvait l’entendre. “Il ne me laissera pas tomber comme tu l’as fait.” Le rire se fit de nouveau entendre, plus fort que jamais. “Je ne t’ai pas laissé tomber, Will. Tu m’as tué. Tu te souviens pas ? C’est ta faute si j’suis mort et il arrivera la même chose à Elias.” Des larmes commencèrent à s’échapper et à couler sur ses joues, réchauffant sa peau glacée, brûlant plutôt. C’était douloureux. “Non, non, non. Tu mens. Il viendra et tout ira bien.”

Aiden disait-il vrai ? Un instant, Will se força à se rejouer cette scène dans son esprit, mais tout ce dont il se souvenait c’était la promesse que lui avait fait le major juste avant de l’embrasser pour la dernière fois. Une promesse qu’il n’avait pas tenu. Il n’y était pour rien, n’est-ce pas ? Il ne se rappelait de rien d’autre et il commençait à avoir des sueurs froides et à trembler légèrement. Il en avait oublié jusqu’à la présence de Maryse auprès de lu, ses yeux résolument clos ne voyaient plus que ce souvenir fané du passé. Il se transformait à chaque seconde, jusqu’à ce qu’il se voit réellement repousser Aiden dans les bras de leurs assaillants. Mais il n’y était pour rien, il ne pouvait pas.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Mar 19 Juin - 12:07
Il était persuadé que l’homme viendrait. Il était persuadé qu’il serait sauvé. Je connaissais les hommes bien plus que lui. Dans un monde ou il n’y avait aucun danger, ils était déjà enclin à trouver une facilité plus importante, alors ici, dans ce monde… Un homme ne resterait jamais fidèle bien longtemps, il se laisserait porter par son instinct de survie. Il passerait à la suite, il ne serait pas éternellement plongé dans le désespoir. Il finirait pas se battre, oubliant qu’il avait pu se perdre dans ses bras. Mais avant que je n’ai pu dire quoi que ce soit, il se mit à parler, à me tutoyer ? Non il ne me parlait pas, il semblait en prise avec une personne que je ne pouvais voir et le simple fait de savoir qu’il avait besoin d’un imaginaire pour survivre m’arracha un sourire de satisfaction. Qui l’avait laissé tomber ? Je finirais bien par le savoir, mais il était bien plus fissuré que je ne l’aurais cru et la chute serait bien plus violente que ce qu’il aurait pu désirer. Je n’aurais qu’à le pousser en avant, la folie ne faisant que me guider vers le bon chemin. Je n’aurais qu’à suivre ses pas. Soupirant doucement, j’attendis que le silence se fasse à nouveau, les larmes sur ses joues me guidant vers une vérité terrifiante. Il était en train de revivre des moments douloureux. Il était en train de douter. Une partie de lui, celle qui brisait ses rêves était persuadé de l’absence de secours. Une partie de lui refusait tout avenir.

Il ne pourrait qu’aller mieux une fois que tout cela aurait prit fin. Son passé le brisé, il ne pouvait plus s’y accrocher, « Même toi tu en doutes. », murmurais-je pour me rappeler à lui alors je gardais ma place pour le moment. Il se détruirait seul, son esprit ne pouvant donc pas résister à tout ça. Il s’écroulerait sans y prendre garde. Il n’était déjà plus bien sur que son plan B fonctionne, il n’était plus vraiment sur qu’on vienne l’aider. Du moins une part de lui en était sur. « Il ne viendra pas. Tu as sans doute plus confiance en lui qu’il ne tient à toi. », repris-je en cherchant sa colère. Il ne me laisserait sans doute pas faire, j’aurais une nouvelle fois droit à tout une panoplie de bon sentiment visant à me faire croire que sa vie actuelle valait le coup, mais il se trompait, il ne réussira pas à me convaincre de quoi que ce soit. « Il a sans doute plus important à protéger que toi je me trompe ? », il venait d’un groupe, comme Ezra, et quand bien même il y avait une chance pour qu’on le cherche, quelqu’un laisserait vraiment un homme comme ça se mettre en danger inutilement pour lui ? L’amour était une utopie, il le savait, il finirait par me laisser l’aider, qu’il le veuille ou non. J’étais son unique solution.
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Mer 20 Juin - 12:01
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] La voix de Maryse chassa brièvement Aiden de l’esprit de Will. Il rouvrit les yeux et leva son regard sur elle, les larmes menaçant toujours de couler à flots sur ses joues. Peut-être avait-elle raison. Elle disait la même chose qu’Aiden et pour l’instant, personne n’était venu pour lui. Mais il ne savait même pas depuis combien de temps il était là et il se sentait honteux de douter d’Elias, même un tout petit peu. Il lui renvoya toute la haine qu’il portait en lui d’un simple regard. Elle mentait, elle se trompait. Quelqu’un viendrait pour lui, il fallait qu’il y croit. “Vous vous trompez.” cracha-t-il avec toute la rage qu’il contenait. Il n’y avait rien qui soit plus important pour Elias, il le savait. Parce que rien n’était plus important pour lui non plus. “Vous perdez votre temps avec moi. Je ne veux pas de votre monde, j’ai déjà le mien et il me convient très bien.” Sa voix manquait un peu de conviction, mais ça ne l’empêchait pas d’essayer. Il voulait y croire et elle n’avait pas le pouvoir de l’en empêcher. Personne ne l’avait. On viendrait le sortir d’ici, un jour ou l’autre et il comptait bien être encore parfaitement lui-même quand ce serait le cas.

“Vous pouvez partir, je ne changerai pas d’avis.” lâcha-t-il finalement, toujours aussi haineux. Il ne supportait plus d’entendre le son de sa voix et ses menaces déguisées en caresses. Il refusait qu’elle le fasse flancher, il refusait qu’elle donne quelque argument que ce soit à Aiden qui restait là et ne perdait pas une miette de leur échange, s’en nourrissait comme du met le plus délicieux qu’il ait jamais goûté. “Laissez-moi tranquille.” ordonna-t-il, sans s’inquiéter de savoir si elle apprécierait ou non qu’il se permette de lui donner des ordres. Ils avaient assez joué à ce petit jeu pour aujourd’hui. Si elle refusait de le libérer alors tant pis, il refuserait de lui donner quoi que ce soit aussi. “Profitez du temps qu’il vous reste avant qu’il ne vienne me chercher.” Il ne croyait peut-être pas totalement à ce qu’il disait et le rire mauvais d’Aiden continuait de résonner trop fortement dans son crâne, mais il avait assez de fierté et d’assurance pour ne pas trop le montrer. Et il se raccrochait désespérément à cette idée, qu’Elias le retrouve et qu’il fasse souffrir cette femme et tous les hommes ici qui avaient osé lever la main sur lui. Qu’il leur fasse regretter douloureusement chaque coup, chaque seconde qu’ils l’avaient obligé à passer dans cette pièce.

Cette pensée le rassura étrangement. Il se sentit immédiatement mieux à l’imaginer se réaliser. Peut-être qu’il perdait l’esprit, il n’avait jamais été quelqu’un de violent quoi qu’il soit parfois désagréable et méchant. Ça n’était jamais physique et il n’avait jamais imaginé prendre plaisir à la souffrance des autres. Mais là… Il se sentait apaisé à les imaginer souffrir comme il souffrait. Et ses traits se détendirent aussitôt.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Mar 26 Juin - 17:24
Il ne faisait que se débattre à mes yeux. Il refusait la vérité et pourtant elle ferait son chemin dans son esprit. L’homme qu’il attendait tant ne ferait jamais son apparition et il finirait sa vie seul sans espoir, sans personne pour le sauver si il refusait mon aide. Il s’entêtait, un peu trop pour son propre bien, et la chute ne serait que plus violente. Mais je ne voulais pas l’abandonner moi, je voulais continuer, je voulais l’aider jusqu’à ce qu’il puisse s’en sortir. Jusqu’à ce qu’il ne soit plus menaçait par lui-même. Je voulais l’aider et il devrait se laisser faire. Il devrait me faire confiance. Il me menaça à nouveau, mais cela ne me toucha pas réellement. Il n’était qu’un enfant s’amusant à battre des pieds dans le vide. Il n’était rien d’autre. Le laissant donc seul avec sa souffrance, je quittais la pièce pour le laisser en meilleure compagnie à ses yeux. Quelque soit ce que je devrais faire, il me céderait, qu’il le veuille ou non. Et si pour cela il devait subir mille châtiment, il le ferait. Il marcherait dans les plus obscures des ténèbres pour rejoindre la lumière et retrouver la raison.

Je n’étais pas retourné le voir le lendemain, j’avais laissé le soin à d’autre de lui faire passer toute envie, mais le jour suivant, j’avais fini par le rejoindre, nettoyant son visage et sa peau lorsque l’inconscience le tenais encore en grippe. Puis j’avais attendu qu’il ne revienne à lui. Assise en face de lui alors qu’il retombait dans une nouvelle routine. « Celui qui doit te sauver, comment s’appelles-t-il ? », demandais-je alors que j’avais croisé la route de ce chinois qui devait-être mort à l’heure actuel, le froid ne permettait rien. « Hier j’ai rencontré un homme venant d’un groupe, il s’était éloigné pour chercher quelqu’un ou quelque chose. Il a été terriblement serviable quand je lui ai demandé de l’aide, il a même accouru malgré le fait qu’il ai l’air si épuisé, mais le pauvre… », murmurais-je un léger sourire aux lèvres, « Il s’est jeté à travers une fenêtre pour éviter mes hommes et à en croire le sang qui maculait le sol, il n’a pas du s’en sortir, surtout avec de telle température la nuit… », l’ironie serait trop belle si il s’avérait que l’homme d’hier soit le même qui devait le sauver. Dans le fond je ne cherchais même pas à savoir si il s’agissait du même. Je lui expliquais simplement comment les choses se passait quand on refusait de coopérer. « D’ailleurs à la tombé de la nuit tout ses amis l’on appelait, mais personne ne répondait et tu sais pourquoi ? Car tout ceux qui refuse que je les sauve finissent par mourir, seul. Et ses amis n’ont pas insisté, ils sont rentrés chez eux, ils ont abandonné et personne n’est revenu ce matin non plus. ». Aucun secours, aucune aide. « Et ce garçon asiatique est mort, seul, dans le froid, se vidant au passage de son sang sans avoir pu sauver qui que ce soit. Quelque soit ceux qui doivent venir te chercher, ils… vont… tous mourir pour toi, car personne ne te trouvera jamais. », je voulais voir le désespoir, je voulais le voir comprendre que rien ni personne ne pourrait l’aider. J’étais la seule à me préoccuper de lui, la seule m’intéressant à lui. « Tu vas tuer des innocents et mourir avec eux à continuer ainsi mon ange… Laisses moi t’aider. », ou il arrivera la même chose qu’à ce garçon. Il mourrait, dans d’atroce souffrance.
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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Mer 27 Juin - 22:52
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Maryse ne se présenta pas le lendemain. Will eut bien droit à des heures et des heures de torture, mais personne pour venir faire semblant de vouloir le rassurer ensuite. Il prit cela pour une petite victoire. Infime, certes, mais peut-être avait-elle fini par comprendre qu’elle ne tirerait rien de lui ? Il s’accrocha à cet espoir le temps que dura ce semblant de libération. À la possibilité que, peut-être, ses menaces avaient fait mouche et qu’elle prenait le temps de réfléchir à la suite. Peut-être même qu’elle le libérerait. Ou plus sûrement, elle le tuerait. Cette idée le révoltait un peu, mais elle restait plus attrayante que celle de devoir continuer cette routine mortelle. Il était plus prompt à accepter la mort de son corps que celle de son esprit. Malheureusement, il déchanta bien rapidement. Aussi rapidement que Maryse entra de nouveau dans sa cellule. Il n’en eut pas conscience tout de suite. En fait, on l’avait frappé plus fort, si fort qu’il s’était retrouvé un moment emmitouflé dans le froid rassurant de l’obscurité, où rien ni personne ne disposait du pouvoir de l’atteindre.

Son crâne était encore douloureux quand il rouvrit les yeux et son premier réflexe fut de tirer une horrible grimace. Ce ne fut qu’ensuite qu’il sentit la présence de quelqu’un d’autre et il n’eut même pas vraiment besoin de lever les yeux jusqu’à son visage pour savoir que c’était elle. Elle était assise à même le sol. Il eut assez de conscience pour réaliser qu’il s’agissait sans doute là d’une façon pour elle de se placer à sa hauteur, de renforcer l’image qu’elle voulait transmettre de bienfaitrice. Il ne mordit pas à l’hameçon et ignora volontairement la première question qu’elle lui posa. Il refusait de lui parler d’Elias, dégoûté à la simple idée de la laisser poser ses mains vicieuses sur la plus belle chose qu’il possédait au monde. Elle pouvait avoir tout ce qu’elle désirait de lui, tout sauf Elias. S’il devait rester ici et y mourir, ainsi soit-il, mais jusqu’à son dernier souffle Elias ne serait qu’à lui. Éternellement, son sanctuaire, sa promesse d’un monde meilleur.

Éternellement. Ou, plus justement, quelques secondes encore. Jusqu’à ce qu’elle n’enfonce un poignard dans son coeur, avec la brutalité de la foudre frappant le sol et la douceur d’une berceuse chantée à son oreille. Quand sa voix mielleuse cessa de résonner, un long silence retomba sur Will avec la lourdeur du plomb. Il sentait son coeur battre violemment dans sa poitrine, à lui en faire mal aux côtes et le sang pulser à ses tempes jusqu’à l’étourdir. Il entendait la voix d’Aiden, lointaine et fantomatique, répéter encore et encore : “C’est ta faute si j’suis mort et il arrivera la même chose à Elias.” Son souffle caressait sa nuque à lui glacer les os. Un asiatique, serviable à l’extrême, capable de se jeter d’une fenêtre pour survivre, capable de risquer sa vie pour sauver quelqu’un. Lentement, la possibilité gangrénait son esprit. Elias, Elias qui avait promis de toujours venir pour lui, de toujours l’aimer, de toujours le protéger. Elias avait tenu sa promesse. Elias était mort. “Non.” dit-il encore, avec plus de violence, plus de dégoût dans la voix. Il agrippa cette pensée et enfonça ses ongles dedans pour la déchiqueter et la rejeter au loin. Elle mentait pour lui faire du mal, pour le faire céder. Ou bien, elle avait croisé quelqu’un d’autre. C’était possible. “Il viendra.” assura-t-il de sa voix désormais tremblante. “Il viendra. Bientôt. Vous verrez.” Il commençait à avoir du mal à respirer. Mais il s’accrochait de chaque fibre de son âme à cette certitude : elle mentait.

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MessageSujet: Re: The dreams in which I'm dying are the best I've ever had [Maryse]   Mer 11 Juil - 16:10
Il refuserait la possibilité, il n’y avait rien d’étonnant à ça, rien de perturbant. Il refusait que sa porte de sortie puisse ne plus être de ce monde. Sauf que c’était le cas, car bien que nous n’ayons pas retrouvé de cadavre, je doutais sincèrement qu’il puisse avoir survécut et même si c’était le cas, l’idée que le désespoir puisse le prendre et le faire céder était trop grande. Trop intéressante pour être ignoré. Il s’accrochait à un retour, non à une arrivé. Il s’y accrochait et il refusait de croire à ma version. Plus il luttait, plus la chute serait difficile. Mais ça continuerait à le fragiliser, une partie de lui refusant toute possibilité de voir les secours arriver alors que l’autre serait là à attendre à lutter pour garder espoir. Et c’était ça qui le tenait encore en vie. L’espoir, l’espoir d’être sauvé sans pour autant voir qu’il était déjà en train d’être sauvé. Je serais celle lui lui ouvrirait la voie du bonheur, celle sans qui il ne saurait trouver la paix. Je ne m’inquiétais pas à son sujet, il réaliserait bien assez vite ô combien j’avais raison. Mais d’ici là, j’aurait à le persuadé.

La panique l’envahissait à nouveau, je l’entendais lutter pour garder sa respiration, pour ne pas s’écrouler. M’approchant à nouveau de lui je lui souris, bien consciente que la luminosité ambiante ne jouerait pas en ma faveur. « Je ne veux pas que tu te fasses trop d’illusion. », bien que je veuille qu’il en prenne conscience seul. Je fis finalement quelques pas en arrière, le regardant toujours alors que je m’approchais de la porte, « Je serais la seule à être là pour toi quand la vérité tombera. », et je l’attendrais. En attendant, je le laisserais seul avec ses peur, avec ses terreurs, celles qui lui faisait croire que la mort serait bientôt son amante, sa seule alliée. Il n’aurait personne d’autre vers qui se tourner, juste lui et ses démons. Il était sans doute terriblement sadique de ne pas le soulager de ses peines, de ne pas lui imposer un peu de répit. Mais la vie loin de moi n’était pas une douce mélodie. Il s’agissait d’une violente réalité, d’une souffrance perpétuelle dont il ne pourrait jamais se défaire seul. Il avait perdu un être qui lui semblait cher, il n’en perdra sans doute pas deux. Je serais là, pour lui, au moment ou enfin, il reprendrait conscience.
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