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In Your Flesh :: The Surrounding Wasteland :: Etat du Michigan

 the dose makes the poison. [Jake Johnson]

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MessageSujet: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Sam 28 Avr - 2:19


Dernière édition par Harriet P. Green le Mar 12 Juin - 2:50, édité 4 fois
28 avril 2016
La neige crisse sous leurs pas et les dents d’Else font un petit bruit alors qu’elles claquent et s’entrechoquent. À l’abri d’un grand résineux, Harry s’arrête, gardant la main de sa femme serrée dans la sienne. La hollandaise se tourne vers elle, l’air interrogateur. « T’es morte de froid » déclare la blonde. « Prends mon blouson. » Elle lâche la main de son épouse, retire la veste de bûcheron bien trop grande pour elle et la passe sur les épaules de celle qu’elle aime.

Le craquement d’une brindille sous son pied ramène Harriet Patience Green à la réalité et au moment présent. Elle est seule dans une forêt de résineux, à crapahuter, batte à la main et pantalon déchiré, dans les hautes herbes du sous-bois, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Depuis qu’elle a quitté ceux qui l’ont secourue après la mort d’Else et du reste de son groupe, il y a quelques mois, Harry parcourt seule toute la région nord des Etats Unis. Elle sait qu’à Detroit, la survie s’organise, mais elle ne peut imaginer recommencer une vie normale sans l’amour de sa vie. Elle lui a promis de survivre, mais pas de vivre. Alors c’est ce qu’elle fait. Elle survit. La forêt de ce style a toujours été celle qu’elle connaissait. Alors que son dernier groupe s’était dirigé ainsi vers Detroit, Harry, elle, avait pris la route exactement opposée, se dirigeant vers l’est, vers le Montana, en se disant que, peut être, Nathan ou Chris auraient survécu et seraient trouvables. Peter et ses parents, elle s’en fichait bien, de toute façon, et même, si elle les croisait, peut être se ferait-elle le plaisir de faire ce qu’elle avait toujours voulu faire.

Seulement, l’état du Montana n’étant pas ce qu’on pourrait appeler un petit territoire, elle n’avait trouvé personne, et n’avait aucune idée de comment organiser de quelconques recherches. Elle s’était reposé du trajet, qui lui avait pris plus d’un mois, pillant les diners, les supérettes et les celliers, et puis s’était décidé à repartir. Lorsqu’elle avait réussi à faire fonctionner des radios ou autres, il n’y avait rien sur les fréquences. Il restait toujours l’espoir de Fort Hope, après tout, de ce que Harry savait, ils avaient réussi à sécuriser et réorganiser l’espace. Peut être que les rumeurs avaient parcouru la distance et que, finalement, c’était le meilleur endroit ou chercher ses frères, si tant est qu’ils aient survécu. Ou, en tout cas, Detroit semblait l’être. Elle verrait bien. Quelque chose la poussait à retourner là bas. Aussi, elle retournait là bas. De toute façon, rien ne la retenait. Il n’y avait plus de règles, plus d’obligations sinon que de se trouver à manger, mais maintenant que le printemps était avancé, elle saurait se nourrir dans la forêt, tant qu’elle emmenait quelques rations. Et puis, si besoin, elle pourrait toujours retourner vers la route et se servir dans les congélateurs ou conserves des petites villes qui bordaient toujours les axes de transports.

Ainsi donc, Harriet s’oriente entre les arbres, les rochers, les bosquets, tâchant de suivre le soleil pour aller vers l’Ouest, et ainsi rejoindre Detroit. À en croire sa carte, elle est quelque part pas très loin de l'Illinois. Si le monde ne s’était pas effondré, elle pourrait presque s’émerveiller de voir la nature se réveiller comme chaque année, la végétation se développer, les branches rougir de sève, les fleurs s’ouvrir. La route ayant été, jusqu’alors, relativement tranquille, ce n’est que d’une main distraite qu’elle tient sa batte cloutée, profitant surtout des quelques rayons de soleil filtrant à travers les arbres sur son visage fraîchement nettoyé dans un ruisseau, soleil qui fait office de baume sur son âme meurtrie. C’est comme si, après des mois passés en noir et blanc, les yeux d’Harry se remettaient doucement à capter les couleurs.

Alors qu’elle contourne le tronc d’un arbre particulièrement imposant, elle repère, à quelques dizaines de mètres, une forme mouvante, mais pas un cerf ou un ours comme elle en a déjà observé de loin. Non, plutôt quelque chose d’humanoïde. Elle resserre sa poigne sur le manche de sa batte, sa main libre venant s’ajouter à côté pour assurer une meilleure prise en main, et s’approche silencieusement, prenant garde de ne marcher sur aucune brindille mais seulement sur de la mousse ou le tapis d’aiguilles qui étouffe ses pas. En s’approchant, elle plisse les yeux, cherchant à déterminer si elle est face à un genre de rôdeur de petite taille, adolescent ou autre, mais on dirait bien que non. On dirait bien que c’est une gamine, bien vivante, humaine, et a priori pas infectée. Alors qu’elle n’est qu’à quelques mètres, Harry baisse les yeux sur ce que la jeune fille, fillette peut être, est en train de faire. Elle semble chercher à déterrer une plante que la botaniste reconnaît immédiatement. Elle s’approche un peu plus et, pensant à comment Else aurait géré cette situation, s’adresse doucement à la gamine, essayant de ne pas lui faire peur. « Je mangerais pas ça si j’étais toi. » Bon. Pour l’instant elle ne semble pas partir en courant, mais maintenant Harry doit s’expliquer. Elle observe la plante d’un peu plus près, et finit par acquérir une certitude quant à son identité. « Atropa Belladonna. C’est toxique. Faut jamais manger une plante qu’on connaît pas, t’as pas vu Into the Wild ? Non, bien sûr que non, question stupide. » La dernière phrase est plus pour elle même que pour la jeune fille qui lui fait à présent face. Harry la dévisage un instant. Petit minois, cheveux blonds, yeux clairs, l’air déjà pas mal effrayé…  Inutile de lui faire encore plus peur en lui disant que si elle avait mangé ne serait-ce qu’une de ces baies, elle aurait pu tout simplement en mourir. Elle n’a pas l’air de représenter un danger. Elle se baisse pour être à son niveau et reprend de sa voix la plus douce possible. « Je m’appelle Harry. Et toi ? T’es toute seule ici ? » Ça serait étonnant qu’une gamine de cette âge survive aux rodeurs toute seule dans la forêt, surtout si son premier réflexe est de cueillir une baie mortelle. Mais du coup, ça angoisse un peu Harry, de savoir qui l’accompagne.

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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Mar 1 Mai - 14:17
Il y avait des jours que Jake et sa fille erraient sur les routes à la recherche d'un lieu où ils pourraient enfin se poser calmement. Il ne demandait pas la lune, mais simplement un lieu sécurisé où il pourraient rester quelques mois, voire même passer le prochain hiver, avec suffisamment d'eau et de nourriture pour ne pas avoir besoin de risquer leur vie à en chercher. Tout compte fait, il demandait la lune...
La nuit précédente, ils avaient dormi dans la voiture, comme toutes les nuits précédentes depuis quelques temps. Cette bonne vieille Mercedes était devenue leur palace et Jake bénissait son inventeur de l'avoir fait si confortable. Au petit matin, Elie avait eu une envie pressante et, plutôt que de réveiller son père, elle était discrètement sortie du véhicule sans faire claquer la porte puis avait trouvé un coin au bord de la route, dissimulé par quelques buissons épineux. C'était idiot, personne ne risquait de la voir, mais les vieux réflexes étaient tenaces.
À peine sa petite affaire terminée, son pantalon reboutonné et sa peau parcourue d'une chair de poule due à la fraîcheur du petit matin, qu'un grognement l'avait fait se retourner vivement. Elle avait cherché son couteau à sa ceinture mais elle s'était rendue compte avec effroi qu'elle l'avait laissé dans la voiture. Et celle-ci se trouvait à plusieurs mètres d'elle, et entre il y avait le mordeur.
Paniquée, elle n'avait pas songé à crier tout de suite pour avertir son père. Cherchant du regard quelque chose au sol qui aurait pu lui servir d'arme, elle s'était emparé d'une branche paraissant solide et aussi épaisse qu'un petit gourdin. Prudente, elle avait attendu que l'autre aberration s'approche pour lui asséner un coup puissant au crâne. Puissant, mais pas assez. La créature avait vacillé mais s'était reprit aussitôt, sa hargne décuplée, les bras en avant pour s'emparer de sa proie qui, cette fois-ci, avait poussé un cri d'alerte qui avait résonné dans la vallée.
Jake, à moitié endormi, avait instinctivement cherché sa fille du regard dans la voiture sans comprendre que ce cri, qui l'avait réveillé, venait d'elle justement. Lorsqu'il avait fini par comprendre, il s'était emparé de son Mateba et avait voulu sortir de la voiture. La main sur la poignée, il avait retenu son geste. Trois créatures s'étaient agglutinées contre la portière, grattant la vitre dans l'espoir de la briser. Énervé, Jake avait voulu sortir par l'autre côté mais, comble de l'horreur, la voiture était cernée. Le cri d'Elie avait rameuté tous les rôdeurs du coin et, si certains en avaient après la voiture, d'autres se dirigeaient vers la fillette terrorisée.
« Sauve toi ! Tout de suite ! » avait hurlé Jake à sa fille qui, reprenant ses esprits, avait fait volte face et avait foncé en direction de la forêt.

Elle avait couru, jusqu'à ce que ses mollets demandent grâce. Immobile, au beau milieu de nul part, dominée par les ombres pesantes des arbres centenaires et l'odeur de résine supplantant toutes les autres, Elie reprenait son souffle. Les bras enroulés autour de sa taille, elle respirait par la bouche afin de faire le moins de bruit possible, guettant le moindre craquement de branche, le moindre frémissement qui aurait pu indiquer la présence d'un monstre. Mais elle était seule. Horriblement seule. Une vague de panique la submergea et, regardant en tous sens, elle se rendit compte avec effroi qu'elle ignorait comment retourner à la voiture. Elle fut tentée de hurler pour que son père l'entende et la retrouve mais elle ignorait combien de temps elle avait couru et à quel point elle s'était enfoncée sous les arbres. Et si son père ne l'entendait pas, il était certain que d'autres créatures, elles, l'entendraient.
Laissant libre court à ses larmes, elle sanglota un moment en silence, s'accroupissant au milieu des racines et de l'humus, ses bras l'enserrant toujours d'une étreinte rassurante. Seule elle n'avait aucune chance de s'en sortir. Elle devait retrouver son père. C'était la seule et unique pensée qui devait l'animer. Forte de cette idée, elle se redressa après quelques instants et essuya ses larmes d'un revers de sa main. Puis elle se mit en route, aussi silencieuse qu'une ombre dans cette forêt ancestrale.

Elle erra une éternité, ou tout le moins ce qui lui sembla être une éternité. Son estomac, bien trop peu souvent rassasié, s'était mit à emmètre d'affreux gargouillis et la faisait atrocement souffrir. Elle mourait de faim. À quand remontait son dernier repas déjà ? La veille ? Ou l'avant veille ? Elle ne savait plus très bien. Tout ce dont elle était certaine, c'était qu'elle était prête à dévorer la première limace venue.
Elle dégota une grenouille, ou peut-être un crapaud dans une flaque d'eau stagnante et puante. Mais elle délaissa la bestiole, craignant de se retrouver empoisonnée. Un truc avec un aspect aussi peu ragoutant ne pouvait qu'être nocif pour elle. En revanche, elle dévora goulûment une sorte de gros scarabée qu'elle avait trouvé galopant sur une énorme racine. C'était immonde. La bestiole craquait sous la dent et son rostre était totalement impossible à réduire en miette. Elle se contenta de sucer le jus au goût amer qui en était sorti pour recracher ensuite la chitine croustillante. L'espace de quelques secondes elle cru qu'elle allait vomir, des hauts le cœur lui faisant mettre la main devant la bouche, mais cela lui passa et elle poursuivit son chemin, un goût affreux persistant sur sa langue.
Espérant trouver mieux qu'un nouvel insecte indigeste, son regard s'illumina devant une myriade de plantes qui regorgeaient de petites baies tellement belles et semblant tellement appétissantes qu'elle se jeta dessus.
Elle enfourna trois baies d'un noir de jais dans sa bouche mais n'eut pas le temps de les croquer qu'une voix s'éleva dans l'air. Se retournant vivement, la fillette se figea, les mains prises par les baies déjà cueillies. De toute façon, sa seule arme était dans la voiture avec son père, Dieu seul savait où.
Toxique ? Aussitôt, Elie recracha au sol les quelques baies qu'elle avait mit en bouche et relâcha celles qu'elle avait dans les mains. Toxique ! Elle avait faillit ingurgiter une plante toxique ! Comment aurait-elle put deviner ? Ces baies étaient semblables à des myrtilles à ses yeux. À moins que cette femme ne lui ait dit ça que pour pouvoir récupérer les baies pour elle seule ? Peut-être avait-elle l'intention de la tuer puis de manger toutes les baies ensuite... Voilà qu'elle se mettait à résonner comme son père. Les chiens ne faisaient pas des chats. Mais la femme ne semblait pas malveillante. Bien au contraire, elle semblait même gentille.
Doucement elle s'était mise à sa hauteur. Quel adulte faisait encore ça aujourd'hui ? Qui prenait encore la peine de se mettre à la hauteur d'un enfant en ces temps de fin du monde ?
« Je... » commença-t-elle pour répondre à Harry.
Que ferait son père dans une pareille situation ? Facile à savoir. Il sortirait son Mateba, tuerait la demoiselle et lui volerait ses possessions. Elie l'avait vu faire un certain nombre de fois, elle l'avait même aidé en certaines occasions. Mais cette fois il n'était pas là. Elle était seule. Cette perspective, si elle l'angoissait énormément, avait de quoi la rassurer sur ce point.
« Elie. Je m'appelle Elie. C'est bizarre comme nom. Harry. Pour une fille je veux dire. Ça fait penser à Harry Potter. »
Rapidement, elle s'essuya les mains sur son jeans pour être sûre que le jus des baies ne risquait pas de l'empoisonner par inadvertance. Bien qu'elle ait envie de faire confiance à Harry, le visage d'Elie resta froid et fermé, aucun sourire ne venant l'illuminer. Elle avait apprit à craindre les étrangers, mais cette femme semblait tellement gentille... Si son père était là...
« Je suis avec... je suis... »
Il la tuerait...
« Je suis avec mon père. Enfin j'étais... »
Elie n'avait pas eu une enfance des plus tendres. Sa mère était le genre de personne pour lesquelles le mot 'amour' n'avait pas la moindre signification et son père... il l'aimait, certes, mais à sa façon. Pas de calins, pas de bisous ni de belles histoires pour s'endormir le soir. La seule à lui avoir prodigué tout ça c'était sa grand-mère. Mais elle était morte...
Un bref instant, qui ne dura guère plus d'une demi seconde, elle songea que sa vie aurait put être tellement différente si une femme aussi bienveillante avait pu être sa mère.
« On était sur le bord d'une route et des mordeurs nous ont attaqué. On a été séparés. Je sais même pas depuis combien de temps. Dis, tu aurais quelque chose à manger ? Je meurs de faim ! »

~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~

Jake avait démarré en trombe avec la Mercedes pour échapper aux monstres, guettant par les rétroviseurs l'endroit où sa fille avait commencé à s'enfoncer dans la forêt. Lorsqu'il avait été assez loin pour pouvoir sortir de la voiture sans risquer de se faire mordre, il avait fait un véritable carton. Son pistolet encore fumant, il avait rechargé et dégommé les trois rôdeurs qui restaient puis il avait rassemblé ses affaires dans son sac de transport, l'avait enfilé sur le dos et, laissant la voiture là, il avait foncé en direction du dernier endroit où il avait aperçu sa fille. Elle avait pas mal d'avance sur lui, aussi il lui faudrait la pister. Il espérait seulement ne pas la retrouver trop tard...
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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Mer 16 Mai - 23:02


Dernière édition par Harriet P. Green le Mar 12 Juin - 2:45, édité 1 fois
28 avril 2016
La gamine l’écoute et lâche immédiatement les baies qu’elle tenait. Elle en crache également, et Harry s’inquiète immédiatement de savoir si elle a ingéré ne serait-ce qu’un peu du jus. On dirait que non, les baies semblent entières lorsqu’elle les aperçoit sur le sol. Au moins, la fillette comprend ce qu’elle dit et elle semble encore humaine. Elle se rapproche un peu et évite de la toucher, alors qu’elle semble d’abord hésiter. Elles restent ainsi toutes les deux à se regarder en chien de faïence, avant que la préadolescente décide de répondre à Harry et de se présenter à son tour. Elie. Ce nom ressemble beaucoup trop à celui qu’Harry avait prononcé des centaines de fois avec une voix pleine de tendresse. Elle remarque que le nom de la botaniste est bizarre, mais celle-ci se contente de hausser les épaules. « Bah. C’est mon nom. Malheureusement, je n’ai pas ma baguette avec moi. » Elle garde un air sérieux malgré son ton légèrement rieur. Elie, donc,  essuie ses mains sur son jean et la botaniste réalise donc que, peut être, du jus a coulé des baies et qu’elle en a ingéré. Peut être pas. Néanmoins, inutile de faire paniquer la gamine qui semble déjà hésiter à prononcer quelques phrases bégayantes. Elle était avec son père. Un homme, donc. Harry soupire. Pas qu’elle n’aime pas les hommes, mais elle a eu du mal à en trouver qui soient dignes de confiance… À part certains, bien sûr. Néanmoins, l’emploi du passé par la jeune fille lui fait froncer les sourcils. Après un nouvel instant d’hésitation, Elie explique qu’ils ont été attaqués. Il y a donc de fortes chances que l’homme soit mort. Elle se garde bien de le dire néanmoins. Elle se redresse alors que la fillette lui demande si elle a à manger.

Elle devrait partir et ne pas s’encombrer d’un tel fardeau. Mais Else n’aurait jamais fait ça. Else avait toujours voulu des enfants et leur venait toujours en aide en priorité. Harry sent ses yeux s’embuer de larmes et elle se détourne un instant. De toute façon, elle va mourir d’une manière ou d’une autre, dans plus ou moins longtemps. Alors bon. Elle se baisse donc de nouveau, enlevant son sac de son dos mais le gardant près d’elle, alors qu’elle fouille dans les diverses poches. Elle a pillé quelques diners, maisons et supermarchés avant de s’enfoncer dans la forêt et donc dispose d’assez de nourriture pour voir un peu venir. Elle sort un sachet de jerky de bœuf déjà ouvert, réalise qu’elle a faim aussi, prend une bande de viande séchée et en tend deux à la fillette. « Tiens. Mâche ça, ça va te tenir longtemps. Tu vas avoir l’impression de manger plus que tu ne mange réellement. Si t’as encore faim je t’en donnerai une autre. Je vais te donner de l’eau d’abord, faut que tu boives, à cause des baies. » Elle ne s’encombre pas d’explications inutiles, tend une gourde d’eau à la fillette et la laisse prendre une rasade, reprend la gourde. « Crache. » Ordonne-t-elle d’une voix douce mais qui ne tolère pas de discussion. Elle tend de nouveau l’eau à Elie et la laisse prendre quelques gorgées cette fois, léchant ses propre lèvres qui sont elles mêmes assez sèches. Lorsqu’elle récupère la gourde, elle boit les dernières gouttes et réalise qu’elle n’a plus du tout d’eau. Néanmoins, un ruisseau à une trentaine de mètres lui redonne le sourire. « Bon. D’abord on va chercher de l’eau. Elle est assez pure dans cette région, même s’il vaudrait mieux la faire bouillir. Ensuite on essaiera de voir si on peut trouver ton père. Ok ? »

Elle remballe donc le tout sauf ses deux gourdes, et se dirige vers le ruisseau, faisant signe à la fillette de la suivre. Elle les remplit toutes deux et attache celle en plastique transparent sur le dessus de son sac, histoire que le soleil désinfecte l’eau pendant qu’elle marche. Elle déchire ensuite un petit morceau de sa bande de viande séchée, met le reste dans sa poche et mâchonne un moment. « Bon. Ton père. Il serait dans quelle direction selon toi ? » Harry sait pertinemment qu’elle va sûrement regretter cette décision, mais bon. C’est ce qu’Else aurait voulu, elle n’a absolument aucun doute. Tout en écoutant les explications de la blondinette d’une oreille, elle se prend à penser à ce qui serait arrivé si l’épidémie n’avait pas eu lieu ? Est-ce qu’Else et elle auraient fini par adopter des enfants ? Harry ne s’était jamais imaginée être mère, sûrement parce que sa mère à elle ne l’avait jamais protégée de rien ni soutenue. Elle détestait ses parents du plus profond de son être. Mais Else disait toujours qu’il fallait être égoïste pour ne pas au moins donner une maison à des gamins qui en avaient besoin, surtout si on en avait les moyens. Bien sûr, comme ça sortait de la bouche d’Else, Harry écoutait et hochait la tête en silence pendant que son point de vue changeait doucement. Même après les évènements, alors qu’elles avaient déjà du mal à se nourrir, Else continuait à ressasser que si elles trouvaient un morveux affamé quelque part elle ne réfléchirait même pas avant de le ou la prendre sous son aile.

Elles se mirent en marche, Harry cassant des petits bouts de viande sèche et les mâchonnant un à un pour les faire durer, jetant de temps en temps un œil à sa montre et au soleil histoire de voir dans quelle direction elles allaient. Soudain, alors que ça faisait déjà plusieurs dizaines de minutes qu’elles avançaient Harry attrapa Elie, lui mettant la main sur la bouche, et s’accroupit entre les fougères hautes. « Tu pense qu’un rôdeur aurait pu te suivre ? » Lui chuchote-t-elle le plus bas qu’elle peut. Clairement, ce qui arrive n’est pas humain. Le marcheur se traîne avec une jambe cassée en deux, ce qui expliquerait pourquoi il a été si lent. Harry lâche la fillette, lui fait signe de se taire d’un doigt sur la bouche, et récupère en silence la batte de baseball accrochée au niveau de ses fesses. Elle contourne silencieusement la créature en faisant une large courbe, passe derrière elle en bénissant les jours passés sous la pluie, dans la boue, sous les feuilles mortes d’avoir caché son odeur humaine. Alors que le monstre gargouillant est assez près, elle se redresse d’un coup et balance en une courbe parfaite sa batte dans le crâne du mort vivant, qui explose sous le choc, projetant des gouttes de cerveau et de sang coagulé au visage de la botaniste qui ferme les yeux et la bouche par réflexe avant de s’essuyer le visage d’un revers de poignet. Elle fait signe à la fillette qu’elle peut sortir. « C’est bon. On a eu de la chance, il ne nous a pas senti et il était isolé. » Occupée à rassurer Elie, elle en oublie de rester aux aguets pendant l'espace d'un instant.

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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Mer 30 Mai - 17:33
Lorsque Elie lui avait demandé de la nourriture, le plus innocemment du monde, celle-ci avait semblé hésiter. Rien de plus normal. Qu'est-ce qui lui avait prit de demander ça à une étrangère ? Mais elle avait tellement faim qu'elle n'avait pas réfléchi.
Contre toute attente, la jeune femme finit par se décider. Elle sortit de son sac une boite déjà entamée et tendit à Elie deux bandes de ce qui ressemblait à du cuir plus qu'à de la viande. Dubitative, la gamine reluqua les deux morceaux avant de les saisir avec délicatesse et de les amener à ses narines pour les sentir. L'odeur était immonde et elle fit une moue dégoûtée. Elle n'eut pas le temps de faire la moindre remarque cependant car Harry lui tendait à présent une gourde qu'elle s'empressa de prendre. Elle obéit sans rechigner à l'ordre de la jeune femme. Elle comptait bien se rincer la bouche de toute façon. Les prochaines gorgées en revanche, elle les avala goulûment avant de redonner la gourde providentielle à sa sauveuse. Un peu trop avide, elle avait entièrement vidé le contenu de celle-ci. Mais il semblait qu'il y avait de quoi la réapprovisionner pas loin donc ce n'était pas trop grave.
Tout en suivant la jeune femme vers le ruisseau, Elie porta à nouveau les bandes de viande à son nez pour en sentir une nouvelle fois l'arôme. Si ces trucs avaient le goût de leur odeur, il y avait fort à parier que ce devait être répugnant... mais bon. Elle n'avait pas de quoi faire la fine bouche. Tout en regardant Harry se pencher pour remplir ses gourdes à même l'eau clair et pure du petit ruisseau, Elie croqua timidement dans un coin d'un des morceaux de viande. C'était salé et le goût imprégna aussitôt ses papilles. Dégoûtée, elle se força néanmoins à sucer le morceau qui résistait à ses mâchoires. Ça avait la texture du cuir...
Alors qu'elle commençait à attaquer la viande avec ses molaires pour en détacher un morceau, Harry lui posa alors une question qui lui fit s'arrêter net. Elle était incapable de se souvenir de quelle direction elle provenait alors savoir où pouvait être son père...
«  Euh.. je... »
Elie regarda à gauche, puis à droite. Elle était complétement perdue.
« Je ne sais pas du tout. On était sur une grande route. Une de celles où on peut rouler à quatre voitures côte à côte. Mais je ne sais plus quelle direction j'ai prise. J'ai tourné plusieurs fois. Enfin je crois... »
Harry sembla savoir où aller et Elie la suivit, n'ayant aucun autre plan à soumettre. Mais à peine avaient-elle commencé leur marche que Harry fit sursauter Elie en la saisissant au vol et en lui plaquant une main sur la bouche. Le premier réflexe de la fillette fut de vouloir mordre et de se dégager mais elle se retint, se souvenant qu'elle devait sans doute la vie à la jeune femme.
Un rôdeur ? Suivie ou pas, il était là. Peut-être un campeur égaré qui les avait entendues. Ou alors il provenait de la route et l'avait effectivement suivie. Elie haussa les épaules pour faire comprendre à Harry qu'elle n'en savait rien. Celle-ci s'équipa alors de sa batte et, dans un swing magnifique, se débarrassa du mort.
Tout sourire, Elie l'applaudit silencieusement pour éviter d'en attirer d'autres. Mais son sourire se figea soudain lorsqu'elle aperçut le bout d'un canon qu'elle ne connaissait que trop bien. C'était le Mateba. Harry faisait face à la gamine et faisait donc dos au tireur qui avait déjà relevé le chien du pistolet, prêt à tirer. Et si Elie était sûre d'une chose ; c'était que son père ne ratait jamais sa cible, surtout lorsqu'elle ne bougeait pas d'un pouce.
Horrifiée, elle saisit le bras de Harry et vint se placer entre elle et son père.
« Non ! Tire pas ! S'il te plait ne tire pas. »

~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~°~

Combien de temps s'était-il enfoncé dans la foret ? C'était difficile à dire mais Jake marchait si vite qu'il en courait presque, une seule idée en tête ; retrouver sa fille. Le sac pesait de plus en plus lourd sur son dos mais il s'en rendait à peine compte, focalisé sur son objectif et sur les petites traces de pas léger que Elie avait laissé sur son passage. Quelques branches brisées, un dérapage, une empreinte, il ne lui en fallait pas plus pour continuer à suivre la piste parfois discrète.
Il avait rencontré trois mordeurs sur son chemin et un quatrième avait laissé une longue traînée, signe évidant que l'une de ses jambes n'était plus très au point.
Il capta alors une voix féminine, trop âgée pour qu'elle puisse appartenir à Elie. Il sortit son flingue et le tenant tout contre lui, il se plaqua contre le tronc épais d'un arbre. Il se pencha légèrement. La femme était de dos et semblait seule. Mais elle devait bien parler à quelqu'un.
Se déplaçant donc avec prudence, il arma son Mateba, il la mit en joue, se tenant prêt à tirer une seconde salve pour la personne qui l'accompagnait. Il aurait pu simplement se montrer et menacer la jeune femme afin de savoir si elle avait vu sa fille, mais tirer d'abord et poser les questions ensuite ça fonctionnait aussi bien et on ne prenait pas le risque de se faire tirer dans le dos par la suite.
Il visa donc légèrement en dessous de l'omoplate droite de la jeune femme, évitant ainsi son cœur.
Mais alors que son doigt avait presque entièrement pressé la détente, la voix de sa fille résonna dans la foret épaisse. Et voilà qu'elle se retrouvait devant lui ! C'était un vrai miracle. Il n'était donc plus nécessaire de laisser la femme en vie.
Rectifiant la trajectoire de sa balle, il visa le front et...
La supplique déchirante de sa fille le stoppa un instant. La laisser en vie ? Pourquoi faire ?
Le visage de Jake était un masque indéchiffrable de froideur. Rapidement, il calcula ses chances. Il pouvait encore abattre sans problème mais d'ici quelques secondes, elle risquait de prendre Elie en otage.
« Pitié papa ! Elle m'a sauvé la vie ! Tu lui es redevable ! »
Cette fois-ci, la gamine avait fait mouche. Le masque de Jake se craquela légèrement, laissant entrevoir son agacement. Il abaissa un peu son arme, son regard toujours braqué dans celui de l'inconnue.
« Tu lui es redevable... » murmura une dernière fois Elie, juste pour être sûre que son père ne changerait pas d'avis en une fraction de seconde.
Finalement, Jake abaissa complétement son mateba et le remit à sa ceinture.
Il foudroya encore un instant la jeune femme du regard puis, sans bouger de là où il était, il s'adressa à sa fille en la foudroyant à son tour.
« Qu'est-ce qui t'a pris exactement ? »
Abasourdie, Elie resta la bouche à demi ouverte. Elle ne s'était pas attendue à se faire engueuler par son père.
« Qu'est-ce que tu faisais seule hors de la voiture ? Tu peux me le dire ? »
Il n'avait pas crié mais le ton de sa voix était plus claquante qu'un fouet qui lui aurait lacéré la peau du dos.
Les lèvres de Elie commencèrent à trembler légèrement en une moue désolée.
« Je... »
Dans son dos, la présence de Harry lui apportait un certain réconfort sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi.
« J'avais envie de faire pipi... »
Le regard toujours aussi dur, Jake éclata d'un rire sans joie. Il s'adossa à l'arbre le plus proche puis il se passa les mains sur la figure.
« Elle avait envie de pisser... J'y crois pas... »
Fébrilement, Elie, s’agrippa aux mains de Harry dans son dos pour lui donner encore un peu de courage. Son père l'avait épargné pour le moment mais rien ne garantissait qu'il ne changerait pas d'avis. Elle l'avait déjà vu faire. Ce qu'elle espérait, c'était que sa nouvelle amie n'aurait pas l'audace de contrarier son paternel. Parce que si elle réussissait à déclencher sa colère, elle ne pourrait plus rien pour elle...
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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Mar 12 Juin - 2:44
28 avril 2016
Alors qu’Harry rassure Elie, celle ci lui fait un grand sourire. Les deux jeunes femmes sont soulagées de s’être débarrassées du rôdeur presque facilement. Cependant, alors que la préadolescente bat silencieusement des mains, son regard se déplace légèrement et son expression se fige. Avant même qu’Harry ait le temps de complètement se retourner, Elie s’est placée devant elle. Une fois le volte-face effectué, la botaniste réalise en une fraction de seconde qu’elle vit potentiellement ses derniers instants. Un homme à l’air antipathique la tient en joue avec une arme à feu et semble bien décidé à lui tirer une balle dans la tête avant de récupérer toutes ses affaires. Est-ce que la gamine était un genre d’appât ? Elle en doute fort. La détresse d’avoir perdu son père lui paraissait bien réelle. Ce n’est que quand Elie supplie l’homme de ne pas tirer et lui crie qu’il est redevable qu’Harry finalement comprend toute l’affaire. Le père, le voilà. Mon dieu. Il a exactement le même regard froid que son propre père, et c’est évidemment loin d’être une bonne chose. Néanmoins, ce qu’Elie lui a dit semble l’avoir atteint.

Harry, elle, a du mal à garder, ou, peut être, reprendre ses esprits. Peut être que le fait d’être passée à ça de la mort a quelque chose à voir là dedans, même si Harry n’a pas vu sa vie défiler devant ses yeux. Néanmoins, le ton de l’homme lui fait l’effet d’une gifle et la voilà revenue à la réalité. Il a failli perdre sa fille et voilà qu’il l’engueule… Exactement ce qu’aurait fait le père Green dans une situation similaire. Harriet ne connaît pas ce type, mais il lui est déjà grandement antipathique, et elle sent ses cheveux se hérisser sur sa nuque. Elie elle même n’a pas l’air bien rassurée, et elle ne se défend même pas. En revanche, elle attrape les mains de Harry qui peine à cacher sa surprise. Else, elle, aurait bienvenu ce genre de comportement mais la jeune botaniste, bien que touchée, ne sait également comment réagir. Elle se contente donc de serrer les doigts d’Elie entre les siens rapidement comme pour lui assurer son soutient, alors que les mots de l’homme font écho dans sa tête. Elle voit rouge, et si elle ne se contenait pas en se rappelant d’agir comme Else l’aurait fait, elle aurait envoyé sa batte dans la mâchoire du type. Sauf que bon, il a une arme à feu et l’air assez instable pour changer d’avis quant à la survie de la botaniste à tout instant.

Qu’est-ce que son épouse aurait fait à cet instant précis ? Harry prend sa voix la plus douce et modérée. « Ecoutez… Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais votre fille a eu très peur. Je pense qu’elle aurait besoin d’être réconfortée plutôt qu’engueulée. » Bon. Au pire, si elle mourrait de cette manière, sa chérie serait fière d’elle. Au moins, elle aurait défendu un innocent une fois dans sa vie. Elle serre de nouveau brièvement les doigts d’Elie entre les siens, avant de poursuivre d’une voix plus douce encore. « Et puis, elle est saine et sauve. C’est peut être le plus important, non ? C’est une enfant, elle a réagi comme elle a pu. » Le père d’Harry n’avait jamais levé la main sur elle. Non, sa maltraitance était plus insidieuse, plus sournoise. Il avait sapé sa confiance en elle et son libre arbitre dès son plus jeune âge, lui demandant de faire des choses dont elle était physiquement incapable pour ensuite lui reprocher d’avoir échoué, etc.

Clairement, Harry ne connait pas cet homme qui se tient en face d’elle mais s’il est ne serait-ce qu’un tiers comme son père à elle, il valait mieux qu’elle évite de le contrarier. « Je ne veux pas vous causer d’ennuis. Si vous voulez que je parte, je partirai. Mais juste une chose, dans la forêt vous avancerez plus lentement que sur la route, mais vous rencontrerez aussi moins de rôdeurs. »

Harry regarde autour d’elle brièvement avant de poser de nouveau son regard noisette sur l’homme maintenant adossé à un arbre avec un genre de rire qui lui fait froid dans le dos. Elle lâche les mains d’Elie, et lui tapote rapidement l’épaule pour tenter de la réconforter, puis lève sa main livre légèrement les mains jusqu’au niveau de ses épaules, paume ouverte vers l’homme, dans un genre de salutation un peu raide. « Je m’appelle Harry Green, je vais vers Detroit. Et vous ? » Elle tente un léger sourire. C’est ce qu’Else aurait fait. Cette femme était la personne la plus souriante que la botaniste ait jamais rencontré. La plus joyeuse aussi. Elle avait toujours été la plus drôle et la plus chaleureuse des deux. Mais maintenant… Eh bien, Harry doit remplir les deux rôles. C’est loin d’être chose aisée, mais elle tente d’être qui Else aurait voulu qu’elle soit. Au moins histoire d’honorer sa mémoire. Et puis, dans cette situation, il s’agit aussi et surtout de montrer qu’elle n’est pas hostile. En plus de ça, que ce soit lié à la situation catastrophique du monde, à la mort d’Else, ou à autre chose, son instinct maternel, qu’elle avait jusqu’alors pensé inexistant, lui avait mis un high kick au visage et elle s’était attachée à la préadolescente vraiment très rapidement. Elle n’a donc pas vraiment envie de la laisser avec cet homme froid et désagréable. Une idée lui vient.

« Ecoutez, si nous allons dans la même direction, alors peut être que je pourrais vous guider ? Je suis… Enfin, j’étais botaniste. Les plantes, la nature tout ça, ça me connaît. Au moins on crèvera pas de faim. » Elle se déplace légèrement sur le côté en jetant un coup d’œil à Elie, qui peut attester de sa connaissance des plantes. En même temps, elle ne peut pas vraiment forcer l’homme à l’accompagner dans son périple, et très franchement, elle n’en a pas très envie. Mais étant donné la manière dont il a écouté sa fille, elle se doute qu’il s’agit d’un pack qu’il sera difficile de diviser.


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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   Mar 12 Juin - 11:35
Jake fixa d'un regard mauvais l'inconnue qui, inconsciente du danger, avait pris la défense d'Elie. Il se garda de lui répliquer que si elle ne souhaitait pas se méler des affaires des autres, elle s'y prenait très mal. Et puis réconforter sa fille ne la rendrait pas plus apte à la survie, tandis que lui faire prendre conscience de sa connerie pouvait lui être bénéfique.
« De quoi je me mêle... » cracha-t-il soudain, incapable de garder son calme plus longtemps une fois que la bonne femme eut fini son petit laïus et leur eu proposé de se joindre à elle pour faire route vers Détroit.
Par respect pour sa fille qui semblait fortement tenir à elle, il s'était contenté d'écouter d'une oreille ses pseudos conseils d'éducation à l'eau de rose. Dans quel monde croyait-elle encore vivre ?
Lentement, il se détacha de l'arbre qui lui tenait lieu d'appui et fit deux pas dans la direction des deux filles. Son regard inquisiteur était plongé dans celui de Harry et, sans ciller, il tenta de sonder ses intentions. Elle ne représentait aucune menace. Ce n'était qu'une bonne femme seule et se croyant encore vivre au pays des bisounours au point d'offrir son plus beau sourire et sa main tendue à un type qui, quelques secondes auparavant, était prêt à lui coller une balle dans la tête.
Ce fut plus fort que lui, Jake partit d'un nouveau rire.
« Où est-ce que tu nous l'a dégotée celle là ? » demanda-t-il à sa fille sur le ton de la plaisanterie.
Sa colère était loin d'être apaisée mais la situation lui semblait tellement comique qu'il se fendit à son tour d'un grand sourire. Mais ce n'était pas le même genre de sourire que celui que Harry lui avait offert. Le sien était celui d'un crocodile affamé.
« Traverser la forêt ne fait pas le moins du monde partie de nos projets, finit-il par répondre à la demoiselle. Dépêche-toi Elie, il faut qu'on rejoigne la voiture. On a encore pas mal de route à faire. » Son ton s'était radouci mais il n'admettait aucune contestation.
Elie, finit par lâcher la main de sa nouvelle amie et se campa devant son père, plus assurée que jamais.
« D'accord mais on l'emmène avec nous. »
Surpris, Jake fronça un sourcil, fixant Elie avec curiosité. Elle devait se douter que la jeune femme ne serait pas assurée de voir le prochain lever de soleil si Jake pétait un plomb en chemin, alors pourquoi une telle requête ?
« Tu viens avec nous hein Harry ? » interrogea alors la jeune fille, pleine d'espoir, en se tournant vers sa nouvelle amie.
Jake ouvrit la bouche pour lancer une tirade amère et cinglante mais, devant le visage rayonnant de sa fille, il se ravisa et referma la bouche, se contentant de soupirer profondément.
Après tout, si elle se montrait gênante, il pourrait toujours se servir d'elle comme appât à rodeur.

Un craquement de branche retentit alors sur la droite de Jake. Leur conversation avait attiré deux abominations dont l'une ne possédait plus de cage thoracique, ce qu'il restait de ses organes pourris apparaissant à nu entre les vestiges de ses côtes. L'autre semblait intacte hormis les habituels stigmates de la décomposition de la chair.
Sans même réfléchir, Jake sortit son Mateba, mais, plutôt que de tirer dans le tas, il fracassa le crâne du monstre à la poitrine ouverte de trois violant coups de crosse. L'autre arriva aussitôt derrière et saisi son futur repas par le bras. Jake se dégagea d'un puissant coup de pied qui envoya voler le monstre contre le tronc épais d'un arbre. Il se pencha ensuite pour ramasser un morceau de bois mort suffisamment pointu et solide puis, accompagnant son geste d'un cri sauvage, il le planta d'un coup sec dans l'orbite du cadavre qui cessa aussitôt de bouger. Il retira le pieux improvisé et frappa de nouveau, réitérant son geste une dizaine de fois, déchargeant ainsi sur le cadavre sa colère accumulée. Il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il se retourne et décide de continuer sur Harry.
Mais il finit par jeter par terre le morceau de bois dégoulinant de cervelle et de sang noirâtre
Il s'essuya la joue d'un revers de la main afin d'en ôter un peu de matière organique qui y avait giclé puis, se tournant vers sa fille il lui fit un signe de tête pour lui intimer de se mettre en route.
Elie obtempéra, jetant un dernier regard à Harry pour s'assurer qu'elle les accompagnerait bel et bien. Elle n'avait pas bronché en voyant son père s'acharner sur le cadavre. Elle savait que dans ces moments là, mieux valait le laisser finir ce qu'il avait commencé, au risque de devenir la cible de sa violence. Oh bien sur, jamais il ne lui ferait de mal mais elle détestait le genre de regard qu'il lui lançait dans ces moments là. Aussi, elle attendait simplement que l'orage passe.

Jake, à peu près calmé, jeta un regard moins agressif à Harry.
« Vous ne survivrez pas longtemps toute seule ici, et ce même si vous étiez Bear Grylls. Autant venir avec nous. »
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MessageSujet: Re: the dose makes the poison. [Jake Johnson]   
 
the dose makes the poison. [Jake Johnson]
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