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 Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite

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MessageSujet: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Lun 21 Mai - 23:31
Je me demande si Carter ne se foutait pas de ma gueule au sujet du « loft ». Même si, j’avoue, n’avoir qu’une très vague idée de ce qu’est un loft, c’est loin de l’endroit devant lequel je me trouve. Dans le genre immeuble en construction qui ne paye pas de mine et ne fait pas rêver. Il n’aurait pas su mieux choisir. J’hésite sincèrement à faire demi-tour.

En fait, non seulement je ne sais pas très bien ce que je fais là mais en prime j’ai vraiment un doute sur la géolocalisation de ce « là ». Le barbu a été bien fun avec son « dans ton loft a Detroit ». Sauf que si j’ai bien eu un loft, en admettant que ça soit cette ruine pas finie, bah je ne m’en souviens pas vraiment. D’ailleurs, lors de notre rencontre, sur le coup j’étais trop sous le choc et à lutter contre une crise de panique pour réagir a ce « petit détail » pour poser des questions. Peut être aussi que je ne pensais qu’il se barre sans nous faire du mal et que je ne voyais pas pourquoi je tenterais de reprendre le risque de me faire tuer de moi-même.

J’aimerais vous dire que j’ai balancé la photo, que je me suis pas posé plus de questions que je ne m’en pose d’habitude et que ma petite vie a repris son traintrain. Sauf que ça serait un putain de gros mensonge. Autant mentir aux autres ne me gêne pas, mais pas à vous, même si souvent ça ne me montre pas sous mon meilleur jour. Bref, j’ai donc bel et bien ruminé chaque instant de cette étrange rencontre. Je n’ose pas en parler a Joséphine, je vois bien dans ses regards qu’elle ne sait rien me dire sans que je comprenne pourquoi elle s’enlise dans ses silences et ses moitiés de vérité.

Je sais que j’aurais dû en parler a mon père. Après tout, Carter lui a tout pris non ? A moi aussi, mais je m’en souviens plus alors ça compte moins j’imagine. Mais voilà, sans réelles raisons j’ai fermé ma gueule. Il m’a bien cuisiné et prêché le faux pour savoir le vrai, quelques soient ses doutent quant à ce qui s’est passé ce jour là il n’a jamais pu obtenir de certitudes sur quoique ce soit. Je suis un fils indigne ? C’est fortement possible.

C’est con mais quand je lui ai demandé s’il avait des photos de nous, il a mis un peu de temps pour me répondre non avec étonnement sur cette question. Comme si la simple idée d’avoir une photo de famille puisse être idiote. Après seulement il est venu m’expliquer que nous étions pauvres au point de ne pas pouvoir se payer de quoi faire une pauvre photo. Je ne sais pas, trop de violons tue le violon. Ca m’a paru « un peu » surjoué et digne d’un film mélodramatique à la Dean. Et au lieu de lui dire ce que je pensais, de lui poser des questions, mon instinct m’a ordonné de lui sourire et de faire comme si j’étais convaincu et qu’il n’y avait pas de malaise. Pourtant, putain, y’en a un gros là.

J’avais jamais bien cogité sur un truc avant qui venait de me crever les yeux : j’ai peur de mon père. Et pas parce qu’il est tribun hein, faut voir le nombre de punitions que je me prends pour manque de respect, ca ne me fait pas trembler. Miss Malou va devenir chauve a force de s’arracher les cheveux avec moi. Donc c’est un autre truc qui fait que je suis toujours tendu comme un string XXS sur un sumo obèse quand je suis avec lui. D’ailleurs, je n’ai jamais voulu laisser Joséphine seule avec lui, et quand ils l’étaient, je cessais de vivre et gardais un œil sur eux.

Cette saloperie de petite voix mesquine, qui ne me rate jamais dans ma tête, m’a plus qu’incité à me plonger dans le fameux carnet de croquis a peine survoler que m’a fier à Joséphine. J’ai re regardé avec attention tous les dessins, relu tous les textes, même les cheloux, et réussi a ne pas me laisser envahir par cette espèce envie de pleurer, pour repérer des petits détails qui ne trompaient pas. Joshua n’est nulle part dedans. Ensuite, pas mal de texte évoque mon père dont le prénom serait Bruce. La personne qui a fait les dessins le faisait suffisamment bien pour que je sois sur que le manque de ressemblance entre le fameux père du carnet et celui que je côtoies chaque jour ne soit pas fortuit. Bref, ok c’est encore plus le bordel, et, a moins que je sois un détraqué qui enchaine les pères plus vite que les nanas, il y a fort a parier que Joshua ne soit pas aussi parfaitement héroïque ce qu’il me dit.

De ce fait, je vous raconte pas la bonne ambiance, entre moi qui sait pas ne pas lâcher des blagues merdiques dès que je suis nerveux et Joshua qui voit tout. C’est fiesta dans l’arène entre nous. Je me fais peut être des films mais plus les jours passent et plus j’ai l’impression de voir plein de trucs qui clochent avec lui. Il me dit qu’il est vieux et sans défense, pourtant tous les mecs rampent a ses pieds en craignant de s’en prendre une. Je l’ai vu se marrer plus d’une fois avec Sam avec des bras de fer ou conneries du genre. Et puis, pour un malade, il ne nous coute pas si cher que ca en medoc. En fait, depuis le début, il aurait pu se débrouiller sans moi…

Je ne vois qu’une seule personne capable de m’aider a trier ce sac de nœud, non pas Joséphine, mais Carter. Oui je sais, ca parait insensé d’aller voir le mec qui a certainement failli me tuer pour découvrir les vérités de la Palice, mais en même temps, qui est mieux placer que lui ? Et s’il essaye de me buter, non seulement j’essayerais de ne pas être aussi pathétique que la dernière fois et de survivre, accessoirement, mais en prime ca sera une réponse en soit que je suis bel et bien fou en plus d’être parano.

Voilà a peu près le pourquoi et comment je suis devant ce bâtiment. M’est-il familier ? Sans rire. Non. J’ai à peine eu le temps d’un lancé de dès pour en arriver à cette conclusion. C’est fou comme ma mémoire semble tenir a peu de chose, comme toute mon existence en fait. J’ai toujours l’impression qu’elle se résume à des chiffres sur des petits cubes colorées.

Après pas mal d’hésitations, me rassurant sur le fait qu’il était tôt, et que Carter ne devait pas être là, en admettant qu’il vienne, je pénètre dans « le loft » en question. Je suis assez surpris par le bordel qui règne dans l’endroit. Un vrai capharnaüm de bric et de brocs recouvert de poussière. Franchement, qui pourrait vivre ici ? A l’intérieur les travaux de constructions n’ont jamais abouti. Entre le béton brut du sol, les parpaing apparent et l’absence d’escalier… c’est pas cosy. Et je ne vous parle pas du froid de canard. A tous les coups je me suis planter d’adresse…

A oui, l’adresse. J’allais oublier de vous parler de ce « petit détail » qui a été un casse tête pas si compliqué que ça. Joséphine ne connaissait pas cette histoire de loft, forcement, moi non plus, et impossible de demander a Joshua. Vous vous demandez avec quel TGCM j’ai réussi a me retrouver ici du coup ? Et bien le carnet m’y a aidé. Dedans il y avait des adresses dont une seule griffonnée a la hâte indiquant qu’Harvey allait rejoindre l’auteur dans l’antre de Robin. Et même pour un débile comme moi, ça m’a paru lumineux.

Mes doutes s’estompent quand je remarque de nombreuse emprunte dans la poussière. Quelqu’un est venu ici régulièrement et vu la taille des panards, c’est pas une fillette qui fait du 34. Carter a donc tenu parole, malgré le manque de garantie que je vienne. Cela fait des semaines que l’on s’est vue, voir plus selon la déesse despotique qui semble jouer avec le calendrier de ma vie. S’est il lassé ? Viendra t’il ?

Avec un réflexe de gamin, je saute sur ses empruntes pour ne pas laisser les miennes sur ce tapis gris. Il fait de belles enjambées. Je fini par arriver à une échelle bricolée n’importe comment et bien dissimulée. Intrigué je grimpe pour découvrir le premier. D’en haut on peut facilement voir le rez de chaussé, mais ce n’est ni cela, ni la saleté régnante qui m’interpelle. Il y a des comics, plein de comics partout !! Certain sous la poussière, d’autres non… mais putain, on a dévalisé des comics stores ou quoi ? Je crois que je ricane comme un gosse devant cette découverte. Pour le coup j’ai plus de doute sur le fait que j’ai certainement du passé du temps ici. Je feuillette rapidement tant de ces magasines que j’affectionne en me demandant si je les ai déjà lu, si je les ai aimé… c’est quasiment Noel.

Puis je finis pas me rendre compte que les murs cachent aussi leurs surprises sous la saleté. C’est avec enthousiasme que je frotte de ma manche des parties, découvrant des fresques peintes grossièrement, des dessins façon comics !!? Je me sens pris d’une bonne humeur a chaque nouvelle œuvre dévoilée. Mais mon sourire se fige quand je tombe sur un dessin de carte. Il y a plein d’endroits de barrés avec des dates de 2014 a 2015. Je caresse doucement cette liste de lieu de recherches ressentant la frustration et l’amertume de son auteur dans ses recherches.

Un nom me vient immédiatement sur le bout des lèvres en même temps que des larmes. Je crois que je n’arrive pas a retenir la crise de sanglot qui va avec.

« Choupette… »


La petite fille aux yeux bleus. Ce petit visage anonyme qui venait me rendre visite dans mes rêves chaotique. Celle ou je m’entends encore écouter ses drôles d’histoires. Celle que j’ai pensé être ma fille avant que Joséphine me fasse comprendre que non. Je l’ai cherchée. Je l’ai cherchée comme un fou pendant des mois et des mois. Mais que s’est il passé ? je suis arrivé trop tard ? Elle a été mordue ? Frénétiquement sans cesser de pleurer je dépoussière tout ce plan recherche sans rien trouver d’autre que la dernière date… 20 septembre 2015. Après plus rien.

J’arrive a peine a articuler un « Pardon » en me doutant bien de ce qui a pu se passer ce 20 septembre 2015. La fillette a dû être trouvée morte. Et le chagrin de sa perte, alors qu’elle n’est qu’un fugace fantôme me transperce au point que j’en oublie Carter et les risques de me faire surprendre ici comme un bleu. Seul compte cette certitude d’avoir perdue quelqu’un d’important parce que je me suis merdé quelque part.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Lun 28 Mai - 14:20
Du coin de l’oeil, Logan observa les remparts de Fort Hope rétrécir dans le rétroviseur de sa voiture. Il s’était pourtant juré de l’utiliser de moins en moins, de ne la garder que pour les urgences, mais après plus de trois semaines à faire à pieds la route entre le camp et l’ancien loft d’Isha… Il avait fini par se résoudre à l’idée que ça lui ferait perdre moins de temps. Car chaque fois qu’il y mettait les pieds, le même vide l’accueillait. Pas un mot, pas un signe, même pas une trace de poussière en moins pour lui indiquer que le gamin avait accepté de le retrouver ici. Et pourtant, Logan continuait d’y aller. Un jour sur deux, sur trois parfois quand ses obligations au camp le forçait à rester. Il tombait toujours sur le même appartement vide et ressentait toujours cette même douleur indescriptible dans sa poitrine. Elle commençait même à apparaître avant qu’il ne pose les yeux sur le bâtiment. Elle était encore là aujourd’hui, alors qu’il dévalait les rues désormais aussi familière que s’il allait réellement rendre visite à son fils dans son appart loin de la maison. Un mélange d’espoir et de déception qu’il ne parvenait pas à faire taire.

Le même soupir désespéré lui échappa lorsqu’il arriva, une heure plus tard, devant le bâtiment qu’il commençait à connaître aussi bien que sa propre maison. Les cadavres des hommes de Bruce qu’il avait eu à tuer pour sauver Ava et Harvey continuaient de pourrir sagement sur le trottoir, leurs motos avec. D’autres cadavres tout aussi défigurés s’étaient ajoutés, des rôdeurs qu’il avait dû abattre pour rejoindre le loft au cours des dernières semaines. D’autres qui n’étaient pas de son fait, aussi. Mais rien qui ne laisse à penser que cette visite serait différente des précédentes. Il coupa quand même le moteur dans la petite ruelle où ils avaient pris la fuite, des mois plus tôt, Ava, Harvey et lui. Un vieux réflexe idiot qui lui permettait d’atteindre le loft sans se faire trop repérer.

Il remonta la rue rapidement et constata le vide dans le bâtiment en parvenant miraculeusement à retenir un autre soupir. Tout lui criait de repartir aussitôt, mais il n’avait pas envie de rejoindre déjà Fort Hope et de retourner à sa petite vie bien rangée. Pas tout de suite. Et puis, un murmure lui fit lever les yeux vers l’ouverture menant à l’étage supérieur, où des escaliers auraient dû être installés dans un monde idéal. Peut-être qu’il l’avait seulement imaginé. Ça ne changeait pas grand chose de toute façon alors, il s’agrippa à l’échelle pour rejoindre la pièce qui avait abrité son fils pendant des mois. Son coeur battait déjà la chamade, mais ce fut pire encore lorsqu’il vit la silhouette qui lui tournait le dos, plantée devant le mur du fond. Même de dos, il l’aurait reconnu entre mille. Il se fit plus bruyant lorsqu’il posa le pied au sol, pour ne pas prendre le gosse par surprise. Pas davantage, en tout cas. “T’es venu…” souffla-t-il, comme s’il n’y croyait pas vraiment. C’était un peu le cas, en fait. Son regard fit rapidement le tour de la pièce, mais il ne trouva rien qui indique que quelqu’un d’autre se cachait là. “Joshua est au courant ?” demanda-t-il. Il était plus nerveux, tout à coup. Et il y avait probablement de quoi, les chances que ce ne soit rien de plus qu’un piège idiot étaient grandes, même s’il avait un peu de mal à croire qu’Isha lui ferait un coup pareil. Mais Isha était-il encore seulement là, caché quelque part dans ce jeune homme que Logan ne connaissait plus vraiment ? Il se sentait à la fois idiot et nerveux, incapable de trouver les mots pour engager une véritable conversation qui ne tournerait pas au désastre avec son propre fils.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Mer 30 Mai - 7:15
Je sursaute presque quand j’entends une voix qui me rappelle que je ne suis pas seul. Bon ok, je sursaute carrément façon suricate surpris, le cri de pucelle en moins. En même temps, c’est un peu con comme réaction, je suis venu le voir lui non ? Franchement bravo pour la classe, la première fois je fais une crise d’angoisse et là je me sens comme si on avait ouvert la porte de la toilette alors que j’ai le fute sur les chevilles.

Malgré cette minute de solitude, je ne perds pas de vu les risque de cette rencontre et, faisant fi de l’instant de faiblesse que je viens de vivre avec l’émotion ressentie devant la carte, je me retourne pour lui faire face.  Je me garde bien de sortir mon arme, déjà parce que lui ne me menace pas, du moins pour le moment, et ensuite je n’ai pas envie de refoutre un coup de tensions sur ce rencard.  Ça ne m’empêche pas de rester sur mes gardes. Même si je ne suis plus sûr de rien, il reste potentiellement un mec qui pourrait avoir envie de me tuer. Déjà qu’il soit pensé que je suis simple à surprendre, autant ne pas être une victime trop facile.

Je l’observe les bras croisés et la mine sérieuse. Mon œil de combattant fait rapidement son boulot. Bon, y’a pas a chier il reste aussi grand et imposant que dans mon souvenir. Après, j’en ai eu des plus costauds ! Bon ok, j’en rajoute, mais, même si j’ai pris un peu de carrure avec les entrainements, heureusement que ma taille de nimbo ne m’empêche pas de fumer ceux qui ont une tête de plus. Sinon je ne vous raconte pas la merde. C’est moi ou ce mec ne respire pas la joie de vivre ? En fait je le trouve vieux et fatigué. Cela me donne des espoirs de victoire si l’envie lui prenait de me défoncer le crane pour de bon.

Je ne sais pas si vous savez que j’ai dû bouffer un clown quand j’étais gosse, sans mauvais jeux de mots au regard du fait que le monde est envahi de cannibales morts. En fait c’est ma malédiction, dès que je suis tendu ou nerveux, je lâche des blagues de merde ou des provocations à la con plus vite qu’une mitraillette crache des balles. Ca a la fâcheuse tendance a horripile tout le monde, moi le premier. C’est aussi grâce à cela que je sais que Joséphine est la bonne, elle se marre quand même à mes sorties grandiloquentes. Dans tous les cas j’ai pas envie de tester sur Carter et autant dire que j’ai un mal de chien à me contenir quand il me demande si je suis venu alors que je suis devant lui. J’arrive a me contenter d’un froncement de sourcils, mais je vous jure que la blagounette foireuse était pas loin.

Bon je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou pas, mais outre le fait que je sens que c’est un aussi bon orateur que moi, il m’a l’air dans le même état de stress en regardant partout. Il cherche quoi là ? Il finit par me demander si mon père est au courant. Je crois que je ne m’attendais pas a cette question, en admettant que je m’attende a quoique ce soit.

Je mets un certain temps à lui répondre. D’un côté je suis méfiant, de l’autre, si ça coince a la première question, autant se barrer de suite.

« Si je lui en avais parlé je pense qu’il ne m’aurait pas laissé prendre ce risque, et même s’il est âgé et fatigué, il a encore de la ressource. »


J’ai quand même un peu le sentiment de le trahir sur ce coup-là. Je lui mens depuis des semaines sans trop savoir pourquoi mon instinct me hurle de le faire. Réflexe de survie ? J’essaye de le ménager ? Envie de trier le vrai du faux sans qu’on m’embrouille la tête encore plus ?

Je dis ça avec un air un peu blasé. Même dans ma bouche on sent que je n’adhère plus trop a sa façon de se faire passer pour un papy sans défense. A l’arène, il sait se faire respecter sans aide de personne. N’en déplaise a moi ou Tobby, quoiqu’il en dise, les gens le craignent plus lui que nous.

« Si c’est une façon de me mettre à l’aise genre quelqu’un sait que tu es ici, saches que je suis assez grand pour me défendre tout seul comme un grand. »


Je dis avec cette putain de pointe d’humour que je voulais éviter. Fait chier de me transformer en Bozo le clown dans les pires moments ! J’essaye de reprendre rapidement avec plus de sérieux, pour faire oublier cette tirade malheur.

« Je vais être honnête, je ne suis pas sûr de savoir pourquoi j’ai eu besoin de venir te voir ni pourquoi tu es là sans essayer de m’étriper. Mais il semblerait que l’on soit là tous les deux et que personne n’ait attaquer personne…»


Je sors la photo de ma poche avec précaution pour qu’il ne s’attende pas à ce que je sorte un flingue. En même temps, s’il me connait vraiment, il doit savoir que j’ai plus de chance de redorer le plafond que de le toucher, même dans un couloir à bout portant, avec cette arme. Je la pose sur des parpaings poussiéreux qui devaient servir de table basse… j’ai vraiment vécu dans cet endroit misérable ?

Je me recule pour m’adosser au mur, pas loin de la carte de recherche peinte. Je reste à le regarder avec une certaine gravité.

« Avant que tu me dises ce que tu voulais me dire… c’était qui choupette ? Elle est morte a cause de moi ? »


Je lui montre la carte qui prouve bien que j’ai passé des mois a chercher cette personne et que je e suis arrêté brutalement. Au fond de moi je sens bien que je connais la réponse qui me fait rougir les yeux et me serre la gorge.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Dim 3 Juin - 13:53
Cette fois, aucune arme ne finit pointée sur Logan et, après quelques secondes d’hésitation, le jeune homme lui avoua même que Joshua ne savait rien de leur rencontre. Un peu de la tension qu’il ressentait abandonna les épaules du géant. Ça ne l’aidait pas vraiment à se sentir plus tranquille et certainement pas à trouver un sujet de conversation, mais au moins, il ne risquait pas d’avoir à se battre avec l’autre crétin dans un avenir proche. Là où Logan n’était pas sûr de bien comprendre ce qui se passait, ce fut quand le gosse désigna son père comme un homme âgé et fatigué. Cette remarque lui fit froncer les sourcils et il alla même jusqu’à ouvrir la bouche pour répliquer, mais se ravisa au dernier moment. C’était donc ça, le putain de plan de ce connard ? Se faire passer pour une pauvre victime incapable de se défendre ? Et à en croire la dernière rencontre d’Isha et Logan, ce dernier jouait le rôle du croque-mitaine dans cette fable… “Merci.” souffla-t-il finalement, décidant que de s’agaçer sur Joshua ne lui apporterait rien de positif. Pour le moment, du moins. Une nouvelle remarque lui fit serrer les dents, mais il n’avait pas le droit de laisser tomber juste parce que les choses n’allaient pas exactement dans son sens, n’est-ce pas ? “Je n’ai aucune intention de te faire de mal, I… Robin.” assura-t-il, un peu plus tendu que ne le demandait la situation. Il détestait ce nom que son fils portait aux yeux de tous. Ce nom qui lui rappelait Bruce et les Punishers et toutes les horreurs qu’ils traînaient dans leur sillage.

Histoire de se changer les idées trois secondes, Logan fit quelques pas dans la pièce et s’appuya finalement contre une pile de parpaings abandonnés contre un mur. Il croisa les bras contre sa poitrine et continua de jauger le jeune homme dans l’espoir que l’inspiration finirait par le frapper et qu’il saurait quoi dire pour lancer la conversation sur de bonnes bases. Isha sortit la photo qu’il lui avait donné la dernière fois et Logan le suivit des yeux tout du long sans essayer de s’approcher de ce vestige de leur passé commun désormais oublié. Au moins pour l’un d’entre eux. Le cœur du géant se brisa davantage à la question qui suivit. Isha avait oublié jusqu’à sa soeur. Il repensa vaguement aux deux croix qui reposaient encore sous sa fenêtre quelques semaines plus tôt, jusqu’à ce qu’il aille arracher celle d’Isha du sol pour aller la ranger avec soin dans son garage, juste au cas où il aurait besoin de la replanter là un jour… Il se redressa d’un coup. “Quoi ? Non !” Un soupir lui échappa tandis qu’il passait une main dans ses cheveux le temps de trouver les mots pour expliquer. “Tu n’as rien à voir avec sa mort.” assura-t-il. “C’était ma fille. Eulalie. Elle était avec nous, dans notre camp, mais… Elle… Elle est tombée malade l’hiver dernier.” Il se sentait mourir une fois de plus juste à raconter de nouveau cette histoire, mais il le fallait. “Personne n’a rien pu faire. Tu n’étais même pas avec nous à cette époque.” Il regarda à son tour la carte inscrite sur le mur, tous les endroits qu’Isha avait visité dans l’espoir de retrouver la petite, alors qu’elle était en parfaite sécurité auprès de ses deux parents. Même comme ça, ils n’avaient pas su la protéger. D’un geste du doigt, il pointa la carte. “T’as fait ça y a plus ou moins deux ans, quand t’es arrivé sur Détroit pour les retrouver, elle et sa mère. Elle était déjà morte quand on t’a enfin retrouvé.”

Il marqua une pause après ça. Que dire de plus ? Il n’avait aucune explication supplémentaire à offrir et il n’avait aucune envie non plus d’en parler davantage. Pas concernant Eulalie, du moins. “Tu veux parler d’autre chose ? De ce qui s’est passé avant, comment on s’est connu ?” Logan craignait tellement de dire un mot de travers et de perdre l’attention du jeune homme qu’il ne savait même pas par où commencer. Pour sûr, Joshua devait lui avoir bourré le crâne de mensonges plus gros les uns que les autres et le moindre faux pas risquait de le desservir lui et de donner un peu plus de poids aux mensonges du vieux Cornwell. Mieux valait laisser Isha mener la conversation.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Mar 5 Juin - 0:09
Je n’arriverais a dire si la tension a un peu baisser ou non, dans tous les cas, j’ai la sensation que le fait que ni l’un ni l’autre n’ait entamé les hostilités semble un peu apaiser les choses.  Il a un peu l’air de fonctionner comme moi et j’imagine que s’il avait voulu me sauter à la gorge, cela sera déjà fait. Qui plus est, il n’y a pas cette animosité de deux combattants qui se toisent avant d’entamer la joute.

Pour le moment c’est juste un type a l’air crevé et en attente d’un truc que je ne comprends pas de moi et un autre complétement paumé qui ne sait même pas ce qu’il attend réellement de cette rencontre. Même s’il est loin de la discussion de cantine, j’ai quand même l’impression qu’on est bel et bien là pour ça : discuter, ou du moins essayer.

Je note inconsciemment une certaine raideur dans ses gestes, comme s’il prenait soin de garder ses distances ou de ne pas faire un mouvement brusque à mon encontre. Une fois de plus je suis face à une information brillamment récoltée sauf que je sais absolument pas l’exploiter correctement. Est-ce que je parais si craintif que ça ? En même temps avec mon sursaut de pucelle de tantôt...

J’avais beau avoir deviné que la fillette était morte, je crois que l’entendre de sa bouche me fait mal. Peut-être qu’une partie de moi espérait une heureuse surprise et me planter.  J’ai du mal a croire que je ne suis pour rien dans sa mort vu le sentiment de culpabilité qui me serre la gorge et me fout une boule au ventre. Je me contente de lâcher :

« je suis désolé »

Qui me semble bien maigre au regard de ce que doit ressentir un mec qui a perdu sa fille. C’est le seul mot que j’arrive a articuler pour traduire ma peine, aussi forte soit elle, pour cette petite fille dont je me souviens que par brides éparses. Je n’avais pas besoin de voir le mur, témoin de mes recherches, pour deviner que j’étais attaché à elle. Même sans mes souvenirs il y a des choses qui semblent liées à une forme de mémoire instinctive. C’est un peu « grâce à/a cause d’» elle que je suis ici, sans l’arme au clair, devant Carter. Après dans quelle mesure cet instinct est fiable ? Pour le moment, en tout cas, il s’est révélé moins trompeur que les gens et leur mensonges.

Je suis un peu dérouté par son invitation aussi directe de me parler de mes souvenirs. A l’arène, tout le monde marche sur des œufs avec mon passé, en particulier ceux qui savent. Je reconnais volontiers que mon manque de curiosité, dû par ma crainte des réponses, ne doit pas encourager des masses. Mais c’est comme s’il y avait une forme de tabou justifié par des raisons médicales. Par flemme, par confort ou par crainte, j’avoue ne rien avoir fait pour changer la situation.

Après avoir pesé le pour et le contre dans un de mes silences bien chiants que je fais malgré moi, je finis par m’assoir sur un parpaing crasseux, conscient que si l’on rentre dans ce sujet, on risque d’en avoir pour longtemps. Je regarde un moment mes mains calleuses et c’est plus à elles qu’à Carter que je réponds :

« Mon père dit que si on me donne les réponses sans que je me souvienne par moi-même, je ne retrouverais jamais mes souvenirs… »


Je relèves les yeux vers le barbus conscient que c’est peut être mon ultime chance d’avoir une nouvelle version qui pourrait changer la donne de ce que je pense avoir compris et deviné.

« J’ai… pas vraiment de souvenirs à proprement parlé, mais… des réminiscences ou des brides de souvenirs, c’est souvent flou mais toujours horribles. Je ne sais toujours pas si j’ai envie d’ouvrir la boite de pandore ou pandora, je sais plus comment on dit le truc, et découvrir que je suis juste un putain d’enculé qui aurait mérité de crever. »

C’est plutôt surprenant que j’arrive a lui dire simplement ce que je ne sais pas articuler aux autres. Même si je ne sais pas ce qu’est cette histoire de boite, un truc avec un chat mort vivant je crois, je ne sais plus, le fait est que nous sommes au nœud de mon problème et de, peut-être, pourquoi je suis amnésique, j’ai vraiment la trouille de les retrouver, de vivre avec le poids d’un passé trop lourd pour moi. Je le regarde droit dans les yeux, en quête d’une réponse qui ne sera peut être pas que celle dite avec sa bouche. C'est assez lentement et avec gravité que je lâche ma question.

« Avant de voir si on se grille des marshmallow dans une soirée bon vieux temps, et que tu m'expliques pourquoi, si on était les meilleurs potes du monde je vivais ici plutôt qu'avec toi, tu sais me dire, toi, si j’étais un mec bien ou un sale crevard ? »

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Jeu 7 Juin - 14:03
D’un haussement d’épaules et d’un sourire triste, Logan repoussa les excuses du jeune homme. Sa fille était enterrée depuis un an maintenant. Ça ne devenait jamais facile, mais d’une façon ou d’une autre, il avait appris à vivre avec. Ressasser tout ça ne l’intéressait pas et il n’avait aucune envie d’en parler davantage. À la place, il offrit à Isha de discuter de ce dont lui voulait parler. Leur passé à l’un et à l’autre, ensemble ou non. Peu importait à Logan, à vrai dire. Il espérait seulement que cette entrevue ferait une différence. Que ce soit aujourd’hui même ou plus tard, quand le jeune homme serait prêt, il espérait que le fait que Logan ait essayé de l’aider soit d’une utilité quelconque. Et avant même que la moindre question ne soit posée, Logan se jura qu’il dirait la vérité, qu’il ne cacherait rien. Pas même ses erreurs. Ni ce qui était arrivé à Burlington, ni la période qu’Isha avait passé chez les Punishers ou dans sa cave.

Mais une fois encore, Joshua avait pensé à tout. Y compris à la possibilité que Logan vienne se mêler de leurs affaires, sans doute. Le géant fronça les sourcils et se mordit les joues pour s’empêcher de hurler toute sa rage contre cet homme. Il se força à rester bien sagement appuyé contre les parpaings dans son dos jusqu’à sentir les bords lui entrer dans le dos et lui faire mal. “Personne ne mérite de crever.” ne put-il retenir pourtant, lorsque le jeune homme lui confia les craintes qu’il avait à en savoir plus sur son passé. Isha n’avait pas été parfait, Logan non plus. Mais méritaient-ils de mourir pour autant ? Non. Depuis qu’il avait arraché sa vie à Bruce, le barbu en était persuadé. Personne ne méritait de finir comme ça. Il fallait seulement s’y résoudre parfois. Il eut tout de même du mal à répondre à la question du gosse. C’était compliqué et la réponse n’entrait ni dans la case blanche, ni dans la case noire. Malheureusement, conserver le silence n'arrangeait rien. “T’étais un gosse paumé et compliqué. T’as eu une vie de chien et t’as fait du mieux pour t’en sortir. Y a eu quelques erreurs sur le chemin, de tous les côtés, pas seulement toi. Mais j’suis convaincu que t’es quelqu’un de bien et que t’essaye toujours de faire ce qu’il faut, même si tu sais pas toujours comment t’y prendre.” lâcha-t-il finalement. C’était ce qu’il pensait réellement, ce qu’il pensait depuis plus de six ans et rien n’avait changé ça.

“Par où tu veux commencer ?” demanda-t-il ensuite, alors qu’il se hissait finalement sur le tas de parpaing pour s’asseoir. Quelle que soit l’histoire qu’il allait devoir raconter, une bribe ou toute la vie du gosse, ça prendrait du temps et ce serait sûrement épuisant et douloureux. “Tu dois savoir que toi et moi, on a pas toujours été des enfants de coeur. J’te cacherai rien, mais y a des choses là-dedans dont j’suis pas fier et d’autres qui te feront du mal. J’te dirai tout quand même, c’est promis.” Et s’il refusait sa version des faits, au moins Logan aurait-il essayé. Il tenta de se convaincre que ce serait déjà mieux que rien. Que de forcer les choses ou laisser Joshua gagner n’étaient pas les bonnes solutions et qu’il devait faire confiance à Isha pour reconnaître la vérité quand il l’entendrait.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Jeu 14 Juin - 14:33
Alors on y était. C’est couillon mais j’ai un peu l’impression d’être en haut d’un plongeoir de 10 mètres et commencer a pinailler sur la température de l’eau ou la profondeur de la flotte pour ne pas sauter. En fait, j’aurais préféré qu’il me donne une réponse plus trancher sur ce qui m’attend derrière le rideau parce que quelque chose me dit qu’il y aura pas de retour en arrière possible. Que j’étais paumé et que j’en ai chié, en faisant, très certainement, bien chier les autres, ne me faisait pas douter. Le terme compliqué c’était pas une façon sympa de dire petit con ?

J’ai une boule au ventre et une envie de fuir, pas parce que ce mec me fait peur mais plus pour ce qu’il pourrait me dire ; Ouai, je sais, il devrait peut être me terrifier, tel le croquemitaine décrit par mon père, mais je n’avais pas le sentiment d’être en danger, verbalement parlant, même si je le crois sur parole quand il dit qu’il n’est un enfant de chœur. Par contre moralement, psychiquement et toute la liste de mots en « ent » relatif a ce qui se passe dans ma tête, je suis moins tranquille sur ce qu’il pourrait m’arriver durant cette entrevue. Je ne peux m’empêcher de réagir quand il me jure qu’il ne me mentirait pas. Je ricane nerveusement en lui lançant :

« Tu serais bien le seul à ne pas mentir… »

Une fois de plus un silence retombe mollement et je ne sais que le regarder avec toute la panique de ce qui se passe dans ma tête. Certainement qu’un mec plus malin que moi aurait élucidé la question, pris congé ou usé de je ne sais quelle excuse pour ne pas sauter du grand plongeoir. Mais en quelques mois de mémoire, je me suis déjà fait une raison sur ce point-là, je crois que je ne suis pas un mec réfléchi.

A admettant que ca ne soit pas sa façon à lui d’enrober de sucre ses mensonges. Bon ben quitte a sauter, autant prendre de l’élan non ? Et prier pour s’éviter un douloureux plat. Je prends une grande inspiration en essayant de savoir par quoi je veux commencer. En fait, il y a bel et bien une question qui me hante depuis des semaines maintenant. Une que je n’ose même pas formuler a haute voix parce que je sens tout le poids de la menace qu’elle représente pour moi et pour ma femme.

« Est-ce que Joshua est vraiment mon père ? »

Je dois avoir le regard noir en posant cette question mais le carnet de Joséphine ou il est écrit que mon père s’appelle Bruce, coupé a ces réactions de survie face a Joshua m’oblige a me poser la question.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Mer 20 Juin - 12:15
Ce fut un miracle que Logan parvienne à garder pour lui les mots remplis de venin qu’il rêvait de lâcher au sujet de Joshua et peut-être aussi de Joey, tous deux capables de regarder Isha droit dans les yeux et de lui mentir. Pour des raisons différentes, sans doute, mais quelles qu’elles soient, elles le privaient lui de son fils et actuellement il ne parvenait pas à mettre assez d’eau dans son vin. L’idée de faire fuir Isha au moindre mot de travers fut tout ce qui parvint à le convaincre de se taire et à la place, il se mordit la joue jusqu’à sentir le goût métallique du sang dans sa bouche. La première et seule question que le gosse lui posa le força à mordre plus fort. Il avait promis de ne pas mentir et il ne comptait pas revenir sur cette promesse si rapidement, mais… Fallait-il vraiment qu’ils commencent par ça ? Par ce sujet qui finirait forcément par leur causer des problèmes à tous les deux… Logan soupira longuement et détourna le regard pour fuir les yeux perçants d’Isha. Il avait promis de tout dire, sans rien cacher, sans rien oublier ni rien déformer. Il s’était déjà planté si souvent avec ce gamin que c’était presque un miracle qu’il ait pu conserver sa garde si longtemps. Et cette fois, il savait qu’ils avaient atteint ce moment où le moindre faux pas risquait de tout briser pour de bon.

“C’est bien ton père, oui.” souffla-t-il, ses mots résonnant violemment dans le silence tendu du loft en construction. “Ton père biologique, du moins.” se corrigea-t-il rapidement. Ça lui faisait presque mal physiquement de dire un truc pareil, de reconnaître la moindre paternité à Joshua après tout le mal qu’il avait fait à ses enfants au cours des vingt dernières années. Mais s’il devait être honnête sur ce point, il le serait sur tout le reste aussi. “Tu avais une soeur et trois frères, aussi. Joshua vous a peut-être conçu, mais c’est tout ce qu’il a jamais fait pour vous. T’as fini par fuguer quand t’avais seize ans, c’est comme ça qu’on s’est rencontré et que j’ai fini par devenir ton tuteur légal. On a jamais vraiment parlé de ce qui se passait chez tes parents avant que tu ne viennes vivre avec moi, j’avais pas envie de te forcer à parler de ça. Mais l’assistante sociale m’a laissé comprendre que c’était plus que la merde et que si je t’avais pas trouvé, t’aurais probablement terminé dans une prison pour mineur ou dans un sac mortuaire, au choix.”

Il marqua une pause le temps de laisser à Isha l’occasion de comprendre tout ça. Ce n’était sans doute pas ce qu’il espérait entendre dire sur sa famille, sur l’endroit d’où il venait. Personne n’avait envie d’entendre ça. Et malheureusement, il y aurait beaucoup d’histoires de ce genre pour retracer la vie d’Isha. Il fallait que Logan trouve quelque chose de positif à dire pour contrebalancer, malheureusement il n’était pas sûr d’avoir ça en magasin. Il inspira quand même et pris un peu de temps pour trouver les bons mots. “J’suis désolé.” souffla-t-il finalement. “Je sais que c’est pas ce que t’as envie d’entendre et j’peux même pas te raconter précisément tout ce que cet homme t’a fait subir pendant seize ans. Mais je sais que t’éloigner de lui a été la meilleure chose qui te soit arrivé et pourtant, j’étais pas non plus le père de l’année.” Chaque petite erreur qu’il ait jamais commis lui revenait douloureusement au visage dernièrement, alors qu’il essayait de trouver le sommeil à la fin de chaque journée. Il y en avait eu beaucoup trop et il regrettait chacune d’entre elles, malheureusement beaucoup trop tard.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Hier à 7:22
Rien qu’a sa tête e sens qu’il aurait préféré que je lui demande comment on fait des bébés… ou qu’il est constipé mais je penche surtout pour un souci de question classé dans la catégorie « pas cool ».  Pendant un instant, j’avoue, je pense qu’il va se débiner. Je reste a le fixer en voyant que tout dans sa posture donne l’impression qu’il aimerait fuir cette conversation et ce, des la première question.

J’aurais peut être dû commencer par les bébés… Sans déconner, avec son comportement je suis en train de me préparer au pire, du silence ou a la révélation de merde. Mais après tout, si je me la pose cette question, c’est bien que j’ai plus qu’un vieux doute. Du coup, quand il brise le silence en soufflant une confirmation que Joshua est bel et bien mon père, même si je crois ne pas montrer grand-chose, je reste quelque peu surpris, au point de ne pas forcement faire attention à la nuance qu’il apporte avec le biologique.

La suite est une autre version que celle que j’ai eu, mais, une fois de plus, ca ne m’étonne pas et j’ai bien peur que cela sera a moi, un pour de trancher et de décider celle qui sera ma vérité. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a pas mal de similitudes, au moins tout le monde est d’accord sur le fait que j’ai eu des frères et une sœur, que c’est bien les services sociaux qui m’ont confié à un tuteur et sur le fait que j’avais 16 ans. C’est couillon, mais c’est important pour moi d’avoir un truc de sûr. Pour le reste, Joshua dit que Carter m’a torturé, lui me dit l’inverse, mais je ne suis pas hyper surpris de cette divergence. C’est fou, ça ne me choque même pas quand il me dit que j’aurais pu finir en prison. Moi qui espérait être un mec bien, c’est un peu raté, mais avec les cauchemars que je fais, je crois que je pressens que quand il dit que j’ai fait « quelques erreurs » c’est un doux euphémisme ou euphorie… enfin, une facon de dire moins moche que la vérité, je ne sais plus le mot pour ça.

Un nouveau silence se pose sans que ni lui ni moi ne le brisions. J’ai comme dans l’idée que ce type est un peu comme moi, pas gêné par les silence et pas du genre a réussir a faire des discours long comme une bite d’éléphant en claquant des doigts. Ça me laisse un peu de temps pour réfléchir. Bon, le hic, c’est que son histoire tient la route, y’a pas une licorne a paillettes de visible qui me ferait me lever avec un « haha tu as mentiiiiiii », bien au contraire. Et j’ai beau être un mec intuitif, faut pas non plus s’attendre a se que je me la fasse à la Sherlock Holmes, qui que soit ce type. En fait, depuis le début, je fais plus confiance a mon instinct qu’à autre chose, et je me fis a lui quand il me dit de faire profil bas devant mon vieux.

Je fronce les sourcils quand il dit qu’il est désolé. Je ne comprends pas pourquoi il se sent désolé. Si c’est Joshua qui me faisait du mal et qu’il m’a sauvé, c’est bien non ? J’espère qu’il est pas désolé de ça ? Merde, j’ai du loupé un truc dans la conversation. Il enchaine sur le fait que ce n’est pas ce que j’avais envie d’entendre. Comme si j’avais envie d’entendre quoique ce soit à la base avant de me jeter à l’eau.

« Je m’attendais a pire en fait, genre, c’est pas ton vieux mais un mec vicieux qui te prend pour un con depuis des mois, vas savoir pourquoi. »

En fait, c’est toujours le truc qui m’échappe et qui fait que je n’y vois pas clair: je ne comprends pas pourquoi ce type qui était potentiellement si cruel est quand même… je cherche les mots, cool… non… sympa…  je ne sais pas…. Présent ? ouai c’est ça, présent!! Il est présent et joue au père modèle. A part mon sentiment de danger, je ne sais pas, concrètement, l’accuser de quoique ce soit. C’est marrant, mais je me sens obligé de me préciser mentalement « pour le moment » .

Je laisse, a mon tour, planer un silence. Au moins, ils sont aussi d’accord sur le fait que le barbu m’a empêché, ou préserver, ce point fait débat, de mon père. J’en ai des questions, des tonnes, après je les pèses avec soin parce que je ne suis pas sur d’être prêt a entendre les réponses de toutes. Y’en a une qui me brule les lèvres quand il me dit que Joshua m’a fait subir des trucs.  Et si c’était lui qui m’avait violé…? Je retiens cette question, de toute façon, Carter la dit, il ne sait pas ce qui s’est passé avec lui.

Un peu paumé, pour changer, je reste sur mon idée de base et c’est calmement que je pose ma deuxième question. Et non, ce n’est toujours pas comment on fait des bébés.

« Et pourquoi on s’est brouillé ? Je veux dire pourquoi je vivais dans cette ruine au lieu d’être a Fort Hope, que tout le monde décrit comme le paradis de Detroit ? »

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Aujourd'hui à 9:47
Un instant, Logan eut envie de rire. Ça n’avait pourtant rien de drôle, mais Joshua prenait effectivement le gosse pour un con depuis des mois s’il parvenait à lui faire croire qu’il était un vieil homme fatigué et sympathique et qu’il parvenait à lui faire assez pitié pour qu’il reste avec lui. Il se retint de le dire et même de lâcher ce rire qui serait complètement déplacé dans cette situation. À la place, il baissa les yeux et conserva le silence. Il attendit patiemment que le gamin lui pose une autre question, à défaut de savoir quoi raconter d’autre. Il y aurait eu tellement de choses à dire, mais c’était affreusement difficile de savoir quoi choisir et quels sujets seraient trop douloureux ou trop dangereux à aborder. Alors, il laissait Isha mener la danse.

Il le regretta dès la seconde question. Ou peut-être qu’il le regrettait depuis le départ, en fait. Il aurait voulu n’avoir que de belles choses à dire à son sujet, que la décision soit simple et que le gamin décide de rentrer avec lui directement, mais rien n’était jamais aussi facile qu’il le voulait. Comme chaque fois que la nervosité le gagnait, Logan passa une main dans ses cheveux et prit le temps de chercher ses mots. “On s’est perdu de vue au début de l’Apocalypse.” expliqua-t-il d’abord, très sobrement. Trop sobrement, sans doute. Il allait devoir assumer ses erreurs, une fois encore et la première fois ne lui avait pas fait de bien. Mais au moins aujourd’hui, il n’avait pas l’impression d’avoir grand chose à perdre. Isha n’était déjà plus avec lui, alors quoi ? “Quelques semaines avant que la situation ne parte en couilles, j’ai eu une grosse dispute avec Juliet et... “ Il se stoppa un instant, leva les yeux vers le jeune homme. “C’est la mère d’Eulalie. Bref, on s’est pris la tête, j’ai pété un câble et j’me suis payé des petites vacances en solo. T’es resté à Burlington un moment, mais le temps que je revienne, il était déjà trop tard.” Sa gorge commença à se nouer doucement. Il ne savait pas vraiment comment dire à Isha ce qui était arrivé là-bas, pas plus qu’il n’arrivait à ignorer la pointe de culpabilité qui commençait à monter dans son ventre.

“J’ai merdé en beauté, j’étais complètement injoignable alors t’as attendu aussi longtemps que possible. Des mecs te sont tombés dessus au garage, tu t’es tiré dès que t’as pu. Quand j’suis enfin arrivé, t’étais plus là depuis un moment. T’es parti pour Détroit, pour retrouver Eulalie et Juliet de ton côté et comme j’arrivais pas à te joindre, j’ai fait pareil. Tu t’es installé ici pendant au moins un an, je crois, jusqu’à ce que je te retrouve.” Après ça venait Bruce, les Punishers et Robin… Cette partie-là non plus, elle ne serait pas simple à expliquer, mais il faudrait sans doute y passer à un moment. Et cette fois, Logan décida de prendre un peu les devants. Il avait promis d’être honnête. La vérité n’était pas belle à entendre et pas plus à dire, mais il tiendrait sa promesse. “Ces mecs, au garage… Ils ont… Ils t’ont…” Il n’arrivait même pas à dire le mot et encore moins à regarder le gamin en face. “Tu m’en as voulu de ce qui est arrivé là-bas. Donc, t’as pas voulu rentrer avec moi à Fort Hope.” Il lâcha un soupir et se força à relever les yeux vers le gosse pour affronter son jugement.

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MessageSujet: Re: Le passé est comme un boomrang: ne lui tourne pas encore le dos trop vite   Aujourd'hui à 12:02
Bon, j’ai du mal a comprendre pourquoi il est si nerveux a m’expliquer qu’on s’est pris la tête pour des conneries. Dans la catégorie drame de fin du monde, ca va, on a fait pire, même si je ne remets absolument pas Juliet, j’ai bien capté que c’était sa femme. Je ne dis rien, mais j’imagine que si après une dispute je me barrais en vacances, Joséphine me retrouverait avec un chalumeau pour me cramer ce qui me sert de bijoux de famille. Après il est revenu me chercher non ? Il est au le souci ? Pourquoi il se comporte comme s’il allait balancer un moisi dans la marre ?

Je regarde la carte peinte sur le mur. Elle atteste que j’ai bien cherché cette petite fille et certainement sa mère, dont je ne me souviens pas. Je ne peux pas trop confronter avec les versions de Joshua ou de Joséphine, puisque je n’en ai pas sur cette période. Mais en arrivant j'avais tout de suite deviner que cette carte c’était bien pour retrouver une petite fille donc je n’ai pas besoin de chercher plus loin pour m’imaginer que c’est pas des conneries, du moins, cette partie. Je n’ai pas le temps de me demander ce qui s’est passé après ou si sa femme va bien malgré les circonstances qu’il enchaine avec LE sujet que j’aurais préféré garder pour… disons… entre jamais et a la fin des temps.

Le savoir est une chose, l’entendre dire, dans la bouche d’un autre, s’en est une autre. Même si je sais, mais si j’arrive, un peu, a en parler, ca ne change pas que je blêmis a l’évocation de ce que mon vieux qualifit, avec beaucoup de poésies, à mes « tribulations de sac foutre ». Sauf que dans sa version à lui, c’est Carter qui se servait de moi comme jouet sexuel quand j’étais sous son toit. J’imagine que ca serait le moment de faire appelle a mon super instinct, a essayer de reprendre les flashs bien trashs de mes cauchemars pour arriver a des conclusions de ce qui a pu se passer, mais … en fait…. Non… je ne peux juste pas. C'est au delà de mes forces. Je me lève nerveusement pour lancer avec un humour qui ne prend pas des masses et ne doit pas tromper qui que ce soit :

« Et après y’en a qui se demandent encore pourquoi j’aurais pas envie de retrouver ma mémoire. »

J’arpente la pièce, ne commettant pas la folie de me rapprocher trop près de ce type alors que mes poumons commencent a me donner des signes qu’ils vont me faire chier, encore. Je me rapproche de la fenêtre en espérant réussir à respirer en gardant un minimum de contenance. Bordel, deux fois je vois Carter, deux fois je me mets minable. Formidable. Et oui c’est moi, Robin, un champion de l’arène qui ne sait même pas respirer dès qu’un géant barbu lui dit "bonjour". Bon, je vous l’accorde, c’était plus un "bonjour, t’as été violé" mais bref, je suis plus sonné qu’après m’être mangé des dizaines de gnons.

Je reste une bonne minute a regarder cette vue qui a du être la mienne pendant un an et a calmer ma respiration. Franchement, je n’aurais pas pu trouver un squatte avec des vraies fenêtres et pas seulement des trous dans les murs ? De réussir a penser a un peu autre chose permet a mon cerveau de se reprendre un peu et a mes poumons d’arrêter leur grève. C’est donc les yeux perdus dans le paysage de cette ville accusant trop de combats, trop de délires météorologiques, trop d’incendies et de trop peu de réparations que je pense a haute voix :

« J’imagine que ça devrait me passer au-dessus non ? Je veux dire, c’est fait c’est fait et je ne m’en souviens presque pas. Du coup… ca ne devrait pas être grave et c’est pas pire que pas mal de monde ici non ? Les cimetières et les rues doivent bien êtres pleins de personnes qui aurait préférées vivre ça plutôt que de crever… »


Attention, c’était la minute record de mots de la journée et pensée philosophique de l’année. Bien entendu les questions sont rhétoriques et d’une certaine façon, si je veux survivre, il va bien falloir que j’arrive a me convaincre de cela avant que mes souvenirs ne reviennent. Enfin, s’ils reviennent. Pour le coup, j’ai presque peur de poser des questions parce que je me sens un peu a terre mentalement parlant et j’ai moyen envie d’être achevé. La sournoise question du « et si il mentait ? » est toujours là. Mais la vérité ne se situe pas sur le fait que j’ai été, ou non, violés mais plutôt par qui. Et j’ai quand même une certitude, c’est qu’il y avait pas une seule personne. J’ai un peu de mal a imaginer le type avec moi, qui semble être désolé de tout, me faire ça. Mais, bon, après, mon vieux dit toujours que je suis un pigeon rêvé devant un bon menteur. J’essaye de le regarder a nouveau. Non, il a l’air vraiment … heu… mal ? mais du genre « je me sens coupable ».

« Fais pas cette tronche-là, a moins que tu me dises que c’était toi qui me tenais, ou pire, t’as rien a voir dans le problème. Au moins, ça explique pourquoi je pense que j’ai essayé de me foutre en l’air.»


Je ne peux pas savoir qu’il y a pas loin de deux ans, nous étions déjà là, lui désolé, moi en colère, incapable de nous parler au-delà des mots ou de revenir sur nos positions. Je ne me souviens pas de la foule de mauvaises décisions qui ont été prises et du prix qui a été versée pour chacune. Je pourrais passer sans le savoir devant le mur sur lequel j’ai explosé mon poing en frappant dessus a cause de mon incapacité a dire les choses a celui qui est devenu un inconnu aujourd'hui. Me rappellerais je un jour que j’ai regretté de ne pas l’avoir suivi a Fort Hope ? Ou de mes nuits a refaire l’histoire avec tellement de « et si » que le peu de sommeil que je trouvais ne m’apportait que de la souffrance quand au réveil je voyais la tombe de ma sœur et que la vérité de mes échecs me revenait en pleine face?

J’ai presque envie de lui demander « et on fait quoi maintenant » sauf qu’il n’y a pas de « on ». En fait, je ne lui avais jamais pardonné ? On avait coupé les ponts ? Est-ce que c’est pour ça que j’ai été avec ce fameux Bruce ? Et les images affreuses de massacre ? J’ai tué mes bourreaux ?

Je crois que je suis incapable de poser plus de questions dans ce sens pour le moment. Je sens que je le rideau est pas loin de s’ouvrir et je ne me sens pas prêt. Je crois que ce qu’il y a derrière va me détruire, moi, enfin le moi que je suis maintenant. Et oui je suis mort de trouille, mais qui ne le serais pas putain?!!! J’ai une vie, j’ai une femme qui m’aime, on veut avoir des enfants, enfin, moi je veux, elle n’a pas dit non fermement, bref, là j’ai trop peur de tout casser et de tout perdre. Oui, je sais que je suis esquinté sauf que j’ai le pressentiment que je pourrais être beaucoup plus que ça si on continu dans cette voix-là.

Je reste a le regarder avec certainement des yeux de cocker larmoyant digne d’une campagne de pub pour l’adoption canine a faire pitier même au type qui aime le moins les chiens. Je n’arrive pas bien a démêler le flot d’émotions qui est le mien a l’instant, la peur domine trop pour que je sente les nuances des autres. Il n’y a pas de colère dans ma voix cassée, pas d’animosité, juste une terrible détresse mêlée a une fatigue de vivre et de solitude que je me découvre :

« Vu qu'on était "faché"... tu attends quoi de cette rencontre ? »


Je reste, une nouvelle fois, a le dévisager sans trop savoir ce que j’attends comme réponse. Tellement de choses m’échappent…

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