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 Drink with the living dead.

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MessageSujet: Drink with the living dead.   Dim 24 Juin - 15:28


Grosse Pointe Farm, le 20 Février.

Je fais quoi là ? J’ai encore une fois fuis la tour. Mais cette fois-ci, exit la bagnole et le flingue. J’ai emprunté le bâton de Dylan à son insu. J’ai besoin de m’améliorer. J’ai besoin d’apprendre. Je crois que j’ai aussi besoin d’évacuer cette haine que j’ai envers moi-même. J’en ai fait du chemin à pieds. Les morts se concentrent autour des gros camps de survivants. J’ai entendu parler de Fort Hope. Et bien sûr l’arène. Leurs shows s’entendent à plusieurs centaines de mètres. Il paraît même qu’il y a une prison aménagée, bien plus au nord. Notre faction n’attire pas les morts, vu sa taille. Quatre survivants dans une grande tour. Enfin, d’après ce que j’ai pu entendre, ils ont bien dévasté une clinique.

Peu importe la sécurité. C’est le danger que je recherche. Adviendra ce qu’il adviendra. Je croise très peu de décomposés. Et vu leurs pas, on ne peut pas dire que je sois servi niveau dangerosité. J’ai ce vieux réflexe de faire profil bas et de ne pas attirer l’attention sur moi. Tout le contraire de ce que je fais croire aux autres vivants. Dés que je vois un cadavre, je frissonne et longe les murs. Mes pas m’ont conduit ici : l’est de Grosse Pointe. Plus précisément à l’église Catholique de Saint-Paul.

Je me rappelle son histoire. Saul le persécuteur a traqué les apôtres au nom du judaïsme et pour le compte de l’empire romain. Puis le Christ lui a été révélé alors que celui-ci était mort. De ce moment, il est devenu Paul de Tarse, un nouvel apôtre. Suis-je dans ce cas ? Ma véritable nature révélée, en quête de moi-même, fuyant ce qui me rattache à l’ancien monde ?

Je rentre dans l’église. Elle est dévastée. Je devine que des fidèles s’y sont planqués lorsque tout ça a commencé. Un cadavre, bien trop pourri pour être ranimé, gît au pied de l’autel. Le peu de vêtement que je puisse distinguer me rappelle ceux d’un prêtre. Je grimace à cause de l’odeur et rejoint un rang, épargné par la probable horde née ici-même. Je m’agenouille et croise mes mains. Je fais quoi là ? Je prie. Je demande à ce quelqu’un là-haut de bien vouloir me pardonner, de révéler ses plans pour moi, je lui demande pourquoi est-ce que je respire encore quand des personnes de valeurs, elles, sont morts. Bien sûr que je n’ai pas de réponse. Ç’aurait été trop beau. Je lève mes yeux vers la sculpture du Christ sur la croix. Je lui demande une nouvelle fois pardon. Mais cette fois-ci, c’est pour ce que je m’apprête à faire : ôter la vie. Ou plutôt la mort. Je dois devenir un guerrier pour protéger le peu qui compte à mes yeux.

Je me lève de nouveau et quitte le lieu sacré pour m’asseoir sur les quelques marches du parvis, le bâton de Dylan sur mes genoux. Rien ne vit. Rien sauf… Une silhouette. Elle avance trop normalement. Je plisse les yeux. Est-ce le froid qui me fait délirer ? Ou s’agit-il de… Will ? Je me mets sur mes pieds et me demande si je dois fuir ou aller à sa rencontre. Trop tard. Il a dû me voir. Je ne peux plus fuir. Je m’approche de lui. Il n’a pas l’air dans son assiette. Dois-je jouer encore ce rôle ? Ce type incapable de quoique ce soit ? Ou dois-je être moi-même ? Je ne sais plus sur quel pied danser. Je me contente d’un « Salut, Will. » J’espère qu’il me reconnaîtra sans mon costume…
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Lun 25 Juin - 2:01
Retrouver Fort Hope ne ressemblait en rien à ce que Will avait imaginé pendant des semaines, enfermé dans sa cellule dans l’Enfer de Maryse. Tout le monde le traitait comme une petite chose fragile, Elias le premier et il ne supportait plus les regards de pitié et les tons indulgents qu’on lui offrait sans arrêt. Sans compter que malgré l’apparence de liberté dont on voulait le bercer, il se sentait toujours emprisonné. Partout où il allait, il sentait les regards des autres habitants et il ne pouvait pas se trouver à un mètre des portes du camp sans qu’Elias en soit immédiatement informé par l’un de ses larbins de la sécurité. Quelques jours, le jeune homme avait joué le jeu du convalescent. Peut-être en avait-il eu réellement besoin. Il était resté enfermé chez eux, avait même passé une bonne partie de ses journées au lit en prenant doucement la mesure d’une libération à laquelle il avait cessé de croire. Mais les fantômes qu’il avait trouvé dans sa cellule n’étaient pas restés sagement aux portes du camp et ils continuaient de le hanter jour et nuit. Des craintes dont il croyait s’être débarrassé depuis plusieurs mois refaisaient surface, de paire avec le désir improbable de fuir. Il avait tenté de masquer ses émotions dans d’autres choses et s’était finalement retrouvé à passer de longues heures à s’entraîner à l’arc ou à frapper dans des sacs de sable. Sa silhouette se reforgeait doucement et son talent avec un arc entre les mains redevenait indéniable. Mais l’envie de fuir, la peur constante, rien de tout cela ne parait pour autant.

Alors, il l’avait fait. Il avait profité de l’inattention des gardes à la tour la moins bien surveillée du camp pour s’éclipser en cachette. C’était mal et il le savait. Chaque pas l’éloignant du mur protecteur de Fort Hope faisait grandir le noeud dans son ventre. Il avait laissé un mot à Elias, bien en vue sur la table basse du salon, s’excusant d’être parti sans rien dire, assurant que tout irait bien et qu’il rentrerait vite, promettant de le contacter par talkie dès qu’il en aurait l’occasion. En réalité, il ne savait pas trop ce qu’il cherchait à faire, mais il n’avait rien pris d’autre que le strict minimum : son sac à peine rempli de quelques rations, son talkie et son arc. Il devait être sorti depuis près d’une heure et le soldat n’avait toujours pas cherché à le contacter, prouvant qu’il n’était sans doute pas encore rentré pour trouver leur maison vide. Et force était de reconnaître que la lâcheté de Will l’avait totalement quitté. Il ne s’était pas tellement éloigné de Fort Hope, à en croire la carte qu’il tenait précieusement dans ses mains. En vérité, il n’arrivait tout simplement pas à s’y résoudre. Son coeur et son cerveau débattaient violemment pour emporter la bataille. Fallait-il renoncer à ses peurs ou à l’homme qu’il aimait, il ne parvenait à faire un choix concret.

Ce fut ainsi qu’il se retrouva bientôt à faire face à une église et, comme il le réalisa beaucoup trop tard, à un vivant. Son coeur manqua un battement à l’instant où il vit la silhouette de l’homme assis sur le parvis du bâtiment religieux. Aussitôt que la chaleur désagréable de l’angoisse enserra son myocarde, il banda son arc dans la direction de l’autre et continua d’avancer aussi prudemment que possible. Ses mains tremblaient plus qu’il ne l’aurait admis, mais il s’efforça de conserver un air neutre, menaçant, tandis qu’il se maudissait d’être sorti. L’idée d’être de nouveau pris au piège le paralysait presque. Et quand l’homme prononça son nom, il lui fallut plusieurs longues secondes avant de réaliser devant qui il se trouvait. L’arc fut abaissé aussitôt. “Costard ?” demanda-t-il, incrédule. L’homme qui se tenait face à lui n’avait plus grand chose à voir avec le souvenir fané qu’il conservait du type excentrique qu’il avait eu passablement envie de tuer. Il ne portait même plus le costume plus qu’onéreux qu’il arborait à l’époque. Malheureusement, Will devait bien admettre qu’il ne se souvenait plus de son véritable nom. “Qu’est-ce qui est arrivé à ton précieux costume ?” demanda-t-il et malgré ses efforts pour sonner moqueur et désagréable, sa voix n’était toujours que l’écho de la mort.

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Dim 1 Juil - 22:32
La première question du jeune homme consiste à s’assurer que je suis bien moi : Costard. Manque de pot, je pense que si j’ai été cet homme il fut un temps -Ok… Depuis ma naissance en fait-, je ne le suis clairement plus aujourd’hui. En fait, c’est bien ça, le souci. Je ne sais même pas quel homme je suis. Donc dois-je répondre oui ? Ce serait affirmé que je suis bien ce type qui me dégoûte de plus en plus. Ou que je jalouse ? Mais si je réponds non, il va croire que j’y ai laissé ma santé mentale, ou que je suis un de ces sosies à la noix. Je doute fortement que le Lazare d’antan ait eu des fans allant à ce point. Je me contente d’un signe de tête. Ni oui, ni non. Et aussitôt il me demande ce qui est arrivé à mon costume. J’ai un léger rire suivi d’un haussement d’épaule. Je réponds sur un air quelque peu sarcastique cette phrase issue de Terminator « Demain, c’est la lessive. Plus rien à se mettre. » J’accompagne le tout d’un sourire. Il a droit de savoir que tout le sarcasme de cette phrase ne le vise pas. Si seulement les choses étaient encore aussi simples.

Il attend sans doute une réponse plus sérieuse concernant mon accoutrement. Je prends un air un peu plus sérieux et détourne mon regard du jeune brun « J’ai… J’ai compris certaines choses. Même si j’avais l’air d’un parfait abruti, j’étais juste… Ce n’était pas moi. Pas totalement. De toute manière, ça ne l’est plus. » Et là j’en ai trop dit. Je n’ai pas envie de devoir dire que je ne sais plus qui je suis. Ça fait trop cliché. J’ai beau devenir quelqu’un d’autre, je ne dois pas vivre sur les clichés. Ça fait… Beauf. Ouai… A croire que le vieux Lazare n’est pas trop loin pour que je me soucie ainsi de ce dont je puisse paraître. Quelle importance, après tout ?

J’avise son arc dans les mains et fait un sourire en coin « On dirait qu’il t’es arrivé des bricoles… » Où est son arbalète ? Pourquoi a-t-il l’air autant sur le qui-vive ? Bon, il l’était déjà pas mal la fois dernière mais si je n’avais pas prononcé son nom, il y a fort à parier qu’à l’heure actuelle, j’aurai un piercing façon flèche nasalo-crânienne. J’en viens presque à regretter qu’il m’ait reconnu… Il ne faut pas avoir des pensées aussi obscures. Je ferme les yeux un instant afin de chasser une telle idée.
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Dim 8 Juil - 17:21
Un léger tremblement secoua les épaules de Will et un minuscule sourire étira ses lèvres à la réponse de l’homme. S’il ne reconnut pas la référence, il apprécia la plaisanterie, comme en témoignait ce semblant de rire pas vraiment joyeux, pas vraiment convaincant. Il n’eut même pas la force de le prendre comme autre chose qu’une simple blague et la façon dont l’homme la disait résonnait parfaitement en lui. Il ne savait pas ce qui était arrivé à l’homme au cours des six ou sept derniers mois, mais visiblement l’un comme l’autre avaient été mis face à la réalité du monde dans lequel ils vivaient. Et ça ne leur avait pas fait de bien. Dans tous les cas, Will ne ressentait pas vraiment le besoin d’en savoir davantage et au lieu de renchérir sur cela, il préféra retirer la flèche toujours fermement coincée dans son poing pour la remettre dans le carquois à son épaule. Il venait tout juste de la ranger quand l’homme face à lui reprit la parole, pour lui offrir une explication certainement plus sérieuse. L’ingénieur releva les yeux vers lui et l’observa un instant. Il avait ouvert la bouche très légèrement, comme s’il s’apprêtait à répondre quelque chose, mais il ne savait pas quoi et son silence perdura. Que pouvait-on dire à cela, de toute façon ? Ce monde était une merde, une horreur, un cauchemar dont ils ne se réveilleraient jamais. Chacun l'apprenait à un moment ou à un autre.

Alors il se contenta d’un petit hochement de tête, comme pour dire “je vois ce que tu veux dire”, mais sans avoir à prononcer le moindre mot. Il se sentait à la fois gêné et soulagé. Gêné d’être face à un autre être humain, mais l’un de ceux avec qui il ne pouvait pas vraiment se comporter comme le dernier des connards uniquement parce qu’il ne se sentait pas d’humeur à discuter. Et soulagé de savoir qu’il n’était pas le seul dans ce monde à se sentir complètement paumé ou à se prendre des claques en pleine face, mais que pour une fois, ce ne soit pas quelqu’un qu’il aime au point que de seulement le regarder souffrir lui fasse encore plus de mal. Pour cette raison, il restait là à se tenir debout devant l’homme sans savoir vraiment comment poursuivre la conversation, plutôt que de tourner simplement les talons.

Suivant le geste de l’homme, Will baissa les yeux sur l’arc dans ses mains. Il haussa les épaules à son tour, pas sûr de quoi répondre. Le simple fait de repenser, même brièvement, à Maryse lui donnait envie de pleurer. Et il n’avait certainement pas envie d’en arriver à de telles extrémités devant un quasi inconnu. “J’étais un archer talentueux bien avant que tu n’entres dans ma vie.” répondit-il et même si l’on sentait la tentative de parler comme il l’aurait fait six mois plus tôt, moqueur et nonchalant, le résultat restait encore désespérément inconsistant. Cela le désespéra d’autant plus et lui arracha un soupir. À quoi bon faire semblant s’il n’arrivait pas à fournir une représentation un peu convaincante ? “J’ai appris quelques leçon, moi aussi, dernièrement.” lâcha-t-il finalement. Doucement, presque craintivement, il s’approcha de l’homme, uniquement pour s’asseoir sur les marches devant l’église à son tour. Il posa l’arc à plat à ses côtés, à portée de mains au cas où il aurait besoin de se défendre soudainement et braqua son regard sur le vide devant lui. Il n’avait aucune envie de rentrer à Fort Hope maintenant et aucune envie de s’en éloigner davantage non plus. Alors pourquoi ne pas rester là ? Le compromis lui semblait correct. “T’as envie de me raconter ce qui t’es arrivé ? Qu’on rattrape le temps perdu ? J’ai à manger.” proposa-t-il, sans faire l’effort de relever les yeux vers l’homme. “C’est quoi ton nom, déjà ? Parce que “Veste de cuir”, c’est beaucoup moins sympa que “Costard”...”

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Dim 8 Juil - 18:03
Il était un archer talentueux avant que je n’entre dans sa vie ? Je crois qu’il faut vraiment que je mette à jour mon calendrier : Aujourd’hui, Will m’a parlé de son passé. Pas grand-chose, mais venant de lui c’est énorme. Et donc l’autre jour… Il y a genre… Sept mois ? Six ? Bref. Je suis entré dans sa vie. Je ne peux qu’esquisser un sourire et détourner le regard. Non pas que je n’assume pas mon sourire, mais d’ordinaire, il est tellement narquois. Lorsqu’il est sincère, je n’aime pas. Surtout lorsqu’il résulte d’une plaisanterie que je me suis moi-même fait. Il surenchérit, annonçant qu’il a appris quelques leçons dernièrement. Mon sourire est vite balayé par une petite grimace. Si seulement nous avions de véritables leçons avec des morales à retenir et qui nous fasse avancer. Mais dans mon cas, j’aurai préféré ne jamais en avoir. Et vu son air, je pense que lui aussi.

Je ne le regarde pas, mais je sens qu’il s’assoit prés de moi. Il me fait une proposition : raconter ce qui m’est arrivé autour d’un repas et… Rattraper le temps perdu ? C’est marrant, la dernière fois, je suis presque sûr que je lui ai fait perdre son temps. Le jeune homme, quoi qu’ayant l’air d’avoir vécu pas mal de galère, a l’air d’avoir rencontré Miss humilité. « C’est surtout toi qui devrait manger un morceau, mon chou. T’as l’air d’un peu trop tenir ton régime. Tu n’as pas l’air plus épais que l’une de tes flèches ! » Dis-je, sur un air similaire à l’ancien Lazare. Un air nostalgique paraît quelques secondes sur mon visage avant de disparaître. Bien sûr que je plaisante, il le sait. Je l’espère. Parce que de mon côté, je regrette pas mal de choses, y compris le connard pas finit que j’étais. Heureusement, il me sort de mes pensées en me demandant mon prénom, à nouveau. « Je trouve que veste en cuir sonne mieux, de mon côté. Mais sinon, je suis Lazare. Mais tous ceux qui m’entourent m’appelle sale con. Au choix, du coup. » Mon regard se pose sur mes doigts et s’y perd petit à petit.

« Avant, je ne pensais qu’à moi-même, incapable de progresser, flippant pour un rien. Une survie ne me suffisait clairement pas. Je voulais vivre. Et pour ça, ne pas tuer des morts, continuer à faire comme si de rien n’était, c’était ma façon de faire perdurer l’ancien monde… Puis… Puis j’ai découvert ce qu’est l’amour et l’amitié. Je me suis rendu compte que mon comportement m’arracherait des personnes que… Que j’aime et… Merde quoi ! » L’énervement et le désespoir s’emparent de mes traits. Je donnerai cher pour une clope. « C’est à peine si j’ai eu droit à l’amour de ma tante, lorsque ma mère m’a abandonné auprès d’elle. Dans cette vie d’avant, j’ai survécu, seul. Je me suis construit tout seul et… Ouai, je n’avais d’amour que pour ma musique et mes biens comme ces foutus costards et cette caisse… C’est l’effet que ça me fait : apprendre à aimer des gens alors qu’ils risquent leurs vies perpétuellement pour moi qui ne fait aucun effort. » Je repense à cette fois avec Tasha, où devant ses yeux, je me suis posé mon flingue sur ma tempe. Ce rôdeur que j’ai tué à main nu, pris d’une rage, et ce sous les yeux de Dylan. Ou encore la façon dont j’ai envoyé Dwight sur les roses car ce dernier a touché une corde sensible avec sa délicatesse légendaire. J’en ai déjà trop dit. Je finis par détendre mon visage et calmer mes émotions pour reprendre sur un ton moins agressif envers moi-même : « Et toi ? Tu as l’air encore plus affamé et plus fatigué que la dernière fois. Tu veux en parler ? »
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Mar 10 Juil - 14:32
Sans prendre la peine d’ouvrir son sac pour sortir les rations dont il venait de parler, Will coula un regard sur son propre corps - ou du moins ce qu’il pouvait en voir. Son cours passage chez Maryse l’avait effectivement mis à mal. Il souffrait déjà de la faim la première fois qu’il avait rencontré Costard et tous les efforts d’Elias pour lui faire reprendre un peu de poids avaient été effacés d’un revers de la main après un mois à ne se nourir que sous la contrainte et uniquement de liquides. Il recommençait à se nourrir depuis son retour à Fort Hope, mais il affichait effectivement toujours un corps sec, d’autant plus souligné par les heures qu’il passait désormais à se dépenser physiquement pour expulser la rage contenue dans son coeur. Il haussa les épaules et détourna rapidement les yeux de cette réalité accablante. “La cuisine et moi, ça n’a jamais fait très bon ménage malheureusement.” répondit-il très sobrement à la remarque, tentative d’humour, de son acolyte. Peut-être était-ce pour cela qu’Elias refusait encore et toujours de le toucher ? Parce qu’il ne ressemblait plus à rien et que son corps avait fini par dégoûter son compagnon ? Cette idée fit naître un frisson qui courut un moment sur sa peau et il défit assez brusquement le sac encore accroché à ses épaules pour y fouiller dedans et en sortir les rations militaires préparées par le soldat.

Il mordit dans l’une d’entre elles tandis que l’homme entreprit de lui rappeler son vrai nom. Lazare. Suffisamment original pour que Will ait pu s’en souvenir, mais forcément il n’était pas très attentif aux autres à cette époque. Il ne l’était peut-être pas encore totalement, mais il s’ouvrait davantage dans ce domaine. Un nouveau rire silencieux lui échappa et il avala difficilement la bouchée qu’il venait de mordre avant de tourner les yeux vers l’homme. “C’est marrant, c’est exactement ce que j’ai dit à mon homme la première fois qu’on s’est parlés.” fit-il remarquer. Étonnement, son visage sembla s’éclairer un peu à ces mots, le souvenir d’une époque où Elias et lui n’étaient pas encore comme deux étrangers réunis par le même drame lui faisait autant de mal que de bien. “Je vais rester sur Lazare, ça évitera les confusions.” souffla-t-il finalement. Il se força d’autant plus à manger après cela, comme si reprendre du poids pourrait effacer tout le reste et combler l’immense brèche qui s’était creusée entre le soldat et lui au cours des dernières semaines.

Et tandis qu’il profitait de son repas, il offrit à Lazare de lui raconter ce qui était arrivé. Les mots résonnaient étrangement en lui. Pas tous, peut-être, bien que Will ait connu la peur, il n’avait jamais réellement refusé la réalité de ce nouveau monde bien au contraire. Mais l’égoïsme et la peur soudaine de perdre des êtres chers qui nous pousse à dépérir de l’intérieur… Il comprenait. Il l’avait traversé et, bien malgré lui, ce genre de pensées lui passai encore par l’esprit. Il se retrouva muet, les yeux fixés sur Lazare, lorsque l’homme lui retourna sa question. À côté de passer un mois en captivité avec une psychopathe comme bourreau, les problèmes du musicien semblaient étrangement… irréels. Le malaise s’empara de Will et il se racla la gorge bruyamment. “C’est juste… Tu sais… Un peu comme toi.” souffla-t-il au bout d’un moment. Visiblement, il ne disait pas tout et ça s’entendait dans sa voix autant que ça se voyait dans sa façon de se tenir. Il haïssait profondément ce fait, d’être devenu complètement incapable de porter son masque de connard indifférent au monde et aux sentiments. Il détestait ne plus être lui-même. “J’ai croisé ces types, il y a quelques semaines et ils s’en sont pris à moi. J’ai un peu de mal à me remettre et… Enfin, j’ai aussi des problèmes avec mon mec. Ce n’est pas très intéressant.” Il essayait réellement de s’expliquer, d’être honnête, mais il n’y arrivait pas. Pourtant, s’il existait bien quelqu’un avec qui il pourrait parler de Maryse et de ce qu’il avait vécu là-bas sans que ça ne crée davantage de problèmes, qui de mieux qu’un parfait inconnu ?

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Mar 10 Juil - 20:23
Le jeune homme justifie sa mal nutrition par un manque de talent aux cuisines, ce qui eut le don de me faire rire. J’ajoute sur le même ton de rigolade « C’est sûr que depuis que les services de livraison à domicile de nourriture ne tournent plus, on sombre vite dans la mal bouffe ou pire… » Mais je peux voir que ma remarque sur son poids a l’air de le perturber. Je le regarde manger tout en annonçant mon nom et mon surnom. Je suis comme heureux d’apprendre que je ne suis pas le seul sale con sur cette terre. Mais pour éviter que l’on s’y perde, il préfère s’en tenir à Lazare. « C’est bon pour moi. De toute façon, je dois t’avouer que “Sale Con” n’est pas un prénom très facile à porter. » J’en viens à parler de mon parcours chaotiques de ces derniers mois, rapidement. Enfin, je crois. Et je lui retourne la question. Il faut croire que Jeune_Homme.exe a cessé de fonctionner. Il bug juste en me disant que c’est tout pareil que moi.

Quoi de mieux pour ne pas se justifier que de dire que c’est pareil, pas vrai ? Mais il se rend compte qu’il est trop évasif et manque de personnalité, il faut croire. Il reprend en m’en disant un peu plus. Je grimace lorsqu’il me fait part de la cruauté humaine. Je ne peux m’empêcher de réagir assez négativement. « Mais mais mais… Faut leur couper les roubignolles à ces types ! Excuse-moi. J’ai horreur de la violence de base, alors quand elle est gratuite… Et… Ton mec ? Mais… Il se passe quoi exactement ? Là mon chou, tu rentres sur le domaine de l’ancien Lazare, tu sais ? Il fût un temps où j’étais un véritable charmeur… Avant… Quand j’étais encore… Bref… parles m’en d’avantage, veux-tu ? ça m’intéresse. » Bien entendu que je le laisse parler à ce sujet.

C’est simple. Avec tout ça, toute cette folie, on oublie trop souvent que nous ne sommes que des hommes. Et des femmes. On a des soucis quotidiens, des frustrations, comme avant. Sauf qu’on les met de côté pour continuer à avancer. C’est nul. On ne devrait pas. Ça empoisonne le cœur et l’esprit. Il faut en parler et solutionner ça. C’est même prioritaire. Si l’on oublie d’être humain dans des situations normales, alors nous ne valons pas mieux que ces morts que nous fuyons.

Je me doute bien qu’il ne va pas se laisser convaincre aussi facilement, c’est pourquoi j’entreprends de lui prouver par A+B qu’il faut en parler. D’abord, la thèse « Il ne faut pas garder pour soit des choses aussi importantes que d’aimer quelqu’un et que ça n’aille pas. Tu te dis que ça n’a sans doute plus sa place dans ce monde mais… Sans amour, le monde vaut-il vraiment le coup ? » L’antithèse. « Bon, bien sûr, tu peux te dire que ressasser sans cesse des choses négatives, c’est se raccrocher aux pires choses que cette apocalypse a à nous offrir, et donc c’est en quelque part te tuer à petit feu pour t’ôter ton envie de combattre ces mécréants de macchabés… » Synthèse. « … Mais le garder pour soi c’est armer un peu plus une bombe à retardement et ne pas évacuer en temps réel ce que t’as sur le cœur. T’es une cocotte-minute, jeune homme. Si tu ne relâche pas la pression, tu explose. Il vaut mieux en parler maintenant et essayer de résoudre le problème pour arranger les choses et aimer tant que la vie te le permet. » Oh mon dieu ! Je réalise que ces conseils s’appliquent à moi aussi et me perturbent quelque peu. Je sens un poids sur mon cœur. Je vois Dylan, Dwight et Tasha dans mes pensées. Ils me manquent tellement alors que je les ai encore vu ce matin. Mais ce voyage en quête de moi-même me prive de cette joie d’être à leurs côtés. C’est fait, j’ai soupiré.
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Mer 11 Juil - 16:02
Fut un temps - pas si lointain - où Will n’aurait pas hésité une seule seconde à faire comprendre à Lazare que ses problèmes n’en étaient pas réellement et que d’autres - tels que lui, par exemple - souffraient bien davantage pour des choses bien plus graves qu’une simple remise en question plus que nécessaire. À cette époque, il n’aurait pas envisagé une seule seconde d’épargner les sentiments d’un quasi inconnu ou de les prendre en compte, ou même seulement de se confier sur les siens. Il fallait avancer. Survivre coûte que coûte. Et Will était doué à ce petit jeu-là. Aucun contact, aucune attache, rien à risquer, rien à perdre. Mais aujourd’hui, il n’arrivait tout simplement pas à balancer ses vérités sans craindre de mettre l’homme mal à l’aise. Alors, il essaya de mentir. De minimiser sa propre peine, peut-être. Mais, bien sûr, ses mensonges ne suffirent pas. C’eut été trop simple, n’est-ce pas, s’il n’avait eu qu’à prétendre qu’il n’y avait rien de grave pour que la conversation soit déviée sur un autre sujet ? Il envisagea de le faire quand même. Changer de sujet. Parler de quelque chose de plus léger ou sortir une mauvaise blague, une remarque glaciale pour transformer sa tension en quelque chose de plus supportable. Mais il releva les yeux vers Lazare qui essayait de le convaincre et de le réconforter sans aucune raison et se demanda brièvement “pourquoi pas ?” et c’était trop tard.

“C’est juste…” Il avait menti, mais il ne pourrait certainement pas justifier ce qui clochait dans son couple sans dire la vérité. Un soupir lui échappa alors qu’il réalisait que l’homme comprendrait bientôt la supercherie. “Ces types… Ils m’ont emmené avec eux… quelque part, je ne sais pas trop où. Il n’y avait pas de fenêtre dans la salle où j’étais enfermé.” Son regard se reposa sur le vide entre ses pieds tandis qu’il se remémorait tranquillement les contours de sa cellule, le petit lit de camp et le sol glacé sur lequel il avait passé tant de temps. “J’y suis resté un mois, je crois. Et… Enfin, c’était… difficile.” Au moins maniait-il toujours les euphémismes avec la même expertise. Difficile. Autant que pouvait l’être un mois entier sans voir la lumière du jour, à subir tortures physiques et psychologiques dans l’espoir de le refaçonner. “Je suis rentré depuis quelques jours. Une semaine, je crois, je ne suis pas sûr. Et Elias… Il…” Il quoi, au juste ? Il le traitait comme une petite chose fragile, un oiseau blessé qu’il fallait protéger en l’enfermant dans sa petite cage aux barreaux dorés et au confort inégalable. “On a du mal à se retrouver.” dit-il plutôt, même si ça ne résumait que très imparfaitement la situation. “On ne parle pas vraiment et surtout pas de ce qui est arrivé et c’est à peine s’il ose m’effleurer alors je ne te parle même pas du… enfin, tu vois. Mais j’imagine que je ne peux pas vraiment lui en vouloir, qui aurait envie de vivre avec moi ?” D’un geste de la main, il désigna son corps amaigri, brisé par la fin et les tortures, son air fatigué, sa voix morne et la crainte constante dans ses yeux. “J’imaginais seulement qu’une fois rentré, tout pourrait rentrer dans l’ordre, mais ce n’est pas le cas et j’ai l’impression… J’ai l’impression de ne pas être vraiment sorti de ce trou.”

Un nouveau soupir lui échappa, bien rapidement suivit d’un léger rire à donner des frissons aux plus courageux. “C’est idiot, je sais.” lâcha-t-il finalement. “Je suis en vie, c’est le plus important, non ? Qu’est-ce que ça peut faire que mon mec ait envie ou non de me regarder, du moment que je respire tout va bien. Il y en a bien d’autres qui n’ont pas cette chance !” Voir le bon côté des choses n’étaient pas vraiment dans ses habitudes non plus. Il s’était même longtemps targué d’être plus réaliste qu’optimiste. Ça aussi, ça évitait bien des déceptions. Mais quoi qu’il lui soit arrivé dans cette cave, ça l’avait changé complètement. Peut-être était-ce une autre des raisons pour lesquelles il ne retrouvait pas réellement sa place dans sa vie.

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Jeu 12 Juil - 21:08
Ma théorie finie, le jeune homme met un moment à parler. Je sens l’hésitation sur ses lèvres. Une hésitation causée par bien plus de douleurs que je ne puisse l’imaginer. Je le laisse parler. Je m’horrifie bien plus qu’autre chose, mais quelque part, je suis assez satisfait qu’il s’ouvre enfin. Alors je me concentre pour me représenter ce qu’il vient de vivre. L’enfermement, un amour trop protecteur qui l’empêche d’être celui qu’il veut être. Le regard d’autrui a bien plus d’importance qu’on ne veuille le croire. Ce que nous sommes à leurs yeux définissent nos actes qui font de nous ce que nous sommes. J’en sais quelque chose. Même si mon parcours est beaucoup moins déprimant que le sien. Je regrette presque de lui avoir demandé ce qu’il en est pour lui. Je ne vais plus pouvoir me plaindre après ça, c’est sûr.

Il finit sur une morale on ne peut plus douteuse. Il est en vie, oui et ? « Et survivre te suffit ? Si c’est le cas tant mieux. Mais est-ce là la meilleure façon d’honorer ceux qui ne sont plus ? Tu sais ? Je ne veux pas te paraître trop… Comment dire… Je ne te juge pas, d’accord ? Mais… Tu me fais penser à ma Dylan… Elle… Elle survit. C’est tout. Et ça me va ! Tant que je la vois tous les jours et qu’elle continue de m’apprendre à me défendre… Sauf que petit à petit je réalise que si je la perds, je ne serai qu’un oisillon tombé du nid. Et… Elias, c’est ça ? Bref… Il est dans la même position que moi. Sauf que lui, il a bien failli te perdre pour de bon et il te voit ravagé. Que ferais-tu à sa place ? Comment gérerais-tu ça, s’il se présente à toi maigre comme un clou et à moitié ravagé par je ne sais quel groupement de sadique à la Manson’s Family ? »

Je réalise que j’ai vraiment l’air de le juger. Je dois calmer le jeu avant que je ne tombe encore d’un toit comme la dernière fois. « Et les réponses, ça sert à rien de mentir pour me les cacher… De toute façon, elles ne me concernent pas. Ce qu’il faut, jeune homme, c’est qu’elles te parlent à toi. Donc je ne peux pas te dire que je vais t’aider à te venger en massacrant ces tarés, ou te montrer comment faire. Je suis novice avec ça… » Je montre le bō de Dylan en le tenant devant moi, admirant au passage l’arme. « Par contre, t’enlever une aiguille du pied en t’aidant à gérer tes sentiments, ça, c’est mon domaine. On va jouer à un jeu, tu veux ? Imagine deux secondes que je sois Elias… Je n’en sais rien… Ferme les yeux ! Dis-toi que tu peux vider ton sac auprès de lui. De toute façon, c’est virtuel. Un peu comme si tu parlais à une photo, ou je n’en sais rien… Que lui dirais-tu, là, maintenant, concernant ce poids sur le cœur ? »
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Sam 14 Juil - 13:51
Quoiqu’il n’en aurait pas juré, Will ressentit un certain soulagement à pouvoir enfin déballer une partie de ce qu’il avait sur le coeur sans craindre d’empirer encore un peu son cas. Peut-être que Lazare avait raison, finalement. Ça l’embêtait un peu d’admettre que quelqu’un d’autre que lui puisse détenir la vérité absolue - ou du moins ça l’aurait ennuyé par le passé - mais il devait bien admettre qu’il avait un peu moins envie de mourir tout à coup. Mais il n’allait clairement pas mieux. Et il alla encore moins bien quand Lazare décida brusquement de le noyer sous un flot de questions vraiment très, très, très détestables. Le genre de questions auxquelles Will ne voulait pas répondre. Bien sûr que non, survivre ne lui suffisait pas. Ça ne lui suffisait plus depuis un moment, depuis qu’il avait posé les yeux sur ce stupide petit soldat horriblement sexy et terriblement coincé qui, par un miracle assez improbable, lui avait rappelé quelle saveur avait la vie. La vraie vie. Bien sûr qu’il comprenait pourquoi Elias agissait ainsi depuis son retour. Il n’était pas idiot, il ne l’avait jamais été et cette femme pouvait lui avoir tout enlevé, elle ne lui avait certainement pas pris ses neurones. Mais qu’est-ce que ça changeait ?

Il ne savait pas quoi répondre à l’homme assis à ses côtés. Et heureusement, il n’eut pas à le faire, puisque Lazare lui proposa plutôt un petit jeu qui ne semblait pas très amusant à première vue. Mais peut-être… Peut-être que ça aiderait autant que d’admettre qu’il allait mal. Peut-être que ça aiderait même davantage. “Attends…” répondit-il en relevant les yeux vers l’homme. “Tu veux dire que tu n’es pas gay ?!” Cette question n’avait aucun intérêt. Il la posait quand même, car elle lui offrait de gagner un peu de temps. Un peu de temps pour réfléchir à ce qu’il voudrait dire à Elias, si le soldat se tenait devant lui en ce moment et qu’il pouvait lui parler sans craindre de le détruire encore un peu plus. Un peu de temps pour décider s’il voulait exprimer cela à voix haute ou le garder pour lui.

Il laissa un silence s’installer et profita de chaque seconde pour peser le pour et le contre. Il risquait fortement de se ridiculiser encore un peu plus devant quelqu’un qui ne le méprisait pas encore complètement. Mais visiblement, il ne disposait plus de suffisamment d’estime pour lui-même et d’orgueil pour s’en soucier. Il ferma les yeux et serra les paupières tellement fort qu’il vit des étoiles de l’autre côté et il s’efforça de visualiser Elias. Il éloigna toutes les images trop pesantes de l’homme brisé, blessé et inquiet avec lequel il vivait depuis quelques jours et invoqua plutôt cet inconnu trempé par la pluie qui s’était tenu devant lui huit mois plus tôt. Cet homme sublime, mais si profondément frustré, que Will s’était amusé à pousser à bout et qui lui répondait avec tellement d’honnêteté, qui s’était offert à lui si simplement. “Regarde-moi.” souffla-t-il à voix basse, sans plus se soucier de Lazare près de lui. Il était seul dans cet open-space, la pluie résonnait sur les vitres et les nuages masquaient les rayons du soleil et Elias était debout devant lui, immuable et parfait. “Regarde-moi. Je suis en vie et je vais bien et j’ai besoin de toi, de nous. J’ai besoin que tu me parles et que tu me touches comme si j’étais encore humain, j’ai besoin que tu te pardonnes et que t’arrêtes de me regarder avec pitié et de jouer les martyrs. Tu n’as rien fait de mal et tu m’as sauvé, mais si tu continues comme ça, tu vas faire pire que cette femme, tu vas me prendre la seule chose, la seule personne qui compte vraiment dans ma vie et tu vas me tuer ! Je t’aime. Je t’aime tellement et je ne supporterai pas de te perdre une deuxième fois et c’est exactement ce qui est en train de se passer. Alors pitié, pitié, regarde-moi, parle-moi, fais-moi l’amour, hurle-moi dessus, déteste-moi, ris avec moi et vis avec moi, mais arrête de me traiter comme une pauvre petite chose sur le point de se briser entre tes doigts.”

Il rouvrit les yeux brusquement et essuya les larmes qui commençaient à s’en échapper d’un revers de la main pour le moins violent. Et maintenant ? Il se sentait ridicule à présent que la présence de Lazare se rappelait à son bon souvenir. Mais un peu mieux aussi, d’avoir pu hurler, car c’était exactement ce qu’il venait de faire et il ne s’en était même pas rendu compte. Et puis surtout frustré. Car qu’importe à quelle force il hurlait, Elias ne l’entendait pas.

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Mer 18 Juil - 14:47
Will semble choqué de savoir que je ne suis pas gay. Un large sourire fend mes lèvres. « Mon chou, tu serais étonné d’apprendre que je me suis moi-même longuement cherché. Avant je n’aimais que moi, ça allait de soi. Donc tout ceux qui me renvoyait une image plaisante de moi-même… Je les ai aimés. Mais… Enfin, peu importe, c’était faux. » Parler d’amour. Pas du sien ! J’aime qu’il se confie à moi. Mais parler de mes sentiments à moi c’est… Oui j’ai cru aimer des gens qui me vénéraient, voulaient coucher avec moi pour ma popularité, mon pognon et tous les artifices. Maintenant… C’est différent. Peu importe, on n’est pas là pour parler de moi, si ? Je lui ai proposé de toute déballer. Enfin… quand je pense à ça, je ne parle pas de son pantalon, bien évidemment. Je ne veux pas avoir d’ennui avec cet Elias. De toute façon, je devine que c’est pour tenter de changer de sujet. Je dois le recentrer, le cadrer. « Alors, mon grand, tu me dis ce que tu as sur le cœur ? » Ou je dois moi aussi t’enfermer dans une cave pour que tu le fasse ? Quoi ? C’est trop tôt ? Eh ! Je n’ai fait que la penser, cette vanne !

Oui, bon, je sais que je lui ai demandé de fermer les yeux pour que ça soit plus facile, mais là, vu la grimace, on dirait qu’il pousse, non ? Je regarde derrière lui pour être sûr que rien ne sorte. Il me demande de le regarder. Ça y est. Les pubs sont passés. Le film démarre ! Fichtre ! Je n’ai pas de pop-corn ! Oh… C’est vrai… je dois analyser la suite. Donc je me concentre et je le regarde comme il me le demande. Je tente de ne pas trop afficher mon enthousiasme d’en savoir plus sur le baby-chou, mais je me dis qu’au fond de moi, je serais parvenu à quelque chose au moins une fois dans ma vie.

J’ai l’impression qu’il écrit une lettre de vacances à son cousin. « Je suis en vie, je vais bien, … Il fait plutôt beau par ici, et c’est vraiment sympa comme coin si on oublie que tout est détruit ! » Oh non, la suite devient intéressante. Quoi ? J’ai loupé des épisodes. Quelle chose compte vraiment dans sa vie ? Cette personne, c’est quoi ? Non je ne dois pas lui demander, je vais tout casser. Oh ! Il l’a dit ! Il m’aime… Oh non c’est vrai ! Ce n’est pas à moi qu’il parle. Oh il s’énerve. Je devine le bouquet final ! Mais… C’est une larme que je vois, au coin de son œil ? Alors… C’est tout ça l’amour ? Le vrai ? J’ai vraiment dû rater un épisode avec Dylan.

Voilà que je comptais me divertir et finalement je me retrouve encore une fois confronté à mes sentiments. Pourquoi… Pourquoi je n’ai pas un truc comme ça, moi ? Pourquoi… Oh non ! C’est mon tour. Je sens les larmes se présenter à mes yeux, fixant le vide devant moi. Je perçois du coin de l’œil qu’il bouge. Il s’essuie le liquide lacrymal qui s’échappe de ses yeux et je l’imite avant de le regarder et tenter un sourire.

Un sourire qui dérape et finit en pleurs. « Pe… Personne ne m’a jamais dit une chose pareille, Will… Personne avant toi… Et… Et c’était même pas pour moi… » Oh non… Je suis ridicule… Au moins, s’il avait peur de l’être, il peut se sentir rassuré. Je le suis encore plus. « Viens là, mon grand ! » Je le prends dans mes bras sans attendre son consentement et le serre contre moi. Non pas pour le consoler, mais pour me consoler moi. Bon… J’espère que ça marche pour lui aussi car s’il s’énerve, je ne vais pas échapper à sa flèche cette fois. « Faut que tu dise ça à ton Elias ! Faut que tu le retrouve et que tu lui hurles dessus comme ça ! C’était si… J’aimerai avoir la force de faire la même chose avec… Avec ma… Ma Dylan ! » Second round de larmes qui s’écoulent sur mes joues à flot.
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Dim 22 Juil - 9:51
La tension devenait lourde pour Will et la honte aussi. Elle éclipsait presque entièrement le soulagement d’avoir enfin pu parler et lâcher tout ce qu’il avait sur le coeur. Ça faisait du bien, certes, mais pas suffisamment et il se sentait tellement ridicule. Au point qu’il refusa obstinément de tourner les yeux vers Lazare et qu’il envisagea même sérieusement de se tirer aussi simplement que ça. Encore aurait-il fallu que son corps soit en mesure de bouger, ce qui n’était définitivement pas le cas. Il fut donc obligé d’attendre en agonisant que quelque chose se passe. Et ce quelque chose fut l’homme à ses côtés qui se décida à parler. Malgré sa résolution à ne plus jamais regarder Lazare en face, ses premiers mots l’étonnèrent tellement qu’il ne parvint pas à s’en empêcher. Comment ça, personne ne lui avait jamais rien dit de tel avant ? Il ne parlait pas à ce type, c’était bien le but de l’exercice, non ? Imaginer Elias et lui parler à lui. Il savait qu’il n’aurait jamais dû accepter… Probablement qu’il se moquait simplement et cela fit sentir Will encore plus mal. Il avait été stupide de faire ça, de laisser ses émotions prendre le dessus et d’accepter de faire confiance au premier venu. À croire qu’il n’apprenait jamais les leçons de la vie. Il ramassa son arc de sa main droite, prêt à prendre la fuite à défaut de trouver le courage d’affronter le regard de l’homme. Mais avant qu’il n’ait le temps de se lever, Lazare se rua sur lui pour le prendre dans ses bras et pleurnicher quelques mots.

“Je…” Will resta tendu un moment. Il n’avait pas trop de mal avec les marques d’affection en général, mais là… Ils se connaissaient à peine et il était vraiment mal à l’aise. Deux bonnes raisons pour que ça lui prenne une éternité d’enlacer l’homme en retour. Le geste ne lui sembla pas très familier, mais il fit l’effort de tapoter le dos de son nouvel ami comme si de rien était. Peut-être qu’il ne s’était pas tant ridiculisé que ça, finalement. “T’as raison, je devrais le faire.” admit-il quand l’homme affirma qu’il devait parler à Elias une fois pour toutes. Ça ne servait à rien de se confier aux inconnus et de laisser la personne importante dans l’ignorance. “J’espère juste qu’il réagira comme toi…” Quoi qu’il ne soit pas certain qu’il appréciait beaucoup l’étreinte, il savait au moins qu’il apprécierait de voir son homme le toucher enfin sans craindre de le briser en deux. Et ce serait toujours mieux que le silence qu’ils partageaient ces temps-ci. Le seul problème était sans doute que Will ne savait pas vraiment comment faire ça…

Il commença par s’extirper doucement des bras de Lazare, en tapotant une dernière fois son épaule pour s’assurer que l’homme ne prendrait pas cela pour une tentative de fuite. Il ne savait pas spécialement comment le montrer, peu habitué à devoir exprimer des sentiments de ce genre, mais il lui était reconnaissant de son aide. Et il se sentait vraiment mieux. “Tu sais, je ne suis pas très à l’aise à l’idée de parler de ce que je ressens avec d’autres personnes…” souffla-t-il en détachant précautionneusement son regard de l’homme pour le reposer sur les marches devant eux. “Mais il n’y a rien que je ne dirais pas à Elias. Je sais que lui, il… Enfin, tu vois, que ce qu’on a ensemble, c’est différent.” Cela aussi, ça sonnait ridicule, n’est-ce pas ? Il donnait probablement l’impression d’être un peu crétin, en ce moment. Mais tant pis, après tout. “Ce que je veux dire, c’est que si cette fille compte vraiment, si tu l’aimes, tu devrais lui dire. Chaque fois que t’en as l’occasion. Avant qu’il ne soit trop tard.” Son ton avait quelque peu changé sur les derniers mots et une petite voix dans sa tête ne pouvait s’empêcher de se demander s’il pensait qu’il était trop tard pour lui.

Malgré tout, il réalisa qu’il se sentait réellement mieux. Et motivé aussi. À rentrer chez lui et à mettre fin à la guerre froide qui se jouait dans son couple. À sauver ce qui pouvait encore l’être. Et il devait tout cela à ce type ? “Merci pour ton aide.” souffla-t-il en parvenant étrangement à ne pas être foudroyé sur place en admettant que quelqu’un pouvait l’avoir aidé. “À mon tour de t’aider, maintenant.” décida-t-il. C’était toujours mieux de se rendre utile que de se contenter de mots. Et de ne pas avoir de dettes, aussi. “L’an dernier j’ai perdu mon groupe et il y a un mois, j’ai failli perdre l’homme de ma vie. À chaque fois j’ai réagi comme un crétin en me disant que le mieux à faire pour ne jamais plus souffrir, c’était d’être seul, de ne tenir à personne, mais j’avais tort. Je sais mieux que personne ce qu’on ressent quand on aime quelqu’un dans ce monde et qu’on vit avec la peur constante de perdre ces gens. Si t’as trouvé ce genre de personnes, alors profite de chaque seconde tant que tu le peux et fais tout ce qui est en ton pouvoir pour les garder. Ça fait peut-être peur, mais à quoi ça sert de vivre seul, au juste ? C’est grâce à eux que t’as une bonne raison d’avancer.”

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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Ven 27 Juil - 1:45
L’homme consent enfin à accepter que je sois un homme de raison. Je ne parle pas non plus de sagesse absolue ! Tout le monde sait qu’un homme sage aurait privilégié un autre mode de vie… Genre pied-nu, à regrouper autour de lui des fidèles pour faire le boulot à sa place… Pourquoi pas avec un animal qui en jette, du genre aigle ou… Corbeau ? Ouai ! Un corbeau. Peu importe. Il accepte que je sois quelqu’un qui ait raison. Ça m’étonne pas mal de l’entendre me dire ça. Il faut dire qu’en général, je suis Lazare, celui qui se plante sur tous les aspects. Le genre de type qui n’est bon à rien. J’aurai été politicien ? J’aurai été certes un très bon menteur. Mais en ce qui concerne la diplomatie… Autant dire que les morts-vivants n’auraient pas été le souci majeur de notre siècle. Mille contre un que j’aurai provoqué un holocauste nucléaire. Mais là ? Il l’a dit : j’ai raison. Bon. Je ne le lâche pas pour autant, mais ça m’aide à aller un peu mieux.

Il se recule de mes bras doucement. J’en profite pour sécher mes larmes et secouer la tête pour dire que j’accepte son tapotage de dos. Il rompt de nouveau le silence qui s’installe. Fort heureusement, je commence à ne plus avoir de salive avec ces laïus. Je l’écoute avec attention. Il me parle de lui pour au final revenir à mon sujet. Je fronce les sourcils. « Chaque problème en ordre, veux-tu ? Il y a une différence majeure entre ton Elias et ma Dylan. La première c’est que vous, vous êtes déjà un couple. Nous ? Eh bien… L’amour commence par la haine… Donc… On sort de la haine seulement. C’est déjà un bon début, tu me diras. Mais ton Elias… Ce n’est pas avec moi que tu devrais être. C’est avec lui. » Ouai, ma voix s’était faite tremblante. Normal, j’évoque Dylan en disant que c’est mon crush.

J’ai tellement envie de dire cette expression de la grognasse française qui se prend pour une star alors qu’elle est issue de la TV réalité… Fichtre ! Elle doit le dire à tous les coins de rue, son truc. Plus aucune femme n’a de shampoing, de nos jours. Mais là n’est pas le sujet. Depuis quand je présente Dylan comme étant mon béguin ? Si elle l’apprend, on va retrouver mon scalp quelque part dans Détroit, accroché à une tour. Il me remercie. Je relève les yeux vers lui. Oh, c’est vrai ! Nous parlions. Il veut m’aider. J’arque un sourcil et je n’ai pas le temps de l’inviter à autre chose qu’il me sort son discours.

Alors là, je suis sur le cul. Lui aussi a perdu du monde. Pire encore, il a failli perdre son Elias. Et par sa faute, à ce qu’il me dit. Oh non. Ce n’est pas vrai. L’angoisse. Elle revient. Je me rassieds sur les marches de l’église et prends mon visage dans mes mains, continuant de l’écouter. C’est débile, hein ? Mais j’ai perdu mon premier groupe aussi, et j’ai tellement peur de perdre Dylan, Dwight, ou même Tasha. Déjà qu’on a perdu Summer… Et là… Il me jette face à mes sentiments, mes peurs et le manque d’estime que j’ai envers moi-même : je suis un bon à rien qui n’attire que le danger sur ses proches. « C’est plus facile à dire qu’à faire, jeune homme ! » Ma voix est plus que tremblante. Force 5 sur l’échelle de Richter. Mais je dois reprendre. « Le problème, c’est que si je dis tout ça à mon béguin, elle se tire. Mais si je ne dis rien, c’est… C’est juste un truc qui me dévore en fait. C’est déjà le cas. Je continue à jouer au con, et la regarde me mépriser, mais au moins… J’existe à ses yeux. Tandis que si je lui annonce ce que je ressens elle va me… Elle va me tuer ? Ouai… Au moins ça. Et vivre seul c’est… Je ne sais tout simplement pas le faire. Donc… » Eurêka ! Je me relève dans un presque-bond. « Il suffirait que je me rapproche de mon groupe et que je leur dise qu’ils comptent pour moi. Que je les aide à faire leurs… Leurs… enfin ce qu’ils font quoi. Et puis peut-être qu’en faisant ça avec tout le monde y compris Dylan, elle va finir par se rendre compte que je suis un type bien et m’aimer ? »

Je regarde Will en face avec un large sourire qui s’efface doucement. « Le problème c’est que… Je ne suis même pas sûr de réussir ça. Je veux dire… Les aider dans leurs vies… Et si je m’ennuie ? je vais vite redevenir ce connard sans nom. »
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MessageSujet: Re: Drink with the living dead.   Mar 31 Juil - 11:07
Un instant, Will eut l’espoir idiot d’avoir réussi à se rendre utile. Ça aurait été la première fois depuis un moment, n’est-ce pas ? Et il croyait vraiment que son conseil avait quelque chose d’intéressant. Mais Lazare ouvrit la bouche et tout ce que le jeune homme sut faire fut de secouer la tête de dépit. Peut-être cela tenait-il seulement du désespoir dans lequel se trouvait l’homme. Et puis, il y eut ce petit commentaire, certes plein de bon sens, qui abattit un peu plus l’ingénieur. Effectivement, il aurait dû être avec Elias en ce moment et il aurait dû lui dire à lui tout ce qu’il venait de dire à Lazare. Mais aimer quelqu’un ne suffisait pas toujours à tout arranger, malheureusement. Il lui manquait quelque chose, tout simplement. Le courage, sans doute, d’affronter la situation et d’accepter la possibilité que ce soit un échec. Le courage d’affronter la possibilité que, malgré l’amour qu’ils se portaient, leur histoire pouvait tout simplement prendre fin à cause de tout ça. Et il ne l’avait pas encore totalement. Quoique ce ne soit pas totalement mieux de laisser les problèmes s’éterniser…

Un soupir lui échappa, tandis que Lazare continuait de remuer toutes les bonnes raisons de ne pas se confier à la jeune femme dont il était amoureux. Il avait presque envie de rire, à vrai dire. Il eut un léger sursaut quand l’homme se releva d’un bond et fut quelque peu décontenancé par l’incroyable dramatisme dont savait faire preuve Lazare de temps en temps. Avec la conversation qu’ils avaient eu aujourd’hui, il en aurait presque oublié le type qu’il avait connu quelques semaines plus tôt. Will se leva à son tour et se tourna vers l’homme. “Essayer, c’est déjà un bon début, non ?” Ces quelques mots le firent se sentir encore plus mal. Il arrivait à donner des conseils, mais les appliquer à lui-même… Et pourtant, quoique leurs situations soient bien différentes, ils auraient dû suivre celui-là aussi bien l’un que l’autre. “Au pire, si ça foire… T’auras au moins fait ton possible.” Encore une fois, le ridicule de ce qu’il disait et ne parvenait pas à appliquer à sa propre vie le frappa douloureusement. Il se sentit idiot et c’était probablement l’une des choses qu’il acceptait le moins au monde. Qu’on le trouve ridicule, pathétique, pourquoi pas. Qu’il se sente comme la pire lie de l’humanité, passe encore. Mais il n’était pas un idiot. Ou du moins refusait-il de se voir ainsi. “Mieux vaut des remords que des regrets, comme on dit.” souffla-t-il finalement.

Peu à peu, cette vague de mépris envers lui-même grandit jusqu’à prendre toute la place et ce fut son tour de se redresser un peu brusquement, pour se tenir bien droit devant Lazare. “Tu sais quoi ?” souffla-t-il en croisant le regard du musicien. “Tu as complètement raison. Je devrais être avec mon homme et me battre jusqu’au bout pour sauver mon couple.” La peur, tapie dans l’ombre, était toujours là. Mais il faudrait bien qu’il la combatte un jour ou l’autre et aujourd’hui, pour la première fois depuis bien longtemps, il se sentait un peu mieux. Un peu plus apte à se bouger le cul, au moins. “Et tu devrais faire pareil. Enfin, pas sauver ton couple inexistant ou faire une déclaration d’amour sortie de nul part à une sociopathe, mais juste te battre pour ce que tu veux.” Un sourire presque accidentel étira ses lèvres tandis qu’il tapait l’épaule de Lazare un peu plus joyeusement. “Et on va faire ça dès maintenant !” Il tapa un peu plus fort et serra l’homme contre lui une seconde à peine. L’adrénaline courrait dans ses veines comme ça n’avait pas été le cas depuis bien longtemps. Il craignait un peu la redescente, mais pour le moment… Autant profiter de cet élan de courage pour aller aussi loin qu’il le pourrait n’est-ce pas. “La prochaine fois qu’on se verra, on sera tous les deux heureux, tu verras !” lança-t-il en s’éloignant, prêt à reprendre la route tant qu’il le pouvait encore.

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