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 Amor verus numquam moritur [Eliam]

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MessageSujet: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Jeu 9 Aoû - 23:26


Dernière édition par Will Burbank le Lun 20 Aoû - 8:43, édité 1 fois
[1er Mars 2017] Quatre jours s’étaient écoulés dans un silence quasiment insoutenable, mais la colère de Will, elle, peinait à s’effacer. À force, pourtant, il n’était plus bien sûr de ce qui le mettait dans un état pareil. Les bonnes raisons s’entassaient les unes après les autres. Ce qui était arrivé avec Ezra, bien sûr. La nuit qu’Elias avait passé au grenier au lieu d’essayer tout de suite d’en parler. Le fait qu’il ait retourné toute la maison et récupéré son arme aussitôt que le soleil s’était levé le lendemain, aussi. Et le silence, de plus en plus profond, de plus en plus difficile à briser.  Il y avait la honte, la peur et tellement d’autres petits riens. Quelques jours, Will s’en était satisfait, la colère le poussant à croire qu’il n’aurait aucun mal à ne plus jamais adresser la parole à Elias s’il le fallait. Bien sûr, cela finirait par poser quelques petits problèmes de cohabitation, mais jusque là il s’en sortait plutôt pas mal avec ce plan. Principalement parce qu’il n’avait pas passé beaucoup de temps dans la maison, sans doute. Ou du moins, pas énormément avec Elias. La veille, il était même sorti toute la journée, jusqu’à tomber sur un Lazare complètement déprimé qu’il avait ramené au camp et qui lui avait offert une excuse parfaite pour ne pas avoir à passer la nuit dans leur maison. Car il n’allait pas abandonner son ami dès le premier soir, n’est-ce pas ?

Cela dit, Lazare n’était pas vraiment son ami. Et puis, il parlait trop et donnait trop de conseils agaçants et après une nuit à devoir supporter ses bonnes intentions, Will avait consenti à rentrer chez lui, autant pour lui échapper que parce qu’il se sentait soudainement coupable de jouer au jeu du silence avec Elias depuis si longtemps. Foutu emmerdeur de Costard… Mais sans doute l’homme avait-il eu raison de le pousser à rentrer chez lui et à arranger les choses. Elias et lui se disputaient relativement rarement, compte tenu de leurs caractères à tous les deux. Will n’avait pas l’habitude de se retrouver dans cette situation. Et il n’aimait pas ça, vraiment pas. Retrouver la paix méritait bien qu’il fasse un petit effort, après tout. Quoique… Dès que Will mit les pieds dans la maison aux premières heures du jour, la vague de culpabilité se tassa un peu pour laisser la place au désespoir. Un sentiment de plus en plus familier de profonde lâcheté suivit rapidement. Comme la dernière fois qu’il était entré ici avec la ferme intention de tout arranger, il perdait de sa motivation une fois mis devant le fait accompli. Cette fois, cependant, il ne tomba pas immédiatement sur le soldat et eut donc une chance de s’accrocher encore un peu aux dernières traces de courage qu’il conservait. Suffisamment pour faire le tour du rez-de-chaussé et constater que l’homme n’y était pas. Étrange. Il était encore tôt, certes, mais jamais trop pour Elias.

Il retrouva sa trace dans leur chambre et sa motivation vacilla de plus belle rien qu’à poser les yeux sur lui. Pour s’éviter une brusque envie de faire demi-tour, il ferma les yeux avant d’oser approcher. Le temps d’une profonde inspiration et il parvint à entrer dans la pièce. Il resta silencieux quelques secondes, observa l’homme et s’installa même au pied du lit avant que le moindre mot ne lui échappe. Ils ne s’étaient pas retrouvés dans la même pièce depuis des jours et que Will n’ait pas spécialement envie que cette énième dispute mette un terme définitif à leur histoire ne changeait hélas pas grand chose aux griefs qu’il conservait. “On peut parler ?” souffla-t-il au bout d’une éternité. Et quoique sa voix ne résonnât pas bien fort, il fut surpris de n’y trouver aucun tremblement ni aucune hésitation. On ne pouvait pas en dire autant du reste de sa personne. Il n’essaya même pas de lever les yeux vers l’homme, bien conscient que l’effort ne paierait jamais. Et ses doigts, eux, tremblaient si fort qu’il devait les presser les uns contre les autres pour le masquer.


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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Dim 12 Aoû - 10:23
J’avais eu du mal, j’avais eu besoin d’un peu de temps pour ne pas vouloir tuer Ezra et quand j’étais finalement descendu, j’avais comprit que Will s’était arrangé pour que je ne retrouve pas mon arme. J’avais été en colère, très en colère, jusqu’à réaliser peut-être un peu tard qu’il avait eu raison. Ne pas me rendre mon arme serait sans doute la meilleure chose, mais le dire serait sans doute trop m’en demander. J’avais préféré resté à distance. Et les jours étaient passé, et le besoin de revenir à lui. Mais je ne fis rien préférant attendre, préférant sans doute laisser le malaise grandir jusqu’à ce qu’il ne devienne étouffant. Pourquoi n’avait-il rien dit ? Pourquoi j’avais du l’apprendre ici ? Pourquoi Ezra avait du me le dire ? Will ne me pensait pas capable de me gérer, de me contrôler face à Ezra ? Sans doute avait-il raison, mais si il n’avait ne serais-ce qu’essayé, peut-être que j’aurais eu le temps de comprendre, d’assimiler. Peut-être qu’en m’expliquant ce qu’il s’était réellement passé je n’aurais pas eu autant envie de tuer le tatoueur. Peut-être que si avait m’avait donné une chance, on aurait pu s’en sortir.

Et aujourd’hui comme les jours précédents, l’on s’évitait, même si l’envie de lui parler gagner en puissance, j’avais fini dans la chambre, allongé sur le lit pour essayer de me raisonner, pour essayer de trouver un sens à tout ça. Essayant d’être celui que j’aurais du être, mais en l’entendant rentrer, ma détermination pour lui parler s’effaça et elle ne revint pas une seule fois, que ce soit quand je l’entendis arpenter les pièces, ou quand il monta les escaliers. Il s’approcha de la porte et cela suffit à me redresser, fixant la porte avant qu’il n’entre, avant qu’il ne s’assoit sur le bord du lit. Mon coeur s’était serré, mon regard ne le lâchant pas. Parler ? Oui l’on pourrait parler, on devait même le faire. Soupirant, je rabattais mes jambes sous moi pour finalement dire, « Oui. », il n’y avait pas à tergiverser, il n’y avait pas besoin de se perdre dans des explications. On avait besoin de parler, car je l’aimais et car bien que je sois persuadé qu’il aurait du m’en parler, je n’allais pas pouvoir lui tourner le dos éternellement. Je ne pourrais pas.

Baissant finalement les yeux, j’avais envie de m’excuser, de dire quelque chose, de combler ce vide, mais je ne pouvais pas, car je ne savais pas ce que j’avais à me reprocher, si ce n’est peut-être le fait de devenir fou quand quelqu’un le blessait, quand quelqu’un s’en prenait à lui. On ne devait pas le blesser et le fait que je puisse le faire involontairement en voulant le protéger m’effleura l’esprit, mais je fus incapable de le formuler pour le moment. Je faisais ça pour son bien et même si je me refusais à devenir un monstre sans coeur, je ne pouvais pas non plus, laisser toute les personnes s’en prenant à lui s’en sortir vivante. Ezra était un ami, du moins jusqu’à ce que je l’apprenne et je ne savais pas comment gérer ça, je ne savais pas comment le traiter, je ne savais pas ce que je devais faire. Je savais simplement que je regretterais la plus part de ce que j’avais fait, mais pas de le protéger.            

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Dim 12 Aoû - 21:21
S’il n’y avait pas eu de véritable hésitation dans la réponse d’Elias, elle laissa tout de même Will perplexe. Juste un oui, simple, presque un peu trop brusque, rien d’autre. C’était pourtant l’accord qu’il voulait, un genre de preuve qu’il ne perdait pas son temps à essayer, que peut-être Elias voudrait arranger les choses lui aussi. Ou moins mettre fin à cette guerre froide plus qu’éprouvante. Il fut tout de même déçu d’obtenir si peu et plus encore du long silence qui suivit. Il ne comprenait même pas vraiment pourquoi il s’était attendu à ce que l’homme ajoute quoi que ce soit. C’était lui qui était venu, lui qui demandait à parler. Normal que ce soit lui aussi qui lance les hostilités, n’est-ce pas ? Sauf qu’il ne savait pas bien par où commencer. L’idée était de tirer quelque chose de positif de cette conversation, sauf que… Il ne voyait pas vraiment comment un tel miracle pourrait se produire alors que la colère restait bien en place, de plus en plus familière et de plus en plus épuisante. Et il craignait sincèrement que la moindre tentative de parler ne fasse rien d’autre qu’empirer son cas.

Après une éternité sans rien dire, il parvint tout de même à lâcher un soupir et puisa dans le peu de forces qu’il lui restait pour bouger. Il se tourna lentement pour faire face à Elias, quand bien même ça semble absolument impossible. S’il n’arrivait même pas à le regarder, comment pourrait-il lui parler ? En quelques secondes, ils se faisaient face et c’était terriblement douloureux. Il s’efforça tout de même de ne pas détourner les yeux immédiatement. Le fait qu’Elias semble tout juste capable de le regarder, lui aussi, aida grandement. Il chercha encore trop longtemps quelque chose à dire avant d’oser seulement ouvrir la bouche. “Je suis toujours en colère après toi.” lâcha-t-il finalement et sincèrement, ça ne ressemblait pas du tout à ce qu’il espérait sortir. Ça ne ressemblait pas non plus à une façon efficace de se réconcilier. Mais il l’avait dit et il n’y avait plus aucun moyen de faire disparaître les mots, désormais, aussi décida-t-il de les assumer jusqu’au bout. Peut-être que le Ciel finirait par leur tomber sur la tête dans les prochaines secondes et qu’il n’aurait pas besoin de trouver autre chose.

Rien de tel ne se produisit, évidemment. “C’est ton ami et il vient de traverser l’Enfer.” C’était presque comme si les mots sortaient tous seuls sans qu’il ne puisse rien y faire. Pourtant, c’était bien sa voix qu’il entendait et ses lèvres qu’il sentait bouger, ses pensées qui lui échappaient dans le silence de la pièce. “Et le Elias que je connais n’aurait jamais traité l’un de ses amis comme ça dans un moment pareil.” Ou peut-être que si, peut-être qu’il ne connaissait simplement pas vraiment Elias. Cette pensée ne le quittait plus depuis des jours et c’était sans doute le plus difficile à accepter. Ils étaient ensemble depuis plus de huit mois, maintenant, mais au fond qu’avaient-ils traversé de vraiment difficile ? Il n’avait jamais vu cette facette de l’homme parce qu’ils n’y avaient jamais été confrontés. Et puis, il y avait eu ce mois chez Maryse, les hallucinations et les rêves ridicules auxquels Will s’était raccroché pour tenir le coup. La plupart des voix dans son crâne à cette période ne portaient rien d’autre que du poison. Toutes sauf celle d’Elias. Peut-être que c’était lui, le problème, finalement. Peut-être qu’il s’était forgé un rêve pour tenir le coup, mais que ça n’était rien d’autre que ça. “Pourquoi ?” demanda-t-il en relevant difficilement les yeux vers l’homme, incapable de comprendre, incapable même de formuler la question entièrement. Il n’arrivait juste pas à croire qu’il se soit complètement planté au sujet de l’homme qu’il comptait épouser à peine une semaine plus tôt.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Sam 18 Aoû - 15:54
Le couperet tomba tout seul, il était en colère contre moi, et il avait raison, mais il y avait tant de chose que je ne comprenais pas, tant que chose que j’aurais du savoir, apprendre directement sans avoir besoin de me retrouver face à un mur. Ne disant rien, j’avais simplement baissé les yeux, incapable de soutenir quoi que ce soit et me refusant à le faire de toute façon. C’était mon ami en effet et je savais qu’il avait traversé l’enfer, simplement il en avait fait vivre un à Will, et ça… Ezra pouvait-être mon frère, mon meilleur ami, même Logan que cela ne changerait rien à maintenant. Il avait levé la main sur Will et Will était tout ce qu’il y avait d’important pour moi. Il brisa de nouveau le silence alors que je n’étais pas capable de le faire encore, il affirmait que celui qu’il connaissait n’aurait jamais traité un ami comme cela dans un moment aussi complexe. Oui sans doute, mais la vérité c’était que nous ne nous connaissions pas. Nous avions trouvé un équilibre, une zone de confort ou seul nous étions exposé et là, le monde extérieur commençait à venir gangréner notre relation et les nouveautés n’étaient pas aussi facile à gérer. Finalement il y eut une simple question. Pourquoi ? Levant les yeux, je croisais son regard, sans pour autant réussir à le soutenir pour autant. Pourquoi quoi ? Pourquoi j’étais ainsi ? Pourquoi j’agissais ainsi ?

Soupirant, je n’avais aucune réelle réponse, aucun mot magique pour répondre, j’étais simplement incapable de savoir tous ça sans réagir. J’étais incapable de savoir que quelqu’un avait pu lever la main sur lui sans réagir. Alors je savais pourquoi dans le fond, mais je savais aussi que je n’avais aucun droit sur ça, je n’avais pas le droit de ressentir ça, du moins c’était ce qu’il semblait croire. « On a traversé aucunes crises jusqu’ici… », soufflais-je avant de détourner les yeux. Il était évident que là guerre, l’hôpital et ces derniers jours avaient fini par détruire celui que j’étais. Mes réactions devenant de plus en plus brutale, ma patience, ma compassion étant sans doute de plus en plus étouffé. « Et c’était mon ami, mais… », soupirant brutalement, je me redressais avant de reprendre, « Comment tu veux que j’explique ça sans passer pour un connard instable? » demandais-je finalement, comment je devais lui répondre que la seule raison valable qui faisait que Ezra n’avait aucun autre intérêt à mes yeux que celui de vouloir me venger était qu’il avait frappé Will ? Comment lui dire que ce que Ezra avait pu vivre n’avait aucun impact par rapport à Will ?

C’était cruel, terriblement même, « À cet instant il n’était plus mon ami, il était celui qui avait levé la main sur toi. C’est peut-être pas ce que tu attends, mais c’était pas non plus comme ça que j’aurais voulu l’apprendre. », il avait blessé Will et il n’avait rien dit, sans doute car j’avais pété les plomb sur elle, car je n’avais plus réussit à me contrôler, car la peur avait mué violence, car la peur avait fini par me briser, briser cette humanité. « C’était évident qu’elle lui avait retourné le cerveau, mais de là à s’en prendre à son ami justement… », Will avait lutté, il n’avait pas cédé. Il était resté droit. Et c’était injuste, je le savais parfaitement. Je n’aurais aucune légitimité, jamais. J’avais vécu ça de l’extérieur et savoir qu’en plus il s’était caché sous le fait que j’allais abandonné… Je n’avais pas abandonné, pas plus que je l’avais fait par Will, du moins tant que j’avais le droit de sortir. « Toi, je peux pas te perdre, j’ai pété un plomb sur elle, tout c’est arrêté d’un coup, j’avais juste envie de la détruire elle et Ezra… Comment t’aurais réagit Will ? Comment ? », parce que je n’avais pas la moindre idée de comment prendre les choses autrement ? Il avait été trop loin et c’était sur Will…

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 13:49
Si Will avait deviné, bien avant de prononcer le moindre mot, que cette conversation lui ferait plus de mal que de bien, il avait peut-être sous-estimé la difficulté réellement de se tenir face à Elias et accepter ses mots. Sans doute aurait-il dû s’estimer heureux que le soldat accepte au moins de lui répondre. Il n’avait simplement pas envisagé que les craintes contre lesquelles il luttait depuis des jours soient si aisément confirmées par l’homme. Ils ne se connaissaient pas vraiment, c’était bien ce qu’Elias venait de sous-entendre, n’est-ce pas ? Juste avant de détourner les yeux si précipitamment, absolument incapable de le regarder en face plus d’une seconde. Qu’ils puissent en être là était absolument impensable pour Will. Le plus difficile restait sans doute de faire le tri et prendre le dessus sur les pensées plus douloureuses et ridicules les unes que les autres, qui l’assaillaient sans relâche. De repousser au loin la petite voix perfide dans son crâne, qui lui soufflait avec un mélange de sarcasme et de pitié qu’il n’aurait jamais dû se faire avoir une fois de plus par l’amour, que la solitude n’était pas si mal, pas si douloureuse, finalement. Il serra les poings, ses doigts se refermant avec force sur le draps qu’il serra jusqu’à en avoir mal pour s’obliger à rester là et à affronter cette conversation jusqu’au bout. Car il n’avait aucun autre choix, n’est-ce pas ? Il pouvait perdre Elias, cette douloureuse vérité ne l’abandonnait plus depuis des semaines, mais il ne pouvait pas le faire sans se battre, même s’il en avait eu envie.

Le soldat essaya pourtant de s’expliquer, quand bien même ses excuses ne trouvaient aucune valeur aux yeux de Will et ce dernier écouta sans dire un mot, les yeux toujours posés sur les draps dans ses mains. Il ne se permit de les relever que lorsqu’une question le prit par surprise. Comment aurait-il réagi, lui ? La vérité, c’est qu’il n’en savait rien. “Pas comme ça.” mentit-il tout de même, plus tendu que jamais. Probablement qu’il aurait pourtant fait exactement la même chose, subit la même colère, le même désir de se venger. Mais il refusait de l’admettre. “Ça ne sert plus à rien de s’en prendre à lui maintenant, ce qui est fait est fait. Ce n’est pas en le tuant que tu répareras le mal qu’on m’a fait.” souffla-t-il, détournant les yeux à son tour. Aussi hypocrite se sentait-il à cet instant, ses mots n’en restaient pas moins vrais et il se concentrait sur cette idée et sur sa colère pour garder la face. “Tu n’as aucune idée de ce que c’était, d’être là-bas, Elias.” reprit-il sur le même ton froid et bas, mais sans la moindre once d’hésitation ou de timidité. “Tu ne sais pas comment était cette femme, ce qu’elle nous faisait subir tous les jours.” Il était entré dans cette chambre avec l’intention de tout arranger et il en était loin, mais il fallait que ça sorte. Il n’avait rien dit, jamais parlé de ce que lui avait fait subir Maryse, du rôle d’Ezra dans tout ça. Il voulait oublier et fuir, reprendre le cours de sa vie et agir comme si rien de tout ça n’était jamais arrivé, mais ça ne fonctionnait visiblement pas. Alors, il essayait de se convaincre qu’une fois tous les reproches faits… La crise passerait. C’était sans doute un espoir stupide.

“Tu n’as vraiment aucune idée de ce qu’on a traversé ensemble et de ce qu’il fait pour moi. Pendant des semaines, il a été mon seul allié. Il a même pris le risque de se faire tuer par cette femme pour me rapporter mes plaques. Pour m’aider à tenir le coup encore un peu, jusqu’à ce que tu viennes me chercher. Je n’aurais pas pu le faire sans son aide.” Son ton gagnait en assurance, en véhémence aussi. Et il continuait de s’en vouloir, un peu plus à chaque mot, de faire ça à Elias, mais il refusait de lui laisser cette victoire. “Ce qu’il m’a fait, c’était… Je ne dis pas que je lui ai pardonné, j’en suis même très loin. Mais lui, contrairement à moi, il était seul du début à la fin.” Dans son malheur, au moins parvenait-il enfin à parler et même à soutenir le regard d’Elias sans plus trembler. Il avait de toute façon tellement perdu qu’il n’était plus à ça près, n’est-ce pas ? “Que tu lui en veuilles, je peux le comprendre, mais que tu sois devenu ce genre de personne, c’est…” Un léger rire lui échappa et il secoua la tête comme s’il cherchait à chasser la pensée ayant parvenu à l’amuser furtivement. Elle n’existait pas, bien au contraire. “Peut-être que t’as raison, peut-être qu’on ne se connait pas si bien que ça, après tout.” Il refusait encore de l’accepter, mais peut-être bien qu’il n’aurait plus le choix.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 15:06
J’ouvris plusieurs fois la bouche pour le contrer, mais plus il parlait, plus il en disait, moins j’en étais capable. Je n’avais aucune putain d’idée de ce qui s’était passé et je n’imaginais pas une seule seconde ce qu’il avait vécu, je n’arrivais même pas à comprendre comment quelqu’un qui avait levé la main sur lui puisse être un allié. Je ne comprenais pas, je ne pouvais pas, je ne pourrais même jamais de toute évidence et c’était douloureux, quoi que sans doute moins que la suite. Devenu ce genre de personne… Ce n’était plus un poignard qui venait de m’être enfoncé en plein coeur, ce n’était plus juste un coup, c’était des centaines de milliers venant se planter dans mon coeur, dans mon âme en cet instant. J’étais devenu ce genre d’homme qu’on ne pouvait pas citer sans en avoir des frissons. Fermant les yeux à ses derniers mots, je sentis des larmes couler le long de mes joues, brulant ma peau alors que j’en venais à souffrir d’une simple respiration. Je ne voulais pas de ce qui suivrait, je ne voulais être ça pourtant, c’était trop tard. Bien trop tard.

Le visage baissé, ma voix réussit enfin à franchir la barrière de ma gorge pourtant si nouée pour venir briser ce silence assassin, « Oui… Je suis devenu ce genre de personne Will… », inutile de le nier, inutile de se mentir. Je n’avais aucune idée de l’enfer qu’ils avaient vécu, mais celui qui me berça durant des semaines entières avait suffit à me pousser à l’irréparable. À l’impardonnable sans doute. J’étais devenu ce genre de personne, « Et je hais l’idée de l’être suffisamment devenu pour que d’autres le voit… », murmurais-je, de nouvelles larmes traversant la barrière de mes yeux, d’autre larmes coulant le long de mon visage.  Je n’avais rien vécu de grave avant que la fin du monde n’arrive, et je n’étais finalement pas prêt, j’étais toujours au bord de l’explosion et je venais de franchir la dernière limite. Celle qui m’avait couté la vie au fond. Celle qui me couterait Will. « Je n’ai absolument aucune idée de ce que tu as pu vivre, ni de ce que lui a pu vivre, mais je sais ce que moi j’ai vécu quand il a disparu, puis quand tu as disparu… », l’enfer à proprement parlé, l’enfer de ne pas pouvoir avancer, de ne plus pouvoir le faire. De ne plus avoir la force de le faire.

Effaçant mes larmes du revers de la main, je relevais finalement les yeux vers lui, la peur prenant définitivement le dessus, « On se connait pas, on sait pas grand choses l’un de l’autre si ce n’est des banalités, mais je sais que je t’aime. J’ai pas besoin de te connaitre sur le bout des doigts pour ça, j’ai pas besoin de tout savoir sur toi. Je t’aime. », soufflais-je en tentant de retenir mes larmes, mes sanglots. Je l’aimais, je l’aimais vraiment, mais ça faisait mal, car cette peur… « Simplement… Si jamais tu venais à mourir… Je pourrais pas Will, et je peux pas ignorer ça, ignorer ce qu’il a fait, même si c’était pour t’aider… Il aurait fait quoi si elle lui avait demandé de te tuer ? Il aurait obéis ou il t’aurait défendu ? », demandais-je le coeur lourd. Il l’avait aidé, je voulais bien l’accepter, mais si ça avait été elle ou lui ? Qu’aurait fait Ezra ? Je n’étais pas certain que Will fasse encore partie de l’équation dès l’instant ou elle l’aurait demandé. Fermant de nouveau les yeux, je baissais de nouveau le visage avant de souffler, presque abattu face à l’assurance de Will, « J’ai perdu trop de monde pour agir autrement à présent… », perdre une gamine avait été de trop, le perdre lui… C’était impossible. Je n’aurais pas su et je ne voudrais pas savoir. Je ne savais plus me contrôler, j’étais complètement en roue libre, je perdais pied et reprendre le dessus semblait bien loin à présent. « Pourquoi aucun de vous deux ne me l’avait dit ? », demandais-je sans rage, sans haine, ni accusation. Je voulais simplement savoir. Savoir pourquoi et comment tout cela avait pu m’échapper ? L’issue n’aurait sans doute pas été différent, il m’avait vu la tuer elle, mais pourquoi aucun des deux n’avaient rien dit ?

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 17:44
Ce fut en voyant les larmes d’Elias que le jeune homme réalisa que lui ne pleurait pas. Qu’il se demanda, surtout, s’il aurait dû le faire. Peut-être que la situation le réclamait, mais il n’arrivait pas à aller jusque là. Il avait bien assez pleuré pour toute une vie et qu’est-ce que ça avait changé, exactement. Ça ne l’empêchait pas d’avoir le coeur brisé et plus encore quand Elias osa confirmer encore une fois qu’il était réellement devenu cet homme que Will n’arrivait plus à reconnaître, qu’il confirma encore qu’ils ne se connaissaient pas. Rien d’autre que des banalités, voilà ce qu’ils partageaient aux yeux du soldat. Qu’importe tout ce qu’Elias trouva à dire après ces mots-là, ça n’atteignit jamais Will. Il ne voulait même pas l’entendre et s’il parvint à rester en place jusqu’à ce que le silence ne retombe, il ne le devait à rien d’autre qu’au choc qui le paralysait complètement. Il lutta encore et encore pour conserver son calme, trop épuisé par toutes ces histoires. S’il laissait la colère l’emporter, il craignait d’aller trop loin et quoi qu’il se sente complètement détruit à cet instant, il ne voulait pas perdre le peu qu’il lui restait ici. Il serra la mâchoire jusqu’à ce qu’Elias lui demande pourquoi personne ne lui avait rien dit, sans comprendre vraiment comment il pouvait se poser une question pareille. “Je ne sais pas pourquoi Ezra n’a rien dit.” lâcha-t-il, presque étonné d’entendre le son tellement calme et indifférent de sa propre voix. “Moi, c’est seulement parce que je ne voulais pas continuer de penser à tout ça.” Il avait été idiot de croire qu’il suffisait d’ignorer quelque chose pour que ça disparaisse, mais c’était bien son genre, après tout. Et il n’avait toujours pas envie d’en parler maintenant. Il ne le pouvait même pas, après ce qu’Elias venait de lui dire, il n’arrivait définitivement plus à se concentrer sur autre chose.

Il relâcha le draps doucement et recula jusqu’à pouvoir sortir du lit, devant lequel il resta planté quelques secondes à regarder le soldat sans ciller. “Je connais tout un tas de banalités à ton sujet. À quelle heure tu te réveilles le matin, comment tu aimes boire ton café et même comment tu fais ta lessive.” souffla-t-il au bout d’un moment. “Je sais aussi de quoi tu rêves quand tu t’endors chaque nuit et à quoi tu penses quand tu regardes dans le vide ou quand tu te mets à froncer les sourcils sans raison. Je sais quand quelque chose t’énerve ou te fait plaisir et je sais quand tu as envie de hurler, mais que tu te retiens pour une raison ou pour une autre. Le plus souvent, je sais même quelle est cette raison exactement. Je sais de quoi tu rêvais avant que le monde devienne ce qu’il est aujourd’hui et qui tu voulais être avant que je passe la porte de chez nous il y a deux mois. Je sais même pourquoi t’agis comme ça en ce moment. Je ne sais peut-être pas tout à ton sujet, mais je sais qui tu es, Elias. Et je t’aime, même quand tu m’agaces sérieusement ou quand je te déteste comme c’est le cas en ce moment. Je t’aime, avec toutes tes qualités et tes défauts et je t’aimerais certainement jusqu’à la fin de ma vie, mais...Si tu penses que je me trompe sur toi… Si tu penses que tout ce qu’on partage ensemble, ce n’est rien de plus que quelques banalités sans intérêt....”

Il ne savait même pas vraiment où il voulait en venir et préféra s’arrêter là, sans accorder la moindre importance à la phrase qu’il laissa en suspens. Il se détourna pour aller ramasser son sac à dos oublié dans un coin de la pièce et s’approcha de l’armoire, s’empressant de jeter des vêtements au hasard dedans. “Je vais aller passer quelques jours avec Lazare.” lança-t-il sans se retourner vers Elias. “Tu sais où me trouver quand tu voudras de moi dans ta vie.” Il referma la porte de l’armoire un peu plus fort que nécessaire, sursautant tout seul face au bruit. Il n’y avait toujours pas de larme et ça commençait presque à devenir frustrant. Il ne comprenait même pas comment c’était possible, comment il pouvait avoir aussi mal et que ça ne se voit pas un tout petit peu. Et il commençait à avoir peur, aussi, que ses mots soient un tout petit peu plus que les paroles d’un homme blessé. Qu’Elias ne vienne jamais le chercher. On ne pouvait décemment pas se planter à ce point sur quelque chose d’aussi important, pendant si longtemps, non ?

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 18:52
Il ne saurait répondre pour Ezra, mais pour lui, il avait simplement eu envie de mettre ça derrière lui. Là seule chose qui m’étonnait encore était bien que Will puisse penser que jamais cela ne se serait su. Mais avant que je ne fasse la moindre remarque Will se leva, soufflant qu’il connaissait tout un tas de banalité à mon sujet et il ne se priva pas pour en faire la liste. De l’heure de mon réveil, à ce que j’aimais boire, à ce que j’étais du jour à la nuit, il le savait. Et je me sentis ridicule, cruel, car tout ça avait de l’importance, pour nous, pas pour les autres… Et finalement, il m’aimait pour tout ça, il m’aimait quand je l’agaçait, il m’aimait quand il me détestait, comme aujourd’hui, mais il n’était pas bien sur de la réciproque, pas bien sur que cela soit possible si je n’avais pas la même estime de notre relation. Ouvrant la bouche, je fus incapable de prononcer le moindre mot alors même qu’il se mettait à bouger pour prendre son sac et le remplir. Il partait, même quelques jours il partait… Pourquoi ? Pour j’agissais ainsi ? Pourquoi je le perdais inexorablement ?

« Ne pars pas Will… Pitié… », soufflais-je en me redressant, en sortant hors du lit pour tendre une main qui ne l’atteint pourtant jamais. J’étais resté là, figé, à fixé Will, effrayé à l’idée qu’il puisse réellement partir, « C’est des banalités aux yeux de tout le monde Will, ça veut pas dire que ça n’a pas d’importance pour moi… », simplement, ce n’était pas ce que mes parents auraient voulu savoir sur lui, même si je doute du simple fait qu’ils puissent vouloir savoir quoi que ce soit sur Will. Je savais ce que je voulais savoir, mais je ne savais pas comment gérer les choses avec lui dans ce genre de moment. « Je sais plus qui je suis Will… Tout c’est arrêté quand elle a mit cette lame sous ta gorge… », tout ce que je gardais, tout ce que je me retenais de dire ou de faire avait cessé d’être contenue à cause d’une chose. J’avais complètement pété les plombs, je ne m’étais pas reconnu dans ma violence et je ne me reconnaissais plus dans rien. « Je suis plus qui je suis et j’ai pas envie que tu es peur de moi comme la première fois… », je n’avais pas envie qu’il vive ça à mes côtés, je n’avais pas envie qu’il en souffre. Je ne voulais pas de ça. M’avançant encore un peu, je glissais mes mains sur son avant bras, m’y accrochant avec douceur malgré la violence des émotions me traversant, « Rien de ce que l’on a partagé est une banalité sans intérêt. Absolument rien. », et si j’y croyais, j’avais peur d’avoir tout de même brisé ce que nous étions, « De ce premier baiser dans cet open space aux milliers de fois où nous nous somme dit je t’aime. Rien n’est sans intérêt… » et si je n’étais peut-être pas aussi prompt à lui faire la liste de tout ce qu’il faisait et que j’aimais, je pouvais lui assurer une chose, notre relation n’était pas sans intérêt.

Aimer, aimer quelqu’un à ce point était nouveau à mes yeux, et j’enchainais très certainement les erreurs, dont celle d’avoir pété les plombs, mais je ne pouvais pas le perdre sans m’être battu. « Et j’ai peur Will, peur au point de ne plus savoir tenir une arme, peur au point de ne plus savoir quoi te dire. J’ai pas envie que tu vives dans la peur de me voir recommencer, mais je suis plus terrifié que jamais par ce monde et je suis perdu. La seule chose de sur, la seule chose qui n’a pas changé c’est mon amour pour toi. ». Ça et la haine que j’éprouvais envers les personnes l’ayant blessé. J’étais tombé de très haut, je n’avais pas su me rattraper, et le voir partir serait clairement de trop. Mais si je devais rester ici, à attendre, si je devais lui prouver que je pouvais y arriver, je le ferais, mais ça ne serait pas sans douleur. « Je suis désolé. », soufflais-je avec sincérité alors que je tentais, en vain de mettre fin aux flots de larmes creusant un passage sur mes joues.    

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 21:41
Alors que son coeur recommençait à battre, après s’être arrêté juste une seconde et frappait plus fort que jamais dans sa poitrine, Will pivota lentement pour regarder l’homme qui venait de lui demander de rester. Il ne savait pas ce qui était le pire, honnêtement, entre le fait qu’il ne soit pas sûr d’en avoir envie et le fait qu’il soit réellement surpris qu’Elias le lui demande. S’il avait pu être blessé encore un peu plus, il l’aurait été d’en être là, à un point de sa relation où il s’imaginait sérieusement que l’homme qu’il aimait ne voudrait plus de lui. Il ne dit rien, mais n’essaya pas de rejoindre la porte pour le moment. Il n’avait aucune idée de ce qu’Elias pourrait dire pour rattraper son erreur, mais il voulait l’entendre. Les explications du soldat ne tardèrent pas et elles étaient un peu décevante, à vrai dire. Il continuait avec ses histoires de banalités et Will ne comprenait toujours pas. Qu’y avait-il de banal dans ce qu’il savait de cet homme ? Qu’y avait-il de simple et de commun dans ce qu’ils partageaient depuis des mois et que personne d’autre au monde ne savait sur eux ? Il le laissa parler, pourtant, clairement désespéré d’entendre quelque chose qui pourrait le convaincre de rester ici et de continuer à essayer. Elias n’était pas fait pour les grandes déclarations d’amour et il l’avait toujours su. Il vivait très bien avec ce fait la plupart du temps, mais ce soir c’était profondément frustrant. Il aurait voulu que l’homme lui dise quelque chose qui le fasse se sentir stupide sans que ça ne soit douloureux. Quelque chose qui ne l’énerve pas et parvienne quand même à le laisser sans voix. Tout le monde, hélas, n’était pas comme lui et n’entretenait pas une passion secrète pour la poésie et les romans d’amour.

Un soupir lui échappa et il lâcha son sac, le laissant s’échouer sur le sol sans un regard. Il n’aurait probablement jamais droit à du Shakespeare improvisé sous ses yeux, mais ça n’avait pas tellement d’importance, n’est-ce pas ? Il passa ses bras autour des épaules de l’homme avant de changer d’avis et le serra contre lui, gardant le silence un moment. Non, ça n’avait aucune importance, vraiment. “J’ai seulement peur de te perdre.” admit-il à voix basse, ses mots soufflés directement dans l’oreille d’Elias de peur qu’une note trop haute ne brise tout. C’était un mensonge, en quelques sortes, mais ça résumait bien le plus important. Il se sentait coupable et il craignait qu’ils soient tous les deux trop brisés pour que ça marche. Il craignait que tout cela soit sa faute et il craignait de ne pas avoir la patience de supporter éternellement cette façon qu’Elias avait de toujours se rendre responsable de tous les maux de la Terre. Il craignait, surtout, de leur avoir fait subir tout cela pour rien et que ce soit plus douloureux encore de tout perdre. Mais la finalité restait la même, il avait peur de ne jamais retrouver Elias, de ne jamais retrouver ce qu’ils étaient et ce dont ils rêvaient ensemble.

Il s’éloigna un peu pour regarder le soldat et perdit quelques secondes à essayer d’essuyer les larmes sur ses joues. Il n’avait pas l’impression que ce soit très utile et finit par abandonner, embrassant la joue de l’homme et se trouvant finalement à détourner les yeux. “Je suis désolé, moi aussi.” souffla-t-il en regardant le sol. Il ne savait pas vraiment comment s’exprimer mieux que ça, mais il se sentait réellement responsable pour ce qui se passait maintenant entre eux et ça le rendait malade d’avoir fait ça. “On s’en sortira.” nuança-t-il tout de même. “Si on se bat ensemble et pas l’un contre l’autre.” Un second baiser échoua sur l’autre joue d’Elias et Will se força à croiser son regard de nouveau. Il n’aurait jamais droit à un poète dans sa vie, mais Elias lui allait très bien et il pouvait être désespérément romantique pour tous les deux, n’est-ce pas ? “Je veux que tu me donnes toutes les armes que tu planques dans cette maison et je veux que tu me retrouves dans le salon dimanche soir. Et habille-toi bien. D'ici là, réfléchis à ce qu'il te faut pour pardonner à Ezra, parce qu'il ne mérite pas d'être le paria du camp.” ordonna-t-il doucement, ses mains recommençant à courir sur les joues du soldat pour effacer pour de bon toute trace de tristesse. Il hésita un instant avant d'oser affronter de nouveau le regard de l'homme et demander : "Est-ce que tu veux que je te dise tout ce qui s'est passé là-bas ?" Il n'était pas sûr d'en avoir très envie, mais ça valait toujours mieux qu'une autre petite scène de ce genre après une révélation inattendue. Et malheureusement, il en avait sans doute encore d'autres à faire.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Lun 20 Aoû - 23:31
Le bruit du sac se fracassant sur le sol fut bien plus salvateur que je ne l’aurais cru, tout comme sentir les bras de Will s’enrouler autour de moi, tout comme le sentir de nouveau proche. Mes bras le capturèrent à leurs tours avant que mon visage ne plonge dans son cou, avant que mes yeux ne se ferment en l’entendant dire qu’il avait juste peur de me perdre, peur de me perdre car je serais bien trop différent ? Car je ne serais plus l’homme qu’il aimait ? Je n’avais pas envie de me poser la question, car plus il restait là, dans mes bras, moins il disparaîtrait. Pourtant il finit par s’éloigner, cherchant à essayer les larmes qui se refusaient jusqu’à lors à disparaitre et qui malheureusement ne cesserait pas de couler aussi facilement. Il était désolé ? De quoi au juste ? Mais il ne me laissa pas le temps de poser la question que déjà il baissait les yeux, que déjà il me fuyait. On s’en sortirait, ensemble, oui, je voulais sincèrement y croire, et j’essayerais, du moins si il était encore possible de faire marche arrière, si il était encore possible d’étouffer ce monstre. « Oui. », soufflais-je simplement avant de fermer les yeux en sentant ses lèvres se poser à nouveau sur mes joues. J’avais besoin de lui, j’avais besoin de ce que l’on était, pas de cette vision terrifiante d’une relation passée.

Je ne savais pas ce qu’il attendait lui exactement, mais il réclama bien rapidement les armes que je planquais ici, ajoutant qu’il me voulait dimanche, bien habillé, dans le salon. Quand à Ezra… Je sentis une nouvelle angoisse me prendre à l’idée de devoir penser à lui sans déverser la haine que je pouvais ressentir pour l’homme, car quoi que Will aies en tête, il ne me laisserait pas m’en sortir avec des mensonges. Glissant une main sur l’une des siennes, j’avais cette angoisses qu’il ne parte jusqu’à dimanche, cette angoisse qu’il ne me laisse seul. Mais au-lieu de ça, il me demanda si je voulais qu’il me dise tout ce qui s’était passé la-bas. Je ne fus pas vraiment à l’aise avec l’idée. Je voulais savoir, je voulais comprendre, mais après ce qu’il m’avait dit… J’avais l’impression que la curiosité irait trop loin. Pourtant, si l’on ne perçait pas l’abcès, il n’y aurait aucune avancé. « Seulement ce que tu te sens capable de me dire pour le moment. », finis-je par dire, conscient qu’enfoncer le clou ne serait pas vraiment une chose à faire maintenant. Si il acceptait de m’en dire plus, je devais aussi accepter de ne pas tout savoir immédiatement, même si cela impliqué certains comportement de la part d’Ezra que je ne saurais sans doute pas pardonner aussi facilement. Je ne sais pas si c’était l’imminence de la perte de Will qui rendrait le jugement d’Ezra secondaire, mais j’avais du mal à penser au tatoueur pour le moment, en vérité, je ne savais pas si j’avais encore gagné quoi que ce soit dans ce combat involontaire.

Me détachant de lui, je me sentis fébrile à cette idée et je dus faire quelques pas en arrière pour rencontrer de nouveau le lit ou je finis par m’asseoir, mes mains l’ayant attiré lui à ma suite alors que je posais mon front sur son bas ventre, non pas pour obtenir quoi que ce soit de son corps, mais uniquement car je voulais être certain d’une chose, « Tu parles de dimanche, mais… Tu vas quand même rester ici d’ici là ? Même si je dois dormir sur le canapé. », tout sauf son départ, tout sauf la solitude de me retrouver entièrement seul. M’accrochant à ses poignets je repris, « Il reste juste le 9mm et un couteau de chasse ici, Logan a déjà l’HK33SG1. », commençais-je, « Le 9mm est au dessus du meuble de cuisine et le couteau de chasse sous le lit. », soupirant, je continuais un peu fébrile à l’idée que tout ce que je puisse utiliser disparaisse, « Et… Tu devrais isoler ton arc et ton arbalète… Quoi qu’il n’est pas impossible que Logan ait ton arc déjà… », je me pliais à ce qu’il me demandait, j’allais même bien plus loin que ça en pointant du doigt d’autres armes que je saurais utiliser, pas aussi bien que Will, mais suffisamment pour blesser, quoi que cela signifierait que je sois encore en mesure d’en tenir une sans trembler.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Mar 21 Aoû - 12:21
Ce qu’il se sentait capable de dire… Il n’était pas tout à fait sûr de savoir de quoi il s’agissait exactement et si ça n’avait tenu qu’à lui, vraiment, il aurait oublié chaque seconde passée dans cet endroit et n’en aurait plus jamais parlé de toute sa vie. Et malgré tout, il savait qu’il ne pouvait pas faire ça. Il devait la vérité à Elias et, de façon moins admirable, il craignait de tout son coeur qu’Ezra débarque une fois de plus au milieu de leur salon en pleine nuit et qu’il soit celui qui dirait toute la vérité au soldat. Leur couple allait mal, qu’ils acceptent de l’admettre ou non et Will doutait sincèrement qu’il survive à une troisième dispute de cette envergure. Pas s’il ne faisait pas tous les efforts possibles pour les sortir de là et ces efforts passaient aussi par l’honnêteté, quoique cela lui coûte. Alors, inspirant doucement, il hocha la tête pour confirmer qu’il ne dirait que ce dont il se sentait capable à cet instant. Sa gorge était déjà tellement nouée qu’il ne voyait même pas comment il pourrait prendre la parole. Il suivit le mouvement imposé par Elias comme le simple pantin qu’il croyait être en ce moment et glissa finalement ses doigts dans les cheveux de l’homme qui venait de reposer sa tête contre lui, caressant doucement son crâne tandis qu’il cherchait par où commencer, quoi dire, quoi taire. C’était un exercice insurmontable qu’il croyait de moins en moins pouvoir mener à bien.

Il n’eut, heureusement, pas besoin de le faire pour l’instant puisqu’Elias fut le premier à reprendre la parole, à le supplier une fois encore de ne pas partir. Will se fit la remarque, lointaine, qu’une vieille version de lui aurait trouvé tout cela pathétique. Mais cette version était morte ou sur le point de l’être. Il ne dit rien et continua de faire glisser ses doigts au même rythme lent et incohérent dans l’espoir un peu stupide de calmer les angoisses du soldat. Ou peut-être les siennes, ça restait difficile à dire. “Mon arc est en bas.” souffla-t-il distraitement. Il l’emportait avec lui chaque fois qu’il osait sortir d’ici, mais il n’avait aucune idée de ce qu’était devenue son arbalète cependant et s’était imaginé qu’ils l’avaient laissé dans la planque de Maryse. Peut-être irait-il demander à Logan de la lui rendre demain. Peut-être pas. “Je n’ai pas peur de toi.” ajouta-t-il sur le même ton détaché et lointain. Ça lui semblait important de le préciser à cet instant, alors qu’Elias semblait vouloir le mettre en garde contre n’importe quelle arme cachée dans la maison, comme s’il craignait de le voir se réveiller au milieu de la nuit, pris d’une folie meurtrière. Ça n’était pas le cas, pas vraiment, il était juste… inquiet. Inquiet qu’une menace quelconque ne pèse sur leur relation, inquiet de la peur qu’Elias ressentait tout seul de lui-même. “Et je ne veux pas que tu ailles dormir sur le canapé.” continua-t-il. Il aurait voulu ajouter qu’il n’irait nul part, qu’ils affronteraient tout cela ensemble, mais il se retint pour le moment, tant qu’il n’aurait pas terminé de raconter ce qu’il avait traversé là-bas, tant qu’il ne serait pas certain qu’Elias voudrait encore de lui après avoir entendu toute l’histoire.

Cette question réglée, il n’avait plus beaucoup d’excuses pour repousser le moment de dire ce qu’il avait à dire. Un soupir lui échappa à cette pensée et il se détacha enfin d’Elias pour venir s’asseoir à côté de lui. Il prit aussitôt la main du soldat dans la sienne et perdit quelques secondes supplémentaires à regarder leurs doigts entrelacés en se demandant s’il s’agissait de la toute dernière fois de sa vie où il aurait droit à un geste aussi simple. Il ne savait pas trop comment commencer, parfaitement conscient qu’il n’y avait aucune bonne façon de le faire. “Ils m’ont attrapé quand je suis arrivé à mon appartement.” lâcha-t-il au bout d’un moment, ses doigts serrant un peu plus fort la main d’Elias qu’il se refusait à lâcher. “Mais ça tu le sais déjà… Je crois qu’ils me suivaient depuis un moment, mais je n’en sais trop rien. J’ai perdu connaissance après avoir essayé de me battre et quand je me suis réveillé…” Il inspira doucement pour se donner un peu de courage, sans y parvenir réellement. “J’étais dans un endroit complètement noir et vide, un genre de caisson d’isolation. Je ne sais même pas combien de temps j’y suis resté, à vrai dire. C’était… ça ressemblait à une éternité. C’est là que les hallucinations ont commencé. On m’a sorti de là après un moment, pour m’emmener dans la pièce où tu m’as trouvé. Ils m’ont attaché au lit et ils m’ont laissé tranquille un petit moment, une journée je pense. Un type est venu le lendemain et il a commencé à me frapper sans rien dire. Il m’a laissé par terre en sortant et c’est là qu’elle est arrivée.” Il se tut un instant, fermant les yeux avant de réaliser et si son intention première avait été de chasser au loin les souvenirs, il se retrouva à redessinner les images à la perfection derrière ses paupières.

“Elle venait pour me soigner, me proposer à manger et me parler. Me dire que je pouvais faire arrêter tout ça quand je voulais, qu’il suffisait que je lui fasse confiance. Ça a duré comme ça plusieurs jours. Et jusqu’à la fin, en fait. Même si elle a fini par venir accompagnée, quand je refusais de me nourrir et qu’elle devait demander à ses gorilles de me maintenir pendant qu’elle me forçait à avaler quelque chose. Ezra est arrivé après, quand… Quand elle m’a dit que tu étais mort. J’étais complètement fou de rage après ça et je crois qu’elle voulait me punir alors elle l’a envoyée pour qu’il remplace l’autre type. Il a fait comme les autres les premières fois, mais ensuite… Je ne sais pas, il ne me frappait plus, on parlait juste et il faisait semblant de m’avoir passé à tabac pendant une heure avant de laisser la place à Maryse. Il m’écoutait délirer et il chantait parfois, il s’allongeait avec moi et me tenait dans ses bras jusqu’à ce que je m’endorme. On… Il a... “ Il releva les yeux vers Elias brièvement, pour retourner contempler leurs mains aussitôt, incapable de soutenir le regard de l’homme plus longtemps. “On s’est embrassé, je crois. C’est arrivé une seule fois et j’en sais rien… J’ai cru que tu étais là et la seconde d’après, c’était lui, je… Je suis désolé.” Il se mordit les lèvres et inspira encore. Ça n’avait été qu’une anecdote dans sa vie là-bas, mais il savait de quoi ça avait l’air vu de l’extérieur. “J’aurais dû t’en parler avant, je te demande pardon. Mais ce n’était rien pour moi, je n’étais pas moi-même.”

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Mar 21 Aoû - 13:54
Les quelques mots qu’il souffla suffirent à soulager momentanément mon coeur, il n’avait pas peur de moi, il ne voulait pas que j’aille dormir sur le canapé. Soupirant légèrement contre son ventre, je restais ainsi sans bouger jusqu’à ce qu’il ne finisse par bouger pour prendre ma main dans la sienne. Et puis ce fut de nouveau le silence, long pesant. J’avais de moins en moins envie de l’entendre parler, de moins en moins envie de le mettre face à cette réalité. Du moins j’avais voulu abandonner jusqu’à ce qu’il reprenne, commençant par ce que j’avais deviné, et puis ce fut ce que je n’avais jamais su. Un caisson d’isolement qui aurait pu rendre fou n’importe qui, des hallucinations, puis une sortie qui avait fini par un emprisonnement, par des coups, par elle venant le soigner, le nourrir, lui parler. Elle avait cherché à le manipuler et sans doute qu’Ezra avait subit le même traitement, qu'il avait fini par céder après autant de mois. Et puis on l’avait forcé à se nourrir. Il se débattait, il refusait ce traitement, mais apprendre ma mort… Je n’étais passé tellement pas loin, j’aurais d’ailleurs pu mourir si seulement je n’étais pas aussi prompt à me défendre. Et elle avait du le croire, pas étonnant qu’il ai fini par le croire.

Ezra avait agit comme les autres au début, mais il avait finit par lui parler, il faisait juste semblant pendant des heures avant de laisser la place à cette femme. Et finalement, il l’écoutait délirer, chanter, et il s’allongeait avec lui, il le gardait dans ses bras et attendait qu’il s’endorme. Pourquoi Ezra avait fait ça ? Pourquoi mentir autant à la femme qu’il semblait pourtant vouloir protéger ? Je ne comprenais pas le comportement de l’homme. Je ne comprenais pas non plus comment on pouvait s’en prendre à Will. Pourquoi le faire aussi. Je ne comprenais pas comment on pouvait lui faire ça. Je ne comprenais pas comment il avait fait pour tenir. Je m’en voulais réellement à présent de lui avoir fait dire tout ça. Je m’en voulais de le forcer à y repenser.

Tout ce qu’il venait de dire m’avait demandé un effort sur humain pour ne pas réagir, pour ne rien faire d’autre qu’attendre, qu’écouter, mais lorsqu’il reprit après un bref regard vers moi, ce fut différent. Je sentis une lame s’enfoncer profondément dans mon coeur. Ils s’étaient embrassé, ce n’était arrivé qu’une fois et il avait cru que c’était moi avant de réaliser que non. Il aurait du m’en parler, mais je n’étais pas bien sur qu’il ait à me demander pardon, car il venait de le dire, il n’était pas lui-même, il pensait que c’était moi. Pourquoi Ezra l’avait embrassé alors ? Car toutes ces fois où il avait chanté pour lui, ou il l’avait tenu dans ses bras trahissait quelque chose d’autre ? Je ne savais pas bien comment réagir en cet instant. Je fixais le sol, je rongeais sérieusement mon frein. Il y avait trop de chose, trop de fait, trop de réalité. Pourquoi Ez l’avait embrassé ? Pourquoi ?

Je du garder le silence encore de longues minutes, faisant le tri dans tout ça, faisant le tri dans les informations, dans la colère, dans la frustration. Il avait vécu ça, et je n’avais rien pu faire. La vie était déjà suffisamment cruelle, elle lui avait prit Aiden et quand bien même cette perte m’avait été profitable, il avait perdu un homme qu’il avait aimé malgré l’apocalypse et aujourd’hui, comme si cela ne suffisait pas, il était tombé dans les mains d’une femme qui avait repoussé les limites de l’entendement. « Je sais. », soufflais-je finalement. Je savais qu’il n’y avait rien pour lui, « Pourquoi Ezra l’a fait ? », demandais-je sur le même ton neutre, sans doute un peu trop pour ne pas trahir un contrôle excessif de mes émotions. Mais je voulais savoir, pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi l’avait-il épargné ? Pourquoi n’avoir pas simplement continué à… À juste dormir avec lui ? Il y a quelques mois à peine, Will avait été jaloux d’Ezra, de son comportement avec moi et aujourd’hui c’était moi. J’étais le plus paniqué des deux. J’étais celui qui n’avait pas traversé la même épreuve et qui aujourd’hui craignait. J’étais ce mec qui ne pouvait plus que regarder.

Ouvrant légèrement mes doigts pour refaire circuler le sang, je les refermais rapidement pour faire passer une première partie du message. « Pourquoi tu lui en veux exactement ? », commençais-je à souffler conscient que cela ne serait pas la plus saine des discussions, « Qu’est ce que tu ne lui pardonne pas ? », il y avait été, il l’avait vécu, pas moi, il était le seul à vraiment pouvoir lui en vouloir. Je ne pourrais pas oublier que Ezra avait levé la main sur lui, je ne pouvais pas pardonner qu’il est traité quelqu’un qu’il considérait comme un ami ainsi. Simplement… Ma colère se plaçait sur ça, elle était sourde, mais pas aveugle, « Il t’as vraiment aidé à tenir ? », demandais-je finalement, continuant à retenir mes émotions pour chercher à entendre raison. Pour chercher à ne pas réagir instinctivement. Il devait y avoir une raison à chaque chose, je devais juste trouver quoi, pourquoi. Il devait y avoir une raison. Il devait y en avoir une sinon je ne pourrais rien dépasser.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Mar 21 Aoû - 18:32
Le lourd silence qui s’installa ne l’étonna pas réellement. Il craignait un peu la colère ou la déception du soldat, mais il n’était pas surpris que ce soit une révélation difficile à avaler, difficile à aborder. À la place d’Elias, il n’était même pas certain qu’il aurait su quoi répondre lui-même. Alors, il garda les yeux fixés sur leurs mains liées et patienta silencieusement jusqu’à ce que l’homme ne se décide à dire quelque chose. Et quand ce fut le cas, Will releva précipitamment les yeux vers lui, surpris cette fois, de la voix calme d’Elias et de la question posée sur le même ton qui suivit rapidement. Il pressa la main du soldat et essaya de se concentrer pour trouver une réponse honnête, n’ayant rien de mieux à offrir, mais la vérité ne l’aidait pas. La vérité, c’était qu’il n’en savait rien et qu’il ne s’était même pas posé la question plus d’une seconde ce jour-là. “Je n’en sais rien du tout.” avoua-t-il à voix basse, détournant aussitôt les yeux. Sans doute qu’Ezra avait eu une bonne raison d’agir ainsi, mais il ne l’avait probablement pas partagé avec Will ou, s’il l’avait fait, les chances étaient grandes que l’ingénieur eût été trop profondément plongé dans ses hallucinations pour se souvenir de quoique ce soit.

Il y eut un autre long silence, plus douloureux que n’importe quel éclat de colère et puis d’autres questions, toutes étranges et plus encore quand Will essayait de trouver des réponses à offrir. Il inspira profondément et prit de longues secondes pour réfléchir à ce qu’il reprochait à Ezra exactement. “Il m’a vraiment aidé, oui.” souffla-t-il au bout d’un moment. Il avait fermé les yeux à un moment, sans trop savoir quand et ne chercha surtout pas à les rouvrir pour l’instant. “Il était le seul à me parler réellement, en dehors de Maryse et quand il était avec moi… C’était toujours un peu plus simple de penser à toi, de te voir réellement.” admit-il, découvrant les réponses presque en même temps qu’il les donnait à Elias. Il s’était donné tant de mal pour ne surtout plus penser à cette période de sa vie qu’il n’avait jamais pris le temps de réfléchir réellement à ce qui était arrivé dans cette cave avec Ezra, à ce que cela signifiait pour eux désormais. Étaient-ils devenus amis ? Et surtout, la question la plus difficile, celle qui le perturbait le plus et qu’il repoussait le plus longtemps possible : pourquoi n’arrivait-il pas à pardonner totalement au tatoueur, malgré l’aide qu’il avait réellement représentée tout ce temps ? “Mais il était dans l’autre camp.” souffla-t-il douloureusement. “J’ai eu beau le supplier encore et encore, il n’a jamais rien fait pour me sortir de là. Il a abandonné, il a arrêté de croire en toi et il m’a fait douter de toi à mon tour et… Chaque fois que je repense à cet endroit, il est là, quelque part… Je crois que je n’arriverais jamais vraiment à le dissocier de ce lieu et de cette femme. Il m’a aidé, parfois, oui, mais il était aussi l’un des leurs. Il m’a frappé, il m’a blessé d’une manière complètement différente aussi. C’est… compliqué.”

Il fit un effort pour rouvrir les yeux et les poser sur le soldat. “T’es en colère.” souffla-t-il et ça n’était pas une question. Il notait la tentative admirable d’Elias de conserver son calme, mais de son ton faussement détaché jusqu’à ses muscles crispés, il faisait mal illusion. Et la seule émotion logique, la seule que Will aurait pu comprendre après tout ce qu’il venait de dire, était la colère. Il ne savait juste pas vraiment si elle lui était adressée à lui ou à Ezra. Aux deux, peut-être. “Elias…” Il se tourna, glissant un genoux sous son corps pour faire un peu plus face à l’homme et posa sa main libre sur celle d’Elias toujours emprisonnée dans la sienne. “Je suis vraiment désolé.” Pas de mais, cette fois, seulement des excuses sincères. Il n’était pas coupable de ce qui était arrivé, il ne se sentait pas responsable en tout cas, mais de n’avoir rien dit pendant tout ce temps…

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Mer 22 Aoû - 9:29
Si il ne savait pas, pour ma part j'avais peur d'une chose dans les intentions d'Ezra, d'une chose que je ne pourrais pas ignorer si jamais il venait à représenter un jour une menace. Rien de ce comportement n'était normal. Je n'aurais jamais embrassé, ou dormi avec Ezra sans y avoir était forcé, et ça ne tenait pas que d'Ezra. Chaque personne vivante dans ce monde n'aurait su obtenir ce genre d'attention sans que la vie de quelqu'un d'autre soit mit en jeu. Or, de ce que je comprenais, Ezra avait prit sa décision comme un grand. Maintenant, restait à savoir ce que Will aurait vraiment à lui reprocher, ou si Ezra avait été d'une quelconque aide. Sur ce point, Will était affirmatif, il l'avait vraiment aider, il était le seul à vraiment lui parler, le seul avec qui il lui était plus facile de penser à moi. Ne comprenant pas vraiment le sens de cette phrase, ce qu'il attendait, ce qu'il voulait dire, je me contentais de garder le silence, jusqu'à ce qu'il ne décide de dire quelque chose qui me fit sentir un peu moins coupable d'en vouloir à ce point à Ezra. Il était dans l'autre camp, et Will avait beau lui demander de le faire sortir, il n'avait jamais rien fait. Il avait arrêté de ce battre, arrêté de croire que je viendrais le sauver et il avait fini par faire douter Will. Si le poignard jonché dans mon coeur pouvait encore s'enfoncer, pouvait encore me briser, il venait de le faire. Il ne pouvait pas oublier qu'Ezra était avec eux, et au final, il avoua la complexité de la situation. C'était beaucoup plus difficile pour pour de voir la complexité dans les actes d'Ezra, il s'en était prit à Will et il aurait pu lui prendre là vie, très clairement, je n'avais plus le moindre doute la dessus. Aider, chanter des chansons ou je ne sais quelle autres conneries ne servaient à rien quand on n'était pas capable de voir la vérité en face. Il s'occupait de Will différemment uniquement car il n'avait pas pleinement cédé à cette cette. Pour aucune autre raison. Juste celle là. Sinon il aurait été sans pitié comme les autres.

Alors oui j'étais en colère, mais ça Will le savait parfaitement, et quand bien même il me faisait face à cet instant, je ne savais effacer cette rancœur, pas envers lui, étrangement, mais envers cette femme, Ezra, et moi. Will... J'avais mit des mois à lui parler correctement de ce qui s'était passé à l’hôpital, je n'avais rien dit uniquement car le traumatisme était encore bien présent, même un an après. Lui... Il venait de parler, il l'avait fait malgré la fraîcheur des événements. Comment lui en vouloir réellement ? « Je suis pas en colère contre toi. », soufflais-je dans un premier temps, levant enfin les yeux vers lui. Je comprenais sans doute mieux que jamais l'ampleur de la chose, mais je n'en étais pas pour autant apaisé. « Je sais que je n'ai pas vécu ce que vous avez vécu, je sais que je n'y étais pas, mais je ne passerais pas l'éponge sur ce qu'Ezra a fait. », déclarais-je avec toujours autant de maîtrise et de contrôle dans ma voix pour ne pas me trahir plus que ça. Déjà que je n'étais pas vraiment certain de faire illusion, autant éviter d'en rajouter. « Je ferais des efforts, car tu m'as dit des choses, mais tant que ce sera compliqué, même à tes yeux, je ne passerais pas l'éponge. », il serait le seul réel décisionnaire.

Détournant les yeux, je continuais, « Mais il reste aussi mon ami et il a perdu foi en moi, alors je suppose que j'ai aussi ma part de responsabilité... », qu'il avait lui aussi tout les droit de m'en vouloir, de me porter responsable. Si il avait abandonné, c'est qu'il avait bien fini par croire que je ne viendrais jamais, alors il avait sans doute toute autant le droit de m'en vouloir. Mais composer, agir ainsi n'était pas évident, surtout quand j'étais convaincu de ce qu'il avait fait, de combien il aurait pu éviter tout ça. J'aurais sincèrement voulu que Will le hait, ça aurait été plus évident en cet instant. Alors j'étais désolé de ne pas pouvoir tout éluder, désolé de ne pas pouvoir ignorer ça. Mais mon cœur n'était pas aussi raisonnable que mon esprit. « Aujourd'hui on est tous à Fort Hope, tous en vie. », si l'un d'entre eux était mort, cela aurait rendu les choses bien difficiles, bien trop. Et ça s'entendait encore, j'étais tendu, ma voix encore bien trop contrôlé lorsqu'il était question d'Ezra, Will saurait, il lisait en moi comme dans un livre ouvert de tout façon. « Ne t'excuses plus jamais… », soufflais-je en pensant à cette histoire. J'étais celui en tort, j'étais le plus terrifié par la situation sans avoir la légitimité de l'avoir vécu. Il n'avait pas à s'excuser. « Enfin plus à ce sujet, car il est hors de question que je te passe tout tes caprices une fois que tu te sera décidé à en refaire... » ajoutais-je en cherchant à y mettre autant d'humour que possible, ce qui n'était pas réellement la chose la plus évidente, mais si on continuait à être aussi tendu, si je continuais à être comme ça, j'allais péter un nouveau plomb et la seule chose pouvant réellement effacer tout le reste, c'était de voir et de penser à mon avenir avec lui.

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Jeu 23 Aoû - 10:13
Avant qu’il n’ait le temps de réaliser, le soulagement s’empara de Will alors qu’Elias affirmait ne pas être en colère contre lui. Il n’était pas certain de comprendre pourquoi ça n’était pas le cas, mais il n’irait pas s’en plaindre. La suite le fit se crisper de nouveau et cette même pensée fortement désagréable qui le hantait un peu trop ces temps-ci revint aussitôt. “Tu n’as rien fait de mal, tu n’as rien à te reprocher.” s’agaça-t-il en prenant sur lui de ne pas sonner trop désagréable. Peut-être qu’Ezra avait fini par perdre la foi, mais ça n’était certainement pas la faute d’Elias et ça ne le serait jamais. “Tu l’as cherché pendant des mois. Combien de fois on s’est disputé à cause de ça avant qu’ils ne me tombent dessus aussi ?” Il ne s’en rendait pas compte pour le moment, mais toute cette conversation le stressait assez pour qu’il en vienne à s’accrocher un peu trop fort à la main d’Elias et il devait lutter pour conserver un ton calme. “Ce n’est pas ta faute si tu ne l’as pas retrouvé.” Il parvint admirablement à se retenir de supplier l’homme d’arrêter de se flageller pour rien. Ça l’agaçait profondément, c’était la chose qu’il détestait le plus chez Elias, peut-être même la seule chose qu’il détestait sincèrement, mais il comprenait ce sentiment s’il prenait le temps d’essayer. Et la colère ne le ferait pas disparaître de toute façon.

Fermant les yeux une seconde, Will inspira profondément dans l’espoir de chasser complètement cette colère qu’il espérait passagère. Ils tournaient en rond, à force de se lamenter sur les mêmes problèmes et les mêmes erreurs. Mais la vérité, c’était tout simplement que ce monde partait en lambeaux et que chacun d’entre eux faisait de son mieux pour s’en sortir. “Je n’ai plus la force de me disputer avec toi.” lâcha-t-il, défaitiste, en rouvrant les yeux. Il bougea encore un peu pour s’approcher d’Elias et leva la main de l’homme jusqu’à son visage pour embrasser brièvement ses phalanges. “C’est le moment d’aller de l’avant, maintenant. S’il te plait.” Il ne demandait que ça, vraiment que ça et il comptait bien y mettre toute son énergie désormais. Ignorer les problèmes ne fonctionnait peut-être pas, mais être obsédés par eux non plus. “On a vécu assez de choses horribles comme ça et tu l’as dit, on est tous en vie, on est tous ici... Et toi et moi, on a la chance de partager quelque chose de tellement rare et de tellement important… Je refuse de perdre une seule seconde de plus alors que j’ai aucune idée de combien de temps il me reste à passer avec toi avant que la prochaine merde ne nous tombe dessus.” Il se retenait peut-être de prononcer le mot à voix haute, mais le regard qu’il posait sur l’homme à cet instant était bel et bien suppliant.

Car il en était certain, quelque chose d’autre finirait par leur tomber dessus. Et ils finiraient certainement par mourir, bien avant l’heure vu l’état du monde. Alors non, il ne gâcherait plus une minute de son temps pour des rancœurs inutiles. “Je t’aime.” lâcha-t-il finalement, l’aveu sonnant légèrement comme une plainte. “Embrasse-moi maintenant. Ça fait plus de trois jours qu’on s’évite et ça commence à faire long.” Il essaya tant bien que mal d’étirer un sourire. Ça n’était pas le plus joyeux ni le plus sincère qu’il ait offert à l’homme, mais il essayait. Ils allaient bien finir par s’en sortir, pas vrai ?

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Jeu 23 Aoû - 11:56
Inutile de se flageller, c'était bien le message derrière tout ça non ? Car oui j'avais tout fait, mais il avait quand même trouvé le moyen d'abandonner, et je n'aurais rien pu y faire. Soupirant, je m'attendais déjà à ce que Will botte en touche et je ne fus pas étonner de l'entendre me dire qu'il n'en avait plus la force. J'étais soulagé dès l'instant où ses lèvres glissèrent sur ma main et je ne pouvais que vouloir le suivre. Oui il fallait aller de l'avant. Hochant la tête en guise de première réponse, je n'eus pas vraiment le temps d'argumenter là suite. Il soulignait à juste titre que l'on avait vécu suffisamment de chose compliqué, voir horrible pour s'arrêter et on avait encore la chance de pouvoir partager quelque chose d'autre et de rare. Il ne fallait pas perdre notre temps et il fallait profiter du temps qu'il nous resterait. Si j'avais moins peur en l'avenir avant, aujourd'hui, je n'étais plus sur de rien et la crainte que l'on puisse être un jour séparait se faisait si réelle à présent. Ce n'était plus simplement une crainte, c'était une réalité, quelque chose de possible, quelque chose que l'on avait déjà vu de prêt. « D'accord. », finis-je par souffler avant qu'un fin sourire ne retrouve mon visage en l'entendant dire qu'il m'aimait. C'était sans doute ridicule, mais ces quelques mots avaient le don de réchauffer mon coeur, de me donner tout l'espoir au monde. Et même si le ton n'y était pas encore, le message restait le même.

Ne me faisant pas prier pour la suite, je me penchais sur lui, ma main libre se glissant sur sa joue, sur sa nuque pour le garder contre moi lorsque mes lèvres retrouvèrent les siennes. Il n'y avait rien de plus plaisant au monde que l'embrasser, rien de plus parfait. Je l'aimais, sans doute trop pour mon propre bien ou pour celui des autres au final, mais je l'aimais et le retrouver, même si cela était teinté d'une souffrance encore latente, restait la chose la plus plaisante au monde, la chose que je pourrais le plus faire le plus sans me lasser. Ce baiser n'était sans doute pas comme les autres, il demeurait sincère, mais il restait teinté d'excuse. Je ne pourrais pas faire table rase, je ne pourrais pas pleinement oublier ce que Ezra avait fait et même si je me concentrais uniquement sur Will, je restais toujours le même. Les choses continueraient à prendre leur temps. Lachant sa main, j'ignorais la douleur couvrant mes phalanges pour la glisser elle aussi sur son visage. Pour l'embrasser, avec tout l'amour que je pouvais lui porter et jusqu'à ce que l'oxygène ne me manque. Ce qui arriva une fois de plus trop rapidement. M'éloignant de quelques centimètre, je reprenais difficilement mon souffle alors que je demeurais toujours face à lui, alors que mes mains le tenait toujours. « Je t'aime. », soufflais-je alors que l'air retrouvait tranquillement et lentement le chemin de mes poumons.

Une pensée remonta alors le long de mon esprit, une pensée qui n'aurait peut-être pas du revenir après ce qui s'était passé, mais dont le désir demeurait le même, « Tu veux toujours m'épouser sur un Post-it ? », demandais-je alors que je me reculais un peu plus pour le voir. Le timing n'était sans doute pas le meilleur pour lui rappeler que quelque part, j'avais fait cette demande, quelque part, j'avais voulu l'épouser, quelque part, avant que tout sorte, j'avais voulu faire quelque chose de complètement stupide. Lâchant son visage, je repris ses mains, ne lui laissant pas le temps de répondre, préférant peut-être tuer toute réussite maintenant, « Des ailes légères de l'amour j'ai volé sur le haut de ces murailles, car des barrière de pierre ne sauraient interdire l'entrée de l'amour et tout ce que l'amour peut faire, l'amour ose le tenter ? », c'était débile de n'avoir lu qu'un seul bouquin et c'était stupide de paniquer au point d'en citer un passage. D'autant plus que tout le monde mourrait dans Roméo et Juliette alors c'était un peu dramatique comme choix de texte. Mais j'étais pas écrivain, ni littéraire, c'était déjà bien que je m'en rappelle. « C'est censé te convaincre que c'est pas une idée de merde malgré les apparences et c'est aussi censé te rappeler que j'ai lu que trois bouquins dans l'énorme bibliothèque du salon. », ajoutais-je avec un petit sourire craintif. J'aurais du attendre, mais je ne savais pas attendre, surtout avec lui, surtout quand ça nous concernait. 

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MessageSujet: Re: Amor verus numquam moritur [Eliam]   Jeu 23 Aoû - 16:18
Aussitôt que les lèvres d’Elias se posèrent sur les siennes, tout rentra dans l’ordre. C’était presque ridicule tellement c’était simple et plus encore si l’on prenait la peine de penser qu’un instant plus tôt, il avait été prêt à sortir d’ici sans un regard en arrière. Il l’aurait regretté, certes, mais… C’était stupide. À son tour, Will s’autorisa donc à accrocher ses mains au visage du soldat et il profita simplement de ce baiser et de l’apaisement qui venait avec. Il ne put s’empêcher totalement de penser : “jusqu’à la prochaine fois” et il savait que ça n’était pas juste du défaitisme, mais la vérité et ça lui était pourtant complètement égal pour le moment.

Son sourire avait retrouvé complète sincérité quand Elias s’éloigna enfin et trouva une moyen de s’agrandir un peu à entendre l’homme lui dire qu’il l’aimait. Ça au moins, Will n’en avait jamais douté. Il doutait parfois que les sentiments soient suffisant pour que leur couple survive, mais jamais qu’ils soient réels. Il s’apprêtait à répondre, encore une fois, qu’il l’aimait aussi, mais Elias ne lui en donna pas vraiment le temps alors qu’il s’éloignait un peu et qu’un genre d’inquiétude s’installa sur ses traits. Will fronça les sourcils doucement et ouvrit la bouche dans l’espoir de demander ce qui n’allait pas. Les mots restèrent coincés dans sa gorge cependant, lorsque l’homme lui demanda s’il voulait toujours l’épouser et que, sans lui donner la moindre chance de répondre, il enchaîna en récitant des vers de Roméo et Juliette.

Quand Elias accepta enfin de se taire, Will fut obligé de se mordre les lèvres pour retenir un rire de lui échapper et il se força à prendre un peu plus sérieux. L’idée du mariage, aussi rapidement et dans un monde pareil, lui semblait beaucoup moins ridicule ce soir. Sans doute parce qu’il réalisait enfin pleinement l’importance de chaque seconde de sa vie, de la leur. Il aurait pu dire cela et effacer d’un coup tous les doutes d’Elias, mais décida de faire durer un peu le plaisir. “Je t’épouserais aussitôt que tu auras lu une autre pièce de Shakespeare.” souffla-t-il dans un sourire beaucoup plus moqueur. Ce fut finalement son tour de dégager ses mains de l’emprise d’Elias pour les glisser sur son visage et lui voler un baiser, plus bref que ceux initiés par le soldat certes. Mais dès qu’il libéra ses lèvres, ce fut pour le prendre dans ses bras et le serrer contre lui un tout petit peu trop fort. C’était un geste peut-être un peu moins passionné, mais il en avait réellement besoin, là. Juste de sentir l’homme dans ses bras, contre lui, réel. Et de s’y accrocher de toutes ses forces dans l’espoir qu’il n’aurait plus jamais à le voir s’éloigner.

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Amor verus numquam moritur [Eliam]
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