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 Us and them.

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Olivia WellsIndépendant
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MessageSujet: Us and them.   Dim 12 Aoû - 22:37
« Tu sortiras encore, demain ? » Demanda-t-elle d’une voix blanche, se redressant de leur lit improvisé pour le voir apparaitre dans la pénombre de la pièce.

Il était tard. Il avait mis un temps fou à rentrer de son expédition. Effy avait eu l’occasion de s’endormir et de se réveiller par deux fois, pour manger un peu. Olivia, elle, avait le cœur gros depuis la naissance de sa fille. Etrangement… Elle se sentait seule, ne parvenait pas à ressentir cette sécurité dont elle avait besoin pour se remettre. L’accouchement avait été éprouvant, certes, mais ça n’était pas son physique qui pêchait – elle n’avait pas eu tant de mal à retrouver la santé et la ligne, malgré les réserves maigres de la prison. C’était tout le reste, et surtout le moral qui dégringolait à chaque instant.

Heureusement, Nora prenait sur elle pour s’occuper de sa nièce la majorité du temps. Elle faisait de son mieux pour accompagner sa sœur, pour lui tenir compagnie, pour lui changer les idées. Elle désespérait parfois de retrouver cette lueur mutine dans les yeux de sa cadette, en se demandant la majorité du temps ce qu’il se passait. C’était parfois en larmes qu’elle retrouvait Olivia le matin, après le départ de Darren. Les yeux gonflés par les pleurs, et épuisée de ne pas avoir pu encore trouver le sommeil.

« Reste un peu, avec moi, je… » Sa voix s’étrangla à nouveau dans sa gorge. Elle serra les mâchoires, et de cet appel au secours, ne parvint à extirper qu’un maigre sourire : « Non, je comprends… On en a besoin… »

Elle faisait machine arrière, comme à chaque fois. Ses traits tirés par la fatigue ne la rendaient plus aussi belle que lors de leurs rencontres. Ses longs cheveux blonds – qui avaient beaucoup poussé durant sa grossesse – étaient noués en une natte qui se défaisait malgré ses bons soins. Elle tendit les bras vers son homme pour qu’il vienne l’enlacer. Et pour la première nuit depuis la naissance d’Effy et leur installation à la prison, Olivia put dormir pour de bon…

Et se réveiller quelques heures plus tard à cause de leur fille. Ce fut soudain : juste un chouinement dans son lit de fortune, quelques mouvements, et l’impression que le monde lui tombait sur les épaules avant même qu’elle ne commence à vraiment crier. C’était son instinct qui l’empêchait de fermer l’œil. Un instinct qu’elle ne comprenait pas, mais qui l’obligeait à tout faire pour sa fille… Elle se hâta de se redresser, de se pencher au-dessus du berceau pour comprendre ce qu’il se passait. Effy s’agita, mais cessa lorsqu’Olivia passa doucement une main sur son ventre.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Murmura-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux. « Pourquoi tu te réveilles, tu… Papa doit dormir, tu le sais… » Chuchota-t-elle alors qu’elle attrapait sa fille pour la blottir tout contre elle.

Ça ne fit cependant pas cesser les pleurs de cette dernière. Ils redoublèrent même. Et bêtement, Olivia n’avait même pas préparé de quoi la nourrir. Ses nerfs craquaient, et sa carapace avec. Elle aussi n’allait pas tarder à se mettre à pleurer.

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Darren I. WellsIndépendant
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MessageSujet: Re: Us and them.   Lun 13 Aoû - 0:41
Encore une fois, la journée avait été longue. Dès l'aurore jusqu'au milieu de la nuit. Ou plus tard encore. Darren ne prenait plus le temps de compter ses heures d'expédition. Tout ce qui importait, c'était qu'il ramène suffisamment de ressources à la maison. Malheureusement, ce genre de plan, ça n'aidait pas vraiment à avoir une vie de famille saine et posée. On ne pouvait pas vraiment dire qu'il était un époux présent et encore moins un père proche de sa fille. Quand il rentrait, généralement, il s'écroulait auprès de Liv et s'endormait comme une masse. Et le lendemain, il devait soit organiser des sorties, soit voir avec Abel comment se passerait les prochaines étapes de renforcement de la prison. Le maître chien aurait tout donner pour pouvoir passer du temps seul, dans sa chambre, à roupiller mais le monde lui rappelait que ce n'était pas possible. Surtout quand Effy se mettait à pleurer et quand les morts d'à côté faisaient comprendre qu'ils ne seraient pas contre un petit casse-dalle. Face à son épouse, l'homme vint se frotter les yeux d'épuisement et haussa les épaules à sa question. Malgré la grossesse et l'épuisement, il continuait de la trouver magnifique et regrettait les instants où il n'était en charge de rien et qu'il pouvait passer du temps avec elle. Ses mots interpellèrent le dresseur qui haussa un sourcil pour chercher à comprendre ce que sa moitié tentait de lui faire comprendre. "Liv..." qu'il commençait pour l'inciter à lui dire ce qu'il se passait mais la rétractation et sa demande silencieuse d'une douce étreinte firent qu'il se contenta de la rejoindre pour quelques heures de repos.

En plein rêve, le sommeil de Darren fut déranger. Des bruits se mirent à envahir petit à petit ses songes aux formes indistinctes puis se changèrent en cris. Le mélange des deux mondes se mit à déranger son apaisement pour finalement le forcer à ouvrir les yeux. Doucement, il s'allongea sur le dos et bailla silencieusement alors que la blonde tentait de calmer le poupon. Braver la crise de larmes en se retournant pour dormir, c'est ce que désirait l'homme mais il ne parvenait pas à détacher son regard des deux silhouettes. Il avait le coeur brisé d'entendre le second amour de sa vie au bord de l'agonie. Lentement, le brun se releva et laissa ses pas le porter auprès de sa femme, venant doucement porter la main au creux de son dos, signalant ainsi sa présence. "Elle doit avoir faim... Donne la moi, je m'en occupe pendant que tu lui prépares sa collation, d'accord ?" proposait le père, désormais totalement réveillé. En réalité, il n'attendit pas vraiment l'accord de sa femme pour venir s'emparer du petit paquet. Malgré la pénombre, les yeux noisettes du sudiste vinrent fixer le visage féminin aux traits marqués et choisit de venir l'enlacer longuement contre lui. "Hey... Tu iras dormir ensuite. Je prend le relais." qu'il décidait, encore une fois, sans lui laisser le choix. Un baiser sur le front scella le pacte qu'il venait d'imposer à la femme.

L'homme fit les cents pas dans la cellule qui leur servait de chambre en berçant au mieux sa princesse pour apaiser ses maux, bien qu'il n'y ait pas de changement. "Chuuut... Calme toi, mon amour... On s'occupe de toi..." chuchotait le papa à son petit ange, comme pour la rassurer. Si quelques mois avant il s'imaginait pouvoir gérer les nuits blanches sans problème, il devait avouer qu'il s'agissait presque d'une mission impossible après une journée trop chargée. L'éducateur offrit à son bambin quelques longues caresses et essuyaient par moment ses joues remplient de perles salées en lui promettant qu'elle pourrait bientôt manger. Le biberon préparé, l'homme s'installa sur leur couche de fortune afin de caler au mieux le nourrisson et lui glissa la tétine dans la bouche. Effy se mit à téter allègrement, faisant au passage sourire le survivant.

Au bout d'une poignée de minutes, l'époux revint fixer sa moitié et lui fit signe d'approcher, prenant le risque de se tapoter rapidement la cuisse pour l'inciter à se servir de lui comme coussin, semblablement aux moments passés avant la parentalité. "Comment tu te sens, Olivia ?" demandait-il dans un chuchotement doux. S'il ne tenait pas sa fille, il se serait mit à caresser la chevelure blonde de l'immunisée et quelque part, il sentait que ce simple geste lui manquait. Peut-être bien que ce n'était pas les moments formidables en amoureux mais au moins, pour une fois, ils pouvaient prendre un peu de temps pour discuter. Loin des responsabilités de chacun et surtout des siennes.

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Olivia WellsIndépendant
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MessageSujet: Re: Us and them.   Mer 15 Aoû - 17:25
Raté… Un autre échec supplémentaire. Là où Liv avait voulu faire attention à ce que Darren ne soit pas réveillé par les cris de sa fille, ce fut lui qui vint à son secours alors qu’elle peinait à remettre ses pensées en ordre. Entre la cohérence de ses songes et de ses mouvements, il y avait un monde… Troublée, la blonde céda le petit corps d’Effy quand lui comprit qu’elle avait faim et qu’elle n’avait rien préparé pour elle. Olivia se sentit comme la pire mère de toute, incapable de savoir ce que voulait son propre enfant. Incapable de prévoir surtout que sa fille pourrait avoir faim au milieu de la nuit… Elle s’en voulait terriblement.

Mais elle renonça à pleurer parce qu’il fallait se concentrer sur ce fichu biberon qu’elle n’avait pas pu prévoir avant. La gorge nouée par le ressentiment, la blonde fit le nécessaire pour faire chauffer doucement l’eau, le mélanger au lait maternel, et revenir vers Darren pour le lui fournir. Les cheveux toujours emmêlés, des cernes vilaines sous les yeux, elle n’osa pas croiser le regard de son homme, de peur de fondre en larmes devant son incompétence crasse. Était-ce vraiment les hormones qui lui faisaient ça ? Elle en doutait. En fait, Liv se sentait tout juste comme la pire personne sur terre.

« Comment je me sens ? » Répéta-t-elle d’une voix étouffée, curieuse qu’il puisse lui demander ça. Elle eut envie d’éclater de colère, mais sa gorge se noua et rattrapa les mots durs qu’elle voulait adresser à tout le monde dans son état. « … ça pourrait être pire… » Répondit-elle.

Olivia n’eut pas l’impression de lui mentir car après tout, c’était vrai : ça pourrait être pire. Ils pourraient être dehors avec un enfant en bas âge, incapable de lutter pour leur survie. Ils pourraient être tous morts, et elle seule avec son immunité et une Jordan à peine plus vaillante qu’elle après la perte du club des cinq. A dire vrai, ils s’en sortaient tous bien, finalement…

Tous, sauf elle.

« Et toi… ? Comment… Tu n’es pas trop fatigué ? » Lui demanda-t-elle dans la foulée, pur essayer de détourner le sujet.

Darren n’était cependant pas dupe, et elle le savait au fond d’elle. Fondue dans ce marasme qu’était son corps depuis la naissance d’Effy, dans l’incompréhension que tout ça était, du fait de ne pas réussir à trouver un sens à cette rupture avec son enfant qu’elle ne pouvait plus protéger comme avant, la blonde se sentait tellement désolée…

« Je suis un poids pour vous… » Admit-elle finalement d’une voix blanche. « Je le sais… Une bouche de plus à nourrir, et Effy… » Elle se stoppa, parce qu’Effy n’avait pas encore l’opportunité de se défendre. Mais l’espace d’une minute, Olivia eut l’impression que son enfant s’en sortirait mieux sans sa mère. « Je ne sais pas comment tu fais… Pour ne pas m’avoir balancer dans la horde la plus proche… Je te suis inutile. »

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Darren I. WellsIndépendant
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MessageSujet: Re: Us and them.   Mer 22 Aoû - 18:48
"C'est dans ce genre de moments que je suis tenté de te lancer aux charognards." laissait échapper Darren durement à son épouse, regard sombre et sourcils froncés. Il comprenait qu'elle était à bout. Elle qui était une femme si forte habituellement, une femme libre de ses mouvements et du genre à insulter tout ce qui se dressait sur son chemin. Elle n'était ce soir, comme depuis quelques temps, qu'une ombre. Un sorte de fantôme qui cherchait une raison de rester sur le lieu de son dernier souffle. L'éducateur soupira profondément en revenant adoucir ses traits en fixant sa fille avec énormément de tendresse. "Tu te rends compte de ce que tu dis, Liv ?" fit le père à sa moitié. Avait-elle conscience, ne serait-ce qu'un peu, de ce qu'elle sous-entendait ? Pouvait-elle préférée la mort plutôt qu'une vie, certes compliquée, auprès des siens. "Comment peux-tu penser... Comment..." Rien ne parvenait à quitter les lèvres du brun qui fixait amplement Emily qui continuait de téter son biberon avec envie. Bien sûr, il avait entendu parlé du baby blues mais n'avait jamais comprit à quel point c'était puissant. Aujourd'hui, force était de constater que c'était bien plus dangereux qu'une horde parce que chaque survivant finissait par le comprendre. Le mental l'emportait bien souvent sur le physique. Et là, sa blonde adorée, aimée au-delà de tout, laissait tomber chaque parcelle de sa force psychique. Les pupilles noisettes revinrent sur le visage de cette femme qui devait partager théoriquement sa vie. Théoriquement... Cette pensée écrasa fortement le palpitant du sudiste car il essayait de résister à la dure claque de la réalité. Son épouse touchait le fond et il n'avait rien vu jusqu'à présent. Était-il responsable ? Responsable à cause de son aveuglement et ses nouvelles responsabilités ?

Ike détourna une nouvelle fois les yeux d'Olivia en se pinçant les lèvres. Son esprit fonctionnait à vive allure pour essayer de trouver les mots qui apaiseraient ses maux. La petite gazouilla doucement pour signaler qu'elle ne pouvait plus avaler une goutte de lait et son père vint doucement la redresser et la porter à son épaule pour lui tapoter délicatement le dos. Merci Winter pour les conseils. Le rot ne tarda pas à se faire entendre et l'éleveur se releva silencieusement pour se diriger vers la couche de son héritière. Un baiser sur le front et un "Je t'aime" murmuré plus tard, il l'installa. Quelques secondes, il observa la douce bouille de son petit ange. Malgré la pénombre, il pouvait parfaitement distinguer les traits des Castillo offerts par les gênes d'une mère aimante. Une mère aimante qui aujourd'hui perdait pied. Dans son dos, l'homme eut l'impression d'entendre un sanglot et pour s'en assurer, il tourna les talons afin de constater les choses. Lentement, se mit à genoux devant Liv et passe les bras autour d'elle afin de la serrer tout contre sa poitrine. Sa main gauche se glissa lentement dans sa chevelure dorée pour lui octroyer de douces caresses alors que son bras droit la maintenait étroitement contre lui. Délicatement, l'époux parsema le front de son aimée de baisers plus tendre les uns que les autres. L'étreinte dura une bonne dizaine de minutes.

Darren qui avait fermé les yeux, les ouvrit et éloigna Liv pour pouvoir la regarder longuement. Il entrouvrit d'abord les lèvres sans que rien n'en sorte, peu certain de savoir quoi dire, voire pas certain du tout. Finalement, son cerveau se mit à agir de lui-même, laissant entendre un "Tu es fatiguée. Sur tous les fronts, tu es fatiguée. Et je sais qu'au fond de toi, ce que tu dis, tu ne le penses pas." Ce n'était pas très habile et même pas vraiment réconfortant mais pouvait-on s'attendre à autre chose de sa part, sachant qu'il n'était pas vraiment homme de lettres. Et pourtant il tentait. Il voulait tenter, même si ce n'était facile de se faire comprendre. "Tu es utile, mon cœur. Pourquoi tu ne le serais pas ?" fit-il en laissant sa main glisser sur sa nuque pour la gratifier de douces caresses. "Effy et moi, on serait perdus sans toi. Et notre bébé... Si tu n'étais plus là, tu crois qu'elle saurait comment s'en sortir ? Emily a besoin de toi, Liv. Parce que tu es sa mère. Parce que tu l'aimes. Bien plus que tu pourrais m'aimer, je ne suis pas totalement stupide et c'est normal." Le dresseur marqua une pause importante, le temps de s'assurer que sa femme enregistrait petit à petit les phrases qu'il venait de lancer. "Parle moi. Je sais que ce n'est pas le top alors parle moi. Nous sommes une équipe... " poursuivait le mari désormais attristé par la situation. Il se demandait, à vrai dire, s'il pourrait gérer la situation. Il en doutait et l'idée de mal faire et de perdre sa partenaire l'inquiétait. Résultant de cette crainte, il la serra un peu plus contre son cœur.

"Tu ne peux pas penser ce genre de choses, Olivia..." laissait-il tomber dans un murmure supplicateur. "Tu es bien plus forte que ça... Je t'ai connu plus combative... Pourquoi est-ce que tu baisses les bras ?" demandait le brun en fermant à nouveau les yeux, comme si ce geste pourrait le protéger des réponses qu'il obtiendrait par la suite.

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MessageSujet: Re: Us and them.   Sam 22 Sep - 23:37
« Ce que je dis, c’est… C’est juste la vérité… » Souffla-t-elle d’une voix amère en le regardant droit dans les yeux. C’était ça le problème. Quand ses cils s’embuèrent et retinrent avec peines les larmes qui coulèrent, quand les mots de Darren lui parvinrent finalement, Olivia se sentit encore plus mal qu’au départ. Il n’était pas prêt à entendre sa souffrance. Et pourtant, elle était là, plus vivace que jamais. « Non, tu ne comprends pas Darren… »

C’était ça le problème : si lui ne parvenait pas à entendre à quel point elle souffrait, alors personne ne pourrait le faire. Ça n’était peut-être que passager, mais les visions qu’elle avait d’elle-même était de plus en plus récurrentes et violentes. Et il ne voulait pas voir ça :

« Je le pense, c’est ça le problème. Je le pense et je le ressens dans ma chair depuis qu’Effy est là… Et tu n’imagines pas les images qui me viennent à l’esprit à chaque fois que j’ai le temps d’y penser. » Parfois même lorsqu’elle tenait sa propre fille dans ses bras, qu’elle comptait la nourrir. Etait-ce seulement dû au manque de sommeil ? Ou alors, était-ce plus profond encore ? « Je me sens comme la pire des personnes sur terre, je n’ai pas l’impression de mériter d’être ici, d’être… Je suis une arnaque, Darren, comment tu peux ne pas le voir ? » Questionna-t-elle sincèrement.

Et dès lors, sa vue se troubla. Le monde était flou, le visage de son mari également. Elle savait qu’il s’accrochait pour survivre à ce qu’elle lui disait, mais n’envisageait pas vraiment sérieusement tout le tort qu’elle se causait.

« Comment tu peux réussir à me regarder dans les yeux et à me dire que tu m’aimes ? Tu ne peux pas le faire… » L’aimer, sincèrement. C’était impossible… « Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne sais pas pourquoi ça m’arrive. C’est peut-être le karma, le contre-coup de tout ça. Finalement le retour de baton que je mérite depuis longtemps… » Souffla-t-elle : « Tu me trouves dure envers moi-même ? Tu n’imagines pas ce que je pense vraiment. Tu es loin du compte Darren. »

Elle prenait le risque conscient qu’il la déteste pour ça. Mais c’était peut-être qu’une épreuve supplémentaire à dépasser : en peu de temps, ils en avaient déjà passé tant ! La boule au ventre, la gorge nouée, Olivia s’obligea à parler. Et peut-être qu’au fond, ça soulageait un peu son fardeau…

« Et je ne sais pas… Je ne sais pas si je pourrais me retenir de faire une bêtise… » Avoua-t-elle. Sa lèvre inférieure trembla, elle se sentait horrifiée par ses propres mots, mais ses pensées étaient pires : « Il faut m’éloigner d’Effy, il le faut vraiment… Parce que je ne veux pas la blesser, mais ça arrivera vraiment. » Ajouta-t-elle sincèrement : « Et c’est peut-être mon dernier vrai moment de lucidité sur moi-même : écoute-moi, fais ce qu’il faut Darren… Je te supplie de faire ce qu’il faut pour que ça n’arrive jamais… »

Une supplique. Une demande. Peu importait le moyen qu’il trouvait pour l’éloigner d’elle, pour l’empêcher de faire la pire des conneries de sa vie :

« Je t’aime. Je t’aime plus que je n’aimerais jamais personne. Et j’aime notre enfant : c’est le plus beau cadeau que tu aurais pu me faire. Mais tout ce bonheur, je ne le mérite pas. » Trancha-t-elle.

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MessageSujet: Re: Us and them.   
 
Us and them.
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