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Depuis l'été 2014, l'Apocalypse règne sur le territoire américain. Dans la région de Détroit, les survivants s'organisent seuls depuis des mois pour sauver leurs vies et résister aux rôdeurs. Quand, après trois ans sans nouvelles du gouvernement, l'armée revient à Détroit, un nouvel espoir semble possible pour les survivants. Mais à quel prix ?
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Intrigue #5 : What lies ahead
Cohabitation

Après plusieurs mois de cohabitation entre civils et militaires, la tension monte au point de menacer la paix précaire autant au sein de Fort Hope qu'avec l'extérieur.

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Aaron Blynk
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MessageSujet: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyLun 10 Sep - 15:42
Une journée comme une autre à première vue. Il fait beau, légèrement frais, mais rien qui ne puisse pas se régler avec un manteau bien chaud. Shadow est dynamique, Joey et Peyton dorment encore, tout semble aller pour le mieux. D’un pas assez tranquille, je me prépare, prenant même le temps pour un petit déjeuner, habitude qui est devenue pourtant si rare les jours où je me lève aux aurores, ou même avant. Finalement, je sors. Shadow et moi faisons le tour des rues du camp, cette dernière déjà à fond, galope autour de moi, allant fouiller de sa truffe les environs et tout ce qui lui semble digne d’intérêt. C’est devenu un tableau que je vois chaque matin, une routine douce et calme dans laquelle notre duo se complait bien volontiers. Je prends le temps de me réveiller et elle, de dépenser son trop plein d’énergie pour pouvoir être plus tranquille pendant qu’on sera de garde dans quelques instants. Finalement, notre petite promenade s’achève, au poste de surveillance. Je rejoins l’équipe de sentinelle, pour relayer mon coéquipier qui a assuré la nuit.

Une journée comme une  autre à première vue. Pourtant, c’est aujourd’hui que je compte me mouiller. Anja, voici plusieurs semaines que nous nous revoyons dans le cadre du travail, de notre travail de surveillance plus précisément. Disons qu’à force de se voir, de se parler, je trouve que la situation est un poil moins tendue entre nous, allons même jusqu’à dire plus naturelle. J’ignore évidemment comment ça se passe dans sa tête en ce moment, mais personnellement, j’apprécie d’échanger quelques mots avec elle de temps à autres. Le passé est derrière nous et voilà longtemps que nous n’avons plus fait allusion à ça. On se parle comme des collègues. Et même si personnellement je garde au fond de moi la complicité que j’avais avec elle avant, je me pose la question. Serait-ce déplacer, de lui exposer une demande qui trotte dans ma tête doucement depuis quelques temps ? Je me dis que ça ne serait pas une erreur. Je me dis que ça n’engagerait à rien, si ce n’est à se détendre tranquillement autour d’un repas simple. Aussi, c’est avec beaucoup de douceur et de calme, que je suis allé la voir. Avec un petit sourire amusé, celui que j’arbore naturellement et bien volontiers lorsque je suis détendu, je lui ai proposé de venir manger chez moi, ce soir. Moi-même je ne suis pas trop sûr de ce que c’est. Un rencard, un remerciement pour les jours où elle m’a hébergé, l’enterrement de la hache de guerre, je n’en sais finalement trop rien. J’ai simplement écouté mes tripes et à la fin de notre conversation, j’ai simplement glissé “Tu devrais venir manger chez moi. Ce soir, ma porte t’es grande ouverte.” Et, elle a accepté.

C’est ainsi, que j’ai décidé de rentrer, et de fouiller chez moi. Peyton et Joey sont avertis, j’ai réclamé la désertion des lieux communs pour la soirée, que je puisse profiter tranquillement d’Anja, que l’on puisse se parler sans interférences. Et finalement, l’heure est venue, Anja ne devrait plus tarder. Le lapin a bien rôti, les haricots sont chauds, les carottes râpées sont craquantes, tout va pour le mieux. Finalement, on frappe et j’en conclue la chose la plus logique, la belle est là. D’un pas tranquille, j’ouvre avec un petit sourire.

- Bienvenu. Il était temps que je te valle les repas que tu m’avais offert quand j’étais chez toi. Le menu est assez copieux pour notre air, mais je voulais me rattraper. Il devrait t’être familier.

Avec amusement, je l’invite à entrer. Tout ça me fait bizarre, mais d’un autre côté, ça me fait beaucoup de bien.

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MessageSujet: Re: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyMer 19 Sep - 22:40
Je fixe d’un œil critique le reflet de mon visage qui habille le miroir, avant de laisser un soupir s’échapper de mes lèvres entrouvertes. Comment est-on censé s’habiller pour aller dîner chez son ex-fiancé, en période d’apocalypse ? Bonne question. Je glisse un coup d’œil à ma propre tenue, rien de bien extravagant, un pantalon retroussé sur des bottes, et un gros pull en mailles, qui tient bien chaud à la frileuse que j’ai toujours été. Tout maquillage est superflu, d’ailleurs, si j’ai un jour possédé un mascara et un rouge à lèvres, cela fait bien longtemps désormais que j’ai renoncé à être coquette, ce qui de toutes façons ne m’a jamais vraiment attiré, même lorsque le monde avait encore un sens. J’attrape finalement un élastique, et noue mes cheveux en une longue queue de cheval brune…avant de tirer dessus d’un geste brusque pour libérer une nouvelle fois ma tignasse. Raaaah ! Je suis nerveuse. Je suis nerveuse, et je ne sais même pas pourquoi.

Quand Aaron est venu discuter à la fin de ma garde, lors de la relève, je pensais qu’on ne ferait qu’échanger quelques mots, comme c’était devenu une espèce d’habitude depuis qu’il avait élu domicile à Fort Hope…dans la maison à côté de la mienne. C’était étrange au début, à croire que les mots me manquaient, bien plus à moi qu’à lui d’ailleurs, qui parvenait avec une facilité déconcertante à discuter de tout et de rien. L’aisance est venue jour après jour, en même temps que la banalité des conversations, les comptes rendus de garde, la vie à Fort Hope,…Pourtant, ce matin, à toutes ces conversations anodines qu’on avait habituellement, Aaron a rajouté une phrase que je n’ai pas vu venir. Une proposition à venir manger chez lui, le soir-même. Et avant même que je réalise, ma tête hochait de haut en bas, dans un signe d’acceptation. Je vais me planter devant la fenêtre du salon, et tire discrètement sur le rideau pour y voir plus clair, mais tout semble calme chez mon voisin, et ses colocataires, et un simple coup d’œil à l’horloge du salon m’indique qu’il va être temps pour moi de quitter les lieux.

Pas la peine de s’encombrer d’un manteau, la maison d’Aaron étant littéralement à côté de la mienne, et après à peine quelques pas, je me retrouve devant sa porte close. Une grande inspiration plus tard, je serre le poing, et me décide à frapper doucement, attendant avec plus ou moins de patience que la porte s’ouvre. Ce qui ne tarde pas à arriver, découvrant un Aaron tout sourire, auquel je réponds d’un air crispé, malgré moi, alors qu’il commence déjà à prendre la parole. Mon regard ne quitte pas son visage, alors que je fronce doucement les sourcils quand il m’indique que le menu va m’être familier, ce qui ne manque pas d’aiguiser ma curiosité. Suivant son invitation, j’entre dans la maison, alors que la porte se referme derrière nous, et qu’il m’escorte jusqu’au salon. Je glisse les mains dans les poches de mon jean, et me tourne vers Aaron, sans parvenir tout à fait à fixer mon regard sur lui, tandis que mes yeux découvrent cet endroit qui m’est encore inconnu. « -Aaron… » Je m’éclaircis la gorge, détestant la faiblesse et l’hésitation que j’y décèle moi-même. « -Tu…enfin…est-ce que…est-ce que c’est censé être un rencard ? » Mon regard miel part finalement à la rencontre du sien, bien plus sombre, alors qu’il n’est qu’à quelques pas de moi. J’imagine que ça ne ferait aucune différence, au fond, mais je n’ai pas arrêté de me poser la question, et je crois que j’ai besoin d’être fixée.

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MessageSujet: Re: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyJeu 18 Oct - 8:25
La maison est prête, elle n’attend plus que la belle brune. Mes deux chères colocatrices sont en haut et semblent pour le moment tenir leur promesse de me laisser le bas de la maison pour ce soir. Comment puis-je qualifier un tel repas… Un dîner amical ? Des retrouvailles ? Un dîner galant ? J’avoue que je ne me suis même pas moi-même décidé sur ma proposition. Mais quoi que cela puisse être, Anja n’a pas refusé, elle a accepté et sera là d’une second à l’autre. C’est ce que l’on peut appeler une victoire.

Et en effet, bientôt, de petits coups font vibrer le bois de la porte d’entrée. Je viens évidemment ouvrir à la belle et souris grandement. Elle est toujours aussi belle, même avec ce regard dur. Je ne m’attendais très clairement pas à la voir sourire quand elle arriverait. Je me serais clairement inquiété. Après tant de temps loin l’un de l’autre, on a plus grand-chose en commun, va falloir reconstruire tout ça pour espérer quelques soupirs de plaisirs et quelques sourires de la belle. Alors que je l’entraîne vers le salon, je continu quelques préparatifs, avant de me stopper, m’appuyant sur la table. Elle m’interpelle et me pose une question, que je ne comprends pas immédiatement. Un très léger silence, de quelques secondes à peine s’étendent, alors que je ricane doucement.

- Ce genre de questions ne se pose pas normalement quand on t’invite galamment à venir profiter d’un repas gratuit.

J’appuie un peu sur le galamment car je viens de me décider à l’instant. Oui, c’est un genre de rencard. Alors que je continu ma disposition, je me rends compte que plus ou moins inconsciemment, la soirée était déjà prévue comme tel. Je n’ai pas sorti le vin parce que je n’en ai malheureusement pas et il n’y a pas le moindre pétale de rose, ni la moindre bougie. Pourtant, l’ambiance y ressemble… Une petite musique de fond se joue, grâce à un tourne disque ancien que la famille qui vivait là avant détient. La table, a des couverts pour deux personnes uniquement et ça se joue en face à face.

- Installe-toi, je t’en prie.

Avec un léger sourire et ma douceur habituelle, je lui tire doucement sa chaise, attendant patiemment qu’elle vienne prendre place. Je l’installe confortablement, avant de m’empresser d’apporter le repas, disons plutôt l’entrée. Je lui pose sous le nez, un bol avec des carottes râpées. J’ai tenté une petite présentation, mais on manque d’herbes aromatiques dans le coin. De plus, des carottes restent des carottes, quoi que je veuille essayer d’en faire.

- Voici donc notre entrée. Elle est assez simple mais tu dois te douter que par les temps qui courent, faire plus sophistiqué pour impressionner quelqu’un, c’est assez compliqué.

Mon sourire se fait plus grand, alors que je m’installe enfin en face d’elle. J’attrape ma fourchette avant de l’observer quelques instants. Mon sourire, qu’elle connait déjà tant, fixé un moment du mes lèvres.

- J’espère que cette soirée ne t’oppresse pas trop ? Je me fais personnellement une joie de partager ce repas calmement et tranquillement avec toi.



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MessageSujet: Re: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyMar 30 Oct - 21:22
Sans rien rajouter, je le fixe de mon regard parfois trop froid, et je ne peux m’empêcher de froncer légèrement les sourcils quand je le vois se mettre à ricaner. Quoi, ma question était si ridicule que ça ? Peut-être. Sans doute, même. Mais comme je n’ai pas arrêté de me torturer avec ça depuis qu’Aaron m’a proposé de venir manger chez lui, il fallait que je demande, et que je sois fixée. Même si, au final, la réponse du jeune homme n’est pas vraiment des plus explicites. Je le fixe un long moment, sans même cacher ma perplexité, alors qu’il semble toujours autant amusé par ma question naïve. Je jette d’ailleurs un coup d’œil à la table quand il me propose de m’y installer, et ne manque pas de remarquer qu’il n’y a que deux couverts…alors même qu’Aaron ne vit pas tout seul dans les lieux. Inconsciemment, je me mords l’intérieur de la joue, tandis que je m’approche de l’une des chaises, qu’il m’a préparé, comme le parfait gentleman qu’il a toujours été.

Et sans attendre, il disparaît de la pièce, et revient très vite, les mains occupées. Il dispose ce qu’il appelle notre entrée face à nous, et je ne manque pas de me figer une nouvelle fois à ses propos. Pourquoi voudrait-il m’impressionner ? Il s’installe à son tour, juste en face de moi, si proche que pendant quelques instants, je me sens incapable de soutenir son regard, pas alors que je soupçonne qu’à ses yeux, ce n’est pas juste un dîner entre deux personnes qui ont un passé commun. D’un geste incertain, je m’empare de ma fourchette, et ne peux m’empêcher de relever le regard vers Aaron quand il reprend la parole. Si ça ne m’oppresse pas trop ? Je lui répondrais bien qu’il n’a qu’à regarder la tronche que je dois tirer pour avoir la réponse à sa question, mais la répartie reste coincée dans ma gorge face à son grand sourire. Putain, mais comment il fait pour être aussi…détendu ?

Je me force à faire tressauter le coin de mes lèvres, et avale une bouchée de carottes, en regardant tout autour de moi, découvrant cette maison dans laquelle je n’ai jamais mis les pieds jusqu’à maintenant. C’est cosy, à l’image de l’habitation juste à côté, dans laquelle je vis avec Ezra. C’est un peu étrange de se dire qu’on vit tous dans la maison de personnes qui sont aujourd’hui décédées, qu’on dort dans leur lit, utilise leur vaisselle, profitons de leurs vêtements, de tout ce qui représentait leur vie. J’ai eu du mal à m’y faire les premiers jours, et c’est devenu quasiment normal à l’heure actuelle, au fur et à mesure que les semaines se sont enchaînées.

Nous mangeons en silence un instant, avant que mon regard n’accroche une nouvelle fois le sien, et que je repose ma fourchette, en me mordant un instant la lèvre inférieure. « -Je suis un peu nerveuse, puisque tu as posé la question. Je ne sais pas à quoi m’attendre, et toi…toi tu es si…si…à l’aise. » Je porte le verre d’eau qu’il m’a servi à mes lèvres, et en avale une longue gorgée, sans quitter Aaron du regard. C’est vrai quoi…comment il fait pour sourire comme ça, pour agir comme si, des années plus tôt, je ne lui avais pas brisé le cœur en me barrant comme la parfaite égoïste que je suis, sans lui donner la moindre explication. Je me laisse aller contre le dossier de la chaise, et croise les jambes un instant, avant de lever les yeux vers le plafond quand un bruit d’objet chutant au sol se fait entendre. « -Tu as puni tes colocataires à l’étage ? » J’essaye de mettre un peu d’humour dans ma voix, m’étonnant de ne pas voir les deux jeunes femmes qui habitent avec lui partager notre repas. A croire qu’il a lourdement insisté auprès d’elles quant au concept de dîner en tête à tête.

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MessageSujet: Re: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyVen 1 Fév - 19:27
Anja transpire d’anxiété, je le vois d’ici. Pourtant, elle semble être partante pour se prêter au jeu de cette rencontre. Si elle ne voulait vraiment pas, elle l’aurait clairement affiché. Cette tigresse aurait simplement pris son manteau pour fuir, on ne peut pas dire qu’elle fasse bien souvent dans la dentelle, j’aurais vite était mis au courant si je n’avais pas la moindre chance de finir mon repas en un seul morceau. Pourtant, même si je la sens un peu ailleurs, un peu tendue, elle est encore là et mange à ma table. Elle prend le temps d’observer autour d’elle et je la comprends mille fois. Je suis moi aussi bien curieux de découvrir la décoration des voisins, celle qui était là bien avant nous et qui ne nous a pas vraiment laissé le choix d’adopter en récupérant la maison. Je découpe ma nourriture, mangeant avec lenteur, glissant les dents de ma fourchette dans la chaire croquante des carottes. Après un léger silence, Anja reprend la parole. Elle pose avec précipitation sa fourchette et revient à la charge. En effet, elle ne semble pas du tout à l’aise. Ses mots me rendent très attentif, et je souris avec douceur.

- Je ne suis pas si à l’aise que ça tu sais. Ton anxiété me dépeint dessus à force. Mais je te connais, si je me montre moi aussi stressé, on s’en sortira pas, pas vrai ?

Je bois à mon tour une gorgée d’eau fraîche pour me dégager la gorge. J’abandonne mes couverts et croise mes bras sur mon torse.

- Tout ça n’est pas un piège Anja. Je suis juste vraiment heureux de t’avoir retrouvé. Tu as beaucoup changé, mais je tiens toujours beaucoup à toi. Si la perspective d’un dîner galant t’intimide trop, tu peux penser que c’est autre chose.

Un bruit d’objet tombant au sol vient nous interrompre, et Anja en profite évidemment pour me tacler à ce sujet. Je ris doucement.

- Personne n’est puni. J’ai simplement demandé s’il était possible que j’ai le rez de chaussée pour moi aujourd’hui. S’occuper d’une femme triste et d’une adolescente fulminante à temps plein, ce n’est pas si simple qu’on pourrait le croire tu sais.

Je m’avance un peu, m’appuyant sur la table pour l’observer avec tranquillité, néanmoins, un petit sourire reste logé sur le coin de mes lèvres. Je reviens évidemment au sujet de base, ignorant la petite provocation de la jeune femme pour changer de sujet. Anja doit être un poil surprise. Elle n’est pas la seule à avoir changé, j’ai moi aussi les marques du temps. Et si Anja se souvient bien de qui j’étais, elle devrait être étonnée. Moi qui pouvait perdre si facilement contenance devant elle, et devenir maladroit, je suis ce soir serein, plus assuré dans mes idées. Oui, à mesure que les minutes passent, j’en suis de plus en plus sur, j’aimerais vivre à nouveau quelque chose avec elle. Je ne sais pas très bien quoi, mais l’idée de pouvoir la toucher à nouveau effleure mon esprit.

- Tu sais Anja, si j’ai bien compris quelque chose avec la fin du monde, c’est qu’on peut perdre ceux à qui on tient très vite. Ce n’est pas pour ça qu’il faut s’empêcher de vivre, s’empêcher de construire des choses. Si Logan n’avait pas pris ce risque, Fort Hope n’existerait pas. Moi, j’ignore parfaitement de quoi sera fait demain. Mais ce que je sais, avec certitude, c’est que je suis heureux de te retrouver à ma table ce soir. Et que je suis aussi sincèrement heureux que tu ne t’enfuis pas. A mon tour de te poser une question, est-ce que l’idée d’un repas galant avec moi, t’effraies ?

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MessageSujet: Re: Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja]   Talk with me, dance with me and love the silence [PV : Anja] EmptyMer 6 Fév - 21:25
Je reste là, immobile, à dévisager ouvertement cet homme que j’ai connu ce qui ressemble à une éternité plus tôt. Les traits sont les mêmes, bien que marqués par les années qui ont passées, et une certaine fatigue, ou lassitude peut-être. Mais il n’y a aucun doute, c’est bien Aaron que j’ai sous les yeux, et si je ne parviens pas à mettre le doigt sur ce qui a changé précisément, je sais pourtant qu’il n’est plus tout à fait l’homme qui était prêt à m’épouser. Je suis étonnée d’apprendre qu’il est aussi nerveux que moi, et si c’est réellement le cas, je dois bien admettre qu’il cache parfaitement bien son jeu, et fait preuve d’une maîtrise de lui à toute épreuve. Une maîtrise que je ne suis pas certaine de lui avoir déjà vu par le passé. Je reste stoïque quand il m’annonce que le dîner n’est pas un piège, mais je ne relève pas le fait que ça va être compliqué de m’imaginer que c’est autre chose qu’un diner galant, puisqu’il n’a pas nié, ni cherché à me rassurer sur le sujet. Je m’humecte légèrement les lèvres, et gagne quelques secondes futilement en portant mon verre d’eau à ma bouche pour en boire une gorgée.

Mon sourcil se lève très doucement quand Aaron annonce qu’il a demandé à ses colocataires d’avoir le rez de chaussée pour lui tout seul, à croire qu’il ne voulait vraiment pas être dérangé. J’ai du mal à savoir si j’aurai été plus rassurée à l’idée de savoir que les jeunes femmes auraient pu être parmi nous, ou si au contraire, j’y aurai vu une raison de malaise supplémentaire. Je hoche distraitement la tête, et lâche un vague : « -J’imagine… » quand il m’explique que son quotidien au milieu de ces deux jeunes femmes ne semble pas de tout repos. Je ne suis pas vraiment d’un naturel curieux, à vrai dire, je suis plutôt du genre à m’occuper de mes affaires, et de mes affaires exclusivement, et à éviter les questions qui ne me concernent pas, ce qui explique que je ne pose aucune question sur les raisons de la tristesse de sa coloc. J’imagine qu’il suffit de regarder derrière les barricades pour comprendre toutes les raisons du monde qui pourraient expliquer qu’une personne puisse être triste de nos jours.

Je l’observe s’avancer et se rapprocher sensiblement de moi, tandis que je ne le quitte pas du regard, ma lèvre inférieure faisant les frais de cette nervosité inexplicable qui ne semble pas vouloir me quitter ce soir. Je reste pourtant immobile, et écoute attentivement ce qu’il me raconte, même si certains mots semblent sur le point de déclencher mes alarmes intérieures. S’empêcher de vivre ? S’empêcher de vivre des choses ? S’empêcher de vivre quoi, exactement ? Je me mords le bout de la langue, incapable de réagir face à ses paroles, parce que je ne sais pas avec certitude ce qu’il met derrière son speech. Il est heureux de me retrouver ? Vraiment ? Je déglutis péniblement, et j’ai toutes les difficultés à soutenir son regard, alors qu’il me parle à cœur ouvert, ce que j’ai toutes les peines du monde à faire. Si l’idée d’un diner galant m’effraie ? Non, pas vraiment. Elle me terrifie, plutôt.

Pourtant, j’essaye de cacher le fond de ma pensée, et ce ressenti qui me paralyse, et à mon tour, je m’avance, me penchant au-dessus de la table, un bras en appui sur celle-ci, réduisant encore davantage la distance qui nous sépare. « -Je ne comprends simplement pas comment tu peux être aussi détendu, aussi…désinvolte, aussi heureux de me voir, comme tu dis, après la façon dont ça s’est terminé entre nous. Tu n’as donc aucune rancune à mon égard ? » Je dis ça en fronçant les sourcils, mettant exactement le doigt sur ce qui me chiffonne dans cette histoire. Je n’ai jamais pris la peine de me mettre à la place d’Aaron pour comprendre comment il aurait pu réagir après mon départ précipité, sans doute parce que j’aurai très mal accepté l’idée de le blesser. Alors j’ai fui, et j’ai évité de penser à tout le mal que j’ai pu faire, parce que c’était plus simple, et que je suis assez douée pour me montrer lâche, au besoin.

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