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In Your Flesh :: Michigan State :: Fort Hope

 Fix You || Juliet + Logan

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MessageSujet: Fix You || Juliet + Logan   Mar 16 Oct 2018 - 9:37
[11 Mai 2017] Cela devait faire presque une demi-heure que Logan n’avait pas bougé, agenouillé au pied de l’arbre devant sa fenêtre malgré la lumière déclinante. Il commençait à refaire suffisamment chaud pour que ça ne soit pas trop inquiétant, de le voir là, immobile et le regard perdu dans le vague. Et même si quelqu’un s’en était inquiété, rares étaient ceux qui oseraient réellement s’approcher du géant pour lui parler, ces jours-ci. Il n’était pas d’humeur particulièrement massacrante, pourtant, mais plutôt morose. Un Logan en colère, on savait gérer, on était habitué. Mais un Logan aussi… éteint et déprimé, c’était une nouveauté pour la plupart des habitants de Fort Hope et plus malaisant, sans doute, que de subir son courroux, mérité ou non. Il ne s’en plaignait certainement pas, qu’on ne l’approche pas trop. Ça lui allait très bien comme ça, vraiment. Il bougea pour la première fois depuis un long moment lorsqu’un courant d’air fit voler quelques feuilles mortes autour de lui et que l’une d’elle termina sa course sur la petite croix blanche plantée au pied de l’arbre, devant laquelle il se tenait depuis tout ce temps. Il décolla la feuille du morceau de bois et l’envoya plus loin presque aussitôt après qu’elle se soit posée dessus, refusant obstinément que la moindre imperfection ne vienne mettre le désordre. C’était relativement stupide, compte tenu du fait que cette croix était plantée là depuis plus d’un an et demi, maintenant. Elle n’était même plus tellement blanche, d’ailleurs et un peu abîmée à plusieurs endroits. Mais on voyait toujours la croix et, plus important encore, on voyait toujours le prénom de sa fille inscrit au milieu, de l’élégante écriture de Juliet. Il passa un doigt sur les lettres, redessinant le contour de chacune d’entre elles au passage, avant de laisser sa main retomber dans le vide.

Il n’y avait toujours qu’une seule croix au pied de cet arbre. Tous les autres cadavres de Fort Hope étaient enterrés dans le parc, y compris celui de Joy. Elle les avait quitté depuis peu. La croix de sa tombe, elle, était encore d’un blanc trop pur et trop lumineux au milieu de la grisaille de cet endroit. Elle ressortait trop, faisait comme une tâche impossible à ignorer. Pour cette raison, entre autres, Logan n’était pas allé encore une seule fois se recueillir sur la tombe de sa défunte épouse et, à la place, il venait ici, sur la tombe d’Eulalie, chaque fois qu’il ressentait le besoin de hurler, de pleurer ou tout simplement d’abandonner. Il restait souvent assis là, à même le sol, pendant une heure ou deux, sans dire un mot, sans prêter attention au reste du monde. Il ne pleurait jamais, ne parlait jamais, c’était seulement… Il ne savait même pas tellement ce qu’il cherchait ici, à vrai dire, ni ce que ça lui apportait. Ça n’effaçait certainement pas la douleur d’avoir perdu sa fille aînée, ni celle d’avoir dû enterrer sa femme quelques jours seulement après qu’elle ait donné naissance à leur enfant. Ça ne le débarrassait pas non plus de l’imposante culpabilité qu’il ressentait depuis, chaque fois qu’il refusait de prendre Mila dans ses bras ou de rester dans la même pièce qu’elle, chaque fois qu’il trouvait une excuse plus ou moins valable pour la confier aux soins de sa soeur, d’Alexandra ou d’un autre habitant de Fort Hope pour ne pas avoir à s’en occuper lui-même. Mais ça l’apaisait quand même un peu, de se tenir ici un moment, alors il continuait de venir.

Un autre long moment passa, à l’issu duquel Logan commença à se sentir un peu trop engourdi et où il décida qu’il était peut-être temps de rentrer avant que la nuit ne s’installe complètement sur Fort Hope. Et comme à chaque fois, ce fut sans un regard en arrière qu’il traversa les quelques mètres séparant l’arbre de la porte de sa maison. Un étonnant silence régnait quand il entra à l’intérieur, tout juste brisé par la porte qu’il claqua dans son dos. Il leva les yeux vers l’escalier, se disant qu’il aurait probablement dû monter voir ses filles et la pauvre baby-sitter volontaire pour faire son travail à sa place ce soir, mais il n’en trouva pas l’envie ni le courage et, après ce bref coup d’oeil, fila directement au salon dans l’espoir d’y trouver encore un peu de tranquillité. Il remarqua trop tard, beaucoup trop tard, que quelqu’un était déjà là. Un instant, il hésita à faire demi-tour, mais Juliet l’avait déjà vu et quel genre de personne serait-il s’il lui tournait le dos comme ça, alors qu’elle venait de passer la soirée à prendre soin de ses enfants pour lui ? Il lâcha un soupir et se força donc à avancer, pour aller se laisser tomber à côté d’elle dans le canapé. “Merci de t’être occupée des filles.” souffla-t-il après quelques secondes à ne rien faire d’autre que regarder dans le vide, son corps trop imposant difficilement contenu dans l’espace. Il n’y avait même pas vraiment de gratitude dans sa voix, mais ça lui était bien égal. “Tu peux y aller, si tu veux. Tu dois être crevée. Je peux gérer la suite. Elles dorment ?”  Il ne cherchait pas tellement à la chasser, seulement… Tout ça lui semblait un peu gênant, il n’était pas de la meilleure compagnie, ces temps-ci, moins bavard encore que d’habitude, jamais très sympathique et elle venait de passer la soirée avec deux bébés. Il n’allait pas l’empêcher de prendre la fuite aussi vite et loin que possible. Et puis, si Mila et Octavia étaient endormies, il n’aurait même pas à s’occuper d’elles à son tour.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Mar 30 Oct 2018 - 21:11
Ça aurait été un mensonge de la part de Juliet de dire qu’elle savait très bien dans quoi elle s’embarquait quand elle avait accepté de s’occuper de Mila et Octavia pour le reste de la journée. Si le vélo était une chose que l’on n’était pas censé oublié, elle imaginait, ou peut-être espérait, qu’il en serait de même avec le fait de s’occuper de tous jeunes enfants. Ce fut ainsi que Jules se retrouva chez les Carter, à pouponner, et à revivre tout un tas de souvenirs encore étonnements vifs, et clairs dans son esprit. Mila était facile à contenter, elle dormait beaucoup, comme tout poupon de son âge, et Octavia était une gamine plutôt adorable. L’après-midi avait filé avec une vitesse affolante, la brune ne voyant pas le temps passer, si bien que l’heure du coucher arriva vite, plongeant la maison dans un silence épais, mais qui n’était aucunement désagréable aux yeux de la jeune femme.

Juliet s’installa donc sur le canapé du salon en attendant le retour de Logan, une tasse de thé bien chaud dans une main, un roman dans une autre, les jambes recouvertes d’un plaid qui traînait là. En d’autres termes, le genre de soirée bien calme qu’elle appréciait particulièrement. Et très rapidement, elle fut totalement absorbée dans son livre, un thriller, qui l’accapara totalement.  Si bien que lorsque la porte de la maison claqua à quelques mètres de là, la jeune femme sursauta légèrement, relevant vivement ses yeux vers l’encadrement de la porte. La silhouette massive de Logan ne tarda pas à y apparaître, alors qu’il semblait se figer soudainement, envisageant sans doute la possibilité de faire une retraite stratégique pour aller s’isoler encore un peu plus. Pourtant, il n’en fit rien, et au contraire, s’avança dans la pièce jusqu’à venir rejoindre la brune sur le canapé. Jules attrapa donc son marque-page, qu’elle glissa dans son livre, avant de le reposer sur l’accoudoir du canapé, son regard tourné vers Logan, dont les traits ne lui avaient jamais paru aussi tirés. A ses vagues remerciements, la jeune femme se contenta d’un simple signe de tête, gardant encore le silence pour quelques instants, se contentant de détailler encore un peu plus ce géant, perdu dans sa peine.

Elle plissa légèrement les yeux quand il lui indiqua que ses services ici n’étaient plus nécessaires, et qu’elle pouvait vaquer à ses occupations puisqu’il était désormais rentré. Pourtant, la jeune femme n’en fit rien, et ne quitta pas le canapé, resserrant le plaid sur ses cuisses. « -Hm…non, je vais rester encore un peu, si tu veux bien. » Elle n’avait aucun impératif ailleurs, et n’était pas certaine d’avoir envie de quitter la maison, et de laisser Logan livré à sa douleur. Elle avait l’impression d’avoir une nouvelle fois face à elle ce fantôme qu’il était devenu, après la mort d’Eulalie, une carapace vide, en proie à de violents sentiments. « -Oui, elles dorment toutes les deux. Octavia a un peu rechigné, mais tout s’est bien passé. Les filles vont bien. » Elles étaient trop petites, trop innocentes pour comprendre ce qu’il se passait, quel drame s’était joué dans cette maison, et c’était une chance qu’elles soient passées au travers de ça. L’infirmière en herbe ne pouvait nier qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle y pensait un terrible pincement au cœur en se disant que les deux petites avaient perdu leur maman en bas âge, et n’aurait jamais l’occasion de grandir avec elles à leur côté. Encore l’une des terribles conséquences de cette pandémie qui s’était abattue sur la planète. Des familles déchirées, des bambins privés de leurs parents, des pères et des mères endeuillés de la perte de leurs enfants.

La brune resta un moment silencieuse, alors même qu’elle sentait tout une floppée de questions, ou de mots se presser dans sa tête. Pourtant, malgré cela, les lèvres de la jeune femme restèrent hermétiquement closes, alors que son regard azur se perdait dans le vide pendant quelques instants. Elle savait que tous les mots qu’elle, ou n’importe quel autre survivant, pourrait dire ne seraient d’aucune utilité, et ne permettraient pas à Logan de sortir de cette torpeur dans laquelle la mort de Joy l’avait plongé. Pourtant…était-ce une raison suffisante pour ne pas essayer, et se contenter d’être la spectatrice de la détresse de son ami ? Le regard bleuté de la jeune femme se décida donc à se focaliser une nouvelle fois sur le barbu, et il lui fallut quelques secondes de plus pour se décider à lâcher, à mi-voix : « -Je m’inquiète pour toi… »

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Jeu 8 Nov 2018 - 16:03
Plus borné que jamais, Logan conservait son regard posé sur le mur face au canapé en refusant obstinément de lever les yeux vers Juliet. Il refusait surtout qu’elle ne le perce à jour pour le moment. Que ce soit déjà trop tard lui était complètement égal. Il était encore dans cette période de déni où, à défaut de refuser la réalité pour ce qu’elle était, il refusait surtout d’admettre combien ça l’affectait, même si tout le monde devait s’en douter. Il n’en était pas particulièrement fier non plus, mais il attendait surtout que la jeune femme ne saute sur l’occasion qu’il lui offrait et ne prenne la fuite le plus rapidement possible. Et pourquoi ne l’aurait-elle pas fait, après tout ? Elle venait de passer la soirée à s’occuper d’enfants qui n’étaient pas les siens et maintenant, sa seule autre option serait de rester assise à côté d’un Logan plus grognon que jamais. Qui aurait eu envie d’une telle chose ? Elle, visiblement, puisque qu’après quelques secondes, elle informa Logan qu’elle comptait rester encore un peu. S’il l permettait, du moins. Il lâcha un soupir, ne comprenant pas vraiment pourquoi elle voulait se faire subir une telle chose, mais finit par hausser les épaules. “Si ça te fait plaisir.” souffla-t-il, refusant toujours de la regarder. Il alla même jusqu’à fermer les yeux et s’appuya davantage contre le dossier du canapé, laissant sa tête reposer contre. Il ne réagit pas du tout quand elle l’informa que les filles dormaient. Il n’avait rien à dire à ce sujet, devinant dores et déjà que ce serait sans doute mal vu de sa part de se montrer trop soulagé à l’idée de ne pas avoir à s’occuper lui-même de les endormir. On attendait de lui tellement de choses, ou du moins avait-il cette impression, et il n’était plus tellement sûr d’être à la hauteur. Ou d’en avoir tout simplement envie.

Le silence s’installa après ces quelques mots. Bien sûr, Logan ne fit aucun effort pour le briser. Il constata quand même avec un étrange recul à quel point ça n’avait plus rien de confortable, comme ça avait pu être le cas autrefois. Et il savait que c’était entièrement sa faute si les choses se passaient comme ça, qu’il n’était pas totalement seul malgré ce qu’il s’acharnait à croire. Sans doute que Juliet se serait fait un plaisir de le soutenir dans cette épreuve, elle le faisait déjà à sa façon. Il aurait pu lui parler, il ne doutait pas qu’elle l’aurait écouté sans aucun problème et il pouvait même entendre les rouages de son esprit alors qu’elle s’entêtait à trouver quelque chose à dire ou comment le dire. Elle dut finir par trouver, car elle ne tarda pas à briser le silence en lâchant un aveu qui arracha un soupir à Logan. “T’as pas de raison de t’en faire.” répondit-il pourtant, sans laisser le temps au silence de reprendre sa place. Il mentait, probablement, il n’en était même plus très sûr. Sa seule certitude était que de s’inquiéter ne changerait rien. Ça ne lui ramènerait pas Joy, ça ne réparerait pas miraculeusement tout le mal fait dans ce monde, toutes les pertes et toutes les douleurs. “J’suppose que ça passera avec le temps. Faudra bien, de toute façon.” ajouta-t-il dans un autre haussement d’épaules. Il avait appris dans la douleur que le temps n’effaçait pas vraiment ce genre de peine. Chaque fois qu’il pensait à Eulalie, même après tout ce temps, il était à la limite de passer d’un souvenir heureux et innocent à la douleur encore vive de l’avoir perdue. Il savait qu’un jour, il parviendrait à penser à Joy sans avoir envie de hurler jusqu’à se briser la voix, mais ce ne serait jamais totalement sans tristesse.

“Je m’en fais surtout pour les filles.” admit-il au bout d’un moment, acceptant enfin de regarder vers Juliet. Il parvenait encore à éviter soigneusement son regard, mais au moins faisait-il l’effort de poser les yeux dans sa direction. “C’est elles, qui vont devoir grandir sans une mère dans leur vie. Même s’il y a toutes ces femmes merveilleuses dans leur vie, ce sera jamais vraiment la même chose et…” Il y eut un autre soupir, un court silence au cours duquel Logan craqua et déourna enfin les yeux. “Tout ça, c’est ma faute.” Il tendit une main pour empêcher Juliet de répondre quoique ce soit pour le moment. Il savait déjà qu’elle s’empresserait de nier, comme n’importe qui l’aurait fait dans une situation semblable et il n’avait aucune envie d’entendre des arguments vides de sens pour l’instant. “C’est ma faute si les Punishers s’en sont pris à Maxine et c’est ma faute si Joy est tombée enceinte alors qu’on savait tous que ce serait trop dangereux. J’aurais dû la laisser tranquille quand elle est partie, elle s’en sortait très bien sans moi.” Le plus effrayant venait sans doute du ton de sa voix, calme et indifférent. Il énonçait seulement les faits, à ses yeux du moins. Ça n’avait rien de si dingue, après tout. Il avait bel et bien mis Maxine et Joy dans des situations dangereuses alors qu’elles n’avaient rien demandé et le sort s’acharnait contre lui, encore et encore. Il n’y avait qu’à voir l’état de sa vie, les drames constants, Bruce, Isha et Joshua, … La liste était longue et il continuait d’être égoïste au point de mêler des innocents à tout cela.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Mar 13 Nov 2018 - 22:19
Pas de raison de s’inquiéter ? La jeune femme n’en était pas aussi sûre. Il suffisait d’observer Logan pour remarquer tous les détails qui, mit bout à bout, indiquaient avec évidence comment se sentait réellement le jeune homme, bien qu’il ne mettait aucun mot sur ce qu’il ressentait. Du moins, pas en présence de Juliet. Malgré elle, elle détourna le regard quand il annonça, avec une résignation qui sonnait faux, que le temps ferait sans doute son œuvre, et que la douleur finirait par s’atténuer. C’était des conneries, elle le savait, et elle se doutait que Logan aussi en avait parfaitement conscience. C’était le genre de phrases vides de sens qu’on leur avait dit plus d’une fois quand Eulalie était morte. « Tu verras, ça ira mieux », « elle est mieux où elle est maintenant », « le temps guérit toutes les blessures ». Que de vaines paroles qui au fond, n’avaient servi qu’à attiser encore davantage le feu qui brûlait nuit et jour dans ses veines, qui donnait à Juliet envie de hurler, de crier à tous ces abrutis qu’elle n’avait pas besoin de leurs mièvreries pour faire son deuil. Le temps ne changeait strictement rien, ne rendait l’absence qu’à peine plus supportable, et il avait cela de traître qu’il emportait avec lui la saveur d’un rire, ou la douceur d’une voix. Pourtant, Juliet ne répondit rien au mécano, parce qu’elle savait que ce n’était pas utile.

La brune fut tirée de ses pensées sombres par la voix de Logan, qui contre toute attente, faisait plus que de se contenter de simplement répondre à l’inquiétude de la jeune femme. Juliet reporta donc son regard sur le barbu, les sourcils très légèrement froncés, alors qu’il semblait lui livrer les sombres pensées qui passaient dans sa tête. Et bien sûr, comme il l’avait très bien anticipé, elle ouvrit la bouche lorsqu’il annonça que cette horrible situation était de sa faute, mais fut aussitôt arrêtée par le geste de Logan, qui d’un mouvement de la main lui intimait le silence. Se faisant violence, Juliet garda donc la bouche close, non sans couver le géant brisé d’un regard douloureux. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras pour le consoler, poser une main compatissante sur son avant-bras, et pourtant, Jules resta parfaitement immobile, laissant à Logan le temps dont il semblait avoir besoin.

Et au bout de ce qui sembla être une éternité, du moins du point de vue de la jeune femme, le leader de leur camp acheva de lui exposer ses pensées, lui expliquant pourquoi, d’après lui, il était le seul fautif dans tous ces drames. Point de vue que Juliet ne partageait absolument pas, tout en sachant qu’elle ne parviendrait jamais à rallier le jeune homme à sa façon de voir les choses. « -Logan… » soupira-t-elle, avant de retrouver le silence une nouvelle fois. Elle ne voulait pas qu’il regrette d’avoir accepté la présence de la brune plus que nécessaire, pourtant, elle ne pouvait pas le laisser continuer à se punir, à s’en vouloir pour quelque chose qu’il n’avait pas fait. « -Tu es beaucoup trop dur avec toi-même… » Elle le fixa encore quelques secondes de plus d’un regard désolé, avant de se tourner très légèrement pour être presque face à son ex.

Elle se doutait bien qu’il n’avait pas envie de l’entendre argumenter, pas envie d’entendre à quel point il n’avait rien à voir avec la mort des deux jeunes femmes, pas envie d’entendre que les choses allaient s’améliorer, même si elle ne savait pas comment. Pourtant, Juliet ne pouvait pas se contenter des quelques mots qui avaient franchi la barrière de ses lèvres, parce qu’il lui semblait inconcevable de laisser Logan seul au milieu de sa tourmente. « -Tu pouvais pas prévoir ce qui allait se passer. Ni toi, ni personne… » Elle resserra le plaid sur elle, inconsciemment, sans même avoir froid. Peut-être un geste de son subconscient pour se protéger contre la douleur que ressentait son ami, et contre laquelle elle ne pouvait rien. « -Personne n’aurait pu prévoir que Bruce était assez malade pour s’attaquer à tous ceux qui n’étaient pas des Punishers. Pas même toi…vous étiez peut-être ennemis, mais elle n’est pas morte à cause de tes agissements…c’est Bruce le seul responsable de sa mort Logan. Pas toi… » Maxine était décédée parce qu’un mégalo avait décidé que Détroit était son terrain de jeu, et que tous ceux qui n’adhéraient pas à son groupe devenaient par conséquence ses ennemis. Bruce avait fait beaucoup de mal dans les environs, la ville, les groupes de survivants qui s’y fréquentaient, en portaient encore les stigmates. Mais il était mort, il appartenait désormais au passé.

Juliet détourna finalement le regard, et un léger silence s’installa encore une fois entre eux, que la jeune femme ne tarda pas à rompre. Ses doigts trituraient distraitement un coin du plaid, tandis qu’elle reprenait au bout de quelques instants. « Et tu n’es pas responsable non plus de la mort de Joy. Tu ne pouvais pas rester loin d’elle, elle non plus d’ailleurs. C’est ce qui arrive aux gens qui s’aiment. Le monde dans lequel on vit est déjà bien assez dégueulasse pour qu’on tourne le dos aux personnes qu’on aime. Et c’est vrai, tu as raison…une grossesse était risquée. Mais tout est risqué maintenant…une sortie, un simple rhume, une allergie, une coupure... C’est notre monde qui est devenu dangereux, pas le fait d’aimer quelqu’un. Et regarde…la grossesse de Maxine s’est bien passée… » Elle soupira discrètement, se rendant compte qu’à la place de Logan, elle n’aurait probablement pas écouté un seul des mots qui sortaient de sa bouche à l’heure actuelle. « -C’est sans doute pas ce que tu avais envie d’entendre Logan, mais je peux pas te laisser t’en vouloir quand tu n’es en rien responsable de ce qui s’est passé… »

A son tour, la brune laissa sa tête reposer sur le dossier du canapé, alors qu’elle fixait la lampe un petit moment, peut-être même sans la voir réellement. Juliet n’avait jamais vraiment été très douée pour consoler qui que ce soit, et elle ne maîtrisait pas toujours les mots adéquats pour faire preuve de réconfort. Elle essayait pourtant, maladroitement, sans savoir si c’était efficace ou pas. Probablement pas, si elle se référait au visage toujours aussi fermé de Logan. « -Et je ne m’inquiète pas pour tes filles. Elles ont un père formidable, et je sais qu’elles ne manqueront jamais de rien. Et surtout pas d’amour. » Elle le pensait, bien sûr…et pourtant, une fois encore, cela sonnait comme ces phrases bateau, passe-partout, ces phrases insipides qu’on lançait à la dérobée en espérant que ça pourrait arranger quoi que ce soit. Elle n’était pas certaine que sa présence aidait, et parvenait à se convaincre seule que ses mots ne servaient à rien. Si bien qu’elle ne voulait plus ennuyer Logan avec ses paroles creuses. « -Tu as faim ? Je peux te préparer quelque chose, si tu veux. »

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Lun 19 Nov 2018 - 12:17
Aucune surprise n’atteignit Logan quand la jeune femme profita de son silence pour le contredire. Il aurait fait exactement la même chose à sa place. Il l’avait fait, d’ailleurs, après qu’ils aient enterrés leur fille et que Juliet ait profité de cette occasion pour s’accuser de tous les maux. Il comprenait mieux que bien ce qu’elle cherchait à faire et croyait même profondément en sa sincérité. Il savait même qu’il ne tenait ce discours coupable que parce qu’il souffrait. Mais ce que sa tête savait, son coeur ne ressentait aucun mal à l’ignorer. Il la laissa quand même finir, essayer tant bien que mal de le réconforter ou de le rassurer, il n’aurait pas su le dire avec certitude. Il se surprit même à relever les yeux vers elle à un moment, pour l’observer en silence, un peu décontenancé par la situation. Que de toutes les personnes importantes pour lui à Fort Hope, ce soit Juliet qui se tienne à ses côtés ce soir. Juliet qui ose la première parler de l’éléphant rose au milieu de la pièce et que depuis des jours, elle lui offre un soutien sans faille. Ils en avaient fait, du chemin, ces derniers mois. Il n’aurait jamais imaginé, un an plus tôt, qu’ils arriveraient à dépasser toutes leurs rancoeurs pour en arriver là, à ce que Juliet puisse lui parler de sa relation avec Joy de façon aussi… apaisée. Il parvint même à étirer un sourire, triste et fantomatique, mais un sourire quand même. “Je sais que t’as raison, dans le fond, mais…” Il haussa encore les épaules. C’était devenu sa réponse à presque tout, la façon la plus simple et éloquente qu’il ait trouvé pour exprimer le poids insoutenable qu’il sentait peser sur lui depuis un long moment. Une manière de dire : ça ne change rien, la logique n’a rien à voir là-dedans. Car c’était le cas, ses craintes n’étaient en rien cohérentes, mais elles s’imposaient quand même.

“Je n’ai pas faim, non, mais merci.” souffla-t-il en réponse à l’offre de la jeune femme. Il se sentait déjà bien assez mal comme ça, plus encore de l’obliger à se tenir à ses côtés dans un moment pareil, à devoir le rassurer sur des choses aussi affreuses et s’oublier pour son bien à lui. Ça n’aurait pas dû être son rôle. Elle méritait tellement mieux et pourtant… Elle était toujours là. Pas seulement ce soir, pas seulement depuis la mort de Joy. Elle le soutenait chaque fois qu’un nouveau drame bousculait sa vie. Quand il avait exigé de tout avoir, quand leur fille était morte, quand il avait manqué de mourir, quand Joy l’avait quitté ou qu’il s’inquiétait pour Octavia. Pas une seule fois Juliet n’avait manqué à l’appel. Elle était la seule entité immuable de sa vie depuis dix-sept ans. Une soudaine bouffée de culpabilité lui serra la gorge en réalisant pleinement la portée de ce nombre. Il ne put s’empêcher d’imaginer le visage d’Harvey, plus vieux d’un an ou deux tout au plus. Ça lui semblait tout à coup tellement plus… horrible. On parlait d’un laps de temps assez énorme pour fabriquer un jeune adulte, capable de survivre seul et de se suffire à lui-même. Et il l’avait passé à faire souffrir cette femme. Il se mordit l’intérieur des joues pour empêcher une affreuse grimace de s’installer sur ses lèvres et leva une main vers le visage de la jeune femme, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. “Qu’est-ce que tu fais là, Juliet ?” demanda-t-il à voix basse, très sérieux.

Ça n’était pas tout à fait une question rhétorique car honnêtement, il n’en avait pas la moindre idée lui-même, mais il ne voulait pas entendre la réponse pour autant. Sans doute était-il devenu un peu lâche, parce qu’il craignait réellement ce qu’elle pourrait trouver à dire pour s’expliquer. Elle n’avait pas à se justifier de toute façon et avant qu’elle ne s’en donne la peine, il reprit la parole. “T’es toujours là, quoi qu’il arrive. Toujours tellement patiente et compréhensive… Je ne te mérite pas.” Elle était, aussi, la seule à avoir survécu après l’avoir aimé. Cette pensée raviva doucement le cauchemar qui le hantait depuis quelques temps. Un rire sans joie, à peine plus bruyant qu’un soupir, lui échappa brusquement. Sa main retomba dans le vide, frappant légèrement contre les coussins du canapé. “Tu vas encore trouver mille arguments pour me contredire, mais… Après Maxine, Joy… Je me demande si je ne suis pas un peu maudit. T’es la seule femme au monde à avoir porté l’un de mes enfants et à avoir survécu… Et à quel prix.” Il ne croyait pas vraiment à cette histoire de malédiction, mais la douleur faisait des miracles parfois. “Tu devrais rentrer chez toi et te tenir aussi loin que possible de moi avant qu’il ne t’arrive quelque chose.” conclut-il finalement, effleurant brièvement la main de la jeune femme avant de s’éloigner un peu pour s’appuyer contre l’accoudoir du canapé. Comme si cette distance ridicule pouvait la sauver de quoi que ce soit ou même la convaincre qu’il n’était pas en plein délire et se ranger à sa vision biaisée du monde.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Lun 26 Nov 2018 - 22:18
Sa présence dans la maison n’était plus vraiment requise, et pourtant, il n’y avait aucun autre endroit où Juliet aurait voulu être. Offrir sa présence à Logan, tant qu’il voulait bien d’elle bien sûr, était la seule chose que la brune pouvait faire pour lui apporter son soutien, à défaut de parvenir à le réconforter un tant soit peu. Un hochement imperceptible de la tête de Juliet suivit les paroles du brun, qui annonçait qu’il savait qu’elle avait raison. Ce n’était sans doute pas grand-chose, bien sûr, mais la jeune artiste y voyait l’espoir que peut-être, un matin, Logan se lève avec l’esprit un peu plus apaisé, les épaules moins voûtées, et des pensées moins sombres. Et si, pour que ce jour-là arrive, il fallait qu’elle soit présente soir après soir, assise sur ce canapé en silence à ses côtés, alors c’est là que serait sa place.

La brune resta parfaitement immobile quand la main du barbu se dressa devant son visage pour en dégager une mèche de cheveux avec douceur, tandis qu’il lui posait une question qu’elle ne comprenait pas. Du moins…pas vraiment. Ce qu’elle faisait là ? La réponse semblait si simple, et était en même temps, quand on connaissait le passif de l’ancien couple, assez complexe. Pourtant, Juliet voulait bien se plier à l’exercice. Elle était là parce qu’il avait besoin d’une personne de confiance pour s’occuper de ses deux filles, et qu’elle avait répondu présente. Elle était là parce qu’elle tenait à lui, qu’ils étaient amis, et que les amis étaient censés se soutenir quand les choses allaient bien, mais encore davantage quand les choses allaient mal. Elle était là, parce qu’elle n’avait pas pris le temps de se demander si être aux côtés de Logan qui venait de perdre sa femme était l’endroit pour elle, parce qu’elle savait déjà ce qu’il en était. Pourtant, les lèvres de la brune restèrent hermétiquement closes, alors qu’elle adressait un léger sourire au mécanicien. Elle n’était pas d’accord avec lui, bien sûr, pas quand il prétendait qu’il ne la méritait pas, ce qu’elle trouvait incroyablement faux. A cet instant précis, peu importaient les crises qu’ils avaient connu, les disputes qui les avaient éloignés, séparés même, toutes les peines qu’ils s’étaient infligés. Tout ça était derrière eux désormais, et il convenait de laisser le passé là où il était.

Elle fronça légèrement les sourcils, et resta un instant sans bouger, sans même réagir, quand Logan lui confia qu’il se pensait maudit. Si on y regardait bien, Juliet était effectivement la seule femme ayant eu une fille avec le barbu à être encore de ce monde, alors que leur gamine, elle, était enterrée dans le jardin à quelques pas de là, alors même qu’Octavia et Mila avaient survécu quand leurs mères, Maxine et Joy, avaient quitté ce monde. Certes, les situations étaient étrangement similaires, et pourtant, ce n’était que ça, une énorme coïncidence, une triste et dramatique coïncidence, mais rien de plus que ça. L’univers, l’ordre cosmique, ou elle ne savait quelle autre connerie n’avait pas soudainement décidé de faire de Logan un être maudit, sans doute privé à jamais du bonheur. Ses yeux azurs détaillèrent le visage marqué de son ex avec une attention toute nouvelle, comme si Juliet le découvrait pour la première fois. C’était fou, comme le temps, et les épreuves davantage, marquaient un visage. Elle eut envie de caresser d’un geste doux, apaisant, ses joues mangées par la barbe, et pourtant, sa main resta sagement posée sur ses genoux. Jules trouvait cela tellement triste, que ce grand gaillard à l’âme ravagée se pense rejeté par un quelconque dieu, parce que la vie lui avait tendu plus d’embûches qu’à bien d’autres. Ce qu’elle espérait malgré tout, du plus profond de son cœur, c’était que le barbu ne se referme pas sur lui-même, ne se coupe pas du reste du monde, de ceux qui l’aimait sous prétexte de vouloir les protéger. Comme il était d’ailleurs exactement en train de le faire à cet instant précis avec elle. Si son cœur se craquela subitement aux paroles qu’elle entendait, Jules n’en montra rien, et encaissa ses états d’âme en serrant les dents, regrettant de ne pas parvenir à trouver les mots justes pour étancher la détresse qu’elle pensait percevoir dans les quelques paroles de Logan.

La brune observa le barbu prendre de la distance, et fuir à l’autre bout du canapé, avant de murmurer doucement son prénom, même pas certaine qu’il ai pu l’entendre. Juliet resta encore immobile quelques secondes, avant de réduire les quelques centimètres qu’il venait à peine de tenter de mettre entre eux, s’installant en tailleur, directement face à lui. Sans hésiter cette fois-ci, elle glissa sa main sur le dos de celle de Logan, qui semblait tout à coup immense comparée à la sienne, et la serra longuement. « -Tu n’es pas maudit. Peut-être juste incroyablement malchanceux, et j’en suis vraiment désolée. Mais il y a une chose que tu peux te mettre dans le crâne, Logan, aucune raison, mystique ou non, ne m’empêchera d’être à tes côtés quand tu en auras besoin. Ou tant que tu accepteras ma présence. » Elle chercha le regard sombre de ce géant au cœur brisé, et lui adressa un sourire chaleureux, un sourire qui, à défaut d’être réconfortant pour son ami, saurait lui faire comprendre qu’il pouvait compter sur elle, et qu’elle ne comptait pas jeter l’éponge au premier obstacle qui se présenterait. Il pouvait pester de la trouver là, bougonner, se montrer grincheux au possible, Juliet serait présente. Et elle ne doutait pas que si la situation avait été inversée, Logan aurait répondu présent, lui aussi.

Juliet resta silencieuse encore un moment, sa main sur celle de Logan, avant de se remettre dos contre le canapé, son bras collé à celui du barbu. Et au bout de quelques secondes, sa tignasse brune se posa sur l’épaule du mécanicien, tout doucement, peut-être comme si inconsciemment, elle lui laissait le temps, l’opportunité de se retirer s’il le désirait. Elle n’était pas une grande oratrice, sans doute cela aurait il était plus facile dans cette situation, où elle sentait bien que face à la douleur de son ex, Jules avait peut-être atteint ses limites. Elle resta silencieuse quelques instants, avant de consentir à briser une nouvelle fois le silence qui venait de s’installer entre eux. « -Tu me le dirais si je pouvais faire n’importe quoi pour que tu te sentes mieux…pas vrai ? Et je dis bien n’importe quoi… » souffla-t-elle à voix basse, sans relever son regard vers celui du géant, et même si les possibilités, ou les moyens, de la jeune femme étaient passablement restreints, elle ferait ce qu’elle pourrait pour redonner à Logan l’envie de sourire, et de croire que, lui aussi, il avait droit à de meilleurs lendemains.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Lun 10 Déc 2018 - 11:46
Bien sûr, dès que Juliet se décida à parler, ce ne fut que pour contredire encore Logan. Il ne s’attendait pas à une autre réaction de sa part et cela lui arracha un petit sourire sans doute un peu déplacé compte tenu de la conversation qu’ils avaient en ce moment. Une fois encore, le géant avait parfaitement conscience de la stupidité de cette théorie. Sa logique et son bon sens lui interdisaient de croire à l’existence d’une quelconque malédiction jetée sur sa personne, mais les faits n’en restaient pas moins troublants. Et il était réellement difficile de faire appel au bon sens quand les horreurs continuaient de nous poursuivre encore et encore. Ce qu’il trouvait le plus ironique dans toute cette histoire restait sans doute d’être condamné à survivre. Il prenait des risques parfois inconsidérés malgré sa position et pourtant, la Mort continuait de le rejeter encore et encore, au point qu’il ne soit même pas capable de succomber à sa morsure. Il était condamné à vivre, en regardant ses proches mourir l’un après l’autre. Ça perturbait forcément un peu, à force. Et ça créait un fort sentiment d’injustice qu’il commençait à avoir du mal à supporter sereinement. Il finit par lâcher un rire discret lorsque la jeune femme conclut en lui assurant que rien ne l’empêcherait d’être là pour lui. C’était visiblement vrai et il ne comprenait toujours pas bien pourquoi ni comment elle arrivait à trouver cette motivation. Lui n’y arrivait certainement pas, il l’avait fui plus d’une fois au cours de leur vie, dès qu’elle avait le malheur de blesser son orgueil, volontairement ou non. “J’ai cru comprendre, ouais.” souffla-t-il seulement en réponse, un sourire encore timide aux lèvres. Il n’avait aucune volonté de débattre pendant des heures sur cette histoire de malédiction et encore moins sur les raisons poussant Juliet à rester à ses côtés coûte que coûte. C’était probablement injuste, mais d’un point de vue purement égoïste, il restait malgré tout heureux et soulagé qu’elle soit là auprès de lui, après les années et les épreuves.

Il y eut un silence étonnamment plus léger, au cours duquel Logan regarda droit devant lui en osant à peine respirer alors que la jeune femme se reposait contre lui, comme s’il craignait que le moindre mouvement ne la brise en mille morceaux. Rien de tel ne se produisit, pourtant et au contraire ce fut plutôt son coeur à lui qui se brisa quand elle reprit la parole, offrant encore et toujours son aide. Il pinça les lèvres et s’autorisa, juste un instant, à réfléchir sincèrement à l’offre de la jeune femme. À ce qu’elle pouvait faire pour l’apaiser. Ça lui semblait totalement impossible, à l’heure actuelle. Peu importe la bonne volonté et les efforts de Juliet ou de qui que ce soit. Il n’arrivait tout simplement pas à se dire que la vie devait continuer, avec ou sans Joy. Il inspira longuement avant d’oser répondre. “Merci, mais je crois que j’ai juste besoin de temps pour me faire à l’idée.” souffla-t-il finalement. Il n’était pas tout à fait sûr de ce qui se passait réellement dans sa tête, mais ça tenait plutôt à ça : il lui fallait du temps pour accepter qu’une autre personne qu’il aimait avait injustement succombé à ce monde, qu’il ne pouvait rien faire pour éviter ça et que ça n’était pas sa faute. Se faire à l’idée, aussi, que ça se reproduirait certainement un jour ou l’autre et que ce ne serait toujours pas une chose qu’il pouvait contrôler. Juliet faisait déjà son maximum en s’assurant que d’ici là, quelqu’un s’occupe de Mila et Octavia et il aurait vraiment préféré ne pas avoir à lui demander ça, persuadé qu’à sa place, il n’aurait pas eu la force de prendre soin des enfants qu’elle aurait pu avoir avec un autre.

“Il y a peut-être bien une chose que tu peux faire pour m’aider, en fait…” reprit-il après un moment à respirer tranquillement pour s’assurer que sa voix sortirait légère voire amusée et détendue. Il lui avait assez pris la tête pour ce soir, non ? La gentillesse dont elle continuait de faire preuve à son égard ne cessait pas de le faire sentir coupable et il avait à tout prix besoin de lui rendre la pareille d’une façon ou d’une autre. “Me dire comment je peux faire pour te remercier !” D’avance, il savait qu’elle trouverait cela tout sauf nécessaire et il n’avait pas envie qu’elle s’en sorte comme ça. Elle méritait bien qu’il fasse quelque chose pour elle, n’importe quoi qui lui permette d’exprimer toute sa gratitude sans avoir besoin de le dire à voix haute. Raison pour laquelle il l’interrompit avant qu’elle n’ait même le temps de penser à refuser. “Et avant que tu me dises que t’as besoin de rien ou je ne sais quoi, ce n’est pas négociable. J’ai envie de faire quelque chose pour toi. T’as qu’à le voir comme un service que tu me rends, ça m’occupera et j’en ai vraiment besoin en ce moment, d’autant plus si c’est pour faire un truc qui ne soit pas hautement frustrant ou déprimant.” Car des occupations, il pouvait en trouver sans problème. Joshua était toujours vivant et en liberté, Isha amnésique et manipulé par son géniteur, l’armée régnait impunément sur son royaume envers et contre tous… Il n’avait que l’embarras du choix pour trouver un problème dans lequel se concentrer pleinement pour ne pas penser au cadavre de sa femme. Il préférait juste s’occuper de quelque chose de positif et d’un peu joyeux avant de retourner à son quotidien ponctué de difficultés. “Alors, dis-moi. Qu’est-ce que je peux faire pour te faire plaisir ? Je suis prêt à cuisiner, regarder Titanic avec toi ou faire le tour du monde pour trouver de la peinture neuve… Tes désirs sont des ordres !”

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Mar 18 Déc 2018 - 21:37
Sa tête sur l’épaule de Logan, Juliet fixait la fenêtre, sans réellement parvenir à voir ce qui se passait de l’autre côté de celle-ci. Sans doute la vie classique de Fort Hope, les allées et venues des habitants de cette communauté, qui s’était brusquement agrandie du jour au lendemain avec l’arrivée des militaires. Tant d’âmes, tant d’êtres, qui avaient continué à vivre, à avancer, malgré les drames que la vie leur avait réservés, en s’acharnant parfois sur eux avec un vice étonnant. Et ces deux survivants se reposant l’un sur l’autre en était sans doute la meilleure preuve vivante. Car Jules le savait bien, qu’importe ce qui leur arrivait, il n’y avait qu’un seul moyen de survivre, c’était de continuer à avancer, de réussir, chaque jour, à quitter son lit, à lutter contre cette chappe de désespoir qui s’abattait sur vous, jusqu’à voûter vos épaules, et vous priver de toute envie de sourire. Elle l’avait appris douloureusement de longs mois plus tôt, et malheureusement, beaucoup partageaient ces sentiments à Fort Hope, car rares étaient les survivants qui n’avaient à pleurer aucune perte. Les rôdeurs ne les avaient pas épargnés, bien sûr, pas plus que les maladies, la famine, ou même quelque chose d’aussi banal que la malchance.

Juliet ne fut pas bien convaincue lorsque le géant lui annonça qu’il n’avait besoin de rien d’autre qu’un peu de temps, et elle ne trouva pas la force de répondre quoi que ce soit. Ils avaient tous les deux perdu un enfant, leur enfant, et la brune savait tout aussi bien que lui que le temps ne réparait pas tout, et certainement jamais totalement les cœurs brisés. Ces choses-là, une fois blessées, gardaient toujours une cicatrice, et même si elle se résorbait parfois, pour n’être plus qu’une très fine bande blanche, elle était toujours bien présente. Elle trouvait d’ailleurs toujours de perfides moyens de se rappeler au bon souvenir des personnes en question, avec des détails parfois aussi insignifiants qu’une odeur, un lieu, ou même une sensation. Pourtant, Juliet espérait sincèrement qu’avec le temps, ce grand barbu finisse par se sentir mieux, même si les pertes qui l’accablaient ne disparaîtraient jamais totalement, malgré tous les efforts du monde.

La tête de la jeune femme était toujours contre l’épaule de son ami, et quand il annonça que finalement, il y avait bien quelque chose qu’elle pouvait faire pour lui, Juliet se redressa un peu brusquement, plongeant son regard dans le sien, tout ouïe. Mais pourtant, quand Logan ouvrit la bouche, pour expliquer sa demande, ce n’était clairement pas ce à quoi la brune s’était attendue, et elle fronça légèrement les sourcils, trahissant son incompréhension. Mais…non, ce n’était pas comme ça que fonctionnaient les choses ! Elle n’eut même pas l’occasion d’ouvrir la bouche pour protester que le mécanicien reprenait déjà, avançant des arguments pour le moins étonnant. Lui trouver une occupation pour lui rendre service ? Il était le Leader d’un camp de survivants qui dealait avec l’armée, et Jules ne doutait pas qu’il avait plus d’occupations qu’il n’en fallait pour un seul homme. Elle le fixa d’un air sceptique pendant quelques instants, avant qu’un timide sourire vienne étirer très discrètement l’extrémité de ses lèvres. L’idée d’un tour du monde était plutôt tentante, bien que totalement irréalisable, et pourtant, ce fut une autre proposition qui retint l’attention de la jeune femme : « -Oula…Logan Carter qui propose de regarder Titanic…l’heure est grave ! » Et cette fois-ci, un sourire plus franc éclaira le visage de Juliet. Elle doutait qu’il fasse parti du top 3 des films préférés de son ex, pour la simple et bonne raison que ça manquait horriblement d’affreux tueurs en série, et d’hémoglobine dans ce film.

Pour se donner le temps de la réflexion, Juliet repositionna le plaid sur ses jambes, avec attention, avant de hausser légèrement une épaule maladroite. « -Je n’ai vraiment besoin de rien, tu sais. D’ailleurs, tout ce qui m’est indispensable se trouve dans le coin. » dit-elle d’un air mystérieux, avant de remonter son regard vers Logan. Elle plissa des yeux quelques instants, et finalement, ajouta d’un ton léger : « -Ce me ferait quand même très plaisir de te voir un peu moins morose, et renfermé sur toi-même… » Elle resta parfaitement sérieuse pendant quelques instants, tandis qu’elle le regardait droit dans les yeux, avant qu’un petit sourire s’imprime sur ses lèvres : « -Bon…et puis, si vraiment, mais alors si vraiment il te reste un peu de temps après ça, tu sais que je suis toujours partante pour de nouveaux livres ! » Juliet ne retint pas son clin d’œil complice, avant de s’étirer quelques instants, le corps fatigué de ces longs instants passés sur le canapé.

Jules n’eut pas l’occasion de rajouter quoi que ce soit pour souligner le fait que vraiment, il ne fallait rien de plus à sa vie actuelle, que des pleurs de bébé ne tardèrent pas à se faire entendre, un peu plus loin dans la maison. La brune se leva rapidement, et, décrétant qu’elle s’en occupait, elle quitta le salon pour rejoindre la chambre où se trouvait Mila, qui s’époumonait, les joues rouges, et les yeux larmoyants. Jules la prit avec délicatesse entre ses bras, avant de la ramener contre sa poitrine, et de la bercer doucement pour essayer de calmer les pleurs de la petite. La jeune femme ne tarda pas à quitter la pièce pour rejoindre le salon, s’installant une nouvelle fois sur le canapé, aux côtés du barbu. « -Bien que j’adore pouponner…je pense qu’elle préférerait sans doute être dans les bras de son papa… » dit-elle en grimaçant légèrement, tandis qu’elle tendait le nourrisson au barbu bourru.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Ven 4 Jan 2019 - 11:48
Il n’arrivait pas vraiment à se souvenir si c’était la triste vérité ou une simple exagération dramatique, mais quand un sourire étira brusquement les lèvres de Logan, il aurait juré que ça ne lui était pas arrivé depuis une éternité. Il s’agissait d’un vrai sourire, surtout, pas le moins du monde forcé et certainement pas affaibli par la tristesse devenue son quotidien. Il ne réalisa même pas tout de suite qu’il souriait, mais ce fut un vrai soulagement quand il s’en rendit compte et il eut un peu moins de mal à ne plus penser aux horreurs de son monde. Il n’y avait que Juliet pour réussir un tel miracle, pensa-t-il alors qu’il observait avec attention la jeune femme occupée à répondre à sa requête. Il n’y avait qu’elle pour toujours trouver la bonne chose à dire, à faire, qu’importe le degré de désespoir de Logan. Et pourtant, une fois encore elle allait à l’encontre de l’homme, affirmant comme il l’avait prévu qu’elle n’avait besoin de rien et surtout pas qu’il perde son temps à lui trouver un cadeau quelconque pour la remercier de son aide et de son soutien sans faille. Elle n’arrêtait pas de le contredire ce soir et loin d’en être agacé, Logan se sentait seulement bien, rassuré. Parce qu’il savait ce qu’elle dirait, parce qu’il devinait ce qu’elle pensait. Que malgré tout, elle restait familière pour lui, inchangée. Et dans ce monde en constante transformation, il avait vraiment besoin de ça. “Tu pourrais vouloir des bijoux comme une femme normale et m’épargner l’horreur d’une visite à la librairie du coin…” commença-t-il à murmurer, avec enfin un peu plus de légèreté dans la voix. Il se sentait même prêt à étirer la plaisanterie, à lui balancer comme un crétin sans doute pas si drôle que ça qu’il souffrait d’une terrible allergie à la littérature ou Dieu sait quoi. Il l’aurait fait et certainement que l’espace d’un instant, tout serait rentré dans l’ordre.

C’était sans compter sur le projet que l’Univers avait pour lui. Un projet incluant l'éradication pleine et entière de la moindre forme de joie dans sa vie, peu à peu drainée de son existence et entièrement remplacée par la saveur amère du désespoir. Il culpabilisa immédiatement de penser comme ça, mais il n’arrivait pas à l’empêcher. Pas quand les pleurs caractéristiques d’un bébé s’élevaient dans la tranquillité de la maison et chassaient de ses lèvres son sourire aussi aisément qu’une feuille morte bringuebalée par le vent. Il se tendit brusquement, mais son regard un peu plus écarquillé ne lâcha pas la jeune femme une seconde. Ni quand elle porta son attention vers le son, ni quand elle se leva et quitta la pièce pour aller secourir la petite Mila en proie à un terrible chagrin. Il la regarda jusqu’à ce que sa silhouette ne disparaisse à l’angle de la porte et aussitôt, ferma les yeux pour inspirer profondément. Il était le pire père que cette Terre ait porté et il le savait, mais il voyait mal comment il parviendrait un jour à imposer sa présence à Mila et comment il arriverait à supporter celle de la petite fille. Malgré les traits pas encore tout à fait formés du bébé, il voyait déjà la ressemblance frappante avec sa mère. Eulalie ressemblait à Juliet au point qu’on ne puisse pas la confondre avec une autre, mais elle avait les cheveux bruns de son père et un air de famille impossible à ignorer. Octavia, jusque dans la teinte à peine halée de sa peau, était le portrait craché de Logan. Mais Mila… Il savait déjà que plus les années passeraient, plus elle ressemblerait à Joy, rappel constant de son crime et il n’avait aucune idée encore de comment y faire face.

Heureusement, Juliet était là ce soir et qu’importe que ce ne soit pas sa place ni la meilleure idée au monde, elle semblait déterminée à prendre soin du bébé jusqu’à ce que Logan soit prêt à se passer de ses services. Où du moins était-ce ce qu’il croyait, jusqu’à la voir revenir au salon avec le bébé dans les bras. Tendu, inquiet, Logan observa la jeune femme s’asseoir à côté de lui, puis le petit être lové contre elle. Et Mila… Elle était sublime, incroyablement minuscule et parfaite et il l’aimait tellement qu’il pouvait à peine le supporter, mais elle lui faisait peur et le paralysait sur place. Sans surprise, vraiment, la voix précautionneuse de Juliet s’éleva pour souffler l’impensable, proposer la chose la plus folle au monde : que Logan prenne sa propre fille dans ses bras. Sans quitter le bébé des yeux, l’homme avala difficilement sa salive et ouvrit la bouche. Aucun son ne sortit, aucun mouvement ne l’anima. “Je suis pas sûr de pouvoir.” souffla-t-il, toujours subjugué par cette petite créature incroyable. Elle semblait tellement fragile, il aurait juré pouvoir la broyer dans son poing. Non pas qu’il l’aurait fait, évidemment. Mais comme il avait conseillé à Juliet de rester loin de lui pour se protéger de la malédiction qu’il subissait, il en allait de même avec Mila. La seule différence étant qu’elle ne pouvait pas encore refuser réellement, elle se contentait de subir tandis que son propre père la fuyait avec la certitude complètement illogique que ce serait le seul moyen de la préserver. “Et puis regarde, t’as réussi à la calmer sans moi. Ça se voit qu’elle t’adore. On ne va pas risquer qu’elle se remette à pleurer et qu’elle réveille Octavia au passage.” Surtout pas. Car Octavia, elle, connaissait son père et n’aurait aucun scrupule à s’imposer à lui, refusant tout comme Juliet de se laisser repoussé par de ridicules théories sur une quelconque malédiction.

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MessageSujet: Re: Fix You || Juliet + Logan   Hier à 23:23
Juliet essuya doucement du pouce les dernières traces de larmes qui maculaient les petites joues rondouillettes de Mila, qui posait ses grands yeux sur elle. C’était étrange, de constater après toutes ces années, et surtout toute cette douleur passée, qu’elle était encore capable de prendre soin d’un enfant, un enfant qui n’était pas le sien, et qu’elle pourrait y parvenir avec autant de facilité. Ses gestes, eux, étaient sûrs, familiers presque, malgré le temps qui avait passé. Le minuscule petit être au creux de ses bras semblait s’être calmé, et Jules ne put résister à l’envie, au besoin peut-être, de passer très doucement sa main sur la fine chevelure du bébé. Elle tendit à Logan son enfant, pensant que ce dernier souhaitait sans doute passer un petit moment avec sa fille qui avait passé la journée avec Juliet, mais cette dernière stoppa net son geste quand le barbu sembla paralysé, et que ses bras n’esquissèrent même pas un mouvement.

La brune observa longuement son ex, avant de ramener le petit corps contre elle, fronçant doucement les sourcils sans quitter Logan du regard. Lisait-elle de la peur sur son visage, en plus de cette douleur qui ne semblait plus quitter ses traits ces derniers temps ? Et s’il avait réellement peur, de quoi pouvait-il bien s’agir ? Elle prononça son prénom à voix basse, de façon à peine plus audible qu’un murmure, le visage crispé d’incompréhension, et oui, c’était vrai, de peine. D’un geste lent, comme pour laisser au géant l’occasion de pouvoir se reculer, et de se soustraire à son contact, Juliet tendit la main, caressant doucement les traits de cet homme qu’elle avait connu sur le bout des doigts une éternité plus tôt. « -Parle-moi, Logan… » supplia-t-elle, comme si elle avait besoin de comprendre cette réaction de rejet qu’elle croyait, peut-être à tort, percevoir. Était-ce encore lié à cette malédiction qu’il venait d’aborder devant elle, quelques instants plus tôt ?

Son bras retomba doucement sur la cuisse de Juliet, juste avant que celle-ci ne tende la main pour serrer brièvement celle de Logan, son regard se reportant sur Mila, qui semblait ne rien réclamer de plus que des bras chauds accueillants. Quand le regard azur de Jules se posait sur son visage poupin, cela lui donnait envie de sourire bêtement, sans qu’elle ne sache bien pourquoi, et pourtant, à cet instant précis, elle avait toutes les peines du monde à voir s’alléger la peine qui alourdissait son cœur. « -Tu ne pourrais pas lui faire du mal, que tu le veuilles ou non, tu en serais bien incapable… » Elle connaissait Logan, le père, elle savait de quoi il était capable pour protéger ses enfants, de toute la force qu’il pouvait puiser pour les mettre en sécurité, de toute la volonté qu’il pouvait décupler dans ces moments-là. Et elle l’admirait pour cela, sans conteste. « -Elle a besoin de toi, et toi aussi, tu as besoin d’elle. Pour guérir, et aller de l’avant… » Elle n’était pas une experte en deuil, même si son cœur à elle aussi avait saigné par le passé, mais sans trop savoir pourquoi, Juliet semblait persuadée que le seul moyen de soigner un cœur brisé était de rester parmi les siens, et de se nourrir de tout l’amour qu’ils pouvaient donner.

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