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In Your Flesh :: Michigan State :: Fort Hope

 "you are here, here you are" lucy

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MessageSujet: "you are here, here you are" lucy   Mer 31 Oct - 13:16
10 juin, c’était étrange de se dire qu’on était pas fondamentalement contre l’armée, que les nettoyages étaient efficaces et qu’ils sauvaient bien plus de monde que Fort Hope n’aurait jamais pu, mais il y avait toujours cette peur, cette hantise de voir un jour quelqu’un faire une erreur ou tout simplement de croiser un regard connu au détour d’une palissade. Peur que tout s’écroule, peur de devoir de nouveau faire des choses qui n’était pas nécessaire. Je n’avais pas non plus envie d’imposer ça à Will, recréer un schéma qui lui ferait peur. Je ne pouvais pas. Alors je faisais mon job, ayant du mal à recevoir des ordres venant d’autres personnes que Logan, soyons honnête, mais hors mit une altercation avec le frère d’Ezra, j’avais su rester à ma place. Il faut dire aussi que je me cachais pas mal, que j’évitais de m’exposer plus que nécessaire pour ne pas tendre un bâton qui n’attendait qu’à me battre. Je faisais juste mon travail, comme aujourd’hui alors que des nouveaux réfugiés était arrivé et avait déjà passé ce qui m’avait semblé être une éternité avec les militaires. Et quand certains s’était vu libéré, d’autre à côté de moi commenté, ici et là, pas toujours de la façon la plus agréable. Aujourd’hui, le taux de femmes semblaient les ravir, les commentaires graveleux se succédait jusqu’à ce qu’ils parlent d’une bridé. Ca n’avait rien de très rare en soit, il y avait d’autre asiatique dans le camps, mais aujourd’hui comme à chaque fois, je tournais les yeux vers cette personne, juste dans l’espoir stupide que pour une fois ça ne soit pas juste un inconnu. J’avais l’espoir débile de voir encore Lucy apparaitre ou même ma grand mère, mais l’une comme l’autre devaient être morte depuis une éternité et je ne devais plus m’attaché au passé. Chasser des fantômes, je l’avais fait durant tellement d’années, tellement de jours passé à chercher quelque chose, un visage dans une foule sans jamais rien trouver.

Posant mes yeux sur la femme en question, la première remarque que je pus me faire fut que comme bien d’autre avant elle était frêle, sa survie devant tenir d’un miracle sans doute et puis je finis par voir son visage et je crus tomber durant quelques secondes. Elle était à une dizaine de mètres, complètement perdu et… J’avais déjà fantasmé ce genre de chose, tout comme j’avais cru voir Will à Fort Hope quand il avait disparu et tout comme lui, ça faisait mal de la voir, d’imaginer la voir. Je voulus ignorer, sincèrement, et je finis même par me retourner, fixant l’horizon à l’opposé en fermant les yeux et en priant très fort pour me réveiller, pour comprendre que je ne pourrais jamais plus revivre quoi que ce soit dans mon passé. Mais tout comme Will, l’illusion me consumait complètement. Soupirant, j’avais finis par descendre de mon perchoir pour rejoindre la rue, pour avancer vers cette femme qui cherchait quelque chose dans son sac et sans vraiment réfléchir je l’a saisis par les épaule pour lui pour attirer son attention et voir son visage. Ma gorge se noua presque aussitôt, mes yeux me piquant alors que ma vision se troublait. Je devais rêver. Je devais rêver. Je ne pouvais pas avoir encore une foiré, avoir encore une fois abandonné pour finalement retrouver l’autre. Non, ce n’était pas elle, c’était impossible, pourtant la chaleur qui traversé ses vêtements pour se répandre dans mes mains, cette sensation familière, ce n’était pas une illusion. « Dis-moi que t’es réelle. » demandais-je précipitamment alors que je sentais une larme couler sur ma joue, alors que son visage semblait être une version déformé par l’apocalypse. Je ne voulais sincèrement pas imaginer ça, je ne voulais pas me laisser avoir par ce que j’avais si souvenant imaginé, je la voulais réelle devant moi.

Depuis Will, son absence était devenu moins lourde à porter, elle n’était plus la seule personne à occuper mes pensées, plus la seule à me rappeler des bon souvenir. Elle n’était plus la seule et j’avais envie de lui dire un milliard de chose, seulement… C’était si irréel… Si improbable… Pourtant elle était là, pourtant je ne rêvais pas, je ne voulais pas rêver en fait. Ça serait cruel de se réveiller maintenant, de réaliser que tout n’était qu’une illusion, « Dis moi que c’est toi, que c’est vraiment toi Lucy. » la supliais-je à moitié, terrifié que ce soit faux et sans doute tout autant que ce soit vrais.  

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Jeu 1 Nov - 23:47
10 juin
Finie la solitude, l'inquiétude de ne pas avoir de "foyer", d'endroit stable où rester, protégée par d'autres, pendant le temps qu'elle essayait de se reposer ? Elle osait l'espérer. Lucy venait de passer plusieurs mois seule, à tenter de survivre. Le dernier campement où elle avait été s'était trouvé en mauvaise posture, et elle avait fui, sans réfléchir, peut-être aussi un peu par lâcheté. Mais elle savait qu'eux n'auraient fait que lui rendre la pareille. Cette famille qu'elle avait rencontré était très unie.. mais entre eux. Et dès le départ, ils lui avaient fait comprendre : Elle n'était pas des leurs. Sa place n'était pas indéfiniment à leurs côtés. Elle devrait partir. La femme s'était sentie coupable en laissant derrière ses parents et leurs deux enfants, dont leur fils, plus jeune, qui lui rappelait douloureusement Kim. Kim. Il aurait vingt ans aujourd'hui. Enfin, elle espérait qu'il les avait, et qu'il était toujours vivant.

Après l'épidémie, au lieu de faire demi-tour, elle s'était entêtée. Elle s'était rendue à Détroit, ou plutôt avait poursuivi sa route pour tenter d'atteindre cette ville, au lieu de retourner auprès de sa famille, dont elle ne savait rien. Etaient-ils touchés par l'épidémie ? Avaient-ils survécus, ou bien est-ce que sa mère et son frère s'étaient fait prendre par des rodeurs, et avaient fini soit en repas, soit transformés en ce qui semblait être des cadavres vivants ? La culpabilité la rongeait, mais elle n'avait pas réussi à se résoudre. Elle avait tout fait pour tenter de retrouver Elias. Au final, elle n'avait rien réussi : ni à le retrouver, ni à se décider à retrouver sa famille. Seulement à survivre. Alors qu'au départ, elle se donnait seulement quelques jours de survie. Il aurait fallu la voir ! Avec juste son sac à dos, pour tenter de se défendre. Sac à dos qui contenait un couteau suisse, arme futile pour tuer les rôdeurs... alors qu'elle ne savait même pas comment est-ce que ça pouvait se faire de leur ôter cette vie après la mort. Elle ne pouvait que remercier ceux qui 'l'avaient aidée, bien que ça n'ait jamais été sur du très long terme. Depuis trois ans, elle passait d'endroit délaissé à endroit délaissé, tombant parfois sur des survivants, qu'elle finissait toujours par quitter. Son but, ce n'était pas de s'arrêter. Même si elle devait se laisser prendre au milieu des rôdeurs, au moins, elle n'aurait jamais lâcher prise. C'était certainement une de ses plus grandes forces. Son entêtement, et le fait qu'elle soit butée comme une mule. Enfin, ça représentait aussi et surtout une sacré faiblesse, puisque ça lui mettait des œillères sur le reste qui l'entourait.

Quand elle avait fini par être trouvée par l'armée, elle avait cru qu'elle finirait abattue. Et elle n'aurait surtout jamais imaginé qu'ils puissent la trouver. Elle était dans une toute petite cabane de chasse, sans feu, simplement à se contenter de sa couverture de survie, et à espérer que les nuits d'hiver ne seraient pas trop violentes. Pour l'instant, il avait fait plutôt beau. Normal pour des nuits de printemps. Mais pas suffisamment pour qu'elle ait l'impression de vraiment se reposer. La fraîcheur la saisissait bien avant l'aube. Le moindre bruit la faisait tressaillir. Elle avait dû oublier depuis bien trop longtemps ce qu'était le confort. C'était une notion lointaine que l'avocate qu'elle avait été avait totalement oublié. Comme si elle ne l'avait vraiment jamais connue. La peur était constante, et elle devait sans cesse rester sur ses gardes. L'inconvénient de la solitude. Elle se souvenait que les bruits de pas des hommes armés l'avaient alerté. Le coeur battant la chamade, elle avait tenté de se raisonner. Si sa vie s'arrêtait à ce moment, au moins, elle aurait donné le meilleur d'elle même. Et son seul regret.. enfin, ses seuls regrets auraient concerné sa famille et son meilleur ami. De ne pas savoir. Ne pas avoir vraiment dit au revoir. Elle avait fait tomber son couteau suisse sur le plancher, dans un bruit sourd. Et ça avait dû alerter les hommes qu'elle pensait être les cadavres, qui l'avaient trouvée. Si pendant quelques instants, elle s'était trouvée méfiante face à eux, en comprenant qu'ils l'amenaient dans un camp de survivants, elle se trouvait dans un état tel qu'elle aurait pu leur sauter au cou. Enfin, si elle n'avait pas été totalement déshabitué aux relations humaines, et au contact même oral avec les autres. Des jours, des mois entiers parfois sans parler. C'était long, oppressant.

Elle les avait suivi sans un mot. Sans résistance aucune. La jeune femme s'était soumise aux règles, elle qui avait vécu trois mois selon la seule loi du talion : eux ou elle. Et jusqu'à présent, elle avait réussi à ce que ce ne soit jamais elle mise à mal par les rôdeurs. Les situations avaient parfois été compliquées, mais jamais assez critiques. Pas question de talent ou de force. La chance avait été avec elle. Comme si le Dieu auquel elle ne croyait pas avait voulu que jusqu'ici, elle survive. Au moins pour voir le camp qui se dressait devant elle, annonçant une résistance plus forte que celle qu'elle aurait pu imaginer selon les paroles du soldat qui avait continué de parler pendant tout le trajet, sans aucune réponse de sa part. Elle avait gardé un silence de mort. Parce qu'elle n'avait rien à dire à cet inconnu. Et que l'envie de parler ne venait pas. Elle ne connaissait aucun de ces soldats. Et n'avait pas encore décidé si elle leur faisait confiance ou pas. Un coup d'oeil circulaire autour d'elle pendant qu'elle entrait dans ce lieu appelé "Fort Hope" lui permettait de se rendre compte qu'elle n'était pas la seule à débarquer ici. On lui parlait, en lui expliquant certaines choses qu'elle n'écoutait pas, trop occupée à observer autour d'elle. Où était-elle ? L'endroit était immense, et semblait déjà bien rempli. Mais dans le fond, elle trouvait ça presque merveilleux. Inespéré. Comme un rêve dont elle n'osait pas rêver, qui se réalisait enfin. Et son coeur semblait soudainement se recouvrir d'une sorte de bandage, faisant presque oublier les masures délabrées, à peine fournies en vivres, parce qu'abandonnées, dans lesquelles elle avait vécu.

La suite des évènement semblait floue quand elle y réfléchissait. Elle ne savait pas comment, mais elle s'était trouvée rassemblée avec d'autres personnes. Beaucoup de femmes. Et alors que tous et toutes commençaient à parler les uns avec les autres, elle réalisais que son collier avec la photo de sa famille n'était pas à son cou. Bon sang. Mais qu'est-ce qu'elle en avait fait ? Elle espérait ne pas l'avoir laissé dans la cabane. Elle serait capable de faire demi-tour uniquement pour le serrer dans sa main, et avoir ses parents et son frère à ses côtés. Paniquée, elle se décida à fouiller dans son sac à dos, farfouiller, en sentant la panique qui la saisissait de plus belle, avant de, soulagée, le trouver, et le plaquer contre son cœur. Ils étaient là, toujours à ses côtés. En se redressant, Lucy plissa les yeux. Cet homme, devant elle, évoquait l'écho d'un souvenir. Impossible. Après tout ce temps, le retrouver ici, c'était impossible. Insensé, même. C'était sa voix, sa voix qui la sortait de sa torpeur, la faisant réaliser la vérité qui s'offrait à elle. Elias était là, devant elle. Et sa question lui noua la gorge, si bien qu'elle fut incapable de répondre par un son autre qu'un mini gémissement, qu'elle accompagna d'un hochement de tête. Il lui fallut attendre la deuxième fois où Elias lui demandait de lui dire que c'était bien elle pour que des larmes ne se mettent à couler sur ses joues, diminuant le nœud formé dans sa gorge, jusqu'à le faire disparaître.« C'est.. c'est moi. » Premiers mots qu'elle prononçait depuis ce qui lui semblait être une éternité, ils étaient les mots du soulagement. Et ils lui arrachèrent un sanglot. Elle avait réussi. Elle l'avait trouvé, et il était en vie. Elle avait survécu assez longtemps pour finalement, s'en rendre compte. Comme quoi rien ne servait de chercher à l'atteindre. Même si c'était avec trois ans de retard, elle devait le retrouver. Et même si elle ne croyait pas aux choses comme le destin, la situation de ces dernières années la rendait de sorte qu'elle commençait à se poser des questions. Après tout, c'était si illogique à ses yeux qu'elle ait survécu, qu'il fallait bien tenter de trouver une explication. Même si cette explication pouvait impliquer l'existence d'un Dieu ou d'un destin. Elle tenta de reprendre sa respiration avant de s'approcher, en essuyant ses larmes, et de serrer son meilleur ami dans ses bras. Au moins, par cette étreinte, elle avait la certitude que lui, elle ne l'avait pas perdu. Et c'était un réconfort parmi tant d'autres.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Lun 5 Nov - 10:18
10 juin, Je ne savais pas comment c’était possible, je ne comprenais pas comment elle pouvait être là et comment j’avais pu abandonner. J’étais tétanisé à l’idée de me tromper, à l’idée que mes espoirs puisse me faire croire qu’elle était là. J’avais si souvent cru la retrouvé que j’avais fini par oublier bien des choses à son sujet. Du son de sa voix à son odeur, il ne restait plus que des vague souvenir que je pensais souvent imaginé. Je n’avais jamais cessé de parler d’elle. Will savait tout ce qu’il y avait à savoir, il savait qui elle était, quelle importance elle avait. Je ne l’avais pas oublié dans le fond, j’avais simplement arrêté de penser qu’elle seule pourrait me tenir la tête hors de l’eau. J’avais apprit à aimer quelqu’un d’autre et j’avais fini par accepter l’idée que plus jamais je n’aurais cette ombre si familière dans mon dos. Alors il fallait que je sache, il fallait qu’elle me confirme que c’était bien elle, qu’enfin tout ce qui aurait pu me faire sombrer était à présent à ma porté. Et c’était bien elle, sa voix brisé sembla s’étendre dans ce faux silence, me rappelant quelques souvenirs alors qu’elle finissait par franchir les limites, la distance pour finalement me prendre dans ses bras. Restant un instant immobile j’avais toujours aussi peur de la sentir disparaitre si je me laissais aller, mais après ce qui me sembla être une éternité je refermais mes bras autour d’elle.

Elle était si maigre, ses os se dessinant avec plus de facilité que le corps que j’avais si souvent étreint durant ma vie. C’était bien elle, ce n’était pas une illusion froide, c’était un corps chaud, épuisé, mais bien réelle. Elle était bien réelle. Resserrant un peu plus ma prise contre elle, je nichais mon visage ses cheveux, fermant les yeux alors que les larmes commençaient à se multiplier et à inonder mon visage. Elle était vivante et elle était ici. Tout irait mieux à présent. Will était là, elle était là, je n’avais plus besoin de courir derrière des ombres, plus besoin de penser au pire. Mes hommes étaient sans doute tous morts, tout comme ces amis que j’avais eu et si ce n’est ma grand-mère que je peinais à imaginer encore vivante, il n’y avait plus aucun lièvre à courir. Jusqu’à l’année dernière il n’y avait jamais eu que elle dans mes préoccupations, c’était sans doute cruel, mais je m’étais limité à l’essentielle et à la réalité. Nul autre qu’elle aurait pu survivre et si jamais c’était le cas, je doutais très sérieusement que cela puisse m’importer. Je n’avais jamais eu d’autre personne plus importante qu’elle avant Will. Je n’avais plus besoin de prendre le moindre risque à présent.

Je ne savais pas exactement combien de temps avait pu passer lorsque j’eus enfin la force de m’éloigner d’un pas, mais j’avais l’impression de ne plus pouvoir reprendre ma journée. La lâchant le temps d’essuyer mes larmes, je finis par briser le silence« Quelque soit la maison qu’on t’as donné tu vas venir vivre chez nous. », soufflais-je sans réaliser la porté de ce que je venais de dire, ni ce que cela impliqué. Je voulais simplement qu’elle vienne à la maison, « On a une chambre de libre et plein de livre. », repris-je dans un sourire un peu plus terne, comme si j’avais peur que tout ai changé entre nous. « Et tu vas manger et… », me raconter ce qui avait pu se passer ? Le simple fait qu’elle soit seule, sans Laura avec elle devait signifier des choses peu agréable. Dans tout les cas il fallait qu’elle mange, qu’elle dorme sans doute et qu’elle soit moins affaibli, moins fragile. Il fallait que je la protège et qu’elle récupère, c’était le plus important à cet instant. La perdre pour une maladie ou n’importe quoi d’autre serait beaucoup, beaucoup trop cruel. 

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Dim 11 Nov - 0:12
10 juin
Comme d'un espoir insensé, l'armée l'avait trouvée. Ils avaient ratissé certainement l'ensemble de Detroit, peut-être même trouvé des gens qui l'avaient vue. Elle n'en savait rien. Lucy était juste sonnée par la promesse que ça faisait résonner en elle. Elle allait s'en sortir. Et surtout, elle était sauve, grand miracle de sa vie, après tout ce temps sans arriver à retrouver celui qu'elle était partie chercher, dans une folie irréfléchie. Malgré tout cela, elle avait eu du mal à se laisser totalement faire. L'absence de réel contact avec les gens l'avait fait s'agiter quand tout à coup, un soldat l'avait prise par le bras, pour l'aider à avancer. Mais il ne fallait pas qu'elle s'y trompe. Ils étaient là pour l'aider, d'après ce qu'elle avait compris, selon ce qu'ils avaient affirmé. Trop faible pour arriver clairement à se rebeller ni même à seulement s'agiter, elle s'était laissée entraîner. Le sol s'était dérobé sous ses pieds à maintes reprises. Et elle n'avait aucun souvenir clair du moment où ils l'avaient trouvée, qu'elle avait baissé la garde, jusqu'au souvenir de son arrivée devant une sorte de refuge. Elle s'était laissée faire, laissée amenée. Laissée portée.

Se laisser porter pour finalement, arriver à un endroit. Fort Hope, qu'ils avaient dit. Un nom qui symbolisait exactement l'impression qu'elle avait. Apercevoir l'espoir après tant d'années à trimer, et à essayer de survivre, alors qu'il fallait être lucide : elle en était loin, elle d'une survivante. Une chanceuse, voilà tout. Qui avait toujours réussi à se nourrir, en sous-quantité, c'était sûr. Mais qui avait réussi, au moins, à ne pas se laisser périr par la faim. Elle avait eu cette chance d'entrer dans des maisons ou des taudis, des ruines qui étaient plutôt fournies, bien que pas pour autant riches, en provisions. Elle avait appris à se restreindre. A puiser son énergie dans autre chose que ce qu'elle avait avalé. Dans l'espoir, une force mentale qu'elle ne se serait pas crue. Et aussi dans le gras qu'elle avait accumulé pendant ces dernières années. Elle avait voulu y croire. Mais elle avait l'impression que son arrivée ici, c'était la fin. Elle n'aurait plus la liberté de courir à la recherche de son meilleur ami, bien qu'elle ait un confort que jusque là, elle n'avait plus connu. Et cette idée lui arrachait une larme. C'était bête pourtant, mais c'était presque comme si elle l'avait vu parmi les cadavres animés. Un adieu qui faisait mal. Elle avait été absente mentalement des quelques formalités d'arrivée à faire. Comme si ça avait une quelconque importance. Elle ne pouvait désormais plus revoir Elias. Ni partir à la recherche de Laura, de Kim, ou même de sa mère. Elle se sentait bloquée. Et seule, surtout.

Ce sentiment qui l'assaillait semblait venir et se jouer d'elle, l'envahissant presque totalement, au moment où une voix l'avait faite sortir d'elle-même. Elle n'avait pas voulu y croire, Lucy. Elle s'était arrêtée. Les larmes avaient coulé, plus nombreuses cette fois-ci. C'était de l'incrédulité. Elle qui avait vu que tout était perdu, désormais, elle se trouvait face à son meilleur allié, son ami. Celui qui, avant, savait tout d'elle. Qui l'avait protégée et soutenue dans sa "différence" que sa famille n'aurait jamais accepté. Son frère. Elias. Elle qui venait presque de s'y résoudre, de s'en faire une raison, qu'elle ne le reverrait peut-être jamais. Elle peinait presque à s'avouer qu'il s'agissait bel et bien de lui. Elle avait cru se tromper, pendant une fraction seconde qui se révélait être une éternité à ses yeux, le temps qu'il referme son étreinte sur elle. Bon sang, elle l'avait retrouvé ! Et désormais, retenir ses sanglots était presque impossible. La pression toute entière qui redescendait, tout ce qu'elle avait espéré qui n'était plus juste un mirage, une illusion parmi tant d'autre. Lucy n'arrivait presque plus à s'arrêter. Pourtant, il fallait qu'elle reprenne une certaine contenance, l'avocate. Elle s'essuya les yeux, sans aucune grâce, ce qu'aurait fait un enfant. De toute façon, elle ressemblait plus à un animal frêle et sauvage qu'à la jeune femme qu'elle avait été. Parce qu'aujourd'hui, qui s'inquiétait qu'elle soit tirée à quatre épingle ? Certainement pas les infectés. Et les survivants étaient tous dans des états plus ou moins similaire au sien. Enfin, sauf ici, à Fort Hope, où ils semblaient presque avoir repris un cours de vie normal.

Sagement, elle l'écoutait, et hochait la tête. Dormir dans la même maison que quelqu'un, c'était mieux que seule, face à chacun de ses cauchemars. Mais elle plissait les yeux, laissant apparaître un vague sourire sur ses lèvres, un sourire qui avait séché ses larmes.« Nous ? » demanda-t-elle, faiblement. Elias semblait inquiet pour elle. Mais il n'avait aucune raison. Elle allait bien. Enfin, le mieux qu'on pouvait dans ce genre de situation. Mais elle s'en était sortie mieux qu'elle n'aurait jamais pu le croire. Alors il ne fallait pas qu'il s'inquiète. Elle posa une main sur son bras, et le pressa légèrement. « Ne t'en fais pas. » Elle se voulait rassurante, mais ce n'était pas que pour le convaincre lui : elle aussi devait arriver à se convaincre. « Je vais bien. » Enfin, malgré ses terreurs lorsqu'elle était seule, lorsqu'elle entendait des bruits, les rêves qu'elle faisait de Kim, tentant de s'imaginer ce qu'il en était pour lui. Elle comprenait qu'il serait question de lui parler de tout.. Mais avant ça, elle avait besoin de s'asseoir. C'était à peine si elle tenait debout. Depuis le temps qu'elle avait marché avec les soldats, sans manger, sans boire. Mais surtout, qu'elle avait l'impression que tout son corps clamait au repos, ça ne faisait qu'être plus difficile. De toute façon, si elle, elle parlait, il était aussi et surtout question que lui lui raconte tout aussi. Depuis le temps qu'elle le cherchait, qu'elle s'imaginait sa vie de survivant -parce qu'il était hors de question d'imaginer Elias autrement-, il allait devoir lui en dire des choses. Oh, ça oui.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Lun 12 Nov - 17:11
C’était en l’entendant le dire que je réalisais qu’elle en connaissait pas Will et que pour elle je devais toujours être cet éternel célibataire enchainant les conquêtes. Je devais lui dire, en grande partie car j’avais peur qu’elle disparaisse à nouveau et que ma seule meilleure amie ne sache jamais qui il était. Mais avant d’en avoir l’occasion, j’avais besoin de savoir comment elle allait. J’avais passé tellement de nuit à craindre le pire, tellement de journée à la chercher, mais elle allait bien. Et c’était définitivement le plus important. La reprenant à nouveau dans mes bras, je profitais de cette proximité pour souffler à son oreille, « J’ai besoin de te dire beaucoup de chose Lucy, mais on rentre avant. », l’embrassant sur la tempe, j’avais reculé, glissant ma main dans la sienne pour l’attirer à ma suite jusqu’à la maison ou il n’y avait personne heureusement. J’étais nerveux. Lui parler de Will, du fait que je sois gay et marié… C’était beaucoup de chose d’un coup, alors je la fis s’asseoir sur le canapé avant d’aller faire chauffer de l’eau et revenir avec un gâteau que j’avais fait pour tout le monde la veille, il était pas franchement bon, mais c’était un essaie. « Je suis toujours pas doué en cuisine, mais manges. », insistais-je avant de retourner à la cuisine prendre deux tasses et le thé. Je tremblais légèrement et je ne savais toujours pas si il s’agissait d’elle ou de ce que j’aurais à dire, mais dans les deux cas j’étais nerveux.

Elle devait l’apprendre de moi et pas de Will arrivant et m’embrassant. « Je suis gay. », soufflais-je dans un premier, m’asseyant alors, je repris, « Et je suis marié, il s’appel Will, le déteste pas s’il te plait, même si il a l’air compliqué c’est la meilleure chose qui me soit arrivée… » et c’était un euphémisme, Will m’avait sortie la tête de l’eau plus d’une fois et j’avais appris à aimé grâce à lui. « Je vis avec lui et Azia, je sais pas si tu te souviens de la Brune qui nous avait tatoué ? Je l’ai retrouvé et c’est une amie de Will, du coup elle reste ici. », elle connaissait presque tout le monde ici dans le fond. J’avais juste peur que ça fasse beaucoup d’un coup et que là ou la vie de milliard de gens s’étaient arrêté au début de l’Apocalypse, la mienne avait commencé. « Je sais que ça fait beaucoup, genre savoir que je dis je t’aime à quelqu’un d’autre qu’à toi ça m’a fait longtemps bizarre, mais je l’aime et il est arrivé quand j’avais plus personne et… Tu restes ma meilleure amie et je suis en train de paniquer pour rien sans doute, mais… J’ai fini par grandir et aujourd’hui t’es là c’est… Parfait ? Si on oublie les zombies bien évidemment. », concluais-je dans un sourire plus timide. J’avais Lucy devant moi et je n’avais plus envie de la quitter. Il y avait un million de chose que j’avais à lui raconter, j’avais besoin de rattraper le temps perdu, mais je devais aussi lui donner le temps de souffler un peu. Ce don je fus incapable, très clairement.

« Ça va ? », demandais-je clairement anxieux que tout ça là fasse fuir. Je ne savais pas quel sacrifice elle avait du faire pour survivre, ni même ce qu’elle avait du accepter avec le temps. Lucy avait peut-être changé, tout comme j’avais changé après tout. Je n’étais plus aussi tendu, plus aussi carré. J’avais apprit à me détendre, même si ce n’était pas toujours évident, mais j’avais aussi apprit à être violent, brutale pour protéger les miens et cette face de ma personnalité me faisait peur.

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Lun 12 Nov - 22:50
10 juin
Dans le fond, voire Elias lui faisait du mal. Une douleur qu'elle n'arrivait pas à expliquer. Une douleur qui se battait avec l'apaisement de l'avoir retrouvé, et de préférence, qu'il soit en vie. Lucy tentait de se battre contre l'affrontement présent en elle, alors qu'elle n'en maîtrisait rien. Les larmes continuaient à couler sur ses joues, alors que la femme tentait de reprendre une contenance, qui n'avait de cesse de se faire attendre. Elle qui se voulait fière et forte se montrait telle qu'elle était réellement : une créature frêle et faible. Pas de mensonges ni de masques ne tenaient devant son meilleur ami. Malgré les quelques trois années qui venaient de passer, elle n'arriverait pas à lui mentir. Enfin, pas entièrement. Lucy tentait plus ou moins vainement de sécher ses larmes. Au moins, ça serait plus utile pour parler. Parler. C'était quelque chose qu'elle aurait cru ne plus jamais faire. Enfin, sauf se faire amie avec un mort-vivant. Mais encore, elle avait préféré ne pas tenter. Puis la discussion aurait été vaine, elle aussi. Parler avec Elias, ça semblait de l'irréalisme. Et pourtant, il était là. Il lui racontait sa vie, ou presque. Et elle sentait qu'elle avait beaucoup de choses à apprendre, ou à réapprendre de lui.
Sans pour autant poser de question directe, elle lui avait demandé ce que représentait son "nous". D'entendre ce mot lui avait donné presque de la joie pour son ami. Elle avait attendu qu'il lui raconte tout. Mais apparemment, en parler à l'extérieur n'était pas une bonne idée. Suivant l'homme qui, sans ambiguïté aucune, avait occupé ses pensées pendant quasiment toutes ces trois dernières années, elle se demandait bien de quoi il pouvait bien s'agir. Ils arrivèrent dans une maison qui, contrairement à tout ce qu'elle aurait pu imaginer, ressemblait presque à celles qui existaient avant l'épidémie. Une fois assise aux soins de son ami, le voir amener un gâteau lui mit une boule au ventre. Elle ne savait pas comment l'expliquer, mais elle avait cette impression qu'il allait lui annoncer qu'il vivait avec un infecté, vu tout ce qu'il mettait autour.
Enfin, elle l'écoutait parler patiemment. Il était homosexuel. Et alors ? Qu'est-ce que ça pouvait changer. Elle avait l'impression que c'était quelque chose d'anormal, sorti de sa bouche, de la façon qu'il présentait ça. Lucy n'avait-elle pas eu une relation avec Laura ? Et d'autres femmes avant elle ? Elle peinait à voir le souci. Mais très vite, il arrivait, augmentant la boule au ventre, formant un noeud dans sa gorge. Il était... marié. C'était génial..! Enfin, oui, vraiment, mais elle avait tant loupé de sa vie que ça lui faisait l'effet d'un coup de couteau plongé et remué dans tout son corps. Trois ans... Incapable de piper mot, Lucy acquiesça pour ce qui concernait la femme qui les avait tatoué. Elle laissait parler Elias, sentant les larmes qui montaient. Au moins, il avait l'air heureux. Genre, vraiment heureux. Et pourtant, la tristesse l'envahissait comme une vague submergeant tout sur son passage, un tsunami d'ondes de tristesses qu'elle ne savait contrôler. Comment expliquer ça si elle se mettait à pleurer. Le reste de ses paroles, elle les entendait à peine. Qu'il ait dit je t'aime à un autre qu'à elle, c'était quelque chose de merveilleux. Elle, elle ne l'avait jamais dit à Kim. Elle avait l'impression de perdre le souvenir de l'avoir jamais dit non plus à sa mère, son père avant qu'il meure, ni même à Laura. Même si entre elles, les choses s'étaient terminées à partir du moment où Lucy avait décidé de retrouver Elias. Elle ressentait au fond d'elle le trou béant, ce vide qui l'emplissait, qui s'agrandissait. Le manque de ceux qu'elle aimait, qu'elle avait laissé pour retrouver son meilleur ami. Elle qui s'était entêtée à poursuivre sa quête, comme pour sauver Elias. Elle s'était trompé de personne à sauver. Il était heureux. Et dans le fond, elle était heureuse pour lui. Mais son bonheur l'emplissait aussi de cette tristesse, de cette mélancolie qui lui rappelait constamment tout ce qu'elle avait laissé derrière elle. Pour la première fois depuis trois ans, elle se rendait compte qu'elle n'avait même pas tenté de faire demi-tour pour aider son frère. Au moins essayer. Et c'était de voir tout ce qu'Elias avait construit qui lui rappelait ce qu'elle, elle avait détruit.
Se rendant compte qu'il avait terminé, demandant si elle allait bien, Lucy séchait ses larmes qui avait coulé bien malgré elle. Elle sourit à son ami, et hocha la tête. « Oui, ça va. » dit-elle, tentant de conserver son sourire, pas entièrement sincère, pas non plus hypocrite, puis de le cacher, en avalant un bout du gâteau fait par Elias. Au moins, elle ne se ferait pas démasquer de si vite, enfin, elle l'espérait. «Je suis..» commença-t-elle, la bouche pleine, avant de se racler la gorge. «...heureuse pour toi.» finit-elle, avant de reprendre du gâteau. Elle ne saurait dire s'il était bon ou non. Elle avait perdu le goût des choses, habituée à se satisfaire de la moindre denrée qui passait sous sa dent, histoire de survivre, et d'avoir un peu d'énergie pour avancer. Mais au moins, manger l'empêchait de se mettre à pleurer de plus belle, et de déballer son débit d'histoire, qui n'avait rien d'aussi beau que ce qu'il venait de lui raconter. Au fond, ça s'appelait peut-être un peu de jalousie. Envers Elias. Envers sa vie. Sans se douter de tout le reste, ce par quoi il aurait pu passer.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mar 13 Nov - 11:02
Le silence, c’était pas la pire chose pour accueillir une bonne nouvelle ? Enfin ce qui me semblait être une bonne nouvelle ? Le silence et les larmes. J’étais idiot dans le fond, idiot car elle était seule là et qu’il avait du se passer quelque chose vu que Laura n’était pas là. Lucy pouvait cacher les choses autant qu’elle voulait, je la connaissais encore par coeur de toute évidence, et il n’était clairement pas l’heure de lui annoncer ça. Mais Will aurait fini par rentrer, et avec lui mon sourire, mon bonheur, tout n’aurait pas pu être caché et ça aurait été pire pour elle. Non, je devais lui dire et je devais assumer les conséquences. Sa douleur. Elle commença à manger, répondant que ça allait avant d’affirmer qu’elle était heureuse pour moi. Malheureusement la boule qui apparu dans mon coeur, cette panique n’avait rien de rassurante. Baissant les yeux, je restais un moment silencieux, le visage caché dans ma tasse fumante de thé. Le temps avait filé, le monde avait détruit des personnalités et finalement, elle avait du souffrir tout autant que moi. Si je savais encore lire en elle, elle devait sans doute savoir encore le faire. Je ne pourrais rien lui cacher très longtemps, pas même cette déception irrationnelle d’avoir enfin su avancer et trouver ce que je n’avais jamais su avoir avant. C’était normal malgré tout, normal qu’elle agisse comme ça, c’était à moi de faire passer le message correctement.

Reposant la tasse, je changeais de position sur le fauteuil avant de briser ce silence, « Lucy… Je sais que c’est genre… Inattendu, mais ces trois dernières années avaient été si… Mes parents sont mort, ma grand mère sans doute aussi et il y avait que toi, j’ai passer des journées à chercher, à t’appeler malgré le danger et je ne trouvais rien… J’arrêtais pas d’échouer et il est arrivé… », baissant de nouveau les yeux, je n’arrivais pas à imaginer ce qui aurait pu se passer sans lui, « Je sais que c’est injuste, simplement t’es là et j’ai pas envie que tu vives ailleurs, j’ai… J’ai besoin de pouvoir te retrouver dans ton lit pour me rassurer sans avoir à parler, j’ai besoin de te parler, j’ai besoin de nous retrouver et ça implique aussi Will et tu dois savoir qui il est et ce qu’il représente. », j’enfonçais le clou, très clairement, et je n’arrivais pas à faire autrement. Je l’avais retrouvé, je l’avais revu et je la savais à présent en sécurité ici, sauf si Will lui donnait des envies de meurtres, j’avais retrouver l’essentiel et c’était le plus important pour moi. La première fois que j’étais presque complètement heureux et ça semblait faire mal à Lucy.

Me levant alors, je la retrouvais sur le canapé, m’asseyant à côté d’elle avant de glisser mes bras autour de ses épaules et de la prendre dans mes bras, « Je suis désolé. », soufflais-je la voix toujours cassé. Je n’étais pas égoïste avec elle. Elle était tout, elle avait toujours été tout pour moi et aujourd’hui il y avait Will et les choses demeurait pourtant simple dans mon esprit. « Je voulais pas que tu l’apprennes quand il arriverait. », ajoutais-je comme si cela pouvait changer quelque chose. J’étais heureux là ou elle devait sans doute porter le poids de la solitude. C’était sans doute la première fois que la situation se présentait. La première fois que les rôles semblait si facilement inversé. Je voulais qu’elle le rencontre et peut-être qu’elle comprendrait, quoi que ça restait Will et que sa tendance à énerver les autres restait son plus grand talent.

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mar 13 Nov - 13:53
10 juin
Les larmes continuaient de couler. Dans un élan désespéré, elle avait essayer de les arrêter, ou de les justifier en enfournant la part de gâteau devant elle, presque entièrement dans sa bouche. Comment ne pas expliquer à son meilleur ami qu'elle s'était transformée en monstre, à la fois assommée par tout son bonheur, incapable de se réjouir complétement pour elle, mais aussi coupable d'oser se réjouir pour lui, ne serait-ce qu'un peu, alors qu'elle avait laissé le bonheur de toute autre personne derrière elle. Ses pensées se faisaient emportées par le souvenir douloureux de son frère. Elle avait l'impression de suffoquer devant le visage de Kim, qui se dessinait sans cesse dans sa tête, lui faisant l'effet d'un coup assené dans sa poitrine, bloquant sa cage thoracique. Il fallait qu'elle essaie d'oublier. D'oublier son chagrin, ses péchés, les atrocités dont, indirectement, elle avait du se rendre coupable.
Elle levait les yeux vers Elias, en tentant de ne pas montrer que la morosité qui désormais, comprimait son cerveau. Elle voulait se réjouir pour lui. Et elle se rendait compte de la position dans laquelle elle le mettait en ne le faisant pas.« Elias je... » commença-t-elle, pourtant incapable de continuer sa phrase. Il valait mieux qu'elle lui laisse la parole à lui. Et elle l'écoutait sagement. Elle n'arrivait même pas à se dire qu'elle imaginait ce qu'il avait pu ressentir. Tellement qu'elle semblait presque réaliser que finalement, avant d'en arriver là où il était, il était passé par pire qu'elle.

Face à ses paroles, elle détourna la tête, presque comme s'il était possible que par la liaison entre leurs regards respectifs, il arrivait à lire dans ses pensées, à comprendre la détresse qui l'accablait et de la raison pour laquelle elle n'arrivait pas à s'en débarrasser. Avec la culpabilité qu'elle avait ressenti depuis tout ce temps où elle n'avait pas jeté un seul regard en arrière, Lucy avait espéré que les infectés finissent par l'avoir, qu'elle serait à moitié morte, prisonnière d'un corps maudit, tout ce qu'elle méritait. Pourtant, elle avait continué à se battre, presque comme si une autre part d'elle-même avait essayé de ne pas rendre vain le sacrifice de sa famille et de Laura. Ne pas savoir s'ils étaient morts, infectés ou toujours en train de se battre pour leur survie, ça l’aliénait totalement. Et c'était pire que de savoir, parce qu'elle n'arrivait pas à se reconstruire. Elle avait l'impression de n'être qu'une ruine, qui venait entacher la jolie maison d'Elias et de son mari.

Elle aurait préféré conserver la distance avec Elias, comme un non-dit. Devenue chétive, après trois ans sans avoir le moindre contact physique avec qui que ce ne soit, comme de crainte de devenir infectée, elle se serait satisfaite de leur étreinte passée. Avec toutes ces nouvelles, elle aurait voulu avoir son espace personnel. Pourtant, la présence d'Elias a ses côtés semblait une consolation. Lucy se laissait aller à leur étreinte, laissant enfin éclater ses sanglots. Elle s’agrippait au vêtement d'Elias, en essayant de parler clairement entre deux éclats en pleurs. «Je suis vraiment désolée..» Désolée pour ce qu'il avait enduré pendant tout ce temps. Désolée de son absence. Désolée de le faire, à ce moment précis, se sentir si mal, mais surtout, désolée d'être incapable de se réjouir totalement. S'il était vraiment heureux avec ce Will, elle arriverait peut-être à accepter qu'elle avait raté le mariage de son meilleur ami. Même dans un temps comme celui-ci. Elle s'éloignait de lui, et le regardait, en sèchant ses larmes, avec moins de difficultés qu'avant. «Pardonne-moi. Pour tout.» dit-elle, avec une moue qui tenait à chasser son chagrin. «Je voudrais tellement me réjouir pour toi mais..» sa gorge se serrait de plus en plus, bloquant ses cordes vocales. Elle n'arrivait plus à prononcer aucun mot, absorbés dans la boule formée dans sa gorge. Pourtant, elle arrivait à sortir un mot, celui qui lui prenait la tête depuis tant de temps, sans qu'elle n'ait le courage de se retourner pour voir ce qu'il en était. «Kim..» Egoïste jusqu'au bout des ongles, elle rappelait son malheur à son ami qui semblait pourtant désormais heureux. Elle passa ses mains sur son visage, comme pour effacer tout ce qui la tracasser, laissant un sourire apparaître, bien que douloureux. «Tu le mérites, Elias.» dit-elle, en posant sa main sur sa joue. Au moins, elle avait réussi à être positive. Même si dans le fond, ça restait uniquement une demi-victoire.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mar 13 Nov - 15:04
Je savais que j’en demandais trop, mais je savais aussi que ce n’était pas un coup d’épée dans l’eau et que tout ça était justifié. M’approchant, je la prenais dans mes bras avant qu’elle ne finisse par craquer et fondre réellement en larme. De quoi m’arracher le coeur tant la retrouver ainsi me faisait mal, mais je m’étais attendu à quoi au juste ? Cette fin du monde avait brisé plus d’une famille et elle en avait payé les frais comme bien d’autres avant elle. Elle s’excusa à nouveau, cherchant à se reprendre sans doute, mais sans franc succès. Elle s’excusa simplement, pour tout avant d’affirmer qu’elle voudrait être heureuse pour moi, seulement il y avait un mais et ce mais était Kim. Baissant les yeux en entendant son nom, je m’en voulais presque de l’avoir oublier alors qu’il avait été si important dans sa vie. Son frère était peut-être mort comme ses parents, à vrai dire je n’avais pas vraiment fait attention, j’étais rentrée à San Francisco reconnaitre les corps, j’avais prit des affaires dans la maison avant de repartir à Détroit. J’aurais sans doute du taper à la porte de chez eux, nous étions voisin après tout, mais je n’y avais pas pensé et peut-être que si j’avais pensé à faire ça, si je les avaient ramenés avec moi… On aurait su. Elle vivait dans le même flou que celui qui m’avait bercé durant toutes ces années sans savoir ou elle était et si je méritais d’être heureux, elle aussi.

Posant une main sur la sienne, je souris tristement, « On va le chercher. », déclarais-je en ne sachant pas vraiment si cela était oui ou non une bonne idée, mais on allait le chercher, on allait tout faire pour le trouver, tout faire pour avoir une réponse, même si cela impliqué de sortir de Détroit et de retrouver des zones infesté de zombie. « Les militaires ramènent déjà tous ceux qu’ils trouvent ici, si il est à Détroit on le trouvera et si il est à l’extérieur… On trouvera le moyen d’y aller. », ce qui était complètement idiot car il y avait quelque chose comme 3000 ou 4000 kilomètres entre San Francisco et ici et il était presque impossible de trouver quelqu’un sans connaitre sa localisation exacte, mais il faudrait chercher, car j’avais bien retrouvé Lucy non ? « Il savait que tu venais ici ? », demandais-je en lâchant sa main. Il fallait savoir classifier les urgences, savoir ce qui était le plus important pour réussir à trouver une solution et si par exemple il venait ici, c’était déjà un bon point. Il fallait y croire.

« On s’est retrouvé Lucy, je sais que c’est fou et que l’optimise n’a jamais été mon fort, mais on s’est retrouvé, ça veut dire qu’il y a une chance de reproduire l’exploit ! », il fallait seulement y croire et que Will ne me tue pas car j’aurais eu la très franchement bonne idée de sortir de chez nous pour trouver un gosse perdu quelque part dans un endroit qui était de toute évidence les États Unis. Et ça, c’était déjà beaucoup trop large comme champ de recherche quand on me savait déjà incapable de retrouver deux personnes au même endroit dans Détroit. Je faisais des promesses en l’air, mais j’étais censé dire quoi ? Qu’il était mort ? Qu’elle ne le reverrait plus jamais et qu’il faut passer à autre chose ? Non, si il restait une chance, je devais être de son côté et tout faire pour y arriver. Elle était ma meilleure amie et j’avais perdu trop d’année loin d’elle.

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mar 13 Nov - 18:30
10 juinElle avait pourtant essayé. Essayé de faire fis de tout ce qui la submergeait pour essayer de se réjouir pour Elias. Seulement, à chaque fois qu'elle essayait, elle avait l'impression que c'était pire. La douleur l'avait prise aux tripes, et désormais, elle avait laissé tomber toute sorte de masque qu'elle portait. Elle se sentait inutile, faible et égoïste de venir entacher le bonheur de son ami. Et ça lui faisait encore plus mal de voir qu'il plongeait tout entier pour essayer de l'aider, corps et âme, sans demander son reste. Il faisait déjà des plans sur la comète, et Lucy culpabilisait presque de plus belle. Elle aurait dû être assez forte pour conserver son masque de joie ! Pour garder tout pour elle. Essayer de partir de cette maison, retourner dans celle qu'on lui avait attribuée pour enfin pouvoir déverser le flot de larmes qu'avait fait venir la sécurité de Fort Hope, bien loin de la consoler. Pourtant, elle avait ce qu'elle avait cherché pendant ces trois dernières années : elle avait retrouvé Elias. N'était-ce pas ce après quoi elle avait couru pendant toutes ces années ? Sans penser au au reste ? Comme quoi, l'Homme n'était pas fait pour se satisfaire de ce que la vie lui offrait. Il y avait toujours une part de ce qu'on laissait derrière qui revenait hanter les rêves de tous et chacun.

Sa gorge se serrait, quand il parlait d'aller le chercher. Elle secoua la tête, signe de négation. C'était hors de question. Au delà de toute souffrance mentale qu'elle s'infligeait en parlant de son frère, voir son cadavre, animé ou non, elle ne le supporterait pas. Pourtant, elle avait la sensation que de refuser, c'était le condamner à mort. Quoi qu'elle ne fasse, ce ne serait plus jamais suffisant. S'il vivait, Kim la haïrait, en trois ans, elle n'avait jamais fait demi-tour. Et elle ne voulait pas se fermer à cette éventualité, qu'il vive. Mais partir à sa recherche, c'était prendre le risque de ne rien trouver de vivant. Ni Kim ni personne. A nouveau, elle secouait la tête négativement par sa question. «Je crois pas. On s'est disputés le jour de mon départ.. Il m'a vue faire les valises, mais on n'en a pas reparlé plus que ça..» affirmait-elle, en se mordant l'intérieur de la joue, comme pour retenir une nouvelle crise de sanglots.

Si l'optimiste était apparu chez Elias, chez Lucy, c'était plutôt l'inverse. Au fil des galères, des infectés croisés sur son chemin, mais aussi des survivants qui avaient fini par la laisser seule, par elle-même, l'optimisme qu'on lui connaissait avait fait place à un pessimisme à toute épreuve. Maussade, elle ne prenait même plus la peine d'essayer. «La chance, ça n'arrive qu'une fois, Elias.» Dit-elle, en baissant les yeux. Et elle, elle avait tenté sa chance. Elle ne méritait pas de deuxième fois. En tout cas, elle ne se jugeait pas le mériter. Elle était dure, peut-être sèche dans ses paroles et son ton. Mais c'était comme ça. Elle ne se faisait plus d'illusion. C'était inutile. Elle tenta un faible sourire. «Mais c'est gentil d'essayer.» Plus de la réconforter que vraiment aller chercher Kim. Si quelqu'un devait y aller, ça devrait être elle. Quitte à mettre à nouveau trois ans, et découvrir un homme à la place de l'adolescent qu'elle avait laissé, dans une dispute telle qu'ils n'avaient jamais connu. Et puis, s'il y avait seulement Kim.. Il y avait tout le reste. Elle n'était pas prête à impliquer quelqu'un d'autre, et surtout pas Elias, qu'elle venait à peine de retrouver, et retrouver vivant.
Elle poussa un grand soupir, avant d'essayer de paraître joyeuse. Enfin, le plus possible, quoi qu'il en soit. «En tout cas, ça fait du bien de te revoir.. et vivant.» Au moins, c'était tout ce qu'il y avait de plus sincère. Et la consolation à laquelle elle savait le mieux s'agripper, désormais.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Jeu 15 Nov - 10:52
Les derniers moments qu’elle avait passé avec Kim était lors d’une dispute, autant dire que la culpabilité devait être forte et que je comprenais de mieux en mieux combien ma meilleure amie devait souffrir en cet instant. Partir sur ça, surtout avec ce qui était arrivé après, c’était bien plus injuste que seulement se quitter. Tout les bons souvenirs, toutes les choses qu’elle avait pu partager avec lui ne se limiterait plus à présent qu’à ça. Une séparation brutale et violente sans le moindre retour en arrière. Elle l’avait perdu dès cet instant d’une certaine façon et je pouvais comprendre qu’elle ne veuille pas le chercher, ou du moins que je le cherche. Il y avait sans doute la peur de ce qu’on pourrait trouver et la culpabilité de ne pas avoir pu dire réellement au revoir. La vie était cruelle, d’autant plus avec les familles et elle en payait elle aussi le prix. Me disant rien, je ne fus même plus capable de répondre à ses sourire. Ils étaient forcé, comme toute cette situation. Toute le monde n’avait pas eu ma chance et quand bien même j’avais passé des mois entier à culpabiliser pour l’hôpital ou pour Ezra et Will, j’avais eu de la chance. Ma culpabilité n’était rien face à la douleur et je ne pouvais faire aucun miracle pour l’effacer du coeur de Lucy. J’avais su faire mon deuil, j’avais vu deux cadavres et la seule inconnue hors mit elle ne pouvait de toute façon pas avoir survécu. Je n’avais jamais eu que elle à chercher, je ne pouvais décemment pas comprendre réellement ce que cela faisait. J’étais le seul d’une liste sans doute bien trop longue pour être cité ici. J’avais eu de la chance.

Alors si moi aussi je partageais le sentiment de bonheur de l’avoir revu vivante, je réalisais peu-à-peu ce que cela impliqué. Une part de notre amitié était sans doute morte pendant l’apocalypse et c’était sans doute le cas de Lucy aussi. Elle était humaine, tout comme le l’était et l’on trainait nous aussi des cauchemars que l’on ne pourrait pas oublier si facilement et sans aide. Du moins pour elle déjà. Moi j’avais eu Will et son habitude quelque peut agaçante à avoir toujours raison pour m’aider. Elle, elle n’avait eu personne. « Moi aussi. », soufflais-je simplement avant de glisser une de mes mains dans la sienne et de la serrer avec douceur. On devait réapprendre à être ensemble non ? Réapprendre l’autre avec ces nouvelles part d’ombre. « Tu seras plus jamais seule, je te promets de plus t’abandonner. », lui assurais-je, bien conscient qu’en ayant suivi l’armée, j’avais fait le choix de tirer un trait sur mon passé, et en parlant de ça d’ailleurs… Il fallait peut-être la prévenir d’un fait, d’un point important, « Aucun militaire ne sais que j’étais lieutenant, je veux plus servir et si il l’apprenne… », je serais surement jugé comme déserteur, « Plusieurs personne savent ce que j’étais avant, mais il ne faut plus en parler aujourd’hui, j’ai jamais été soldat. », déclarais-je en ayant conscience qu’une nouvelle fois je lui demandais d’accepter quelque chose, mais je ne pouvais pas reprendre les armes comme soldat, je refusais d’avoir de nouveau des responsabilités. Je refusais d’avoir beaucoup trop de vie sous ma responsabilité.

« Ça fait vraiment beaucoup de chose d’un coup non ? », redemandais-je avec un sourire désolé, comme si cela pouvait encore changer quelque chose. Elle revenait dans ma vie après beaucoup trop de temps sans doute et il était sans doute effrayant d’arriver là comme ça, mais si elle était resté loin de ma vie par la force des choses, cela ne voulait pas dire que je voulais que ça continue. Je voulais rattraper ce temps perdu, je voulais la retrouver. « J’ai encore mon téléphone tu sais… Et y’a encore toute les photos dessus. », dont Kim, ses parents, nous, nos conneries. Si parfois elle avait besoin de les entendre, de les voir, j’avais ce qu’il fallait. C’était fou comme je ne savais plus comment m’y prendre. Je voyais, mais j’étais spectateur de cette vie. Cela reviendrait sans aucun doute, mais dans combien de temps ? J’avais besoin de Lucy, j’en avais toujours eu besoin.  

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mer 21 Nov - 19:29
10 juin
Elle avait finalement ramené la discussion sur elle-même. Avec une honte non dissimulé, elle qui ne savait pas se réjouir pour le bonheur, pourtant improbable dans ces jours d'apocalypse, qui touchait son meilleur ami. En fait, elle se sentait presque imperméable à ça. Trop à l'extérieur, entre les années d'absence, et son lot de malheur. Elle se doutait bien qu'elle n'était pas la seule, et pourtant, Lucy n'arrivait même plus à voir plus loin que le bout de son nez. Perdue dans un océan d'émotions qui, pendant des années, s'était retiré, comme pour désormais former une vague immense, comme un séisme qui la submergeait, dont le courant l'entraînait avec force, qui l'assommait presque, risquant à tout moment de la noyer. La culpabilité semblait s'effacer quand elle remarqua qu'Elias ne rebondissait pas sur sa phrase. A moins que ce ne soit parce qu'elle était encore plus horrible que ce qu'elle pensait, et que tenter d'oublier la situation qu'elle avait laissée derrière elle faisait d'elle quelqu'un de pire. De toute façon, elle avait dû faire un choix, sans se douter de tout ce qui allait avec, quand elle avait pris le train. Et quand le train avait déraillé, elle avait à nouveau dû choisir. Lucy n'étant pas le genre de personne à faire demi-tour, son choix s'était porté sur Elias, et essayer d'aller de l'avant. Pas une seconde elle n'avait pensé que Kim pouvait avoir besoin d'elle. Ni qu'elle aurait pu le sauver s'il en avait besoin. Il suffisait de la voir pour que les doutes commencent à se ramener. Et qu’ils la torturait, si bien qu’elle ne pensait plus qu’à tout ce qu’il en incombait, presque imperméable à tout ce que pouvait lui dire Elias.

Pourtant, elle le savait, il se présentait comme un réel réconfort. Une voie de lumière dans toutes les ténèbres qui jusqu’alors, violemment, l'ensevelissaient, tentant de la faire disparaître sous un amoncellement de pensées noires, lugubres, de haine envers la vie et de dégoût de soi. Pourquoi elle ? Pourquoi avait-elle survécu ? Elle se le demandait chaque jour. Et pourtant, même si c’était difficile au quotidien, Lucy n’était pas prête à renoncer. Elle avait fait le plus dur. Bêtement, elle avait changé de sujet. Et, sans réaliser, elle avait réussi à être positive. Lucy baissait les yeux sur son pantalon tout usé en entendant les mots d’Elias. Est-ce qu’elle méritait, dans le fond, de ne plus être seule ? Ignorant la question qui l’assaillait intérieurement, elle pressa la main de son ami, incapable de faire plus, incapable de faire mieux. Elle était épuisée, Lucy. Épuisée de ne pas savoir, de chercher. De tenter de comprendre tout ce qui se présentait à elle. Mais, au moment où c’était nécessaire, elle renonçait. Elle acceptait, et pas en vain, pas comme une défaite, de ne pas poser plus de questions. «Je comprends. Ne t’en fais pas, ton secret est en sécurité avec moi.» Puis elle mima un sourire, en penchant la tête sur le côté, vers son épaule. Oui, ça faisait beaucoup. Mais pas trop, malgré tout. Elle réalisait que pour son meilleur ami, elle était prête à encaisser plus que quiconque ne pourrait l’imaginer. «Non, ça va.» Elle était devenue douée dans l’art du mensonge. Se mentir à soi-même était déjà un plutôt bon entrainement. Alors c’était presque plus simple d’arriver à faire gober un mensonge aux autres. Même à Elias, et malgré la nécessité de s’y prendre un peu mieux quand les mensonges lui étaient destinés.
Frissonnant à l’idée de pouvoir voir les photos de son passé dans le téléphone d’Elias, ses yeux luisaient d’un espoir qu’ils n’avaient pas connu depuis si longtemps. Une éternité. Mais pour l’instant, elle ne savait pas si voir son passé, son père mort, sa mère et son frère dont elle espérait que s’ils étaient mort, ils avaient rejoint l’âme de son paternel, et qu’ils ne erraient pas sous la forme d’esprit ou même.. d’infecté, Lucy hocha la tête, tout en se recroquevillant sur elle même. Elle avait froid. Pas un froid physique, mais plutôt le froid causé par un vent violent qui venait balayer le vide qui jusqu’alors, emplissait systématiquement sa vie. Mais le vent qui soufflait était celui du changement, du renouveau. Ici, elle avait l’impression que la peur allait finir par la quitter, s’évaporant sous les effluves du thé qui caressait ses narines, refroidissant tandis qu’elle se décidait enfin à le boire. Elle plissa les yeux sous l’effet de la chaleur qui l’entourait. Tant au niveau de l’accueil d’Elias que par la boisson chaude à laquelle elle n’aurait osé rêver. «Merci, Elias. Pour tout.» Même s’il avait peut-être l’impression de ne pas faire grand chose, ça voulait dire le monde pour elle. Rien que de ne pas se trouver seule dans une maison. D’avoir devant elle la perspective de retrouver du réconfort.. et du confort. Et de pouvoir voir sa famille, même de loin, autrement que dans le collier abîmé et désormais sali par la boue que lui avait fait Kim pour son anniversaire.
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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Mer 12 Déc - 20:49
Qu’on apprenne ce que j’étais avant pouvait-être l’unique chose venant à l’encontre de ce bonheur précaire, mais bien réel que je vivais depuis que j’avais Will, depuis que la vie n’était plus uniquement une survie. Lucy était cet éclat de lumière, ce bonus inattendu qui me faisait peut-être oublier que dehors le monde ne tournait plus vraiment rond, ou ne tournait plus du tout en fait. Elle me rappelait sans doute plus de chose et me faisait prendre réellement conscience de la chance que j’avais eu. J’avais traversé l’enfer, mais je n’avais jamais été réellement seul. Certes, j’avais du attendre Logan pour avoir réellement un allié et encore, j’avais prit du temps pour le considérer comme un ami, mais je ne m’étais pas levé chaque matin en étant seul. J’avais eu de la chance, j’avais eu bien plus que d’autres. L’idée de lui laisser revoir des souvenirs n’était peut-être pas la meilleure des idées, c’était même sûr à en voir sa réaction. Inconsciemment, je m’approchais un peu plus d’elle, glissant mon bras autour d’elle pour la tenir contre moi. Je n’étais pas sûr d’être la meilleure réponse, la meilleure solution, mais je pouvais au moins être là. Lucy était ma meilleure amie et si Will m’avait très clairement sauvé, ma vie entière avait été construite avec elle. On avait grandit ensemble, on avait traversé les plus gros orages et si nous n’avions pas traverser la tempête ensemble, il n’en restait pas moins que je ne serais sans doute pas celui que je suis aujourd’hui sans elle. Elle m’avait montré la voie en quelque sorte et j’aurais en effet accepté de vivre une vie dont je ne voulais pas si cela voulait dire qu’elle pouvait-être heureuse. Aujourd’hui j’avais une chance, celle de pouvoir être heureux comme je ne l’aurais jamais cru possible, je devais au moins faire mon possible pour lui offrir tout ce que j’avais à présent.

Embrassant un peu plus fort son front, je soufflais ce que j’avais depuis longtemps cessé de dire à d’autres que Will, « Je t’aime. ». Ô bien sur c’était loin d’être le même amour que je pouvais avoir pour Will. Mais elle était l’une des seules personnes à qui je n’avais jamais su le dire et j’avais des années à rattraper. « Ça va vraiment aller, je te le promets. », répétais-je comme si la peur qu’elle soit subitement tétanisé par la vérité n’arrive. Je devais reconnaitre, je craignais un peu l’arrivée de Will, ce qui était sans doute une première temps j’étais accros et incapable de réellement réfléchir quand je ne savais pas ou il était. Mais là, j’avais quelque craintes quand au comportement de l’homme que j’avais épousé. Après tout j’allais confronter mon passé et mon futur et même si les deux étaient compatible, j’avais peur que Will… J’étais prêt à épouser Lucy, j’aurais fait tout les sacrifices possible pour elle et il le savait. Si je doutais que très peu de comment Lucy réagirait, je ne pouvais pas nier que la possessivité de Will me fasse peur. « Tu promets de ne pas juger Will par contre ? », demandais-je un peu plus inquiet.

J’aurais du m’éloigner d’elle pour la regarder dans les yeux, mais c’était presque ridicule de craindre la confrontation, surtout après ce qu’elle avait du vivre. « Il sait tout ce qu’il y a à savoir sur toi et je doute qu’il… Enfin il est peut-être un peu possessif. ». Fermant les yeux, j’essayais de faire redescendre la peur que j’avais à présent sur le coeur, « En contre partie, te dire que ton lit est super confortable et que je fais presque bien à manger te rassurais ? », ca n’avait sans doute pas la moindre putain d’importance, mais le temps était passé, l’eau avait coulé sous les ponts et j’étais plus que jamais un inconnu face à l’une des personnes les plus importantes dans ma vie. Nous avions changé et c’était stupide de dire que les changements qui étaient survenu était pour le mieux me concernant, surtout quand ça impliquait la mort. Mais j’avais tiré du bon de cette apocalypse, même si cela faisait de moi un mec instable qui avait sombré, j’avais avancé dans ma vie, réellement et pas pour faire un doigt d’honneur à quelqu’un. Alors que si la vie était resté la même… Je serais peut-être mort, mais je doutais très sincèrement avoir Will dans ma vie. 

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Ven 4 Jan - 13:12
Le combat s’éternisa plusieurs minutes avant que Will abandonne. Il était pourtant du genre déterminé et ne reculant devant presque rien pour obtenir gain de cause. Mais comme il venait de le découvrir dans la douleur, son opiniâtreté ne valait rien face à celle d’Octavia Carter. Dans cette intense guerre visant à déterminer la place d’un cube bleu sur un plateau de bois, la fillette de deux ans l’emportait à chaque fois. Qu’importe que Will, pourtant plus âgé, plus sage et clairement plus intelligent qu’elle, n’essaye de lui faire comprendre par tous les moyens - acceptables - que le cube allait dans le carré et nul part ailleurs, elle finissait toujours par le remettre dans le trou en forme d’étoile (et par lui balancer l’étoile dans la figure au passage). De toute évidence, ce petit monstre n’entendrait jamais raison et elle était déjà perdue. Dans la plus grande tristesse, Will fut forcé d’admettre que malgré sa tutelle, Tavi ne grandirait jamais pour devenir un petit génie. Il se sentait profondément affecté par cette découverte. Et frustré, aussi, quand la fillette se décida à placer une boule verte dans un trou en forme de carré. Exaspéré, désespéré peut-être, il secoua la tête et se remit debout, échangeant un bref regard avec Logan installé dans l’encadrement de la porte du salon et occupé à les observer du coin de l’oeil. Il ignora le géant barbu pour se concentrer pleinement sur sa progéniture. “Tu as gagné, j’abandonne. Reviens-moi voir quand tu auras retrouvé tes esprits.” déclara-t-il, une légère pointe d’accusation dans la voix. La fillette leva ses grands yeux noirs vers lui et éclata de rire, tout en frappant un pauvre coeur innocent contre le sol et en hurlant des “Will ! Will ! Will !” comme un effroyable refrain. Visiblement, cette petite simple d’esprit se révélait en plus irrespectueuse. Il commençait même à se demander pour quelle obscure raison il ressentait le besoin de passer tant de temps avec Octavia et sa petite soeur. Tout ce qu’il gagnait à chaque n’était que frustration et des bleus en forme d’étoile…

Sans un regard en arrière, Will s’éloigna de l’enfant. Il échangea quelques brefs politesses avec Logan, accepta même de revenir le lendemain comme il s’y était engagé et quitta définitivement cette maison de fou. Le temps de traverser entièrement Grand Marais Street jusque chez lui, il parvint même à se débarrasser du sourire heureux imprimé sur ses lèvres pour retrouver un air neutre, vaguement supérieur, vaguement déprimé. Il n’était même pas bien sûr de pourquoi il se sentait obligé de faire ça, de prétendre et jouer un rôle chaque fois qu’il sortait de chez les Carter. Logan avait accepté, après des heures à le harceler, qu’il vienne passer du temps avec ses filles de temps en temps. Il s’y rendait presque tous les jours depuis une semaine, mais conservait cette information comme un secret. Quand on lui posait la question - jamais, donc - il prétendait passer cette heure avec le leader du groupe à essayer tant bien que mal de lui inculquer quelques notions en électricité pour le bien de la communauté. Pour l’instant du moins, ses petits rendez-vous avec les deux fillettes n’étaient qu’à lui et ça lui allait très bien comme ça. Aussi, quand il entra dans la maison qu’il partageait avec Elias, l’ingénieur était pleinement concentré sur ce qu’il raconterait si son mari osait lui demander où il était depuis tout ce temps. Probablement une histoire affreusement barbante sur la conversion de l’énergie en électricité.

Hélas, quand il se retrouva dans la maison et qu’il posa les yeux sur son mari, ce fut pour le trouver en pleine étreinte avec une femme, l’air visiblement affecté. Will se stoppa brusquement à quelques mètres du canapé, la bouche entrouverte alors qu’il observait la scène et qu’un poids désagréable s’installait dans son ventre. Il n’aurait même pas su comment l’expliquer. Il n’y avait rien de logique ni de cohérent dans la chaleur qui commençait à se disperser dans ses veines, dans le malaise qui s’installait tout autour de lui. Colère, jalousie, peur… Il ne savait trop, mais il savait qui était cette femme d’un simple regard, il savait qui elle était pour Elias, qui elle aurait pu être sans la fin du monde, quelle place elle prendrait dans leur vie… Et il se sentit tout à coup très seul. Il y eut un immense vide. Quelques secondes, à peine, au cours desquelles Will n’entendait plus rien, ne sentait plus rien. La brume se dispersa vite et comme s’il regardait la scène de loin, comme s’il ne s’agissait pas du présent et de lui, il entendit soudainement le son de sa propre voix résonner. “Ah, le coup du lit confortable et des petits plats maison… Fais attention, c’est comme ça qu’il a réussi à me mettre dans son lit.” Sa voix s’élevait avec l’indifférence et la moquerie qui lui étaient familières. Ce ton de petit con condescendant, pas le moins du monde affecté par quoi que ce soit, qu’il n’utilisait plus avec Elias depuis bien longtemps. “Je peux me joindre à vous ?” Ça n’était pas vraiment une question et pour preuve, il n’attendit pas qu’on l’y invite pour se remettre en mouvement et se laisser tomber dans un fauteuil près d’eux, grand sourire aux lèvres. “La fiancée est de retour, alors… C’est presque aussi gênant qu’amusant.”

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MessageSujet: Re: "you are here, here you are" lucy   Sam 19 Jan - 13:53
10 juin
Les larmes s’amoindrissaient. Lucy avait l’impression que la présence d’Elias n’y était pas pour rien. Le sentir ainsi, près d’elle, c’était une consolation supérieure à tout ce qu’elle avait imaginé. Souvent, elle avait tenté de se faire un scénario de ses retrouvailles avec son meilleur ami. Mais jamais elle n’aurait osé imaginer que ça pouvait être si fort, une sorte de vrai soin aux maux qui l’assaillaient depuis si longtemps. Elle qui n’avait plus de raison de vivre, et qui tentait tant bien que mal, même si c’était plutôt mal, de survivre, voilà qu’elle avait l’impression que son coeur s’apaisait. Que tous ses tourments étaient voués à disparaître dans cette maison, bien que rien ne semblait très hospitalier, hormis la présence de son ami. Elle ne connaissait pas son époux, dont il venait tout juste de lui parler. Elle avait beau toujours avoir l’angoisse de rencontrer des gens nouveaux - et si on ne s’entendait pas, si ça ne collait pas…? - comme il était le mari d’Elias, il y avait peu de chances pour que ça se passe mal. Alors elle sourit quand il lui demandait de promettre de ne pas le juger. Ce Will devait forcément être quelqu’un de bien. Parce qu’Elias avait toujours été proche des gens bien. Enfin, sauf peut-être elle, mais c’était une autre histoire, qu’elle serait bien incapable de juger en toute objectivité. Les éléments en sa possession, qui se battaient dans sa tête laissaient dire qu’elle était loin d’être quelqu’un de bien. Mais Lucy était particulièrement sévère avec elle-même, et ce, depuis toujours. Mais les évènements depuis que la maladie dûe à ce virus s’était propagée, c’était encore plus marqué. Elle ne se laissait aucune chance. Pourtant, elle voulait bien en laisser à ce fameux Will, qu’elle commençait presque à trépigner d’impatience à rencontrer. Elle sourit à l’homme qui était sur le canapé, juste à côté d’elle. «Je te le promets.» dit-elle, persuadée d’être capable de tenir cette promesse qu’elle n’aurait pas faite autrement. Elle ne se doutait pas qu’elle devrait peut-être faire semblant de le supporter, pour Elias. Puis, elle mit sa tête sur l’épaule de l’homme qui l’avait guidée et accompagnée pendant toutes ses années. Le premier à l’avoir acceptée comme elle était. A ne pas avoir jugé qui elle était, ce qu’elle aimait, ou ce qu’elle faisait de sa vie. Le premier à l’avoir supportée et soutenue quand elle a eu ses premiers vrais émois amoureux. Qui quand elle s’est assumé a accepté Laura. Qui l’a accueilli. Tout ça même avant Kim, pourtant ouvert d’esprit. Lucy n’avait jamais vraiment eu l’impression de lui renvoyer la pareille. Il était désormais temps. Fermant les yeux un instant, ne prenant pas gare à ce qu’elle aurait pu entendre en arrière plan, comme une porte qui s’ouvrait, elle callait sont front contre le cou d’Elias encore plus. «Tu sais, je t’aime aussi, Kaneki.» dit-elle, en souriant, et en fermant les yeux, apaisée par la présence de son désormais seul allié.
Il lui fallut du temps avant de se rendre compte qu’ils n’étaient plus seuls. En fait, il lui avait fallu entendre la voix d’un homme pour qu’elle s’ose à se redresser. Et à tourner la tête vers l’arrière du canapé. Elle n’avait pas besoin d’être devin pour arriver à mettre un nom sur le visage qui se présentait dans la maison. Voilà qui doit être Will, lui informait une petite voix dans sa tête, qu’elle chassa d’un geste discret de la main. Lucy, loin de percevoir l’ironie et le sarcasme dans la voix de celui qu’elle avait considéré comme étant Will, apparemment à juste titre, sourit. Elle s’était redressée, et avait détaché le contact entre elle et Elias. Il ne la connaissait pas. Et il ne devait, à juste titre, pas apprécier le contact physique entre les deux, bien que s'il les avait connus avant l’expansion du virus, il aurait su que tout ça n’était que fraternel. Mais passons, ça n’était pas particulièrement grave. «Tu dois être Will !» lança-t-elle, puisque ni le principal intéressé ni Elias ne semblaient le présenter, comme si c’était forcément évident. Puis, elle passa une main dans ses cheveux, signe de gêne. Mais la suite du comportement du jeune homme la mit sur la voix : il valait peut-être mieux qu’elle arrête de parler. Elle n’appréciait pas son ton. Elle n’appréciait pas ses paroles. Pourtant, au départ, elle, elle ne souhaitait que la paix des ménages. Alors peut-être que l’effort, c’était à elle de le fournir ?«Elias m’a dit beaucoup de bien de toi. Mais si ça te gêne, il n’y a aucun souci, je peux prendre la maison qu’on m’avait attribuée.» Dans le fond, elle espérait qu’elle n’ait pas à le faire. Mais, de ses paroles, elle était prête à assumer les conséquences. Et reprendre son baluchon, pour aller s’installer ailleurs. Elle ne tenait pas à partir en guerre, Lucy. Le peu qu’elle avait entrevu de cette guerre sanitaire, ça avait eu don de l’épuiser. Maintenant, elle ne voulait qu’un peu de repos, pour une fois que la vie le lui permettait.
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