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Depuis l'été 2014, l'Apocalypse règne sur le territoire américain. Dans la région de Détroit, les survivants s'organisent seuls depuis des mois pour sauver leurs vies et résister aux rôdeurs. Quand, après trois ans sans nouvelles du gouvernement, l'armée revient à Détroit, un nouvel espoir semble possible pour les survivants. Mais à quel prix ?
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Après plusieurs mois de cohabitation entre civils et militaires, la tension monte au point de menacer la paix précaire autant au sein de Fort Hope qu'avec l'extérieur.

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 [Flashback] Remember when we were happy | Logan
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MessageSujet: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMar 26 Avr - 11:15


20 juillet 2009

Ce matin là, en regardant sa dernière conquête passer le pas de la porte, Juliet ne s'est jamais sentie aussi mal. Il manque quelqu'un dans sa vie et ce n'est pas toutes les femmes qui ont occupé son lit le temps d'une nuit qui y changeront quelque chose. Le vide laissé par Logan grandit chaque jour un peu plus et maintenant qu'elle s'est débarrassé du carcan de son père, elle se demande s'il accepterait de revenir dans leur vie. Elle entends Eulalie se réveiller et dévaler les escaliers, sa petite bouille encore endormie. Plus le temps de tergiverser, il faut se dépêcher. La nounou l'attends. Pourtant, alors qu'elle habille sa fille, Juliet a pris une grande décision. Elle n'ira pas bosser aujourd'hui. Non, aujourd'hui elle va prendre la route pour se rendre dans le Vermont. Un périple de plus de dix heures mais elle lui doit bien ça. Elle ne sait pas ce qui l'attends là bas, peut être qu'il a refait sa vie et qu'il ne veut plus entendre parler d'elle. Peut importe la réponse qu'elle aura à ses questions, elle veut le savoir. Et présenter ses plus plates excuses même si elles n'y changeront rien.

Juliet charge sa fille dans la voiture, balance son sac dans le coffre et l'emmène chez Rosita. La nounou, une femme en qui elle a confiance. Elle lui confie Eulalie, lui demandant de mentir si jamais le grand-père de la gamine appelle. Elle n'ose même pas imaginer le scandale qu'il déclencherait s'il savait ce qu'elle s'apprête à faire. Non, il vaut mieux qu'il croit sa fille chez un artiste à Philadelphie que dans un garage dans le Vermont. Après un dernier bisou sur le crâne d'Eulalie, Juliet prends la route.

Elle connaît le trajet par cœur. La dernière fois qu'elle a emprunté cette route, à l'arrière de l'imposant pick up de son père, elle se rappelle avoir pleuré pendant dix longues heures. Elle avait la sensation d'avoir une immense connerie, d'avoir pris la pire décision de toute sa vie. Elle s'est conduit égoïstement, elle a agi comme son père a voulu qu'elle agisse. Elle est retombée dans ses travers, elle a sauté les pieds en avant dans une vie qu'elle a mis des dizaines d'années à rejeter. Charles a eu tord : elle n'était pas mieux à Détroit, enfermée dans sa prison dorée. Sa place était dans le Vermont, aux côtés du père de sa fille. Mais ça, elle a mis trois longues années avant de s'en rendre réellement compte. Et c'est sûrement trois années de trop.

Quand elle arrive au garage, la journée est déjà bien avancée. Le soleil commence à décliner, la nuit ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. Elle se gare, remarquant l'Aston Martin verte de Logan garée quelques voitures plus loin. Son cœur loupe un battement et elle sent ses mains devenir moites. Cela fait un petit moment qu'elle ne l'a pas vu et elle se dit qu'elle n'a pas le droit de débarquer comme ça dans sa vie et de lui demander de revenir. Pourtant, elle ouvre la porte et descends de la voiture pour la seconde fois depuis qu'elle est partie de Détroit. Toute à ses pensées, elle n'a pas fait de pause, hormis pour refaire le plein. Elle avance vers l'entrée du garage, essayant de faire abstraction de tout les souvenirs qui tentaient de l'assaillir et menaçaient de la faire flancher.

Elle voit un type penché dans les entrailles d'une voiture. Un nouveau probablement, elle ne l'a jamais vu celui là, malgré le nombre d'heures qu'elle a pu passer ici, assise à attendre que Logan termine sa journée.

« Excusez moi... Est-ce que Logan est là ? »

L'homme relève la tête du moteur et la reluque des pieds à la tête. Soudainement, elle se sent minuscule, dans son débardeur blanc et son petit short en jean.

« Ouais ! Logan, y'a une nénétte pour toi. »

Juliet remercie l'homme d'un signe de tête mais pour beugler comme ça, elle aurait très bien pu le faire elle même. Elle fait les cent pas, tournant en rond comme un lion en cage. Une centaine de fois, elle a envie de prendre ses jambes à son cou et de s'enfuir comme elle l'a fait auparavant. Mais non, elle doit être courageuse, quitte à se prendre la plus belle engueulade de toute sa vie. Commence alors une longue attente, des secondes qui ont un petit goût d'éternité.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMer 27 Avr - 21:40


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Métro, boulot, dodo, ça vous dit quelque chose ? Chaque matin, Logan montait au volant de sa Aston, il faisait les quelques kilomètres séparant son appartement au garage du vieux Dolan, où il passait sa journée la tête plongée dans les entrailles d'une autre voiture. Et à dix-neuf heures, il partait pour retrouver le vide de sa vie. C'était comme ça tous les jours, ou presque. Quelque fois, un collègue proposait d'aller boire un verre ou de venir dîner à la maison et la monotonie de sa vie était perturbée quelques instants, mais même cette petite surprise commençait à devenir une habitude.

C'était comme ça depuis bientôt trois ans maintenant et il n'y avait aucune raison que ça change. Alors forcément, quand il entendit son collègue Dany hurler à travers le garage qu'une « nénette » était là pour lui, Logan en resta surpris un moment, restant immobile sous la voiture sur laquelle il bossait. Une fille ici pour lui ? Il ne voyait personne en ce moment et en général, les femmes qu'il fréquentait comprenaient très vite que venir le voir sur son lieu de travail n'était pas une bonne idée. Mais bon, pourquoi Dany aurait raconté des conneries ?

Aussi, le jeune homme quitta enfin sa cachette et se remit debout, observant les alentours pour trouver cette femme qui était mystérieusement venue mettre un peu de surprise dans sa vie bien ordonnée. La pièce était plutôt vaste et très éclairée, remplie de carcasses de voitures, d'outils et autres pièces détachées en tout genre, d'hommes crasseux aux allures de bûcheron, alors forcément la seule et unique femme de la pièce faisait tâche et il ne fallut pas plus de quelques secondes à Logan pour la repérer à l'entrée.

Il eut comme un sursaut quand il reconnut le visage de Juliet. Quelques années en plus, forcément, mais toujours la même. Logan resta là où il était, au moins le temps de savoir ce qu'il pensait de cette situation. La jeune femme était sortie de sa vie avec fracas depuis trois ans, emportant avec elle tous les rêves et les espoirs d'un jeune homme paumé qui faisait de son mieux pour s'en sortir. La surprise laissait donc place à une certaine colère. Comment osait-elle revenir ici ? Après trois longues années ! Elle se tenait là, au milieu de son univers, seule, belle, inchangée. Seule. Elle n'était pas venue avec Eulalie. Un pincement au cœur, la tristesse. Sa fille. De toute sa vie, Logan n'en avait jamais vu plus que quelques photos, envoyées par Juliet, du moins de ce qu'il croyait. Il avait bien essayé de la voir, plusieurs fois au cours des années, mais chaque fois, on le renvoyait d'où il venait sans qu'il n'ait le temps d’apercevoir au moins la petite fille. Et tout ça, c'était sa faute à elle.

Logan prit une profonde inspiration. Il ne voulait pas s'énerver devant tous ses collègues et son patron. Ici, il devait travailler et il était très sérieux dans cette tâche. Ce boulot, c'était tout ce qu'il avait, Dolan lui avait donné sa chance quand il avait débarqué à Burlington avec son sac sur le dos et seulement âgé de 17 ans. Il n'allait pas laisser Juliet lui prendre encore quelque chose. Non, il devait se calmer et en respirant profondément alors qu'il avançait vers la jeune femme, il y était presque parvenu en arrivant devant elle.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Pas de bonjour, pas de comment ça va. Il n'en avait rien à faire. Elle n'avait pas le droit de revenir dans sa vie comme ça, au milieu de la journée en pleine semaine. Et surtout sans s'être annoncée. Il n'avait pas l'intention de la jouer mec sympa, il ne l'était pas. Distraitement, il essuya ses mains pleines de cambouis dans une serviette qui pendait d'une poche de son jean, ses yeux emplis de colère fixés sur Juliet.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyJeu 28 Avr - 11:50


Juliet faisait les cent pas à l'entrée du garage, se rongeant l'ongle du pouce. Elle commençait sérieusement à penser qu'elle n'avait rien à faire ici et qu'elle aurait au moins pu s'annoncer avant de débarquer comme ça. Encore une fois, elle avait agi d'une manière totalement égoïste. De quel droit venait elle chambouler la vie de Logan de cette façon ? Peut être qu'il a refait sa vie depuis le temps, peut être qu'une autre a pris sa place. Elle frémit à cette idée, ça serait la pire des choses qu'elle pourrait entendre de sa part. Mais après tout, à quoi s’attend-elle ? Elle peut faire une croix sur les câlins, les embrassades et les « je t'aime » après ce qu'elle lui a fait. Elle l'a privé de son enfant, c'est une chose qu'elle ne pourra jamais réparer et encore moins effacer. Elle a certainement gagner le trophée de la pire petite amie du monde et ce, pour les vingt prochaines années.

Le garage est vaste et, de là où elle est, la vue est dégagée. Juliet s'apprêtait à fuir de nouveau quand il est apparu, au milieu des cadavres de voitures. Ils se fixent mais aucun d'eux ne bouge. Les secondes paraissent s'étirer au delà du raisonnable. Le temps ne semble pas avoir d'emprise sur lui et elle a l'impression de l'avoir quitté la veille. Il est toujours aussi grand, toujours aussi charismatique. Il s'avance vers elle et elle a joué cette scène des milliards de fois dans son esprit, le soir avant de s'endormir. Juliet a envie de s'avancer aussi et de se jeter contre lui, de faire comme dans les films à l'eau de rose où les deux protagonistes sont heureux de se retrouver. Mais, elle reste figée, plantée comme un piquet. Si elle est réellement contente de le revoir, elle voit dans son regard que ce n'est pas la même chose pour lui. Instinctivement, elle fait un pas en arrière. Elle se sent toute petite face à ce géant qu'elle a tant aimé.

« Heu... Je... »

Bien joué, Juliet. Avoir traversé plusieurs états pour ça. Elle le regarde s'essuyer les mains dans son chiffon et essaie de se concentrer sur ce qu'elle a vraiment à lui dire. Mais c'est pas évident, elle le regarde passer le tissu sur ses doigts et toute une pléthore de souvenirs assaillent son esprit. Elle s'est exercé dans la voiture pendant dix longues heures mais là, devant lui, elle a perdu toutes certitudes et toute confiance en son discours. Du coin de l’œil, elle voit le collègue de Logan qui l'observe et cela ne fait que rajouter une couche à son malaise. Elle n'a pas envie de laver son linge sale en public et commence à penser qu'elle aurait mieux fait d'aller l'attendre sur son paillasson comme la pauvre fille qu'elle est.

« J'aurais pas dû débarquer comme ça, je suis désolée. Mais il faut vraiment que je te parle. »

Encore mieux. Non seulement elle se pointe comme un chien dans un jeu de quilles mais en plus, elle lui impose ses envies et ses états d'âme. Elle a bien conscience d'arriver trois ans trop tard. Juliet n'a jamais fumé de sa vie mais à ce moment précis, une cigarette ne serait pas de refus. Ou alors un trou de souris, pour s'enfiler dedans et ne plus jamais en sortir.

« Si tu ne veux pas entendre ce que j'ai à te dire, je comprendrai. Dis le moi et je m'en irai. »

Qu'est-ce qu'elle a à lui dire ? Que ça y est, il peut revenir dans leurs vies ? Qu'il en a l'autorisation ? C'est terriblement despotique et Juliet a bien conscience qu'elle ne peut pas disposer de lui comme cela l'arrange. Elle aurait dû appeler mais elle n'avait pas envie de lui annoncer tout ça par téléphone. Alors elle est venue, sur un coup de tête. Elle a fait plusieurs centaines de kilomètres pour essayer de sauver ce qui peut encore l'être entre eux.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyJeu 28 Avr - 21:22


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Il fallait qu'elle lui parle ? Mais de quoi, au juste ? Ils n'avaient plus rien à se dire depuis bien longtemps. Elle aurait pu téléphoner et leur éviter le désagrément d'une rencontre. Parce que Logan ne le cachait pas le moins du monde, il n'était pas ravi du tout de revoir la jeune femme. Qu'elle se tienne comme ça devant lui, après tout ce temps... Non, il n'arrivait pas à le supporter et il ne voyait rien que la jeune femme puisse lui dire qui mériterait de faire autant de chemin pour le faire de vive voix.

« En effet, t'aurais pas du. »

L'homme conservait son air obstinément sévère. Tout se mélangeait dans sa tête et il ne parvenait pas à faire autre chose que de fixer Juliet. Ça aurait été pourtant simple de se détourner et de l'ignorer. Il sentait sur lui les regards de ses collègues, curieux, surpris peut-être. C'était désagréable de les savoir tous à l’affût d'un ragot. Ou peut-être était-ce seulement le choc de revoir Juliet qui provoquait ce picotement désagréable sur sa peau ? Il avait bien envie de dire à la jeune femme qu'effectivement, il n'avait aucune envie de l'entendre et qu'elle pouvait s'en aller. Mais d'un autre côté... Et si ça concernait leur fille ? Peut-être qu'elle attendait dehors dans la voiture de sa mère et qu'il pourrait enfin la voir, en chair et en os, pour la toute première fois de sa vie. Et puis, même si ça lui faisait un mal de chien de l'admettre, la jeune femme avait encore une certaine emprise sur son ex.

Qu'attendait-il, exactement ? Des excuses ? Des explications ? Quelque chose dans ce genre là, un mélange des deux si possible. Une chance de passer à autre chose, aussi. Parce qu'il le comprenait maintenant, en la voyant devant lui, il n'était pas encore passé à autre chose. Bien sûr, il y avait des indices dans sa vie quotidienne de cet état de fait, mais là il se prenait la vérité en pleine face et ça ne faisait vraiment pas du bien. Il n'aimait pas ça, mais il voulait entendre ce qu'elle avait à dire, savoir pourquoi elle s'était donnée la peine de venir le voir après toutes ces années sans nouvelles.

« Je finis de bosser dans une demi-heure. Je t'attendrais chez moi. »

Froid. Dur. Et il se détournait, s'éloignait pour rejoindre Dolan et discuter avec lui quelques secondes. Il ne faisait aucun effort, c'est vrai, mais pourquoi en aurait-il fait ? Son ressentiment et sa colère macéraient depuis trois longues années, il ne pouvait pas s'empêcher de les laisser ressortir maintenant. C'était plus fort que lui. Et puis quoi, elle débarquait à l'improviste, mais ça ne voulait pas dire qu'il devait tout laisser tomber pour elle.

**

Une demi-heure plus tard, Logan arrivait chez lui. L'angoisse le prenait en montant les escaliers menant jusqu'au deuxième étage. Est-ce que Juliet serait déjà là ? Ou peut-être qu'elle n'avait même pas l'intention de revenir, qu'elle préférerait rentrer chez elle et oublier toute cette histoire. Il n'avait pas été très agréable avec elle, il ne lui avait laissé aucune chance. Ça suffisait pour qu'elle laisse tomber. Il en fut d'autant plus convaincu en arrivant sur son pallier qu'il trouva vide. Elle ne l'attendait pas patiemment devant la porte. Une pointe de déception ? Peut-être. Il inséra la clé dans la serrure et ouvrit quand même la porte, trouvant refuge dans son vieil appartement qu'il louait depuis des années. L'endroit trahissait toujours son manque de moyen, c'était petit, pas très rempli, pas très beau, mais c'était chez lui. Poussant un soupir, l'homme se laissa tomber dans son canapé défoncé. Allait-elle venir ? Il fallait qu'elle vienne, elle n'avait pas le droit de revenir comme ça dans sa vie pour disparaître sans un mot la seconde suivante.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyVen 29 Avr - 10:09


Il a raison. Elle n'aurait pas du. Elle détourne le regard quelques secondes, serrant ses bras contre sa poitrine. Juliet n'en mène pas large parce qu'elle se prends toutes les erreurs du passé en pleine poire. La froideur de Logan, la dureté dans sa voix, c'est entièrement de sa faute. Elle a fait un choix qu'elle pensait pouvoir assumer mais finalement, ce n'est qu'un leurre. A des centaines de kilomètres de là, sans le regard de son ex sur elle, avec les boniments de son père comme réconfort, c'est facile d'assumer. Cette situation, c'est elle qui l'a voulue et qui le lui a imposé. Elle ne leur a pas laissé la moindre chance d'être une famille et ça, quoi qu'elle lui dise aujourd'hui, elle ne pourra jamais le réparer.

Juliet hoche la tête quand il lui donne rendez vous une demi-heure plus tard. Elle n'a même pas le temps de répondre qu'il lui tourne déjà le dos. Elle n'est pas habituée à tant d'animosité de la part de Logan alors elle préfère tourner les talons avant d'éclater en sanglots devant le collègue qui la reluque sans vergogne depuis qu'elle est arrivée. Elle retourne à sa voiture et claque la porte avec fracas. Elle a envie de hurler. Mais à quoi s'attendait elle franchement ? Elle l'a privé de sa fille, elle débarque sans prévenir alors qu'il essaie certainement de passer à autre. Elle va raviver de vieilles blessures, rouvrir des plaies datant de plusieurs années. Elle enclenche la marche arrière et quitte le parking du garage avec la sensation que son cœur va voler en éclat. Quoi qu'elle en dise, ses sentiments pour Logan sont toujours là, intacts, ils attendaient juste le bon moment pour se rappeler à elle.

**

Quand elle se gare devant l'immeuble de son ex, la demi-heure est largement passée. Juliet a longtemps hésité, elle a prit la route du retour avant de rebrousser chemin. Elle n'a pas eu le cœur à le laisser comme ça, sans les explications promises à demi-mots. Alors elle s'est arrêté dans le café où elle travaillait avant, elle a acheté du café et des donuts. Peut être que cela adoucira l'atmosphère. Ou alors, elle se le prendra en pleine gueule et honnêtement, elle l'aura bien cherché. Juliet attrape son sac et les friandises puis elle traverse. Dans ces escaliers qu'elle a grimpé des milliers de fois, elle se demande comment elle va réussir à parler à Logan s'il s'obstine à être aussi froid. Elle va finir par se braquer et la tentative de réconciliation va tourner au règlement de comptes.

Arrivée devant la porte, elle frappe, s'annonce et entre avant d'y avoir été invitée. Il y a des réflexes qui ne s'oublient pas, même après toutes ses années. L'appartement n'a pas changé. Il est petit, meublé de bric et de broc mais ici, Juliet avait la sensation d'être chez elle. Elle savait qu'entre ses murs rien n'aurait pu lui arriver, Logan ne l'aurait pas permis. L'endroit est petit, ils n'auraient pas roulé sur l'or, mais ils auraient été heureux. Maintenant, Juliet ne manque assurément pas d'argent mais elle n'a jamais été aussi malheureuse de toute sa vie. Eulalie a grandi dans le luxe mais elle a commencé sa vie sans l'amour de son père.

Juliet va s'asseoir sur le canapé, à l'opposé de l'homme. Elle pose les donuts et le café sur la table basse, sans un mot. Elle ne parle pas pour ne rien dire, elle espère qu'il ne l'a pas oublié. Elle reste silencieuse un long moment, elle ne sait pas par où, ni comment, commencer. Les mains coincées entre ses cuisses, la tête baissée, elle ouvre enfin la bouche. De toute façon, quoi qu'elle dise, elle sait qu'il se mettra en colère.

« Je n'habite plus chez mes parents. »

Pas mal, ça pourrait être pire comme début d'explication. Non, c'est merdique mais elle n'a jamais été douée avec les explications et les excuses. Elle n'avait jamais eu à en faire jusque là et encore moins à quelqu'un qui est plus important pour elle que sa propre vie. Elle relève la tête et le regarde, elle ne peut pas lui demander pardon si elle n'ose même pas le regarder en face.

« Ils m'ont surprise en train de t'écrire et de t'envoyer une photo de notre fille. Ils n'ont pas apprécié et je leur ai dit d'aller se faire foutre. Si tu veux venir la voir, il n'y aura plus personne pour t'en empêcher. »

Juliet avait la désagréable sensation de lui donner l'autorisation de venir voir sa propre fille et ça lui en donnait des frissons. Elle n'est pas fière de ce qu'elle a fait mais elle pense être assez solide pour se prendre la colère de Logan de plein fouet. Du moins, elle espère l'être.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptySam 30 Avr - 6:56


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Assis dans le silence, Logan regardait droit devant lui, vers l'écran de télévision pourtant éteint. Ses pensées étaient toutes entières vers Juliet et à son plus grand désespoir, les moments désagréables qu'ils avaient vécus et les raisons de sa colère envers la jeune femme n'était pas le sujet principal des images qui passaient dans sa tête. Il lui en voulait, oui, ça c'était certain. Alors pourquoi ne pouvait-il s'empêcher de se souvenir de ces fois où il allait au café pour la voir, chaque matin avant son travail, longtemps avant qu'ils ne soient ensemble ? Du grand sourire qu'elle affichait quand elle venait prendre sa commande, toujours la même, un café long noir. Cette fille-là lui manquait tellement. Ça semblait faire une éternité, venir d'une autre vie et pourtant, seulement huit ans s'étaient écoulés.

Un coup à la porte le tira de sa rêverie et il eut tout juste le temps de relever les yeux vers l'origine du bruit qu'elle s'ouvrait pour laisser entrer la jeune femme, comme si elle rentrait chez elle après une journée de travail. Enfin, le visage qu'elle affichait ne laissait en tout cas aucun doute sur le fait que la soirée ne serait pas agréable. Logan ne bougea pourtant pas, ne parla pas, se contentant de la regarder refermer la porte derrière elle et venir s'installer à côté de lui se le canapé. Sur la table basse, elle posa devant eux deux cafés et des donuts, dont les emballages étaient estampillés aux couleurs de son ancien employeur. L'homme n'y avait pas mis les pieds depuis trois ans et pour une raison obscure, il avait très envie que Juliet le sache. Pourtant, il se contenta de se mordre la lèvre pour retenir les mots qui voulaient s'en échapper et détourna le regard, s'intéressant plutôt à la fenêtre.

La première parole prononcée par Juliet ramena instantanément le regard de Logan vers elle. Elle ne vivait plus avec ses parents ? Son cœur manqua un battement. Les pensées se bousculaient dans son esprit. Si elle n'était plus avec eux, alors il pourrait voir Eulalie ? Peut-être même qu'elles allaient revenir vivre ici, près de lui ou que lui irait à Détroit ? Peut-être que Juliet et lui pourraient... Non. Juliet reprit la parole, expliquant ce qui avait mené à cette conclusion.

La colère reprenait le dessus. Elle était partie depuis trois ans, on lui avait interdit de voir son enfant, de parler à la mère, niant son existence comme s'il ne valait rien. C'était d'ailleurs ce que pensaient les parents de la jeune femme, ils ne le lui avaient jamais caché chaque fois qu'il avait eu l'occasion de leur parler. Il était largement temps qu'elle se rebelle contre eux. Il était même trop tard, malheureusement, elle lui avait fait rater les trois premières années de la vie de sa fille.

Logan ne lâchait plus la jeune femme des yeux, pourtant il ne disait toujours rien. A vrai dire, il ne savait pas vraiment quoi répondre. Bien sûr qu'il voulait voir sa fille, mais c'était angoissant aussi cette idée. Et puis quoi ? Devait-il compatir avec la jeune femme ou l'envoyer balader ? Aucune de ces deux solutions ne lui convenait. Finalement, il posa la question qui lui brûlait le plus.

« Elle n'est pas venue avec toi ? »

Tout tendait à prouver que non, mais il voulait quand même savoir. Sait-on jamais, elle était peut-être venue avec quelqu'un, un nouvel homme dans sa vie, une amie, quelqu'un qui garderait Eulalie pendant que les parents prendraient le temps de s'expliquer. C'était une possibilité à laquelle il s'accrochait.

« J'ai déjà essayé de venir la voir. Chez tes parents... » ajouta-t-il enfin, tout bas, sans la regarder. Pourquoi est-ce qu'il lui disait ça ? C'était peut-être la vérité, mais ça n'avait aucun intérêt si ce n'était celui d'enfoncer encore un peu le couteau dans la plaie, en rappelant bien clairement que les parents de Juliet n'étaient rien d'autre que des enfoirés ayant privé une enfant de son père volontairement.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyDim 1 Mai - 21:03


Juliet a du mal à supporter le regard de Logan braqué sur elle. Elle a peur de ce qu'elle pourrait y lire, peur de voir qu'il la hait. Alors qu'il a toutes les raisons du monde de la détester. Elle lui a enlevé son enfant, elle l'a quitté, elle a brisé leur famille. Pourtant, lorsqu'ils se sont mis ensemble, elle avait la sensation que c'était pour toujours. Eux deux, le couple improbable. Petite fille des quartiers aisés de Détroit, passionnée par l'art, elle est tombée amoureuse du mécano fauché du coin. Elle pensait réellement que leur amour durerait, qu'ils seraient heureux ensemble mais elle a tout fichu en l'air. Elle a piétiné leur histoire et elle l'a abandonné, sans lui laisser l'occasion de la retenir. Elle se déteste pour ça alors pourquoi cela serait différent pour lui ?

La question de son ex la ramène à la réalité et elle déglutit. Non, Eulalie n'est pas là. Elle s'insupporte déjà de devoir réduire à néant son espoir d'enfin voir sa fille. Alors, sentant le vent tourner, elle s'empare d'un des gobelets de café. Elle le fait tourner dans ses mains, observant le balai de ses doigts autour du carton que la boisson a rendu bouillant.

« Non. Je suis partie sur un coup de tête ce matin. Je ne savais pas ce que j'allais trouver ici, ni comment cela allait se passer. »

Juliet baisse les yeux. Elle a longtemps hésité à emmener l'enfant mais elle ne voulait pas un peu plus chambouler la vie de Logan. Déjà qu'elle débarque de nulle part, remuant un passé encore lourd et des cicatrices pas tout à fait refermées, elle n'avait pas envie de lui imposer cette rencontre de cette manière. Elle ne veut pas que cela soit brutal, elle ne veut pas braquer sa fille. Si elle prends Logan en grippe, il y a de grandes chances qu'elle ne veuille jamais passer du temps avec lui.

« Eulalie est une enfant timide, elle a énormément de mal avec les personnes qu'elle ne connaît pas. »

La jeune femme se hait. C'est horrible de lui dire ça. Elle a envie de s'enfiler dans un trou de souris et de ne jamais en sortir. Honteuse, consciente que tout ceci est en grande partie de sa faute, elle retourne à la contemplation de son gobelet. La suite est encore pire et elle ne s'attendait pas à ça. Logan a essayé de venir. Essayé. Le terme employé est sans équivoque. Son père a fait barrage, elle le sait. Une colère froide s'empare d'elle, elle serre la mâchoire et ses doigts se referment sur le gobelet. Le café s'en échappe, brûlant sa peau, tombant sur le carrelage. Mais elle s'en fiche, ce n'est rien comparé à ce qu'elle ressent à ce moment précis.

« Je l'ignorais. »

Elle lâche un juron à l'attention de son père. Quand elle va rentrer à Détroit, une discussion s'imposera. Longue et mouvementée mais il est grand temps qu'elle dise à son enfoiré de père tout le bien qu'elle pense de lui. Elle pose son gobelet écrasé sur la table basse et s'essuie les mains dans une serviette en papier gentiment offerte par la serveuse du bar. Cette fois, elle rassemble son courage et se tourne vers Logan.

« Te quitter a été la décision la plus stupide de ma vie. Rien de ce que je pourrai dire ou faire ne réparera le mal que je t'ai causé. Dire que je suis désolée sonne bien creux mais pourtant, je le suis. Je te demande pardon. »

Juliet ne s’attend pas à ce qu'il accepte ses excuses vides de sens. On peut pardonner un écart de conduite, on peut pardonner d'avoir oublié d'acheter du pain, on peut pardonner une engueulade. Mais pas ce qu'elle lui a fait. La jeune femme sort un CD de son sac, le nom de Logan est inscrit au feutre noir dessus. Elle le pose sur la table et le fait glisser devant lui.

« C'est une vidéo que j'ai faite pour toi, elle retrace les premières années de la vie de notre fille. Je ne savais pas quand te le donner et je ne voulais pas te l'envoyer par la poste. Je suis venue pour essayer de... Enfin, je voudrais vraiment essayer de sauver ce qui peut encore l'être. »

Sans s'en rendre compte, elle s'est rapprochée de lui et a posé une main sur son genou. Juliet est réellement venue dans le but d'arranger les choses, pour présenter une fille à son père.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 2 Mai - 1:05


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


La réponse de Juliet fit l'effet d'une douche bien froide à Logan. Il retenait sa colère pourtant, ravalant les paroles acides qui lui brûlaient les lèvres. Il faisait partie des gens que la fillette ne connaissait pas, c'était un fait établi. Elle était sur Terre à moitié grâce à lui, il devait être l'une des personnes dans ce monde qui l'aimait le plus, mais il n'était rien pour elle. Et bientôt, il ne serait qu'un étranger qu'elle rencontrerait pour la toute première fois et à qui on dirait « Tiens, ce type étrange que t'as jamais vu, c'est ton père, aime-le maintenant. » Ça ne fonctionnerait jamais, ça allait être horrible et difficile, Logan allait probablement souffrir un million de fois avant que la petite ne le voit comme ce qu'il était réellement.

Était-ce pour se venger des paroles de Juliet qu'il se sentit obligé de préciser qu'il avait déjà essayé de venir la voir ? Pour lui prouver qu'il avait fait un effort, lui, qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait à part se transformer en stalker psychopathe pour voir son enfant. Dans le respect et dans les règles. Qu'il avait accepté le refus. Que tout ça, ce n'était pas sa faute à lui. Peut-être. En tout cas, il l'avait dit. Mais de voir Juliet se crisper ne lui apporta aucune satisfaction. C'était réellement insupportable, cette situation. Il ne pouvait même pas tourner toute sa colère et sa haine sur Juliet, parce que malgré tout ça, malgré les trois années qu'ils avaient passé loin l'un de l'autre, malgré toute la rancœur qu'il emmagasinait depuis toutes ces années, il était toujours amoureux d'elle.

Cette pensée s'était imposée à lui tout à coup. Il la regardait, il l'écoutait s'énerver contre ses parents, il la voyait renverser son café sur le sol et puis se tourner vers lui, s'approcher, s'excuser et poser sa main sur lui et il réalisait soudainement. Il l'aimait toujours. Ça aurait pu être la solution à tous leurs problèmes. Mais pour Logan, c'en était un très gros et cette constatation ne l'aidait vraiment pas à pardonner à la jeune femme. C'était peut-être même pire, en fait. Il supportait mal l'idée de ressentir ça alors qu'il aurait du l'avoir oublié maintenant.

Ses yeux se posèrent sur le CD qu'elle venait de mettre devant lui. Toute la vie de sa fille réunie sur un seul petit support, qu'il pourrait voir sur son écran. Ce n'était pas un très grand réconfort, elle ne pouvait pas avoir mis assez de choses sur ces vidéos et ça ne remplacerait jamais ce qu'il avait perdu. Il reporta son attention sur Juliet sans même faire mine de s'intéresser plus à l'objet. Il allait commencer par la remercier, mais se ravisa.

« Quand est-ce que je pourrais la voir ? » demanda-t-il seulement. Oui, elle venait de s'excuser, de faire 10 heures de trajet pour s'excuser en personne et lui donner une chance de retrouver son enfant et tout ce qu'il trouvait à faire, lui, c'était de se comporter en connard. Il aurait pu lui pardonner, rencontrer sa fille, retrouver la femme qu'il aimait, réunir sa famille auprès de lui. C'était tout ce à quoi il aspirait dans la vie. Une existence simple, mais heureuse et c'était exactement ce que Juliet venait lui offrir. Mais non, c'était plus fort que lui, Logan faisait le con, il restait camper sur ses positions, s'accrochait à sa fierté comme une moule sur son rocher. Il voulait voir sa fille et il voulait que Juliet comprenne que cette fois, c'était son tour. Il l'avait laissé rentrer avec ses parents quand il avait appris qu'elle était enceinte, parce que c'était ce qu'elle voulait. Il avait respecté les règles qu'on lui avait imposé en ne voyant jamais son enfant, en ne prenant jamais contact avec Juliet, même quand elle lui envoyait des lettres, parce que ses parents l'avaient exigé. Maintenant, excuses ou pas, c'était son tour de voir ses désirs se réaliser.

Et rendu là, il ne savait même plus ce qu'il pouvait faire pour rétablir une atmosphère correcte entre eux, de toute façon. Chaque fois que l'un ou l'autre ouvrait la bouche, c'était pour augmenter la tension. Comment est-ce que tout aurait pu s'apaiser tout un coup ? Logan n'en savait rien et il n'avait pas encore envie de chercher vraiment.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 2 Mai - 15:41


Logan ne devrait pas être un inconnu pour sa propre fille. Il devrait être une des personnes qu'elle aime le plus au monde. Celui a qui elle confiait ses peurs et ses craintes, il aurait dû être là pour ses premiers pas et ses premiers mots. Il aurait du lui apprendre à faire du vélo et de la balançoire. Il aurait dû la protéger du monde, l'emmener voir la mer pour la première fois à bord de son Aston Martin verte. Mais non, il n'a rien eu de tout ça à cause d'elle. Juliet, mère indigne et petite amie effroyable. Alors même si elle a réuni tous ces moments précieux en une vidéo, ça ne lui redonnera pas la chance de vivre tout ce qu'il a manqué. Tout ça parce qu'elle a été trouillarde et qu'elle sait laissée influencer par son père. Tout ça parce qu'elle a cru ses parents quand ils lui ont dit que Logan ne saurait pas s'occuper d'une femme et d'un enfant. Alors, trois ans après, comment peut être prétendre l'aimer alors qu'elle n'a pas su croire en lui ? Lui qui l'a toujours soutenue et qui l'a aimée plus que tout ? C'est une blessure qu'elle ne pourra jamais refermer et quelque chose qu'elle ne se pardonnera jamais.

Ses sentiments lui sautent à la figure au moment même où elle a posé sa main sur le genou de son ex. Ils sont toujours là, ils seront toujours là. Elle a beau essayer de les enfouir en elle, de les cacher, rien y fait. Ce n'est pas parce qu'on cache quelque chose qu'il cesse d'exister. Elle l'aime toujours et cela ne changera probablement jamais. Il est l'homme de sa vie, et malgré les efforts de ses parents, l'amour qu'elle éprouve pour lui ne s'envolera jamais. Alors, le voir muet comme il est, c'est une chose horrible pour elle. Il ne peut pas rester de marbre, il ne peut pas rester indifférent à ce qu'elle a fait. Ils ne se sont pas parlés pendant trois longues années et il n'aurait rien à lui dire ? Non, ça elle ne veut pas y croire. Elle ne peut pas y croire. Il pose une question, unique, après la diatribe qu'elle vient de lui faire. Question à laquelle elle s'empresse de répondre.

« Quand tu veux. Je suis à mon compte maintenant, je peux te l’amener n'importe quand. »

Oui, Juliet n'aura qu'à prendre un hôtel et elles passeront quelques jours ici, le temps à Eulalie d'apprivoiser son père. Elle sait que cela ne sera pas évident. Juliet connaît sa fille et elle sait qu'elle aura du mal avec Logan. L'enfant n'aime pas les inconnus et elle aura beau lui dire que c'est son père, il n'y a pas de raisons pour que cela change. Et connaissant Charles, il a dû bourrer le crâne de la gamine avec un milliard de raisons qui vont la faire détester son père. Cela ne sera pas une partie de plaisir, ils vont passer par des larmes et des engueulades, mais Juliet fera tout pour que cela fonctionne. Si elle est revenue cette fois, c'est pour de bon.

Le silence retombe. Il ne dit rien, il ne pose aucune question. Ce mutisme menace de la faire exploser et elle sait que ce n'est pas une bonne chose. Ni pour lui, ni pour elle, ni pour ce qu'il reste d'eux. Elle enlève la main de son genou et les joint, posant les index contre ses lèvres. Pourtant il doit bien avoir quelque chose à lui dire ? Il doit bien avoir envie de lui hurler dessus, de la gifler même. Elle préférerait encore ça à ce silence lourd comme une chape de plomb. Elle ne demande pas à être ménagée, elle ne demande pas à ce qu'il pardonne tout d'un seul coup, sous prétexte qu'elle a fait l'effort de venir à lui. Non, elle veut juste qu'il extériorise. Mais peut être est-ce déjà trop lui demander ?

« Parle-moi Logan. Dis quelque chose, n'importe quoi. Hurle moi dessus si tu en as envie, frappe moi, insulte moi. Peu importe. Mais je t'en pries, parle. »

Juliet a essayé de se contenir mais c'était trop pour elle. Elle peut encaisser les insultes, les reproches ou même les coups. Elle est grande maintenant et elle ne peut pas lui en vouloir de la détester. Simplement, elle ne sait pas comment gérer et interpréter ces longs moments de silence. Avant qu'elle ne le quitte, ils se racontaient tout. Et si Juliet veut arranger les choses, il va falloir qu'ils se parlent, à cœurs ouverts et sans détours. Ça sera probablement douloureux mais leur salut en passera par là, elle en est persuadée.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 2 Mai - 19:31


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


C'était étrange d'être là, ensemble, au même endroit où ils s'étaient retrouvés si souvent et de constater les quelques différences entre les deux scènes. La distance qu'il y avait entre leurs deux corps, par exemple. Ils étaient proches, assez pour que Juliet puisse poser sa main sur le genou de Logan, mais ça sonnait faux, presque forcé. Ils se parlaient, mais sans vraiment se dire ce qui comptait vraiment. Ils étaient juste côte à côte dans le même monde, mais plus ensemble.

Mais Juliet continuait de faire des efforts et il le voyait bien. Elle répondait à ses questions, elle se pliait à sa colère et quelque part il en était satisfait. Du moins, qu'elle fasse de son mieux pour ne pas l'énerver encore plus. Toujours est-il qu'elle acceptait de lui présenter Eulalie dès qu'il en aurait envie. Logan détourna les yeux un instant, posant son regard sur les photos de sa fille qui encombraient le dessus de la commode près de la fenêtre. Il les avait toutes mises là, dans des cadres, ses seules et uniques preuves de l’existence de ce petit être qu'il ne connaissait même pas et qu'il aimait déjà plus que tout au monde. Et désormais, il n'avait qu'à demander et il pourrait la voir en chair et en os... A quoi ça allait ressembler, cette rencontre ? Il avait du mal à s'imaginer la scène.

Il ne disait plus rien, regardant sans vraiment les voir toutes les expressions joyeuses de la fillette sur les images imprimées sur papier glacé. Il essayait d'imaginer sa voix, son sourire qui ne serait pas figé, l'expression dans son regard quand elle saurait qui il était. Est-ce qu'elle avait même déjà vu son visage ? Peut-être, Juliet lui aurait bien montré une photo, au moins une fois...

Il sentit la main de la jeune femme quitter son genou et cela le fit sursauter doucement, imperceptiblement. Ce contact minuscule, anodin, c'était tout ce qu'ils avaient, tout ce qui leur donnait encore un semblant de lien. Pourtant, il ne fait rien pour la retenir et se contente de réfléchir dans son coin, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole, réclamant de nouveau toute l'attention de Logan. Hurler, la frapper, l'insulter... Il aurait pu hurler, il aurait pu l'insulter. La frapper, non, jamais. Le simple fait qu'elle l'envisage lui donnait la nausée, mais il se retint de faire le moindre commentaire à ce sujet. Sauf que parler, hurler... Pour dire quoi ? Qu'il était en colère, qu'il lui en voulait et qu'il avait mal tous les jours depuis son départ ? Si elle ne le savait pas encore, c'était inutile de perdre son temps à lui dire.

« J'veux pas hurler, juste... comprendre. » dit-il quand même, après quelques secondes de silence supplémentaire. Parce qu'au final, ce qui était fait était fait, c'était trop tard. Ils ne pourraient plus revenir en arrière, plus jamais. Crier n'y changerait rien. Pleurer non plus. Mais la question restait en suspend dans la pièce. Pourquoi. « Pourquoi tu les as appelé ? Pourquoi tu ne m'as pas fait confiance ? J'aurais été un bon père, tu sais. J'aurais fait n'importe quoi pour Eulalie et... pour toi. » Trouver un deuxième boulot pour les faire vivre toutes les deux, se priver au maximum pour économiser et leur acheter une maison. Il aurait même vendu sa voiture si ça avait pu aider à leur bonheur. Il aurait tout accepté, tout fait, pour qu'ils soient une famille et qu'ils soient heureux. Mais en vérité, il avait tout juste 25 ans à cette époque et... Il ne se croyait pas capable de les rendre heureuses, lui non plus.

Le père de Juliet avait su se montrer persuasif. Il avait tellement humilié Logan, lui rappelant sans détour qu'il n'était qu'un gosse sans argent et sans avenir alors que lui, lui il pourrait offrir un avenir stable et une vie heureuse à la mère et la fille. Logan l'avait cru sur parole, parce que c'était ce qu'il pensait de lui-même, qu'il n'était rien, qu'il n'en ferait jamais assez, que Juliet ne serait jamais vraiment heureuse, que leur enfant manquerait de tellement de choses. Il les avait laissé partir. Et aujourd'hui, il avait trois ans de plus, une promotion en plus, assez d'argent pour se payer cette fichue maison même s'il n'aurait plus rien pour remplir le frigo ensuite. Mais il avait changé d'avis, de vision sur le monde. Il aurait fait un bon père, un bon mari. Un homme respectable et juste. Mais la jeune femme n'avait pas cru en lui et ça, ça le blessait profondément.

« Je t'aimais tellement, Juliet. J'arrive pas à comprendre pourquoi tu ne m'aimais pas autant. »





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 2 Mai - 23:02
Alors ils en sont là. Assis côte à côte, chacun presque gêné par la présence de l'autre. Chaque mot employé, chaque geste, semble faire augmenter la pression dans cette pièce. Juliet a longtemps essayé de ne pas employer de mots trop brusques, de garder un timbre de voix calme et une gestuelle appropriée. Elle a fait des efforts pour faire avancer les choses dans la bonne direction, pour réellement leur donner une seconde chance et avoir enfin l'occasion d'être une famille unie. Mais elle se heurte à un mur, à un coquillage qui refuse obstinément de s'ouvrir. Ils n'y arriveront pas s'il ne s'ouvre pas un minimum. Et Juliet refuse de voir cette tentative de réconciliation mourir dans l’œuf de manière. Alors elle a essayé de le pousser un peu, de le malmener pour le forcer à parler. Elle sait très bien que jamais, ô grand jamais, il ne lèvera la main sur elle. Mais au moins, le fait de l'envisager l'a fait sortir du silence. C'est une petite victoire. Pas glorieuse, mais c'en est une quand même.

Comprendre. Il y a longtemps que Juliet n'a plus cherché à comprendre ce qui l'a poussée à appeler ses parents ce jour là. Elle était jeune et effrayée. Elle a toujours grandi dans le luxe et l’opulence, elle a juste eu peur de ne pas pouvoir offrir une telle vie à son enfant. A cette époque, elle était loin de s'imaginer que son père viendrait la chercher manu militari. Elle ne pensait pas qu'il détesterait Logan au point de le forcer à quitter leurs vies. La voilà la réponse à toutes ses questions : Elle ne pensait pas. Ce n'est pas une excuse, c'est juste un élément de réponse. Ce n'est pas une histoire de confiance, c'est une histoire de stupidité. Tandis qu'il la mitraille de toutes ses interrogations, elle a envie de pleurer. D'ailleurs elle sent les larmes monter et elle fait de son mieux pour les ravaler. Pleurer ne va pas changer les choses. Expliquer son geste non plus, mais cela pourrait peut être mettre un peu de baume au cœur à ce géant.

« A cette époque, je t'aurais confié ma vie. Mais j'ai pris peur. J'ai eu peur qu'on ne soit pas de bons parents, qu'on ne puisse pas subvenir à ses besoins. Nous étions jeunes et nous n'avions pas un sou. »

Elle s'arrête et son regard se pose sur les nombreuses photos d'Eulalie. Ce sont toutes celles qu'elle lui a envoyées. Il n'en manque pas une seule. Juliet se lève et se dirige vers la commode. Elle prends un cadre et fixe sa fille, figée sur le papier glacé. A l'inverse de Logan, elle sait quand et où cette photo a été prise. Elle sait pourquoi Lalie riait, avec quoi elle jouait à cet instant. Elle a eu leur fille et lui, il a hérité de leur absence. Ce qu'elle lui a fait c'est odieux. Et même si elle l'aime encore, elle est consciente que rien ne sera plus pareil entre eux.

« J'étais loin de m'imaginer la suite des événements. Tu crois que j'aurais appelé si j'avais su ? Je les ai appelés pour leur annoncer la nouvelle, pour te présenter à eux. Mon père m'a sommée de rentrer et je l'ai vu péter des câbles pour moins que ça. Il s'en serait pris à toi si j'avais eu l'audace de désobéir. »

Elle se rappelle qu'à la fin de cette conversation, elle a simplement dit « D'accord ». Voilà comment elle a tiré un trait sur Logan et sur cinq années de sa vie. Sur un « D'accord », comme elle aurait pu accepter une invitation à dîner. Et finalement, ça n'a pas changé les choses. Son père a déversé toute sa haine sur son ex et il l'a rabaissé plus bas. Une fois elle s'est opposée, une fois elle l'a défendu en arguant que quoi qu'il puisse dire ou faire, le petit mécanicien du Vermont resterait l'homme de sa vie. Elle s'est mangé la plus magistrale gifle de sa courte vie, la cicatrice sur sa lèvre est là pour en témoigner. Mais ça, Logan n'a pas besoin de le savoir.

Il a employé le passé. Il l'a dit lui même. Il l'aimait. Entre eux, c'est terminé. Elle a fait un choix stupide, elle n'a pas eu foi en eux et a laissé sa peur l'emporter.

« Tu es l'homme de ma vie, Logan. Ça, rien ni personne ne pourra le changer. J'étais jeune et j'ai pris peur. Plutôt que d'affronter ça avec toi, je me suis sauvée. Je ne pourrai jamais me le pardonner et je me fais horreur. Ne crois jamais que je ne t'aimais pas assez, s'il te plaît. »

Elle repose le cadre et se tourne vers la fenêtre. Elle pleure et elle ne veut pas qu'il voit ça.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMar 3 Mai - 4:48


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Il lui avait dit ce qu'il pensait, peut-être même plus que ce qu'il aurait voulu. C'était un peu pathétique, peut-être, cet homme immense qui avait l'air d'un gros dur et qu'il lâchait à son ex ce qu'il avait sur le cœur. Mais c'était ce qu'elle voulait, c'était ce qu'elle avait. Il voulait vraiment connaître la réponse, avoir des explications, quelque chose qui donnerait un sens à la tournure désagréable qu'avait pris sa vie. Pourtant la réponse de Juliet n'était pas très réconfortante. Ou plutôt, elle l'était parce que c'est ce qu'il avait toujours cru lui aussi, ce qu'il se répétait pour tenir le coup, se dire qu'il ne devait pas regretter et continuer d'avancer. Mais ça ne suffisait pas à l'apaiser. Ces pensées idiotes qu'ils avaient eu l'un et l'autre détruisaient leurs vies et celle de leur fille.

Que le père de Juliet ait fait asseoir son autorité n'était pas une surprise pour le jeune homme, au contraire. Mais il ne parvint à retenir un petit rire ironique quand elle précisa qu'elle lui avait obéit pour éviter que son père s'en prenne à Logan. Certes l'homme n'avait jamais levé la main sur le petit-ami de sa fille, mais il lui avait fait bien pire. La violence physique, il aurait pu l'encaisser et même la lui rendre, mais l'humiliation, le mépris... Il n'avait rien à répondre à ça et il s'était laissé faire. Et il avait du mal à croire que Juliet ne savait pas que son père et lui avaient eu une longue et éprouvante conversation avant qu'ils ne repartent à Détroit. Il était toujours parti du principe que la jeune femme savait très exactement ce qui arriverait en appelant ses parents. Elle était censée les connaître...

Logan observait la jeune femme qui s'était levée pour aller voir ses photos. Il préféra rester silencieux encore un peu, cette fois il ne voulait pas lui dire qu'elle avait eu tort et que quoi qu''elle ait fait, son père s'en était quand même pris à lui. Ça n'avancerait à rien pour le moment. Cela viendrait peut-être dans la conversation plus tard, mais pour le moment il se contentait de la regarder et de l'écouter en tachant de comprendre ce qu'il ressentait en l'entendant parler.

Qu'elle lui dise qu'il était l'homme de sa vie le fit frissonner. Il ne s'attendait pas à entendre ça sortir de la bouche de la jeune femme à aucun moment depuis qu'elle était arrivée. C'était troublant, d'autant que lui avait pris soin de bien mettre ses sentiments au passé, de lui faire comprendre subtilement qu'il était passé à autre chose, que ce soit le cas ou pas ne la regardait pas. Mais elle, non. Le jeune homme commençait à se sentir mal, presque étourdi. Il avait envie de se lever et de foncer vers elle, mais ne savait pas encore si c'était pour l'enlacer ou la mettre dehors. Tout arrivait d'un coup, il ne savait plus quoi penser, quoi ressentir.

Juliet lui tournait le dos, maintenant et lui restait bloqué là comme un idiot. Aucune des deux solutions qu’il avait envisagé n'était tenable pour lui, mais il se leva tout de même pour rejoindre Juliet devant la fenêtre. Il se contenta d'un coup d’œil au profil de la jeune femme et dès qu'il eut remarqué qu'elle pleurait, il détournait déjà les yeux pour les poser sur les photos étendues devant lui. Il prit l'un des cadres au hasard et observa le visage souriant d'une petite Eulalie de deux ans qui l'observait en retour. Un léger sourire étira ses lèvres et il lâcha doucement :

« Elle te ressemble. »

Son sourire s'était un peu crispé alors qu'il osait un nouveau regard vers la jeune femme. Il n'aimait pas la voir comme ça et malgré sa rancœur, il alla jusqu'à poser une main dans son dos, la caressant doucement pour essayer de la réconforter un peu. Ce n'était pas grand chose, mais il ne pouvait pas faire plus, pas pour l'instant. Elle lui faisait mal au cœur en pleurant, mais il ne lui avait pas encore pardonné, même si elle n'était pas la vraie coupable dans cette histoire et qu'il le savait. Il ne pouvait pas oublier toute cette histoire comme ça, en seulement deux phrases échangées au bout de trois ans sans se voir. Mais il essayait enfin, pour leur bien à tous. Le visage de sa fille l'avait convaincu qu'il était obligé de faire cet effort. Pour elle.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMar 3 Mai - 15:52


Pleurer maintenant n'arrangera pas les choses. Avouer à Logan ses sentiments avec une telle brusquerie non plus. Juliet n'a pas pensé aux conséquences que cela pourrait avoir de lui annoncer de but en blanc qu'il était l'homme de sa vie. Pourtant, c'est une réalité. Il l'est et le restera, quoi qu'il se passe. Même si la tentative de réconciliation échoue, même si elle refait sa vie de son côté, les sentiments qu'elle éprouve pour lui ne s'effaceront jamais. Ils sont gravés dans son cœur et dans son âme à tout jamais. Il est la meilleure chose qui lui soit arrivé, il lui a donné une enfant merveilleuse et pour cela, elle lui sera à jamais reconnaissante. Elle avait tout pour être heureuse mais elle a tout gâché. C'est quand même ironique non, d'avoir peur à ce point de bonheur ? Il paraît que ce qu'il ne nous tue pas nous rends plus fort. Mais dans ce cas présent, bien qu'elle ne soit pas morte, elle n'en est pas plus forte. Maintenant, elle se déteste et quoi qu'il puisse dire ou faire ne changera cet état de fait.

Même la main qu'il pose dans son dos ne suffit pas à la calmer. Comment peut il encore la consoler après tout ça ? Comment peut il encore éprouver la moindre compassion, le moindre sentiment à son égard ? Elle n'est rien de plus qu'une sale garce, une petite peste égoïste et pourrie gâtée. Juliet est tiraillée par des sentiments contraires. Le contact de la peau de Logan contre la sienne, la proximité de leurs corps à ce moment précis lui rappelle ô combien il lui a manqué ces dernières années. Pourtant, elle ne supporte pas qu'il la touche, elle n'a mérité tant de gentillesse de sa part. Elle a esquissé un mouvement pour s'extraire de cette situation mais elle s'est ravisé. Il a fait un effort, il est venu vers elle. C'est un bon début.

Du revers de la main, Juliet essuie les larmes qui coulent sur ses joues. Elle regarde le cadre qu'il tient dans sa main. Eulalie ne doit avoir plus de deux ans sur cette photo. Elle se surprends à sourire. Un sourire triste d'une mère meurtrie.

« Elle a les cheveux plus longs maintenant, elle refuse que je les lui fasse couper. Je me demande de qui elle tient ça. Elle a tes yeux aussi. »

D'un regard en biais, elle scrute le visage de Logan, encadré par des cheveux un peu longs pour un homme. Mais elle a toujours aimé y passer les doigts même si parfois cela le faisait grogner. Tout cela est fini désormais, elle ne sait pas si elle aura le droit d'être aussi proche de lui un jour. Cela lui brise le cœur mais elle l'a bien cherché, n'est-ce pas ? Elle a eu des millions d'occasions de s'opposer à son père et elle ne l'a pas fait. Elle aurait pu s'enfuir de la maison familiale, appeler Logan pour qu'il vienne la chercher. Elle sait qu'il aurait tout laissé tomber pour venir, il a toujours été tellement protecteur avec elle. Elle se rappelle qu'elle trouvait ça pesant pas moment mais elle se rends compte aujourd'hui que c'était sa manière à lui de l'aimer. Et maintenant, elle ferait n'importe quoi pour avoir une seconde chance. Pour remonter le temps et ne pas passer ce coup de fil qui gâchera leur vie à jamais.

Elle pivote pour lui faire face, coupant le contact entre la main du jeune homme et son dos. Elle a l'impression que les doigts ont brûlé sa peau, c'est comme ci elle pouvait encore les sentir. C'est agréable et douloureux à la fois, comme à chaque fois qu'elle a pensé à Logan ces trois dernières années.

« Pourquoi tu ne me détestes pas ? »

C'est idiot comme question mais elle veut savoir. Elle doit savoir. Inconsciemment, Juliet préférerait qu'il la déteste, les choses seraient tellement plus faciles. Peut être qu'elle a besoin de savoir, pour pouvoir enfin tourner la page. Pourtant, elle sait qu'elle ne tournera jamais cette page là. Au mieux, elle va la corner et ranger le livre de leur vie sur une étagère poussiéreuse. Comme elle l'a fait ces trois dernières années.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMar 3 Mai - 19:50


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Ce n'était pas encore parfait, la situation restait tendue et incertaine, mais Logan essayait. On ne pouvait pas lui demander plus, de toute façon, il n'allait pas tout oublier d'un coup, il ne le pouvait pas. Pourtant, de la voir les larmes aux yeux, il se sentait affreux. Pourquoi tout devait toujours être aussi compliqué pour lui, pour eux ?

La jeune femme essuya ses larmes pour se concentrer sur la photo de leur fille. C'était la seule personne qui serait capable de les rapprocher à nouveau un jour. Leur fille, leur trésor. Logan regardait la photo en souriant, écoutant les paroles de Juliet. Pour le moment, il était bien, étrangement. Pendant une seconde, peut-être, jusqu'à ce qu'il veuille rapprocher la jeune femme de lui, appuyer son geste de réconfort pour qu'elle puisse se blottir dans ses bras et alors sa bonne humeur passagère s'envola comme elle était venue. Il s'était retenu, pourtant, elle était toujours éloignée, il la touchait à peine. Mais il avait vu la possibilité et cette idée l'effrayait.

Ce fut Juliet qui coupa le contact, mit fin à ce moment de flottement désagréable dans l'esprit de l'homme, pour lui faire face et parler, encore. Contrairement à lui, elle n'hésitait pas à dire les mots qui fâchent. A poser les questions qui risquaient d'engendrer des disputes. Logan inspira profondément en posant ses yeux sur la jeune femme. Il semblait las, épuisé et pourtant, ils ne parlaient pas depuis si longtemps. Mais toute cette conversation, il ne s était pas attendu à l'avoir un jour et même s'il l'avait imaginé de nombreuses fois, rien ne se passait comme dans son imagination. Tout était plus compliqué, plus réel. Plus douloureux.

Pourquoi est-ce qu'il ne la détestait pas ? Très bonne question. Parce que c'était Juliet. Ça ne suffisait pas, comme réponse ? Malheureusement, il avait bien peur de ne pas en avoir d'autre... Il reposa le cadre sur la commode et tout sourire s'effaça de ses lèvres, tandis qu'il observait la jeune femme. Il fallait qu'il réponde, mais pour dire quoi ? Un nouveau soupir et il lâchait enfin :

« J'en sais rien, Jul', j'aimerais pourtant, crois-moi. » Tout aurait été tellement plus simple s'il ne ressentait rien de plus qu'une haine profonde envers elle. Il aurait pu lui tourner le dos, lui faire payer et retourner à sa vie comme si de rien était. Mais ça n'aurait rien avancé, il ne verrait toujours pas sa fille et il serait toujours seul. Mais elle voulait parler, il le comprenait maintenant. Et s'il s'acharnait à toujours répondre à côté pour éviter la conversation, elle insisterait encore et encore jusqu'à lui faire perdre patience. « Je t'en veux énormément. Ce que tu as fait, ça a détruit ma vie et rien ne me ramènera les années que j'ai manqué. Mais... » Il ne la regardait plus, son attention se reposant sur les photos. « J'en sais rien, je veux connaître ma fille et laisser ces sales souvenirs derrière moi. Pas toi ? »

Il ne voyait aucune raison pour continuer sur cette voie, rajouter des problèmes, s'énerver contre elle. Pas maintenant. Il voulait voir Eulalie, il voulait faire partie de sa vie et pour ça, il devrait apprendre à vivre avec Juliet et ce qu'il s'était passé entre eux. C'était impensable de passer le reste de sa vie à éviter la mère de son enfant, peu importe combien il lui en voulait pour ce qu'elle avait fait. Et il voyait mal pourquoi Juliet tenait à ce qu'ils continuent de ressasser le passé comme ça.

« Pourquoi est-ce que tu tiens tellement à parler de tout ça ? » demanda-t-il alors. S'il voulait comprendre, autant y aller franchement. « Qu'est-ce que tu cherches ? » Si elle voulait la guerre, elle serait déçue, mais il ne pensait pas que c'était ça. Quant à une réconciliation... Il n'en savait rien. Il avait envie de lui pardonner, bien sûr. De tourner la page et de reprendre où ils en était restés, mais comment faire ? Ça semblait impossible, encore moins si la jeune femme insistait pour qu'ils se disent des choses désagréables.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMar 3 Mai - 21:56


L'espace d'une seconde, Juliet a espéré qu'il la prenne dans ses bras pour la consoler. Et l'espoir, dans son état, ce n'est pas une bonne chose. Elle a espéré qu'il vienne la chercher, elle a espéré qu'il l'appelle ou ne serait-ce qu'il réponde à ses courriers. Longtemps, elle s'est consolée en se disant que, si elle était partie, lui n'avait pas cherché à la retenir outre mesure. Pourtant, tout cela s'est envolé un peu plus tôt dans la soirée, quand il lui a avoué qu'il avait cherché à les revoir. Il comptait sur cela pour se dédouaner un peu, pour paraître moins horrible qu'elle ne l'était en réalité. L'idée n'était pas mauvaise, jusqu'à aujourd'hui. Pendant trois ans, le film de cette conversation a tourné en boucle dans sa tête mais rien ne se passe comme elle se l'est imaginé. Elle a trouvé toutes les parades à une engueulade, à des cris. Même à un rejet pur et simple. Mais elle ne s'était pas préparée à ça.

Juliet le regarde alors qu'il réponds à sa question débile et cela ne l'avance pas plus. Il ne la déteste pas bien qu'il aurait préféré. Au moins, ils sont d'accord sur ce point. Elle aussi, elle aurait préféré qu'il la déteste. Les choses auraient été bien plus simples : l'entente cordiale pour Eulalie, les banalités que partagent deux parents divorcés. Au final, ils auraient été une famille lambda de ce vingt-et-unième siècle. Mais là, c'est différent. La situation est étrange et troublante. Ils ressentent encore quelque chose l'un pour l'autre même s'ils n'arrivent plus à l'exprimer. Des non-dits, c'est probablement ce qu'il y a de pire. Ils ne peuvent pas espérer avoir une seconde chance s'ils la débutent sur ses mensonges et des faux-semblants. C'est pour cela qu'elle tient tant à cette discussion, c'est l'une des raisons pour lesquelles elle a parcouru des centaines de kilomètres sur un coup de tête.

Elle le laisse terminer ce qu'il a à lui dire. Il s'était mis à parler, enfin, et elle n'avait pas envie de l'interrompre. La dernière question posée la laisse pantoise. Qu'est-ce qu'elle cherche ? Elle n'en sait rien, elle veux juste reconstruire sa famille. Puis... Elle fronce les sourcils. Peut être qu'il ne veut plus être une famille avec elle, peut être qu'il a une autre femme dans sa vie ? C'est vrai, elle débarque trois ans plus tard, sans prévenir. Elle balaye cette idée, elle n'a pas besoin de penser à ça maintenant. Le fait de savoir qu'il lui en veux à ce point, qu'elle l'a probablement perdu à jamais, la fait suffisamment souffrir.

« Depuis que je suis partie, je me déteste. Quand je vois Eulalie me sourire, je me dit que je n'ai rien fait pour mériter ça. J'ai mis une orpheline au monde et j'ai brisé son père. Je dois vivre avec ça sur la conscience et ce n'est pas une partie de plaisir. »

Alors oui, elle a le privilège de connaître son enfant. Elle a son amour, elle a ses sourires et ses câlins. Mais le soir venu, quand elle est allongée dans son lit, il n'y a plus personne pour la protéger de l'horreur qu'elle a faite. Elle sait qu'elle n'a pas le droit de se plaindre et elle n'aura pas l'audace de le faire.

« Je ne sais pas, Logan. Je suis venue te demander pardon mais je n'ose pas. Après le mal que je t'ai fait, le pardon n'est pas quelque chose auquel j'ai droit. »

Juliet a arrêté de pleurer. C'est un sentiment de profond dégoût d'elle même qui a pris le dessus. Elle l'a privé de son enfant mais pourtant, il était prêt à sécher ses larmes. Logan est un homme profondément bon et il ferait un père merveilleux. Un bien meilleur parent qu'elle. Même si depuis trois ans, elle élève sa fille du mieux qu'elle peux quelle mère digne de ce nom enlève un enfant à son père. Elle lève les yeux vers la pendule qui trône au dessus du buffet, elle a promis à Rosita de passer un coup de fil avant que la petite aille se coucher.

« Est-ce que tu veux lui parler ? »

Ou ne serait qu'entendre le son de sa voix s'il ne sait pas quoi lui dire. Elle sait que Logan n'est pas l'homme le plus loquace du monde et quand bien même il fut bavard, que dire à une enfant de trois ans qu'on ne connaît pas ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMer 4 Mai - 3:32


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Voilà, il avait parlé, elle voulait savoir alors elle savait. Maintenant, il essayait de comprendre à son tour, pourquoi toute cette histoire avait tant d'importance. Pourquoi ils ne pouvaient pas simplement oublier et avancer, sans plus jamais parler des mauvaises choses. C'était lâche, peut-être et Logan n'était pas souvent lâche, mais avec elle ça n'en finissait plus. Il l'avait été trois ans plus tôt quand il ne s'était pas dressé contre le père de la jeune femme pour conserver sa famille et il ne l'était pas maintenant qu'il fallait remettre le sujet sur le tapis.

Il supportait à peine d'entendre la jeune femme se dénigrer comme elle le faisait. A quoi bon ? Il essayait d'y mettre du sien, là. Il faisait son maximum pour apaiser la situation, mais il n'était pas certain de temps qu'il tiendrait à l'écouter se plaindre avant de craquer et de se révolter. Elle avait fait une connerie et elle voulait en parler, ok, mais c'était trop tôt. Il avait besoin de se calmer, de prendre le temps de réfléchir et d'assimiler avant de pouvoir réagir correctement. Dans le feu de l'action, il y avait de fortes chances que Logan finisse par regretter ses décisions. Et puis si elle n'osait même pas lui demander pardon, comment aurait-il pu le lui accorder ? Il soupira encore, se passant une main sur le visage pour se redonner une contenance, se laisser le temps de mesurer ses paroles avant qu'elles ne s'échappent.

« Juliet... » Il n'avait aucune idée de quoi lui dire. Le plus simple aurait été de pardonner ou de s'énerver, au choix, mais aucune de ces deux solutions ne lui conviendraient vraiment. Il avait besoin de faire une pause, de parler d'autre chose et la jeune femme lui apportait cette possibilité sur un plateau. Sauf qu'il hésita. Parler à Eulalie ?

« Je... » Non, il ne pouvait pas faire ça. Il en avait envie, là n'était pas la question, mais pas comme ça... Elle ne le connaissait pas, qu'est-ce qu'il pourrait lui dire ? Surtout comme ça, par téléphone, pendant quelques minutes, probablement moins. C'était une enfant, une si jeune enfant, elle ne comprendrait pas, elle ne voudrait pas lui parler. « J'peux pas. Pas comme ça. » avoua-t-il en baissant les yeux. Il n'était pas fier de ce refus, mais il ne s'en sentait pas la force. « Mais... » Il relevait les yeux, parlait plus timidement. « Tu pourrais...mettre le haut parleur ? J'aimerais l'entendre. » Ce serait la première fois. Ça allait être une expérience étrange, mais ce serait un bon début.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyJeu 5 Mai - 23:13
Juliet se sent stupide, profondément stupide. Elle a l'air d'une pauvre fille complètement paumée, venue implorer son ex pour qu'il la reprenne. Elle aurait pu simplement demander pardon, expliquer son geste et lui proposer de voir cette enfant qu'il ne connaît pas. Mais non, elle est là à geindre et à chouiner. Ce qu'elle a vécu n'a pas été rose tout les jours mais ce n'est rien en comparaison à ce qu'à enduré Logan. Abandonné par la mère et humilié par les grands parents de sa fille. Enfin, du moins par celui qui aurait dû être son beau père. Il ne dit rien et là, elle comprends qu'elle aurait peut être du se taire. D'habitude, elle est plutôt douée à ce petit jeu là. La jeune femme n'est pas du genre bavard et ce soir, elle a parlé pour le reste de l'année. Elle s'avance lentement et se laisse tomber sur le canapé défoncé. Il n'est pas bien confortable mais elle y passait des journées entières, avant.

Logan ne veut pas parler à sa fille. Juliet ne s'attendait pas à une autre réponse de sa part. Le premier contact, si important, ne va pas être évident. Alors elle sourit doucement et acquiesce d'un signe de tête. Elle sort son téléphone portable de son sac et compose le numéro de téléphone. Trois sonneries s’étrennent avant que quelqu'un décroche et qu'une petite voix fluette s'échappe du combiné, saluant sa mère d'un ton enjoué. Rosita a dû donner le téléphone à Eulalie quand elle a vu le nom de Juliet s'afficher.

« Coucou ma chérie, ça va ? »

Elle jette un regard à Logan tandis que la gamine explique en détails sa journée à sa maman. La balade dans le parc, le pain donné aux canards. Le gâteau au chocolat confectionné avec sa nounou. Eulalie a même eu le droit de lécher le bol de pâte crue. Juliet sourit doucement, s'imaginant sa fille avec de la pâte à gâteaux plein les doigts. Elle se félicite vraiment d'avoir trouvé Rosita comme nourrice.

« Eulalie... » finit elle par dire, interrompant ainsi le discours sans fin de l'enfant. « Il y a un ami avec moi et je suis sûre qu'il aimerait beaucoup que tu lui dises bonjour. Tu veux bien faire ça pour me faire plaisir ? »

Alors, Eulalie s'exécute, saluant son père pour la toute première fois. Juliet ferme les yeux et pour la première fois de la journée, elle se dit qu'elle a pris la bonne décision ce matin en partant pour le Vermont. Rosita annonce que c'est l'heure de bain alors Juliet raccroche. Elle se lève et sans trop réfléchir à ce qu'elle fait, elle va enrouler ses bras autour de la taille de Logan, posant son front sur son torse.

« Demain, je vais partir la chercher et je vais la ramener ici. »

Puis se rendant compte de leur proximité, elle se détache en fait un pas en arrière. Juliet se mords la lèvre. Elle n'était pas prête à un tel rapprochement physique mais les vieilles habitudes on reprit le dessus.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyVen 6 Mai - 15:48


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


L'angoisse. C'était ridicule, mais Logan la sentait monter en lui et paralyser peu à peu ses membres. Il allait entendre la voix de sa fille pour la première fois. Elle savait déjà parler alors qu'il n'avait jamais eu la chance de la tenir dans ses bras... Et il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait lui dire. Alors il refusa de lui parler, demandant tout de même à ce que Juliet le laisse écouter.

Tant qu'il le pouvait encore, l'homme suivit la jeune femme, se laissant tomber à ses côtés sur le canapé. Il l'observa sortir le téléphone et composer le numéro, comme s'il assistait à une scène dont il ne faisait pas vraiment partie. Les tonalités de la sonnerie s'élevèrent. Une. Deux. Trois. Le rythme cardiaque de Logan s’accélérait un peu à chaque nouvelle sonnerie, chaque nouvelle seconde qui le rapprochait de ce moment et enfin, il sembla s'arrêter d'un coup quand la voix de la fillette résonna dans l'appartement.

Une seconde plus tard, son cœur recommençait à battre et ses yeux se remplissaient de larmes. Il ne voulait pas pleurer, mais il n'arrivait pas à empêcher ses yeux de déborder. Ce qu'il devait avoir l'air ridicule. Aussi, Logan ferma les yeux et serra les poings, écoutant avec attention chaque détail de la journée de sa fille. Elle racontait tout à sa mère, inlassablement, sans se douter une seule seconde que le père qu'elle n'avait jamais connu était là lui aussi, retenant ses larmes de toutes ses forces, un sourire idiot collé aux lèvres. Eulalie avait une toute petite voix, elle sonnait encore plus fragile qu'il ne se l'était imaginé. Mais elle semblait heureuse, joyeuse et elle aimait vraiment beaucoup sa mère. C'était tout ce que le père pouvait demander, au final, le bonheur de son enfant, même si pour ça il devait être absent de sa vie. Elle allait bien, Juliet semblait s'être très bien occupée d'elle, elles avaient l'air très proches. Il était un peu jaloux, mais content d'entendre une petite fille enjouée à l'autre bout du fil.

Logan rouvrit immédiatement les yeux quand il entendit Juliet parler de lui, demander à Eulalie de saluer cet ami dont elle ne savait rien et qui se tenait tout près d'elle. Il croisa le regard de la jeune femme, légèrement paniqué à l'idée d'entrer réellement en contact avec l'enfant, mais elle était très obéissante et ne lui laissa pas une seconde pour se remettre avant d’exécuter l'ordre de sa mère. Elle était plus timide que quand elle parlait avec Juliet, mais il ne lui en voulait pas, après tout il n'était qu'un « ami » de sa mère... Pourtant, c'était la goutte d'eau et les larmes qu'il retenait depuis le début de cet appel finirent par couler sans qu'il ne le remarque vraiment. La gorge serrée, il tâcha tout de même de lui répondre, essayant de garder un ton joyeux, normal, qu'elle n'entende pas sa détresse dans sa voix.

« Coucou... »

Il ne savait pas quoi dire de plus, répéter les mots de l'enfant lui semblait la seule chose à faire. Et avant qu'une meilleure idée lui vienne, la femme qui gardait Eulalie parla, mettant fin à leur appel en quelques secondes. Logan essuya ses yeux d'un revers de la main, tandis que Juliet venait se blottir contre lui, passant ses bras autour de son corps. Encore trop chamboulé par ce qu'il venait de vivre pour réaliser ce qui se passait, Logan encercla la jeune femme à son tour, cachant son visage dans ses cheveux. Il n'avait plus le cœur à se mettre en colère pour le moment. Il ne lui avait peut-être pas tout à fait pardonner ces trois longues années loin de sa fille, mais lui parler avait suffit à le remettre sur la bonne voie. Juliet brisa rapidement le silence, annonçant qu'elle partirait chercher Eulalie dès le lendemain, pour la lui amener. Et presque aussitôt, elle s'éloigna de Logan, mettant fin à leur étreinte, laissant l'homme tout à sa surprise.

« Demain ? Je... » C'était si rapide. Le matin-même, il se levait en se disant qu'un jour de plus l'éloignait de son enfant et d'un coup il allait la rencontrer ? Et puis il y avait tellement de route entre Détroit et Burlington... Comment Juliet allait faire ? Mais il ne l'avait déjà pas vu pendant trois ans, une journée en plus serait de trop. Il devait la voir, maintenant. « D'accord. » dit-il, faussement déterminé pour cacher le mélange de sentiments qui s'emparaient de lui. « Tu... Tu veux rester ici cette nuit ? » Il ne voulait pas qu'elle parte tout de suite. Ce premier contact avec Eulalie l'avait retourné et il en voulait plus. Que Juliet reste avec lui et qu'il puisse lui poser toutes les questions qu'il pourrait avoir à propos de leur fille. Il allait la voir bientôt, il n'était pas prêt et trop perdu pour se retrouver seul tout à coup. « Je dormirais sur le canapé, t'en fais pas. »





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 9 Mai - 15:54
Lorsque Juliet entends Eulalie saluer son père, elle sent ses yeux se remplir de larmes. Ca n’aurait pas du se passer de cette manière. Ce n’est pas comme cela qu’un père doit rencontrer son enfant. Elle se rappelle les quelques jours passés à la maternité après la naissance d’Eulalie quand elle regardait les pères avec leurs nouveaux nés. Elle se rappelle avoir pris son téléphone et composer le numéro de Logan. Puis son père est arrivé et il a passé tout les jours suivants à son chevet, pour être sur que sa fille n’appelle pas ce genre indigne de la famille Whitman. Mais il n’en reste pas moins le père d’Eulalie et Juliet sait maintenant qu’elle aurait du s’opposer plus fermement à son tyran de paternel.

Elle lui a donc proposé de ramener Eulalie ici, des le lendemain. Ses mots ont un peu dépassé sa pensée. Elle va devoir rentrer à Détroit, prendre Lalie et les affaire et revenir à Burlington. La galerie va devoir rester fermée quelques jours et Charles va bien finir par le savoir. Mais au moment où Logan lui rends son étreinte, où il cache son visage dans ses cheveux, elle balaie tout ses doutes et toutes ses peurs imbéciles. Elle approche de la trentaine, elle est mère d’une petite fille qui ne connait pas son père. Pour l’instant, Eulalie n’est pas en âge de comprendre mais elle va bien finir par poser des questions sur ce papa absent. En septembre, elle va entrer à l’école et elle va se demander pourquoi son papa ne vient pas la chercher. Non, elle n’a pas envie de cela. S’il le faut, elle vendra sa galerie et elle viendra s’installer à Burlington.

Il lui propose de dormir ici et son esprit ne fait qu’un tour. En partant ce matin, elle n’a même pas pensé à l’endroit où elle dormirait le soir. Elle ne savait pas tellement comment tout ceci allait se passer. Elle a juste rempli un sac avec le nécessaire, déposé Lalie chez la nounou puis elle a pris la route. Juliet ne pense pas que dormir ici soit une excellente idée mais elle voit bien que ce premier contact avec sa fille l’a chamboulé et elle n’a pas le cœur à le laisser seul. Et sa proposition laisse à penser qu’il n’a pas non plus envie d’être seul ce soir.

« D’accord. Je prends le canapé. Il faut que tu sois en forme demain. Eulalie n’est pas une enfant très turbulente mais quand même. »

De toute façon, quelque chose lui dit qu’ils ne vont pas beaucoup dormir ni l’un ni l’autre. Ils ont encore énormément de choses à se dire, beaucoup de questions et de réponses en seulement une petite nuit. Vu le temps de route, Juliet va devoir partir tôt demain matin si elle veut être à Burlington en fin d’après midi.

« Le chinois où on avait nos habitudes est encore ouvert ? Tu pourrais nous commander un truc à manger le temps que j’aille chercher mon sac dans la voiture. »

Elle sort un billet de la poche arrière de son short et le pose sur la table basse. Cette fois, elle ne compte pas s’enfuir comme une voleuse. Elle a changé, elle a muri. Elle est mère désormais. Quand elle passe à coté de Logan, elle ne peut s’empêcher de déposer un baiser sur sa joue et de lui sourire doucement.

« Je reviens, je vais chercher mes affaires. Après, je répondrai à toutes tes questions. »

Parce qu’il doit en avoir des questions, il a du s’en poser durant ces trois dernières années. Elle est bien disposée à répondre le plus sincèrement possible. Elle lui doit bien ca.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyMer 11 Mai - 4:02


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


En tant normal, Logan aurait probablement soupiré et levé les yeux au ciel quand Juliet affirma qu'elle dormirait sur le canapé parce qu'il avait besoin de repos. Comme si elle, elle n'en avait pas besoin. Elle venait de faire dix heures de route pour venir le voir et elle en ferait le double le lendemain pour lui ramener sa fille ! Si quelqu'un ici avait vraiment besoin de repos, c'était elle. Mais le jeune homme était perdu, chamboulé et il ne réagissait pas vraiment à ce qui se passait autour de lui. Alors il ne fit aucun commentaire jusqu'à ce que la jeune femme lui demande si le restaurant était toujours ouvert et qu'il commande pendant qu'elle descendait chercher ses affaires.

« Ok. »

Et plus rien. Qu'est-ce qu'il pouvait dire de plus, toute façon ? Elle continuait de parler, de bouger et il n'arrivait pas à sembler aussi détendu qu'elle. Il était encore dans un état de flottement, réalisant peu à peu quel changement allait soudainement entrer dans sa vie. Mais quand Juliet déposa un baiser sur sa joue, Logan se réveilla tout à coup et il se releva à son tour. La jeune femme quitta l'appartement et il s'approcha de la commode pour prendre une carte du restaurant et le téléphone. Pourtant, il ne décrocha pas tout de suite, attendant de voir passer Juliet par la fenêtre. Il n'avait pas l'impression de penser qu'elle allait encore s'enfuir, mais il avait besoin de la voir, de s'assurer qu'elle n'allait pas démarrer la voiture ou... Bon ok, il avait vraiment peur qu'elle s'en aille.

Le temps pour Juliet de descendre les escaliers et d'ouvrir la voiture et il était rassuré. Il composa donc le numéro inscrit sur le prospectus et commanda de quoi les contenter tous les deux, remarquant par la même occasion qu'il connaissait encore le plat que la jeune femme commandait toujours autrefois.

En attendant qu'elle revienne, Logan retourna s'asseoir sur le canapé. Il n'avait aucune idée de quoi faire d'autre avec son propre corps. Ses yeux se posèrent sur la pièce autour de lui. L'aménagement sommaire, les meubles de récupération qui n'avaient pas très bonne mine, le vide de tout. A part sur la commode avec les photos d'Eulalie, il n'y avait presque aucun objet personnel dans la pièce. Une collection de Cds dans un coin, de DVDs dans un autre. Deux photos sur un bureau, de sa mère et d'une plage. Quelques bouteilles de bière vides traînaient à divers endroits, mais au moins il épargnait les boites de pizza... Il se releva tout d'un coup et se mit à faire le tour de la pièce, à ranger des papiers éparpillés ci et là, à ramasser les bouteilles, le linge oublié dans un coin.

Logan s'arrêta brusquement devant la commode. Devant les dizaines de petites Eulalie souriantes qui le regardaient fixement. Est-ce que sa fille avait la moindre idée de qui il était ? Elle allait venir pour le rencontrer demain... Il devait peut-être enlever les photos, pour ne pas lui faire peur ? Il n'avait pas la moindre idée de ce que Juliet avait dit le concernant. Est-ce qu'elle lui avait montré des photos, parlé de lui au moins une fois ? Et qu'allait-elle lui dire demain ? Qu'il n'était qu'un ami, probablement. Et un ami qui collectionne les photos d'une fillette qu'il n'a jamais vu, c'était peut-être un peu flippant. Il ouvrit le premier tiroir et, un à un, il y rangea chacun des cadres qui s'étalaient devant lui. Il avait hâte que Juliet revienne, histoire de mettre fin à son hyperactivité soudaine.





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyJeu 12 Mai - 16:06
Juliet s’est éclipsée de l’appartement pour le laisser remettre de l’ordre dans ses idées. Demain, il va voir son enfant pour la toute première fois. Il allait pouvoir lui parler, la serrer contre lui. Elle n’ose pas imaginer par quoi il est en train de passer. Elle a conscience qu’elle a débarqué comme un chien dans un jeu de quilles, qu’elle s’apprête à chambouler toute sa vie. Mais elle se dit aussi que c’est bonne chose, qu’après avoir séparés le père et la fille il est de son devoir de les réunir. Il doit faire ca ne serait ce que pour réparer les erreurs du passé. Elle aurait du avoir le courage de se dresser contre son paternel, elle aurait du défendre l’amour qu’elle porte à Logan. Elle aurait croire en eux, croire en lui. Ils auraient faits des merveilleux parents et Eulalie n’aurait manqué de rien. Elle ne pourra jamais défaire ce qui a été fait mais elle peux au moins redonner à Logan la place qui est la sienne dans le cœur de leur fille. Ca ne se fera pas d’un coup de cuillère à pot mais c’est nécessaire.

Quand elle arrive à la voiture, elle jette un œil en direction des fenêtres de l’appartement et elle voit son ex l’observer. Réaction légitime, il a tout à fait le droit de s’imaginer qu’elle va se faire la malle encore une fois. Pourtant, Juliet se contente d’ouvrir la porte arrière de sa voiture et de récupérer son sac. Elle retraverse la route puis remonte quatre à quatre les escaliers menant à l’appartement.

De retour dans le salon, Juliet trouve Logan en train de ranger les nombreuses photos de leur fille qui ornent la commode. Elle a un pincement au cœur et elle regarde faire un instant avant de se décider à s’approcher. Elle pose une main sur le poignet de l’homme alors qu’il mettait un énième cadre dans le tiroir.

« Laisse les en place, elle est trop petite pour que ca puisse l’effrayer. Et puis, j’aurais dix heures pour lui expliquer qui tu es. »

Elle ne sait pas encore comment aborder le sujet avec une enfant de trois ans mais maintenant qu’elle s’est engagée à l’amener ici, elle ne peut pas faire machine arrière. Ca serait affreusement cruel de sa part. Non, elle ne peut pas lui faire une chose pareille. On toque à la porte et Juliet comprend que leur repas est arrivé. Elle se détache de Logan pour aller prendre le billet posé sur la table basse. Après un bref échange de banalités avec le livreur, elle récupère une multitude de boite au doux parfum d’Asie. Elle les pose sur la table, remarquant une portion de porc au caramel. C’est ce qu’elle prenait toujours. Il s’en est souvenu. Elle aussi se souvient de ce genre de détails mais elle était loin de s’imaginer qu’il en serait de même pour lui. Juliet contourne le meuble pour retourner se placer à coté de lui. Ils ont l’air de deux andouilles, plantés devant une dizaine d’Eulalie dont le regard figé semble les regarder.

« Ca va aller ? »

Question stupide mais Juliet n’a pas pu s’empêcher de la lui poser. Elle voit bien qu’il est troublé et elle sait aussi que la communication n’a jamais été leur fort. Avant, quand ils étaient un couple heureux et sans encombres, ils se comprenaient d’un simple regard. La situation n’est plus exactement la même depuis qu’elle est partie, s’enfuyant pour le Michigan en emportant leur enfant à naitre. Il y a des moments comme ceux-ci où Juliet aimerait pouvoir remonter le temps. Ou non, elle aurait juste aimé être un peu plus courageuse.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyJeu 12 Mai - 17:05


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Remember when we were happy

20 Juillet 2009


Tout à sa tache parfaitement ridicule, Logan remarqua à peine que Juliet était revenue. Il se contentait de ranger les photos en se répétant inlassablement que tout irait bien. La jeune femme s'approcha de lui, posant une main sur son poignet. Logan sursauta et cessa son geste, reposant le cadre sur le meuble au lieu de le ranger. Elle avait raison, c'était inutile, idiot. Mais la remarque de Juliet l'avait piqué. Dix heures pour lui expliquer qui il était ?

« Alors elle sait pas qui je suis ? Tu lui as jamais parlé de moi ? »

Il s'en trouvait un peu vexé, pour tout dire. Certes, c'était sans doute un peu étrange de parler d'un père inconnu, absent... Eulalie devait sans doute se dire qu'il ne l'aimait pas, après tout il n'avait jamais été là pour elle, même si ce n'était pas par choix. Alors si jamais elle avait déjà remarqué qu'il manquait un parent dans sa vie, ça ne devait pas être simple pour Juliet de lui en parler. Mais il aurait voulu qu'elle l'ait fait. Qu'elle lui ait dit que quelque part, son papa était en train de penser à elle.

Ils furent interrompus par un coup à la porte. Le petit restaurant chinois en bas de la rue n'avait plus autant de clients qu'autrefois, ils arrivaient beaucoup plus vite que ce que Logan aurait voulu. Pourtant, il ne bougea pas d'un pouce, laissant Juliet s'occuper de ça. Il se sentait totalement débordé par les événements. Tout allait trop vite et il n'arrivait pas à savoir comment il devait réagir, ce qu'il devait dire... Alors il ne disait rien, il attendait simplement que ça passe et ça n'était pas vraiment lui. La jeune femme revint rapidement, le tirant une nouvelle fois vers la réalité du moment en lui demandant comment il allait.

Logan se tourna vers elle pour lui faire face et la regarder. Aller bien, c'était vite dit. Mais il n'allait pas mal pour autant, c'était juste... Trop d'un coup. « J'en sais rien. » Il se détourna rapidement, retournant vers la table basse où elle avait déposer leur repas. Manger. Il n'avait pas vraiment faim, pas après tout ça, mais ça l'occuperait. Il se laissa tomber sur le canapé et observa les boites en carton étendues devant lui. Il se souvenait à peine de ce qu'il avait commandé et ça n'avait pas grande importance de toute façon. Il s'empara de la première paire de baguette qui passait par là et de l'un des cartons et l'ouvrit, sans jamais en manger une bouchée.

« Elle ne sait rien alors...Tu vas lui dire la vérité ? »

C'était peut-être un peu trop tôt, non ? Et si elle ne voulait pas le voir en sachant qui il était ? Elle pouvait très bien décider en arrivant à Burlington qu'elle n'avait aucune envie de connaître son père, cet homme inconnu qui ne lui avait jamais montré le moindre intérêt. Et puis elle était si jeune...

« On devrait se rencontrer dehors, non ? Dans un endroit neutre. Ici c'est... »

D'un geste vague de ses baguettes, il balayait la pièce. Petite, simple. Vide. Ce n'était pas un endroit où elle se plairait. Il n'avait même pas assez de place pour accueillir la mère et la fille de manière confortable pendant une nuit. Ce serait déjà compliqué ce soir avec Juliet, alors si elles devaient rester toutes les deux. Si Eulalie acceptait de le connaître et qu'il la revoyait plusieurs fois. Qu'elle revenait chez lui... Il faudrait qu'il trouve un autre endroit où vivre, il devait faire son maximum pour qu'elle se sente à sa place quand elle serait avec lui.

Logan accepta finalement de manger un peu. Il avala quelques nouilles, pas très convaincu, plus pour faire quelques chose pendant que Juliet mangeait aussi. Mais à peine trois bouchées plus tard, il se relevait déjà, incapable de rester trop longtemps en place.

« On devrait dormir. »

Il n'y arriverait clairement pas, mais c'était une bonne façon de faire passer la nuit, non ? Il fermerait les yeux et en les rouvrant, un nouveau jour serait là. Celui où il rencontrerait sa fille. Celui où il deviendrait père pour de vrai. Oui, dormir, c'était la bonne chose à faire. Logan tournait en rond dans la pièce, il avait besoin de se détendre. Sans attendre la réponse de Juliet, il avait disparu dans la cuisine, se retrouvant devant le frigo pour se sortir une bière dont il avala une bonne moitié d'un seul coup. Ça n'aidait pas trop, mais il revint quand même près du canapé, sa canette de Guinness à la main, l'air toujours profondément perturbé.

« Prends le lit, s'il te plait. J'veux pas que tu prennes la route après avoir dormi sur ce truc pourri. »





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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyVen 13 Mai - 9:46

Dernière édition par Juliet Whitman le Lun 16 Mai - 0:59, édité 1 fois
Elle se mords la lèvre, Logan a raison. Eulalie ne sait pas qui il est. Une seule fois, la petite lui a demandé où son papa se trouvait et tout ce que Juliet a trouvé à répondre c'est qu'il était trop occupé pour venir les voir. Elle aurait pu en faire un soldat ou un astronaute ou n'importe quel métier qui fait rêver une enfant de trois ans. Non, tout ce que Juliet a trouvé à répondre c'est qu'il travaillait de trop pour s'occuper de sa famille. Sur le coup, elle a trouvé sa réponse géniale. Maintenant, elle est une mère horrible. Elle se sent un peu con et elle ne sait pas quoi dire à Logan. Elle hausse les épaules et affiche un air désolé.

« Je n'ai jamais eu réellement l'occasion d'aborder le sujet, tu sais. »

Voilà maintenant qu'elle réduisait Logan à un vulgaire sujet de conversation. Elle ne peut pas le regarder dans les yeux et lui dire qu'elle lui a déjà parlé de lui, ça serait mentir et il n'a pas besoin de ça. Lui avouer l'excuse pourrie qu'elle a sortie à Eulalie n'est pas une option convenable. Lui faire croire qu'elle n'a jamais pu en parler à leur fille est une chose beaucoup mieux, clairement. Juliet se sent misérable, comment peut elle faire ça à sa propre famille ? Ou du moins, ce qu'il en reste. Elle sait que Logan ne lui pardonnera jamais de lui avoir enlevé son enfant, elle n'est plus à ça prêt.

Son ex lui fait face et elle voit bien qu'il ne sait pas trop où il en est. Il va enfin rencontrer son enfant et ce n'est pas rien. Ce n'est pas anodin. Le jour de son accouchement, Juliet est passée par toutes ces émotions. Ce moment magique où Eulalie est passée de l'irréel au réel, quand elle a senti le corps de l'enfant contre le sien, quand elle a enfin découvert son visage. Elle se contente de le suivre jusqu'au canapé et de s'asseoir à côté de lui. Elle l'imite quand il prends une boite en carton et une paire de baguettes. Elle grignote, mangeant son porc au caramel du bout des dents. Elle n'est plus très sûre d'avoir faim non plus.

« Oui. »

Oui, elle va lui dire la vérité. Il est temps qu'elle sache qui est son père. Juliet le regarde désigner l'appartement d'un geste de ses baguettes. L'endroit est petit et les meubles ne sont pas très bien assortis mais c'est là où il vit. Là où elle a vécu elle aussi, pendant cinq ans. Elle a bien vite abandonné son appartement pour venir s'installer ici et peut être qu'ils y habiteraient encore si elle n'était pas partie. L'endroit n'est pas parfait mais Juliet l'adorait. Pourtant, s'il veut rencontrer Eulalie ailleurs, elle ne va pas s'y opposer.

« J'adore cet appartement, je m'y sentais vraiment bien quand on... » Elle s'arrête, cela ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie. Elle acquiesce alors doucement, d'un léger signe de tête. « Si tu veux. Que penses tu du parc qui est au coin de la rue ? Prêt de la mare où il y a les canards ? On a qu'à s'y retrouver quand tu sortiras du travail. »

Enfin Logan s'était décidé à manger alors elle fit de même. Elle mange, pas très convaincue tandis qu'un silence pesant est tombé sur leurs épaules. Puis, il se relève et Juliet pose sa boîte en carton sur la table basse. Il s'est éclipsé dans la cuisine et, quand elle entend la porte du frigo s'ouvrir, elle ne peut retenir un petit sourire. Il est allé chercher une bière, c'est toujours ce qu'il fait quand il est tourmenté. Puis il revient, décrétant qu'ils devaient dormir.  Elle se lève et acquiesce.

« D'accord. Alors... Bonne nuit. »

Juliet s’éclipse dans la chambre dans un mot de plus. Mais, au moment où elle pousse la porte, elle sait qu'elle n'arrivera pas à dormir. Pas dans ce lit vide. Cela lui rappelle vraiment trop de souvenirs. Mais pour lui faire plaisir, elle est bien décidée à essayer. La nuit est déjà avancée sans qu'elle n'ait réussi à fermer l’œil alors elle se lève sans un bruit, enveloppée dans la couette. Il est allongé sur le canapé. Elle ne sait pas s'il dort mais elle ne lui pose pas la question. Elle se pelotonne sur la petite place qu'il reste, ramenant ses jambes contre elle et posant son menton sur ses genoux. Elle s'endormira finalement qu'au petit matin, quelques heures seulement avant que son réveil ne sonne.

**

Après la nuit passée recroquevillée sur le canapé, Juliet vient de passer la moitié de sa journée en voiture. Elle est d'abord allée dans son appartement pour prendre une douche rapide, des vêtements propres et un litre de café plus tard, elle sonne chez Rosita. Elle prends sa fille et remercie la nounou. Puis, elle ficelle Eulalie à son siège auto et reprends la direction de son appartement. Burlington se situe à une dizaine d'heures de route de Détroit et il serait irresponsable de reprendre la route immédiatement. Une nuit dans son lit ne sera pas de refus.

Ce soir là, Juliet a fait manger Eulalie puis s'est écroulée comme une masse. Fatiguée par la route et par les diverses émotions qui lui assaillent le cerveau depuis des heures. Le lendemain matin, elle charge la voiture avec des affaires pour plusieurs jours puis va réveiller sa fille en douceur.

« On va aller se promener aujourd'hui ma puce, d'accord ? »

Juliet fait déjeuner l'enfant puis les deux filles montent en voiture. Elle démarre et à mesure que les kilomètres passent, elle n'a pas oublié la promesse faite à Logan. Juliet s'est engagée à avouer à Eulalie qui il est réellement. Il n'est pas juste un ami, il est son père. Ses doigts tapent sur le volant en rythme avec la chanson diffusée par l'autoradio puis elle s'arrête brusquement sur le bas coté. Elles sont déjà à mi chemin et elle doit lui expliquer avant d'arriver à Burlington. Elle détache sa ceinture et se retourne vers la petite.

« Lalie, tu te rappelles quand tu m'as demandé où était ton papa ? » Elle attends la réaction de sa fille avant de poursuivre, un doux sourire aux lèvres. « C'est à lui que tu as dit coucou hier au téléphone. Il a très envie de te voir alors on y va. Il t'attends avec impatience. »

Dans son esprit, c'était beaucoup mieux que cela. Mais bon, c'est toujours mieux que rien. Juliet redémarre et poursuit la route jusqu'à Burlington. Étonnamment, celle ci est passée plutôt rapidement. A la fin de la journée, elle se gare le long du trottoir qui longe le parc. Elle sent son estomac se nouer, elle ne sait absolument pas comment Eulalie va réagir face à son père. Pour elle, il fait partie des nombreux inconnus qui parcourent ce monde et elle sait que cela va profondément blesser Logan. Pourtant, il est trop tard pour faire marche arrière. Elle détache sa fille du siège bébé et la prends dans ses bras, sans oublier la peluche éléphant.

Juliet avance vers le point de rendez vous, tremblant comme une feuille. Logan est déjà là alors elle s'arrête à bonne distance et pose Eulalie au sol, s'agenouillant pour être à sa hauteur.

« Tu vois le monsieur là bas, debout devant la mare ? Il s'appelle Logan et il meurt d'envie de faire ta connaissance. Tu veux bien qu'on aille lui dire bonjour ? »

Pas la peine de préciser à Eulalie qu'il s'agit de son père, l'enfant est très maligne du haut de ses trois ans. Juliet se relève et tends la main à sa fille pour l'emmener vers ce père qu'elle est en droit de connaître.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptySam 14 Mai - 20:51
Rosita… Elle l’appréciait beaucoup. C’était la baby-sitter d’Eulalie. Celle que Juliet appelait quand elle devait s’absenter et qu’Eulalie devait rester seule. Dès la première journée passée avec l’inconnue, la petite fille s’était rapidement attachée à elle. Comment pouvait-elle ne pas l’aimer ? Elle ne lui refusait pratiquement rien, faisant attention à elle, prenait soin d’elle et faisait bien à manger… Eulalie n’avait franchement pas à se plaindre et se disait chanceuse que sa mère ait trouvé cette baby-sitter pour la garder.

La journée s’était plutôt bien passée. Eulalie était allée au parc où elle avait pu donner du pain aux canards. Elle avait fait un gâteau au chocolat avec sa nounou… Elle n’avait fait que s’amuser et apprendre des choses comme elle aimait le faire. Il devait être 18h30, Eulalie était assise dans le canapé de sa nourrice chez laquelle elle avait passé la journée et comptait passer la nuit quand le téléphone de la jeune femme se mit à sonner. La petite fille ne broncha pas, restant assise dans le divan avec son éléphant en peluche qu’elle caressait sur ses genoux et son pouce dans sa bouche. Sa nounou l’avait installée devant des dessins-animés pendant qu’elle préparait le dîner. « Eulalie, c’est pour toi. » entendit-elle alors que la femme s’approchait pour lui saisir son téléphone et l’appel qu’elle avait déjà décroché. Elle le plaça à son oreille puis la voix qu’elle entendit lui était familière, très familière. C’était sa mère qui la saluait. « Coucou, ça va. » lui dit-elle de vive voix avant de commencer à lui expliquer sa journée en détaillant bien l’intégralité de ces moments passés. Quand elle avait failli tomber dans le lac en nourrissant les canards, comment le canard qu’elle avait nourrit lui avait sourit, la façon dont elle avait mangé ce qui restait dans le bol de pâte crue avec lequel elles avaient fait un gâteau… Certes, Eulalie était timide en publique. Mais quand elle parlait avec sa mère, il était parfois impossible de l’arrêter.

Cependant, sa mère la coupa dans son discours quand elle lui raconta une énième anecdote, lui disant qu’un ami à elle voulait qu’elle lui dise bonjour. Elle ne savait pas qui il était, mais curieuse, elle murmura un timide « Coucou... » dans le combiné. Puis, silence. Personne ne lui répondit pendant dix longues secondes. Puis il était trop tard. Sa nounou sortit de la cuisine en lui annonçant qu’elle allait devoir prendre son bain. La petite fille s’apprêta à souhaiter une bonne nuit à sa mère quand celle-ci mit fin à l’appel.

C’est en début d’après-midi que Juliet vint rechercher Eulalie chez sa nounou. Inutile de vous dire à quel point Eulalie était heureuse de revoir sa mère après ces vingt-quatre d’heures d’absence. Elle dit au revoir à sa nourrice puis sortit de chez elle pour aller jusque la voiture où sa mère l’attacha au siège auto. Lorsque celle-ci lui annonça le programme de la journée, elle se mit simplement à hocher la tête puis les deux filles prirent la route la radio allumée, une habitude que Juliet avait prise.

Pendant le trajet, la gamine s’était mise à chanter, à faire de gentils petits coups de pieds dans le siège qui lui faisait face, à jouer avec ses mains, son doudou… Et bizarrement, elle ne s’ennuyait pas du tout. Les heures de route passèrent puis la jeune femme finit par s’arrêter sur le bas-côté. « On n’est arrivés ? » la questionna-t-elle timidement en penchant la tête, bloquée par son siège-auto. Elle vit sa mère détacher sa ceinture et se retourner face à elle. Oui, elle lui avait déjà demandé où était son père. Sa mère lui avait toujours dit qu’il était bien trop occupé pour venir la voir et passer du temps avec lui… Puis la révélation que lui fit Juliet fut comme un choc pour la petite fille de trois ans. Elle avait dit bonjour à son père la veille, sans même le savoir. Mais elle n’avait pas entendu sa voix, rien. Et c’était pour lui qu’elles faisaient ces longues heures de route. La gamine préféra rester silencieuse, se posant bien trop de questions qu’elle ne pourrait poser à sa mère. Pourquoi voulait-il la voir alors qu’il n’était jamais venu la voir lui-même, qu’il ne l’aimait pas d’après les propos de son grand-père ? C’était inutile, elle n’avait pas envie de le voir, ni de lui parler. Parce que c’était tout simplement un ‘’méchant’’.
Finalement, les deux filles finirent par arriver à destination. Eulalie laissa sa mère la détacher de son siège-auto et la prendre dans ses bras sans oublier sa peluche éléphant. Ses jambes enroulées autour de sa mère, ses bras autour de son cou, sa tête posée sur son épaule, elle ne disait rien alors qu’elles se dirigeaient toutes les deux vers le point de rendez-vous que les deux adultes s’étaient fixés.
Mais c’est après quelques pas qu’Eulalie fit posée au sol par sa mère qui lui posa la question fatidique. Cet homme qui les regardait au loin, même si Juliet ne l’avait pas mentionné, c’était le père d’Eulalie. Elle n’était pas bête, elle le savait. Elle voulait dire non, rentrer chez elle. Mais elle voulait que sa mère soit fière d’elle, elle voulait savoir pourquoi il l’avait laissée pendant ces trois longues années. « Oui. » murmura-t-elle timidement en serrant son éléphant en peluche contre sa poitrine, les yeux rivés sur l’homme au loin… puis elle prit la main de sa mère et s’avança timidement près de lui. Et c’est quand les deux filles se retrouvèrent face à l’homme qu’Eulalie lâcha la main de sa mère pour se cacher derrière elle, son visage collé au dos de sa mère. Elle ne voulait pas le voir, ni l’entendre, ni lui parler. Il lui faisait peur. Et s’il ne l’aimait pas comme son grand-père lui avait dit de nombreuses fois ? Et si il allait la prendre à sa mère pour repartir très loin… Le stress, la nervosité. Elle fondit en larmes, laissant tomber sa peluche à quelques pieds de Logan. « ‘Veux pas, maman… J’ai peur… S’il te plaît… » disait-elle, en pleurs, dans le dos de sa mère… elle voulait partir, très loin d’ici. Elle ne voulait pas connaître l’homme qui l’avait abandonnée et qui n’avait jamais été là pour elle.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Remember when we were happy | Logan   [Flashback] Remember when we were happy | Logan EmptyLun 16 Mai - 1:48


La nuit avait été horrible. Logan s'était tourné et retourné autant que possible dans le canapé inconfortable du salon, laissant Juliet se reposer dans sa chambre. La jeune femme avait fini par le rejoindre dans le salon, venant se coller tout prêt de lui et il n'avait pas réagi tout de suite. Il voulait lui faire croire qu'il dormait, éviter de parler encore. Tout la soirée l'avait secoué et la perspective de voir Eulalie le lendemain l'angoissait trop. Il avait besoin de prendre un peu de recul et il n'aurait pas trop de la journée pour ça. Il avait fini par s'endormir, Juliet aussi probablement. En tout cas, ils semblaient tous deux épuisés en buvant leur tasse de café au petit matin. Et plongés dans un silence assez pesant.

Et puis finalement, leurs routes s'étaient séparées, Juliet prenant la direction de Détroit et Logan montant au volant de sa Aston pour filer au garage. La journée avait été éprouvante, elle aussi. Et il y en avait une autre à supporter encore avant de les voir revenir... Et une nuit, que l'homme avait passé toujours aussi incapable de trouver le sommeil, l'appartement vide lui semblant trop grand pour la première fois de sa vie. Il avait eu du mal à rester en place, à supporter ces deux longues journées en solitaire, mais enfin, la délivrance sembla arriver, en même temps que le soleil perdait de la hauteur.

Pourtant, Logan était de plus en plus angoissé à mesure que ses pas le menèrent jusqu'au parc où ils avaient convenu du rendez-vous. Il avait bien trouvé refuge sur un banc près du lac, mais il parvenait à peine à rester assis plus de quelques minutes, ne cessant de se relever tout à coup pour faire quelques pas et revenir s'asseoir. Pendant une petite dizaine de minutes, il resta dans cet état et enfin, alors qu'il revenait vers son banc après un dernier tour, il vit Juliet.

Eulalie était accrochée à elle, dans ses bras. Elles s'arrêtèrent bien avant d'arriver à sa hauteur, donnant à Logan encore un peu de temps pour se calmer. Son cœur battait la chamade. Il fixait la petite fille en essayant d'avoir l'air détendu. Il ne savait pas comment elle réagirait en se retrouvant devant lui, mais il était déjà pourtant certain qu'il n'y serait pas préparé.

Et il ne se trompait pas. Quand elles furent enfin devant lui, Logan avait l'air plutôt calme. Il souriait même, observant la petite fille qui n'osait pas avancer. Elle était magnifique. Et tellement grande. Du moins, comparé à la taille qu'il aurait voulu qu'elle ait lors de leur première rencontre. Trop grande. Assez pour comprendre, pour savoir qu'il n'avait pas été là pour elle pendant trop longtemps. Pour marcher seule et aller se cacher derrière sa mère quand Logan avait enfin oser dire, du bout des lèvres :

« Coucou, Eulalie. »

Assez grande pour parler, aussi. Se mettre à pleurer et supplier sa mère de l'aider. L'homme perdit son sourire rapidement. Bien sûr, ça ne pouvait pas être simple, elle n'allait pas lui sauter dans les bras et l'aimer en une seconde. Mais ça. C'était trop douloureux. Il lui faisait peur. Elle ne voulait même pas le regarder. L'homme ferma les yeux une seconde, prenant une profonde inspiration et il se pencha pour ramasser l’éléphant en peluche que sa fille avait laissé tomber devant lui. Il l'observa la peluche, silencieux. Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire ou dire pour rassurer l'enfant. Il ne voulait pas la forcer à lui parler, mais elle devait lui laisser une chance...

Le regard de Logan croisa un instant celui de Juliet. Il avait vraiment besoin de son aide, là. Mais il ne savait pas comment le lui demander et puis il devait pouvoir faire ça tout seul. C'était sa fille, après tout. Il était largement temps qu'il devienne son père. Il détourna donc les yeux et se déplaça un peu pour s'approcher de la fillette. Il s'agenouilla au sol pour se mettre plus ou moins à sa hauteur et, sans dire un mot, il lui tendit sa peluche. Il prenait soin à laisser une certaine distance entre eux, pour ne pas l'effrayer. Si elle voulait récupérer l'objet, ce serait à elle de bouger, de sortir de sa cachette et de s'approcher. Mais il faisait de son mieux pour lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal et qu'elle n'avait pas à avoir peur de lui.


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