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In Your Flesh
Depuis l'été 2014, l'Apocalypse règne sur le territoire américain. Dans la région de Détroit, les survivants s'organisent seuls depuis des mois pour sauver leurs vies et résister aux rôdeurs. Quand, après trois ans sans nouvelles du gouvernement, l'armée revient à Détroit, un nouvel espoir semble possible pour les survivants. Mais à quel prix ?
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Intrigue #5 : What lies ahead
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Après plusieurs mois de cohabitation entre civils et militaires, la tension monte au point de menacer la paix précaire autant au sein de Fort Hope qu'avec l'extérieur.

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 Last Stand (feature Logan)
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MessageSujet: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyJeu 6 Oct - 16:06
Musique d'ambiance:
 


Le pied-de-biche venait de s’abattre pour la dernière fois dans la marée nauséabonde qui entourait ce récif difforme qu’était le géant balafré. Le corps de la marionnette gorgé de virus réanimateur s’étala sur le bitume, gorgeant les crevasses sillonnant le sol de ses fluides infects. Au bout de quelques minutes du combat pour la survie dans la ruelle maudite, le mastodonte se laissa lisser le lob d'un mur de brique. Relevant ses yeux fiévreux par la rage et la fureur, ce berseker des temps modernes se sentait… bien. Libéré de son rôle de victime et de souffre-douleur collectif. Il était devenu le roi de la montagne, le mâle alpha. Ses ennemis doublement morts empilés à ses pieds, tel un tyran démoniaque recouvert du sang des vaincus. Le géant ouvrit son blouson de motard, laissant l’air frais de la nuit s’infiltrer sur sa chemise dégoulinante de sueur. Soufflant comme un phoque, Robert n’eut qu’un regret qui le tétanisa un court instant devant l’horreur de celle-ci. Le mineur aurait tellement voulu durant cet affrontement épique, rachète dans la douleur et son sang sa négligence envers sa famille défunte. Celles qui portaient la vie et l’espoir. Ça devrait être son corps laid et répugnant qui refroidissait, que son âme si pure s’élevait vers le firmament. Non celle de sa sœur qui avait été si gentille avec lui. Ni celle de sa nièce qui était si intelligente. Soufflant comme un phoque, récupérant un peu de sa résilience exceptionnelle qu’il venait de dépenser sans compter, une voix percuta l’ouïe amoindrie de la chose. Un appel d’un homme. Sur le coup Robert releva la tête et essaya de focaliser son regard bleuté où la démence du combat et l’inquiétude se livraient une guerre de tranchées pour reprendre le dominion de l’esprit lent et pathétique. Une guerre ouverte entre le monstre réel qui se développait et l’humain débordant de bonté et de gentillesse. Sur le coup le monstre de foire crut que c’était un des agresseurs qui tuaient des anges, un homme mauvais qui venaient narguer la gargouille défigurée avant de lui loger une balle dans la tête. Un rugissement de colère et de défi franchit ses lèvres exsangues avant que son cerveau lui souffle que ce fût un visage connu. Une caserne se dessina alors dans son esprit lent. Un colosse à la barbichette. Reprenant ses esprits, laissant enfin le véritable Bobby reprendre le contrôle de ce corps atypique et répugnant pour la gent féminine, le regard bleuté si pur débordant de gentillesse refit surface.

Replaçant ses armes aux fourreaux, Robert se releva avec difficulté. Il fit quelques pas gauches et lents. Un peu comme un ivrogne qui avait trop abusé de la bouteille. L’ivresse du combat avait sapé une grande partie de la réserve d’énergie du colosse et celui-ci grugeait présentement dans ses dernières réserves de forces intérieures. Un peu plus et des yeux peu inquisiteurs aurait confondu la démarche fatiguée de l’homme difforme avec le pas trainant et lent d’une abomination. Voyant l’urgence et la folie briller dans les yeux de l’homme, Robert se demanda alors le pourquoi de la panique.

Et la réponse apparut alors sous la forme chancelante et frénétique. Des ombres immondes qui s’élançaient gauchement dans la ruelle. Luttant contre un nouvel accès de rage qui menaçait de le transformer de nouveau en un monstre assoiffé de carnage, Bobby sortit de nouveau son marteau et son pied de biche couvert d’immondices. Voyant la hache dans la main du colosse, le monstre de foire inspira alors profondément. Il se souvenait de l'ange, la fillette, dans les bras de l'homme. Bobby ne voulait pas qu'elle perde son père. Il devait vivre. Lui n'avait plus de raison de vivre.

Beuglant tout à coup pour attirer l’attention des zombies sur lui, l’être devenu suicidaire se lança de nouveau dans un ouragan de destruction et de mort. Il ne voulait que rejoindre sa famille disparue et laisser le temps aux anges qui l’accompagnaient de se sauver. Même l'inconnu avait des gens qui tenait à lui en comparaison à la lie de l'humanité. Ils méritaient de vivre et lui non…
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyMer 12 Oct - 1:20
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Tout allait de travers. Ce n'était plus une crainte mais bien une certitude. Logan était en train de faire n'importe quoi et de le faire bien. Et bientôt, il allait en payer le prix. Vivre à la caserne lui avait peut-être permis de survivre un peu plus longtemps dans ce monde, mais cela l'avait surtout empêché de se rendre compte de la réalité de l'extérieur. Il se sentait à l'abri derrière les murs du bâtiment, mais maintenant qu'il devait errer à nouveau, les choses ne se passaient pas bien du tout et il faisait erreur sur erreur, s'en sortant tout juste à chaque fois, par miracle ou par chance.

Sa quête vaine pour retrouver la trace de sa famille l'avait conduit cette fois jusqu'au bord du lac St Clair. Il n'avançait pas beaucoup depuis la naissance de sa fille, s'éloignant tout juste du Coast Guard pour faire la route entre la base militaire et la caserne en longeant le lac. Pas une seule fois il ne s'était retourné pour retrouver Maxine et leur fille et la sécurité de leur abri, mais pas une seule fois il n'avait trouvé quelque chose d'utile ou de concret. Tout ce dont il était certain à l'heure actuelle, c'était que Joy était avec Eulalie au moment de l'attaque de la caserne et qu'elles avaient survécu, au moins assez longtemps pour que la jeune femme puisse déposer un mot dans la chambre d'hôte qu'ils avaient pris l'habitude d'occuper pour se retrouver seuls. Il savait aussi que l'éclatement de son groupe était du à une attaque de pillards, mais les seules personnes capables de le renseigner à ce sujet, il les avait tués de ses propres mains quelques jours plus tôt.

Et depuis, il se contentait de errer le long de la berge, marchant autant que possible pendant la journée, se trouvant un endroit où rester la nuit. Il venait de tuer plus de rôdeurs en deux semaines qu'en un an d'épidémie. Ses vêtements étaient tellement recouverts de sang de créatures qu'il passait quasiment inaperçu désormais, traînant sur ses épaules l'odeur nauséabonde de la mort. Mais ça ne suffisait pas encore tout à fait à le faire disparaître totalement du radar de ces monstres et alors qu'il s'était autorisé à faire une pause dans une maison au bord du lac, fouillant sans grandes précautions divers placards, renversant tout sur son chemin à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent, le bruit avait attiré un bon nombre de ces choses à la porte. Porte qui ne résista pas bien longtemps à leurs assauts et bientôt, l'homme s'était retrouvé aux prises avec une belle horde de ces choses, fuyant par la fenêtre arrière pour espérer les semer.

À en croire la précipitation avec laquelle il avançait désormais dans les rues, s'enfonçant un peu plus profondément dans Grosse Pointe, son plan ne fonctionnait pas très bien. Il avançait aussi vite que possible, serrant sa hache dans son poing, mettant quelques coups dans tous les sens pour éloigner les créatures se dressant sur son chemin, mais il en arrivait toujours plus de partout. Finalement, Logan imagina un instant trouver le repos bien mérité en avisant une rue plus calme et il s'élança dedans en repoussant une nouvelle fois les assauts de quelques rôdeurs sur sa route. Mais à peine eut-il tourné à l'angle  de la rue que tout espoir de s'en sortir tranquillement s'envola. D'autres créatures continuaient d'arriver dans son dos et devant lui, le même spectacle s'offrait à son regard. Des rôdeurs partout. Et il était un peu trop tard pour faire demi-tour et espérer trouver un autre chemin.

Pourtant, les rôdeurs devant lui semblaient s'écrouler un à un sur le bitume. D'abord surpris, l'homme se permit une légère pause, fronçant les yeux pour trouver quelque chose au milieu de la foule de cadavre. Et il était là. Immense, surplombant la foule de ses agresseurs, ses bras s'agitant d'un côté et de l'autre en serrant fermement deux armes dans ses mains puissantes. Les grognements redoublant dans son dos, Logan se retourna le temps de faire disparaître quelques créatures d'un coup bien senti de sa hache dans leurs crânes fragiles avant de reporter son attention sur l'autre vivant au bout de la ruelle. Il ne lui fallut pas bien longtemps avant de reconnaître l'homme qui était venu les aider à la caserne lorsqu'il avait fait l'erreur de remettre le générateur en marche et que l'alarme stridente avait réveillé tout le quartier. Le leader ne l'avait jamais revu depuis, mais visiblement, il était parvenu à s'en sortir, ce qui n'avait rien de très étonnant à voir sa carrure imposante. Et si Logan se promit de le remercier enfin comme il le méritait, le moment n'était pas vraiment aux retrouvailles et l'autre homme semblait avoir un peu de mal. Sans trop réfléchir à ce qu'il faisait, le brun accéléra le pas, hurlant une information bien inutile pour prévenir l'autre de l'arrivée imminente d'une nouvelle horde.

« ATTENTION ! »

Mais déjà les silhouettes menaçantes des rôdeurs se montraient derrière lui et la fuite qui leur sauverait sans doute la vie à tous les deux semblait pour l'instant bien compromise. Alors, jouant de sa hache pour assommer autant de créatures que possible, Logan avança jusqu'aux côtés du colosse et s'associa à lui pour nettoyer la rue. Cette tâche lui semblait vaine, ils arrivaient bien à faire s'écrouler quelques unes de ces choses, mais s'épuiseraient vite avant de pouvoir se débarrasser de la totalité.

« Il faut qu'on bouge d'ici. » asséna Logan en même temps que son arme s'abattait dans le crâne d'une créature prête à lui sauter à la gorge. La fuite lui semblait vraiment la seule solution possible en ce moment, même s'il n'avait vraiment aucune idée d'où ils se trouvaient et s'ils pourraient réellement trouver un refuge assez longtemps pour semer les créatures.
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyVen 14 Oct - 19:16
Il revoyait sa famille. Ses êtres chers qui lui tendaient les bras. Sandra et Rosalie ne voulaient que l’erreur de la nature les accompagne. Elles devaient avoir si froid dans le royaume de la mort. Il lui suffisait de jeter ses armes au sol. Le mineur pourrait laisser les fils de la Faucheuse le déchiqueter avec leurs dents cariées et l’éventrer avec leurs ergots tranchants. Des gémissements de faim tirèrent alors le colosse de ses pensées et il se rendit compte qu’il était rendu seul. Paniqué il regarda tout autour de lui pour essayer de voir l’homme musculeux. Au loin, quelques pas ou bien quelques kilomètres selon le point de vue de la chose, le chef de la caserne commençait à subir un encerclement morbide. Bobby rangea ses outils couverts d’immondices pour saisir sa hache. Un souvenir récent refit surface alors dans le ciboulot de l’homme difforme. Un clocher tout près. Une église dont les portes étaient ouvertes pour l’aider à sauvegarder son âme monstrueuse. De par sa passivité et sa senteur nauséabonde, le colosse fut épargné provisoirement de l’assaut des morts-vivants.

Mais une pensée fit percuter Robert avec la même force que ses poings lorsqu’il devait se défendre contre des méchants. L’homme pouvait être en danger de par sa perte de contact avec cette dure réalité. Alors, le gentil monstre se transforma soudainement en un être de colère et de peur. Les traits atypiques du faciès monstrueux de l’homme difforme se consumèrent pour former un masque de rage à peine contenu. Abaissant ses larges épaules comme un joueur de Rugby, il entreprit de rejoindre son allié dans cette démence. Un mouvement près de l’homme fit sursauter Robert. Le monstre de foire vit une image singulière. Un visage strié de veines bleutées dont le sourire ensanglanté ne laissait présager rien de bon. La terreur noua alors les tripes de Bobby. Il ne pouvait s’empêcher alors de penser à cet instant que c’était l’hémoglobine d’une âme innocente. Que la bête était arrivée trop tard pour aider une des rares personnes encore vivantes. Poussant un hurlement de rage pur, Robert s’élança alors dans la ruelle des horreurs.

Oubliant totalement les morts-vivants, le danger et le chaos, Robert poussant un second cri brutal qui fit glacer le sang de l’être vivant. De l’adrénaline pure avait remplacé le sang dans l’organisme prodigieux de l’être torturé. Partit l’être gêné, parti l’humain en quelque sorte. Le protecteur était aux commandes de cette machine phénoménale et il l’utiliserait au maximum de sa capacité. Tout ceci pour ne protéger qu’une personne projetée dans cet enfer. D’un puissant coup de talon, le géant frappa l’abomination au niveau du plexus solaire. La créature semi-vivante fut alors projetée, comme un fétu de paille emporté par une tornade, sur le mur et glissa pathétiquement au sol. Le regard bleuté inquiet de la bête se posa sur la lutte inégale que livrait l’homme à la barbichette. Il se souvint alors de la fillette dans les bras du chef de groupe de la caserne. Le colosse balafré se fit alors la promesse de ramener le père vers son ange. La haute silhouette et imposante du colosse continua d’avancer à grands pas au milieu des tourbillons presque opaques, de poussières soulever par son arrivée fracassante. Le manteau de cuir de l’homme difforme flottant comme une cape autour de ses larges épaules. Ses yeux luisants se rétrécirent, son visage monstrueux se fit encore plus intransigeant. Au sol une goule essaya de se relever pour se jeter goulûment sur le corps  musculeux de l’homme. Balançant un coup de pied dans les côtes de la parodie d’humanité, Robert la fit virevolter face première dans les poubelles métalliques. Saisissant la créature doublement morte par le cou pour la valdiguer plus loin. La rage et la fureur de son inquiétude pour elle disparurent quand les yeux bleutés rencontrèrent le visage livide. Le ton rassurant, doux et rauque de la bête fut murmuré d’une façon claire et distincte.

Robert- Ok on part… Euh… Église pas loin… Euh… Bonne cachette… Euh… Suivez-moi je vous fais passer ok.

Robert se dirigea alors vers la monstruosité qui essayait de se relever. Prenant l’aberration par le collet de sa chemise à moitié déchiré, Bobby plaça sa mâchoire au niveau du rebord d’un palier en ciment. Aussitôt il se redressa et avec son talon démesuré, il frappa à l’arrière du crâne de la goule. Le premier coup fit disloquer la mâchoire, casser la mâchoire et faire pénétrer le béton dans la cavité buccale du mort-vivant. Voyant que la pathétique parodie de vie bougeait encore, le colosse refit la même attaque dévastatrice. Mais cette la marche s’enfonça profondément dans le crâne de l’âme en peine. Se tournant vers l’homme qui le regardait, Robert fit un petit sourire à la fois triste et mélancolique. Une peine s’inscrit alors dans son regard bleuté et il parla avec les accents de la vérité et d’une innocence encore intactes.

Robert- Je n’aime pas me battre… Euh… Mais je ne veux pas que les gentilles personnes soient blessées, monsieur… Euh… On y va.


L’immense index de la bête pointa la rue où la lumière du jour éclairait abondamment.  Après avoir eu la confirmation de la douce femme, Robert eut une idée toute simple. Tellement simplet qui reflétait la pensée hasardeuse du mineur. Et alors Robert commença sa course cette issue ou le mal s’infiltra par grosses gouttes de pourritures et où la rédemption leur sera acquise. Dans un premier temps, le pas de la bête était peu sûr et gauche. Mais dès que la vitesse fut acquise, les gens pouvaient presque croire à la lancée d’une locomotive.  Rien ne pouvait détourner la marche de cet immense gaillard. Son objectif était l’église et il pouvait voir, au gré des balancements frénétiques de ses pas, la lie de l’humanité transformée en goules. Des mendiants, des femmes vendant leurs corps fatigués pour des doses de rêves, des membres de gangs. D’autres fois, c’étaient les puissants de ce monde qui apparaissaient la bouche couverte de sang, leurs costumes dispendieux déchirés et ruinés. Le premier spectre d’un autre monde qui essaya d’empêcher l’express Bobby de se rendre à destination fut un jeune messager en vélo. La goule boita horriblement de la jambe gauche et le coup de hache porté avec fureur par le mastodonte n’arrangea en rien son état. Il fit un tour complet sur lui-même avant de choir su le sol à quelque pas du duo. Le second mort-vivant ressemblait à Cruella dans les 101 dalmatiens. Son vison blanc était souillé par des taches brunâtres et Robert descendit son épaule pour l’accueillir au niveau de son plexus solaire. Telle une poupée de chiffon, la méchante de Disney trépassée valdingua dans une pile de palettes de bois. Le reste de la meute semblait hésiter, comprenant peut-être la folie de se mettre sur le chemin de la monstruosité. Les deux hommes grimpèrent quatre à quatre les escaliers menant aux portes entrouvertes du lieu saint.

Robert- Regardez si tout est beau dedans ok? Je les retiens et ensuite on se barricade avec des bancs…

Rendu près de la porte, Bobby se plaça dans le dos de l’homme pour couvrir ses arrières avec sa hache couverte d’hémoglobine. Le regard de Robert luisait de détermination et d’une compassion des plus troublantes.
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyJeu 20 Oct - 4:40
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Une vraie catastrophe... Il y avait des rôdeurs partout et peu de moyens de prendre la fuite sans prendre la peine d'en combattre quelques uns au passage. Logan, bien décidé à s'en sortir quand même, multipliait les coups de hache, frappant presque au hasard tellement il était encerclé de partout. Au moins, il arrivait à repousser la plupart de ses assaillants à défaut de les tuer tous et jetait quelques regards vers l'autre homme auprès de lui de temps en temps pour s'assurer que tout allait bien de son côté aussi.

Il se souciait peut-être un peu trop de son compagnon d'infortune pour son propre bien, car il perdit un instant le rythme de son combat, se retrouvant aux prises avec un rôdeur un peu plus virulent qui se jeta sur lui avant qu'il ne réagisse tout à fait. Aussi vite que possible, Logan leva sa hache, tâchant de repousser la créature, mais elle avait à peine reculée de quelques pas quand il sentit les doigts glacés de la Mort se poser sur sa cheville. Une autre au sol essayait déjà de s'attaquer à lui, sans doute une qu'il avait repoussé au lieu d'abréger sa parodie de vie. Ces choses pouvaient bien avancer dans une lenteur parfois accablante, elles n'en restaient pas moins dangereuses, petit détail qu'il oubliait trop souvent, si sûr de lui qu'il était. Heureusement, l'autre homme avait réagi plus vite et avant que le rôdeur ne puisse vraiment s'accrocher à lui, Logan la vit rouler sur le sol et se retrouver projeter au loin. Décidément, il faudrait qu'il pense à remercier cet homme. Du moins, quand ils ne seraient plus occupés à combattre pour leurs vies.

L'autre rôdeur se retrouva propulsé au loin lui aussi, juste à temps pour que son sauveur informe Logan qu'ils pouvaient désormais partir pour trouver refuge dans une église. D'un simple hochement de tête, le brun acquiesça à cette proposition et suivit l'homme au milieu de la foule des rôdeurs, l'observant s'attaquer encore à un autre. Il n'avait jamais été du genre à avoir peur, c'était généralement lui le type grand et imposant qui pouvait garder les autres à distance, mais il fallait bien avouer que ce mec là avait quelque chose d'un peu effrayant. C'était déjà la première personne qu'il rencontrait qui soit plus grand et plus large que lui, mais cette façon qu'il avait d'éclater le crâne de ce rôdeur contre le trottoir... Il ne fallait vraiment pas que ce type se fasse mordre et devienne l'une de ces choses, au risque de créer le rôdeur le plus atroce de toute cette apocalypse...

La légère frayeur dans le regard de Logan devait paraître plus qu'il ne l'imaginait, car quand le géant se retourna enfin vers lui, il s'expliqua immédiatement sur ses actes. « Appelez-moi Logan. » répondit simplement ce dernier. Il n'avait jamais aimé qu'on lui donne du monsieur et son instinct de survie le poussait plus à se faire un ami de ce type plutôt qu'un ennemi. « Allons-y. » confirma-t-il alors que l'autre lui indiquait une direction où ils s'engagèrent enfin, tant bien que mal. Logan ne prenait même plus garde aux différents visages décomposés qui se mettaient en travers de son chemin, gardant le regard fixé sur son guide autant que possible en se contentant de repousser de toutes ses forces chaque créature se mettant en travers de son chemin pour se frayer un chemin au milieu de la horde affamée. C'était devenu tellement facile d'ignorer qu'autrefois, ces choses avaient été de véritables personnes, comme lui, des gens avec une famille, un nom. Désormais, ils n'étaient plus que des ennemis sans visages dont il fallait se débarrasser à tout prix et c'est ce qu'il faisait en suivant le rythme du seul autre vrai vivant sans se laisser déconcentrer ou attendrir par le nombre de ses victimes.

Il fut quand même soulagé en apercevant enfin l'édifice religieux se dresser devant eux, ayant perdu toute sa superbe d'antan pour n'être plus qu'un bâtiment grisonnant et abîmé, se dressant pathétiquement au milieu du reste de la rue dévastée. Logan hésita une seconde en entendant la demande de l'homme, mais il finit par accepter d'un nouveau signe de tête et entra simplement dans l'église en serrant ses mains un peu plus fort sur le manche de sa hache. Un dernier regard en arrière, avisant la silhouette tellement imposante se débattre avec les rôdeurs, et il plissa les yeux pour tenter de repérer des ennemis dans la pièce sombre.

S'il pouvait en avoir douté à un moment, il était clair maintenant que Dieu avait bel et bien abandonné les Hommes à leur sort. Car même Sa Maison était infestée par ces choses et Logan en trouva cinq, dans un triste état, coincés sous des bancs renversés ou traînant leurs carcasses sur le sol de pierre. Assez peu nombreux pour qu'il puisse abréger leurs souffrances à l'aide de son couteau de chasse. Mais c'était officiel, aucun d'entre eux ne s'était fait électrocuté en passant les portes du lieu saint, comme le prétendaient les vielles superstitions.

Et une fois la menace écartée, l'homme se retrouva seul au milieu de la nef, sa hache dans une main, à faire face au chœur. L'endroit n'était rien de plus qu'une église de ville, rien de très impressionnant comparé à ce qu'on pouvait trouver parfois, mais il se sentit quand même un peu mal à l'aise de se retrouver là, de voir les bancs couchés sur le sol, autant que le reste des chandeliers et autres objets servant autrefois au culte, les quelques cadavres oubliés dans les allées... Il n'avait jamais été croyant ou même intéressé par la foi, mais toute cette scène semblait bien plus sinistre dans une église qu'ailleurs.

En proie à ces pensées, il sursauta légèrement en entendant la porte se refermer lourdement dans son dos, se retournant immédiatement en brandissant sa hache, pour constater simplement que le géant venait d'entrer à son tour. Pas de temps à perdre donc. Aussi, Logan s'empressa de le rejoindre, déposant son arme sur l'un des bancs. « Rien de cassé ? » demanda-t-il en observant son compagnon. Difficile d'imaginer qu'un homme comme ça puisse craindre les carcasses à peine vivantes des rôdeurs, mais personne n'était réellement à l'abri. Il attendit quand même confirmation avant d'entreprendre de tirer un premier banc pour bloquer l'entrée.
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyLun 7 Nov - 8:36
Le colosse reculait avec prudence pour ne pas chuter vers les bras tendus de la mort putride. Monter dans un escalier à reculons était ardu, alors le géant balafré peu agile peinait de faire un pas gigantisme après l’autre tout en balançant des coups dévastateur de sa hache. À chaque arc d’acier, un membre ou une tête rebondissait hors de la marée d’aberrations cannibales. Mais la bataille précédente, la tristesse d’avoir vu ses anges mourir à nouveau et la course avait mis le mastodonte le dos au mur. Le désespoir et la hargne guidait maintenant les pas chancelant du golem de chair à bout de force. Il devait puiser dans ses dernières réserves d’énergies, portant sa résilience formidable vers d’autres sommets. Heureusement pour lui, la gargouille de granit à peine sculpté réussit à atteindre le sommet de l’escalier menant aux lourdes portes de chêne du lieu autrefois saint. L’ineptie et le manque de coordination des mordeurs ne leur permettaient pas de gravir les marches de pierre pour poursuivre leur éternel avancé. En vitesse Robert ferma les lourds battants pour permettre aux deux hommes de souffler un peu. En se tournant vers la grande salle, le cœur suturé et ensanglanté de l’être difforme implosa devant la déchéance humaine. C’était comme si les suppôts de Satan avaient célébrer une messe noire en ces lieux pour pervertir l’aura de sainteté. La béatitude et l’harmonie qui régnait autrefois dans cette église avait été perverti, corrompu. Des corps desséché, des fidèles croyants à tort d’avoir la protection divine en ces lieux, reposaient ici et là éventrer au sol. Quand l’homme musculeux à la barbiche demanda si tout allait bien, le regard horrifié et remplit de dégoût du mineur se tourna vers lui.

Avant de perdre ses anges, le gaillard était très dévot. Il connaissait presque l’intégralité de la bible et vivant avec la candeur et la gentillesse au tréfonds de son corps monstrueux. Mais maintenant il se disait que c’était impossible que Dieu ait laisser cette abomination se produire. Surement le Diable, mais pas le Saint Père. Il aurait dû avoir le Ravissement. Les êtres purs abandonnant leur enveloppe de chair pour dériver avec leur âme immortel vers la lumière salvatrice. Il comprenait que lui, chose hideuse et inutile, soit rester sur terre. Mais pourquoi ses anges sont péri et comme Lazare sont revenu pour le hanter? Hochant un simple « oui » à peine rassurant et il déposa son arme tout près de la hache du musculeux homme. À deux ils eurent tôt fait de barricader la porte d’entrée de la chapelle. Déposant de nouveau son regard océanique triste comme les pierres, partiellement éteins par la nouvelle perte qu’il venait de subir, le géant balafré replaça quelques chandeliers tomber et se dirigea vers le banc de prières ou reposait leurs armes. Enlevant son sac à dos, le golem de chair mit un genou à terre. Murmurant avec douceur une bénédiction en latin et se signant de la croix, plus par habitude que par réel ferveur religieuse, Robert se redressa. S’assoyant lourdement sur le bois patiné par tant d’années d’usure, il fit un sourire fatigué mais doux. Presque un anormalité chez une personne si grotesque. Un regard paisible, bienveillant et gentil se posa sur Logan. Il tendit sa main immense et rugueuse vers l’homme et lui dit tout bas.

Robert- Moi je suis Robert ou Bobby ou le monstre… Euh… Je me souviens de vous… Euh.. l’alarme… Euh… Ça va?

Quand les présentations furent officialisé, la grosse paluche plongea dans le sac à dos à ses côtés.

Robert- Vous avez soif ou faim? J’ai de l’eau, du Moonshine et de la nourriture… Euh… Reprendre des forces pour partir tout à l’heure.

Donnant ce qu’il désire à Logan, le colosse balafré prit une lampée d’alcool de contrebande. Un vieux sac de plastique attira alors la curiosité du monstre de foire. Il fouilla pendant que Logan se reprenait un peu de force. Bobby demanda alors innocemment une simple question qui pouvait avoir des conséquence désastreuses.

Robert- Euh… Vous êtes loin de la caserne non? Euh… Tout va bien là-bas?
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyLun 14 Nov - 10:45
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Légèrement inquiet par l'expression de son visage, Logan suivit le regard de l'autre et avisa une nouvelle fois le spectacle désolant de l'église. Il ne comprenait certainement pas ce que pouvait ressentir le géant devant cette scène et ne chercha pas vraiment à en savoir plus pour le moment. Il fallait bloquer les portes, empêcher les rôdeurs de se traîner jusqu'à eux et faire encore plus de dégâts, c'était bien plus important que les états d'âme de qui que ce soit. Pourtant, il prit quand même la peine de demander à l'homme s'il allait bien en commençant tranquillement à se mettre en place pour pousser un banc contre la porte. C'était une question simple et assez vague, à laquelle l'autre pourrait lui répondre tout ce qu'il voudrait, mais elle méritait bien d'être posée après ce qu'il venait de risquer pour les mettre à l'abri. Le hochement de tête affirmatif n'avait rien de très convaincant, mais Logan s'en contenta pour l'instant et poussa plutôt le banc.

En quelques mouvements, ce fut une affaire réglée et tandis que l'homme s'éloignait, le brun resta une seconde pour observer leur barricade de fortune. Il n'était pas certain que cela tiendrait pour très longtemps, mais c'était déjà mieux que rien, suffisant en tout cas jusqu'à ce que les rôdeurs parviennent à se traîner jusqu'en haut des marches d'une manière ou d'une autre. Il avait eu maintes occasions de comprendre que ces choses ne pouvaient pas monter des escaliers comme une personne vivante l'aurait fait, mais ramper les unes sur les autres ne représentaient pas un problème et c'était souvent ainsi qu'elles accédaient à des niveaux plus élevés. Cet abri serait donc sans doute temporaire, comme ils l'étaient tous, de toutes manières.

Aussi, Logan ne s'y attarda pas plus longtemps, se détournant de la porte pour rejoindre son compagnon d'infortune qu'il surprit en pleine prière. Il resta à l'écart jusqu'à ce que l'homme se relève et se laisse tomber sur le banc. Logan, lui, préféra rester debout et récupéra sa hache dont il essuya la lame sur son jeans, ne faisant qu'ajouter une tâche de plus à celles qui recouvraient déjà ses vêtements. Un jour ou l'autre, sans doute très prochainement, il faudrait qu'il envisage de trouver autre chose à se mettre, mais pour l'instant le jeans usé et le t-shirt vert qu'il portait lui suffisaient amplement, quand bien même ils étaient recouvert de sang séché et qu'ils lui donnaient une apparence assez rebutante. Quelle importance, du moment qu'il était en vie et que l'odeur nauséabonde qui le suivait partout le maintenait en sécurité ?

L'homme assis tendit une main vers lui en se présentant, main que Logan serra brièvement en lâchant entre ses dents : « Merci pour tout, Robert. » Quant à savoir s'il allait bien ou non, au moins, il était en vie et pas encore blessé et c'était le principal. Malheureusement tant qu'il ne retrouverait pas sa fille, ça n'irait jamais mieux que ça, mais il n'avait aucunement l'intention d'ennuyer un quasi inconnu avec ses histoires, quand bien même cet inconnu se montrait incroyablement gentil, lui proposant déjà de partager sa nourriture et son eau en sortant tout ça de son sac. Retirant son propre sac de son dos, Logan tira un banc pour qu'il fasse face à Robert et s'installa dessus, refusant poliment d'un geste de la main l'offre qu'on lui faisait : « J'ai tout ce qu'il me faut, merci. » Il lui restait encore assez d'eau pour tenir jusqu'à ce qu'il rentre à la Ford House et la nourriture se faisait trop rare pour qu'il accepte de puiser dans les réserves d'un autre.

Le silence retomba quelque peu alors que Robert s'offrait une rasade d'alcool, mais trop rapidement, la question épineuse fut soulevée. Un instant, Logan baissa les yeux, peu désireux d'affronter le regard d'un homme qui avait été prêt à se sacrifier pour sauver la caserne et de devoir lui avouer que ça n'avait servi à rien, qu'à peine cinq mois plus tard, ils avaient perdu leur abri et sacrifier la vie d'un des leurs pour rien. Il inspira profondément avant de reposer son regard sur l'homme et d'oser une réponse :

« On ne vit plus là-bas. Des gens nous ont attaqué pendant que la plus grande partie du groupe était sortie pour le ravitaillement. C'est... devenu inhabitable. »

L'image de la caserne aux portes grandes ouvertes et remplie de rôdeurs restait bien nette dans l'esprit du leader, inchangée malgré les semaines qui s'écoulaient plus vite les unes que les autres depuis qu'il avait fait cette découverte monstrueuse et elle le resterait probablement un long moment. Aussi nette que le visage des deux hommes qu'il avait trouvé et qui se vantaient d'être responsable de ce massacre, des deux vies qu'il avait pris pour la première fois depuis bien longtemps et sans qu'aucune question de vie ou de mort n'entre en compte. La rage refaisant surface, l'homme serra les poings et la mâchoire, ravalant sa bile et se décida à changer rapidement de sujet pour éviter des complications.

« Vous êtes seul ? Ça doit être épuisant de tourner en rond dans cette ville sans arrêt, non ? » Il avait eu bien du mal à imaginer qu'on puisse s'en sortir seul pendant très longtemps, pendant les long mois passés à la caserne où l'union faisait leur force. Mais à bien y réfléchir maintenant et au vue des désagréments apportés par la caserne, se débrouiller par soi-même et ne s'attacher à personne semblait une excellente idée. Quand on n'a plus rien, on a plus rien à perdre, pas vrai ? Lui qui avait tout perdu, il en était de plus en plus convaincu, en tout cas. Et inlassablement, l'image de la caserne revenait s'imposer à son esprit, l'obligeant à fermer les yeux une seconde et à chercher autre chose pour occuper ses pensées. Quand tout à coup, il se souvint que lorsqu'il avait rencontré Robert pour la première fois, il n'était pas tout à fait seul. Il y avait deux personnes avec lui, deux personnes que Logan connaissait, lui aussi. « Vous étiez avec Brian et Maggie, ce jour-là, non ? Est-ce qu'ils sont toujours avec vous ? »
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyMer 16 Nov - 21:12

Dernière édition par Robert Smith le Dim 20 Nov - 4:27, édité 1 fois
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22 :18 avant l’inévitable

Le géant traumatisé écouta le colosse assis en face de lui. Il ne pouvait que partager sa peine et sa déchéance. Intuitivement, la grosse main droite du mineur s’apposa sur son avant-bras gauche. Au travers du cuir renforcé de son manteau, la plaie brulante et infectée du virus trois fois maudit le démangeait horriblement. Il se savait condamné, mourant à petit feu pour renaître en une abomination cannibale. Elsa, la sainte dame qui semblait l’écouter un peu et lui faire moindrement confiance, lui avait certifié qu’en cas de morsure, il devait se trancher le membre corrompu dans les dix minutes. Or sa nièce adorée, en fait l’enveloppe charnelle démoniaque, avait planté ses mandibules gorgées de venin néoromantique dans sa chair scarifiée. Et il avait dû se tailler un chemin vers une sécurité tout à fait relative et escorter les leaders de son groupe en sécurité. Toute cette action, cette dépense d’énergie et d’adrénaline, lui avaient pris une heure au bas mot. Donc il allait chuter inexorablement vers l’armée des fils de la Faucheuse. Bientôt son âme quittera son corps ingrat et difforme pour plonger directement vers le purgatoire et ensuite les neuf cercles infernaux. C’était où ceux qui étaient la lie de l’humanité, les monstres de foire vont. Mais comble de malheur, son réceptacle de cauchemar sèmerait la mort. Et si le colosse balafré tombait, zombifié et décervelé, sur des gens qu’il aimait.

Robert en fut pétrifié de terreur, ses yeux océaniques s’agrandissaient sous des images que son esprit fiévreux lui envoyait. Santana et Charlie hurlant de douleur pendant que ses grosses mains rugueuses aux doigts transformés en ergots décharnés et tranchants farfouillaient dans leurs tripes. Heather qui essayait de le repousser faiblement pendant que Bobby, son gentil géant transformé en monstre réel, lui broyait la tête entre ses paluches immenses et destructrices. Brian et sa sœur blonde comme les blés qui crachaient du sang pendant qu’il mangeait leurs intestins avec délectation. Rocky qui couinait de peur alors que le géant putréfié essayait de l’atteindre dans sa cachette. Et la dernière image fut la plus traumatisante, la plus barbare pour son cœur rempli de douceur et d’humanité. Il se voyait enserrer le corps aux courbes divines d’Elsa, l’étrennant comme un anaconda étouffant sa proie pétrifiée. Celui qui avait été Robert plongea sa bouche barbouillée de fluide cramoisi dans le cou de cygne de la scientifique. Mais au lieu de l’embrasser avec douceur et tendresse comme dans des rêves lointains, ses dents cariées et tranchantes comme des rasoirs sectionneraient sa jugulaire. La chose boirait avec avidité le nectar divin et gloutonnerie épouvantable il mastiquerait la chair tendre. Laissant son bras blessé, le mastodonte aux traits atypique figé dans une horreur absolue s’écrasa sa main gantée sur son front. Comme pour essayer pathétiquement de chasser ces images surement prémonitoires.

Il fut ramené brutalement au présent. Une migraine comme il n’avait connu s’était formée dans son cerveau habituellement si vide. Robert ressentait une fatigue, une perte d’énergie comme jamais il n’avait ressenti dans sa vie. L’horrible faciès du colosse à l’armure de chair sanctifiée et maintenant corrompue n’était qu’un masque de tristesse à fendre les pierres. Le regard bleuté si pur, débordant de gentillesse et de bonté, était vide et Logan n’y trouvait que du désespoir et mélancolie. Plissant des yeux dans un effort de concentration absolue, l’erreur de la nature déchiffra à grand-peine les quelques paroles de l’homme brisé devant lui. Car même si la fin était proche, le déchet d’humanité  était toujours un être d’une empathie excessive. Comme à son habitude Bobby essaya d’aider un parfait inconnu au lieu de s’occuper un peu de lui. De ses dernières heures de libre arbitre avant de se jeter tête première en bas d’un gratte-ciel pour empêcher ses visions d’épouvante de se réaliser. Soupirant lourdement, la pathétique créature en voie de devenir un Léviathan réanimé de surcroit cannibale fit un pauvre sourire.

Robert- Tu es en vie, tu sais… Euh… Tu veux que je donne un message de ta part aux tiens si je les croise… Euh… Tu as une image pour que je les reconnaisse? Tu as un endroit pour loger? Je peux t’en fournir un si tu veux j’en aurais plus besoin.

Voyant des papiers et un vieux crayon sur l’accoudoir du banc de prière, Bobby poussa le tout d’une main mollassonne. Fouillant dans ses poches de pantalons, l’erreur de la nature en sortit une clef. À l’origine il y avait deux clefs, deux passe-partout pour ouvrir les portes en acier du magasin-entrepôt. Mais avant sa calamité, le brave géant avait donné la seconde clef à Santana. Il avait dit à l’ange hispanique que c’était un bon endroit en cas de problème. Mais devant lui se trouvait un homme bon qui avait tout perdu. Un peu de compassion et de sollicitude dans ce monde de décrépitude pourrait raviver une flamme d’espoir. Si le colosse balafré pouvait donner une chance de survie alors que sa route s’achèverait bientôt, il le ferait avec une candeur qui lui était propre.  Sa voix était rauque certes, mais douce et remplie de compassion.

Robert- Si tu veux, je pourrais essayer d’aller à la caserne… Euh… Les attirer hors de là ou bien de les tués… Euh… Sinon des gens gentils m’ont accueilli moi et mon chiot… Euh…

Essayant de refouler les larmes, ne pouvant pas empêcher quelques petites rigoles d’eau salée de creuser des lézardes dans le sang noirâtres et la poussière de ses joues, Robert se perdit quelques instants. Il revoyait Charlie, Santana, Ruth et le bébé. Rocky qui semblait si heureux avec tous ces gens au cœur immense qui lui avaient donné une chance de devenir humain. De sa promesse rompue d’être toujours là pour protéger l’ange du savoir et de la connaissance. Il ne pourra jamais avouer à Elsa qu’à chaque fois qu’il disait qu’elle était importante pour le monde, elle l’était au centuple pour lui. Qu’il aurait tout donné pour combattre sa timidité et lui avouer qu’il avait des papillons dans l’estomac en sa présence. Les mains moites et qu’il adorait son sourire. Qu’il ne connaissait aucunement l’amour, mais qu’il sentait qu’il l’aimait avec chaque parcelle de son corps, de son  âme. Mais peut-être que c’est mieux qu’elle ne le sache pas. L’ange avait le choix de n’importe quel homme brillant et magnifique du groupe, alors pourquoi choisir le simplet et le monstre de foire. Au mieux ils seraient restés amis. Mais la conclusion la plus logique était qu’elle aurait ri ou bien prit la fuite. Prenant une respiration à s’en déchirer l’âme, le géant au cœur d’or continuèrent.

Le géant prit quelques instants pour revoir les traits finement ciselés de la scientifique. Elle semblait prouver au monde entier que Dieu pouvait créer des anges terrestres. Plongeant dans le regard inquisiteur dans les yeux de bronze du colosse à la barbiche, Bobby serra un peu les dents. Sa blessure aux bras l’élançait tellement. Une souffrance qu’il n’avait jamais éprouvée s’en dégageait. Il pouvait presque sentir l’envahissement de son organisme si résilient du virus maudit. Sa voix peu assurée se leva avec douceur, luttant à peine contre le grondement de faim et de rage des infectés qui commençaient à gravir les marches de granite.

Robert- Je ne veux pas leur faire mal… Euh… Tiens c’est la clef de ma cachette… Euh… Cotsco au nord d’ici. Porte arrière OK?

La grosse paluche de l’homme difforme s’ouvrit en en révéler une clef de type master. Il la donna à Logan et ensuite referma les doigts de celui-ci pour l’obliger à l’accepter. C’était son héritage envers un inconnu, un acte désintéressé et d’une candeur presque surnaturelle. Les yeux océaniques de la chose mi-humaine, mi-monstrueuse et bientôt blanchâtre par le voile de la mort étaient remplis d’une douce mélancolie et d’une acceptation de sa destinée. Relevant tout doucement sa manche, le colosse balafré montra le pansement de fortune, composé de ruban gris et d’une chemise, débordant d’hémoglobine en partie séchée. Il ajouta dans un murmure, véritable coup de tonnerre dans cet endroit clos et rempli d’écho.

Robert- Sandra ma nièce adorée est revenue me chercher et m’a fait ça… Euh… Elle et ma sœur devait s’ennuyer… Euh… Bientôt je vais les rejoindre pas vrai?

C’était maintenant la seule certitude que le mineur avait dans ce monde corrompu dans la folie et la déchéance. Ou les gens pouvaient faire des actes affreux et barbares au nom de la survie…
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyDim 20 Nov - 0:44

Dernière édition par Logan Carter le Lun 13 Fév - 1:14, édité 1 fois
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Pendant les quelques instants de calme que leur offrait l'église, Logan se décida à faire un effort pour entretenir un semblant de conversation. Rester silencieux ne le dérangeait jamais, bien au contraire, il était plutôt du genre à se taire, observer et faire les choses au moment venu. Mais ne rien dire et rester là à faire face à Robert sans savoir pour combien de temps l'angoissait quelque peu. D'autant plus quand le géant osa lui parler de la caserne, ne sachant pas le sort qui avait été réservé aux survivants. Et comment lui en vouloir ? Il s'était battu aux côtés de Logan et d'Alex pour sauver les meubles, il avait accompagné Zack dans ses derniers instants pour mettre à l'abri le reste du groupe ; il était parfaitement normal qu'il demande des nouvelles et qu'il ne soit pas au fait des derniers événements. Mais c'était un sujet encore trop douloureux pour le leader, qui préféra reporter la conversation sur son interlocuteur en posant à son tour des questions, tâchant de rassembler le peu d'informations dont il disposait sur cet homme étrange et si généreux qui l'accompagnait.

Malheureusement, ses propres questions ne semblaient pas apaiser une seule seconde la tension palpable dans l'édifice et Robert semblait tellement mal en point, dévasté par quelque chose que Logan ne pouvait pas comprendre, qu'il se sentit un peu gêné d'avoir pris la parole. Le plus troublant, ce à quoi le barbu n'arrivait pas à se faire tout à fait, était la gentillesse infinie qui accompagnait chaque prise de parole de son compagnon. L'homme se sentait assez mal à l'aise de tout ce qui lui offrait cet inconnu. Il lui avait sauvé la mise deux fois déjà et il proposait maintenant de l'aider encore, à retrouver sa famille, à se mettre en sécurité. Ne sachant pas trop quoi répondre, Logan se laissa aller contre le dossier du banc et fouilla dans sa poche, jusqu'à en ressortir une photo usée de sa fille, qu'il tendit devant les yeux de Robert. Le joli minois d'Eulalie, légèrement boudeuse, regardait droit vers l'objectif. Toujours armée de son inséparable Néléfant et avec ces cheveux bruns incroyablement long, comme ceux de ses parents. Il ne put se retenir de jeter lui-même un coup d’œil à la photo, quand bien même l'image lui brisait le cœur encore un peu plus.

« C'est Eulalie, ma fille. Elle vient d'avoir dix ans. Et tout ce que je sais c'est qu'elle se trouvait avec ma... Avec Joy. » murmura-t-il finalement. « Une rouquine dans la vingtaine. Vous les avez vu à la caserne, elles étaient là toutes les deux. Elles étaient là aussi quand... quand c'est arrivé. » Il ne savait pas bien pourquoi, mais dire à voix haute la place que Joy occupait réellement dans sa vie lui était impossible. Il n'en avait encore parlé à personne, pas âme qui vive ne savait qu'ils s'étaient mariés dans ce salon de tatouage dévasté trois mois plus tôt et si ça avait été un secret difficile à garder jusque là, il s'agissait maintenant d'un souvenir qui sonnait ridicule à ses propres oreilles. « Mais je n'ai pas besoin d'un abri, j'ai trouvé quelque chose. Et je ne veux pas reprendre la caserne. » signala-t-il plutôt alors que Robert lui proposait d'aller régler le problème tout seul. Cette déclaration le surprit lui-même. Roman et les autres prévoyaient de reprendre leur ancien refuge, mais pour la première fois, Logan réalisait pleinement à quel point il n'en avait pas envie. À quoi bon retourner là-bas ? Cette époque était révolue pour lui, il était largement temps qu'il pense à ouvrir un nouveau chapitre et retourner dans un endroit où il avait été tellement heureux et où il avait tellement souffert ne l'intéressait en rien.

Tout ça l'occupait tellement qu'il n'écoutait même plus vraiment Robert, une fois encore, et qu'il fut assez surpris quand l'homme lui attrapa la main et qu'il déposa une clé dedans, refermant les doigts de Logan autour de l'objet, l'empêchant d'opposer le moindre refus. « Merci... » murmura l'homme, n'arrivant toujours pas à se faire à tant de gentillesse. Il avait essayé d'être gentil, lui aussi, mais ça ne servait à rien et ça lui faisait presque mal au cœur de voir que le géant assis face à lui continuait d'essayer et d'y croire. Fermé sur lui-même et sur ses propres problèmes, Logan ne réalisait pas vraiment la tristesse de son interlocuteur, l'attribuant plutôt à une simple morosité généralisée chez tous les survivants. Quoi de plus naturel que d'être triste et désespéré dans un monde comme le leur ? Aussi, quand Robert releva la manche de sa veste, laissant apparaître une belle morsure au milieu de son avant-bras, le brun fut pris d'un sursaut de recul qui le plaqua contre son banc, les yeux légèrement écarquillés ne lâchant pas la blessure.

La justice avait donc officiellement abandonné cette terre, si tant est que l'homme en doutât encore, il était désormais fixé sur ce point. Lentement, il abandonna son observation horrifié de la marque mortelle pour poser ses yeux sur le visage dévasté de la victime, qui lui expliquait piteusement comment c'était arrivé et qui lâcha cette question, horrible, désespérée, à laquelle une seule réponse semblait possible. Et il fallait que ce soit à lui qu'on la pose. Comment était-il supposé dire à un homme qu'il allait mourir ? C'était trop pour lui. Pire encore d'imaginer que dans quelques heures, ce mastodonte allait se transformer en un monstre assoiffé de chair fraîche et que rien au monde ne pourrait arranger ça. Et qu'il était coincé là, avec cette bombe à retardement assise bien gentiment en face de lui.  Bien malgré lui, le regard du barbu se promena rapidement sur les alentours. L'issue la plus évidente était bien sûr la grande porte dans le dos de Robert. Cette porte qui menait droit sur une horde qui ne se lasserait pas de si tôt d'essayer de les atteindre. Il y en aurait sans doute une autre derrière, plus petite, plus discrète, dont il ne savait encore rien et certainement pas ce qu'il trouverait derrière.

« Je suis désolé... » murmura Logan en baissant les yeux sur ses pieds. Et il l'était, réellement. Des gens méritant ce sort, il devait y en avoir tout un tas dehors. Des monstres encore vivant qui n'hésitaient pas à tuer pour leur bien, pour le plaisir, pour tout un tas de raison qui ne lui semblaient pas justifié et même à eux, l'hawaïen n'aurait pas souhaité un tel sort. Mais Robert, lui, entre toutes les personnes qu'il avait rencontré jusque là, méritait mieux que cette fin. Cette fin qui les attendaient tous, pourtant. « Quand est-ce arrivé ? Depuis combien de temps ? » demanda-t-il plus fort. Il n'était pas tout à fait sûr de la raison qui le poussait à poser cette question : pour savoir combien de temps encore Robert pourrait profiter de cette espèce de vie complètement vaine ou pour savoir dans combien de temps il devrait lui-même affronter le monstre qu'il allait devenir. Un peu des deux, peut-être. Un nouveau regard vers le visage triste du géant eut raison de la patience du brun qui se leva dans un bon, balançant un coup de pied énervé dans son propre sac avant qu'il ne se détourne de son interlocuteur. Il allait devoir le tuer. À un moment ou à un autre, il faudrait qu'il enfonce sa lame dans le crâne de cet homme qui venait de le sauver une fois encore et il n'en avait aucune envie. « Merde ! MERDE ! » Sa voix rocailleuse résonna violemment dans le vide de l'église, alors qu'il entreprenait de faire les cent pas dans la nef. Pourquoi fallait-il que tout tourne toujours aussi mal ?  
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyMar 22 Nov - 14:03
Le géant au teint cendreux remit péniblement le chiffon ensanglanté sur la plaie. Blessure dont les lèvres commençaient à noircir sous la corruption du virus meurtrier. Le regard océanique, fatigué, se focalisa sur la cause de sa déchéance. Bizarrement la pathétique créature n’avait pas peur de la mort. Il la souhaita en cachette, de sentir les caresses froides de la sombre maitresse qui menait les âmes des gens près du Styx. Comme ça Robert pourrait enfin les revoir. Les anges dans leurs auréolâtes beauté divine. Intactes et souriantes. Et non comme les pantins sordides, réceptacles asséchés de leurs âmes lumineuses. Soupirant doucement, il baissa les yeux de honte. Le golem de chair scarifié venait de voir la réaction de recul et surtout d’horreur du gaillard à la peau halé en face de lui. Le mineur s’en voulait de faire vivre pareille douleur et révulsion à Logan, mais il devait avoir la certitude que c’était bientôt la fin. Il avait encore une fois de plus trahi des gens de bien, des âmes généreuses dans ce monde apocalyptique. Comme de raison l’homme apeuré essayait de trouver une cachette, une porte de secours. Une voie de retraite pour échapper à la monstruosité qui se tenait devant lui. Car maintenant c’était une certitude, une vision vraie pour le mineur accablé. IL ÉTAIT UN MONSTRE EN VOIE DE DEVENIR UN MORDEUR. Une voix, un murmure, fit relever la tête de la bête de foire infectée. Un pauvre sourire se déposa sur les lèvres exsangues de la chose immonde.

Mais une parole, un questionnement légitime s’éleva soudainement. Bobby sursauta, sentant la douleur diffuse commencer à faire chavirer sa conscience. Il voulait que se coucher et s’endormir. Se reposer de cette vie de misère. Rêver d’Elsa, de Sandra et de Rosalie. De les voir les trois réunis, parlant en toute amitié. Rocky débordant de bonheur jouant avec une Santana riant aux éclats. Robert aurait aimé leur dire au revoir. Les serrer dans ses bras une dernière fois. Pouvoir dire à l’ange de la connaissance qu’elle était la personne la plus importante de la terre, de l’univers pour lui. Mais il devrait que ne le songer, être un paria et ensuite tout oublier. Devenir une créature guidée par une faim maudite insatiable. Un coup violent ramena brutalement l’erreur de la nature au présent. Il leva son regard voilé par la douleur, sa tête en forme d’œuf voulant exploser. Le musculeux homme faisait tournait comme un lion en cage en jurant abondamment. Rassemblant le peu de force qui lui restait, les réserves d’énergie phénoménales du mineur étant sapé par tant d’effort en si peu de temps, le ton rauque et semblable à deux pierres qui s’entrechoque s’éleva dans la nef.

Robert- C’était à midi Logan… Euh… Il me reste environ 22 heures avant que je devienne méchant tu sais… Euh… Je vais t’aider à te sortir d’ici OK? Tu dois retrouver tes anges… Euh… Moi je vais les revoir plus tard peut-être.


La voix du géant se brisa comme une lame d’acier s’ébréchant sur une armure de maître. Il revoyait les yeux bleutés parsemés d’émeraude de la scientifique. De sa promesse d’être toujours là rompue à cause de sa négligence. Avalant sa salive, sa gorge sèche comme du papier râpé le faisait souffrir, il plongea son regard dans celui de son vis-à-vis. Une mélancolie, des regrets, une résignation et aussi une tristesse pouvaient aisément se déchiffrer dans les yeux océaniques de l’homme. Mais l’horrible faciès du monstre de foire refléta une détermination qui venait de naître. Reprenant contenance, Bobby parla avec sincérité et honnêteté.

Robert- Demain matin je vais monter très haut pour ensuite sauter sur la tête en bas… Euh… Je ne veux pas faire du mal aux gens… Euh… Je sais que je vais aller en enfer pour m’être tuer, mais je m’en fiche… Euh… Sauf que je ne fais pas voir Sandra et Rosalie. Elles sont au ciel… Euh… Si je meurs sans sauter je pourrais les rejoindre.

Se levant avec difficulté, la tête de l’homme monstrueux venait de commencer un carrousel frénétique, Bobby respira avec douceur. Mettant son sac à dos énorme, rempli de victuailles, en place sur sa colossale personne le mineur exprima un regret.

Robert- Je n’ai jamais eu la chance de danser avec un ange… Euh… Embrasser et lui chanter une douce chanson… Euh… Mais pas humain… Euh… Toujours été monstre tu sais.


Peu de femmes pouvaient supporter la laideur et les carences intellectuelles du golem de chair. Même si la beauté de son âme pouvait rivaliser avec les grâces divines, les gens s’arrêtaient généraux au visible. Peu pouvait voir le trésor d’humanité et de candeur que cachait l’arme de muscles disproportionnés et lézardes de stigmates. Image d’une vie de privations d’amour et de souffrance perpétuels…
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptySam 26 Nov - 17:25

Dernière édition par Logan Carter le Lun 13 Fév - 1:16, édité 1 fois
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Rester calme. Il fallait absolument rester calme. Plus facile à dire qu'à faire, cela dit. Très clairement, la patience de Logan n'était pas au beau fixe, il faisait maintenant les cent pas dans la nef, animé par la rage. Toute cette situation devenait plus qu'invivable. Et ce pauvre homme qui n'avait rien demandé à personne. C'était triste, injuste et ça ne faisait que confirmer ce que l'homme à la peau matte commençait à se mettre dans le crâne depuis quelques temps : les bons ne s'en sortaient jamais. C'était en se montrant serviable et charitable qu'on se créait des problèmes, qu'on prenait des risques et qu'on flirtait inutilement avec la mort. Il ne savait pas avec certitude comment Robert en était arrivé à se faire mordre par l'une de ses choses, mais il imaginait déjà bien la scène. La naïveté du géant et cette impression qu'il donnait d'être totalement hors du monde...

Sans trop le remarquer, Logan serra les poings et sentit une résistance dans sa main droite. La clé que venait de lui donner l'homme s'enfonçait dans sa paume sous la pression, ce qui l'obligea à l'ouvrir pour regarder l'objet argenté. Il se retint de justesse de ne pas la balancer bonnement et simplement au milieu de l'église, histoire de ne pas froisser les sentiments d'un homme à qui il ne resterait pas longtemps à vivre.

Vingt-deux heures... C'était à la fois incroyablement long et horriblement court. Et même en sachant qu'il lui restait si peu de temps à vivre, l'homme ne continuait que de s'en faire pour Logan, ce qui commençait légèrement à agacer ce dernier. Il avait envie d'aller se planter devant lui et de le secouer jusqu'à ce qu'il comprenne ce qui était sur le point d'arriver. Pourquoi perdre ses dernières heures sur Terre à s'en faire pour un inconnu ? À sa place, Logan ne pensait pas pouvoir réagir avec autant de bienveillance et de considération pour autrui. À vrai dire, il ne s'était jamais demandé ce qu'il ferait s'il devait se faire mordre tout à coup. Sans doute mourir vite, avant que le poison ne se répande dans ses veines et en emportant le plus de ces monstres avec lui, si possible. Mais il ne perdrait certainement pas son temps à parler gentiment avec un type qu'il venait de rencontrer et qu'il ne reverrait jamais. Dire adieu à sa famille, s'il avait la chance de les avoir auprès de lui. Et disparaître aussi vite que possible. Pour rien au monde il n'attendrait de devenir malade à en crever, ni ne se laisserait mourir à petit feu. L'attente, c'était le pire. Tout ce temps en sachant que la fin approchait, tout ce temps pour faire la liste de ses regrets... Non, ce serait clairement invivable.

Et pendant que Logan essayait tant bien que mal de retrouver son calme en usant le sol de la nef, Robert continuait de parler, trouvant écho aux pensées de son interlocuteur. Il voulait mettre fin à ses jours, lui aussi. Il exprimait les regrets qu'il gardait encore. Toujours frustré et fou de colère, le barbu cessa quand même de faire les cent pas pour poser son regard sur le colosse. Il ne disait rien, restant grave, immobile. Que pouvait-il répondre à ça, exactement ? Il n'avait clairement pas le physique pour offrir à l'homme le peu d'amour qu'il regrettait de n'avoir jamais connu. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était rester là, attendre. Offrir peut-être à Robert la chance de quitter ce monde avant que la souffrance ne s'empare de lui ? Il ne connaissait pas grand chose au côté plus médical de ce fléau, mais il avait eu l'occasion d'observer une infectée, autrefois. De suivre dans le silence et la douleur la propagation de cette monstruosité dans le corps frêle d'une pauvre malheureuse qui ne méritait pas de finir comme ça.

C'est d'ailleurs en retrouvant le souvenir de cette femme que le visage dépité de Logan passa à l'étonnement. Deux heures, déjà ? Il n'avait pas l'air si mal en point que ça, à bien y repenser. Il ne semblait pas forcément prêt à aller courir le marathon, mais il n'était pas blafard, pas spécialement transpirant. Est-ce que le poison infectait plus difficilement un homme de cette carrure ? Il ne savait pas trop si c'était une bonne nouvelle ou non, à vrai dire. Ça allait seulement allonger son calvaire, rien de plus...

« Je peux t'aider. » lâcha finalement Logan. Il avait l'impression d'entendre sa voix résonner dans l'édifice vide, mais c'était sûrement sa simple conscience qui lui répétait la décision qu'il venait de prendre. « Mettre fin à tout ça avant que tu ne tombes malade... » précisa-t-il. Ce ne serait pas facile, ce serait même sans doute horrible. Mais il lui devait bien ça, non ? En attendant la réponse de l'homme, il continua de le fixer bien en face, essayant de ne pas trembler, de ne pas montrer le moindre signe d'hésitation, et il rangea la clé dans sa poche avant de poser sa main sur la crosse de son revolver à sa ceinture. Il caressa l'arme du bout des doigts et éloigna sa main après quelques secondes. Il n'y arriverait pas comme ça, pas tout de suite. Le seul sang frais ayant jamais souillé ses mains appartenaient à des hommes mauvais, qu'il avait tué sur le coup de la colère et qui le méritaient sans doute un peu. Mais lui ?

« Tu n'as pas l'air très mal en point, on peut rester ici encore quelques heures, se boire un dernier verre et... quand ça commencera à devenir trop douloureux, je m'occuperais de toi. »
 
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyMer 30 Nov - 8:35
Le géant balafré ressentait, s'imaginait surtout, le venin du virus commencer à parcourir son corps immonde. Au nombre de fois qu'il avait tranché dans les chairs putrides des pantins de la Faucheuse, le colosse s'était retrouvé couvert de fluide noirâtre. Épais et visqueux comme de la vieille huile à moteur. Dans son esprit bouillant de fièvre, Robert pouvait presque sentir son sang se coagulé dans ses veines. Son coeur immense remplis de candeur commencer à ralentir sa course pour s'immobiliser dans quelques heures. Ses muscles puissants et disproportionner s'atrophier lentement pour gagner la rigidité cadavérique. Son appétit deviendra corrompu par le besoin de chair fraiche. Mais le summum de sa peur, de sa terreur même, fut qu'il allait oublier toute sa vie. Les épisodes de rejet, de peine et de douleur de sa vie misérable pourraient disparaître sans aucun problème. Et Dieu savait combien de ces scènes bouleversantes jonchaient pathétiquement l'existence exécrable de Robert. Mais c'était surtout les rares moments d'allégresse, de joie et de bonheur qui avaient surgis dernièrement. Charlee, Santana, Charlie et quelques lueurs de bonté qui avaient éclairés dans l'opacité malveillante de ce monde de fou. Mais ce qui allait lui manquer était deux êtres. Rocky le petit chiot qu'il avait recueillis. Au moins la bête de foire avait pu lui dire un dernier au revoir, caresser sa petite tête et recevoir un coup de langue rugueux sur sa joue. Repenser à la petite bouille si joyeuse du berger allemand fit naître un semblant de joie sur les lèvres exsangues de l'homme difforme. Mais pendant qu'il finissait de sangler le lourd sac à dos remplis de nourriture sur son dos endolorie, les pensées du simplet se dirigèrent vers les traits sublimes de son ange du savoir. Il aurait tellement voulu dire à l'être divin qu'elle était importante pour lui. Même plus que sa vie. La voir sourire pouvait effacer toutes les stigmates qu'il avait reçues. Ne passer qu'un instant près de son aura de perfection céleste le faisait sentir humain, normale. Que le regard si intelligent, pénétrant et débordant de gentillesse d'Elsa hantait les rêves de la bête. Les iris d'azures mouchetés d'émeraudes de l'ange à la chevelure de jais remplaçaient sans peine la lune et les étoiles dans l'imaginaire de Bobby. Il fut arraché à la contemplation de la beauté divine, de la déesse qui avait de lui sans le savoir son dévot, par la voix de l'homme musculeux.

Se retournant à demi, laissant entrevoir son profil balafré répugnant, il écouta les paroles de Logan. Des mots hésitants, mais remplis de compassion. De gentillesse même à un certain point. Les yeux océaniques de la chose mi humaine, mi infecté par le virus ravageur, s'illuminaient de gratitude. La grosse voix rauque du mastodonte remplis à son tour la nef silencieuse, couvrant sans peine le choeur des âmes en peines qui commençaient à tambouriner sur la double portes du lieu saint perverti.

Robert- J'ai juste mal à la tête... Euh... Ça prouve que j'en ai une...


Un petit rire, sans joie réel, franchit les lèvres exsangues de la chose.

Robert- Euh... J'aimerais mieux te permettre de sortir d'ici Logan... Euh... Si je peux aider des gens pendant le temps qu'il me reste j'aimerais bien... Euh... Tu as des gens qui t'aime et que tu aimes... Euh... Doit les retrouver... Euh... En arrière de la grosse croix au fond il y a une porte pour sortir derrière tu sais... Euh... Donne sur le cimetière... Euh... Les mordeurs sont tous à l'avant tu sais... Euh... Je pourrais sonner la cloche pour attirer le maximum ici et que la rue c'est plus calme pour se sauver... Euh... Tu en dis quoi?

Attendant la réponse de son allié d'infortune, le regard triste comme les pierres de Bobby se focalisa sur les doubles portes qui commençaient à trembler doucement. Tout près se trouver la corde pour ameuter les fidèles autrefois. Maintenant ce sera un leurre des plus convaincant. Un appel pour le diner pour les abominations qui arpentaient ce monde de ténèbres.

Robert- Tu es un type bien Logan... Euh... Je ne veux pas que tu me tues... Euh... M'aider tu sais... Euh... Je ne veux pas que ça te hante d'avoir tué un monstre... Euh... Je vais me tuer tout seul... Euh... Quand ce sera le temps et que tu seras en sécurité ok?


Des pensées vers son ange du savoir lui firent enfin finir la composition qu'il avait en tête depuis sa seconde avec elle. Robert aurait tout donné pour pouvoir la chanter a la scientifique. Lui démontrer la seule beauté qu'il avait en lui. Sous l'impulsion du moment, oubliant le chaos et sa situation précaire, le don de l'homme difforme se manifesta. Une voix forte, raque, mais si agréable s'éleva dans la nef. Un chant d'une justesse, d'une harmonie presque surnaturelle. Les doutes, les souffrances et la peur de la bête s'évanouir au rythme des paroles. Une aura de calme, de bienveillance et de candeur sembla se déposer comme une cape majestueuse sur les épaules fourbu de l'homme difforme. Il avait accepté sa condition et maintenant il avait un but. La chanson voyageait subliment dans l'acoustique du bâtiment. Avec lenteur il se retourna vers les portes. Le mineur était dos à son musculeux compagnon d'infortune. Rougissant un peu, comprenant que ce n'était peut-être pas le moment ni le lieu pour pousser la chansonnette. Piteusement il présenta des excuses sincères.

Robert- Désolé d'avoir chanté Logan... Euh... Je chante seul habituellement... Euh... J'ai pensé a ça pour une dame... EUHHH

Mais la déclaration de l'homme difforme fut coupé abruptement quand une goule, vêtu encore de son habit cérémoniel taché de sang sécher, surgis comme un diable en boîte du confessionnal tout près de lui. La créature devait être enfermer depuis si longtemps dans la petite cabine. Les deux monstres commencèrent une valse mortel, les deux usant de toutes leurs énergies pour terrasser l'autre. Bobby avait la force brute et l'expérience de son côté. Mais l'abomination qui fut autrefois un homme respectable d'église avait la vigueur surnaturelle des déterré. Les portes commencèrent alors à se fissurer et des bras putrides et galeux s'infiltrèrent par les trous. Bientôt l'église sera envahie par une marée nauséabonde de cannibales cherchant leur pitance maudite.
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyJeu 1 Déc - 21:18
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La décision n'était pas facile, mais c'était le mieux que Logan puisse faire pour cet homme. Si la situation avait été inversé, c'était tout ce qu'il aurait attendu d'un inconnu : qu'il mette fin à ses souffrances avant que ça ne devienne ingérable. Pour le moment, ça semblait aller pour Robert, mais avant qu'il ne souffre, Logan pouvait s'occuper du problème. Il pouvait lui offrir une fin correcte et le laisser partir avec sa dignité intacte. C'était la moindre des choses, la seule réaction humaine à avoir dans une situation pareille.

Mais l'homme mourant ne voulait rien savoir et Logan ne s'en étonna même pas, poussant plutôt un soupir en détournant le regard, sans rien ajouter. Que pouvait-il répondre à ça ? Il n'avait aucune envie de faire dans le mélodramatique. Si Robert ne voulait pas qu'il le tue, il ne le tuerait pas. Qui était-il pour décider à la place d'un homme condamné la manière dont il allait mourir ? Il ne voulait pas s'opposer à cette décision, seulement se trouver très loin d'ici si cet homme devait se réveiller un jour en rôdeur. Ne surtout pas avoir à affronter une telle créature. Car comme le faisait si bien remarquer Robert, il y avait encore des gens qu'il aimait là-dehors, des gens qu'il devait retrouver avant de pouvoir se reposer.

« Comme tu veux. » lâcha-t-il quand même. Puis, il tourna le dos à l'homme pour observer le bout de la nef et la croix dont il venait de lui parler, derrière laquelle se trouvait la sortie tant espérée. Il n'avait pas du tout envie de demander à l'homme d'aller jouer avec la cloche pour lui sauver la mise, mais prendre la fuite... Retourner simplement à sa pathétique existence, à ses propres problèmes en laissant Robert derrière lui. Ce n'était pas très sympa, pas vrai ? Mais il se voyait mal accompagner un inconnu dans ses derniers moments. Lui tirer une balle dans la tête, c'était rapide, vite passé. Mais devoir lui tenir la main quand il agoniserait, que la fièvre le ferait délirer... Il n'avait jamais été très doué pour ce genre de compassion-là.

Après quelques secondes, le silence se retrouva brisé par la voix du géant qui chantait dans le dos de Logan. Le barbu se retourna pour le regarder brièvement. Il ne semblait toujours pas spécialement mal en point, mais en était-il déjà arrivé aux délires ? C'était un peu étrange sans la fièvre et tout le reste... Peut-être qu'il voulait seulement faire un truc qu'il aimait, une dernière fois avant la fin. Sans faire de commentaire, Logan le laissa donc à sa chanson et s'installa sur un banc, retournant se perdre dans ses propres pensées, sur ce qu'il allait faire une fois que cette scène affreuse prendrait fin et qu'il quitterait enfin cette petit église de quartier pour retourner à sa vie insipide. Le chant de Robert se perdait suffisamment au profit de ses préoccupations pour n'être plus qu'une bande sonore un peu déconcertante, mais pas vraiment gênante. Il ne remarqua même pas que l'homme ne chantait plus, jusqu'à ce qu'il s'excuse de l'avoir fait.

« Pas de soucis. » lui répondit Logan gentiment. Qu'est-ce qu'il pouvait dire ? Il ne pouvait pas lui interdire de profiter un peu de la fin de sa vie. Mais avant que la conversation n'aille plus loin, les problèmes étaient de retour. Aucun des deux ne l'avait vu venir, mais le cadavre ambulant d'un prêtre surgit au milieu de leur conversation. Aussi vite que possible, Logan s'empara de son revolver, pointant dans la direction du rôdeur aux prises avec Robert. Il tira avant de réaliser que ça n'était même pas vraiment utile. La balle frôla le crâne du mort, avant de disparaître au loin. Mais pourquoi avait-il fait ça ? Il y avait du sang, mais le rôdeur tenait toujours debout. Tout allait trop vite, dans tous les sens.

« Robert ! Il faut qu'on bouge ! » cria-t-il en commençant à reculer vers la sortie arrière. À quoi bon perdre du temps avec un seul rôdeur ? Les autres allaient bientôt passer leur barricade de fortune, il ne fallait pas rester là. « Robert ! » Il continuait de reculer en gardant son arme pointée sur les deux combattants. Il était temps que l'homme fasse un choix, rester ou s'enfuir...
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MessageSujet: Re: Last Stand (feature Logan)   Last Stand (feature Logan) EmptyMer 14 Déc - 2:34

Le colosse balafré performait, en compagnie d’un membre du clergé qui avait perdu son âme immortelle, une sorte de valse macabre. Les deux adversaires étaient au coudre à coudre dans cette lutte de titan. Robert était renommé pour sa puissance musculaire et sa résilience hors du commun. Mais la récente blessure au bras affaiblissait considérablement sa force brute. Rajoutant à cette équation que la plupart des réserves d’énergie avaient été sabotées durant ces quelques heures de lutte qui devenait de plus en plus inégale. Quant au prêtre, qui devait être une âme charitable et devenu contre son gré un pantin du virus démoniaque, il était ventripotent et de gabarit hors norme. Une véritable armoire à glace qui imposait le respect dans sa congrégation religieuse. Et maintenant qu’il bénéficiait de la vigueur surnaturelle de la non-vie, l’aberration pouvait tenir tête indéfiniment face au golem de chair exténué.  Par ses réflexes de soudard et de survivant de cette nouvelle ère de chaos, Robert bloqua le manche de sa hache d’incendie au niveau de la gorge de la chose sans âme. Les dents cariées claquaient à quelques centimètres de la jugulaire du monstre de foire. L’haleine fétide, transportant l’arôme de chair putréfié, était poussée directement dans l’horrible faciès de l’homme difforme. Suffoquant à moitié, essayant de retrouver son courage émietté propulsé aux différents points cardinaux, Bobby hurla sa rage et son défi à la face d’un dieu sourd et indifférent. Les ergots qui servaient de phalanges au pantin de la Faucheuse s’enfonçaient dans les trapèzes du géant. Mais heureusement que le manteau de cuir renforcé bloquait les os aiguisés comme des rasoirs. Les doubles portes commençaient à valdinguer, dangereusement sur leurs charnières des fissures commençaient, à laisser filtrer des rayons de soleil ou bien des doigts inquisiteurs et impatients. Les grognements affamés, les hurlements de rage du mineur tous les sons présents dans la nef furent étouffés par une détonation sèche. La goule chancela sur quelques pas vers l’arrière, comme hébété par le son du coup de feu. Laissant l’adrénaline et la fureur soudaine guider ses actes, le golem de chair asséna une puissante détente de son arme. Un arc d’acier trancha proprement la tête du pasteur et la vit voler vers les doubles portes qui menaçaient de s’effondrer d’un instant à l’autre.

Mais une piqure, semblable à une aiguille chauffée à blanc, se propagea sur le côté gauche de ce visage. Un air ahuri se peignit alors sur les traits atypiques de l’homme. Robert porta sa main, curieux de comprendre le pourquoi de cette chaleur subite, à son oreille. Le contact poisseux et collant du sang chaud donna la réponse au colosse. Il avait été touché par le tir de l’homme. Une partie de son oreille, le lobe ou bien la totalité, avait été apportée par le projectile. Ouvrant la bouche dans un cri muet, de la souffrance parcourant son regard devenu une mer agitée par l’angoisse et l’incompréhension, le géant tomba sur un genou. Un peu comme un condamné à mort en train de supplier son bourreau. Un grondement sourd dans son conduit auditif menaçait de lui faire perdre le peu d'équilibre qui lui restait. Des larmes de frustration et de douleurs coulaient en abondance sur son visage à peine sculpté. Lavant au passage une petite partie du sang qui s’échappait de sa zone meurtrie. Tournant à demi son horrible faciès barbouillé de sang, le colosse infecté murmura une question des plus légitimes.

Robert- Pourquoi?

Nul ne sait si la bête de foire entendit la réponse de Logan. Car déjà une porte se décrocha subitement de son montant. Laissant entrevoir une marée de visage livide et sans âme qui commençait à se déverser en chutant pathétique sur le carrelage du lieu profané. Serrant les dents à s’en faire sauter l’émail dessus, le géant cauchemardesque se redressa avec difficulté. Hurlant à pleine voix une dernière demande, Robert fit un pas hésitant vers la horde qui commençait à s’engouffrer.

Robert- SAUVE-TOI LOGAN. JE LES RETIENS. TROUVE TA FAMILLE OK?

Les veines de son cou de taureau se gonflèrent sous l’afflux soudain d’adrénaline. Les muscles de ses bras et de ses jambes se transformèrent en pistons vivants. Le cœur immense, transformé en une sorte de moteur, pompait le fluide vital pour augmenter la puissance déjà phénoménale de l’homme. L’erreur de la nature chargea alors sans peur vers son destin funeste. Au moins, sa lente agonie vers la mort et sa résurrection cannibalisme ne se produirait pas. S’arrêtant en dérapant alors près de l’escalier menant au clocher, Robert commença à faire son baroud d’honneur. Le combat qui n’eut aucun témoin à part les statuts des saints d’autrefois fut des plus glorieux. Épique et surtout sanglants. La lutte pour la survie du monstre de foire était terrible. Son regard océanique ne pouvait plus discerner que des ombres pathétiques et lentes. Sa hache tranchait la multitude, mais l'ennemi putréfié revenait toujours en surnombre. Robert avait mal partout, saignant de son oreille arrachée. Mais il faisait preuve de férocité extrême en plus d'acharnement digne des bersekers d’autrefois. Il devait tenir aussi longtemps qu’il pouvait pour donner le temps au père de famille, à l’homme aimé de tous, de se sauver de cet enfer sur terre.

Mais après un coup virulent de sa part, l’esprit de la chose revit une mirabelle de visages qu’il adorait. Santana, Charlie, Ruth, Rocky. Et l’être le plus important à ses yeux fut naturellement la scientifique. Il s’ennuyait de leurs sourires remplis de candeur. De leurs petites attentions envers l’être dégoutant qu’il était. Le mastodonte devait au moins leur dire au revoir, un adieu émouvant et les remercier d’avoir donné un peu de compassion à cette caricature d’homme qu’il était. Alors après avoir donné un grand coup de pied dans le poitrail d’une goule pour se donner l’espace d’air, le géant à l’armure de chaire rapiécée monta les marches vers le clocher quatre à quatre. Il s’effondra alors près de l’antique instrument qui sonnait la bonne nouvelle autrefois dans une époque ou la foi valait encore quelque chose. Il fit un bagage de fortune pour son oreille arraché. Son mal de tête augmentait et il sombra bientôt dans un sommeil agité. L’épuisement et la perte de sang l'avaient pousser dans les bras de l’inconscience. Bercé par la mélopée de la multitude d’aberrations qui chantait leur faim immonde. Des cauchemars de sa famille réanimés et des êtres chers qui mourraient d’horribles façons l’attendaient immanquablement dans son subconscient. Sournoisement comme des assassins dans l’ombre.
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