Deception point | Louis




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I walk a lonely road
Elliot Jensen
Matricule n°001
I walk a lonely road
Lun 15 Mai - 15:14

Le soleil tapait drôlement fort pour une journée d'hiver, je me contentais d'ouvrir le col en fourrure de ma veste. J'avais cette affreuse impression de tourner en rond, revoir l'appartement de Nolan m'avait poussé à ne plus m'éloigner, peut être reviendrait il par ici, ou il irait jusqu'à New York où je ne me trouvais plus... Il y avait tellement d'inconnus... Quoi qu'il arrive, j'avais trouvé un petit appartement au dessus d'un garage à la sortie de la ville et je m'y étais installée. Enfin si on pouvait appeler ça installé, je ne laissais jamais mes affaires sur place, mais j'y retournais chaque soir. L'accès était compliqué, l'escalier en bois qui se trouvait dans le garage c'était effondré, aussi pour rentrer ou sortir de cet endroit il fallait faire preuve de motivation et de gymnastique. Au final ça me convenait bien, à l'abri, caché, isolé. Je me rappelais cette discussion avec la Russe qui tournait dans le coin, la solitude ne pesait que sur les faibles... Elle avait tord, elle pesait aussi sur les animaux habitués à vivre en meute. Ma rencontre avec Barry m'avait beaucoup changé, je passais moins de temps seul, et j'appréciais de plus en plus sa compagnie, ce n'était pas compliqué, un chien de guerre qui en rencontre un autre, il y avait que deux solutions, soit ils s'égorgent soit ils se sautent au cou.

Ma petite balade consistait avant tout à relever les collets qui ont été posés la veille. Je mourrais de faim, mais je ne perdais pas la tête face à cette faim tenaillante. Mais cependant, c'était une forme un peu étrange qui attirait mon attention. Un homme avec une stature droite. Comme tout le monde, je me méfiais des autres humains, mais je n'étais pas une pauvre petite femme innocente, je savais pertinement que je pourrais me défendre contre la plus part des personnes isolés qui se trouvaient dans le coin, les plus dangereuses je les connaissais et si nous n'étions pas forcément amis, je ne pensais pas qu'ils représentaient une menace. Généralement, la faim aurait prit le dessus sur la curiosité, mais quelque chose m'attirait sur cette silhouette, quelque chose de familier. M'approchant avec prudence de cette forme je fus de plus en plus surprise, puis finalement se fut la surprise qui l'apportait et faisant fit de toute prudence, je bondis de mon buisson et fonçais vers cette silhouette si familière. Nolan. Enfin je l'avais retrouvé. Je l'appelais ravie, ne me rendant même pas compte à quel point que je criais, et à quelques mètres de lui je me rendis compte que quelque chose clochait. Nolan était grand, bien plus que moi, et la silhouette en face de moi ne me dépassait pas de plus de dix centimètres. Arrêtée en chien de fayence, j'observais la personne en face de moi, c'était incroyable son visage semblait si semblable à celui de Nolan, ça ne pouvait pas être une coïncidence, bon bien sûr la coupe de cheveux ne correspondait pas, mais pas facile de trouver un bon coiffeur dans le coin, et son visage était si maigre mais là encore je me rendais compte que moi même j'avais perdu beaucoup de poids même si c'était moins flagrant que sur lui, ou du moins son sosie, rien de plus normal j'avais bien moins à perdre.

"Je..."

Je n'arrivais plus à réfléchir, je me trouvais devant le sosie de mon fiancé perdu de vue depuis plus d'une année. Toute ma méfiance, toute les précautions qui m'entouraient généralement semblaient tomber à l'eau. Mais maintenant que je me retrouvais près de lui, à quelques mètre je ne pouvais que me rendre compte d'une simple chose, ce n'était pas lui... Même si je ne l'avais pas vu depuis des mois je connaissais son visage par coeur, sa petite cicatrice au dessus de l'oeil qu'il a depuis l'enfance, ses yeux noisettes tirant sur le vert, non cet homme n'était pas Nolan.

"Je..."

Je n'arrivais clairement plus à m'exprimer, je devais avoir l'air d'une sacrée cruche...

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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Lun 15 Mai - 22:22

Survivre un autre jour... Le supplice de Sisyphe d'une certaine façon. une épreuve de tous les instants pouvant se conclure soit par une mort violente, soit par une lente agonie. Louis n'avait envie ni de l'une, ni de l'autre. Il avait perdu son travail, sa famille, sa patrie, mais il lui restait sa vie. Il avait découvert en se testant qu'il ne voulait pas mourir et depuis, chaque jour était une nouvelle quête de nourriture, de matériel, d'un endroit sûr ou autant que faire se put pour dormir quelques heures.
Après seulement un an, Detroit avait encore beaucoup de "trésors" à offrir à qui savait fouiner sans attirer l'attention, que ce soit des cadavres ambulants ou des autres survivants. Aussi il y avait de bonnes chances de trouver quelque chose d'intéressant et les bonnes semaines, l'ancien militaire pouvait faire trois repas et récupérer assez d'eau potable pour ne pas craindre la déshydratation. avec l'arrêt complet de l'économie et donc des usines l'air était devenu plus pur, la pluie aussi et la récupérer devenait possible, juste faire attention à ce qu'on utilisait comme récipient. Au moins Rosket n'avait pas ce genre de problème, il attrapait des insectes et parfois même un rongeur. Dommage qu'il ne fut pas partageur, Louis avait failli y laisser un doigt en voulant récupérer le rat zigouiller par la sale bête qui lui servait de compagnon. "On fait bien la paire tous les deux, hein?" Avait il dit avec le rictus grimaçant qui tenait lieu de sourire chez lui.

Aujourd'hui était donc un jour comme tous les autres. Se lever, vérifier les environs, boire un peu, prier Dame Chance, se mettre en route et arpenter les rues comme un spectre en quête de pitance et d'un nouveau nid douillet. Qui sait, peut être aurait il de la veine?

C'est là, inspectant une échelle de secours qui donnait sur un immeubles aux vitres encore en état - signe potentiel prometteur - qu'il entendit des bruits de pas dans son dos. Il se retourna promptement et vit arriver une femme, une jeunette, mais le plus remarquable était son comportement, pas son physique. A croire qu'elle voyait le messie, ou plus sûrement un proche perdu. A moins qu'elle ne joue la comédie pour s'approcher suffisamment et tenter de l'attaquer. Un an auparavant, cette idée l'aurait presque fait rire tant elle semblait absurde, une demie portion, attaquer un instructeur militaire qui faisait craquer - les os entre autres choses - de gars des forces spéciales, mais aujourd'hui, après un an de régime sec Somalie Staïle pour toute l'Humanité, il n'avait plus envie de rire. Non seulement il n'était plus que l'ombre de lui-même physiquement parlant, mais les gens étaient prêts à toutes les folies dans l'hypothétique espoir de manger et boire... Il avait même vu des cannibales.
D'abord assez vif, les pas de l'inconnue ralentirent au fur et à mesure qu'elle s'approchait et sur son visage se faisait l'incarnation grandissante de l'espoir déçu. Non, il n'était pas celui qu'elle attendait. Amant, mari, frère, peu importait, un gars qui au choix était mort ou changé en zombie. La déception lui coupait la chique, c'était normal, mais Louis pensait d'abord à sa sécurité aussi finit il sa phrase quand elle se répéta.
"Je..."  

"Suis bien assez près comme ça."

Le ton était posé, le regard direct et sans la moindre trace d'animosité, mais pas pour autant amical et si le bras n'était pas levé, le pied de biche qu'il tenait dans sa main droite était maintenant bien visible, histoire de bien faire comprendre à cette inconnue que si elle avait des intentions hostiles ou même simplement s'il la considérait comme potentiellement hostile, il n'aurait pas le moindre scrupule à lui enfoncer la boîte crânienne. Elle ne serait pas la première qu'il soulagerait du fardeau de l'existence...

"Que voulez vous?"

En échos à sa question, Rosket avait sorti sa trogne d'un tas de détritus et grondait en direction de l'intruse façon de lui dire qu'elle n'aurait pas ses ordures. Il exhibait ses crocs, bien plus menaçant que son partenaire bipède, à croire qu'il avait pris à cœur d'être aussi aimable que le raton laveur ayant inspiré son nom.

"Vous feriez bien de vous dépêcher de répondre, mon partenaire n'est pas du genre patient, et encore moins commode que moi."

Si le ton se voulait léger, et le petit rictus presque un sourire, le regard quand à lui restait toujours aussi neutre, la jaugeant avec attention.
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Elliot Jensen
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Mar 16 Mai - 12:44

La voix de l'homme en face de moi fut comme un électrochoc. Il était à présent clair et net qu'il ne s'agissait pas de mon Nolan, sa voix était si dur, sans avoir forcément de l'animosité, je ne le ressentais pas comme étant dangereux, du moins pas plus que l'avait été Barry, dans sa stature, je ne pouvais qu'imaginer une personne ayant l'habitude des combats, militaire, policier, milice, mercenaire, où quelque chose du genre. Qu'importe, au final qu'est ce que j'en avais à foutre? Moi qui avait généralement un caractère plutôt agréable à vivre et qui tentait de ne jamais baisser les bras, j'étais à terre. Comment le destin pouvait il se jouer de moi à ce point, sérieusement, me coller le sosie de mon fiancé devant les yeux, c'était injuste. Je déposais mon regard sur la bestiole qui le foutu beau gosse qui n'était pas celui de mes rêves. Face à ses dernières paroles, je me laissais tomber mon cul dans la poussière, autant les blessures physiques ne m'avaient pas plus touchées que ça, mais là j'avais l'impression d'être définitivement à terre. A quoi bon continuer à se battre dans ce genre de situation... Tout était terminé.

"Et bah pourquoi pas jvais me faire bouffer par Meiko et Pocahontas, bon c'est pas réellement une happy end, mais sérieusement j'en ai plus rien à foutre..."

J'observais avec attention ce visage que j'observais avec amour depuis quelques années, afin non pas réellement ce visage, mais son reflet. J'aurais aimer le revoir avant de tomber mais là je n'avais plus la force de me relever. Je passais le plus clair de mon temps à survivre dans l'espoir de le retrouver. Je finis par me laisser entièrement tomber dans la poussière, tournant la tête vers l'homme qui se trouvait face à moi, je l'observai s avec un petit sourire avant que les larmes se mettent à couler le long de mes joues. Ce n'était pas facile de faire craquer un militaire, jamais je n'avais craquer à aucun de mes entrainement sur aucun de mes missions, jamais je n'avais lâché quoi que se soit, et ce depuis ma plus tendre enfance, depuis le jour où j'avais décidé que ce monde ne méritait pas mes larmes. Mais aujourd'hui, même si j'avais trouvé Barry, même si ma solitude m'avait paru moins présente pendant quelques temps, elle semblait aujourd'hui me submerger. J'étais dépassée, j'étais à terre, j'étais blessée.

"Sérieusement j'ai l'impression que c'est une mauvaise blague, tu sais que tu as la même gueule qu'un militaire que je cherche depuis un peu plus d'un an bon tu es plus court sur patte et sans doute un peu plus vieux, mais je t'assure de loin ça fait fait illusion putain..."

Je fixais le ciel bleu, il faisait incroyablement beau pour une journée d'hiver, une belle journée pour abandonner tout espoir, Dante aurait sans doute été d'accord avec moi. Je repris cette fois pour moi même :

"Remarque je suis en train de discuter à un mec qui parle à un raton laveur, je crois que ça y est j'ai totalement perdu la boule. Gosh j'aurais crus tenir plus longtemps que ça, mon instructeur m'aurait foutu une claque derrière le crane si il était toujours vivant, oui si il était toujours vivant je le verrais arriver en courant pour me botter le cul."

Oui je crois que je vais l'attendre ici, c'est plus sage...

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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Mar 16 Mai - 20:41

De toute évidence, la situation l'avait complètement désarçonnée. Sa réaction montrait qu'elle se raccrochait à ce vain espoir comme un rescapé de naufrage à sa bouée, espérant qu'il atteindrait une côte bientôt, et sa rencontre avec Louis avait fracassé cette espérance avec une brutalité suffisante pour emporter avec elle le peu de force qu'il lui restait.
Et la voilà maintenant, vaincue par la dure réalité, jetant l'éponge et s’épanchant sur l'injustice de la vie... La pauvre était plutôt mal tombée pour craquer. Louis n'avait jamais été doué pour réconforter les gens, notamment parce qu'il n'aimait pas ça, il consolait les malheureux à coup de pompes dans le derche et c'est aussi pour ça qu'il était unanimement détesté par ses recrues, quand un craquait, il l'écrabouillait pour bien lui faire goûter à l'amertume de la défaite, lui faire sentir plus intimement encore sa faiblesse. Et à voir la jeune femme ainsi avachie, jetant l'éponge le ramena un peu plus d'un an en arrière quand il cassait les reins aux soldats qui n'avaient pas ce qu'il fallait pour survivre à son instruction. Curieusement, cela le requinqua et son regard neutre auparavant se teinta d'une sévérité aussi froide et tranchante qu'un scalpel et sa voix quand il s'adressa à la malheureuse était tout aussi dure.

"Ma petite, si t'es aussi résistante qu'un flanc c'est que ton instructeur valait pas mieux que toi. Si une épée se brise c'est la faute de son forgeron, soit il a  pris de la ferraille ne valant pas un clou, soit il n'a pas su forger le métal qu'il avait sous le marteau, ou pire, les deux. Alors tu es quoi, de la ferraille tout juste bonne à faire des casseroles et des canettes ou de l'acier qui ne demande qu'à être bien forgé?"

Il s’approcha d'un pas décidé, conquérant même et la toisa de toute sa hauteur, incarnation de la sévérité martiale. Oh oui, à ce moment là on le voyait bien l'instructeur qu'il avait été et on aurait même eu de la pitié pour ses recrues passées si on ne préférait pas la garder pour ses propres miches. Il faisait de ses mots de véritables coups de masse sans même avoir à hausser le ton. Ce n'était pas un colosse et pourtant il avait cette aura intimidante qui avait calmé les plus durs des durs qui avaient atterri sous son commandement.

"Tes petites misères n'intéressent personne, fillette, il n'y a pas un survivant qui n'ait pas tout perdu, même les clodos vivent moins bien aujourd'hui s'ils survivent. Et toi tu viens chouiner parce que t'as perdu ton Jules ou ton frangin ou peu importe, on s'en contrefout en fait? T'es là, entière, suffisamment en bonne santé pour te plaindre et faire ton petit caprice comme une pisseuse de quinze ans. Voilà pourquoi j'ai jamais voulu de femme en instruction, ça pleure dès que ça se passe pas comme elles veulent.
Un instructeur hein? Tu faisais quoi, tu collais des contredanses aux carrefours ou tu cirais les pompes de ton officier si c'est pas autre chose? Quand je pense à tous ces vrais soldats qui sont morts pour que des gens comme toi survivent, si t'as deux sous de dignité - ce dont je doute - il te reste deux solutions, te balancer du haut d'un toit histoire de tous nous soulager de ton inutilité ou alors te remuer le cul et te reprendre en main. Alors tu veux souffrir comme un guerrier ou tu veux crever comme une lopette?"


Oubliées la faim, la fatigue, la lassitude. Cette curieuse énergie qui l'avait animé pendant des années circulait à nouveau dans ses veines. Il en éprouva une reconnaissance certaine pour cette inconnue, grâce à elle il renaissait et si elle ne se liquéfiait pas sous ses yeux alors il pourrait continuer à revivre... Vivre, il ne ferait pas qu'exister, il vivrait et avec un peu de chance... beaucoup de chance plutôt, il la ferait vivre, ce serait sa façon de lui retourner la politesse. Ca, elle se sentirait vivante s'il s'occupait de son cas, chaque muscle, chaque fibre de son être la feraient tant souffrir qu'elle ne pourrait pas douter de son état!

Le raton laveur quand à lui regardait la scène avec curiosité. Il faut dire que c'était la première fois qu'il voyait son compagnon se comporter de la sorte.
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Elliot Jensen
Matricule n°001
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Mer 17 Mai - 12:08

J'observais les rangers de l'inconnu s'approcher de moi, et en tout sincérité, je ne bougeais pas d'un poil, qu'importe si cet homme était menaçant ou non, étant donné que sincèrement j'en avais plus rien à foutre. A cet instant j'étais complètement vidée, ça ne me ressemblait pas du tout, mais je devais avouer que ce choc avait été réellement brutal pour moi. J'écoutais ses paroles, et allez savoir pourquoi, je me mis à éclatée de rire, malgré l'air brutal de mon nouveau copain, je ne me sentais pas en danger, et pire que ça, cet homme ressemblait à ce vieil instructeur qu'elle avait connu à la base. A vrai dire il aurait du être à la retraite depuis bien longtemps, mais il prenait un malin plaisir à insulter ces élèves, et j'étais persuadée que ce n'était qu'un privilège qu'on lui laissait, il n'avait jamais sa propre troupe, il se contentait de passer dans les rangs en râlant et hurlant sans la moindre raison. Je me souvenais de cette dispute qui m'avait valut la corvée de patate pendant une semaine parce que monsieur avait décidé de me tirer la queue de cheval parce que pour lui les femmes n'avaient rien à faire dans l'armée. J'étais incapable de calmer mon fou rire, et pourtant je devais bien l'avouer, si il était instructeur, il était bien plus sexy que le vieux fou.

"Je veux pas te contredire mais on est tous des clodos à l'heure actuel. Et puis si ça t'intéresse pas, barre toi, je t'ai rien demandé, moi je vais profiter un peu du soleil ici, c'est bien le soleil, la pervenche veut faire dodo."

Je savais qu'il essayait de me faire réagir, je l'avais bien compris, mais il fallait être honnête, quand vous entrée dans l'armée et que vous êtes une fifille à son papa blindée de thune, il faut être prête à souffrir, et s'était se que j'avais fais pendant des années, alors au bout d'un moment ça n'avait juste plus prise sur vous. Au final ses hurlements et son regard sévère ne faisait que m'apporter la mélancolie des jours heureux où les gens ne se bouffaient pas entre eux. Je finis par me redresser, ébouriffant mes cheveux pour en retirer la poussière qui s'y était accumulée, et j'observais le raton laveur. Je me rappelais d'une vidéo où un mec montrait les dégâts qu'avait fait cette charmante petite créature qu'il avait eut la mauvaise idée de ramener chez lui pour lui sauver la vie. J'avais du mal à comprendre pourquoi garder un tel animal, beaucoup gardaient leurs chats, mais généralement c'était pour leur facilité à se reproduire et leur goût en ragout, clairement je n'étais pas sûre que ces qualités s'appliquaient à cette bestiole. Toujours assise dans la poussière je me grattais la tête, continuant à observer la bestiole.

Autant je me sentais en sécurité auprès de Barry, autant je ne me sentais pas en danger auprès de ce mec, à vrai dire tant que l'on essayait pas de me bouffer, je n'étais pas du genre agressive ou suspicieuse, enfin méfiante comme tout le monde mais pas plus.

"Sérieusement ça me perturbe, tu te balade réellement avec un raton laveur avec toi? On rencontre vraiment des gens bizarres depuis l'apocalypse... Remarque tu étais peu être comme ça avant... Loin de moi l'idée de jugée ein, pour moi tant qu'on se bouffe pas les un les autres ça me va."

Ok j'étais clairement à côté de la plaque.

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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Mer 17 Mai - 15:55

Entendre rire quelqu'un sonnait bizarrement aujourd'hui. Cela faisait plus d'un an qu'il n'avait pas entendu quelqu'un rire, littéralement. Aussi quand la jeune femme commença à se gondoler à ses pieds, pendant un moment il resta interdit. Il voyait bien que c'était nerveux, elle était au bout du rouleau et commençait à fondre un fusible. L'instructeur en lui avait bien envie de lui fermer son clapet d'un coup de barre  de fer dans les gencives, mais vu l'époque, cela aurait eu pour effet de le priver d'une souffre doul... disciple potentielle aussi puisa t il dans sa patience "légendaire" lâcha un soupir dépité en branlant du chef et lui répondit.

"Oui, nous sommes tous des clodos aujourd'hui, mais nous avons eu la chance de ne pas l'être avant cette merde sinon nous ne serions pas dans le même état. Quand à me barrer, je pourrai en effet. Te laisser là, à mariner dans ton défaitisme si facile et confortable, mais tu as un devoir envers ceux qui n'ont pas eu la chance qui t'a été donnée, survivre à ce merdier et avoir la possibilité d'en voir la fin."

Ce n'était pas simplement une réprimande comme on sermonnerait un gosse gâté qui fait un caprice, il croyait en chacun des mots qu'il prononçait, il avait certes un ton sévère, mais aussi la ferveur fiévreuse de celui qui a foi en ce qu'il croit être la vérité.
Sa remarque sur Rosket et la singularité de ce compagnon, lui fit hausser un sourcil. Il y avait bien des gens qui s'encombraient de chiens débiles congénitaux et hydrocéphales ou de chats sans pelages, Rosket n'était pas plus bizarre que les animaux de foire qu'on pouvait voir il y a encore quelques mois au bout d'une laisse ou dans le jardin.

"Oui, je me balade réellement avec un raton laveur, c'est un compagnon qui sied bien à mes humeurs et contrairement aux humains, lui ne se plaint jamais pour des broutilles. J'ai également un ours brun pour me tenir chaud la nuit, mais c'est un grand timide, il ne se montre pas aux inconnus.
Sinon tu comptes prendre racine et nous la jouer plante verte ou tu vas te rendre utile et faire quelque chose... Je crois que j'ai une idée qui va te plaire."
Il se dirigea vers l'échelle de secours, l'abaissa et sifflant brièvement, fit venir le raton laveur qui grimpa sur son épaule. "Arrête de mordiller mon oreille, c'est déjà assez compliqué de supporter ton odeur, alors si tu en rajoutes, je te flingue et te transforme en paire de moufle, c'est pigé sac à puces!"

Oui, il parlait à son raton laveur comme il parlait à tout le monde. Et vu que l'animal avait cessé de l'embêter, visiblement le message passait.

Il grimpa donc au premier étage et remonta l'échelle qu'il coinça avec une petite barre de fer ramassé là et avec son pied de biche, il donna trois violents coups sur la rambarde métallique ce qui produisit un barouf de tous les diables, résonnant le long des murs de la rue. Evidemment, cela produisit son petit effet et on commença à entendre les gémissements et râles si caractéristiques des rôdeurs provenant  d'un peu partout. Il n'avait pas choisi cet immeuble au hasard, il présentait tous les signes d'un bâtiment sûr - autant qu'ils pouvaient l'être en ces jours - et l'escalier de secours était facilement praticable.

"Alors la pervenche, dis moi, es tu trop fatiguée de vivre pour éviter de finir lacérée et réduite en charpies? Ou bien vas tu monter et montrer que finalement même minable ta vie vaut plus que rester le cul dans la vase en attendant le miracle qui ne se produira pas? Tu devrais te décider rapidement, même s'ils ne courent pas nos convives ont visiblement très envie de s'en payer une tranche!"

La barre bloquait l'échelle en position haute, si elle voulait monter elle devrait tout donner pour agripper le dernier barreau et escalader avant que les rôdeurs lui raccourcissent les guibolles. Et pendant ce temps, Louis la regardait intensément, curieux de savoir quelle décision elle prendrait. La sienne était claire comme de l'eau de roche, la faire réagir. Il avait pris un risque insensé selon toute personne normalement constituée, mais le bon sens n'avait plus court en l'an de disgrâce 2015, il fallait être fou pour vouloir survivre, fou et surtout déterminé, quelle serait la détermination de cette inconnue, face au pied du mur. Son instinct la pousserait elle à survivre, comme cela avait été le cas pour lui ou bien la poupée de chiffon se laisserait elle emporter par le flot de cadavres ambulants, laissant pour seule épitaphe qu'une succession de hurlement d'agonie pendant qu'ils se reparaîtraient de sa chair palpitante?
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Elliot Jensen
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Jeu 18 Mai - 11:52

Une chance de survivre? Je n'étais pas sûre que tout sûre que tout ceci était une chance en faite, les morts avaient bien plus de chance, ils ne voyaient pas notre monde se détruire petit à petit et l'humanité sombrer plus bas que l'on pourrait imaginer. Donc oui nous respirons, mais pour vivre de méfiance, s'exilée dans un petit coin et s'inquiéter de sur qui nous allions tomber. Mouais je restais assez septique sur cette histoire. Au final nous survivions parce que c'était écrit dans nos gênes, nous étions condamnée à nous battre pour rien... C'était incroyable de voir à quel point cet homme semblait réellement croire dans ses mots, je trouvais ça particulièrement étrange, peut de personne gardaient la fois dans notre monde, la plus part de ceux que j'avais pu croiser se contentait de vivre au jour le jour sans penser à quoi que se soit. Encore moins à imaginer la fin de ce calvaire. Parce que oui il était difficile d'imaginer une fin à tout ceci, après tout la mort était un phénomène naturel et visiblement nous devenions tous ça après la mort, alors autant dire que ce n'était pas prêt de s'arrêter, à moins d'imaginer un monde sans humain, et dans ce cas là, tout se passerait bien.

En voyant la bestiole sur l'épaule de l'étranger, j'eus une pensée pour Spotty, il me manquait, depuis cette fin du monde, ça avait été mon seul véritable ami, le seul qui s'était sacrifié pour moi... Je pense qu'il était probablement temps que je pense à faire confiance à quelqu'un d'autre que ma personne, je l'avais fais avec Barry et ça avait plutôt bien fonctionné, je devrais retourner le voir tout à l'heure. Je restais à observer l'homme qui s’éloigna avec sa bestiole. Je me demandais bien se qu'il préparait parce qu'il avait visiblement l'intention de me faire réagir, je ne savais pas pourquoi ça lui tenait tant à coeur, après tout dans notre monde actuel, les gens passaient bien plus de temps à penser à eux même qu'aux autres, surtout aux autres qu'ils ne connaissaient même pas. Je l'observais monter sur le toit, me disant que finalement, il avait peut être décidé d'abandonné mon cas. Qu'importe, je me contentais de retirer la poussière qui s'était installée sur mon blouson de cuir lorsqu'un bruit attirait mon attention. L'autre abruti était en train de frapper sur une barre de fer et allait attirer les zombies, d'ailleurs il le savait, tous les survivants savaient que le silence était mère de sureté dans ce nouveau monde.

J'écoutais son petit discours amusée, il pensait réellement que j'étais inquiète pour quelques puants? Au contraire, j'étais persuadée que c'était à présent le seul moyen de s'amuser un peu, découpé du mort, les achever, les jeux vidéos avaient pris vie. Je me retournais vers lui un sourire amusé sur le visage, prenant tout de même soin de vérifier la sortie de secours lorsqu'ils seraient bien trop nombreux. L’inconvénient c'était clairement que je resterais coincé pendant un temps indéterminé sur ce toit en compagnie de ce mec pas totalement sain d'esprit si vous voulez mon avis. Je sortis mon Ontario et posait mes lèvres sur sa lame noir avant de me mettre en position de combat. Allez les petits morts, venez vous amuser un peu, le goûter est servit.

Étrangement le premier arrivé était dans un sale état du genre bien décomposé dégageant une odeur bien prononcée de décomposition. Son regard vide, ses gémissements, et sa marche clopinclopant. Je ne pris pas longtemps pour aller vers lui et lui enfoncer ma lame sur le côté du crâne. C'était incroyable comme il pouvait rentrer si facilement dans ce qui était sensé être un os, du véritable beurre. Il s’effondrait rapidement, et d'autres arrivaient pressés de pouvoir se régaler d'un repas chaud. Je pris soin d'en abattre le plus possible avant d'être objective, leurs nombres me dépassaient, il était temps de battre en retraite. M'approchant de l'échelle d'un pas vif, je tentais un saut en hauteur pour attraper le barreau mais il était trop haut pour réussir ainsi. Observant les zombies qui commençaient dangereusement à se rapprocher, je pris une décision rapide, prenant l'élan sur le mur, je m'en servis pour pouvoir me propulser un peu plus haut. Ma main se refermait sur le barreau lorsqu'un de ces monstres attrapait ma rangers. Grognant de mécontentement je suis envoyais un coup de pied violant qui fit prendre une drôle de position à sa tête dans un craquement dégueulasse.

Forçant sur mes bras, je réussis à me hisser. Ce n'était pas que l'exercice était difficile, j'étais de nature très sportive, à vrai dire quand le sport fait parti de votre vis pendant plus de dix ans, difficile de l'oublier, j'avais toujours continuer à pratiquer à relativement haut niveau. Lorsque je réussis à grimper sur le toit, j'observais mon état, bordel moi qui était propre tout à l'heure, je ne ressemblais plus à grand chose, j'étais couverte de sang et de morceau non identifié de marcheur.

"Génial, j'avais fais un douche hier, c'est un privilège tellement rare, je vais schlinguer pendant un moment..."

Je sortis mon couteau de combat pour le nettoyer du sang noir qui recouvrait la lame, et observait par le même moment le toit où nous allions rester coincé un long moment.

"J'espère que tu es conscient qu'on en a pour un moment avait qu'ils se barrent... On représente un menu maxi best off encore tout chaud pour nos petits potes... J'avais pas prévu de passer ma journée sur un toit..."

En faites j'avais pas prévu grand chose, ok... Mais bon je serais quand même bien retournée vers le groupe de Barry pour un nouveau repas chaud, c'était le genre de chose que l'on acceptait facilement.

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Louis Hartmann
Matricule n°001
I walk a lonely road
Jeu 18 Mai - 20:19

Au moins avait elle réagit en entendant le tintement métallique qui sonnait le repas pour les affreux. Louis réalisa bien vite qu'elle avait décidé de se battre. Peut être voulait elle lui montrer qu'elle savait se battre - histoire de - peut être voulait elle se mettre à l'épreuve ou simplement une envie de se défouler sur des cibles faciles. Quand ils n'étaient pas en meute, les rôdeurs étaient des proies d'une facilité navrante, ils avançaient au pas, n'esquivaient jamais les coups et étaient d'une adresse déplorable. Par contre leur poigne était d'acier et comme ils ne sentaient pas la douleur et ne risquaient pas de tomber K.O. un bon nombre de techniques de neutralisation étaient sans effet sur eux, soit on les démembrait, soit on leur éclatait la cervelle et au crowbarjutsu, Louis était devenu ceinture noire par la force des choses. Forcément son expérience lui avait d'un grand secours et là il pouvait voir que la donzelle s'en sortait plutôt bien avec un couteau. Elle savait également quand mettre les voiles, enfin presque puisqu'elle dû refouler un soupirant un peu collant qui l'empêchait de prendre la clef des champs.

Elle s'en était tiré de justesse, et maintenant crânait devant lui. Dieu qu'il détestait ça. Aussi il entreprit de la ramener sur Terre avec sa méthode bien à lui.

"Oh oui c'est super important d'être propre, de sentir bon et d'avoir une belle mise en plis. Je vais d'abord noter les points positifs, je préfère commencer par ce qui sera le plus court, tu as daigné bouger ton cul flasque quand les macchabées se sont radinés, ça montre que même si ça te tue de l'admettre, tu t'accroches encore à la vie, donc plus de simagrées "ma vie est trop pourrie, je veux mourir". Assume cette envie de vivre et débarrasse toi de toutes ces conneries d'espoir de retour des disparus, de ta vie d'avant. Tu fais avec ce que t'as et tu remercies la chance quand elle te sourit. Niveau combativité, c'est pas trop mal s'il s'agit de combattre des rôdeurs au moins tu t'acharnes pas à donner des coups dans le vent. Et pour finir tu as presque failli partir au bon moment, ça aurait pu te coûter cher, mais peut être que ça rentrera dans ton crâne de blonde.
Passons maintenant à ce qui ne va pas. Là y a de quoi faire..."


Son rictus mauvais aux lèvres il la détailla, elle était maculée de fluides malodorants et de quelques morceaux de chair putréfiée, elle embaumait le cadavre et l'effort, bref, un fumet qui aurait retourné l'estomac de la majorité des gens avant l'Apocalypse zombie, aujourd'hui cette odeur de cadavre faisandé était presque normale.

"Déjà, tu t'es lancée dans un combat inutile. Tu as des forces infinies, tu peux te reposer à loisir et manger à ta faim tous les jours? Je ne pense pas. Un élément vital de la survie c'est de savoir quand se battre et quand fuir. On emmerde les courageux et les braves et on ira après pisser sur leur tombe, aujourd'hui jouer les héros c'est la meilleure façon de se faire dessouder. Ce que tu as fait là en bas était au moins aussi débile que de rester le cul dans la fange en attendant le déluge. A moins que tu voulais me prouver quelque chose? "Regardez moi, je suis une vraie guerrière!" Et si c'est le cas, tu m'as juste prouvé que si y avait autant d'ouverture dans ta p'tite tête que dans tes mouvements, ça devait être Notre Dame des Courants d'Air là haut.
Ton premier mouvement contre un type à moitié formé au close combat aurait ta dernière connerie et tu aurais pu méditer dessus pendant qu'il t'ouvrait le ventre avec ta propre lame! Tes mouvements sont trop amples, à croire que tu fais du show plus que du combat. Economie, toujours! Si on sait quand un combat commence, on n'est jamais sûr de quand il finit, chaque coup doit être millimétré pour économiser son souffle, ses muscles, toujours viser les zones vitales, au moins tu n'as pas complètement chié sur ce qu'on t'a enseigné. Ta technique si on peut appeler ça une technique me rappelle celle d'un ranger, Pedro Suarez, sergent et un foutu bon tireur, mais ce trou du cul se la racontait car il se pensait également imbattable au corps à corps. Lors de notre première session d'entraînement, il s'est pavané devant ses collègues en se pensant sur un ring de catch et a commencé à parader en alignant les pains. Ca lui aura pris six mois avant de pouvoir se servir des doigts de sa main droite et un an avant de pouvoir tirer à nouveau. Ca ne m'aura pris qu'un souffle pour lui désarticuler l'épaule et le coude et le faire pleurer comme un gosse. C'eut été un vrai combat il mourrait la gorge écrasée. Comme toi, il jouait trop et ne tuait pas assez. Je formais des armes vivantes, pas des danseuses. Si l'incapable qui t'a servir d'instructeur t'avait vue il se serait suicidé de honte, ou je pense que je l'aurai descendu avant vu le carnage."


Lâchant un regard vers la petite foule se massant sous leurs pieds il indiqua l'escalier pour grimper dans les étages.

"Tu as du potentiel, plus que le clampin de civil qui a cassé sa pipe et maintenant sert de cible d'entraînement pour les crâneuses dans ton genre, mais y a du boulot pour faire de toi la moitié d'un combattant digne de ce nom. Et pour te répondre, on se fout de ce que tu avais prévu, je te signale que tu croupissais dans la boue en attendant de prendre racine, niveau projets on peut difficilement faire pire. Aussi je te propose deux choses."

Il s'était arrêté devant une fenêtre fermée dont la vitre fermée et intacte lui décrocha un grognement appréciateur.

"La première, aide moi à fouiller ce bâtiment et on partagera à part égale ce qui s'y trouvera, il est plus pratique d'explorer ces couloirs avec six paires d'yeux qu'avec quatre, surtout quand l'une d'elle est d'une fiabilité douteuse." Le regard lourd de reproche qu'il porta sur le raton laveur était si éloquent que l'animal s'en rendit sans doute compte et lécha la joue de son compagnon bipède. "C'est ça essaie de m'acheter avec des léchouilles, foutu sac à puce..." Il reporta son attention sur Elliot. "La seconde, je te forme et je t'apprends ce que je sais à savoir le combat, la survie, la reconnaissance, la furtivité, la résistance normalement sans avoir à te péter des os et en retour tu arrêtes de jouer la gamine, tu serres les dents et souffre en silence pour devenir ce que sont devenus tous les vrais soldats que j'ai eu sous mes ordres, l'élite."

Fichtre! C'est qu'il semblait sérieux en plus! Et oui, il l'était. Louis n'avait jamais aimé tourner autour du pot. Elle avait du potentiel, elle lui avait redonné goût à la VRAIE vie, pas simplement la survie au quotidien, et il allait la remercier de la plus sadique des façons si elle acceptait, en la martyrisant comme personne ne l'avait jamais fait auparavant. Et à deux on survivait plus facilement que seul, même avec un raton laveur.

*Rappelle toi quand même qu'il n'y a plus d'infrastructures médicales, évite de lui péter quelque chose ou de la renvoyer "à l'infirmerie" avec un Ka-BAR dans le bide. Ouais, ça serait vachement moins drôle, mais elle survivra à sa première journée au moins...*

"Je suis le sergent instructeur Hartmann du 75ème Ranger de Fort Benning et toi vers de terre comment tes parents t'ont appelée après avoir pleuré de désespoir en voyant ta gueule?"


Dans le bain direct... On n'oubliait pas les bonnes vieilles habitudes. Au moins cela donnait à la jeune femme une petite idée de ce dans quoi elle risquait de s'embarquer. En plus le nom du sergent instructeur était connu dans les unités de haut vol, redouté surtout car ayant fait plus de victimes que le conflit en Irak selon certains ragots.
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Elliot Jensen
Matricule n°001
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Ven 19 Mai - 11:59

Dieu, depuis la fin du monde je n'avais jamais vu personne d'aussi drôle que ce type, il se croyait toujours dans notre ancien monde, en tout cas c'était l'impression qu'il donnait, comme si ça avait encore de l'importance de savoir se battre comme un véritable soldat, comme si nous devions vivre comme si nous étions des pauvres petits soldats de classe moyenne qui devait économiser le moindre sous pour survivre, sauf qu'à la place des sous, c'était le moindre gramme d'énergie. Je n'avais jamais été d'accord avec cette façon de vivre, je vivais à cent à l'heure, même si il fallait mourir demain.

"Alors c'est peut être pas primordial, mais je t'assure, sentir bon ça fait du bien de temps à autre tu devrais essayer."

Je retirais un morceau non identifié de ma veste, sans le moindre trace de dégoût même si il fallait avouer que si je continuais comme ça, je pourrais presque me balader parmi les puants sans qu'ils ne remarquent ma présence. Je le laissais l'inconnu devant moi continuer son petit discours, j'avais l'impression de refaire mes classes, c'était étrangement amusant, j'avais même l'impression de me retrouver devant cet instructeur de je ne sais plus quel film qui traumatisait ses recrues, bon, d'accord il était beaucoup plus sexy, mais ça ça ne comptait pas vraiment aujourd'hui. Je finis par m'asseoir par terre pour continuer de l'écouter, comme une enfant qui écouterait une histoire. Il faut dire que nous n'avions plus beaucoup de distraction, à part buter les zombies, bien sûr, alors autant dire qu'à cet instant il remplaçait la télé.

"Alors je t'arrête tout de suite, non ce n'est pas inutile, dis moi juste un instant ce que vaut la vie si nous ne pouvons plus nous amuser un petit peu? Rester à compter les calories que l'on dépense, à essayer de trouver de la bouffe et à boire, et basta? Laisse tomber, je paris que même t'envoyer en l'air tu te l'interdis, parce que s'est de l'énergie dépensé pour rien, mais sérieux et en plus tu comptes vivre comme ça encore longtemps? En faites je crois qu'il y a un truc que tu comprends pas malgré tes beaux discours, c'est que la seule chose qui nous reste dans notre misérable vie, c'est le droit de s'amuser un peu et de se sentir vivant justement alors si j'ai envie ou besoin de me poser le cul dans la boue au soleil pour justement me sentir vivante parce que oui les émotions négatives font également partis de la vie. Et non je ne crâne pas devant toi, j'en ai clairement rien à foutre de se que tu penses de moi, je vie se qu'il me reste de la manière qu'il me plait, jusqu'à présent je m'en sors pas si mal."

Toujours assise par terre, j'observais cet homme qui semblait visiblement satisfait par sa trouvaille, il faut dire qu'effectivement une porte fermée pouvait être une bonne nouvelle, mais rien n'était sûr, d'autres entrées avaient très bien pu être forcée. Se ne fut que lorsqu'il se présenta que je réagis à nouveau, je repris à rire, c'était nerveux, mais pas que, cette fois c'était sincère, Hartmann, tout le monde connaissait ce nom dans l'armée, mais sincèrement, je n'avais jamais crus à cette histoire, un instructeur qui humilie ses élèves c'était assez fréquent, mais de là à les envoyer à l'infirmerie pendant des semaines, ça avait été un long sujet de mes conversations avec pas mal de mes collègues et même avec Nolan.

"Wouaw, Hartmann, t'es sérieux? Non parce que j'ai toujours cru que c'était comme le croquemitaine, une histoire que l'on racontait aux bleus pour les faire flipper. Tu n'as pas l'impression d'en faire trop ? Non parce que je veux bien les menaces et tout ça, mais d'un côté, menacer les gens alors que la plus part des personnes que l'on croise essaye de nous bouffer, et je ne parles pas que des morts, c'est un peu désuet..."

Je finis par me relever, et m'étirer de tout mon long, préparant doucement mes muscles à l'action que nous allions mener, parce que si je n'étais pas prête à reprendre un entrainement militaire aujourd'hui, je n'allais pas le laisser récupérer tous les objets potentiels sans moi.

"Alors reprendre l'entrainement militaire, sincèrement, très peu pour moi, tu le dis toi même on manque de bouffe constamment c'est pas pour que tu t'amuser à me torturer en tant que victime consentante, sérieux, le SM c'est pas pour moi, alors si c'est ton trip chéri, il va falloir trouver quelqu'un d'autre. Mais écoute, je dis pas non à un peu de compagnie, surtout qu'il y avait vraiment longtemps que personne ne m'avait fait rire comme toi."

Je récupérais le pied de biche qui retenait l'échelle, il nous serait bien utile pour ouvrir la porte et puis malgré le bruit qu'elle fit en retombant, ce n'était pas bien grave, étant donné que les puants étaient déjà là. Avec mes petits pas agiles de biche, je le rejoignis l'étrange duo qui me tenait compagnie. Je coinçais le pied de biche contre le montant de la porte avant d'appliquer une pression suffisante pour que la serrure flanche et nous laisse la possibilité d'ouvrir la porte.

"Moi c'est Elliot. Et ta bestiole elle s'appelle comment histoire qu'on soit tous à jour dans les présentations?"

Je ne m'attardais pas sur mon passé, après tout ce n'était pas ce qu'il m'avait demandé? Et puis de toute façon, ce mec je ne le connaissais pas, inutile de lui donner trop d'information sur moi, surtout que contrairement à Barry, ce type ne m'inspirait pas totalement confiance, peut être parce que le militaire que j'avais rencontré il y avait quelques jours avait combattus à mes côtés, m'avait fait une confiance quasi aveugle, Hartmann lui avait attiré une horde pour qu'elle tente de me bouffer, alors le choix était vite fait. Je décidais de reprendre en main mon couteau, et de laisser mon arme à feu dormir tranquillement le long de ma jambe, faire plus de bruit était un peu stupide.

"Bon on y va?"

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Louis Hartmann
Matricule n°001
I walk a lonely road
Ven 19 Mai - 19:39

Plus elle parlait, plus les sourcils de l'instructeur se fronçaient et son regard se faisait noir. Peut être avait il méjugé de la personne qu'il avait en face de lui, sans doute l'envie un peu trop forte de remettre le couvert et de repartir comme en quarante, de reprendre sa vie d'instructeur l'avait fait pécher par excès d'enthousiasme et prendre de la verroterie pour une pierre à tailler. En fait ce n'est pas tant à elle qu'il en voulait qu'à lui de s'être bercé d'illusions. Croire que l'on pourrait encore trouver des gens qui sont prêts à suer et saigner pour relever leur grande nation, maintenant qu'elle était débarrassée de tout ce qui avait causé sa perte, maintenant qu'il y avait une cause derrière laquelle s'unir. Elle n'était rien de plus qu'une survivante paumée, parmi tant d'autres et croire que du premier coup il trouverait la perle rare. En fait il ne l'écoutait plus vraiment, Elliot devenant un bruit de fond comme un autre - et son regard se portait au delà de la jeune femme. Ce fut à son tour de rire. Un rire désabusé, amer suivi d'un profond soupir de lassitude.

"Je ne prends jamais de plaisir à donner la mort, même si c'est un cadavre ambulant. Quand à s'économiser c'est tout simplement une question de jugeote! Si tu te bats comme une chiffonnière, tu ne tiendras pas longtemps. Les clefs d'un combat sont l'effet de surprise et l'endurance si par malheur il s'éternise. A bouger inutilement sans gérer ton souffle tu te fatigues plus tôt, tu perds en jeu de jambes, en vitesse d'exécution, en précision, en puissance. Si tu t'en es sortie jusqu'à présent en te battant comme ça tu dois avoir une bonne étoile au bout du rouleau. Ce sont des conseils gratuits que je t'ai donné, tu en fais ce que tu en veux, personnellement je m'en cogne si tu les appliques ou pas. Et ne viens pas raconter des sornettes, tu t'étais retrouvée là le cul dans la gadoue parce que tu avais flanché après la déception de trop, tu me raconter des conneries, mais je ne suis pas dupe, et tu ne te tromperas pas toi-même, tu serais restée là et plus le temps serait passé plus l'envie d'en finir aurait grandi jusqu'à ce que tu t'ouvres les veines."

La petite tirade sur son passé et les rumeurs qui couraient sur lui l'auraient presque fait rire s'il avait été d'humeur. Tous ces péteux qui avaient grossi le trait pour ne pas perdre la face...

"Avec moi une sanction n'est jamais gratuite et n'est jamais disproportionnée. La sanction a une vertu éducative. A faute légère, sanction légère, à manquement grave, châtiment à la hauteur de ce qui a été perpétré. Est ce que j'ai déjà envoyé des soldats à l'hosto de mes mains? Oui, et je pourrai te donner le nom de chacun ainsi que la raison qui les fait se retrouver en pièces détachées tous ranger, SEAL ou Delta qu'ils étaient. Mon job est de former ce qui se fait de mieux en machine à tuer, capable de travailler en groupe, pour le groupe, sous l'autorité absolue de leurs supérieurs. Ils doivent être parfaits, la moindre erreur et ce sont des sacs à viande qui rentreront de mission ou des civils qui se feront descendre, souvent les deux. La perfection demande de la rigueur, de la discipline, du travail, de l’obéissance.
Manquer à ces valeurs c'est se condamner ou pire condamner ses frères d'arme. Aussi le guignol formé sur les jeux vidéos je le reformate comme disent les binoclards du service technique et parfois pour reformater un petit con qui se prend pour un guerrier, il faut le ramener sur terre à grands coups de rangers dans les gencives. Je leur sauve la vie, soit en les faisant démissionner, soit en les faisant prendre conscience de l'importance de leur entrainement, de ce que cela implique.
Je ne suis pervers, ni sadomasochiste, je suis un foutu perfectionniste qui ne travaille pas la pierre ou le métal, mais la chair! Je façonne des soldats pour notre pays, les meilleurs du monde libre, les meilleurs tout court. Qu'ils me haïssent et m'insultent dans mon dos ne changeront rien au fait que j'ai fait d'eux de meilleurs combattants que n'importe qui d'autre et cela ne se fait qu'en les poussant au delà de leurs limites, en les brisant pour les repousser encore plus loin, toujours plus loin. Et si le gugusse le ne tient pas, alors c'est qu'il n'est pas fait pour combattre avec les meilleurs et crever comme les autres.

Quand à te traiter comme je l'ai fait des hommes que j'ai eu avant tout ce merdier, non je ne le pourrai tout simplement pas. Nous ne sommes plus dans l'armée, il n'y a plus de corps médical et on manque de tout. Si j'avais dû te traiter comme une de mes recrues, je ne t'aurai pas fait cette proposition, tu m'aurais eu comme instructeur, point et donc tu serais déjà à quatre pattes par terre en train de chercher les dents que j'aurai fait voler de ta grande gueule à coup de pied de biche pour t'apprendre le respect envers ton instructeur et à ne pas discuter un ordre. Tu les as toujours dans ta bouche, non? Mais je note que tu déclines mon offre, c'est ton choix et je le respecterai.
Et pour te répondre, le raton laveur s'appelle Rosket, ma fille voulait l'appeler comme le raton laveur dans le film de super-héros sinon le pied de biche s'appelle revient et son prénom c'est sans élan."


Wait, what? Il avait pas fait de l'humour là? Ah non, son visage et son regard étaient toujours aussi impassibles, tout juste si on pouvait percevoir une touche de déception par moments. On a pas toujours ce que l'on veut dans la vie et Louis apprenait que les gens n'étaient pas spécialement désireux de se faire malmener, fusse pour être meilleurs et survivre plus longtemps.
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Elliot Jensen
Matricule n°001
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Lun 22 Mai - 14:10

J'écoutais son petit discours, à vrai dire nous n'avions pas tout à fait la même vision des chose, j'avais cette impression qu'il attendait beaucoup de chose de ma part et que je le décevais. Incroyable, comment tout ceci pouvait être possible nous nous connaissions depuis à peine une heure, ce n'était pas possible. La petite phrase sur sa fille eut pour effet immédiat de me faire perdre mon sourire, si j'avais du mal avec la personne que j'avais perdu, j'avais également beaucoup de mal face à la peine possible des autres. Perdre un enfant devait être pire encore que la peine que j'avais pu ressentir. J'ouvris la porte puis tendis le pied de biche au jeune homme, après tout reviens devait bien retourner à son propriétaire, ce petit trait d'humour m'avait tout de même tiré un sourire mais bien qu'à moi. La lame à la main, j'entrais dans la maison, essayant de me concentrer, mais ses paroles me revenaient en mémoire, le croquemitaine n'était visiblement pas si terrible, et pour être honnête, ce n'était que des ouie dires, jamais je n'avais réellement rencontré quelqu'un qui avait été entrainer par cet homme, mais c'était persuadée j'allais survivre.

"Bon allez, et qui sait tu m'apprendras peut être quelque chose, à moins qui se soit moi qui t'en apprenne."

Le nez plissé, je me moquais gentiment de lui, mais après tout il fallait toujours se méfier, on ne savait jamais de qui nous pouvions apprendre nos plus grandes leçons. Après tous les cannibales de l'école m'avait apprit qu'il n'y avait pas plus grand loups pour l'homme que lui même, ou encore que dans les pires moments, nous pouvions trouver des personnes plus que formidables. Je me rendais compte que j'appréciais plus que je ne pouvais me l'avouer cet homme que je connais à peine.

J'observais la pièce dans laquelle nous venions de pénétrer, c'était une chambre et l'odeur était asphyxiante, c'était une véritable horreur, je parcourus du regard la pièce pour poser mon regard sur le lit, point de départ de cette puanteur. Il s'agissait visiblement d'un couple, vu on pouvait supposer un homme et une femme, mais vu l'état de décomposition des cadavres, difficile d'en être sûr. Une balle dans la tête chacun. Quoi qu'il arrive, ça faisait sans doute un bon moment qu'ils étaient comme ça, généralement les gens avaient eu beaucoup de mal à se faire à cette situation, les 6 premiers mois avaient été les pires, encore les attaques, les maladies, les suicides, les empoisonnements parce que non tout le monde ne peut pas forcément survivre facilement dans ce monde. Je refermais mon col en fourrure sur mon visage pour essayer de cacher cette odeur qui vous donnait des hauts le coeur, tout en continuant à respirer par le nez, nous allions nous habituer à cette odeur, celle que dégageait beaucoup de grande ville, celle de la mort. Mon regard se posait sur une photo de mariage accrochée au mur, un petit couple tout se qu'il y a de plus normal, doucement je m'approchais des cadavres, et observait la main de l'homme dans laquel reposait un vieux révolver, je l'attrapais sans réellement de ménagement arrachant la main du cadavre, mais aucune balle à l'intérieur. Je le tendis à mon compagnon de la journée pour savoir si il le voulait, pour moi il n'avait aucune valeur, mon arme à feu avait les cartouches les plus répandus alors pourquoi m'encombrer? Voyager léger était la meilleure façon de ne pas trop se fatiguer, comme quoi je n'étais pas totalement stupide.

Même après avoir fouillé relativement minutieusement cette pièce, il n'y avait pas grand chose d'intéressant, et surtout cette nana avait des goûts de merde pour les fringues, rien à sauver. Je m'approchais à pas de loup de la porte, et collait mon oreille contre le bois de la porte, écoutant le moindre bruit pouvant indiquer que l'un des puants se trouvait ici. Je me retournais vers Hartmann après tout il avait peut être trouvé quelque chose pour lui.

"J'avais pas l'impression qu'il y a des marcheurs dans le coin, mais ils peuvent être en mode veille, reste à voir si on les attire ici et on les élimine ou si on progresse en silence et on les tuent les uns après les autres. Perso je préfère grandement avancer en silence, mais le risque c'est de se retrouver submerger par le nombre, après je pense pas qu'ils se sont tirés une balle dans le crâne pendant qu'ils faisaient une petite fiesta en bas."

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Louis Hartmann
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Lun 22 Mai - 23:02

La crise qui se profilait avait disparut aussi rapidement qu'elle avait enflé Il ne fallait pas attendre plus des gens que l'on ne connaissait pas, et surtout quand rien ne régissait plus les rapports humains. Il n'était plus instructeur militaire, il n'y avait plus d'armée, plus d'Amérique... C'était déjà bien de croiser quelqu'un et que cela ne se finisse pas dans une mare de sang et de matière cérébrale répandue sur le sol, encore mieux que la coopération soit envisagée et mise en application! Autant ne pas brûler les étapes. Sa précipitation et ses conséquences l'avaient ramenés à la réalité, brutalement certes, mais Louis n'était pas homme à rester désarmé longtemps.

Il laissa échapper un petit reniflement amusé quand elle évoqua le fait que l'enseignement pourrait être à deux sens. C'était comique, mais c'était également vrai.

"On arrête d'apprendre le jour où l'on passe l'arme à gauche. Donc oui, même toi, tu pourrais m'apprendre des choses. Tu l'as déjà fait d'ailleurs."

Le ton était sérieux, comme souvent avec lui de toute manière.

Elliot lui avait rendu son meilleur ami après Rosket depuis la fin du monde et ils avaient commencé leur expédition dans les entrailles de l'immeuble qu'il avait jugé prometteur.
Le duo venait de déranger le repos éternel d'un couple qui avait préféré la mort à l'errance sans âme ou une longue agonie dans un mode qu'ils ne voulaient pas voir. Ils avaient eu l'honnêteté de reconnaître leurs limites et le courage de franchir le pas d'autant plus que cela avait été fait à l'arme à feu, pas la façon la plus paisible de partir. L'odeur ne le dérangeait pas spécialement, il avait l'habitude, même dans son autre vie, il avait senti le fumet de la mort à de trop nombreuses reprises pour toutes s'en souvenir. Au moins cette pestilence l'informait que lui était toujours vivant. De façon assez surprenante avant de répondre à sa nouvelle compagne de route, il reposa la main près du corps puis recouvrit les crânes grimaçants du couple et se signa. Pas qu'il fut particulièrement croyant, toutes les horreurs vus, vécues, faites, l'avaient vacciné contre la foi religieuse, c'était plus un témoignage de respect.
Cela fait il prit l'arme qu'on lui tendait et l'examina avec attention. Il remarqua rapidement que les liquides biologiques qui avaient maculé l'arme avaient largement eu le temps de mettre à mal les mécanismes du pauvre petit .38. Une arme classique pour la défense personnelle apprécié par les femmes généralement. Le marteau de la queue de détente était bouffé jusqu'à l'os, tant qu'on ne changerait pas cette pièce et sans doute pas mal d'autres, ce serait juste un poids mort. Pas la peine de s'encombrer de quelque chose d'inutile surtout sans munition pour le rendre véritablement fonctionnel. Et puis l'époque n'était pas aux armes à feu, ou du moins aux armes bruyantes. Un flingue pouvait coûter la vie après vous l'avoir sauvée. Rien de tel pour attirer une horde de rôdeurs!
Il déposa donc l'arme de poing sur le lit en faisant un signe négatif de la tête.

"Complètement HS, trop de temps, d'effort et de matériel que nous n'avons pas pour la remettre en état. Et fais attention quand tu déplaces des objets, remets les bien là où ils étaient, si les rôdeurs ne remarqueront rien, des vivants - pas forcément bien intentionnés - verront vite que quelqu'un a touché ce cadre et arraché la main de ce cadavre pour en prendre l'arme qui s'y trouvait. S'il est observateur, avec la poussière il pourra même se faire une petite idée du moment où on a joué les curieux dans la pièce.
Règle numéro 1, pour vivre, restons cachés. Donc oui, se déplacer discrètement, silencieusement, ne bouger que ce dont on a besoin ou qui est gênant, ne laissait aucune trace de notre passage. Et oui, je sais, dehors j'ai enfreint cette règle, mais c'était pour une bonne raison. Faire bouger ton cul flasque."


Il embrassa la pièce du regard, sa compère avait globalement tout fouillé. Il voyait des traces de son passage partout, le cadre bougé, les traces de pas par terre, les traces de porte ouverte au niveau du dressing, les vêtements déplacés, sans parler du carnage sur le lit. Bon, le fait qu'il ait recouvert les visages n'était pas non plus discret, mais il s'était permis cette incartade vu l'état des lieux.

"Oui, je sais, ça te paraît sans doute exagéré, mais après avoir le comportement de nos semblables, ce n'est pas de la paranoïa quand on essaie de vous chasser pour vous bouffer, ou pire encore."

Elle se préparait à ouvrir la porte. Il se mit en position pour ouvrir la marche, on voyait à ses déplacement qu'il était rompu à ce genre de rodéos. Passer devant était naturel pour lui, même après toutes ces années. Après tout, rangers lead the way!
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Mer 24 Mai - 16:39

Écoutant avec attention mon ainer  je me surprise à me rendre compte que finalement j'appréciais plutôt bien sa compagnie. Il faut dire qu'il m'amusait il ne semblait toujours pas vivre dans ce monde et d'ailleurs même si j'avais refuser son offre il ne se gênait pas pour mettre en application son petit cours. C'était amusant comme quoi on restait toujours se que l'on avait été dans notre autre vie, lui un prof en quelque sorte et moi la tête brûlée de marines. Ce petit jeu m'amusais il faut dire que ce n'était pas souvent que nous avions l'occasion de sortir de notre train train quotidien et que l'on rencontrait quelqu'un qui ne tentait pas de nous tuer.

Je l'écoutait m'expliquer que pour survivre il fallait être un fantôme et sa petite remarque face à ma moue désabusée me fit sourire, difficile d'imaginer qu'un type aussi coincé réussisse à me faire autant sourire, sans doute parce qu'il était l'ombre de mon passé, Barry lui était bien dans le présent, ce monde de désolation il le maîtrisait et ne souhaitait visiblement pas faire marche arrière. Pour Hartmann il semblait plus qu évident que comme moi il retournerait bien en arrière tout comme moi. J'observais chacune de ses mimiques le regardant se signer remettre tout en place et ce regard désespère qu'avait toujours mon père quand il posait les yeux sur moi.

"Après il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'on est entrer ici, il n'y a qu'à voir la porte ouverte au pied de biche et j'avoue que si tu sais crocheter une porte je te dirais pas non si tu voudrais me faire un cours je connais que la manière forte moi."

A ça on ne peut pas dire que les marines étaient connus pour leur délicatesse... Et j'étais sans doute la pire d'entre nous si je n'avais jamais été formée au tir sniper c'était pour une bonne raison j'avais toujours été la première à courir vers le danger et non pas à rester planquée pendant des heures en attendant que la cible pointe le bout de son nez. J'observais ma scène qui se déroulait dans la pièce essayant de voir se que voyait Hartmann, effectivement il y avait des traces de mon passage mais je voyais aussi que personne n'était entrée dans cette pièce depuis longtemps la poussière sur le sol ne mentait pas, les deux empreintes de pas distinctes étaient  les nôtres. Je dégageais  de l'embrasement de la porte, décidant de le laisser passer devant moi après tout si on devait coopérer il faudrait bien apprendre à travailler de manière plus similaire.

"Et bien pour la pièce suivante après toi."

J'observais sa bestiole sur son épaule faisant en sorte de rester hors de sa portée, je comprenais l'attache émotionnelle qu'il avait pour cet animal, mais était il conscient qu'il pouvait aussi bien lui refiler la rage ? Bon d'accord pas comme ça mais sans vaccin on ne sait pas combien de temps il resterait sain. Bon j'étais vraiment une sale gamine de la ville mise à part mon chien a l'époque et les chevaux à cause de mes années d'équitation, les bestioles ce n'était pas réellement mon truc. Et ne me parler pas de chats ils sont juste bon à être bouffés, je détestais ces animaux. Ma mère en avait un, un affreux persan bête et méchant... Ceci expliquait peut être cela...

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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Mer 24 Mai - 22:08

Certes, ils avaient laissé des traces, notamment l'ouverture au pied de biche, et oui il savait crocheter des portes. Par contre il était méchamment rouillé, la dernière serrure ayant cédé sous ses doigts remontait à plus de cinq ans. S'adressant à elle, il parlait d'une voix assourdie, comme s'il se préparait déjà à passer à l'action.

"Si on trouve le matériel adéquat je te montrerai. Mais avant ça je te montrerai comment forcer une issue avec un pied de biche sans tout massacrer parce que c'est pas la manière forte ton oeuvre, c'est carrément criminel."

Comme il s'apprêtait à passer la porte, Rosket descendit enfin de son perchoir et se posta un peu derrière son compère, lui aussi prêt à passer à l'action. Il porta un regard à la nouvelle, émit une petite trille et reporta son attention sur la porte. Louis plaqua son oreille contre l'obstacle et après quelques secondes, fit un signe de la main droite signifiant qu'il y allait. De son autre main il tourna avec une précaution infinie la poignée qui émit un imperceptible chuintement métallique. Elle avait beau être grippée, il arrivait à la faire tourner sans qu'elle grince, une vie d'entraînement,  puis poursuivit son travail de fourmi avec les gonds. Par chance eux étaient en meilleur état et l'ouverture fut un peu moins longue.
Pour Elliot cela devait sembler durer une éternité, mais pour l'instructeur, il ne semblait pas y avoir de problème, à cet instant, il était l'image même de la concentration. Il avait entrouvert la porte et jeta un oeil de l'autre côté puis passa en se faufilant sans faire un bruit à croire qu'il était monté sur coussins d'air! Le raton laveur se glissa par l'ouverture et tourna dans la direction opposée de Louis puis émit ces petits ronronnements aigus. Aussitôt la main droite de Louis fit signe à Elliot de passer, la voie était libre... pour l'instant.

Ils avaient atterri dans un petit couloir séparant la chambre du reste des pièces de l'appartement. En face il y avait une porte ouverte donnant sur la salle de bain et sur leur droite deux portes de part et d'autre du couloir. Au fond de ce dernier, la porte d'entrée. Elle était fermée et verrouillée par une chaîne ainsi qu'une planche en bois, visiblement une étagère recyclée calée pour bloquer l'ouverture, même si la porte était déverrouillée. Ces gens avaient sans doute pensé qu'ils pourraient vivre reclus, mais la suite des événements leur avait fait réaliser l'inanité de leur choix et la conclusion s'était alors imposée à leurs yeux. Peu de chance qu'ils trouvent de la nourriture, mais qui sait, peut être s'étaient ils suicidés avant d'arriver à court.

Il s'adressait maintenant à la jeune femme par gestes comme le militaire rompu à cet exercice qu'il était.

*Porte de droite. Je regarde, tu couvres.*

Il émit un léger claquement de langue et pointa l'entrée de la salle de bain, aussitôt Rosket se plaça pour l'observer à la dérobée. Elliot découvrait que l'instructeur avait dressé son raton laveur, c'était assez comique, sauf quand on se rappelait qui était l'homme qui s'approchait à pas de loup de la porte désignée. Avait il dressé son petit monstre pour attaquer et tuer des êtres humains? Les ratons laveurs étaient déjà connus pour leur agressivité et ils pouvaient causer des blessures terribles, des enfants avaient eu le visage arraché, des doigts sectionnés par ces boules de poils à l'aspect pourtant si mignon, ils restaient des prédateurs et entre les mains d'un bon dresseur, cela pouvait faire du vilain. Bien sûr ça ne valait pas un rottweiler, mais il avait l'avantage du gabarit et savait se débrouiller tout seul, ce n'étaient pas les cafards et autres insectes qui manquaient dans ce nouveau monde en putréfaction.
Même topo donc. On ouvre la porte en douceur, on jette un oeil, on entre et on fait le tour du périmètre. Re claquement de langue et arrivée illico de la boule de poil qui renifla en passant en hauteur de la fliquette, pour un peu on aurait cru qu'il la sermonnait.
La zone était dégagée, ils avaient découvert le salon/salle à manger. L'autre porte devait donc être la précieuse, la tant désirée cuisine.

Avant de s'y engager, Louis fit signe à Elliot d'ouvrir la voie. Il lui laissait prendre sa place et on aurait bien pu alors l'imaginer avec son bloc-notes à détailler chaque mouvement, estimer, jauger chaque geste, chaque décision.
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Elliot Jensen
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Ven 26 Mai - 13:01

J'observais avec minutie les gestes du militaire qui avançait à pas de loup, non ça ne convenait même pas comme expression, un loup avance prudemment mais il avance là j'avais l'impression de regarder un film image par image, et je ne pu m'empêcher de rire face à sa remarque sur la porte, il est vrai que je ne prenais pas grand soin de se qui m'entourait et qui ne m'appartenait pas, après tout je ne vexerais personne en défonçant cette porte du moment qu'elle était ouverte, seul le résultat comptait, il faut dire que je n'étais pas forcément très douée dans le cambriolage ou ce genre de chose, on se demande pourquoi...

"Rooh chipotte pas, elle est ouverte la porte."

Par contre apprendre à crocheter une serrure était une bonne idée, non pas pour être plus discrète mais plutôt parce qu'il était parfois un peu difficile de forcer certaines portes, des serrures me résistaient encore, et devoir utiliser une balle pour les ouvrir était toujours une mauvaise idée, le bruit attirait toujours des nuisibles, vivant ou pas. Je n'étais pas totalement oposée à l'idée d'apprendre certaines choses, juste à l'idée d'avoir quelqu'un auprès de moi qui ne souhaite qu'une chose, c'était de critiquer les moindres de mes gestes. On pouvait observer en silence, c'était ce que je faisais avec Hartmann et son étrange créature. Je les observais évoluer sans pour autant me sentir en danger, en tout sincérité, à cet instant coller une balle dans la tête respective de la bestiole et son propriétaire ne me dérangerait pas plus que ça, mais j'étais persuadée à la manière qu'il parlait, et sa façon d'agir avec moi que j'étais au final la bouffée d'oxygène qui lui manquait depuis bien longtemps, celle qui lui permettait de se retrouver lui même, un élève à former. On dit qu'il n'existe pas d'ancien marines, mais seulement des marines, à croire qu'il en était de même avec les instructeurs.

Je me pliais de bonne volonté à ses ordres, je le couvrais comme je l'aurais fais avec n'importe lequel des membres de mon escouade, comme si nos vies étaient liés et que la mort de l'un d'entre nous signait la mort de chacun d'entre nous. J'étais certes un peu brutal dans mes gestes et sans doute pas la personne la plus discrète du monde, mais j'étais méticuleuse et consciencieuse, je prenais grand soin que personne ne soit blessés. Mais à vrai dire plus nous découvrions cette maison plus je me rendais à l'évidence, elle était probablement vide, même si ce n'était pas une raison pour être moins prudente, je savais à quel point la moindre erreur pouvait nous coûter la vie. De l'autre côté je n'avais vu au mur aucune photo d'enfant ou autre et je ne les voyais pas se suicider et laisser un gamin crever de faim, ça ne collait pas dans l'image du petit couple parfait qui choisissait de mourir ensemble.

Bref, s'était à mon tour de prendre la tête pour découvrir la cuisine, je passais auprès de Hartmann avec un petit sourire narquois, avant de me mettre en position, il faut avouer que contrairement à lui, j'avais surtout appris à nettoyer rapidement une pièce, éliminer tout danger avant qu'il ne réagisse et non pas avant qu'il ne me repère. J'ouvris d'un geste rapide la porte, suffisamment fort pour qu'elle s'ouvre entièrement, et que personne ne puisse se cacher derrière, même si je ne pensais pas que les morts aient l'idée de se cacher derrière les portes. Mon couteau bien en main pour attaquer si quelques choses bougeaient, mais rien. La poussière étaient tombée sur les fenêtres et qui laissaient apparaitre les zombies qui se baladaient au pied de la maison, à la recherche du casse dale que je représentais. Tout semblait si bien ranger, c'était presque effrayant comme si malgré la situation flippante, les propriétaires avaient gardés tous leurs calmes et continués à agir comme si de rien n'était. La porte qui menait probablement à une cours ou un jardin était fleuris de 4 verrous et d'une planche de bois la seule chose qui semblait dépareiller. J'ouvris doucement les placards sous l'évier et secouais la bouteille de gaz. Il en restait un peu.

"Si on trouve à bouffer on pourra manger chaud si le circuit de gaz n'est pas abimer."

Il valait mieux vérifier que de se faire sauter la gueule mais en règle général, ces circuits étaient costauds, aussi on pouvait garder bon espoir. Je jetais un coup d'oeil pour voir si mon compère avait trouvé quelque chose. Le frigo il valait mieux éviter, on ne trouverait rien d'intéressant là dedans, tout était perdu sans électricité. Dans un des placards, de la poudre de chocolat, que l'on avait l'habitude d'utiliser avec du lait. Je le sortis et le posait sur l'ilot central. Dans les tiroirs, la seule chose qui pourrait servir dans les tiroirs, c'était des couteaux à steak, mais rien d'intéressant étant donné que mon couteau était bien plus utile que ce genre de truc. Je m'arrêtais un peu pour observer par la fenêtre.

"Tu as trouvé quelque chose? En tout cas tes potes on pas l'air d'avoir l'intention de bouger de là, j'espère que tu as un plan pour pas rester coincer ici..."


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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Ven 26 Mai - 16:45

Elliot avait géré l'insertion et la prise de position comme un cheval de bataille. Vite fort et avec la finesse d'un barrage d'artillerie. Louis leva les yeux au plafond avant de la suivre. La pièce était dégagée et déjà la jeune femme fouillait dans les placards en quête de nourriture et d'éléments utiles.

"Je vois que l'on apprécie toujours autant la finesse. Tu avais un avion à prendre? Ou pressée de faire la pause pipi? SWAT ou Marines? Tu a cette même grâce et douceur dans le mouvement... Comme le disait un vénérable pataugeur, nous les marines, on est marteau ascendant pilon! La finesse on laisse pour les danseuses en tutu de l'Army. Je parie que cela leur a beaucoup servi quand les rôdeurs leurs sont tombés dessus."

Le rictus narquois montrait bien tout l'amour qu'il vouait à ce "vénérable pataugeur" et sans doute au reste du corps entier. Lui qui aimait la précision, l'efficacité, avait toujours été exaspéré par le comportement trop brut sinon brute des gars de l'USMC. Ils avaient leur utilité, mais à ses yeux ils auraient pu faire tellement mieux en étant plus mesurés. Mais bon, si cela avait été le cas, il n'aurait pas pu s'amuser à en recadrer certains. Oui, Louis était à la sociabilité ce que l'USMC était à la finesse.

"Pendant que tu inspectes la pièce je retourne fouille le salon. J'ai peu d'espoir d'y trouver quoi que ce soit d'utile, mais pas besoin de s'entasser à deux dans cette cuisine."

Sa remarque sur les rôdeurs toujours présents dans la zone depuis qu'il les avait attiré lui fit hausser un sourcil.

"Lassée de tes groupies? Ils ont pourtant fait tout ce chemin pour tailler le bout de gras. Ils seront sans doute partis avant qu'on ait fini d'inspecter l'étage, et il y a plusieurs étages à faire. Ca nous laissera tout le loisir de trouver une autre issue si jamais ils plantaient la tente de ce côté ci. Et je préfère les savoir tous ici que rôdant au petit bonheur un peu partout, là on sait où est la concentration maximale, si jamais on en croise d'autres, ils seront bien moins nombreux. De plus les gros groupes de rôdeurs en mouvement ont tendance à faire fuir les gens, ça évite donc de croiser d'autres vivants, voire ça nous permet de nous débarrasser des gêneurs. Un simple coup de barre de fer pendant qu'il escalade l'échelle de secours, et voilà." Charmant... Avait il eu cette idée alors qu'elle montait l'échelle avec la mort aux trousses? Son regard ne trahissait rien et son ton monocorde n'en révélait pas plus. "Bon, le salon m'attend."

Se tournant vers le petit teigneux qui l'attendait toujours dans le couloir.

"Ramène toi sac à puces!"

Aussitôt, Rosket se radina en poussant ses petits ronronnements aigus. dans sa gueule il tenait un gros cafard, le saligaud ne risquait pas de mourir de faim!
Le salon ne valait pas vraiment la peine que l'on s'y attarde vu qu'il ne contenait sans doute pas grand chose d'intéressant, mais maintenant que l'appartement était clean, ils pouvaient le visiter de fond en comble et se séparer permettait de couvrir plus de surface en moins de temps. Même si l'endroit était sûr, rien ne disait qu'il le resterait aussi l'optimisation du temps restait l'option maîtresse. L'ancien militaire piqua directement sur les grands placards, laissant le vaisselier et les deux meubles de rangement pour plus tard. Il ne partirait de toute façon pas sans avoir récupéré ce qui pouvait l'être.

HRP:
 
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Elliot Jensen
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Lun 29 Mai - 13:24

Le regard que je jetais à Louis ne pouvais que confirmer qu'il avait mit le doigt sur un point sensible, après tout je n'avais pas du tout apprécier, surtout lorsque l'on sait que j'étais à la recherche de quelqu'un qui comptait pour moi. Je détestais ces corps militaires qui se croyaient meilleurs que les autres tout simplement parce qu'ils étaient formés pour rechercher une aiguille dans une botte de foin, ceux qui prenaient une éternité pour faire quelque chose d'aussi simple que de sécuriser une pièce.

"A croire que certains sont toujours là pour te tenir un peu compagnie."

J'étais partie pour bouder, je ne prêtais pas grande attention lorsque Louis sortit de la pièce avec son raton laveur. Je continuais mes petites recherches, les placards semblaient relativement vides, il restait effectivement des produits consommables, mais uniquement si vous les mélangiez avec d'autres choses, farine, sucre, et autre. Personnellement j'aurais tout de même utilisé le sucre avec de l'eau pour conserver un peu d'énergie, mais il faut dire qu'effectivement les pauvres civils auraient du mal à se contenter de tout ceci. En tout cas j'étais de bonne humeur, j'avais pris une douche hier, mon ventre était quasiment plein, j'avais même eu un petit déjeuner, même si je l'avais pris assez léger, vu que mon estomac n'était plus apte à supporter la nourriture en grosse quantité. Je prenais mon temps vidant avec soin les placards pour trouver tout se qui pourrait nous tenter. California gurls We're unforgettable Daisy dukes. Bref vous avez compris je chantonnais du Katy Perry. Putain, j'avais envie de chantilly, pourquoi cette musique... En rentrant je demanderais à Barry si il ne savait pas où je pourrais en trouver. Hum d'ailleurs associer Barry et de la chantilly faisait naitre des images qui devraient être censurée dans mon esprit.

"Si tu veux j'ai du chocolat en poudre et de la farine, je peux te faire un gâteau, mais sans oeuf et sans sucre, j'ai des doutes sur la qualité de la pâtisserie dans ces conditions. Par contre, du nesquick avec de l'eau, ça reste toujours un peu d'énergie. Enfin bon, moi je sais où manger ce soir alors si ça te tente."

Ce n'était pas que je ne boudais plus, j'étais tout de même vexée, mais j'étais restée si longtemps seule à ne pas pouvoir parler, que j'avais du mal à m'arrêter. Pour le reste, il restait surtout des produits ménagers, des éponges et ce genre de connerie, rien de très intéressant. Sous l'évier, des bouteilles d'eau de sources, au moins quelque chose d'utile. J'en ouvris une et bue de longues gorgées il y en avait 4, mais je ne me voyais pas me balader avec ça sur mon dos, autant en profiter maintenant.

"J'ai de l'eau, mais rien d'autre. Et toi?"

Je pris la direction du salon, restant dans l'encadrement de la porte, un bol d'eau à la main que je posais par terre pour la bestiole. Quoi que je doute qu'elle meurt de soif, les animaux s'en sortaient bien mieux que nous pour le coup.

Spoiler:
 

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Louis Hartmann
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Lun 29 Mai - 22:41

Soit le ranger n'avait pas vu, soit il n'avait tout simplement pas relevé le regard assassin et la remarque un tantinet acide de sa compagne de route. Et de toute façon il avait été rapidement accaparé par sa tâche.
Pendant ce temps, le raton laveur s'était remis en quête de gibier à plus de quatre pattes et à l'entendre mastiquer régulièrement en émettant ces petits ronronnements aigus de satisfaction, la chasse était bonne... Fichu veinard. Remarque, la pêche avait été plutôt correcte pour Louis aussi. Son nouvel instrument de mort était bien réalisé. Il pourrait même se bricoler d'autres petites choses avec ce qui restait.

Elle s'adressait à lui depuis la cuisine, autant pour la discrétion. Il se demanda si elle le faisait exprès pour le faire bisquer vu qu'il avait montré et signifié un amour profond pour la discrétion, sans parler de son penchant naturel pour son meilleur ami, le silence. A moins que ce ne soit une logorrhée due à la solitude? Il se devait d'être patient, elle avait également vécu l'enfer et n'avait peut être pas connu de véritable compagnie depuis un an, un peu comme lui sauf que le militaire avait la chance de pouvoir parler à son raton laveur.

"Tu parles d'une chance..." Se surprit il à marmonner dans sa barbe en lançant un regard noir au petit prédateur qui n'en avait cure et se tapait un gueuleton de compétition.

Elliot arriva sur ces entrefaites avec un bol d'eau pour le petit ingrat et des bouteilles à partager avec lui. Il lui fit signe d'approcher et de contempler le petit trésor qu'il avait pu récolter. Une trousse à outil, son pipe hammer et un gros chalumeau à acétylène. Ce serait un vrai casse-tête à bouger, mais au moins ils pouvaient faire plusieurs choses avec lui, même si sa réserve était bientôt épuisée.

"Comme tu peux voir, du bric à brac qui pourrait être utile, cette trousse à outil dont le contenu pourra nous aider rudement, et avec ce chalumeau on pourrait au choix bricoler deux ou trois babioles ou alors je peux essayer de préparer du pain sans levain. Une vieille afghane avait accepté de me montrer comment faire quand on avait aidé son village à repousser ces foutus talibans. Je garantis rien, surtout qu'il manquera pas mal de choses, mais avec du chocolat en poudre, ça peut pas être si mauvais. Il me faudra de cette eau, la farine et le nesquick. On brassera le tout et après on chiera des briques pendant deux semaines, mais au moins ça tient bien au ventre et ça se conserve quelques jours. Après on peut même s'en servir de plaques balistiques dans les gilets. Si tu es ok pour la tambouille, cherche un saladier dans le vaisselier je vais continuer à farfouiller pour voir si je peux pas dégoter une ou deux bricoles histoire d'améliorer le quotidien et surtout ce pain de misère que je pourrai commettre. "

Il récupéra la bouteille d'eau ouverte et en bue une gorgée mesurée, remerciant d'un bref hochement de tête. Pendant qu'il refermait la bouteille tout en prenant la direction de la salle de bain, il demanda d'un ton presque léger - faut pas déconner on parle de Louis Hartmann quand même - à sa presque disciple. Sur le pas de porte il la regardait, comme toujours avec ces mêmes yeux à l'éclat intense, ce regard qui sondait et jaugeait les gens.

"A quelle arme appartenais tu? Si tu as déjà entendu parler de moi c'est que tu étais dans l'Armée et vu tes méthodes, on sent le passé militaire. Rouillée, mais y a des restes. Tu es retournée à la vie civile ou alors tu as été contractor vu que les gestes ne sont plus aussi précis. Tu es partie y a quoi trois ans? Quatre ans? Peut être un peu plus si on compte tout ce merdier c'est vrai. Ce n'est pas de la curiosité mal placée, mais tu sais qui j'étais, il serait donc normal de me retourner la politesse, non?"

Vu que la salle de bain était à côté, il s'y rendit pour fouiner, l'oreille distraitement tendue en attendant la réponse. La pêche s'avérait plutôt bonne là encore, il avait pu récupérer un miroir comme on en trouvait dans les trousses à maquillage, toujours pratique pour regarder au delà des coins. Avec une antenne télescopique de voiture il pourrait bricoler un miroir télescopique, il lui faudrait juste de la colle forte ou du ruban adhésif. La pharmacie contenait des médicaments homéopathiques, des flacons de plantes et d'huiles essentielles ce qui fit lâcher à l'instructeur un grognement de mépris. Ces foutus macchabées qui avaient salopé les couvertures n'étaient que des fieffés bobos amis des plantes et des énergies renouvelables. Il était sûr de trouver un bouquin "les trésors végans" ou encore "éveillez vos chakras" et autres conneries qui avaient le don de l'énerver.

Il fit un crochet par la chambre, récupéra deux draps épais dans une des deux armoires et revint dans le salon, déposant l'étoffe sur la table et exhibant le petit miroir de poche

"Ce n'est pas le Pérou, mais de bons draps en laine naturelle, ça protège bien quand les températures sont quasiment négatives voire au delà. Quoique je ne sais pas si tu en auras l'usage vu que tu as un pied-à-terre si j'ai bien compris."

Tournée ainsi la question lui permettait de savoir plus précisément ce qu'elle lui avait proposé sans donner l'air de s'y intéresser vraiment.
Même s'il avait une impression globalement positive sur la jeune femme, il savait qu'il fallait se méfier des gens, un gamin avait essayé de le poignarder pour lui voler ses affaires. Le retour de flamme avait été bref et violent, laissant l'adolescent inconscient avec le poignet droit brisé, une quasi condamnation à mort et à l'heure actuelle, il y avait de fortes chances qu'il déambule dans les rues le regard vide, soit mort de l'infection consécutive, soit parce qu'il ne pouvait plus se nourrir et se défendre.
Il n'en concevait aucun remord, ce n'était pas le premier ados qu'il aurait envoyé ad patres, le sol d'Afghanistan et d'Irak avaient été souillés du sang d'enfants soldats qu'il avait tué sans la moindre hésitation, ce vaurien l'avait attaqué et récolté ce qu'il avait semé.
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Elliot Jensen
Matricule n°001
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Mar 30 Mai - 11:42

J'observais le bric à brac qu'Hartmann avait rassemblé. Personnellement, je n'étais pas du genre à m'encombrer de pareil bordel, mais sans doute parce que j'avais passé le plus clair de mon temps à avancer pour arriver jusqu'ici, avancer leger me permettait de marcher vite, c'était le plus simple. Concernant la bouffe, je n'étais pas du genre difficile, alors faire du pain au nesquick, ça m'allait très bien au final, même si ça ne serait pas aussi bon que se que j'avais manger hier soir, mais ce n'était pas bien grave, ça ne serait pas pire que tout se que j'avais mangé jusque là. Je ne bougeais pas, je continuais à l'observer et d'ailleurs il faisait la même chose, je pense sincèrement que la plus part des gens serait gêné par ce regard insistant, mais personnellement j'avais une certaine habitude face à ce genre d'exercice, ma vie avait toujours été passée au crible. Je l'écoutais me questionner, je n'étais pas réellement du genre très secrète, mais sincèrement j'avais l'impression de jouer à un petit jeu, il se posait bien des questions sur moi, et c'était normal, même si personnellement j'avais l'habitude que les gens me connaissent ou me reconnaisse, merci papa... J'affichais un grand sourire, les distractions étaient assez rares ses derniers temps, sauf si bien sûr on compte la survie comme une distraction.

"Un peu moins de trois ans, je suis rentrée dans la police après 10 ans de bon et loyaux service dans la marines. Il faut être honnête, on te demande pas le même niveau et au final, tu t'encrasse vite, par contre je t'assure, tu deviens le champion dans l'ingestion de café et autres merdes de ce genre. Même en continuant à s'entraîner, tu perds beaucoup et rapidement, surtout que je n'avais plus le temps de passer autant de temps à la salle de sport."

J'étais assez mélancolique de cette période, personnellement quitter l'armée n'avait jamais été un choix qui m'avait plus, je l'avais fais parce que je n'avais pas le choix, et puis Nolan avait été clair là dessus... En repensant à tout ceci, on pouvait que se dire que ça avait été une belle connerie. Je restais dans le salon à observer la bestiole qui semblait bien à l'aise dans ce petit monde, après tout c'était parfaitement normal, plus de voiture pour les écraser, plus de petits bourgeois pour leur lancer un chausson dans la tête lorsqu'il fouillait dans les poubelles, les nuisibles prenaient leur pied depuis l'apocalypse. Se qui attirait mon attention fut une mini chaine sur le buffet, je fut assez étonné qu'Hartmann n'avait pas collé sur gros nez dedans. J'appuyais sur le bouton on sans grand espoir, et pourtant de la musique sortie des hauts parleurs. Des piles. Et de la musique de merde. Je récupérais les piles, si encore la musique avait été correcte, j'en aurais profiter un peu, mais là, on avait choisit la mauvaise maison.

"Sérieux, c'est quoi ses ploucs? On pouvait pas tomber sur quelque chose de plus intéressant, plus d'un an que je n'ai pas entendu de musique, et la seule qu'on trouve c'est cette musique de vieux..."

Je posais les piles à côté du bric à brac, j'écoutais Hartmann, comprenant très bien où il voulait en venir, effectivement, un lieu sûr était quelque chose de très recherché, mais ce n'était pas le mien, je ne pouvais pas le mettre en danger sans avoir l'accord de Barry, ce n'était pas à moi de prendre ce genre de décision.

"Hum pas vraiment, disons que j'habite chez un ami, et qui sait pendant combien de temps. Après à voir si ça t'intéresse, je peux toujours te présenter, et il décidera, après si tu veux t'installer, je ne pense pas qu'ils seraient contre. Un groupe je suis pas sûre que ça me convient personnellement, je suis pas particulièrement solitaire, mais je n'aime pas les gros groupes, trop dangereux, pas assez fiable."

Je tirais une chaise qui se trouvait autour de la table et me laissait tomber dessus, même si ce n'était rien face au confort du lit d'hier soir, ça faisait toujours un bien fou lorsque l'on pouvait se poser, être en sécurité était un putain de privilège.

"Tu sais que tu avais un putain de sosie chez les marines?"


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Louis Hartmann
Matricule n°001
I walk a lonely road
Jeu 1 Juin - 0:19

Elliot était partante pour le pain "Cercueil". La pauvre, si elle savait... Remarquez, même Louis ne savait pas trop ce que cela allait donner. Pendant qu'il préparait la pâte, il écouta la jeune femme parler. Oui, elle était du genre à aimer causer, même si elle se la jouait solo. Le contact humain ça manquait pour les gens comme eux, déambulant en solitaire la plupart du temps, c'était peut même ce manque qui lui avait fait voir chez elle des qualité qu'elle n'avait peut être pas ou pas au point qu'il décide de mouiller la chemise. Dix ans dans l'USMC? Peut être bien qu'elle avait ces foutues qualité après tout! Il s'autorisa même à afficher sa surprise.

"Dix ans? Au milieu des pataugeurs? Je ne sais pas si je dois y voir de la pugnacité ou du masochisme!"

Et son éternel rictus qui donnait envie de l'étrangler. Et pourtant ce n'était pas du mépris ou du dédain, mais quand il souriait on avait toujours l'impression qu'il vous toisait du haut de son Olympe. Même sa femme lui avait fait la remarque et lui de répondre d'un haussement d'épaules et de "sourire" à nouveau. Au final elle lui avait tout bonnement demandé de s'abstenir vu qu'il était un cas désespéré chose qui l'avait pas mal blessé dans son orgueil lui qui se targuait de pouvoir tout apprendre et faire apprendre. Il était une buse finie en matière de sociabilité et relations humaines. Dès qu'il sortait de son rôle de sergent instructeur - ce qu'il ne faisait que très, très rarement - il était plutôt paumé.

La suite du CV de sa compagne d'un jour l'étonna moins, bien qu'il ne la voyait ABSOLUMENT PAS à la police, i.e. pas les SWAT et autres unités d'interventions qui ne carburent pas au café mais au drill. En mode transparence absolu, Elliot put donc voir encore une fois la surprise s'afficher sur son visage.

"La police? En uniforme? Enquêtrice? J'avais envisagé les unités d'intervention, mais puisque tu parles de café j'imagine que c'était les unités classiques. Choix surprenant vu ton passé, mais bon, changer d'air peut faire du bien. Quand à manger des horreurs, je crois avoir fait le tour de la question, ici comme ailleurs.
Forcément quand on est obligé de bouffer sur le pouce, on prend ce qui vient, que ce soit un donut ou une carcasse d'âne oubliée des dieux depuis on ne sait combien à faire le tri entre la barbaque et les vers... quand on avait le loisir de le faire. La prévoyance, la préparation, c'est la clef de repas sains et qui vous filent pas des suées rien qu'à regarder ce qu'on se foutre sous la dent."


Il ne put qu'être d'accord avec elle, ces gens là étaient des ploucs. Des ploucs un peu bricoleurs ou ayant eu la chance de bricoler de façon heureuse pour une première fois, mais des ploucs quand même.

"Va voir leur armoire à pharmacie, je suis sûr que si on cherche dans leurs bouquins on aura des trucs sur la magie blanche, sur la médecine douce et des conneries du même genre. Mais bon, au moins ils avaient de la farine et de la poudre chocolatée."

Il pétrissait toujours quand elle éclaircit la zone d'ombre autour de son point de chute. Apparemment quelqu'un lui offrait l'hospitalité. En cette période, il se demandait ce qu'il y avait là dessous, rien n'était gratuit et penser que c'était le cas était une grossière erreur. Leur association fut elle aussi fortuite que temporaire partait du principe de l'aide mutuelle pour récupérer plus, tordre le coup à la trop fidèle compagne de voyage qu'était leur solitude et dans son cas se donner un but aussi vain que revivifiant. Il opina du chef en se gardant bien de dire quoi que ce soit, mais son attitude n'affichait clairement pas d'enthousiasme délirant. Sa remarque sur son supposé sosie lui permit de ne pas avoir à s'étendre sur le sujet, les groupes pouvaient être aussi dangereux que le fait d'être seul. Au moins seul on ne risquait pas d'être mal accompagné et surtout mal dirigé et de ce qu'il avait pu voir des groupes traînant dans Detroit, c'était surtout des guerres de chefs, de territoire avec au final des gens qui ne valaient pas mieux que ceux qu'ils trucidaient.

"C'est la deuxième fois que tu mentionnes une personne qui me ressemble beaucoup, physiquement du moins. Pour te répondre, non je ne le savais pas. Vois tu les gens n'avaient pas spécialement envie de papoter avec moi, je n'ai jamais été très populaire à Fort Benning, et même ailleurs en fait, donc l'hypothèse que quelqu'un vienne me parler sans y être contraint d'une façon ou d'une autre... Et donc ce marines, tu le connaissais bien si j'en juge ta réaction quand nous nous sommes rencontrés. Je te donnerai qu'un conseil de personne à personne, garde en les bons souvenirs, ne pense pas au reste, à ce qu'il est potentiellement devenu, à la possibilité de le retrouver... La vie a un foutu sens de l'humour, genre notre rencontre, et il faut faire gaffe à ce que l'on souhaite, parfois on est exaucé et le retour de flamme fait mal." Ca partait certes d'un bon sentiment mais sa phrase pouvait également faire aussi mal qu'un coup de poing en pleine face et même lui s'en rendit compte aussi embraya t il sur autre chose. "C'était quoi son nom? J'ai eu des marines entre les pattes, mais je me serai souvenu d'un double, fut il plus grand et plus jeune."

Il avait formé quatre grosses galettes de la taille d'une assiette à dessert et épaisse d'un centimètre environ, la couleur était pas terrible, le goût le serait sans doute encore moins... Il les avait posé sur une plaque métallique saupoudrée de farine et il la faisait chauffer avec le chalumeau, passant la flamme en mode brûleur sur la pâte pour cuire la surface. Ca lui rappelait ces semaines au milieu des montagnes de la zone tribale, même si le pain sentait moins bon. Le raton laveur s'était approché, attiré par cette odeur curieuse qui au final n'était pas si désagréable et alors qu'il avançait un peu trop le museau, se ramassa une tape sur la trogne.

"Retourne bouffer tes cafards, ça c'est pour les bipèdes!"

L'animal montra les crocs, visiblement tout colère. Les ratons laveurs étaient par nature des prédateurs agressifs et là on voyait bien que la boule de poil si meugnonne une seconde auparavant avec ses yeux brillants et sa fourrure lui donnant sa bouille inimitable s'était changée en gremlin ayant mangé après l'heure fatidique... Guère impressionné, l'ancien ranger l'attrapa d'un geste aussi rapide que précis, le secouant par le collet avant de le jeter hors du salon avec autant de douceur qu'un boxeur cognant sur son adversaire.

"Tu reviendras quand tu seras calmé! J'vous jure, aucune manière! J'ai beau essayer de lui apprendre, autant pisser dans un violon! Bon, au moins c'est prêt."

Le duo avait un air de vieux couple inséparable, mais aussi grincheux et teigneux l'un que l'autre. Le pain quand à lui avait une couleur oscillant entre le marron clair et le gris, la mie était dense, mais moelleuse c'était déjà un bon début. Le goût... Aurait pu être pire. On sentait le nesquick indubitablement, mais le mélange était plutôt fadasse et il fallait bien mastiquer. L'avantage c'est qu'avec une galette ils avaient l'estomac blindé pour une journée.

"Je vais peut être ouvrir une boulangerie finalement."
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Elliot Jensen
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Ven 2 Juin - 13:31

Tant de personnes avaient cette façon de penser, à croire que nous étions si terrible dans la marine. A vrai dire pour moi c'était bien plus simple, je n'avais jamais réellement eut de vrai famille, en tout cas pas une famille solidaire, où l'on peut compter les uns sur les autres et s'entraider. L'armée m'avait apporté ça, et à vrai dire, devoir la quitter à la demande de Nolan avait été une véritable torture, j'avais eu beaucoup de difficulté à me faire à la vie civil, à cet ennuie quasi constant, à ce manque de solidarité, cette rivalité constante pour juste vouloir une évolution minable dans l'espoir de gagner un peu de pouvoir et de fric supplémentaire. D'accord, c'était peut être plus simple pour moi qui n'avait jamais connu ces soucis là, l'argent coulait à flot dans la famille, et si je n'en profitais jamais à outrance, mais je n'avais jamais eu faim, en tout cas jamais en dehors des missions. N'allez pas croire que c'était la belle vie, nous avons tous notre croix à porter. Je me contentais d'hausser les épaules, après tout ce type ne me connaissait pas, et que pouvait il réellement savoir de se que m'avait apporter mes frères d'armes.

"Je crois que toutes les personnes qui respirent encore aujourd'hui on une légère part de sadomasochisme."

Généralement, j'essayais d'éviter de trop regarder Hartmann, mon regard n'était pas fuyant, mais jamais trop insistant. C'était tellement étrange de voir un visage familié avec des expressions nouvelles. Ce sourire, ce n'était pas Nolan, étrangement, je pouvais remercier cette différence, qui me rendait les choses plus facile. J'essayais de focaliser sur ces différences, et le visage d'Hartmann, me paraissait moins familier, même si on ne pouvait pas nier la ressemblance, c'était bien moins agressif qu'au premier regard. J'eus un petit rire triste à sa remarque, oui bien sûr, personne ne m'aurait réellement vu dans la police, à jouer les inspecteurs gadgets.

"Oui il y a des choix qui ne nous appartiennent pas réellement, quand on partage notre vie avec quelqu'un, il faut des fois faire au mieux pour les autres. Lieutenant de police, c'est vachement moins risqué, même si ça ne valait pas le boulot de secrétaire, mais il fallait trouver un juste équilibre pour ma santé mentale."

L'armoire à pharmacie, mon dieu qu'est ce que j'allais trouver là dedans... Probablement de l’homéopathie ou ce genre de connerie. Dommage, des médicaments auraient pu être une bonne idée. Je laissais Hartmann à sa cuisine, et pris la direction de la pièce d'eau. La salle de bain étaient figées dans le temps, malgré la poussière, tout semblait plutôt propre. Au dessus de l'évier se trouvait un meuble avec un miroir, la petite maison parfaite de l'américain moyen. Le résultat était bien celui auquel je m'attendais des tubes bleus, granules d'homéopathie. Un peu de désinfectant, mais ce n'était qu'un fond, et plus surprenant des cachets contre la dépression, vu le nom sur la prescription, madame n'aimait pas tant que ça la vie qu'elle menait, il y avait également des somnifères, bref rien de bien utile, je ramassais le tout dans ma chemise, et ramenait le tout sur la table.

"Alors alors, du prozac, si tu veux un peu calmer cette dépression qui nous bouffe tous, des granules d'arnica, histoire de soulager nos petits bleus, du valium, pour faire un gros dodo, et autres anti stress naturel, et oui des fans d'homéopathie, mais pas que. Bon il y a un reste de désinfectant, histoire d'avoir au moins un truc d'utile."

Je ne sais pas pourquoi, mais ce n'était pas réellement étonnant d'entendre que ce mec c'était pas doué pour la vie social, j'aurais clairement pu le deviner toute seule, et encore plus étrange, moi je le trouvais plutôt marrant, peut être parce que je n'avais pas eu beaucoup de contact ces derniers temps. Je l'observais parler à sa bestiole, mais cette boule de poil était tellement moins sympathique que le Meiko de disney. J'avais pris ses paroles comme une godasse dans la gueule, mais ce n'était pas comme si je n'avais pas l'habitude d'en prendre pleins la gueule. Je ne sais pas réellement qui est ton père biologique, tu me fais honte, tu n'arriveras à rien dans la vie, ton fiancé est probablement mort et bouffe des survivants. J'étais plus réellement à ça prêt, et si j'avais l'air fragile, je ne l'étais pas tant que ça. Je repoussais mes cheveux en arrière plantant mon regard dans le sien.

"Wouaw au moins toi tu es direct, laisse moi deviner, tu as vu toute ta famille crever sous tes yeux, alors bon l'espoir tu ne connais pas trop? Je comprends bien, crois moi, je serais sans doute comme toi, mais bon, personnellement je préfère en garder encore un peu, histoire de garder toute ma tête. Quoi qu'il en soit, je t'assure que tu t'en serait souvenu, il s'appelle Nolan Collins, et il aurait pu être ton frère jumeau, enfin avec quelques années en moins."

Ce n'était pas gratuit, c'était la pure et simple vérité, Nolan devait avoir au moins 5 ans de moins que ce type, ajoutons ça cela que l'apocalypse avait fait vieillir tout le monde un peu prématurément. J'attrapais un morceau de pain chaud et tendit un morceau vers le couloir, à la bestiole qu'Hartmann venait de chasser, ce n'était pas de la provocation, je ne faisais sans même m'en rendre réellement compte, un peu comme quand Spotty était toujours là. Je crois que tant qu'il était avec moi, il avait toujours manger plus grassement que moi. Quoi qu'il en soit, même si ça n'était pas la meilleure chose que j'avais manger, au final, ce n'était pas si dégueulasse que ça, et ça avait l'avantage de tenir au ventre.

"Quant au sens de l'humour de la vie, j'ai presque envie de te dire qu'elle est à elle toute seule une blague, que se soit aujourd'hui ou hier. Alors qu'est ce que ça change? Autant essayer de rester positif pour ne pas avoir besoin du prozac de cette pauvre femme."

Cet homme ne semblait pas être disposé à rejoindre le groupe de Barry, mais après tout je ne pouvais pas lui en vouloir, moi même je n'étais pas réellement chaud à l'idée de rester avec un groupe. Et après tout j'allais probablement plus jamais le revoir, mais cette idée me dérangeait assez, finalement je commençais à bien l'aimer ce prof sadomasochiste... Bien sûr ça n'avait rien à voir avec la relation que je pouvais avoir avec Barry, mais c'était justement ce qu'il me plaisait, si Barry offrait une sécurité et une présence rassurante, Hartmann vous offrait la morsure de la véritable vie.

"Du coup tu compte rester sur Détroit? Je sais pas la vie ne serait pas plus simple en bord de mer? C'était mon plan si je le retrouvais, bouffe quasi à volonté avec la pêche, avec la chance de trouver un bateau, et pourquoi pas une petite île relativement tranquille, Fire Island me semblait un bon point de chute pour établir une petite colonie avec les survivants en nettoyant l'ile, pas plus de 500 habitants ça aurait été relativement vite fait..."

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Louis Hartmann
Matricule n°001
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Ven 2 Juin - 20:53

Il ne la maternait pas. Elle avait survécu à l'apocalypse, à leurs premières minutes, elle pouvait donc encaisser sa franchise anti-char et elle l'avait fait même si cela l'avait un peu secoué vu sa répartie sans doute prévue pour taper sous la ligne de flottaison, mais s'il en concevait de la tristesse, il avait passé le cap de la culpabilité. Le fait qu'elle ait quitté l'armée pour satisfaire les craintes d'un homme l'avait plutôt étonné, mais il savait que l'on était capable de tout par amour, y compris saborder sa propre carrière et faire passer ses besoins, ses rêves après les désirs de l'être aimé. Après tout n'avait il pas fait quelque chose de similaire? Violetta ne lui avait pas demandé de quitter le service actif, c'est lui qui ne pouvait plus être soldat, mais au final c'est parce qu'il aimait les deux femmes de sa vie.

"Je comprends. Je trouve que la demande de ton homme était déplacée, mais je comprends que tu ais accepté. J'ai quitté le terrain après la naissance de ma Carole. Imposer à ma femme et ma fille cette absence et me dire que je ne pourrai pas la voir grandir m'empêchaient d'être un combattant fiable, une chose inacceptable car elle mettait la vie de mes frères d'armes en jeu - bien que ces crevards ne m'aient jamais considéré comme l'un des leurs - j'ai donc demandé mon retrait des unités de terrain et de participer au programme de formation pour devenir instructeur militaire. Ils voulaient former un centre "unique au monde" où les meilleurs viendraient souffrir pour devenir encore meilleur, je leur ai fourni exactement ce qu'ils demandaient."

Il se tut un moment pour la regarder droit dans les yeux, un regard toujours aussi franc et dur avant de continuer de son ton calme, comme si ce qu'il évoquait ne le touchait plus ou pas.

"Et non je n'ai pas pu voir ma famille crever, je n'ai pas pu arriver à temps. Mais si cela peut te consoler j'ai dû faire sauter le crâne de ma fille de cinq ans revenue d'entre les morts après que des ordures aient abusé d'elle et battu à mort. Pour autant que je sache ma femme erre peut être encore dans les rues de Detroit parce que je n'ai pas pu lui offrir le repos éternel auquel elle a plus que droit. Si je t'ai donné ce conseil c'est pour t'éviter au mieux d'attendre en vain au pire de devoir faire sauter le crâne de celui que tu as aimé. Et encore il pourrait y avoir pire que ça. Je sais, voir le verre à moitié vide... C'est ainsi que l'on ne commet pas d'erreur bête. Et je dis ça alors que je parle de ma vie avec une presque inconnue qui dissimule un pistolet et a bénéficié d'un entraînement militaire. J'ai dû me lever du bon pied ce matin."

Il capta son geste en direction de Rosket et soupira. Quelle discipline inculquer si on offrait l'objet de la correction après ladite correction?

"Tu devrais le manger en entier. Ce rascal a eu ce qu'il méritait. En plus vu que tu es une inconnue, même si tu me parles il pourrait venir et t'attaquer et il repartirait avec deux de tes doigts pour agrémenter son morceau de pain. Je sais bien qu'il a l'air mignon, mais je ne traîne pas avec lui uniquement parce que c'était le gardien de ma fille, mais aussi parce qu'un ami me l'a dressé pour attaquer et que j'ai personnalisé son dressage. On ne le dirait pas comme ça, mais il a à son actif quelques humains.
Une petite bête comme ça, on ne s'en méfie pas, et quand il vous arrache le visage avec ses crocs et ses griffes on le regrette. Le dernier, il lui a arraché la gorge et lacéré la carotide droite. Un autre qui m'attaquait alors que j'étais malade comme un chien, il lui a mastiqué les testicules avec une application qui m'a fait souffrir et pourtant je n'ai généralement pas de compassion pour un type qui veut m'aplatir le crâne avec une batte cloutée. Je parie que même les rôdeurs ne l'ont pas fait autant déguster pour le coup."


Et il ne plaisantait pas. Rosket était tout sauf une gentille peluche. Il pouvait se laisser caresser et était parfois câlin, mais il était également une vraie saleté à qui on avait appris où mordre, où griffer. Garry, le maître-chien de la base n'avait pas son pareil pour transformer une gentille boule de poil en chien de combat. Une bonne partie des femmes de la base avaient un chien qui était passé entre ses pattes comme ça les maris pouvaient partir l'esprit tranquille sachant que quand elles sortaient de la base, leurs femmes étaient protégées. Il avait fait une sacrée tronche quand Louis lui avait ramené le raton laveur, son "Vous vous foutez de ma gueule?!" lui avait presque arraché un sourire humain.

"Si tu veux qu'il le grignote, déjà mords dedans et avale le morceau qu'il voit que ce n'est pas empoisonné et ensuite jette lui. Quand il aura fini de faire sa tête de lard il le boulottera, mais ne t'attends pas à des papouilles pour autant, il n'y a que moi qui peut le toucher sans perdre un morceau... et encore." Remontant la jambe droite de son pantalon, il exhiba une série de jolies morsures et griffures. "Ca, c'est quand je l'ai attrapé. Il était tout jeune ce petit salopard. J'allais lui fracasser le crâne, mais Carole hurlait pour que j'arrête... Elle était sûre que c'était Rocket, l'espèce de raton laveur bipède des Gardiens de la Galaxie. Elle avait vu des images avant que le film sorte et elle l'adorait, là elle avait en vrai un raton laveur aussi méchant qui bouffait son paternel, forcément j'avais perdu avant même que le combat ait commencé.
Et comme il était hors de question que je la laisse avec ce petit monstre je l'ai confié à un dresseur de la base. Après quelques mois il était bon pour retourner à la maison, et je l'ai embarqué régulièrement pour des séances d'entrainement et de dressage. Le seul souci qu'on a eu ce sont les disparitions "inexpliquées" de chats et de petits chiens dans les environs. J'ai dû enterrer pas mal de bestioles dans le dos de ma femme. Mais au moins jamais les bégonias n'ont été aussi beaux."


Il arborait ce rictus carnassier typique. Il était très attaché à son raton laveur malgré les apparences tout comme la petite créature l'était à son endroit sinon il y avait belle lurette qu'elle se serait éclipsée. Attaché et plutôt fier même. C'était un compagnon de route sur lequel il pouvait compter et qui n'avait pas les mêmes arrières pensées que les humains.

Sa question le laissa un peu dans l'expectative. Il n'avait plus eu le luxe de prévoir des choses plus loin qu'à l'horizon du lendemain, ses projets se limitant à survivre un autre jour... parce que.. que pouvait il bien faire d'autre vu qu'il ne pouvait se résoudre à mourir? Il nourrissait certes l'espoir stupide et futile de retrouver Violetta et de lui accorder la délivrance, mais ça il ne l'envisageait que comme un délire provoqué par la tristesse du deuil. Il regardait dans le vague plus ballotté par cette question que par la remarque faite sur sa famille. Après au moins une bonne minute muré dans un silence durant lequel son regard se perdait dans le vide de son avenir, l'ancien ranger répondit à l'ancienne lieutenant de police.

"J'avoue que je ne sais pas. Le projet de colonie insulaire est attrayant, mais je sais que vous seriez attaqués malgré tout. Ces foutus rôdeurs marchent au fond de l'eau. Je le tiens d'un gars qui avait été sur la petite île qui servait de parc, je n'ai plus son nom en tête, il y était avec un petit groupe, et un matin ils ont vu une douzaine de ces saletés crever la surface de l'eau et avancer droit sur eux et derrière d'autres venaient. Ils avaient barricadé des accès terrestres, pas le fleuve. La moitié ne s'en est pas sortie. S'il y a une île avec des accès escarpés, c'est faisable par contre, mais là il faudra faire attention aux navires échoués et plus encore aux salopards qui se feraient un plaisir de venir jouer les vikings. Du poiscaille en pagaille par contre je ne sais pas, je ne suis pas du coin. Par contre j'ai une carte de la région. Si tu veux y jeter un œil, tu pourrais me dire quel coin vaut le détour."

Il attrapa son sac et ouvrant une poche, en sortit une carte plastifiée pliable, d'un côté il y avait la ville de Detroit, de l'autre l'état du Michigan. Il y avait des deux côtés des annotations faites indiquant l'emplacement de certaines choses "groupe de pillards" "nid de rôdeurs" "communauté" et autres trucs du genre. Il la posa sur la table du salon côté région, se servant de babioles pour la maintenir en place.

"Avant d'aller jusqu'à New York, on pourrait voir s'il y a quelque chose de potable par ici."


Dernière édition par Louis Hartmann le Mer 14 Juin - 14:11, édité 1 fois
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Elliot Jensen
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Mer 14 Juin - 13:43

Fonder une famille n'avait jamais été un but en soit dans ma vie, peut être parce que j'avais eu l'exemple de bien mauvais parents, mais une chose était sûre, je ne me voyais pas materner un petit monstre hurleur, Nolan lui aimait les enfants, il aimait tout ce que cette vie de banlieue pouvait représenter, pour lui la véritable réussite n'était pas de finir à un poste haut gradé, mais bien d'avoir une famille unie et heureuse. Aussi je n'étais pas sûre que sa demande était aussi inappropriée que ça, après tout je savais très bien à quoi je m'engageais en étant avec lui, et je l'avais accepté. Aussi je me contentais d'hausser les épaules.

"Je l'ai accepté sans avoir le couteau sous la gorge ein, je pense qu'il faut accepter les choix que l'on fait sans les regretter, après tout, c'est eux qui font se que nous sommes aujourd'hui. Je pense même qu'il aurait été pire de rester dans l'armée pour rester le cul posé sur une chaise ou pour enseigner à ceux qui iraient s'amuser."

Je l'écoutais sans détourner les yeux raconter se qui était arrivé à sa famille. J'étais sincèrement désolé pour lui mais ce n'était pas comme si nous n'avions pas tous vécus beaucoup d'horreur depuis la fin du monde, certaines étaient pire que d'autres, mais au final, nous avions réussis à survivre malgré se que nous avions vécu. Concernant les militaires comme Hartmann et moi, ce n'était pas réellement étonnant, après tout nous en avions déjà vu beaucoup avant l’apocalypse, mais de la part des civils, c'était réellement étonnant, l'homme était coriace quand on y pensait. Je me sentis soudainement agressée par la remarque d'Hartmann, je ne cachais rien, contrairement à beaucoup de monde aujourd'hui.

"Je ne cache rien du tout moi." Je tapais sur ma cuisse au niveau de mon holster." Je n'aime pas me surcharger, et sincèrement, l'arme à feu n'est pas réellement idéal ces temps ci, tu as déjà bien assez attiré nos petits rodeurs chéris."

Je n'avais pas réellement peur de la bestiole d'Hartmann, je n'aimais pas les bestioles dans son genre, mais lorsque nous domestiquions un animal, je trouvais que nous en étions responsable, Spokky mangeait mieux que moi à l'époque où il était mon compagnon, mais au vue des rituels qu'il fallait effectué, je me contentais de manger ma bouchée sans hésiter.

"Tu m'as pris pour Pocahontas? C'est juste qu'un animal bien nourris est plus efficace, même si j'avoue que mon chien était bien plus mignon que ta bestiole. Si ça peut te rassurer, je ne suis pas membre de la PETA où une connerie comme ça. Ta bestiole est encore plus parano que toi c'est dingue ça."

Je m'appuyais contre le mur, profitant du soulagement que ça me procurait. Dormir sans un lit avait été plus qu'agréable mais mes muscles s'étaient déjà habitué à ce confort, et il devenait déjà difficile de supporter l'absence de confort. Je ne pourrais pas rester indéfiniment à la bibliothèque, lorsque l'on y pensait, dès qu'ils se retrouveraient sans cet abris, se qui arriverait forcément un jour, ne serait ce qu'à cause de la détérioration du bâtiment, se sera plus dur qu'avant. J'observais Hartmann sortir la carte en réfléchissant à se qu'il venait de dire. Les morts marchaient sous l'eau, génial... En gros on ne pouvait pas s'en sortir... Si encore nous étions en Europe avec leur vieux château fort, mais non ce n'était pas le cas aux Etats Unis, il y avait quelques maisons bien sécurisée, mais rien qui ne pouvait faire face aux morts.

"Génial, je croyais que la putréfaction arriveraient plus rapidement avec l'eau et les poissons pour les bouffer, quant aux survivants, nous savons clairement que quoi qu'il arrive ils seront toujours une menace..."

Se fut avec étonnement que je relevais la tête de la carte sur ses mots. Il voulait trouver un coin potable avec moi? C'était assez amusant.

"Tu veux réellement te trouver un coin tranquille où tu pourrais te poser et me supporter?"

J'observais la carte, je ne connaissais pas bien le coin, mais je savais plutôt bien lire une carte. Il y avait plusieurs île dans le coin, mais rien d'escarpé, rien qui ne pourrait réellement être utile. Je montrais du doigt une île, Belle Isle ce coin j'en avais déjà entendu parlé, Nolan avait loué bateau là bas. Un bateau me paraissait être une bonne idée.

"Ici tu as un port de plaisance pour bateau de luxe, facile à diriger même sans compétence, il risque juste de manquer d'essence, ça offrirait un refuge relativement sûr où passer la nuit, la proximité avec l'eau offre de quoi boire, de quoi manger, limite l'impact des zombies, et on pourrait s'éloigner de l'île pour éviter d'éventuel survivant. A part ça, je ne vois pas trop, les sites touristiques ne sont pas très intéressant ici, pas assez fortifié, tu as Comerica Park mais trop grand à sécuriser à deux, les portes même bloquées risqueraient de céder, il faudrait un groupe énorme pour sécuriser un endroit pareil."

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Louis Hartmann
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Mer 14 Juin - 17:52

La surprise d'Elliot était d'une certaine façon en échos à la sienne propre. Il en était à proposer de s'associer pour avancer. Etait il à ce point désespéré et seul? Après une demie fraction de seconde, la réponse s'imposait d'elle même... oui. Il n'était pas sociable, il n'aimait pas les gens - et ils le lui rendaient bien - il détestait ce qu'était devenue l'Amérique, mais voir ce qu'elle était à présent, voir et savoir ce que vivaient les gens, et se sentir impuissant quand à ce qui se jouait là dehors... Il avait passé ces derniers mois dans une confortable léthargie mentale à juste vivre au jour le jour, mais cette quasi gamine l'avait réveillé sans même l'avoir voulu et maintenant que le diable était sorti de sa boîte, il n'avait pas spécialement envie d'y retourner.

"Que veux tu, il semblerait que j'ai succombé à ta douceur et ta féminité, je ne suis qu'un homme après tout et qui ne rêverait pas d'une marine de femme capable de vous luxer la mâchoire pour avoir le dernier mot? Et en prime nous avons déjà le chien, enfin le raton laveur."

On sentait la sincérité de l'humour, mais le gars était vraiment pas doué et ce qui aurait pu être une boutade pouvait également pris comme un Tomahawk, le missile, pas la hachette. S'il y a bien une chose pour laquelle le sergent instructeur Hartmann ne donnerait jamais de cours c'était bien les relations sociales.
Aussi retournant en terrain plus confortable et connu, il s'intéressa donc à la carte et ce que lui indiquait la jeune femme. L'idée du bateau était séduisante, mais elle restreignait également leurs voies de repli. Par ce temps, inutile de penser de fuir à la nage, en deux minutes ils seraient morts de froid. De plus ils avaient eu droit à un sacré orage, pour ne pas dire une tempête, récemment. Il avait déjà vécu ce genre de sale temps en mer dans un bâtiment de la Navy et c'était pas un souvenir très plaisant alors imaginer ce genre de grain dans autre chose qu'un CVN de cent mille tonnes, même pas en rêve!

"Ils sont dans quel état ces bateaux après la tempête qu'on s'est mangé? J'aurai même pas été étonné d'en voir un atterrir en plein centre ville tellement c'était violent. Un bateau c'est un bon repaire. Privatif, facile à sécuriser et on ne risque pas d'avoir de rôdeur qui vient troubler notre sommeil. Mais y a quand même des inconvénients, notamment si on se fait attaquer. Impossible de fuir avec un navire sans moteur et sauter à la flotte, on peut oublier avant deux ou trois mois, on ne tiendrait pas longtemps. Mais l'idée est à creuser.
Ensuite, si un endroit est impossible à sécuriser à deux, il est toujours possible de faire en sorte de le sécuriser à plus. Je ne t'apprendrai pas que l'on peut faire à plusieurs ce qu'il est impossible de faire seul."


Il se laissa lui-même aller contre un mur à réfléchir à ce plan tiré sur la comète. C'était sans doute complètement insensé, mais merde! Ils avaient servi leur pays, elle était toujours en service quand le monde s'était effondré. Il en avait marre de voir ce monde plonger chaque jour un peu plus dans le néant. Il se méfiait des groupes, souvent une meute formée autour d'individus peu recommandables pour qui la domination était la récompense ultime, justifiant toutes les déprédations et les carnages commis.

"Je sais que l'idée de s'organiser ne te botte pas et notre pays n'existe plus aujourd'hui ce qui fait que ton engagement est caduc, mais tu n'as pas envie de voir les choses changer? De réamorcer la pompe et faire ce qu'il faut pour redresser notre nation? Je comprends que ça paraisse un peu stupide de vouloir faire ça. Après tout on voit surtout le pire du genre humain de nos jours, mais tu n'as pas envie de faire en sorte que cela cesse? De renverser la vapeur, d'aider ceux qui en ont besoin, de te lever le matin et d'avoir autre chose en tête que simplement trouver de quoi se remplir la panse et un coin ou dormir sans risquer de se faire bouffer? Avoir une tâche qui donnerait un sens à ta survie, qui te rappellerait que tu as signé pour protéger et servir. A toi de voir. Je te dis pas qu'on fera renaître les USA en claquant des doigts, mais déjà trouver un endroit où les vadrouilleurs dans notre genre pourrions nous retrouver, échanger, se reposer, s'aider... Et voir."

Comme toujours quand il parlait de son pays, de leur pays, il donnait l'impression d'être possédé. On pourrait dire tout ce qu'on veut de Louis Hartmann, mais impossible de nier son patriotisme, c'en était presque comique surtout quand on voyait l'état de sa chère Amérique. Peut être parce qu'il se rendit compte qu'il était une espèce de dinosaure, il se leva, épousseta nerveusement son pantalon et replia sa carte avant de la ranger. Avant même qu'elle lui réponde il semblait s'être rembruni. C'était surtout cet espoir qui naissait en lui et qui l'enthousiasmait autant qu'il l'irritait. Le verre à moitié vide qu'il se répétait sans cesse depuis toujours, avec ça, pas moyen de se retrouver déçu. Et le voilà qu'il parlait de faire de ce chaos fumant et puant une nouvelle demeure des braves.

"On ferait mieux de continuer, Pocahontas, y a d'autres appartements à fouiller ou simplement s'éloigner de ce côté ci du bâtiment."

Il rangea sa couverture dans son sac, laissant l'autre à Elliot. Il était prêt à poursuivre leurs pérégrinations, mais pour autant évitait de la regarder, préférant chercher avec force application ce satané Rosket qui était parti bouder -de façon fort commode - dans le couloir.
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Elliot Jensen
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Mer 21 Juin - 21:59

Je m'arrêtais réellement pas convaincue par les paroles d'Hartmann, mais plus parce que je n'arrivais pas à croire qu'il avait fait de l'humour, mais sérieux, je ne le connaissais pas depuis très longtemps, bon d'accord quelques heures tout au plus mais là je devais avouer qu'il avait réussit à me tirer un sourire, d'ailleurs j'avais du mal à ne pas tenter de m'imaginer dans une jolie petite maison en ruine avec Rocket qui cours après un zombie dans le jardin... Un bon vieux livre me fairait du bien, ma pauvre imagination était en manque de stimulation, la moindre petite remarque pouvait déclencher de drôle de réaction.

"Oh comme c'est romantique, et le soir on ira butter du zombie tous les trois. La vision de la famille parfaite."

Sa remarque sur les bateaux n'était pas totalement stupide, quoi que je n'étais pas sûre que les yatch de luxe, ai réellement bougés malgré la tempête mais les coques ont pu être endommagées, je ne m'y connaissais pas réellement en réparation de navire, mais j'avais toujours été à l'aise avec l'eau rien de bien étonnant pour une marine. L'idéal resterait quand même l'un de nos navires de guerre, solide, résistant, armé jusqu'aux dents et avec des rations pour prévoir l'imprévu, c'était la meilleure des planques, mais il y avait de très grande chance qu'ils soient en mer, surtout avec la merde qui s'était passé, des biens plus gradés que moi avaient du avoir la même idée. Dommage j'aurais bien aimé un lieu où j'aurais pu me sentir chez moi. Je continuais à l'écouter parlé, et cette fois je tombais sur les fesses, lui qui trouvait que ce n'était pas une bonne idée d'être en groupe se mettait à parler de trouver des personnes avec qui s'associer pour protéger un lieu. Je continuais à observer la carte, avant de tirer une chaise et me laisser tomber dessus. Je restais bien silencieuse face aux paroles du militaire, je réfléchissais, je pensais à Barry à son groupe, à cette sensation si particulière que j'aurais ressentis ce soir là, c'était compliqué, l'homme était un animal grégaire naturellement, comme la plus part des animaux, il aime la présence de ses semblables, je ne faisais pas exception j'étais juste plus méfiante, et préférais les petits groupes. C'était plus sûr.

"Pourquoi pas, je t'ai dis, je connais des mondes avec qui on pourrait s'associer, ils ont un médecin, au moins deux militaires, pour le reste je pense qu'il s'agit avant tout de civils, mais ils ont des armes, et j'ai l'impression en nombre assez important. Ils ne m'ont pas fait visiter l'armurerie mais je te parle sur ce que j'ai pu voir. Ils sont à la bibliothèque, l'endroit est sécurisé, mais je l'aime pas trop, trop enfermé, pas assez d'issue de secours, une attaque serait trop simple, et vu les connards que j'ai pu rencontrer, j'ai pas réellement envie de me retrouver dans un cul de sac, genre la Moria de Tolkien. Je ne pense pas qu'ils quitteront ce lieu comme ça, ils sont trop bien installés."

Je récupérais la couverture, et la rangeais à mon tour dans mon sac avant de bondir sur les pieds Nous allions sans doute repartir par l'endroit où nous étions entré.

"C'est bon tu as trouvés ta peluche, on peut y aller?"

J'avançais dans le couloirs et balançais un coup de hanche pour pousser Hartmann avant de passer dans le couloir et monter les escaliers, tenant à la main mon couteau, on ne pouvait pas réellement savoir se qui pouvait nous attendre à la haut. Je grimpais sur le toit, tout était calme, à nos pieds les zombies continuaient à grogner, repoussant la plus part des humains qui avaient encore un minimum de cervelle. J'observais quelques instants ces morts qui déambulaient sans autre but que de bouffer. Dire que Nolan était peut être dans cet état là quelques parts dans ce foutu monde. J'attendais que le sergent instructeur ramène son cul avant de me retourner vers lui.

"Soit dit en passant tu comptes me donner ton petit nom, je vais pas t'appeler Hartmann toute ma vie."

Et oui il aurait du mal à se débarrasser de moi maintenant que je l'avais adopté il devrait me supporter ou fuir en courant au choix.

"D'ailleurs tu parlais d'un coin où les gens comme nous pourraient se retrouver, en tout cas il serait bien de définir un point de rendez vous en cas de soucis, aucun endroit est sûr de nos jours."

Le coin je ne le connaissais pas si bien que ça, je n'étais pas de la région et si je trainais dans le coin depuis quelques temps, j'étais encore en phase d'observation.

_________________
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